Le moyen de guerre du djihadisme

La destruction, de pièces archéologiques au musée de Mossoul, il y a quelques jours (NDR: mars 2015), suscite une naturelle indignation.
Ces opérations ne sont pas nouvelles comme en témoigne la destruction des grands bouddhas de pierre de Bâmiyân (Afghanistan), en 2001, par les Talibans. J’ai pu lire, ici et là, que ce processus d’élimination culturelle était à rattacher à la dialectique religieuse du wahhabisme, producteur du refus d’historicité hors de celle de l’islam originel.

Je ne crois pas que nous soyons, pourtant, dans autre chose que de la communication de guerre.
Ce qui a été mis en scène, dans le musée de Moussoul, n’est qu’un énième film de propagande destiné à nous atteindre et à nous maintenir dans la définition qui s’est construite de ces actes et de ce qui les anime, et de nourrir ainsi notre animosité.
Ces statues jetées au sol et attaquées au marteau piqueur ou à la masse sont livrées à nous en images de la barbarie, comme le sont les mises en scènes de la mise à mort de victimes de ce terrorisme. Lire la suite « Le moyen de guerre du djihadisme »

Classé sans suite

Si la compréhension physique de l’univers est un domaine qui nous dépasse, pourquoi un domaine de la métaphysique ne nous dépasserait-il pas lui aussi?
Pourtant, si nous sommes incontestablement le produit d’une physique, nous nous sommes dépossédé progressivement de l’idée de pouvoir être aussi, simultanément, le produit et le siège d’une métaphysique, qui nous accorde le privilège de la conscience et de l’intelligence.
Cette rétractation de l’ordre de la métaphysique, de la transcendance, singulièrement depuis que nous avons percé ou cru percer certains de nos mystères et développé un environnement matériel avancé, augmente ses ravages que nous revendiquons comme l’ultime liberté alors qu’il se peut qu’elle ne puisse n’être qu’une insigne bravade à l’égard de ce que nous sommes, chacun individuellement et compris dans l’ensemble qu’il forme avec les autres,  dans un monde lui-même tel qu’il est, offert à la conscience que nous avons ou que nous pouvons avoir de lui. Lire la suite « Classé sans suite »

Si un nombril sémantique se formait, cela donnerait quoi?

Albert Camus est à la mode. Non pas l’intégralité de son œuvre humaniste et fraternelle, mais simplement une seule phrase citée jusqu’à la nausée depuis les attentats djihadiste du 7 janvier 2015.
Y a-t-il encore un homme ou une femme politique à n’avoir pas utilisé la caution d’Albert Camus, à qui sont prêtés les mots : « Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde »*?
J’ignore si l’intéressé aurait nécessairement goûté à cette récupération. Il est mort et ne peut donc pas de le dire.
Devant des étudiants de l’association d’Oxford, le 6 février dernier, Marine Le Pen s’honorait d’avoir été la première, parmi la classe politique française, à avoir su nommer la chose. Lire la suite « Si un nombril sémantique se formait, cela donnerait quoi? »

Pour une conscience augmentée, encore combien de yotta-octets?

L’être humain est-il une marchandise, voire une machine, comme une autre? Au nom de la liberté individuelle et de l’hédonisme sacralisés s’efface progressivement l’attachement culturel, anthropologique, à la dignité de l’Homme.

Ce phénomène, que rendent sensibles de nombreux écaillages dans la structure et le socle des valeurs de notre société, pose d’innombrables questions que la société de l’information, avec son rythme et son ivresse, déclassent.

En quelques mois, ce processus qui correspond à celui d’une déchristianisation pour reprendre un des militantismes à l’œuvre dans notre société, a pris une vitalité inédite et obtenu des résultats « politiques » incontestables.

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Les heures impossibles de la démocratie russe

Le Figaro rapporte ce jour, 21 février 2015, que « des dizaines de milliers de personnes ont défilé aujourd’hui dans le centre de Moscou pour exprimer leur soutien au président Vladimir Poutine et manifester leur opposition à toute velléité de soulèvement populaire sur le modèle ukrainien ». Mais le soulèvement de type ukrainien a bon dos car il induit que toute contestation de ce qui se passe en Ukraine et des dérives du pouvoir est une trahison à l’égard de la Russie et, par cette seule dialectique, cela autorise la légitimité de la plus sévère des répressions.

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De la nature d’une parole forte en politique ou ailleurs

Qu’est-ce qu’une histoire humaine sinon la succession de paroles suffisamment fortes et incidentes pour redonner vie à une nation, d’en briser le statu quo mortifère afin de reforger la clé, car devenue inopérante, de son destin. Les événements qui ont marqué au fer rouge de la terreur la nation française au cours de ce mois de janvier 2015, sont de nature à provoquer ce qui semble être attendu par un peuple qui se morfond dans une histoire commune qu’il peine à revendiquer au-delà des postures fusionnelles.

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De la guerre des idées en démocratie

Bien sûr, les électeurs du Front National ne sont pas anti-républicains.
Bien sûr, malgré diverses condamnations qui ont frappé son fondateur et chef historique, les dérapages et les borderlines irrépressibles qui sont sa marque, le Front national n’est pas hors la République puisque la Constitution, qui délègue au citoyen la liberté de suffrage, lui assure la capacité de se présenter et de les briguer. Lire la suite « De la guerre des idées en démocratie »

La Russie sur un chemin tragique

La politique de M. Poutine est un obstacle au développement de la Russie, comme elle est une menace pour la sécurité européenne. La Russie d’aujourd’hui connaît un désarroi politique qui la porte dans une surenchère nationaliste et la pousse à courir derrière son passé. Lire la suite « La Russie sur un chemin tragique »

Du bonheur inestimable de pouvoir injurier l’avenir

Quelle est donc la vocation d’un budget sinon de fortifier plutôt qu’épuiser l’état d’une nation et de lui permettre ainsi de satisfaire à ses besoins, ses ambitions, et d’accroître la richesse produite par l’ensemble des citoyens qui va mesurer, à travers le PIB, la vitalité du système économique, et l’adéquation de la culture, de la politique fiscale, à cet objectif?

Toutes les matières du savoir, fondamentales ou appliquées, participent à l’essor économique dans leurs explorations et approfondissement, y compris les sciences humaines, qui, si elles demeurent ce qu’elles doivent être, fournissent un sens moral à cette effort de construction, d’amélioration, sans cesse renouvelé et dont le but est le bien commun et l’attachement à ce qui génère la dynamique et la cohésion collective ainsi que le rayonnement de nos valeurs. Lire la suite « Du bonheur inestimable de pouvoir injurier l’avenir »

Agonie de la démocratie

Le seul enseignement que l’on peut tirer du premier tour de l’élection législative de la législative partielle de la 4e circonscription du Doubs se rapporte à l’agonie démocratique. Avec un taux de participation inférieur à 40%, je ne suis pas convaincu que tirer les marrons d’un feu réduit à quelques braises sous la cendre, ainsi que le front national le fait, puisse justifier une quelconque satisfaction. Lire la suite « Agonie de la démocratie »