De l’illusion du « machin » à la supralégitimité du droit: le rendez-vous incontournable de l’Histoire

En septembre 1960, le général de Gaulle tranchait d’une formule restée célèbre le rôle de l’Organisation des Nations Unies, la qualifiant de « machin ». Ce mot d’esprit, né des tensions de la guerre d’Algérie et de la crise du Congo, actait une vision strictement réaliste des relations internationales: les États-nations seraient les seuls acteurs légitimes de l’Histoire, et les instances supranationales de simples théâtres d’ombres ou des assemblées bavardes.

Pourtant, cette posture gaullienne commet une erreur d’appréciation fondamentale en corrélant, et par là même en subordonnant, l’État de droit à la seule souveraineté nationale. Elle feint d’ignorer que la nature profonde du droit n’est pas d’être souverain par la force, mais d’être supralégitime par la suprématie d’une norme supérieure. Établi hors cause, le droit international a pour vocation de servir une juridiction universelle au bénéfice de l’intérêt commun. Prétendre le mesurer à l’aune de la seule puissance physique des États, c’est condamner sa propre vision à la distorsion.

C’est précisément parce que le droit possède cette autorité intrinsèque que les souverains qui le transgressent se voient contraints de falsifier le dictionnaire. Pour échapper à la qualification du crime et se soustraire à la juridiction universelle, l’État souverain invente des « jargons » spéciaux, opérant une fragmentation sémantique et spatio-temporelle de ses actes.

  • La France a feint pendant des décennies de ne mener en Algérie que des opérations de « maintien de l’ordre » ou d’arbitrer des « événements ».
  • La Russie contemporaine s’enferme dans le paravent juridique de l' »opération militaire spéciale » pour masquer une guerre d’agression.
  • Israël distribue son projet de domination dans le temps et l’espace, fragmentant la réalité pour dénier le caractère structurellement génocidaire de sa politique et éviter qu’elle ne soit perçue pour ce qu’elle est. Cela lui procure les moyens de priver la victime du processus qui lui est appliqué de toute légitimité et capacité à se défendre tandis que l’agresseur, lui, jouit des fruits empoisonnés de sa mystification.

Ce camouflage sémantique est, pourtant, l’hommage involontaire que la force finit par rendre au droit: le souverain triche parce qu’il sait que la norme supérieure existe et qu’elle le condamne.

Mais l’Histoire ne se laisse pas toiser de haut par les États. Lorsqu’un souverain tente de forcer le système ou d’introduire un décalage de phase entre ses actes et ce qui est dû aux principes de la justice universelle, il contracte une dette envers la réalité. L’Histoire se charge toujours de faire payer les manquements.

C’est ici que s’impose, dans toute sa rigueur, la notion juridique de doloris.

Transposé à l’échelle des nations, le pretium doloris n’est plus seulement l’indemnisation d’un préjudice individuel, mais la mesure systémique de la souffrance infligée au tissu humain et à la conscience collective. Cette charge accumulée de douleurs niées, de mémoires froissées et de dignités piétinées constitue une créance inaliénable. L’Histoire ne connaît pas de prescription pour le doloris: elle se charge toujours, tôt ou tard, d’en recouvrer le prix et de faire payer les manquements.

La France en sait quelque chose. L’Algérie « l’aimée » était investie d’une utopie progressiste et saint-simonienne qui prétendait marier l’Orient et l’Occident sous l’égide des Droits de l’Homme et des grands travaux. Mais pour avoir greffé ce projet sur la violence d’une domination asymétrique en niant le droit supérieur des peuples, la France a brisé une trajectoire. Aujourd’hui encore, nous éprouvons toutes les peines du monde à recoller les morceaux de cette histoire brisée. Des deux côtés;, il faudra pourtant y parvenir.

Ce verdict systémique sera le même pour la Russie, aujourd’hui isolée et enlisée dans sa propre fiction sémantique. Elle peut agiter le spectre de l’apocalypse nucléaire autant de fois qu’elle le veut, elle est tremblante et veule sous la radiographie des rayons X.

Ce sera tout aussi vrai pour Israël.

En 1948, trois ans seulement après sa création, l’ONU entérinait la naissance de cet État, foulant au pied la dignité des populations autochtones, ouvrant pour le droit international et l’autorité de ses résolutions une véritable boîte de Pandore où la légitimité textuelle s’est retrouvée piégée par les faits accomplis sur le terrain et les coups tordus dans la représentation et dans le champ déséquilibré de la communication.

À terme, la sédimentation des violations de la norme universelle produit une accumulation de résidus critiques que la force brute ne peut plus contenir.

Nous en sommes là. L’Amérique en a pris acte en signant, le 17 juin 2026, dans le cadre majestueux du château de Versailles, le MoU (Memorandum of Understanding) avec la République Islamique d’Iran. Israël se refuse de le faire.

L’enjeu de #UN80: une autorité assise, non un gendarme

L’erreur du XXe siècle a été de croire que pour exister, le droit international avait besoin d’un « gendarme du monde », rôle que les Etats-Unis d’Amérique se sont empressés d’investir au cours de la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, avec des résultats contrastés.

C’était maintenir le droit sous la dépendance de la force physique, celle-là même qui le paralyse via le droit de veto au Conseil de sécurité. Le contexte d’alors, la division du monde en deux blocs « idéologiques » proéminents, favorisait ce besoin. Une gouvernance globale digne de ce ce nom, aujourd’hui, autorise un nouveau paradigme.

C’est là tout l’enjeu de l’échéance #UN80. La refondation de l’institution multilatérale ne doit pas viser l’utopie d’une force supranationale, mais l’assise définitive d’une loi de cohérence élémentaire. Si l’autorité du droit est pleinement intégrée comme la condition sine qua non de la viabilité d’un État au sein du réseau interconnecté mondial, le contrevenant se placera de lui-même hors-jeu et le saura.

Le droit n’est pas un « machin »; il est la matrice. Et les États qui choisissent de l’ignorer ne font qu’accélérer leur propre déphasage face à ce qu’imprime le logos de l’Histoire.

Ce n’est pas prendre un risque que de sortir d’une époque pour entrer dans une nouvelle ère.

Simulacre de puissance Obligation de vérité

« Désolé », même s’il est tentant de s’y allier, la sortie honorable que tente de forcer le président américain en crachant une dernière fois le feu sur Téhéran, avec une violence spectaculaire qui s’est voulue parfaitement calculée, ne peut pas lui être accordée. L’épilogue à des années de manipulation ne saurait consister en une esquive.

@realDonaldTrump tente de faire entrer le monde entier, avec la complaisance des médias, dans l’ère du mensonge la plus désinhibée et brutale qui puisse être, fondée sur le spectre largement surestimé du nucléaire iranien.
Il croit pouvoir compter sur l’étranglement de l’économie mondiale pour s’assurer l’impunité et fait miroiter un accord scellé au G7 qui ravirait tout le monde, y compris Israël.

Ses bombardements à Téhéran, dans le nuit du 11 au 12 juin 2026, pour intimider la République Islamique d’Iran – qui, selon lui, s’est rangée à son accord – ne sont que des coups de bluff dans une incroyable partie de poker menteur qu’il a cru mener en maître du jeu absolu.

Le président de l’ex-première puissance mondiale abat ses dernières cartes devant des peuples et des capitales internationale médusées.

Seuls les médias gobent le récit. C’est dire.

L’agenda du G7, qui se réunit du 15 au 17 juin prochains, à Evian-les-Bains n’est pas tant l’ouverture du détroit d’Ormuz que l’acceptation ou pas d’entrer, pieds et mains liés par Trump, Netanyahu et Poutine, dans cette ère détestable.

La raison pousse à espérer la résistance de l’Iran à ce coup de force car c’est la famille humaine, sacrée dans son ensemble, qui a le plus à perdre à s’accommoder d’un simulacre de puissance basé sur la machination et le mensonge.

Nous ne pouvons pas, tout simplement, nous le permettre.

Que la main de justice requise soit de velours dans un gant de velours ou de fer dans un gant de velours ne doit pas empêcher l’existence d’une main ferme pour mettre le holà à cette gestuelle.

L’Iran accède, aujourd’hui, aux moyens de sa métamorphose quand d’autres doivent faire face à la dureté du miroir.

Ces moyens, dans une région et un monde qui n’aspirent qu’à la Paix, les lui sont, après 40 années de privation dus à un embargo sévère et injuste, accordés.

La République Islamique d’Iran entre dans une nouvelle phase et fera selon ce que lui dicte sa souveraineté et son sens de l’histoire.

PS: Pour une raison que j’ignore, ce texte, fidèle à l’original dont la traduction en anglais [ci-dessus en anglais] y a été publiée, a été censuré, malgré plusieurs tentatives en ce sens, par X. Cette publication sur mon blog en représente une version très légèrement remaniée, à l’exception du paragraphe final consacré à l’usage que fera la République Islamique d’Iran de la dite victoire.

Le retour du Peuple

Du fait divers érigé en spectacle à la crise parlementaire issue de la dissolution de 2024, le « Léviathan médiatique » dicte désormais sa loi au détriment des institutions. Cet article explore les rouages de cette dérive démocratique et rappelle l’urgence, pour la République, de rompre avec le bavardage informationnel pour retrouver le sens du Réel.

L’inflammation médiatique autour de la disparition de Lyhanna, survenue à Fleurance, pose un problème auquel chacun devrait être profondément attentif. Au-delà du fait que, désormais, chaque ouverture de journal est consacrée aux faits divers et au spectacle de la délinquance ou des troubles à l’ordre public, en faisant un objet de délectation et de dénigrement, qui excède le rôle critique qui leur est dévolu, les médias adoptent une posture qui surplombe l’Etat, qui transcende l’état de Droit, qui superpose la sensibilité de l’opinion publique à la présence du peuple, avec pour conséquence directe de s’installer en cinquième pouvoir comme premier pouvoir.

Le procès médiatique est entré dans les mœurs. Le lynchage aussi.

Il ne s’agit pas, ici, de délégitimer l’émotion qui s’empare de public pas plus que l’horreur d’un crime abominable.

Il ne s’agit pas davantage de dire que tout est parfait dans le fonctionnement des institutions et que l’expérience ne doit pas servir à améliorer les services publics.

Il s’agit simplement d’essayer de conserver les choses à leurs places respectives, et une vue, la plus équilibrée possible, de l’ensemble, condition de l’intégrité et de la cohésion de la République.

La République n’est pas la propriété de la populace et de ceux qui veillent sur elle.

La prosternation devant le tout puissant Léviathan médiatique ne correspond pas à l’identité républicaine.

Il est temps de dire l’échec cumulatif de la société dite de l’Information et de la démocratie dite d’opinion qui ont enfanté un monstre qu’ils ont substitué à la réalité salutaire du Peuple.

La société d’information et la démocratie d’opinion n’ont sans doute pas été amenés, avec les chewing-gums, par les GI’s en Europe après la seconde guerre mondiale.

Avant-guerre, la démocratie européenne reposait davantage sur:

  • Les partis,
  • Les syndicats,
  • Les grandes idéologies,
  • Les corps intermédiaires.

Après-guerre, et surtout à partir des années 1960-1980, nous avons assisté progressivement à un déplacement :

  • Du Parti vers les médias,
  • Du militant vers le téléspectateur,
  • Du programme vers la communication et les effets d’image,
  • De la libre délibération vers le contrôle de l’opinion

Les techniques américaines de sondage, développées notamment par George Gallup, jouent un rôle majeur dans cette transformation. C’est une industrie omniprésente.

Les sondages gouvernent désormais, à un point inacceptable, la vie publique. Ils s’imposent comme le miroir devant lequel chacun mesure et se mesure.

L’américanisation d’après 1945 constitue donc un tournant historique majeur parce qu’elle a ouvert la voie à un modèle civilisationnel où la puissance médiatique devient une composante centrale du pouvoir.

La hantise de voir la démocratie européenne se voir dénaturée et défigurée occupe les esprits depuis longtemps.

On la décèle dans le Discours à la nation européenne de Julien Benda. Il ne critique évidemment pas encore la  « société de l’information » au sens contemporain. En revanche, il identifie déjà un phénomène qui lui paraît extrêmement dangereux : la substitution de la passion collective à la raison critique.

C’est même le fil conducteur qui guide sa pensée depuis La Trahison des clercs puisqu’il voit les intellectuels cesser de servir la vérité et la justice pour servir les passions politiques, nationales, raciales, sécuritaires ou partisanes.

Le clerc moderne a abdiqué sa fonction de sentinelle de l’esprit pour devenir le claqueur des passions de la foule. Les effets de cette emprise sur le fonctionnement et la conscience que le peuple possède de lui-même, de sa disponibilité à se ressaisir, donc, altèrent jusqu’à l’économie.

Ce « capitalisme » moral est une capitulation.

Nous sommes plus ou moins dans l’œil de ce cyclone « informationnel ». Nous avons tort de considérer que le premier devoir de l’Etat est « sécuritaire ». Le premier devoir de l’Etat est de préserver la dignité nationale. De la stature découlent les sécurités fonctionnelles.

D’autres, André Malraux, parmi eux, le diront d’une autre manière, en remarquant que de De Gaulle, tel Lazare, a longtemps porté le cadavre de la France, avant d’être répudié au référendum sur les régionales. Je pourrais citer Paul Varéry aussi. Ou Raymond Aron.

Le parlementarisme, que beaucoup de médias décrivent comme la solution vers un consensus national, l’illustre, depuis la dissolution de 2024, jusqu’au grotesque. Il transforme des sujets essentiels comme le sont le vote d’un budget en sujets de bavardage, de surenchères d’élucubrations et objets de polémiques.

La Ve République s’était faite fort de contenir ce risque en maintenant le lien au Réel, en faisant du président de la République la clé de voute institutionnelle. On a réduit si dimension de conscience, qui relève du magistère, à des périmètres programmatiques.

Le peuple français a, sous les yeux, un parlement devenu le siège de ce mal, qui n’est pas que français, accompagné d’irrépressibles poussées de fièvres politico-médiatiques qui rongent les piliers de la République et paralyse l’Exécutif.

Les médias s’en font l’arbitre. Ils dirigent, systémiquement, le jeu.

La charge d’honneur de la Ve République

Face aux « royaumes farfelus » et à la guerre cognitive qui s’infiltre par les réseaux, la Vᵉ République n’est pas passive. Sa structure permet de mener la charge pour restaurer l’ordre moral et l’intégrité nationale. C’est l’énergie qui, de l’essence du peuple, se déploie pour briser l’empire des fictions et ramener la nation à la passion du réel.

« S’opposer à la politique de son pays est l’expression de la démocratie et de la liberté d’expression, ouvrir la porte aux représentants de l’ennemi est de la trahison. »

Le dernier paragraphe, ci-dessus introduite, de cette réflexion:

dénonçant le choix éditorial consistant pour le JDD de faire de @XeniaFedorova la pasionaria de la liberté d’expression, mérite qu’on s’y arrête.

S’opposer à la politique de son pays est, en effet, une des expressions de la démocratie.

S’opposer au gouvernement est digne et illustre la vitalité de la démocratie lorsque cette démocratie reste sous l’empire de ce qui constitue le centre de gravité de son propre équilibre: un sens aigu de ce qui fonde et nourrit sa souveraineté.

Si, par grand malheur,

  • un élément étranger perturbe la sérénité nationale;
  • Si une manipulation du jeu informationnel transforme la vive conversation qu’une nation se doit d’entretenir avec elle-même en mortelle dispute, coups d’éclats, et oppositions stériles;
  • Si les fictions enivrent et que la passion du réel n’inspire plus;
  • Si une dissipation de l’ordre moral fait perdre de vue les sujets importants et détruit toute hiérarchie;
  • Si les idéologies prennent le pas sur la maîtrise objective des sujets;
  • Si une atteinte subtile au libre arbitre installé un royaume farfelu et des baronies fêlones au coeur de la République;
  • Si un derèglement cognitif atteint, par des agents d’influence internes et externes, le psychisme des masses;

alors, dans ce contexte extrême, s’opposer à la politique de son pays et céder à l’élan général, sans le contrepoids de ce qui est dû à la dignité nationale et faire preuve d’un sens irréprochable de ce qui est dû à l’intégrité, c’est détruire le socle commun, et ruiner l’esprit de corps qui cimente le Peuple dans la République, devant demeurer, autant que faire se peut, Une et Indivisible.

L’indicateur démocratique, dans un environnement qui se verrait si dégradé qu’il correspondrait aux symptôme énumérés en préambule, n’est ni l’ampleur ni l’efficacité de l’opposition.

Une nation n’est pas faite de fureur et de bruit. Dans ce cas, que resterait-il de nos amours pour la République et la démocraties qui ne soit pas galvaudé? C’est la tenue de l’exécutif, accomplissant ce qu’il doit accomplir insensible à ce qui est méprisable et à ce qui est vil, guidé par des femmes et de hommes qui n’ont que l’intérêt national – le mieux compris possible – pour guide, qui supporte la charge d’honneur et constitue la jauge véritable de la vitalité nationale.

Il faut reconnaître que la Ve République distingue, comme nulle autre constitution au monde, le jeu des institutions, la place des partis, des corps intermédiaires, des contre-pouvoirs, pour assurer l’exécutoire. Si elle n’a pas inventé ce mot, la Ve République a ciselé à la perfection ce qu’il représente: « L’exécutif », si l’on s’en remet à l’exprit des institutions, intervient moins pour s’opposer au législatif que pour lui assigner – pour assigner à tous – une obligation de dignité et d’efficience et affirmer que le but de la politique se trouve dans l’action sur le Réel.

J’ai l’impression – probablement partagée par plusieurs, que, sur un certain nombre de points, touchant à la durée du mandat du président de la République et à a capacité de se représenter, des libertés ont été prises avec cet esprit au cours des dernières années qui visent à réduire -même si ces réformes ont été présentées dans un contexte qui l’amènent probablement que sa volonté est respectée, à la souveraineté du Peuple.

Soyons-en conscients: la Ve République est un joyau. A l’inverse de ce qui a pu être fait pour répondre à des pressions malvenues, manipulons-là avec soin et doigté.

Plus que celui de la nation, elle est le joyau du peuple.

C’est à son éclat que se mesure le rayonnement du peuple. La ternir, la dénaturer, c’est ternir le peuple qui besoin de sentir sa propre grandeur.

« There’s a killer on the road »

De l’assistance militaire à la symbiose algorithmique : la Section 224 du Congrès américain s’apprête à sceller une fusion sans précédent entre les appareils de guerre des États-Unis et d’Israël. Entre mécanique aveugle et perte de contrôle démocratique, analyse d’une matière politique où la Paix, désormais tenue en laisse, semble suivre une trajectoire dont l’issue nous échappe.

Le Congrès des Etats-Unis d’Amérique s’apprête à assurer une intégration totale et fusionnelle des systèmes de guerre americano-israélien
J’appelle donc à prêter une attention toute particulière à la publication repostée ci-dessous.

Cette analyse n’est pas à ranger – je tiens au distinguo  – dans le registre des simples points de vue et du débat d’idée, qui inscrit toute choses dans une perspective relativiste transformant le discernement en variable de désajustement démocratique.

Le Quincy Institute dresse un examen clinique. C’est une observation médico-légale à laquelle il se livre, laquelle souligne un net changement de paradigme qui nous place au seuil de l’ère des apocalypses.

Il ne faut pas avoir peur des mots.
Il faut avoir peur de la réalité. Il faut le courage des mots pour ne pas avoir à craindre la réalité.
Habituellement, les États-Unis fournissent une aide financière ou matérielle (le modèle de l’aide), permettant au Congrès de voter chaque année sur le maintien de ce soutien.

Avec la Section 224, le Quincy Institute dénonce qu’on bascule dans une intégration technique et industrielle avec Israël: partage de données brutes, co-production d’IA, systèmes cyber et technologies autonomes. Pour Quincy, cela crée un « verrouillage » technologique rendant la séparation des deux armées quasiment impossible.

Cette symbiose aboutit à une entité qui n’appartient plus à aucune souveraineté nationale propre. C’est d’elle dont on peut dire qu’elle a enclenché la dynamique du détroit d’Ormuz ; c’est elle qui, en vertu d’objectifs opaques, tient la Paix en laisse et l’affale, la dresse comme un chien à enrager.

Pour paraphraser le 45/47e président des États-Unis : payez une attention toute particulière à cette matière.

En guise de conclusion face à cette mécanique infernale, ces mots de Jim Morrison me reviennent:

« There’s a killer on the road / His brain is squirmin’ like a toad / Take a long holiday / Let your children play… »

(Il y a un tueur sur la route / Son cerveau se tortille comme un crapaud / Prends de longues vacances / Laisse jouer tes enfants).

Trump: une stratégie claire comme de l’eau de détroits

Derrière le « patchwork » des rodomontades et l’apparente confusion cognitive qui affecterait Donald Trump se dessine une géométrie de puissance d’une clarté redoutable. Loin d’être un simple complexe de virilité territoriale, l’obsession pour l’annexion du Groenland, l’absorption du Canada et la mise sous tension du détroit d’Ormuz révèle une stratégie d’ensemble: la capture des nouvelles routes maritimes mondiales.

Un point de fragilité juridique et géopolitique dans le discours américain sur Ormuz commence à poindre et ce qu’il permet de considérer est très préoccupant, à l’aune d’ailleurs de la stratégie d’ensemble qui entoure l’entrée en guerre et la volonté délibérée, sous des prétextes qui appartiennent à des constructions narratives et informationnelles, d’empêcher un cessez-le-feu durable et la sortie de la crise.

Ici, Washington invoque, en effet, un principe de libre circulation maritime qu’il considère comme relevant du droit coutumier international, alors même que les États-Unis n’ont jamais ratifié la Convention de Montego Bay (CNUDM), et que l’Iran ne l’a pas ratifiée non plus.

Or, au passage le plus étroit du détroit d’Ormuz, il n’existe pratiquement plus de haute mer : les eaux territoriales iraniennes et omanaises se touchent ou se superposent juridiquement.

Cela signifie que la navigation passe nécessairement dans des eaux relevant de la souveraineté d’États côtiers et que l’Iran n’est peut-être pas tenu, si le droit international s’est montré incapable d’empêcher l’agression dont il a été victime de la part des USA et d’Israël, de le respecter.

La République Islamique d’Iran peut considérer, à bon droit, que, dans de telles conditions, il est légitime pour elle de remettre en cause le principe qui en découle.

La gestion de ce passage est du domaine indiscutable de la souveraineté. Il est entendu que ses décisions présentes et à venir seront sensibles et motivées par ce qui sera fait du droit aux réparations morales et économiques auxquelles la République Islamique d’Iran peut prétendre.

L’Iran a subi des destructions considérables et est en position de considérer que des réparations sont justifiées. Les taxes sur le passage que l’Iran veut imposer dans la partie du détroit qui est sous sa souveraineté exclusive et celle d’Oman sont, une manière, déguisée sans doute, habile certainement, de faire payer à l’économie mondiale, ou à certains des protagonistes de cette économie, les pots cassés.

Si le discours et les actes de la justice internationale ne produisent pas plus d’effet que ce soit sur le plan économique que de condamnation au niveau politique, sans transcender les logiques de blocs, le seul recours relève de la loi de la jungle.

La capacité de la communauté internationale à dire, via l’ONU, ce qui appartient au plus haut degré de justice et de lucidité sur les événements pèsera lourd. Cela va bien au-delà de la question iranienne vue de façon manichéenne.

Il n’est pas inutile, ici, de rappeler que jusqu’à l’attaque du 28 février 2026, perpétrée hors du droit international et alors que des négociations étaient engagées, l’Iran, sans avoir ratifié pour autant la convention de Montego Bay, en respectait l’application.

C’est le moment d’avoir la mémoire plus longue que ce à quoi l’administration américaine tient à la ramener pour voir le patchwork qui se dessine et se rappeler les phases qui ont ponctué, jusqu’à la publication du NSS 2026, en novembre 2025, rendant publique la nouvelle doctrine stratégique américaine et accepter l’idée que la valeur et la confiance détruites, pour une raison ou une autre, sur un détroit se transfère sur un autre.

Le discours sur le détroit d’Ormuz, le jeu qui s’y exerce, participe à une dialectique du droit de la mer, mais il porte, dans son ombre cachée, une dialectique sur le contrôle des nouvelles voies maritimes.

Cela regarde intensément le sort du Groënland, vers lequel, sans donner l’impression d’un strabisme compulsif, le rêve de l’Amérique devenue Grande de Trump louche.

Il faut garder en mémoire chacun des épisodes et ne rien perdre de vue parce que rien, dans la manière pour l’administration américaine de défrayer la chronique et de provoquer la stupéfaction générale, n’est dû au hasard. Toutes ces cartes, tous ces endroits, toutes ces régions du monde et ces nations, que la maison blanche ou Donald Trump a recouvert symboliquement d’une bannière étoilée, disent non pas un fantasme, mais un projet.

Un projet qu’il réalise et auquel il n’entendra pas renoncer même si les circonstances politiques, ici ou là, ne s’y prêtent pas et si les objectifs paraissent, en raison de la résistance à la prédation, plus complexe à atteindre. Pour le président des Etats-Unis, qui ne renoncera pas en si bon chemin, c’est une simple question de maturité et de croissance de sa puissance.

Le moment est venu de se souvenir du Venezuela, et du Groënland. Mais il faut se souvenir du Canada, aussi, et se demander quelle est l’architecture lisible et cohérente qui associe cet ensemble d’événements que sont:

  • le contrôle du Moyen-Orient et d’Ormuz par l’Amérique, avec une Pax Americana troquée contre la ratification des Accords d’Abraham
  • le fait que l’annexion du Groenland ait été décrétée comme existentielle par Donald Trump,
  • la revendication portant sur l’annexion du Canada comme le 51e Etat d’Amérique;
  • la sommation faite au Panama, aussi, de se tenir dans l’axe de l’intérêt stratégique américain

Contrairement à ce qui a été dit et répété, Trump n’a pas de complexe de virilité mal placée au point de vouloir accumuler un territoire plus grand que celui de Poutine, ce à quoi certains ont voulu ramener cette obsession pour le Groënland et le Canada.

Ce n’est pas un problème de terres ou de caillou de glace.

C’est un problème de mer.

Et, sous cette lumière, ce qui se passe aussi dans le détroit d’Ormuz sert à Trump et son administration à forger les nouvelles « libertés » maritimes. S’il se fait ici le héros de la liberté de passage dans le détroit d’Ormuz, affectant de faire ployer l’Iran, les faits témoignent qu’il fait tout pour obliger l’Iran à tenir une posture de résistance contradictoire.

C’est donc, probablement, qu’il n’est pas erratique mais qu’il a une idée en tête.

Il n’est pas impossible – pour ne pas en dire la haute probabilité – que Trump fasse tout pour acter, à reculons et sans économiser les cris d’orfraie, ce que l’Iran estime être devenu son droit, parce qu’il a été victime d’une agression injuste et illégale, au terme de plusieurs décennies de sanctions, pour consacrer son propre droit à transgresser le droit – CQFD: en exploitant le précédent ouvert par la crise iranienne – et l’ouvrir à d’autres puissances qui confondraient la puissance par la dignité et le droit avec la puissance par la capacité à manipuler les perceptions et à imposer la brutalité.

Malgré la confusion à laquelle participent les rodomontades et revirements auxquels le 45/47 président des Etats-Unis d’Amérique se livre depuis des mois, les intentions profondes et la volonté masquée semblent aussi claires que de l’eau, non pas l’eau pure de roche, mais celle des détroits.

S’il donne l’impression d’un désordre cognitif, c’est pour le provoquer chez les témoins de la scène de crime, car c’est un crime international, et permettre l’accomplissement de son plan, de ses investissements, de ses calculs, sans compromettre ses parties de golf.

Disons les choses le plus clairement possible: ceci est un complot contre la sécurité collective; ceci est un complot contre l’ordre des souverainetés; ceci est un complot contre la Paix mondiale; ceci est un complot contre le peuple.

Il faut en prendre la mesure.

Il faut le dénoncer tel qu’il est plutôt que tel qu’il s’affiche.

Sans quoi il parviendra à ses fins.

Trump, Netanyahou et Poutine unis contre la Paix des Nations

Le monde est en guerre, mais personne ne le voit.

Je mesure en lisant et écoutant de nombreux commentaires qui jonglent, alternativement, entre le sort de l’Ukraine et la situation dans le détroit d’Ormuz, combien les observateurs semblent désemparés pour expliquer l’actualité.

Ils sont incapables de sa sortir d’un schéma mental selon lequel Trump n’a qu’une hâte, se sortir du guépier dans lequel il serait entré par erreur.

C’est une erreur de considérer qu’il y est entré par erreur.

Dans le cas du Moyen-Orient comme à Kyiv, où la Russie a changé de gamme d’armement, et demandé, par la voix de Sergueï Lavrov, aux chancelleries étrangères de retirer leurs diplomates, celui qui exige le prix Nobel de la Paix n’a jamais cessé d’alimenter un jeu de tensions, au détriment des alliés traditionnels de ce qui formait l’Occident.

Cet Occident, Donald Trump le tue à petit feu, lui et ses valeurs, au profit d’une autre version, dont l’axe court de Washington à Moscou en passant par Tel-Aviv. C’est un Occident où Palantir a son mot à dire et où le pape Léon XIV et son encyclique « Magnifica Humanitatis », lui, n’a plus la parole.


Dans les deux cas, les cadres analytiques sont inopérants. C’est pour cette simple et unique raison que les experts ne parviennent plus à comprendre et la logique des conflits et la logique de leur règlement. Il n’y a pas de solution dans un seul cadre, parce que le cadre ne s’appartient pas à lui seul. Il fait partie d’un ensemble plus vaste, coordonné avec la précision d’un montre russe.


Les pièces ne s’alignent pas avec les intentions car les événements ne concernent pas plusieurs échiquiers différents, mais un échiquier global où les fous de Mar-a-Lago, de Tel-Aviv et de Moscou, imposent leur loi.

C’est ce qui me fait dire et assumer qu’ils sont liés par un complot contre la Paix des Nations ayant pour buts de livrer le Moyen-Orient au chaos, les pays de l’Union Européenne à la Russie, et le contrôle du monde aux USA.


Tant qu’on n’a pas compris cela, on n’a rien compris.

On n’y voit que du feu.

Tant qu’on n’a pas compris ça, on se désespère des voltefaces de Donald Trump qui trouve toujours le moyen de faire dérailler les négociations qu’il prétend engager.

Israël et les USA de Trump ont réussi à faire de la question du nucléaire iranien un enjeu existentiel pour l’ensemble de l’Occident.

Ce fut un coup magistral car il permet de maintenir sur le sujet des négociations avec la République Islamique d’Iran, et sur l’ensemble du débat politico-médiatique, une pression négative utile pour masquer l’étendue de la tromperie.

La Paix n’est jamais un processus dans lequel on entre à reculons. Ici, l’Amérique non seulement entre à reculons, mais fait tout pour saboter le dénouement, bien aidée par Israël et son exigence sécuritaire absolue.

L’exigence de sécurité est légitime. Elle suppose une réciprocité. L’exigence de sécurité offre un horizon de réalisation satisfaisant les belligérants.

Elle est donc à distinguer de l’exigence sécuritaire qui ne se satisfait de rien sinon de l’annihilation et de la destruction de toutes les souverainetés externes.

Les soi-disant « Accords d’Abraham » sont, à la lumière des événements comme de l’injonction, hier, de Trump à obtenir ratification des pays arabes, et notamment de l’Arabie Saoudite contre une désescalade, un tour de passe-passe.

Ces accords ne mystifient plus personne de sérieux, j’entends par sérieux quiconque regarde la réalité, la structure qu’elle compose, sans avaler les grosses couleuvres des fictions, fussent-elles sophistiquées, auxquelles, tourvà tour, Netanyahou, Trump ou Poutine exigent que nous adhérions.

Voici l’état du sionisme aujourd’hui et nul ne peut reprocher à l’Iran de prétendre défaire de monstre. L’adage selon lequel qui se ressemble s’assemble n’a pas a été bousculé pour comprendre la dynamique monstrueuse qui unit les protagonistes et qui en fait les frais.

Certains estiment que ces guerres, susceptibles d’aboutir à une guerre mondiale, sont déjà hors de contrôle et que rien ne pourra arrêter les puissances de feu engagées.

Je ne suis pas d’accord. Je vois, personnellement, un coup d’arrêt brutal advenir. Mais ce coup d’arrêt ne pourra advenir qu’au moment où l’ensemble des nations, tétanisées, cesseront de discuter du sexe de la future et hypothétique bombe nucléaire iranienne pour regarder le film complet sur tout l’écran.

Il est permis de remonter assez loin.

A ce moment-là cette guerre par morceaux, pour reprendre un qualificatif de Jean-Paul II, sera achevée.
Un nouveau monde pourra naître. Il en aura les moyens et l’opportunité.

Pourquoi tant de haine pour le président de la République

Hier, c’est-à-dire le jour où le président de la République fait cette déclaration à Saclay, site du @CEA où bat un des cœurs les plus pointus de la recherche fondamentale française et européenne, assortie d’annonces majeures quant aux investissements consentis pour rester dans la course et retrouver un rang correspondant à notre potentiel et à notre besoin, j’ai été surpris de constater que l’événement que cela constitue n’a pas eu, comme on disait les honneurs de la presse.

@LCI a bel et bien consacré du temps d’antenne aux enjeux que représente dans la transformation du siècle ces disciplines et technologies, mais en se pâmant devant les valorisations qu’est en mesure de lever Elon Musk et en déclarant, d’une certaine manière, l’incompétence, selon eux notoires, de la France, de l’Europe, dans cette matière comme dans d’autres.

Hier, 22 mai, jour anniversaire de la mort de Victor Hugo, devant @apollineWakeUp, @MLP_officiel a très bien dit qu’elle piétinerait la Constitution Française, avec des souliers de vair trop grands pour sa pointure, en annulant les nominations décidées par le président de la République pour faire triompher la volonté du peuple, prévalant sur l’ordre républicain.

La journaliste lui a demandé de répéter. Marine Le Pen a redit son intention et a esquissé un petit ricanement signifiant son mépris pour le macronisme, sans que la journaliste ne soulève la moindre objection, en se rappelant soudain que le président de la République, dans son costume et sans soulier de vair, est garant des institutions ce qui doit bien vouloir dire quelque chose et lui impose peut-être, en ces temps troublés, dans son mandat, de penser cette protection au-delà de son mandat, pour le bien de tous.

La continuité de l’Etat exige des nominations qui permettent d’assurer et de garantir cette continuité. Cela se justifie d’autant plus lorsque des prétendants au trône la menacent explicitement avec des arguments appartenant à la démagogie.

Non, cela ne traverse aucun esprit. Le président de la République est enterré vivant et tout le monde y va de sa pelletée, du plus misérable au plus ignoble. C’est ainsi que doit s’achever sans doute ce temps de vanité médiatique.

Hier encore, ou était-ce la veille, ou l’avant-veille, aucun journal n’a daigné ne serait-ce que mentionner le fait que pour la énième année consécutive la France s’était vu reconnaître le premier rang en matière d’attractivité européenne. Les médias préfèrent tendre les micros aux stations essence pour collecter en direct la colère ou désappointement des Français.

Nous avons, incontestablement, la pôle position en matière de pisse-copie et de pisse-vinaigres.

Emmanuel Macron est invisibilisé, raillé, biaisé, snobé. C’est un sport national. Rien ne lui est épargné. Ni à lui, ni à son épouse.

Mais les Français – tous les Français car nos compatriotes qu’ils soient de gauche, de droite, du centre ou de travers, sont épris de justice, finiront par se demander si ce traitement est juste et qu’est-ce qui justifie, depuis des années, un tel traitement médiatique?

Certes, @EmmanuelMacron a voulu transcender le clivage gauche-droite ce qui a déplu.

Mais le « péché » absolu, semble-t-il, porte sur Israël auquel il ne rend pas tout ce qu’Israël assure qu’il lui est dû, en commençant, par la décision – incompréhensible au moment – consistant à ne pas se placer en tête, quelques jours après le 7 Octobre 2023, des cortèges dénonçant les crimes du Hamas.

J’ai fait partie de ceux à se demander quelle excuse il pouvait faire valoir. Je ne comprenais pas sa réticence. Je n’ai pas moi-même fait preuve d’assez de retenue ce jour-là. J’ai adhéré pleinement à la colère des Israéliens.

Je reconnais qu’Emmanuel Macron a fait preuve, ce jour-là, de discernement. Il n’a pas cédé aux injonctions. C’est la première qualité qui est, bien avant de plaire à des messieurs-dames des cercles médiatiques et des empires faiseurs et défaiseurs de rois, demandé au président de la République d’un pays tel que la France.

Depuis, avec la reconnaissance de l’Etat de Palestine et la décision de concourir avec l’Arabie Saoudite, à une solution à deux Etats, le fossé entre les médias et le président s’est encore creusé encore.

Le traitement de ce qui agite la démocratie israélienne, et désolidarise le monde juif d’Israël, le fait que Tsahal distribue la mort et la violence, rase des villes et villages, que des colons persécutent et violentent les Palestiniens, cela n’éveille aucune protestation et s’il y en a une, elle est immédiatement disqualifiée parce que constitutive de l’antisémitisme et l’auteur est stigmatisé pour antisémitisme.

Une journaliste, aux premiers jours de la guerre lancée contre l’Iran et le Liban, s’est laissé aller à qualifier Israël de « régime sioniste ». Elle a immédiatement été rabrouée et la direction de TF1 s’est fendue d’un communiqué d’excuses.

Hier encore, une information circulant sur X, publiée en arabe, a retenu mon attention: un Israélien de 24 ans a été arrêté le 19 mai 2026 à l’aéroport d’Ercan (nord de Chypre, zone turque) avec 4 embryons dans un conteneur LifeParcel, alors qu’il tentait de partir vers le Mexique via Istanbul. Les embryons provenaient d’une clinique de FIV non autorisée à Lefkoşa. La directrice de la clinique et un médecin ont aussi été arrêtés. C’est confirmé par la police chypriote turque et des médias comme Ynet.

Je n’ai vu cette information nulle part reprise. Sans préjuger des résultats d’une enquête qui mérite d’être sérieuse et qui le sera sans doute, ce n’est pas, à ma connaissance, tous les jours qu’un voyageur est arrêté avec dans ses bagages quatre embryons humains. A ce titre, cela mérite d’être traité car c’est autre chose que de la drogue qui fait l’objet d’un trafic mercantile ici.

Non rien.

Comment, et avec qui, l’Amérique de Trump s’apprête à nous manger

Le National Security Strategy publié en novembre 2025 établit précisément une feuille de route. Ce n’est pas une doctrine, ce sont des ordres de mission.

L‘hypothèse que j’ai eu l’honneur de développer pour expliquer, aux antipodes du narratif livré par les protagonistes, la guerre engagée par les USA et Israël s’inscrit un processus de domination énergétique.

Pour en résumer les conclusions auxquelles j’aboutis, ma thèse, publiée sous le titre « Make America Little Again » développe l’idée qu’une partie de la stratégie américaine contemporaine ne viserait plus à maintenir un ordre mondial ouvert, mais à recentrer la puissance des États-Unis sur une forme d’autarcie énergétique et géopolitique dont, d’une part, la guerre engagée contre l’Iran constitue l’axe de redistribution et, autre part, la prise de contrôle de ressources stratégiques (Venezuela, Essequibo, Panama, Groenland), l’exutoire régulier pour convertir les désordres créés au Moyen-Orient en flux de liquidités.

L’objectif consiste à la fois de sécuriser l’approvisionnement intérieur américain, au prix d’un déséquilibre global. Il fait dépendre l’Europe et l’Asie de ressources et potentiels localisés en Amérique, et, s’agissant du rôle dévolu à Israël, en Méditerranée Orientale et au Moyen-Orient.

Le cœur de la manœuvre m’apparait ne pouvoir être que celle-là, même si elle se présente sous les atours de défense des valeurs démocratiques et  avec des arguments consistant à  exagérer la menace nucléaire iranienne pour en faire l’enjeu du conflit.

L’hypothèse que je retiens présente de surcroît l’avantage d’être conforme à la Stratégie de Sécurité Nationale, telle que publiée en novembre 2025, par la Maison Blanche.

La nouvelle doctrine américaine s’y détache du magistère moral et de phare de la liberté.  Le continent américain redevient la priorité stratégique centrale (« Trump Corollary » à la doctrine Monroe). Le texte insiste sur le contrôle de l’hémisphère occidental, des routes énergétiques, des frontières, du Panama, du Groenland et de l’influence chinoise dans les Amériques.

Bien plus qu’un instrument intellectuel recalibrant les relations internationales, le NSS 2025 propose une feuille de route rendant très polyvalente la notion de sécurité stratégique.

Sa mise en application a été très rapide. Le 3 janvier 2026 Maduro est capturé et une équipe gouvernementale favorable aux intérêts américains est installée.

En janvier 2026, Donald Trump relance frontalement l’idée d’un contrôle américain sur le Groenland, refuse d’exclure la contrainte économique ou militaire, menace de tarifs douaniers contre plusieurs alliés européens et rattache explicitement le Groenland à la sécurité nationale américaine.

Le 28 février, en pleine phase de négociations, Israël et les USA attaquent l’Iran et décapitent les dignitaires et un nombre élevé de hauts responsables croyant précipiter la chute du régime.

Il a été dit que Trump ne s’attendait pas à un blocus du détroit d’Ormuz au moment où il a décidé de déclencher le conflit.

Qui peut accorder crédit à cette hypothèse ?

​Par ailleurs, à défaut de disposer d’une doctrine israélienne, elle se déduit du concept de « Régional Capstone Alliés »  que pose le nouveau document stratégique américain. Désormais Israël doit agir comme un Régulateur Régional Autonome.

C’est dans ce cadre que la guerre contre l’Iran s’inscrit. Israël s’établit comme la force de torsion qui empêche la pénétration adverse dans le « corridor énergétique » vital.

Israël ne veut plus être une petite grande puissance. Cette guerre, et les effets à en recueillir, lui permettrait de revendiquer le statut intégral de grande puissance.

Cela suppose qu’Ormuz et Suez soient voués aux perturbations, promis à des épisodes de crises, pendant que de nouveaux couloirs, de nouveaux réseaux et dispositifs logistiques, des systèmes de production alternatifs suppléent et prennent le relais, abandonnant aux pays du Golfe un rôle subalterne et supplétif.

​Dans cette optique, l’intervention au Liban Sud est le bras armé d’une stratégie de clôture territoriale : transformer la frontière en une membrane étanche pour protéger les actifs économiques du bassin levantin et permettre leur croissance.

Le concept de « Regional Capstone Allies » dans la NSS 2025 n’est pas formulé comme une définition doctrinale unique et stabilisée, mais il apparaît comme une architecture géopolitique nouvelle: les États-Unis veulent s’appuyer sur quelques alliés-pivots régionaux capables de porter localement une partie du fardeau stratégique américain.

Dans la mesure où l’Europe est présentée comme un continent affaibli et sur le déclin civilisationnel, et compte tenu des services rendus à Poutine, qui bénit une guerre qui redonne de l’oxygène à son économie, qui tarit le stock d’armes disponibles pour l’Ukraine, et voit le désaveu de l’OTAN sanctionné par un retrait de plusieurs milliers d’hommes, il est souhaitable de se demander à qui sera dévolu le rôle d’allié clé de voute en Europe?

Décrypté par cette grille, le Sommet d’Anchorage du 15 août 2025 n’était pas une simple tentative de paix en Ukraine, mais l’acte de naissance d’un nouvel axe de régulation planétaire: le Condominium Trump-Poutine-Netanyhou.

Voici donc, comment – et avec qui – l’Amérique de Trump s’apprête à nous manger.

Les yeux sont parfois plus gros que le ventre.

Tout donne pourtant à penser que le plan, et plus encore le complot contre la paix mondiale que cela représente au sens même que lui a prêté le procureur Jackson au procès de Nuremberg, ne fonctionne pas comme sur du papier à musique.

Je vois une rébellion des nations poindre et un retour en fanfare des Nations Unies.

Trump, qui voulait achever le multilatéralisme, sera battu, finalement, par une vieille idée américaine. Celle de Roosevelt: les Nations-Unies.

Sources:

National Security Strategy

Make America Little Again (Like Never before)

Trump joue au Golf. Mais Trump joue aussi aux Golfes, persique ou du Mexique. Les répercussions sur le détroit d’Ormuz étaient prévisibles. Il n’en ignorait rien. Ils les attendaient et, de « blocage » du « déblocage » aux attaques en pleine négociations, elles sont au centre de sa stratégie. Le coup de théâtre final, isolationniste sur le plan énergétique, surviendra avant les midterms. Le reste, c’est du vent.

Ceux qui pensent que Trump a un comportement stratégique erratique et qu’il est dépassé par les événements devraient prendre en considération ce schéma. Ce qui se profile, et dont il gère les effets de façon redoutable, c’est d’accumuler le mécontentement sur le prix du gallon pour abattre sa carte finale: déconnecter le marché national US du marché global et apparaître, même si c’est un artifice grossier, comme le sauveur d’un désastre dont il laissera les autres nations se « dépatouiller ».

C’est cette stratégie de découplage qui se dessine pour les midterms de novembre 2026. Plutôt que de gérer les États-Unis comme un simple acteur d’un marché mondial fluide, l’administration s’oriente vers une logique de « Forteresse Amériques ». Ce changement de pied repose sur une saisie stratégique de la géographie énergétique de l’hémisphère ouest pour isoler artificiellement le consommateur national de la volatilité mondiale, notamment des tensions dans le détroit d’Ormuz. En transformant l’énergie d’une marchandise globale en un bouclier national, l’objectif est de provoquer un choc psychologique à la pompe au moment précis où les électeurs se dirigent vers les urnes.

Ce plan s’appuie de toute évidence sur une feuille de route géographique précise où le Venezuela, l’Essequibo, Panama et le Groenland servent de piliers à un système en circuit fermé. Dans ce scénario de 2026, le contrôle opérationnel des majors américaines sur les gisements vénézuéliens permet l’extraction massive de brut lourd, parfaitement calibré pour les raffineries de la côte du Golfe. Combiné au brut léger de l’Essequibo, sécurisé sous un protectorat américain de fait, et à la production domestique de schiste, les États-Unis atteignent un mix chimique autosuffisant. Le « verrou de Panama » et la surveillance arctique depuis le Groenland, qui est l’élément du plan sur lequel il s’est cassé les dents, garantissent que ces ressources restent dans un périmètre sécurisé, retirant de fait les molécules américaines du pool d’approvisionnement mondial pour saturer le marché intérieur.

L’industrie pétrolière et parapétrolière américaine s’aligne déjà sur ce nouveau paradigme. Des entreprises comme Exxon, Chevron et Halliburton pivotent leurs chaînes logistiques vers un modèle d’intégration régionale. Sous couvert de sécurité nationale et soutenus par le Defense Production Act, ces géants passent d’une stratégie de « vente au plus offrant mondial » à un mandat de « priorité à l’approvisionnement domestique ». En échange de garanties fédérales et de contrats de reconstruction massifs dans le bassin de l’Orénoque, ils acceptent – du moins temporairement – de déconnecter leurs prix de vente intérieurs du Brent international en pleine envolée. Cela crée un marché à deux vitesses: un marché mondial marqué par la pénurie pour l’Europe et l’Asie, et un marché d’abondance à prix cassé pour l’électeur américain.

Tel est l’art du deal. Il ne subjuguera pas tout le monde, mais pendant que nous demandons à TotalEnergie de se rogner les ailes, les compagnies américaines les déploient, subjuguées par un président qui les comprend, dans des conditions qui devraient indigner le monde.

En ce mois de mai 2026, l’attractivité du « nouveau » Venezuela ne repose pas seulement sur ses réserves géantes, mais sur un système de compensation multidimensionnel que Trump utilise comme un aimant à capitaux.

Pour les Majors américaines (Chevron, ExxonMobil, ConocoPhillips), l’incitation est irrésistible car elle règle des contentieux vieux de vingt ans tout en ouvrant des marges inédites. Le cadre fiscal imposé par le National Energy Dominance Council (le nouveau bras armé de l’énergie à la Maison-Blanche) a fixé des plafonds de redevances (royalties) à 30 %, avec une flexibilité totale selon les projets. C’est une rupture nette avec l’ère Maduro où les prélèvements rendaient l’exploitation non rentable pour les acteurs étrangers.

L’aspect le plus génial — et le plus politique — de cette compensation est le mécanisme de « recouvrement de créances par le forage ». Des entreprises comme ConocoPhillips, qui couraient après des milliards de dollars suite aux expropriations de 2007, se voient offrir la possibilité de se payer directement sur la bête. En gros : « Investissez pour reconstruire l’infrastructure, et chaque baril extrait servira d’abord à rembourser vos dettes historiques avant même que l’État vénézuélien ou américain ne prenne sa part. »

Cette mine d’or permettrait à Trump d’exiger une contrepartie politique de la part de ces compagnies: le découplage des prix. En échange de ces conditions royales au sud, les pétroliers accepteraient de rediriger ce brut lourd vers les raffineries du Golfe du Mexique à un prix préférentiel. Ce flux, combiné à la montée en puissance de l’Essequibo qui atteint désormais presque un million de barils par jour, crée une masse critique de pétrole « sous contrôle » qui n’a plus besoin de passer par les bourses mondiales.

La finalité politique pour novembre 2026 est un événement déflationniste massif. En forçant le prix du gallon à des niveaux planchers, l’administration entend dissiper l’orage du mécontentement qui s’est accumulé sur le coût de la vie. Pour l’électeur de la Rust Belt ou de la Sun Belt, la réalité quotidienne d’une essence bon marché devient une preuve de succès incontestable, éclipsant les vents contraires économiques plus complexes. Ce basculement mercantiliste ne vise pas seulement une victoire électorale ; il signale un retrait permanent de l’ordre énergétique mondial, où les États-Unis ne cherchent plus à stabiliser les marchés mondiaux, mais utilisent leur domination régionale pour créer une île de prospérité exclusive.

La crise du détroit d’Ormuz n’est pas une erreur. Elle est l’élément central d’un calcul perfide.

Non seulement les médias et experts en géopolitique ne voient pas ce qui se passe sous leurs yeux, mais ils ne voient pas davantage celui qui dit ce qui se passe sous leurs yeux et démonte le scénario.