Suicides assistés: la méthode du Deep State russe

Le Deep State russe n’est plus une hypothèse car il se protège lui-même, neutralise ce qui pourrait ressurgir de l’État légitime et maquille ses éliminations en “suicides”. En parler comme d’une simple “mainmise oligarchique” est pervers: cela occulte le phénomène réel, un appareil politico-sécuritaire qui consomme peu à peu la substance du pouvoir légal.

Au cours des dernières années, les observateurs ont relevé plusieurs dizaines de décès ‘suspects’ affectant des responsables politiques, des cadres publics, des entrepreneurs et des officiers liés aux rouages du pouvoir. Ces décès sont souvent rapidement classés comme ‘suicides’ ou morts subites, sans enquête publique transparente. Parmi eux figurent des élus locaux et régionaux, ce qui montre que la vitrine parlementaire n’est pas préservée.

1. Le rôle opérationnel du Совет безопасности (Совбез)

La mise en scène répétée du Совбез — son iconographie, son rôle central dans les décisions stratégiques, et la proximité visible entre ses cadres et les structures militaires — suggère que cet organe exerce, au-delà de sa définition constitutionnelle consultative, une prérogative de police politique.
Dans ce cadre, un service de ‘nettoyeurs’ apparaît comme un instrument pratique: il élimine physiquement ou neutralise ceux qui dévient de la ligne ou deviennent gênants pour la reproduction du pouvoir réel, tout en produisant un effet dissuasif sur l’ensemble des élites.

2. Effets politiques et institutionnels

Suspension de la représentation: la peur et la logique de chape de plomb empêchent l’expression autonome des élus et des élites quelles qu’elles soient.

Affaiblissement du contrat fédéral: les sujets fédérés voient leur loyauté captée par une instance extra-constitutionnelle, ce qui vide de sens l’adhésion au texte constitutionnel.

Dévitalisation de l’État légitime: l’action des ‘nettoyeurs’ et la centralisation occultent les mécanismes démocratiques et juridiques, transformant l’État en une façade juridique vidée de sa substance.

Anesthésie sociale: la répétition de ces épisodes produit un effet narcotique — la société et les institutions normales se replient, réduisant la capacité de réaction citoyenne et institutionnelle.

3. Conséquences symboliques et pratiques

La souveraineté populaire est réduite à une fiction procédurale; la légitimité réelle émane désormais d’une combinaison de coercition et de gestion discrète des élites.

Toute contestation raisonnable court le risque d’être neutralisée non par le débat public, mais par l’élimination physique ou la mise au ban institutionnelle.

Le mécanisme est doublement efficace: il supprime les voix discordantes et il sert d’avertissement à ceux qui pourraient douter.

4. Conclusion — mise en évidence

Ce qu’il faut mettre en évidence, sans ambiguïté, c’est le lien de causalité entre:

1. la centralité croissante du Sozbez (Совбез) dans l’exercice effectif du pouvoir;

2. l’apparition d’un mécanisme de neutralisation clandestine (‘nettoyeurs’);

3. la dégradation de l’État légitime et de la souveraineté populaire.

Autrement dit: le ‘Deep State’ n’est plus une hypothèse — il a une matérialité opérationnelle qui se traduit par la destruction progressive des tissus institutionnels. Ce constat n’est pas une provocation gratuite: c’est une lecture des faits telle qu’ils se présentent et telle qu’ils pèsent sur le destin collectif de la nation.

Le corps qui siège à l’ONU est un alien parmi les nations.

Laisser un commentaire