.Téhéran, .Beyrouth, .Marioupol, .Gaza, .com

​La vérité, c’est que l’expression la plus dense des humains ne tient pas dans des phonèmes. Elle réside dans leurs villes, et dans le monde auquel elles s’attachent.

​La cité, quelle que soit son importance, est l’expression absolue de tous les autres langages dont nous sommes capables. Les civilisations rayonnent à travers les cités qu’elles édifient pour établir la pacification des mœurs, la prospérité et le développement économique, ainsi que le fleurissement des arts et des sciences.

Tout ce qu’il y a à savoir d’un individu ou d’une collectivité est ramené à la conscience qu’il établit avec la cité, la ville, non pas comme son territoire personnel, mais comme lieu et empreinte universels. Car il pourrait être ici, jouissant du confort et de la sécurité de cette cité, comme il pourrait être ailleurs, dans telle autre.

La cité est l’alphabet du monde, qu’elle forme une vaste métropole grouillante de vies anonymes, ou qu’elle se tienne dans une position plus modeste. Toutes les cités appartiennent au même vocabulaire et lui rendent des comptes ; un vocabulaire permettant le vivre-ensemble, l’hospitalité et la sécurité. Cela participe à l’écriture indistincte du livre de la vie, au chapitre de l’exercice des nations dans leur rivalité de génie à trouver des solutions aux problèmes que pose la gestion de la multitude.

Elle est le théâtre de ce qui est immortel.

​Elle nous survit toujours. Le mythe de l’Atlantide y veille.

​Il y a, en ce moment, des hommes qui ont pris la responsabilité de réduire en cendres des villes entières. Ils crachent comme des dragons les flammes de la destruction, quand ils ne promettent pas le feu de l’enfer et de renvoyer leurs populations à l’âge de pierre, au déracinement, au dénuement, en attaquant les infrastructures de production, de mobilité, d’enseignement et de culture, tout cela en invoquant la guerre.

​Ce n’est pas digne.

C’est criminel. C’est outrageant.

​On n’écrit pas l’histoire par la destruction de quartiers, en rasant des villes et des pays.

​Trump, Poutine et Netanyahou sont, aujourd’hui, la honte de l’humanité.

​Si la démocratie, livrée à des légions d’activistes et de minorités dites agissantes, se fait l’instrument de cette abomination, elle perdra toute légitimité historique.

​Elle doit s’attacher à entendre le pouls régulier de l’histoire et de la tradition des peuples comme des nations qu’ils forment.

​Cette violation du droit inaliénable des nations n’est pas un simple sujet d’actualité et, par conséquent, un sujet offert à l’opinion.

​C’est un sujet de conscience qui doit être pesé avec le scrupule que requiert ce siècle.

La vérité persona non grata

Ce qu’a fait l’ambassadeur israélien Danny Danon devant le Conseil de sécurité de l’ONU, pour se dédouaner de la mort de trois soldats de la Paix tués par Tsahal et des intimidations exercée contre des soldats et le chef d’Etat Major de la FINUL, n’est pas sans rappeler le numéro de Colin Powell en 2003. Comme Trump, il a pris à partie la France.

Israël est passé maître dans l’art de se victimiser, dans l’art de l’inversion ou le report de la charge, dans celui de manipuler l’hostilité qu’il inspire à dessein, comme si elle faisait partie du projet de ce régime.

C’est sa signature systématique.

Il faut fermer les yeux pour ne pas la voir.

Israël ne recherche pas les conditions de la paix, mais celles de la guerre qui l’arrange.

Il veut décomposer le Liban. Le désosser littéralement et lorgne, protégé par un Donald Trump qui y a un intérêt stratégique aussi, sur le statut que lui confèrerait, avec un Liban déchiré et amoindri, la maîtrise exclusive ou à des conditions dépendantes principalement de sa seule souveraineté, les gisements gaziers (530 milliards de m3) en Méditerranée Orientale, situés à la frontière au sud du fleuve Litani.

Nul ne parle de cet enjeu. Il est pourtant la vraie clé, du Venezuela au détroit d’Ormuz, jusqu’au passage du Nord-Ouest sur lequel veille un gros caillou de glace qui a pour nom le Groenland, convoité par Trump qui avait pour plan de se l’approprier avec de déclencher la guerre contre l’Iran.

Pour satisfaire cet appétit stratégique, les ogres sont de sortie. Ils font peu de cas des vies humaines, de la dignité des Etats.

Le Liban est écartelé vif et réduit à l’impuissance des uns et à la colère contre-productive et désespérée des autres.

Je le pense promis à l’équarrissage si  rien n’est fait pour entraver le mécanisme activé lorsque l’attaque contre l’Iran a été perpétrée.

Le terrorisme a de beaux jours devant lui si Israël peut agir les mains libres. Il saura manipuler les émotions des démocraties à son bénéfice.

Les faits sont là et restent là. De Gaza au Liban Sud, que l’Etat hébreu entend occuper pour se l’approprier, les journalistes sont tués, les soldats de la Paix visés, le Chef d’Etat Major intimidé, les populations civiles terrorisées et forcées de fuir.

Les témoins potentiels sont expulsés du territoire.

La vérité est persona non grata dans la diplomatie de cet Israël. Je ne suis de ceux qui prétendent savoir que le projet sioniste portait à l’origine cette perversion.

Beaucoup d’Israélien ont cru sincèrement en leur démocratie. L’innocente jeunesse sacrifiée à Nova Festival le 7-Octobre-2023 est le témoin qui objecte pour l’éternité que le sionisme peut être une rose, une marguerite, plutôt qu’une fleur carnivore  considérant ses voisins comme des insectes qu’il doit attirer dans son système digestif.

Aujourd’hui, il ne faut pas avoir peur de dire que la perversion de ce sionisme est manifeste.

Nul ne sait qui est tué et qui ne l’est pas, ni pourquoi? Le temps où Israël relâchait 1200 terroristes, parmi les plus dangereux et fanatiques, contre un seul soldat a laissé place au temps de la peine de mort réservée aux Palestiniens qui oseraient encore résister.

Gideon, archétype de la ruse, a sévi et sévit encore.

La communauté internationale et le droit sur laquelle elle repose, que les Etats-Unis et Israël, dans ce conflit, tiennent pour partir négligeable, n’est pas condamnée à subir, indéfiniment, l’empire du mensonge et du machiavélisme.

Les planètes vont finir par s’aligner. Elles ne peuvent plus faire autrement compte tenu de leurs orbites.

Si elles ne s’alignent pas, elles vont entrer en collision.

Cela, a priori, nul ne le souhaite.

Il est donc de plus en plus probable, et tout dans la direction que prennent les faits et les tensions l’indique, que les événements auxquels nous assistons conduira à une recomposition géopolitique et aux prémisses d’une Grande Paix qu’il faudra savoir construire et consolider sur des nouvelles bases, le plus éloignées possible de celles qui nous font frôler les perspectives d’une guerre mondiale.

Les armes ne seront pas décisives ici.

La justice le sera.

Les USA et Israël seront les premiers perdants, car l’affront fait à toutes les nations, entraînées de près ou de loin, dans cette trappe à antagonisme et ce nid de guerres larvées, aura des conséquences politiques, judiciaires et morales pour les dirigeants et les dépositaires de l’autorité publique qui, guidés par la soif de pouvoir et la cupidité, ont mis leurs doigts dans une telle machination au service du désordre international.

Leur chute entraînera, inéluctablement, la chute de Poutine.

Localisation des blocs libanais
Bloc 4 : Il est situé à l’ouest de l’embouchure du fleuve Litani, dans la Zone Économique Exclusive (ZEE) libanaise. Il est opéré par TotalEnergies (France), ENI (Italie) et QatarEnergy.
Statut : En phase d’exploration avancée, avec des forages débutés en 2020. Les réserves estimées sont de l’ordre de 500 milliards de m³ (non confirmées).
Bloc 9 : Il est situé au sud-ouest de l’embouchure du Litani, proche de la frontière maritime contestée avec Israël.
Partiellement chevauché par le gisement Karish (côté israélien).
Statut : Zone litigieuse – Un accord provisoire en 2022 (médiation américaine) permet au Liban d’explorer une partie du bloc, mais sous des conditions strictes pour éviter les tensions

Du sionisme religieux au messianisme usurpé

Ce soir, 24/02/2026, le gouvernement de Benjamin Netanyahu fera approuver à la Knesset une loi de Halakha et cela soulève le cœur des démocrates.

Ce sujet mérite un traitement plus profond que celui dont il fait l’objet, comme d’ailleurs tout ce qui se rapporte aux questions spirituelles et religieuses.

Même si le combat civique peut avoir – intellectuellement et institutionnellement – nos faveurs, il ne faut pas l’embrasser de manière aveugle.

Nul ne peut balayer d’un revers de main l’importance de ce qui se passe, sans risquer de faire du civisme un idiot utile parmi d’autres, et, parmi le fanatisme, le plus retors d’entre eux.

Les figures du judaïsme orthodoxe sont caricaturées de manière dramatique et préjudiciable alors que de très nombreuses voix, dans le judaïsme et dans l’orthodoxie, condamnent le sionisme et se désolidarisent d’Israël. Paradoxalement, elles sont associées à la mise en place du Grand Israël.

Rien n’est plus faux.

Depuis la fin des accords d’Oslo et sous les mandats successifs de Benjamin Netanyahu, le sionisme et l’Etat ont revêtu une même peau et présentent un même visage. Le maquillage est celui de la démocratie. La chair n’est pas celle-ci.

Il y a un courant de fidélité à la Torah qui a une dimension messianique. Mais il abhorre le sionisme et, alors que les étudiants des yeshivot sont appelés à servir sous les drapeaux pour s’assimiler à la démocratie et au civisme, ce judaïsme se refuse de se laisser enrôler dans Tsahal dans un combat qu’il déclare être impur et ne pas être le sien.

Cela est passé sous silence. Mais cette objection de conscience est capitale car la conversion d’Israël, via son appareil politique et sécuritaire, au mythe du sionisme pose un problème inextricablement pervers et dangereux pour une société démocratique.

La décision d’enrôler les ultra-orthodoxes dans l’armée – à leur corps défendant – est supportée par l’ensemble de la classe politique, et par l’opinion publique. Elle clôt un chapitre et scellerait, irrémédiablement, le destin de cette nation.

La provocation que constitue pour l’Etat de Droit la mise en œuvre de la loi de Halakha compromet le judaïsme. Netanyahu utilise avec habileté ce levier politique pour le discréditer de manière irrémédiable.

Le judaïsme n’a rien à voir avec le sionisme religieux, mais en acceptant une place à la Knesset, la rencontre entre théologie, pragmatisme politique et rapports de force parlementaires a faussé l’ensemble des rapports et dénaturé la perception des devoirs.

L’appréciation de surface, à laquelle se livrent les médias, a une valeur cosmétique.

Si nous ne faisons pas l’effort de discerner les enjeux profonds et leurs conséquences réelles sur la nature du régime sioniste tel qu’il est, alors tout le monde passe à côté de l’essentiel car deux visions irréconciliables sont aux prises l’une avec l’autre et le sionisme religieux, civique et messianique à la fois, écrasera le sionisme originel: Gideon surclasse Salomon, David et même Moïse et Abraham.

Au sein du judaïsme, l’exil a un sens spirituel. Le retour doit être divin, pas politique. Créer un État juif par la force humaine correspond à une transgression.

Ici, le messianisme est passif.

Le sionisme religieux, lui, considère que l’histoire peut être accélérée par l’action humaine. A ses yeux, l’État d’Israël est un instrument du plan divin. La souveraineté sur la terre a une valeur sacrée

Là, le messianisme devient actif. Peut-il être actif, sans être usurpateur?

Le moment qu’a ouvert le 7-Octobre-2023, met à nu une tension religieuse interne autour du sens de l’histoire, du temps, et de la souveraineté.

Mais elle n’est pas simplement une lutte entre “deux blocs religieux” homogènes : c’est plutôt une fracture au sein même du religieux juif, avec des implications politiques locales mais un retentissement dont nul ne doit douter qu’il est mondial et affecte, déjà, chaque conscience.

Ce qui s’est infiltré dans l’âme d’Israël mérite d’être vu, avant d’être tenu, pour ce qu’il est.

Yair Lapid — The Civic Battle Against Gideon’s Chariots

What may seem a marginal issue in Israeli politics — the exemption from military service for ultra-Orthodox Jews — is in fact the nerve of Israel’s “existential” war.
It doubles the legitimate right of self-defense with an unresolved internal conflict, buried in silence — that of a nation divided between duty and devotion, between the State and faith.
For a nation cannot remain free if some claim purity while others sacrifice and stain their hands.

The Founding Compromise

At the creation of the State, David Ben-Gurion granted the Haredim (ultra-Orthodox) an exemption from military service, seeking a fragile balance between faith and politics.
They were then only a few hundred yeshiva students; preserving prayer seemed compatible with building the nation.

But what began as a foundational exception has become a systemic privilege.
Today, tens of thousands of men of service age evade the national obligation while receiving public subsidies and wielding major political influence.
They refuse civic struggle yet dictate morality, preach purity while living off the defense ensured by others.

This asymmetry is no longer merely social — it is metaphysical.
It has turned Israeli democracy into a crevasse in the sky — where the horizon of civic virtue and intention escapes justice, and where faith becomes a refuge from duty.

The Shock of October 7, 2023

October 7 was a moral earthquake — a holocaust in the original sense of the word.
At the Nova Festival, pacifists and artists had gathered to celebrate life, not war; unarmed, trusting in peace, they were delivered to fire and slaughter.
Their destruction was not only a crime but a burnt offering, a generation immolated on the altar of others’ illusions.
Soldiers too, caught unprepared, shared that fate — victims of a faith that had replaced responsibility, and of leaders who had mistaken belief for foresight.

That day consumed not only bodies.
It burned the very idea of Israel as a refuge of conscience.
In the desert, beneath smoke and music turned to screams,
the faith of a nation met the judgment of its own negligence.

As long as this anomaly persists,  Hamas’s rhetoric will remain structurally legitimized.

It is against this drift that Yair Lapid stands, confronting — in the name of the Permanent Forum — the gaping ambiguities of the system on which Benjamin Netanyahu relies, and within which the IDF and the entire security apparatus embody an ambivalence so unbearable that it has produced a deep moral trauma among soldiers and within the command itself.

This institutional irregularity is no less inadequate to Israel than Hamas is to the definition of Palestinian sovereignty.
Though opposed, both stem from the same corruption of responsibility:
one distorts it, the other destroys it.
They must be dismantled — the first — and abolished — the second — in a single movement back toward justice.

As long as this anomaly persists, as long as Israel tolerates within itself a caste exempt from civic duty in the name of divine privilege, Hamas’s rhetoric will remain structurally legitimized.
It feeds on that very contradiction:
a mirror enemy, born of the same refusal to assume shared responsibility.

The Meaning of the Struggle

Yair Lapid’s struggle is not religious; it is civic.
He seeks to restore equality in sacrifice and shared responsibility.
He rejects the notion that a sanctified minority can rise above common law
and turn war into a metaphysical affair.

To bring Israel back from Gideon to David, from sacred vengeance to human justice —
that is the very condition of democratic renewal.
October 7 revealed where religious messianism without responsibility leads.
Yair Lapid offers the opposite path:
responsibility as the arbiter of legitimate faith within the City.

Savonarola has no place in the City.

Yair Lapid — Le combat civique contre les chars de Gédéon

Ce qui pourrait sembler une question marginale dans la politique israélienne — l’exemption du service militaire pour les juifs ultraorthodoxes — est en réalité le nerf de la guerre « existentielle » d’Israël.
Elle double le droit légitime à se défendre d’un conflit interne irrésolu, car appartenant au non-dit, celui d’une nation divisée entre le devoir et la dévotion, entre l’État et la foi.

Car une nation ne peut demeurer libre si certains revendiquent la pureté pendant que d’autres se sacrifient et se souillent les mains.

📜 Le compromis fondateur

À la création de l’État, David Ben-Gourion accorda aux haredim (ultraorthodoxes) l’exemption du service militaire, cherchant un équilibre fragile entre la foi et la politique.
Ils n’étaient alors que quelques centaines d’étudiants en yeshiva ; préserver la prière semblait compatible avec la construction de l’État.

Mais ce qui fut une exception fondatrice est devenu un privilège systémique.
Aujourd’hui, des dizaines de milliers d’hommes en âge de servir échappent à l’obligation nationale tout en bénéficiant de subventions publiques et d’une influence politique majeure.
Ils refusent le combat civique mais dictent la morale, prêchent la pureté tout en vivant de la défense assurée par les autres.

Cette asymétrie n’est plus seulement sociale — elle est métaphysique.
Elle a transformé la démocratie israélienne en une crevasse du ciel — un lieu où la sainteté échappe à la justice, et où la foi devient refuge contre le devoir.

⚔️ Le choc du 7 octobre 2023

Le 7 octobre fut un séisme moral — un holocauste, au sens premier du mot.
Au festival Nova, des pacifistes et des artistes s’étaient rassemblés pour célébrer la vie, non la guerre ; désarmés, confiants dans la paix, ils furent livrés au feu et au massacre.
Leur destruction ne fut pas seulement un crime, mais une offrande brûlée, une génération immolée sur l’autel des illusions d’autrui.
Des soldats eux aussi, pris au dépourvu, partagèrent ce destin — victimes d’une foi qui avait remplacé la responsabilité, et de dirigeants qui avaient confondu croyance et clairvoyance.

Ce jour-là ne consuma pas seulement des corps.
Il brûla l’idée même d’Israël comme refuge de la conscience.
Dans le désert, sous la fumée et la musique changée en cris,
la foi d’une nation rencontra le jugement de sa propre négligence.

⚖️ La position de Lapid

C’est contre cette dérive que se dresse Yair Lapid, confrontant — au nom du Forum permanent — les ambiguïtés béantes du système sur lequel s’appuie Benjamin Netanyahou,
et dont Tsahal et l’ensemble de l’appareil sécuritaire concentrent l’ambivalence, devenue si invivable qu’elle provoque un lourd traumatisme moral parmi les soldats et au sein même des états-majors.
Cette irrégularité institutionnelle n’est pas moins inadéquate à Israël que le Hamas ne l’est à la définition de la souveraineté palestinienne.
Toutes deux, bien que contraires, procèdent d’une même corruption de la responsabilité :
l’une la déforme, l’autre la détruit.
Elles doivent être démantelées — pour l’une — et abolies — pour l’autre — dans un même mouvement de retour à la justice.

Tant que cette anomalie persistera, tant qu’Israël tolérera en son sein une caste soustraite au devoir civique au nom d’un privilège divin, le discours du Hamas demeurera structurellement légitimé.
Il se nourrit de cette contradiction :
un ennemi miroir né du même refus d’assumer la responsabilité commune.

🕯️ Le sens du combat

Le combat de Yair Lapid n’est pas religieux, il est civique.
Il cherche à rétablir l’égalité dans le sacrifice et dans la responsabilité partagée.
Il rejette l’idée qu’une minorité sanctifiée puisse s’élever au-dessus du droit commun et transformer la guerre en affaire métaphysique.

Ramener Israël de Gédéon à David, de la vengeance sacrée à la justice humaine,
voilà la condition même du renouveau démocratique.
Le 7 octobre a montré où mène le messianisme religieux sans responsabilité.
Yair Lapid propose le chemin inverse : la responsabilité comme arbitre de la foi légitime dans la Cité.

Savanarole n’a pas sa place dans la cité.

🥇 De Pékin 2022 à Milan–Cortina 2026 : l’agenda olympique et le retour du sens stratégique

Le dimanche 9 novembre 2025, alors que Canton (Guangzhou) s’illuminait de lumières, d’acclamations et d’histoire pour l’ouverture des 15ᵉ Jeux nationaux de Chine — organisés pour la première fois conjointement par le Guangdong, Hong Kong et Macao — le président Xi Jinping a rencontré Kirsty Coventry, présidente du CIO, et Thomas Bach, président honoraire à vie.

La rencontre, mise en avant par @XisMoments, n’était pas seulement un geste de continuité olympique, mais aussi un symbole d’unité culturelle et d’harmonie intérieure que la Chine souhaite relier à l’esprit universel des Jeux.

Les Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 se sont clos le 20 février 2022 ; deux jours plus tard, la Russie envahissait l’Ukraine.
Ce qui devait être un triomphe d’harmonie devint une blessure silencieuse pour le prestige moral de la Chine.
Xi Jinping n’a pas gâché la cérémonie de clôture — il a attendu.
Mais « l’amitié sans limites » proclamée avec Moscou venait déjà d’être rompue, non par la diplomatie, mais par un missile au-dessus de Kyiv.

Alors que le monde se tourne vers Milan–Cortina 2026 et se prépare à Los Angeles 2028, la séquence olympique retrouve son rôle : celui du calendrier des civilisations, la mesure de la conscience mondiale.
La flamme passe désormais à l’Ouest, où Los Angeles 2028 pourrait, peut-être, devenir les Jeux du Rééquilibre : le retour du récit sur le chaos, du sens sur la domination.

En parallèle, Donald Trump agit sur un autre front — mais dans la même logique de transition.
Sa décision de suspendre la livraison des Tomahawk à l’Ukraine, loin d’une hésitation, vise à reconfigurer la logique des sanctions et à reprendre la maîtrise stratégique du récit.

De même, sa volonté déclarée de reprendre le conflit israélo-palestinien à travers les Accords d’Abraham signale un glissement : de la confrontation militaire vers la résolution narrative, du pilotage de la guerre à la maîtrise de la paix.

Ces deux gestes — celui de Xi à Canton, celui de Trump à Washington — se rejoignent sur le pont symbolique qui relie, d’une part, Pékin 2022 à Milan–Cortina 2026, et, d’autre part, Paris 2024 à Los Angeles 2028.

Le sport change la donne.

Il rend au monde la mesure de sa civilisation, rappelant que la force ne sert plus à détruire, mais à garantir la paix et à restaurer le sens.

> j’ai dit cela. Chaque être choisit, par sa propre voix liée à son libre-arbitre, la réalité à laquelle il souhaite donner corps. Ainsi, les monstres s’effacent.

#XiJinping #15thNationalGames #Trump #Olympics #SoftPower #Paris2024 #MilanCortina2026 #LosAngeles2028 #CredimusInOptimumHumanis

🕊️ From Beijing 2022 to Milan–Cortina 2026: The Olympic Agenda and the Return of Strategic Meaning

On Sunday, November 9, 2025, as lights, cheers and history illuminated Guangzhou for the opening of China’s 15th National Games — the first ever to be jointly hosted across Guangdong, Hong Kong and Macao — President Xi Jinping met with IOC President Kirsty Coventry and Honorary President for Life Thomas Bach.

The meeting, highlighted by @XisMoments, was not only a gesture of Olympic continuity but also a symbol of China’s expanding cultural unity and its aspiration to connect domestic harmony with the universal spirit of the Games.

The Beijing 2022 Winter Games had closed on February 20, 2022; two days later, Russia invaded Ukraine.
What should have been a triumph of harmony became a silent wound to Beijing’s moral prestige.
Xi Jinping did not spoil the closing ceremony — he waited.
But the “friendship without limits” declared with Moscow had already been shattered, not by diplomacy, but by a missile over Kyiv.

As the world prepares for Milan–Cortina 2026 and looks toward Los Angeles 2028, the Olympic sequence resumes its role as the calendar of civilization — a chronometer of global conscience.
The torch now passes westward, where Los Angeles 2028 may become the Games of Rebalancing: a return to narrative over chaos, meaning over domination.

In parallel, Donald Trump acts on a different front — but within the same logic of transition.
His decision to pause the delivery of Tomahawks to Ukraine, far from hesitation, aims to reshape the logic of sanctions and reclaim strategic authorship.

Likewise, his declared intent to re-engage the Israeli-Palestinian conflict through the Abraham Accords signals a shift from military confrontation to narrative resolution — from managing war to mastering peace.

The two gestures — Xi’s at Guangzhou, Trump’s in Washington — converge across the symbolic bridge between, in one part, Beijing 2022 and Milan–Cortina 2026, and, in another, Paris 2024 and Los Angeles 2028.

Sport is a game changer.

It restores the measure of civilization, reminding us that force no longer destroys — it safeguards peace, and restores meaning.

>This is what I have said, from now on:
Every single person, through his own voice, chooses the reality they wish to bring into being.
Thus, monsters disappear.

#XiJinping #15thNationalGames #Trump #Olympics #SoftPower #Paris2024 #MilanCortina2026  #LosAngeles2028 #CredimusInOptimumHumanis

Yair Lapid et la rupture avec l’État profond du sionisme

Alors que les médias concentrent leur pouvoir critique et polémique sur la tournée du chef de l’Orchestre national d’Israël, le retrait de Yair Lapid des institutions qui orchestrent le sionisme constitue l’événement majeur du référentiel démocratique israélien. Yair Lapid n’est plus seulement un rival politique de Benjamin Netanyahou : il est la figure d’avenir d’Israël.

En se retirant de l’accord de partage du pouvoir au sein des institutions sionistes mondiales — World Zionist Organization, Agence juive, Keren Hayesod, KKL — Yair Lapid accomplit un acte inédit dans l’histoire d’Israël.
Pour la première fois, un leader politique d’envergure nationale rompt avec le sionisme institutionnel profond, celui qui relie depuis 1948 l’État israélien à son réseau mondial d’influence et de financement.

Ce geste ne traduit pas une désertion, mais une désidentification volontaire du politique à l’appareil métapolitique.
Il retire à la droite messianique la couverture morale d’une co-gestion et la laisse seule face à la machine idéologique qu’elle a capturée.

Comme je l’avais analysé dans L’Agence juive, organe profond de l’État israélien, ces institutions forment le système nerveux du sionisme mondial, opérant souvent en deçà du contrôle démocratique.
Lapid, en s’en retirant, révèle cette tension : la démocratie israélienne se heurte à ce que j’avais nommé l’État profond du sionisme.

C’est un acte fondateur.
Israël politique vient de se séparer, pour la première fois, du sionisme administratif et patrimonial.
Un fil se rompt — mais c’est peut-être la condition même d’une refondation accompagné, dans le contexte du plan de Paix et des Accords d’Abraham, des obstacles à une salutaire résolution du conflit respectueuse du droit mutuel des Palestine et des Israéliens.

Cognitive Shockwaves at the Knesset

Donald J. Trump’s address before the Knesset was presented as “historic.” . Yet it served less the cause of history than the narration of a silent shift: the moment when America, beneath misplaced applause, signaled to Israel that the era of the Greater Israel is over. A moment of apparent exaltation that was, in truth, a distancing — a masterclass in realpolitik cloaked in biblical fervor.

The Israeli government — Amir Ohana, Speaker of the Knesset, alongside Prime Minister Benjamin Netanyahu and President Isaac Herzog — did more than roll out the red carpet for the President of the United States.
Through a concert of praises and standing ovations, some even assuring him that “Israel would remember him in two thousand years,” they sought to place Donald Trump in a position of obligation, flattering him into submission, turning the very sanctuary of Israeli democracy into a stage for ritualized sycophancy.

The only one who seemed to hold himself apart from this unhealthy choreography was Yair Lapid, head of the main opposition party and chairman of the Permanent Forum, to whom Trump extended an unusually warm and sincere greeting.

While every newsroom hailed a “historic day” for Israel, none bothered to translate the speech of the man embodying Israel’s democratic awakening — the same Lapid whom Trump honored on Truth Social and via the White House account, twice posting images of the mass peace rallies organized by the opposition.

The long introductory tributes from Netanyahu’s majority validated, with almost theatrical excess, an old adage:

“If an event is forced upon you, pretend to have inspired it, guard it jealously, and become its memory for centuries to come.”

Yet body language betrayed the unease. Both Trump and Herzog looked stiff, uncomfortable.
And “Bibi,” as Trump kept calling him by his nickname rather than his state title, behaved like a game-show host, warming up the crowd with forced exuberance fit for prime-time television.

The question hung in the air: how would Trump escape this suffocating trap?
Especially after, upon taking the podium, he was told twice — “Here, the teleprompter is working” — a barely veiled jab at the United Nations, where, according to him, 142 sovereign nations had bent to Hamas’s will by paving the way for the recognition of a Palestinian state.


The Cognitive Riposte

How do you outplay a suspect excess of flattery?
By being even more flattering than the flatterer — and Donald Trump is a virtuoso of that art. His opening was greeted by rapturous applause. Netanyahu thought the script intact: Iran as eternal enemy, war as destiny, and U.S. alignment as a given.
But gradually, Trump dismantled the narrative. The verbs changed tense, the story shifted from the present of threat to the past of victory, and then ascended to the biblical time of Abraham — the time of promises and covenants.

“Abraham… I love saying that name. Abraham.”

By invoking this founding figure, Trump moved the stage itself. Israel was no longer the perpetual besieged citadel but the cornerstone of a new era, called to move from the age of terror to the age of peace.
Then came the key passage:

“I want to thank the Arab and Muslim nations for their commitment, because they’ve made — to support a safe rebuilding of Gaza and beyond. I have many Arab countries, very wealthy countries, that came up and said we’ll put up tremendous amounts of money to get Gaza rebuilt. … They want dignity… and they want to see it be good for Israel too.”

Israel cannot turn its back on the future.
Under the guise of gratitude, Trump drew a red line: peace would come at a price, and Israel would have to take part in its own moral and political reconstruction.


The Sheldon Moment

Then came the apocalyptic moment, around the fifty-fifth minute.
Trump called upon Miriam Adelson (née Sheldon), the American-Israeli billionaire and historic GOP donor, to stand.
He quipped, half-joking, that she had “sixty billion in the bank” and that, under her influence and that of her late husband Sheldon, he had recognized Israel’s sovereignty over the Golan Heights.

But after the homage came the sting:

“She loves this country. She and her husband are so incredible. We miss him dearly. But I actually asked her once — Miriam, I know you love Israel, but what do you love more — the United States or Israel? She refused to answer. That might mean it’s real.”

A chill swept through the Knesset.
Trump had just exposed, in the brightest light, the unspoken question: where does loyalty end?

The coup de grâce came after nearly an hour of speech.
Turning toward President Herzog, Trump said, half-smiling:

“Hey, I have an idea. Mr. President, why don’t you give him a pardon? Cigars and some champagne — who the hell cares?”

The room froze.
Trump had just called, before all of Israel, for Netanyahu’s pardon.
It was no endorsement — it was a symbolic burial.
A forced laugh, a nervous grin, and then:

“Ah, that wasn’t in my speech. Enough controversy for the day.”

The message had landed.
Netanyahu’s trial was over.
The post-Netanyahu era had been sealed — under applause from those who mistook a dismissal for a coronation.

Among the few genuine smiles, that of Yair Lapid.
Netanyahu, meanwhile, was buried alive, carrying with him the anachronistic dream of a “Greater Israel.”
Trump, in a single gesture, inverted the symbolic weight of the moment. War became past; peace — tied to the reconstruction of Gaza and the inclusion of Arab nations — became horizon.

“It’s time to rebuild Gaza. … They want dignity.”

Yet through that regained dignity, Trump was also asking Israel itself — while avoiding any mention of the financial dimension entrusted, for now, solely to the Board of Peace and its billionaire patrons — to contribute morally and politically to the building of a new order.
All of it without seeming to say it, nor even to have said it — which is, undeniably, a great art of the deal.

That is what I saw and heard.
And I have not seen a single media outlet acknowledge these cognitive shockwaves, though they were so clearly delivered.

Plan de paix Trump: l’après-Netanyahou a commencé

Le plan de paix que Donald Trump a fait signer à Benjamin Netanyahou fixe un certain nombre de lignes claires pour surmonter, enfin, l’idée d’un « Orient compliqué », litote qui a trop longtemps signifié qu’aucun miracle n’y était possible.
Le chemin sera complexe en lui-même, mais le sentiment naissant est celui d’un espoir sans frontières, assez vaste pour que le président des États-Unis ait ouvert la perspective à ce que l’Iran, y compris sous sa forme de républisue islamique, puisse s’y associer. Il l’y a invité.
Le temps n’est donc pas celui d’ajouter une complexité mensongère et inutile à la complexité naturelle. Au contraire.

Contre toute attente, Netanyahou a abandonné Gideon et fait — il faudrait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte — contre mauvaise fortune l’apparence d’un bon cœur.
Il s’est accordé, et a voulu faire valoir comme expression de sa souveraineté, un rôle de garant ‘absolu’ qu’il a déjà perdu dans les faits. Donald Trump ne lui reconnaît que la possibilité de sauver les apparences encore quelque temps. Mais il sera, à l’égal de toutes les autres parties impliquées — Hamas, Autorité palestinienne — placé sous la surveillance collective.

La question, désormais, n’est plus Netanyahou, pas davantage que celle de la coalition actuelle.
La démocratie israélienne, à laquelle le président Trump a rendu hommage, devra aller au bout de son propre chemin. Israël, même si Netanyahou se garde bien d’en admettre la nécessité, devra concéder quelque chose au processus. Car la partie palestinienne — jusqu’au Hamas — possède elle aussi, de par sa nature, une place dans ce cadre. Le président américain a laissé entendre que l’encadrement « historique » du Hamas avait subi suffisamment de pertes pour que la génération actuelle puisse se montrer plus réceptive au plan de paix qu’elle ne l’était dans le passé.

Il ne fait pas de doute que le canal qatari que Benjamin Netanyahou a tenté de briser est susceptible d’avoir nourri l’espoir d’un accord.

Sur la Syrie: l’équilibre recherché tient en une formule simple et lisible. La reconnaissance américaine de la souveraineté d’Israël sur le Golan — proclamée en 2019 et demeurée en vigueur — est assumée comme un fait stratégique durable; en contrepartie, l’annexion de la Cisjordanie ne saurait être admise, ni frontalement, ni par grignotage. Autrement dit: la sécurité d’Israël est consolidée au nord-est par le maintien du statu quo sur le Golan, pendant que la perspective d’un État palestinien viable exige que cesse toute logique d’absorption progressive en Cisjordanie.

Ce cadre implique d’intégrer la « nouvelle Syrie » telle qu’elle se présente depuis l’accession d’Ahmed Al-Charaa à la présidence: l’architecture régionale ne peut ignorer Damas et ses garanties frontalières, si l’on veut stabiliser l’ensemble et refermer les contentieux hérités.

L’horizon masqué des Accords d’Abraham est bien celui de la coexistence pacifique de deux États — Israël et la Palestine — dans un environnement propice. Phase après phase, ce chemin finira par s’imposer dans l’intérêt de tous. La perspective est déjà dans les esprits:elle alimente des espoirs, suscite des peurs, bouscule des préjugés. Il serait fâcheux d’y céder.

On entendra beaucoup de bêtises, et elles trouveront sans doute de l’écho.
Parmi elles, la première à surgir est liée à la perspective de voir Tony Blair, l’ancien Premier ministre britannique, superviser le gouvernement de transition à Gaza — comme si cela devait annoncer un « protectorat » semblable à celui dont on sait comment il s’est terminé. Certains rappellent sa responsabilité dans la guerre en Irak, comme si l’histoire ne pouvait être qu’une tragédie répétée, dans laquelle l’Occident est condamné à être fautif, seul fautif et unique responsable.

Mais c’est tout le contraire qui se joue ici. Non une reconduction, mais une œuvre de réparation. Ce rappel convoque l’histoire — celle du mandat britannique en Palestine, balayé à la fin des années 1940 par une vague d’attentats et de révolte, dont l’explosion du King David Hotel en 1946 reste l’image marquante. Londres, usé, remit alors le dossier aux Nations unies avant de quitter la scène, rejeté à la mer par la violence des événements.
Cette mémoire nourrit la méfiance, d’autant plus que plane encore l’ombre des accords Sykes-Picot, où la France et le Royaume-Uni avaient redessiné le Proche-Orient à coups de frontières tracées à la règle, imposant un partage artificiel dont les plaies sont encore vives.

C’est ce rappel qu’il faut retenir: revenir aux sources du problème non pour répéter les erreurs d’antan, mais pour les regarder en face et ne pas les commettre à nouveau. C’est cela, le défi qui attend cette communauté de bonnes volontés.
C’est cela, la geste que Donald J Trump s’efforce, bien au-delà de sa propre personne, d’imprimer dans l’Histoire.