« There’s a killer on the road »

De l’assistance militaire à la symbiose algorithmique : la Section 224 du Congrès américain s’apprête à sceller une fusion sans précédent entre les appareils de guerre des États-Unis et d’Israël. Entre mécanique aveugle et perte de contrôle démocratique, analyse d’une matière politique où la Paix, désormais tenue en laisse, semble suivre une trajectoire dont l’issue nous échappe.

Le Congrès des Etats-Unis d’Amérique s’apprête à assurer une intégration totale et fusionnelle des systèmes de guerre americano-israélien
J’appelle donc à prêter une attention toute particulière à la publication repostée ci-dessous.

Cette analyse n’est pas à ranger – je tiens au distinguo  – dans le registre des simples points de vue et du débat d’idée, qui inscrit toute choses dans une perspective relativiste transformant le discernement en variable de désajustement démocratique.

Le Quincy Institute dresse un examen clinique. C’est une observation médico-légale à laquelle il se livre, laquelle souligne un net changement de paradigme qui nous place au seuil de l’ère des apocalypses.

Il ne faut pas avoir peur des mots.
Il faut avoir peur de la réalité. Il faut le courage des mots pour ne pas avoir à craindre la réalité.
Habituellement, les États-Unis fournissent une aide financière ou matérielle (le modèle de l’aide), permettant au Congrès de voter chaque année sur le maintien de ce soutien.

Avec la Section 224, le Quincy Institute dénonce qu’on bascule dans une intégration technique et industrielle avec Israël: partage de données brutes, co-production d’IA, systèmes cyber et technologies autonomes. Pour Quincy, cela crée un « verrouillage » technologique rendant la séparation des deux armées quasiment impossible.

Cette symbiose aboutit à une entité qui n’appartient plus à aucune souveraineté nationale propre. C’est d’elle dont on peut dire qu’elle a enclenché la dynamique du détroit d’Ormuz ; c’est elle qui, en vertu d’objectifs opaques, tient la Paix en laisse et l’affale, la dresse comme un chien à enrager.

Pour paraphraser le 45/47e président des États-Unis : payez une attention toute particulière à cette matière.

En guise de conclusion face à cette mécanique infernale, ces mots de Jim Morrison me reviennent:

« There’s a killer on the road / His brain is squirmin’ like a toad / Take a long holiday / Let your children play… »

(Il y a un tueur sur la route / Son cerveau se tortille comme un crapaud / Prends de longues vacances / Laisse jouer tes enfants).

Trump, Netanyahou et Poutine unis contre la Paix des Nations

Le monde est en guerre, mais personne ne le voit.

Je mesure en lisant et écoutant de nombreux commentaires qui jonglent, alternativement, entre le sort de l’Ukraine et la situation dans le détroit d’Ormuz, combien les observateurs semblent désemparés pour expliquer l’actualité.

Ils sont incapables de sa sortir d’un schéma mental selon lequel Trump n’a qu’une hâte, se sortir du guépier dans lequel il serait entré par erreur.

C’est une erreur de considérer qu’il y est entré par erreur.

Dans le cas du Moyen-Orient comme à Kyiv, où la Russie a changé de gamme d’armement, et demandé, par la voix de Sergueï Lavrov, aux chancelleries étrangères de retirer leurs diplomates, celui qui exige le prix Nobel de la Paix n’a jamais cessé d’alimenter un jeu de tensions, au détriment des alliés traditionnels de ce qui formait l’Occident.

Cet Occident, Donald Trump le tue à petit feu, lui et ses valeurs, au profit d’une autre version, dont l’axe court de Washington à Moscou en passant par Tel-Aviv. C’est un Occident où Palantir a son mot à dire et où le pape Léon XIV et son encyclique « Magnifica Humanitatis », lui, n’a plus la parole.


Dans les deux cas, les cadres analytiques sont inopérants. C’est pour cette simple et unique raison que les experts ne parviennent plus à comprendre et la logique des conflits et la logique de leur règlement. Il n’y a pas de solution dans un seul cadre, parce que le cadre ne s’appartient pas à lui seul. Il fait partie d’un ensemble plus vaste, coordonné avec la précision d’un montre russe.


Les pièces ne s’alignent pas avec les intentions car les événements ne concernent pas plusieurs échiquiers différents, mais un échiquier global où les fous de Mar-a-Lago, de Tel-Aviv et de Moscou, imposent leur loi.

C’est ce qui me fait dire et assumer qu’ils sont liés par un complot contre la Paix des Nations ayant pour buts de livrer le Moyen-Orient au chaos, les pays de l’Union Européenne à la Russie, et le contrôle du monde aux USA.


Tant qu’on n’a pas compris cela, on n’a rien compris.

On n’y voit que du feu.

Tant qu’on n’a pas compris ça, on se désespère des voltefaces de Donald Trump qui trouve toujours le moyen de faire dérailler les négociations qu’il prétend engager.

Israël et les USA de Trump ont réussi à faire de la question du nucléaire iranien un enjeu existentiel pour l’ensemble de l’Occident.

Ce fut un coup magistral car il permet de maintenir sur le sujet des négociations avec la République Islamique d’Iran, et sur l’ensemble du débat politico-médiatique, une pression négative utile pour masquer l’étendue de la tromperie.

La Paix n’est jamais un processus dans lequel on entre à reculons. Ici, l’Amérique non seulement entre à reculons, mais fait tout pour saboter le dénouement, bien aidée par Israël et son exigence sécuritaire absolue.

L’exigence de sécurité est légitime. Elle suppose une réciprocité. L’exigence de sécurité offre un horizon de réalisation satisfaisant les belligérants.

Elle est donc à distinguer de l’exigence sécuritaire qui ne se satisfait de rien sinon de l’annihilation et de la destruction de toutes les souverainetés externes.

Les soi-disant « Accords d’Abraham » sont, à la lumière des événements comme de l’injonction, hier, de Trump à obtenir ratification des pays arabes, et notamment de l’Arabie Saoudite contre une désescalade, un tour de passe-passe.

Ces accords ne mystifient plus personne de sérieux, j’entends par sérieux quiconque regarde la réalité, la structure qu’elle compose, sans avaler les grosses couleuvres des fictions, fussent-elles sophistiquées, auxquelles, tourvà tour, Netanyahou, Trump ou Poutine exigent que nous adhérions.

Voici l’état du sionisme aujourd’hui et nul ne peut reprocher à l’Iran de prétendre défaire de monstre. L’adage selon lequel qui se ressemble s’assemble n’a pas a été bousculé pour comprendre la dynamique monstrueuse qui unit les protagonistes et qui en fait les frais.

Certains estiment que ces guerres, susceptibles d’aboutir à une guerre mondiale, sont déjà hors de contrôle et que rien ne pourra arrêter les puissances de feu engagées.

Je ne suis pas d’accord. Je vois, personnellement, un coup d’arrêt brutal advenir. Mais ce coup d’arrêt ne pourra advenir qu’au moment où l’ensemble des nations, tétanisées, cesseront de discuter du sexe de la future et hypothétique bombe nucléaire iranienne pour regarder le film complet sur tout l’écran.

Il est permis de remonter assez loin.

A ce moment-là cette guerre par morceaux, pour reprendre un qualificatif de Jean-Paul II, sera achevée.
Un nouveau monde pourra naître. Il en aura les moyens et l’opportunité.

Comment, et avec qui, l’Amérique de Trump s’apprête à nous manger

Le National Security Strategy publié en novembre 2025 établit précisément une feuille de route. Ce n’est pas une doctrine, ce sont des ordres de mission.

L‘hypothèse que j’ai eu l’honneur de développer pour expliquer, aux antipodes du narratif livré par les protagonistes, la guerre engagée par les USA et Israël s’inscrit un processus de domination énergétique.

Pour en résumer les conclusions auxquelles j’aboutis, ma thèse, publiée sous le titre « Make America Little Again » développe l’idée qu’une partie de la stratégie américaine contemporaine ne viserait plus à maintenir un ordre mondial ouvert, mais à recentrer la puissance des États-Unis sur une forme d’autarcie énergétique et géopolitique dont, d’une part, la guerre engagée contre l’Iran constitue l’axe de redistribution et, autre part, la prise de contrôle de ressources stratégiques (Venezuela, Essequibo, Panama, Groenland), l’exutoire régulier pour convertir les désordres créés au Moyen-Orient en flux de liquidités.

L’objectif consiste à la fois de sécuriser l’approvisionnement intérieur américain, au prix d’un déséquilibre global. Il fait dépendre l’Europe et l’Asie de ressources et potentiels localisés en Amérique, et, s’agissant du rôle dévolu à Israël, en Méditerranée Orientale et au Moyen-Orient.

Le cœur de la manœuvre m’apparait ne pouvoir être que celle-là, même si elle se présente sous les atours de défense des valeurs démocratiques et  avec des arguments consistant à  exagérer la menace nucléaire iranienne pour en faire l’enjeu du conflit.

L’hypothèse que je retiens présente de surcroît l’avantage d’être conforme à la Stratégie de Sécurité Nationale, telle que publiée en novembre 2025, par la Maison Blanche.

La nouvelle doctrine américaine s’y détache du magistère moral et de phare de la liberté.  Le continent américain redevient la priorité stratégique centrale (« Trump Corollary » à la doctrine Monroe). Le texte insiste sur le contrôle de l’hémisphère occidental, des routes énergétiques, des frontières, du Panama, du Groenland et de l’influence chinoise dans les Amériques.

Bien plus qu’un instrument intellectuel recalibrant les relations internationales, le NSS 2025 propose une feuille de route rendant très polyvalente la notion de sécurité stratégique.

Sa mise en application a été très rapide. Le 3 janvier 2026 Maduro est capturé et une équipe gouvernementale favorable aux intérêts américains est installée.

En janvier 2026, Donald Trump relance frontalement l’idée d’un contrôle américain sur le Groenland, refuse d’exclure la contrainte économique ou militaire, menace de tarifs douaniers contre plusieurs alliés européens et rattache explicitement le Groenland à la sécurité nationale américaine.

Le 28 février, en pleine phase de négociations, Israël et les USA attaquent l’Iran et décapitent les dignitaires et un nombre élevé de hauts responsables croyant précipiter la chute du régime.

Il a été dit que Trump ne s’attendait pas à un blocus du détroit d’Ormuz au moment où il a décidé de déclencher le conflit.

Qui peut accorder crédit à cette hypothèse ?

​Par ailleurs, à défaut de disposer d’une doctrine israélienne, elle se déduit du concept de « Régional Capstone Alliés »  que pose le nouveau document stratégique américain. Désormais Israël doit agir comme un Régulateur Régional Autonome.

C’est dans ce cadre que la guerre contre l’Iran s’inscrit. Israël s’établit comme la force de torsion qui empêche la pénétration adverse dans le « corridor énergétique » vital.

Israël ne veut plus être une petite grande puissance. Cette guerre, et les effets à en recueillir, lui permettrait de revendiquer le statut intégral de grande puissance.

Cela suppose qu’Ormuz et Suez soient voués aux perturbations, promis à des épisodes de crises, pendant que de nouveaux couloirs, de nouveaux réseaux et dispositifs logistiques, des systèmes de production alternatifs suppléent et prennent le relais, abandonnant aux pays du Golfe un rôle subalterne et supplétif.

​Dans cette optique, l’intervention au Liban Sud est le bras armé d’une stratégie de clôture territoriale : transformer la frontière en une membrane étanche pour protéger les actifs économiques du bassin levantin et permettre leur croissance.

Le concept de « Regional Capstone Allies » dans la NSS 2025 n’est pas formulé comme une définition doctrinale unique et stabilisée, mais il apparaît comme une architecture géopolitique nouvelle: les États-Unis veulent s’appuyer sur quelques alliés-pivots régionaux capables de porter localement une partie du fardeau stratégique américain.

Dans la mesure où l’Europe est présentée comme un continent affaibli et sur le déclin civilisationnel, et compte tenu des services rendus à Poutine, qui bénit une guerre qui redonne de l’oxygène à son économie, qui tarit le stock d’armes disponibles pour l’Ukraine, et voit le désaveu de l’OTAN sanctionné par un retrait de plusieurs milliers d’hommes, il est souhaitable de se demander à qui sera dévolu le rôle d’allié clé de voute en Europe?

Décrypté par cette grille, le Sommet d’Anchorage du 15 août 2025 n’était pas une simple tentative de paix en Ukraine, mais l’acte de naissance d’un nouvel axe de régulation planétaire: le Condominium Trump-Poutine-Netanyhou.

Voici donc, comment – et avec qui – l’Amérique de Trump s’apprête à nous manger.

Les yeux sont parfois plus gros que le ventre.

Tout donne pourtant à penser que le plan, et plus encore le complot contre la paix mondiale que cela représente au sens même que lui a prêté le procureur Jackson au procès de Nuremberg, ne fonctionne pas comme sur du papier à musique.

Je vois une rébellion des nations poindre et un retour en fanfare des Nations Unies.

Trump, qui voulait achever le multilatéralisme, sera battu, finalement, par une vieille idée américaine. Celle de Roosevelt: les Nations-Unies.

Sources:

National Security Strategy

Make America Little Again (Like Never before)

Trump joue au Golf. Mais Trump joue aussi aux Golfes, persique ou du Mexique. Les répercussions sur le détroit d’Ormuz étaient prévisibles. Il n’en ignorait rien. Ils les attendaient et, de « blocage » du « déblocage » aux attaques en pleine négociations, elles sont au centre de sa stratégie. Le coup de théâtre final, isolationniste sur le plan énergétique, surviendra avant les midterms. Le reste, c’est du vent.

Ceux qui pensent que Trump a un comportement stratégique erratique et qu’il est dépassé par les événements devraient prendre en considération ce schéma. Ce qui se profile, et dont il gère les effets de façon redoutable, c’est d’accumuler le mécontentement sur le prix du gallon pour abattre sa carte finale: déconnecter le marché national US du marché global et apparaître, même si c’est un artifice grossier, comme le sauveur d’un désastre dont il laissera les autres nations se « dépatouiller ».

C’est cette stratégie de découplage qui se dessine pour les midterms de novembre 2026. Plutôt que de gérer les États-Unis comme un simple acteur d’un marché mondial fluide, l’administration s’oriente vers une logique de « Forteresse Amériques ». Ce changement de pied repose sur une saisie stratégique de la géographie énergétique de l’hémisphère ouest pour isoler artificiellement le consommateur national de la volatilité mondiale, notamment des tensions dans le détroit d’Ormuz. En transformant l’énergie d’une marchandise globale en un bouclier national, l’objectif est de provoquer un choc psychologique à la pompe au moment précis où les électeurs se dirigent vers les urnes.

Ce plan s’appuie de toute évidence sur une feuille de route géographique précise où le Venezuela, l’Essequibo, Panama et le Groenland servent de piliers à un système en circuit fermé. Dans ce scénario de 2026, le contrôle opérationnel des majors américaines sur les gisements vénézuéliens permet l’extraction massive de brut lourd, parfaitement calibré pour les raffineries de la côte du Golfe. Combiné au brut léger de l’Essequibo, sécurisé sous un protectorat américain de fait, et à la production domestique de schiste, les États-Unis atteignent un mix chimique autosuffisant. Le « verrou de Panama » et la surveillance arctique depuis le Groenland, qui est l’élément du plan sur lequel il s’est cassé les dents, garantissent que ces ressources restent dans un périmètre sécurisé, retirant de fait les molécules américaines du pool d’approvisionnement mondial pour saturer le marché intérieur.

L’industrie pétrolière et parapétrolière américaine s’aligne déjà sur ce nouveau paradigme. Des entreprises comme Exxon, Chevron et Halliburton pivotent leurs chaînes logistiques vers un modèle d’intégration régionale. Sous couvert de sécurité nationale et soutenus par le Defense Production Act, ces géants passent d’une stratégie de « vente au plus offrant mondial » à un mandat de « priorité à l’approvisionnement domestique ». En échange de garanties fédérales et de contrats de reconstruction massifs dans le bassin de l’Orénoque, ils acceptent – du moins temporairement – de déconnecter leurs prix de vente intérieurs du Brent international en pleine envolée. Cela crée un marché à deux vitesses: un marché mondial marqué par la pénurie pour l’Europe et l’Asie, et un marché d’abondance à prix cassé pour l’électeur américain.

Tel est l’art du deal. Il ne subjuguera pas tout le monde, mais pendant que nous demandons à TotalEnergie de se rogner les ailes, les compagnies américaines les déploient, subjuguées par un président qui les comprend, dans des conditions qui devraient indigner le monde.

En ce mois de mai 2026, l’attractivité du « nouveau » Venezuela ne repose pas seulement sur ses réserves géantes, mais sur un système de compensation multidimensionnel que Trump utilise comme un aimant à capitaux.

Pour les Majors américaines (Chevron, ExxonMobil, ConocoPhillips), l’incitation est irrésistible car elle règle des contentieux vieux de vingt ans tout en ouvrant des marges inédites. Le cadre fiscal imposé par le National Energy Dominance Council (le nouveau bras armé de l’énergie à la Maison-Blanche) a fixé des plafonds de redevances (royalties) à 30 %, avec une flexibilité totale selon les projets. C’est une rupture nette avec l’ère Maduro où les prélèvements rendaient l’exploitation non rentable pour les acteurs étrangers.

L’aspect le plus génial — et le plus politique — de cette compensation est le mécanisme de « recouvrement de créances par le forage ». Des entreprises comme ConocoPhillips, qui couraient après des milliards de dollars suite aux expropriations de 2007, se voient offrir la possibilité de se payer directement sur la bête. En gros : « Investissez pour reconstruire l’infrastructure, et chaque baril extrait servira d’abord à rembourser vos dettes historiques avant même que l’État vénézuélien ou américain ne prenne sa part. »

Cette mine d’or permettrait à Trump d’exiger une contrepartie politique de la part de ces compagnies: le découplage des prix. En échange de ces conditions royales au sud, les pétroliers accepteraient de rediriger ce brut lourd vers les raffineries du Golfe du Mexique à un prix préférentiel. Ce flux, combiné à la montée en puissance de l’Essequibo qui atteint désormais presque un million de barils par jour, crée une masse critique de pétrole « sous contrôle » qui n’a plus besoin de passer par les bourses mondiales.

La finalité politique pour novembre 2026 est un événement déflationniste massif. En forçant le prix du gallon à des niveaux planchers, l’administration entend dissiper l’orage du mécontentement qui s’est accumulé sur le coût de la vie. Pour l’électeur de la Rust Belt ou de la Sun Belt, la réalité quotidienne d’une essence bon marché devient une preuve de succès incontestable, éclipsant les vents contraires économiques plus complexes. Ce basculement mercantiliste ne vise pas seulement une victoire électorale ; il signale un retrait permanent de l’ordre énergétique mondial, où les États-Unis ne cherchent plus à stabiliser les marchés mondiaux, mais utilisent leur domination régionale pour créer une île de prospérité exclusive.

La crise du détroit d’Ormuz n’est pas une erreur. Elle est l’élément central d’un calcul perfide.

Non seulement les médias et experts en géopolitique ne voient pas ce qui se passe sous leurs yeux, mais ils ne voient pas davantage celui qui dit ce qui se passe sous leurs yeux et démonte le scénario.

USA: la pétro-démocratie qui se voulait plus grosse que le boeuf

Ce lundi, devant la porte du Bureau ovale, le président des États-Unis reçoit deux sacs de fast-food des mains d’une livreuse, distribue un billet de cent dollars et disserte sur l’exonération fiscale des pourboires. Entre deux sarcasmes sur la précarité et une énième marque de manque de respect envers le Pape et ce qu’il représente, il sature l’espace.

C’est la manœuvre classique du prestidigitateur: focaliser l’attention des médias et de l’opinion sur des traits de personnalité outranciers ou des polémiques de bas étage pour masquer ce qui, pourtant, saute aux yeux.

Car au milieu de ce spectacle, une phrase a été prononcée. Une phrase centrale que peu d’observateurs ont jugé bon de retenir: les États-Unis ont du pétrole et du gaz à revendre. Le marasme économique ne les handicape pas, et ils sont en mesure de doubler leur production actuelle.

Avec quelles ressources? Comment?

Cette simple déclaration déchiffre l’ensemble de la séquence. Trump a dit que l’Amérique est en position de pallier le désordre que causerait une escalade militaire, en permettant aux nations dépendantes du détroit d’Ormuz — désormais sous blocus — de s’approvisionner auprès d’elle.

A-t-il organisé ce pivot?

Israël s’est placé au premier plan pour faire de l’Iran le prétexte, en permettant de surinterpréter, dans l’opinion publique, l’imminence de la menace nucléaire que représente l’enrichissement de l’uranium, pour ensuite en faire le levier de cette opération.

L’oligarchie américaine qui entoure le président, et qui pénètre sans doute toutes les strates de l’État, exploite ce blocus à son profit exclusif.

Ce qui se passe, c’est cela et rien que cela: une manœuvre stratégique visant à imposer l’Amérique comme le maître énergétique mondial et celui qui en contrôle les voies maritimes.

Cette volonté d’hégémonie brutale sur les ressources n’est pas nouvelle, elle est la cohérence même de cette administration. Elle éclaire d’un jour implacable les positions de force prises récemment sur le Venezuela pour en contrôler la destinée pétrolière. Elle explique, tout autant, la tentative assumée – et à laquelle il n’entend pas renoncer — d’annexer le Groenland qui est la porte du passage du Nord-Ouest.

Une offensive inouïe face à laquelle, fait d’une limpidité troublante, Vladimir Poutine n’a pas levé le petit doigt.

Il n’a pas levé le petit doigt. Pour quelle raison? Pour satisfaire quel deal?

Voilà où nous en sommes: sous le vernis de la farce médiatique et de la livraison de repas, un hold-up planétaire est en train de s’accomplir. L’écran de fumée est grotesque, mais le piège, lui, est en train de se refermer sur le monde.

Les médias ont souvent honni les pétro-monarchies. Ils se montrent coupablement complaisants avec la plus grande « pétro-démocratie » qui se veut plus grosse que le bœuf.

.Téhéran, .Beyrouth, .Marioupol, .Gaza, .com

​La vérité, c’est que l’expression la plus dense des humains ne tient pas dans des phonèmes. Elle réside dans leurs villes, et dans le monde auquel elles s’attachent.

​La cité, quelle que soit son importance, est l’expression absolue de tous les autres langages dont nous sommes capables. Les civilisations rayonnent à travers les cités qu’elles édifient pour établir la pacification des mœurs, la prospérité et le développement économique, ainsi que le fleurissement des arts et des sciences.

Tout ce qu’il y a à savoir d’un individu ou d’une collectivité est ramené à la conscience qu’il établit avec la cité, la ville, non pas comme son territoire personnel, mais comme lieu et empreinte universels. Car il pourrait être ici, jouissant du confort et de la sécurité de cette cité, comme il pourrait être ailleurs, dans telle autre.

La cité est l’alphabet du monde, qu’elle forme une vaste métropole grouillante de vies anonymes, ou qu’elle se tienne dans une position plus modeste. Toutes les cités appartiennent au même vocabulaire et lui rendent des comptes ; un vocabulaire permettant le vivre-ensemble, l’hospitalité et la sécurité. Cela participe à l’écriture indistincte du livre de la vie, au chapitre de l’exercice des nations dans leur rivalité de génie à trouver des solutions aux problèmes que pose la gestion de la multitude.

Elle est le théâtre de ce qui est immortel.

​Elle nous survit toujours. Le mythe de l’Atlantide y veille.

​Il y a, en ce moment, des hommes qui ont pris la responsabilité de réduire en cendres des villes entières. Ils crachent comme des dragons les flammes de la destruction, quand ils ne promettent pas le feu de l’enfer et de renvoyer leurs populations à l’âge de pierre, au déracinement, au dénuement, en attaquant les infrastructures de production, de mobilité, d’enseignement et de culture, tout cela en invoquant la guerre.

​Ce n’est pas digne.

C’est criminel. C’est outrageant.

​On n’écrit pas l’histoire par la destruction de quartiers, en rasant des villes et des pays.

​Trump, Poutine et Netanyahou sont, aujourd’hui, la honte de l’humanité.

​Si la démocratie, livrée à des légions d’activistes et de minorités dites agissantes, se fait l’instrument de cette abomination, elle perdra toute légitimité historique.

​Elle doit s’attacher à entendre le pouls régulier de l’histoire et de la tradition des peuples comme des nations qu’ils forment.

​Cette violation du droit inaliénable des nations n’est pas un simple sujet d’actualité et, par conséquent, un sujet offert à l’opinion.

​C’est un sujet de conscience qui doit être pesé avec le scrupule que requiert ce siècle.

Guerre cognitive, souveraineté européenne et fracture transatlantique

La déclaration, postée il y a deux heures, du secrétaire d’État américain marque un tournant préoccupant dans les relations transatlantiques. Sous couvert de défense de la liberté d’expression, elle remet en cause la légitimité des dispositifs européens de protection contre la désinformation et les ingérences informationnelles. Cette prise de position intervient dans un contexte de guerre cognitive avérée, où l’intégrité informationnelle est devenue un attribut central de la souveraineté démocratique.

La déclaration du secrétaire d’État américain Marco Rubio ne relève pas d’un simple désaccord de principe sur la régulation des plateformes numériques. Elle trace une ligne de rupture dans l’Atlantique, dont il faut mesurer la portée stratégique. Cette ligne pourrait, à terme, se transformer en un véritable mur politique et normatif entre l’Europe et les États-Unis d’Amérique.

Une telle situation est inédite. Elle ne trouve d’écho historique, pour de nombreuses nations européennes, que dans le souvenir du mur de Berlin, symbole d’une Europe divisée par des logiques de puissance antagonistes. Mais la comparaison révèle ici un paradoxe fondamental : le mur qui se dessine aujourd’hui ne vise pas à contenir une menace extérieure clairement identifiée ; il s’érige contre les dispositifs de protection que l’Europe a mis en place face à une menace contemporaine avérée : la guerre cognitive.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La conflictualité moderne ne se limite plus aux champs militaire, économique ou énergétique. Elle investit désormais l’espace informationnel, cognitif et symbolique. Elle ne cible plus seulement des territoires ou des infrastructures, mais les opinions publiques elles-mêmes, leur capacité de discernement, leur cohésion et, en dernière instance, leur libre arbitre. La guerre cognitive vise à altérer la perception du réel, à polariser artificiellement les sociétés ouvertes et à affaiblir leur capacité collective à décider souverainement.

Sous l’étendard ambigu de la « libre expression », la position américaine tend à délégitimer les efforts européens destinés à contenir des campagnes de désinformation organisées, massives et transnationales. Or ces campagnes ne sont ni spontanées ni neutres. Elles s’inscrivent dans des stratégies de long terme, dont les pratiques informationnelles de la Russie offrent un exemple désormais documenté, et auxquelles s’agrègent des plateformes devenues des vecteurs structurants de la guerre cognitive.

C’est ici qu’il convient de souligner avec clarté que le « pont » qui semble aujourd’hui se dessiner n’a rien de comparable avec celui que le plan Marshall avait établi pour sauver Berlin-Ouest du blocus soviétique.
Là où ce pont historique visait à préserver la liberté, la stabilité et la souveraineté démocratique face à une coercition manifeste, le mouvement actuel tend, à l’inverse, à rejoindre objectivement les intérêts du Kremlin, en affaiblissant la capacité des États européens à se défendre dans l’espace informationnel.

Cette convergence n’est peut-être ni revendiquée ni assumée. Elle n’en est pas moins stratégiquement lisible. En contestant la légitimité des dispositifs européens de protection contre les campagnes d’ingérence et de manipulation, elle sape ce que les pays européens sont en droit — et en devoir — de considérer comme relevant de leur souveraineté, de leur intégrité informationnelle et de leur défense, entendue dans son acception contemporaine, qui inclut pleinement le champ cognitif.

Qualifier ces mécanismes de « censure extraterritoriale » revient à nier la nature du conflit dans lequel les démocraties européennes sont engagées. Ce n’est pas la liberté d’expression qui est en cause, mais son instrumentalisation délibérée comme arme d’influence, destinée à fracturer les sociétés ouvertes, à miner la confiance dans les institutions et à altérer le libre arbitre des citoyens.

En confondant la défense absolue de la liberté d’expression avec le refus de reconnaître la guerre cognitive comme un champ de conflictualité à part entière, les États-Unis prennent un double risque : celui d’affaiblir leurs alliés européens, et celui d’exposer leurs propres sociétés aux mêmes stratégies de manipulation.
Il est profondément préoccupant de constater que l’Europe, déjà exposée en première ligne à ces menaces, voit désormais un allié historique se présenter à elle non plus comme un soutien dans la défense des démocraties, mais comme un partenaire devenu inamical sur la question décisive de l’intégrité informationnelle.

Aucune puissance ne peut s’acheter le libre-arbitre des peuples. Chacun se doit de le protéger.

Cognitive Warfare, European Sovereignty, and the Transatlantic Fracture

Posted just two hours ago, the statement by the U.S. Secretary of State marks a troubling inflection point in transatlantic relations. Framed as a defense of free speech, it challenges the legitimacy of European measures designed to counter disinformation and foreign interference at a time of active cognitive warfare.

The statement by U.S. Secretary of State Marco Rubio goes far beyond a technical disagreement over the regulation of digital platforms. It draws a line of fracture across the Atlantic whose strategic implications must be fully understood. That line could, over time, harden into a genuine political and normative wall between Europe and the United States.

Such a situation is unprecedented. For many European nations, it evokes only one historical parallel: the memory of the Berlin Wall, the symbol of a Europe divided by antagonistic power logics. Yet the comparison reveals a fundamental paradox. The wall now taking shape is not meant to contain an external threat; it is being erected against the protective mechanisms Europe has developed in response to a clearly identified contemporary threat: cognitive warfare.

For this is precisely what is at stake. Modern conflict no longer confines itself to military, economic, or energy domains. It now fully occupies the informational, cognitive, and symbolic space. Its targets are no longer only territories or infrastructures, but public opinion itself—its capacity for discernment, its cohesion, and ultimately its free will. Cognitive warfare seeks to distort perceptions of reality, to artificially polarize open societies, and to weaken their collective ability to decide sovereignly.

Under the ambiguous banner of “free speech,” the American position tends to delegitimize European efforts to counter organized, large-scale, transnational disinformation campaigns. Yet these campaigns are neither spontaneous nor neutral. They are embedded in long-term strategies, of which Russian information practices now provide a well-documented example, and they are amplified by platforms that have become structural vectors of cognitive warfare.

It must be stated clearly that the “bridge” now seemingly being built bears no resemblance whatsoever to the one established by the Marshall Plan to save West Berlin from the Soviet blockade.
Where that historic bridge aimed to preserve freedom, stability, and democratic sovereignty in the face of overt coercion, the current dynamic tends instead to **objectively converge with the interests of the Kremlin, by weakening Europe’s capacity to defend itself in the informational domain.

This convergence may be neither claimed nor intended. It is nonetheless strategically legible. By challenging the legitimacy of European safeguards against interference and manipulation, it undermines what European states are fully entitled—and indeed obliged—to regard as matters of sovereignty, informational integrity, and defense, understood in their contemporary sense, which unequivocally includes the cognitive domain.

Labeling these protective measures as “extraterritorial censorship” amounts to denying the very nature of the conflict in which European democracies are now engaged. What is at issue is not freedom of expression as such, but its deliberate instrumentalization as an influence weapon, designed to fracture open societies, erode trust in institutions, and compromise citizens’ free will.

By conflating an absolutist defense of free speech with a refusal to recognize cognitive warfare as a fully-fledged domain of conflict, the United States runs a double risk: weakening its European allies, and exposing its own society to the very same manipulation strategies.
It is deeply troubling that Europe—already on the front line of these threats—now finds itself facing a historic ally that no longer appears as a partner in the defense of democratic resilience, but rather as an increasingly unfriendly counterpart on the decisive issue of informational integrity.

No power is able to design the free will of people. The duty of each is to protect and elevate it.

🥇 De Pékin 2022 à Milan–Cortina 2026 : l’agenda olympique et le retour du sens stratégique

Le dimanche 9 novembre 2025, alors que Canton (Guangzhou) s’illuminait de lumières, d’acclamations et d’histoire pour l’ouverture des 15ᵉ Jeux nationaux de Chine — organisés pour la première fois conjointement par le Guangdong, Hong Kong et Macao — le président Xi Jinping a rencontré Kirsty Coventry, présidente du CIO, et Thomas Bach, président honoraire à vie.

La rencontre, mise en avant par @XisMoments, n’était pas seulement un geste de continuité olympique, mais aussi un symbole d’unité culturelle et d’harmonie intérieure que la Chine souhaite relier à l’esprit universel des Jeux.

Les Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 se sont clos le 20 février 2022 ; deux jours plus tard, la Russie envahissait l’Ukraine.
Ce qui devait être un triomphe d’harmonie devint une blessure silencieuse pour le prestige moral de la Chine.
Xi Jinping n’a pas gâché la cérémonie de clôture — il a attendu.
Mais « l’amitié sans limites » proclamée avec Moscou venait déjà d’être rompue, non par la diplomatie, mais par un missile au-dessus de Kyiv.

Alors que le monde se tourne vers Milan–Cortina 2026 et se prépare à Los Angeles 2028, la séquence olympique retrouve son rôle : celui du calendrier des civilisations, la mesure de la conscience mondiale.
La flamme passe désormais à l’Ouest, où Los Angeles 2028 pourrait, peut-être, devenir les Jeux du Rééquilibre : le retour du récit sur le chaos, du sens sur la domination.

En parallèle, Donald Trump agit sur un autre front — mais dans la même logique de transition.
Sa décision de suspendre la livraison des Tomahawk à l’Ukraine, loin d’une hésitation, vise à reconfigurer la logique des sanctions et à reprendre la maîtrise stratégique du récit.

De même, sa volonté déclarée de reprendre le conflit israélo-palestinien à travers les Accords d’Abraham signale un glissement : de la confrontation militaire vers la résolution narrative, du pilotage de la guerre à la maîtrise de la paix.

Ces deux gestes — celui de Xi à Canton, celui de Trump à Washington — se rejoignent sur le pont symbolique qui relie, d’une part, Pékin 2022 à Milan–Cortina 2026, et, d’autre part, Paris 2024 à Los Angeles 2028.

Le sport change la donne.

Il rend au monde la mesure de sa civilisation, rappelant que la force ne sert plus à détruire, mais à garantir la paix et à restaurer le sens.

> j’ai dit cela. Chaque être choisit, par sa propre voix liée à son libre-arbitre, la réalité à laquelle il souhaite donner corps. Ainsi, les monstres s’effacent.

#XiJinping #15thNationalGames #Trump #Olympics #SoftPower #Paris2024 #MilanCortina2026 #LosAngeles2028 #CredimusInOptimumHumanis

🕊️ From Beijing 2022 to Milan–Cortina 2026: The Olympic Agenda and the Return of Strategic Meaning

On Sunday, November 9, 2025, as lights, cheers and history illuminated Guangzhou for the opening of China’s 15th National Games — the first ever to be jointly hosted across Guangdong, Hong Kong and Macao — President Xi Jinping met with IOC President Kirsty Coventry and Honorary President for Life Thomas Bach.

The meeting, highlighted by @XisMoments, was not only a gesture of Olympic continuity but also a symbol of China’s expanding cultural unity and its aspiration to connect domestic harmony with the universal spirit of the Games.

The Beijing 2022 Winter Games had closed on February 20, 2022; two days later, Russia invaded Ukraine.
What should have been a triumph of harmony became a silent wound to Beijing’s moral prestige.
Xi Jinping did not spoil the closing ceremony — he waited.
But the “friendship without limits” declared with Moscow had already been shattered, not by diplomacy, but by a missile over Kyiv.

As the world prepares for Milan–Cortina 2026 and looks toward Los Angeles 2028, the Olympic sequence resumes its role as the calendar of civilization — a chronometer of global conscience.
The torch now passes westward, where Los Angeles 2028 may become the Games of Rebalancing: a return to narrative over chaos, meaning over domination.

In parallel, Donald Trump acts on a different front — but within the same logic of transition.
His decision to pause the delivery of Tomahawks to Ukraine, far from hesitation, aims to reshape the logic of sanctions and reclaim strategic authorship.

Likewise, his declared intent to re-engage the Israeli-Palestinian conflict through the Abraham Accords signals a shift from military confrontation to narrative resolution — from managing war to mastering peace.

The two gestures — Xi’s at Guangzhou, Trump’s in Washington — converge across the symbolic bridge between, in one part, Beijing 2022 and Milan–Cortina 2026, and, in another, Paris 2024 and Los Angeles 2028.

Sport is a game changer.

It restores the measure of civilization, reminding us that force no longer destroys — it safeguards peace, and restores meaning.

>This is what I have said, from now on:
Every single person, through his own voice, chooses the reality they wish to bring into being.
Thus, monsters disappear.

#XiJinping #15thNationalGames #Trump #Olympics #SoftPower #Paris2024 #MilanCortina2026  #LosAngeles2028 #CredimusInOptimumHumanis