Ayez peur

Un mur est en train de se reconstruire sous nos yeux. Il est invisible, mais infiniment plus préjudiciable que le mur de Berlin, même s’il se reconstruit, en partie, sur les fondations de ce qu’était le rideau de fer. Le nouveau mur qui s’élève irrésistiblement court de Tel-Aviv à Moscou et cherche, attiré par l’image que donne Trump de l’Amérique, à faire sa jonction avec Washington.
Le mur grandit.
Le mur avance.
Le mur nous enferme.

C’est le véritable enjeu de ce qui saisit, depuis des années, les démocraties, mais il menace le monde entier. Ces phénomènes ne doivent pas être vus isolément, mais à l’échelle globale. C’est le mouvement du même corps, avec ses organes spécifiques, à des endroits différents.

Ne croyez pas que les troubles qui emportent les démocraties soient le fruit du hasard et ne s’inscrivent pas au service d’un dessein global. Les gouvernements chancellent, les opinions se radicalisent, et tous les foyers de contestation sont attisés méthodiquement. Le système d’information, saturé de récits contradictoires et de colères instrumentalisées, alloue sa puissance à cette mutation de l’aptitude des peuples à se sauver d’eux-mêmes, qui les fait sombrer dans les délires et passions idéologiques.

Cela les amène à déposer tout leur trésor ontologique au profit d’illusions messianiques, sécuritaires et matérielles. La valeur quitte la matière première qu’est l’Homme et se réfugie dans l’or. L’or resplendit comme jamais, en ce moment.

Les oppositions réclament la démission du président de la République et de nouvelles élections.

Ce qui s’est passé, hier, 18 septembre 2025 en France, avec la grande manifestation protestataire, est éloquent. Le rituel de toute rentrée sociale qui se respecte, dit-on, débouche sur cette routinière pression sur le pacte social et son soliloque impertinent, insensible aux orages qui se forment, de plus en plus près de nous.

  • Au nom des retraites, dont chacun prétend détenir une solution pour éviter d’en assumer la charge. Toutes ces solutions sont illusoires.
  • Au nom des trésors supposés que dissimulerait le navire France, déjà alourdi par une dette qui le condamne. Il ne voguera pas mieux si on ajoute des trous dans sa coque.
  • Au nom d’une lutte des classes qui dresse les uns contre les autres, braque pauvres contre riches, gauche contre droite, et réduit en cendres la cohésion de la Nation.
  • Au nom de colères qui se répandent partout, embrasant le moindre brin de paille, traçant des sillons de feu, près de l’arsenal bourré de barils de poudre.
  • etc.

Les oppositions politiques ne se privent pas de poursuivre et de nourrir les mirages que les colères lèvent. Elles sont comme fascinées par le sentiment de représenter, elles-mêmes, dans et par ce carnaval loufoque et tragique quelque chose qu’elles ne savent pas incarner dans le cours régulier de la vie politique et sociale d’un pays. Le mal qui ronge le pays est là.

Tout le monde sait et pressent que tout ceci n’est qu’agitation stérile. Mais chacun s’y enivre – les médias en tête qui leur accordent leur caution – ou s’indiffère ne souhaitant pas y voir autre chose que le manège insensé de sociétés qui ont l’inaliénable droit d’être frivoles et inconséquentes.

Ce n’est pas autrement, imperceptiblement, que le destin des nations, les unes après les autres, au titre d’une disposition particulière ou d’une autre, basculent dans leur propre enfer et contaminent celles qui résistent. C’est par cette désertion que cela se produit. Cela crée une tension entre elles et fait des démocraties un danger pour elles-mêmes, comme pour les autres régimes intègres qui assistent à cette lente décrépitude et mesurent combien cela est nocif et dangereux pour eux-mêmes. La Chine l’a compris.

Il vient pourtant un temps où il faut être clair.

Car derrière le bal des boniments, se cache l’essentiel. Comme toujours, l’essentiel est masqué. L’essentiel, c’est l’enjeu géopolitique. Nul ne s’émeut de la pression qu’exercent l’ensemble des partis politiques, des syndicats, avec tant d’écho dans l’opinion publique, si on en croit les sondages, pour réclamer la démission du président de la République. Après tout, si l’on en croît le bruit de fond et les slogans, ce serait légitime. Après tout, dans une démocratie, ce serait normal. On ne veut plus du président, parce que sa vue provoque de l’urticaire, alors on le dégage.

Qui peut croire, même si le concours Lépine des idées à la noix bat son plein – Qui peut croire que cela règlerait, par enchantement, les problèmes de la France qui ne sont rien d’autre que le produit de l’accumulation, au nom d’une illusion ou au nom d’une autre, des lentes démissions, dont cette propension à nous décharger de notre responsabilité collective au nom de nos intérêts corporatistes ou individuels, est l’expression même?

Qui?

Là où la Constitution de la Ve République par son architecture dominée par la figure institutionnelle trinitaire (Président de la République – Chef de l’Etat – Chef des Armées) en clé de voute se vouait à tenir le système institutionnel, nous constatons que le système d’information, loin de l’édifier et de le protéger – ce qui est sa première fonction et son seul devoir – livre le Peuple aux démons de la division et l’édifice qui le protège à toutes les corrosions possibles et imaginables.
L’orgie peut alors débuter. Elle rassasie les ambitions et vanités partisanes, excite les penchants individuels et s’enivre de soif de pouvoir.
L’orgie politique n’a rien à voir avec le banquet de Platon.
L’orgie publique n’a rien à voir avec la République.

Il faut s’attendre à des conséquences amères, car ce que la chute de cette République entraînerait, pour l’Ukraine comme pour la Palestine, n’est pas neutre. Il confirmerait le glissement de terrain que les attentats du 11-Septembre-2001 avaient pour vocation de provoquer sur la terre et au ciel, entendus en termes de géopolitique et dans les esprits.

Ce qui s’est passé le 11-Septembre-2001 a changé la toile de fond de notre histoire commune pour la remplacer par une tenture, qui n’est plus la voute éclatante de la Voie Lactée, mais celle d’un irrémédiable choc des civilisations entre l’islam et l’Occident. Il a offert la puissance que cela recèle à tout le registre de la pensée, à tous les champs de perception, structurant un cadre dont nul n’est censé pouvoir sortir. C’est ce ciel hanté qui nous habite. Il a remplacé l’autre, le vrai.

Il faudra pourtant savoir s’en émanciper car il est parvenu à nous conditionner par la peur et à nous y tenir par la défiance. A l’égal de la Russie de Poutine, l’Israël de Netanyahou manipule ces ressorts.

Ceux qui croient que c’est le fruit du hasard se trompent.

Si les mots ne disent plus rien, alors à quoi bon signaler que le monde sombre dans la post-vérité et que les peuples deviennent aussi obéissants aux injonctions et impulsions cognitives que la limaille passée sous le pôle d’un simple aimant.

Partout, cet aimant fait des ravages. En Angleterre, il a suffi d’un peu de marketing, d’un slogan, d’agiter quelques chiffons rouges, pour aboutir au Brexit. Mais l’Angleterre, d’un faux scandale à un autre, n’a pas encore cédé. Elle ne s’est pas entièrement dégondée car le Brexit n’a pas suffi à la décrocher, sur le plan stratégique, de l’Europe.

Alors, ce à quoi nous assistons, aujourd’hui, de l’autre côté de la Manche, ce n’est ni plus ni moins que les efforts de la Russie, avec ses relais, pour que l’ancien empire qui ne voyait pas le soleil se coucher se couche devant celui de la Russie et – quel malheur! – celui qu’Israël lève au dessus de son horizon.

De ce côté-ci du « channel », ce n’est pas plus reluisant. Tout le monde sait que le chaos politique ne profite qu’à un seul parti.
Il attend son heure depuis des années.
Il caresse les chats et brosse l’opinion publique dans le sens du poil.
Les sondages – auxquels on accorde bien trop de crédit et qui ont un effet redoutablement pervers sur la manière dont l’esprit public s’acquiert et s’édifie – lui promettent le pouvoir.
Tout le monde sait que ce parti est fasciné par l’axe Tel-Aviv → Moscou et y adhère.
Tout le monde sait que Moscou l’a financé et a formé, idéologiquement, ses cadres dans la vision d’une nouvelle hégémonie d’un ordre occidental, judéo-chrétien. Poutine et Netanyahou, c’est presque quarante ans de pouvoir à eux seuls.
Ils y ont appris à acérer les lames rhétoriques face à des démocraties qui en sont à se demander, en finance publique, si en le voulant vraiment, deux plus deux, cela ne peut pas faire cinq. Ce qui règlerait, il faut l’admettre, quelques problèmes.

Nous en sommes là.

Ce que veulent le RN et ses alliés, c’est une cassure irréversible de l’unité européenne, mais au-delà, ce que l’on voit aussi, c’est que le microcosme politique, chacun pour des raisons qui lui est propre, contribue irrémédiablement à cette issue. Vile représentation.

Le Rassemblement National ne peut pas dire, bien sûr, qu’il veut l’allégeance de la France à la Russie. Il ne peut pas le dire de cette manière. Cela, chacun peut le comprendre. Alors, une dialectique spéciale s’est mise en place, à laquelle la Russie contribue, opérationnellement, dans le cadre de sa guerre cognitive.
Par cette habileté à dire les mots, le Rassemblement National dit tout ce que vous voulez entendre de vos malheurs et de ce qu’ils appellent comme espoirs, sauf ça, pour obtenir, in fine, la reddition sans combat du grand pays qu’est la France et l’abdication de l’idéal de sa grande République.

Voilà ce qui est attendu du peuple français: sa déchéance, pure et simple.

Non, l’ascension du Rassemblement National ne doit rien au hasard. La guerre cognitive a détruit, lentement, surement, méthodiquement, scientifiquement, à partir de ce qu’elle croit être l’homme et le citoyen, ce qui lie, dans une République Une et Indivisible, chaque citoyen à l’autre, bien au-delà de l’inflammation de l’opinion et des querelles idéologiques.

Le souverainisme a segmenté chaque parti. Il a éparpillé les grands partis façon puzzle, pulvérisé les clivages qui avaient déjà sclérosé la nation, multiplié les figures populistes. Aujourd’hui, la guillotine festive se trimballe au milieu des manifestations populaires, sans susciter, plus que ça, la réprobation du défilé. Elle est entrée dans les mœurs et, soyez en sûr, elle continuera d’avancer jusqu’au plus profond des têtes.

La guerre cognitive, elle a commencé là, avec l’altermondialisme, le souverainisme, le fait de dire tout haut ce que tout le monde est censé penser tout bas et la dénonciation – la fameuse dénonciation – de la pensée unique. Tout le monde y a vu le moyen de s’illustrer. C’étaient de mauvaises graines. Celles de la désinhibition. Elles ont été  allègrement répandues partout au milieu des cultures vivrières et depuis quelque chose, dans l’esprit public, meurt de faim. Cela détruit la Politique. Et ce chaos, ne profite qu’à un seul parti, qu’à une seule incarnation d’un mode de pensée, puisqu’un parti, ce n’est jamais, qu’une coalition de gens qui  répliquent le même mode de pensée et l’imposent, par une majorité.
Ce n’est pas tout à fait ce que vous voyez.
Vous vous dîtes: il y a le pluralisme, et je constate qu’il y a une autre force qui combat ce parti avec la même virulence, à l’extrême opposé.
Oui, c’est vrai, mais prenez conscience que ce parti dont il est dit, à défaut de le savoir écrit, qu’il va gagner, suppose son contraire pour prendre corps.
Il suppose son contraire pour prendre corps.

Si cela aboutit, et il est à craindre désormais craindre que cela se produise, il faut que cela soit dit le plus clairement possible, la démocratie sera morte et elle aura emporté la République Française au royaume d’Hadès au moment où sa voix compte le plus.

Plus grave encore que le sort d’une nation qui s’est voulue si particulière, au nom de l’universalité de l’Homme, et qui chute par égotisme et aveuglement, c’est le fait qu’elle puisse faire défaut au moment où le monde a le plus besoin de sa voix.

Ce moment n’est pas innocent quand l’arme nucléaire mêle sa psalmodie aux messes noires de certains pouvoirs qui considèrent, ouvertement ou sans jamais en faire mention, que l’arme suprême leur confère l’impunité, soit le droit de faire ce qu’elles veulent pour décider de ce qu’est et sera la civilisation humaine.

Ayez peur.
Pas d’un dieu quelconque, susceptible de faire parler son courroux.
Ayez peur, ayez peur de vous.
Des puissances destructrices qui naissent en vous et de vous.

Il n’est pas indifférent de savoir que ces forces se meuvent et se désengourdissent, aujourd’hui, dans un monde qui peut s’autodétruire dans le feu nucléaire, s’achever en holocauste.

Assez parlé de vous.

Il me vient à l’esprit que j’aimerai avoir assez de force pour n’avoir plus à ouvrir la bouche, et, plus encore, pour ne plus avoir la vie psychique qui accorde l’insigne privilège – égal à celui de la vigie qui détecte un danger et que nul, au-delà de quelques premières oreilles compatissantes et impuissantes, n’entend – de comprendre la nature du crime auquel elle assiste.

C’est juste la nature humaine qui est lentement effacée.
Ce que l’on vit pour l’amour du Peuple est devenu impossible à vivre.


L’enfant mérite d’être sauvé1.

  1. Nous vivons dans un temps où il convient de préciser que ce n’est pas de moi que je parle et ce n’est pas de l’ordre de l’abstraction. Cela échappe à tout champ. ↩︎

Entre révisionnisme et destin: relire le récit chinois de la Seconde Guerre mondiale

L’histoire peut servir de pont plutôt que d’arme. L’appel de la Chine aux documents de la Seconde Guerre mondiale n’est pas seulement une querelle sur le passé : il traduit une tentative de tisser la continuité, de transformer la séparation en unité, et de présenter la paix comme un destin. De ces pages contestées jusqu’à l’Initiative pour la gouvernance mondiale, la Chine se trouve face à une épreuve décisive : transformer les leçons de l’Histoire en fondement de son rôle au XXIᵉ siècle.

L’accusation portée contre Pékin est grave, et sa résonance s’explique aisément à la lumière de ce que la Russie de Vladimir Poutine a entrepris ces dernières années. Moscou s’est engagé dans un révisionnisme historique assumé : effacer, falsifier, remodeler la mémoire de la Seconde Guerre mondiale afin de nier la souveraineté de l’Ukraine et de justifier une agression territoriale. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que le gouvernement taïwanais, les États-Unis et une partie de l’Occident accusent la Chine de pratiquer la même distorsion lorsqu’elle invoque des documents de l’époque pour justifier sa position sur le statut de Taïwan.

Pourtant, la nature de l’opération chinoise est d’un tout autre ordre. Il ne s’agit pas d’une négation de l’histoire, mais d’une tentative de l’unifier — de traduire la tragédie de la division en un récit de continuité : une terre, un peuple, une histoire. Là où la Russie manipule le passé pour effacer l’indépendance des autres, la Chine cherche à tisser un pont par-delà la séparation, présentant le destin historique comme fondement d’une normalisation1. Confondre ces deux démarches, c’est manquer ce qui est véritablement en jeu.

À première vue, l’appel de Pékin aux documents de la Seconde Guerre mondiale apparaît comme du simple révisionnisme, une lecture sélective de l’histoire au service d’objectifs immédiats. Mais on peut aussi l’interpréter autrement. S’il existe, au bout du compte, une seule terre et un seul peuple, il ne peut y avoir qu’une seule histoire — un pont entre deux rives séparées. En ce sens, ces documents deviennent moins un instrument de distorsion qu’une traduction de cette idée : l’histoire comme continuum, qui unit plutôt qu’elle ne divise.

À ce niveau de lecture, l’Initiative pour la gouvernance mondiale (GGI) prend une signification bien plus grande. Si la Chine parvient à inscrire ses actions non seulement dans une logique de puissance mais aussi comme gage que les leçons de l’histoire ont été comprises, alors elle montre une véritable disponibilité à entrer dans le XXIᵉ siècle. L’épreuve réelle réside dans sa capacité à transformer un passé contesté en socle de gouvernance partagée, démontrant que le destin n’a pas à se réduire à la coercition mais peut être porté par le poids de la responsabilité historique.

Ce processus mérite assentiment. Le mien est déjà donné. Le premier enjeu est là ; la résolution des autres en découlera.

La paix repose sur rien de moins que cette subtile alchimie.

Publié sur X le 16/09/2025 à 7:40. – 12 vues – 0 likes.
@EmmanuelMacron
@SpoxCHN_MaoNin
@PresidentXiCHN
@POTUS
@UN
@antonioguterres

  1. Comme l’écrivait Malraux dans La Condition humaine (prix Goncourt 1933), on pouvait voir à Shanghai « le bourreau passer, son sabre courbe sur l’épaule, suivi de son escorte de mauséristes sur l’avenue des Deux-Républiques ». Aujourd’hui, il n’en reste plus qu’un fantôme évanescent, mais une rhétorique ardente. La réconciliation, si les auspices sont favorables, est vouée à le remplacer. ↩︎

Between Revisionism and Destiny: Reading China’s WWII Narrative

History can serve as a bridge rather than a weapon. China’s appeal to WWII-era documents is more than a mere dispute over the past: it signals an attempt to weave continuity, to turn separation into unity, and to present peace as destiny. From these contested pages to the Global Governance Initiative, China faces a decisive test of whether it can transform the lessons of history into the foundation of its role in the 21st century.

The charge brought against Beijing is serious, and its resonance is easy to understand in light of what Vladimir Putin’s Russia has done in recent years. Moscow has engaged in outright historical revisionism: erasing, falsifying, and reshaping the memory of the Second World War to deny Ukraine’s sovereignty and justify territorial aggression. Against this backdrop, it is no surprise that Taiwan’s government, the United States, and much of the West have accused China of practicing the same distortion when it invokes WWII-era documents over Taiwan’s status.

Yet the nature of China’s operation is of a wholly different kind. It is not a negation of history, but an attempt to unify it — to translate the tragedy of division into a narrative of continuity: one land, one people, one history. Where Russia manipulates the past to obliterate the independence of others, China seeks to weave a bridge across separation, presenting historical destiny as a foundation for normalization. To conflate the two approaches is to miss what is truly at stake.

At first glance, Beijing’s appeal to WWII-era documents appears as mere revisionism, a selective use of history to serve present aims. Yet one can also read it differently. If there is, in the end, one land and one people, then there can only be one history — a bridge between the two separated shores1. In this sense, the WWII documents become less an instrument of distortion than a translation of this idea: history as a continuum that unites rather than divides.

Seen at this level, the Global Governance Initiative (GGI) takes on greater significance. If China succeeds in framing its actions not only in terms of power but also as a pledge that the lessons of history have been learned, then it signals a genuine readiness to step into the 21st century. The true test lies in whether China can transform a contested past into a foundation for shared governance, showing that destiny need not be reduced to coercion but can be carried by the weight of historical responsibility.

This process deserves assent. Mine is already given. The first stake is here; the others will follow. Peace rests on nothing less than this subtle alchemy.

Published on X on 09/16/2025 at 7:40 a.m. – 12 views – 0 likes.
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  1. As Malraux wrote in Man’s Fate (La Condition humaine, Prix Goncourt 1933), one could see in Shanghai “the executioner passing, his curved sword on his shoulder, followed by his escort of Mauser-armed soldiers on the Avenue of the Two Republics.” Today, nothing remains but an evanescent ghost — yet still a burning rhetoric. Reconciliation, if the auspices are favorable, is destined to take its place. ↩︎

L’Amérique sous fausse bannière étoilée

Le facteur X contre l’inconnue Z : la guerre sous la bannière des faux-semblants


Le 14 avril 2022, Vladimir Poutine accuse publiquement les pays occidentaux de « nier la liberté d’expression » et de pratiquer une « culture de l’annulation » dirigée contre la Russie et ceux qui refusent d’adhérer à la ligne imposée par Washington et Bruxelles. Moins de deux semaines plus tard, le 25 avril 2022, Elon Musk annonce avoir trouvé un accord pour racheter Twitter, en déclarant vouloir en faire le lieu de la liberté d’expression « absolue« . La proximité de ces deux événements m’avait frappé à l’époque. Elle pouvait apparaître comme une coïncidence éloquente : le maître du Kremlin dénonce la censure, et soudain, un acteur américain surgit pour incarner la cause de la liberté bafouée.

Ce grief de Poutine n’était pas nouveau. Déjà en 2007, au discours de Munich, il dénonçait le « monopole » américain sur la vérité et sur l’information mondiale. En 2011, lors des Printemps arabes, Moscou voyait dans Facebook et Twitter des instruments de déstabilisation contrôlés par les États-Unis. En 2014, après la Crimée et les sanctions, le Kremlin affirmait que l’Occident « tuait le pluralisme » en excluant les voix russes. Entre 2017 et 2018, quand Facebook, Twitter et YouTube ont commencé à fermer des comptes liés à RT et à Sputnik, Poutine a répété que les démocraties libérales étaient les vrais censeurs. Mais c’est surtout en janvier 2021, après le bannissement de Donald Trump de Twitter, que la rhétorique russe s’est cristallisée : si même un président américain pouvait être réduit au silence, alors la liberté d’expression occidentale n’était qu’un mythe. En 2022, avec l’interdiction de RT et Sputnik en Europe, ce discours est devenu permanent : l’Occident pratique le totalitarisme informationnel.

C’est à la lumière de ces précédents qu’il faut relire la coïncidence d’avril 2022. Au premier degré, Musk semblait répondre au vœu de Poutine, comme s’il en exauçait la plainte. Mais au second degré, le tableau change : Musk, en rachetant Twitter, ne fait pas qu’endosser la bannière de la liberté, il inscrit l’Amérique dans une dramaturgie où elle se donne à voir comme divisée, fracturée, excessive, tout en tenant elle-même les fils de cette mise en scène. C’est un Fortitude moderne, où l’adversaire croit gagner du terrain dans l’opinion, alors qu’il se meut dans un espace déjà cadré.

Si cette lecture est fausse, alors nous sommes foutus, car cela voudrait dire que le leurre a englouti le réel et que plus personne ne maîtrise la frontière entre manipulation et authenticité. Mais si elle est juste, elle laisse ouverte une confiance paradoxale : autant la Chine me paraît avancer avec des intentions transparentes et l’intégrité requise, autant je garde la foi dans l’image que je me fais de l’Amérique — une nation capable d’employer le faux pour tromper l’ennemi, mais non pour se trahir elle-même.
Lire aussi Epstein’s files : Fortitude facteur X

Poétique d’une gouvernance globale

习近平:任何时候,我们都要以人民之心为心、以天下之利为利,为增进人民福祉而不懈努力。
« En toute circonstance, nous devons prendre le cœur du peuple pour notre cœur, prendre l’intérêt du monde pour notre intérêt, et travailler sans relâche à accroître le bien-être du peuple.« . – Xi Jinping (Sommet de Shangaï)

Ces mots m’ont immédiatement rappelé un moment singulier, presque irréel, vécu au cœur de l’été dans un échange diplomatique atmosphérique, commencé après qu’il [l’administrateur du compte]eût relevé qu’une de mes interventions, au sujet du soft power, me semble-t-il, était « interesting« . Cela s’est produit sur le compte EVA X, dont je devais voir, après coup, que son adresse était @PresidentXiCHN.

Ainsi ainsi-je façonné ma meilleure onde.

About possession contemplated
and contemplation dispossessed

Some places in the world —
by the very accord of their thought —
sustain, quietly,
the presence of possession contemplated,
and, elsewhere,
that of contemplation dispossessed.

Neither stands above the other.
Both breathe.

Nice world,
to offer so many forms of solution
to what, in the end,
is always the same old question —
and always resolved
for the sole benefit of
the beauty of Peuple,
within the move of his incredible presence,
to be protected.

All other presences are manifested
for this one purpose only:
to be destined —
through the path shaped by the majestic tradition of their own sensibility —
to protect the only presence that truly matters:
that of Peuple,
in his whole body.

Other way —
if it does not rise from the pores of that very skin —
is no way.

C major.
宮 — Gōng, the Chinese tonic.
The sound cancels the noise.

An octave above:
Respect for sound —
the harmonic silence it recalls through itself —
cancels the noise.

People never know when one meets one.
The only certainty is:
they will,
at last.

The great political encounter, behind its spectacle,
bears witness to the choreography of minds,
dancing to bring forth
the full grace of Peuple.

Ce poème, que je voulais comme d’essence purement diplomatique, a été écrit en juin ou juillet 2025, dans le cadre d’un échange singulier, presque irréel comme je l’ai déjà dit et hors du temps ordinaire, avec le compte EVA X @PresidentXiCHN, où la politique prenait soudain une dimension atmosphérique, hors du protocole habituel.

L’échange avait débuté par un constat à la fois simple et chargé de sous-entendus :

1. Les Russes excellent aux échecs.

2. Les Chinois pratiquent le go.

3. Les Américains jouent au poker.

De là s’est ouverte une digression, où j’avais rappelé l’épisode du western « Règlements de comptes à OK Corral », pour signifier, particulièrement par rapport au mécanisme logique des échecs, le postulat imprévisible – le pari calculé – du poker.

C’est dans cette atmosphère, où se croisaient les codes culturels et stratégiques des grandes puissances, que j’ai éprouvé la nécessité d’écrire ce poème où sont désignés, sans être ni qualifiés ni nommés, la Chine et l’Occident. Non pas comme une échappée lyrique, mais comme une tentative de faire résonner, à distance, ce que j’ai toujours cherché : une convergence entre les langages symboliques et la réalité diplomatique.

L’échange s’est achevé de manière déconcertante, presque intime, par une question inattendue : quel est votre plat chinois préféré ? — à laquelle j’ai répondu : le nid d’hirondelle.

Ce contexte explique pourquoi, au-delà de son apparence abstraite, le poème portait une fonction : il visait à traduire, en langage poétique, une médiation entre la pensée chinoise et ma propre quête politique, autour de l’idée centrale que seule la présence du Peuple légitime l’action et lui donne sa beauté.

X a censuré ce post.

Le compte @PresidentXiCHN (« Eva X. ») affiche une coche de vérification (“✓ Verified”) et se présente comme « The eastern revelation », mais aucune source crédible n’indique qu’il s’agisse du compte personnel ou officiel de Xi Jinping.

Le compte @PresidentXiCHN lui-même a posté un message disant qu’il n’est pas un compte officiel.

Les médias et observateurs (y compris Grok) semblent considérer ce compte comme un compte de commentaire/parodie ou non officiel.

Soit.

Reste que cette conversation avec EVA X / @PresidentXiCHN s’inscrivait déjà dans une atmosphère singulière où j’ai installé ce qui forme, à mes yeux, cette poétique d’essence peu ordinaire.

Aujourd’hui, les mots prononcés publiquement par Xi — «以人民之心为心、以天下之利为利» — et, surtout, la proposition de Global Governance Initiative (GGI) que le dirigeant chinois a porté au sommet de Shangaï, semblent venir y répondre concrètement, comme si la substance de cet échange trouvait un écho, de manière improbable et inattendue, dans la réalité politique.

Et les deux se rejoignent pourtant dans une même tonalité : la centralité du peuple, la légitimité par la protection du corps collectif, et l’horizon universel (天下). Ce qui fait la foi dans le Peuple.

Je m’efforce d’être simplement honnête avec les faits, comme avec mon intention et l’écrit.

Je lis et je regarde.

Discours à l’Assemblée générale des Nations unies

(sur la contestation du siège russe occupé par le Sozbez)

Mesdames, Messieurs les délégués,

Nous nous réunissons aujourd’hui dans un contexte où la vérité ne peut plus être différée. Le siège attribué en 1945 à l’Union des Républiques socialistes soviétiques au Conseil de sécurité a, depuis 1991, été occupé par la Fédération de Russie. Cette occupation s’est faite par simple notification, sans amendement de la Charte, sur la base d’une présomption : celle de la continuité étatique et du respect des principes fondateurs des Nations unies.

Or, aujourd’hui, cette présomption est brisée. Le pouvoir effectif en Russie n’est plus exercé par des institutions constitutionnelles représentatives, mais par un organe opaque, le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie – le Sozbez.

Le Sozbez est une incrustation étrangère dans le système onusien, un pur alien au milieu des nations intègres, qui fausse le jeu collectif. C’est lui qui décide de l’agression militaire contre l’Ukraine, de l’annexion proclamée de territoires souverains, et qui instrumentalise le siège permanent pour bloquer cette Organisation.

Nous ne contestons pas le peuple russe. Nous ne contestons pas son histoire, ni son droit à exister dans la dignité et la souveraineté. Ce que nous contestons, c’est l’alien qui a capté son siège. Ce n’est pas la Russie constitutionnelle qui parle et qui vote au Conseil de sécurité, mais un organe militaro-sécuritaire qui trahit la Charte et menace la paix internationale.

L’Assemblée générale ne peut rester spectatrice. Elle a le devoir de rappeler que nul État, et a fortiori nul organe occulte, ne peut se prévaloir du droit de veto pour couvrir une violation patente de la Charte. En 1971, elle a eu le courage de trancher la question de la représentation de la Chine. Aujourd’hui, elle doit avoir le courage de poser la question du siège soviétique confisqué par le Sozbez.

C’est pourquoi nous soumettons une résolution claire :

-constater que la Fédération de Russie, telle qu’elle est aujourd’hui gouvernée, ne peut se prévaloir de la reconnaissance implicite accordée en 1991 ;

-déclarer que tout veto opposé par le Sozbez est dépourvu de validité ;

-saisir la Cour internationale de Justice pour avis consultatif ;

-préparer, par l’article 109 de la Charte, la clarification des conditions d’exercice des sièges permanents.

Mesdames et Messieurs, l’ONU n’est pas condamnée à l’impuissance. Elle dispose en elle-même des moyens de se réformer. Mais elle ne peut les activer qu’à une condition : oser nommer ce qui est étranger à la Charte, ce qui la parasite, ce qui l’empêche de remplir sa mission.

Aujourd’hui, cet alien a un nom : le Sozbez.

L’histoire jugera si, face à cette vérité, l’Assemblée générale a eu le courage de redonner sens à la Charte des Nations unies.

Je vous remercie.

On Victory in the Cognitive War

If the cognitive war were to have a face without a face, and be embodied in a precise instrument able to fanatize some of its members, QAnon would be the perfect surface and instrument. Born in the anonymity of obscure forums, it took over from Anonymous, but inverted its logic: from libertarian hacktivism based on evidence, we have moved to authoritarian conspiracism based on belief.

This shift wouldn’t have occurred without the blind appetite of the media for the spectacular and without the troubled mythification of the whistle-blower. The great leaks — Wikileaks, Panama, Paradise, Pandora — taught minds to believe that every power rests on a secret, and that the one who claims anonymity holds the key. The journalists’ consortium, by orchestrating these massive revelations, has become, despite itself, the catalyst of a systemic mistrust.

QAnon then exploited this expectation: no longer necessary to provide evidence, belief suffices.

From that moment, accusation becomes a weapon. As the saying goes: “you always accuse the mad dog so that it may be killed.” Not to establish truth, but to delegitimize and neutralize. QAnon pushes this logic to fanatization: the designated target — the “elite”, the “deep state”, the political opponent — becomes the absolute enemy.

But this mechanism is not confined to American soil: it is connected to a broader geopolitical matrix. The permeability to the prestige of the Kremlin — presented as a bulwark against Western decline — is not accidental. Media relays like Tucker Carlson translate Russian propaganda into cultural warfare for the American public, normalizing a fascination with authoritarianism. In this architecture, Steve Bannon plays the shadow eminence.

He acts as a transmission belt attempting to forge a Judeo-Christian international along the Washington → Tel-Aviv → Moscow axis. This axis recruits, feeds on ideological and electoral successes, and convinces itself that Trump and Musk are its lieutenants — which, wrongly, sustains its sense of power. It seems both unstoppable and invincible.

That is why democracies, which are believed to be defeated or corroded by the cognitive weapon, are defeated only in appearance. For as they are probed, weakened, manipulated, they become aware of their own essence. They turn against their adversaries the very tool that sought to enslave them, and transform poison into antidote.

The cognitive war launched by Russia and its Sozbez*, with unprecedented skill and depth, claims to understand free societies in order better to destabilize them; but in doing so, it forces them to understand themselves with a new lucidity.

They rediscover a more powerful center of gravity and, above all, in a certain manner they self-center, which is the regular, universal form that allows for the governance of their interests and their relations with others — which is the meaning of the outstretched hand that Xi Jinping’s proposal of the GGI (Global Governance Initiative) seems to offer for China, in its aim to restore the preeminence of the UN and the WTO.

On Victory in the Cognitive War

*Sovbez (Совбез) is the commonly used abbreviation for the Security Council of the Russian Federation (Совет Безопасности Российской Федерации).

De la victoire dans la guerre cognitive

Si la guerre cognitive devait avoir un visage sans visage et tenir dans un instrument précis, capable de fanatiser certains de ses membres, QAnon serait la surface et l’instrument idéal. Né dans l’anonymat des forums obscurs, il a pris la relève d’Anonymous, mais en inversant la logique : de l’hacktivisme libertaire fondé sur des « preuves », on est passé au conspirationnisme autoritaire fondé sur la croyance.

Ce basculement n’aurait pas eu lieu sans l’appétence aveugle des médias pour le spectaculaire et sans la mythification trouble du lanceur d’alerte. Les grands leaks — Wikileaks, Panama, Paradise, Pandora — ont habitué les esprits à croire que tout pouvoir repose sur un secret, et que celui qui se réclame de l’anonymat en détient la clé. Le consortium des journalistes, en orchestrant ces révélations massives, est devenu malgré lui le catalyseur d’une défiance systémique. QAnon a alors exploité cette attente: plus besoin de preuves, la croyance suffit.

Dès lors, l’accusation devient une arme. Comme le dit l’adage : « on accuse toujours le chien de la rage pour qu’il soit tué ». Non pour établir la vérité, mais pour délégitimer et neutraliser. QAnon pousse cette logique jusqu’à la fanatisation : la cible désignée — l’ »élite« , le « deep state« , l’adversaire politique — devient l’ennemi absolu.

Mais cette mécanique ne reste pas confinée à l’espace américain: elle est branchée sur une matrice géopolitique plus large. La porosité au prestige du Kremlin — présenté comme rempart contre le déclin occidental — n’est pas fortuite. Des relais médiatiques comme Tucker Carlson traduisent la propagande russe en guerre culturelle pour le public américain, normalisant une fascination pour l’autoritarisme. Dans cette architecture, Steve Bannon joue l’éminence grise. Il agit en courroie de transmission pour tenter de constituer une internationale judéo-chrétienne le long de l’axe Washington → Tel-Aviv → Moscou. Cet axe recrute, se nourrit de succès idéologiques et électoraux, et se persuade que Trump et Musk en sont les hommes lige — ce qui, à tort, entretient son sentiment de puissance. Il semble à la fois imparable et invincible.

Voilà pourquoi les démocraties, qu’on croit vaincues ou corrodées par l’arme cognitive, ne le sont qu’en apparence. Car à mesure qu’elles sont sondées, fragilisées, manipulées, elles prennent conscience de leur propre essence. Elles retournent contre leurs adversaires l’outil même qui voulait les asservir, et transforment le poison en antidote.

La guerre cognitive engagée par la Russie et son Sozbez*, avec une habileté et une profondeur inédites, prétend comprendre les sociétés libres pour mieux les déstabiliser ; mais ce faisant, elle les oblige à se comprendre elles-mêmes avec une lucidité nouvelle. Elles retrouvent un centre de gravité plus puissant et, surtout, elles s’auto-centrent pour rejoindre ce qui est la forme régulière, universelle, qui permet la gouvernance de leurs intérêts et de leur rapports aux autres, ce qui est le sens de la main tendue que semble proposer Xi Jinping, pour la Chine, à travers sa proposition de GGI (Global Governance Initiative) visant à restaurer la prééminence de l’ONU et de l’OMC.

De la victoire dans la guerre cognitive.

*Sovbez (Совбез) est l’abréviation couramment utilisée pour désigner le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie (Совет Безопасности Российской Федерации).

A l’Amérique

L’effondrement des tours jumelles ne fut pas seulement une destruction physique, mais l’ouverture d’une blessure psychique. Leur gémellité symbolisait l’équilibre, la complémentarité, deux piliers soutenant un même édifice. En les frappant toutes deux, les assaillants du 09/11/2001 n’ont pas seulement brisé l’acier et le verre, ils ont anéanti la symétrie et inscrit dans l’âme américaine la fragilité de ce qui paraissait indivisible.

En orchestrant cette séquence, les terroristes n’étaient sans doute pas conscients, aussi clairement, de cette dimension sacrilège et de sa potentielle portée. Probablement pas. Personne ne peut imaginer l’amplitude de l’onde au moment du choc destructeur. Mais l’esprit du Mal, lui, n’ignore pas ce que recèle l’âme humaine.

Et c’est là que se caractérise la guerre cognitive, qui va bien au-delà de l’action psychologique ou des tentatives de briser le moral d’une nation : elle cherche à enclencher un mécanisme d’autodestruction, un suicide collectif. Ni le peuple américain, alors réuni comme un seul homme autour de son commandant en chef George W. Bush, abasourdi comme n’importe qui l’aurait été devant un coup tétanisant, ni ses ennemis ne pouvaient en mesurer immédiatement les conséquences.

Mais l’avenir de ce moment a montré que l’Amérique allait s’engager sur le chemin de deux parallèles qui ne se rejoignent jamais, qui au contraire s’écartent toujours davantage, jusqu’à devenir insupportables l’une à l’autre.

Dès ce moment, la destruction symbolique a commencé à glisser vers une destruction ontologique, idéologique et politique. Deux tours tombées, deux Amériques surgissant, se faisant face comme si elles étaient désormais et n’étaient condamnées qu’à être à couteaux tirés.

Il y a des partis politiques et des mouvements qui s’adaptent à cette nouvelle donne pour émerger en profitant du désarroi moral et du chaos que cela provoque, renormalisant – dans la grille médiatique – ce qui n’appartient pas à la démocratie et encore moins à la haute idée de la République et des institutions vers laquelle le Politique porte naturellement.

Mais si cela paraît conforme à la grille médiatique, cela déchire le tissu de la nation et crée un mal-être abyssal, une brûlure inextinguible qui se transforme en violence et consume le cœur de la nation, n’y laissant que charbon.

Cette mutation de sens est le vrai danger : quand l’architecture s’effondre, la mémoire peut encore se reconstruire ; mais quand la mémoire collective elle-même est infectée, la nation risque de se retourner contre elle-même.

Ce n’est pas un hasard si des performances toxiques ont été mises en scène dans ce théâtre de la mémoire et que prolifèrent dans ce terreau les appels à ce que soient publiés – j’ai écrit ce que j’en pensais – les Epstein’s Files.
Plus insidieuse et assez étrangère pour savoir qu’elle n’appartient pas au camp Démocrate, la rumeur selon laquelle Trump, le 11-septembre-2001, se serait vanté que « la Trump Tower est désormais la plus haute » est l’une de ces performances.

Même fausse, elle se propage comme un poison, parfaitement ajustée à un archétype, laissant sa marque non par sa vérité, mais par son efficacité symbolique. C’est ainsi qu’une main étrangère, une main sale, trifouille l’âme de l’Amérique comme elle trifouille – et de la même manière – l’âme de la France, la sœur de l’Amérique en démocratie, y insérant – dans un contexte de fragmentation partisane mise en œuvre délibérément pour rendre toute gouvernance impossible et toute réconciliation a priori illusoire – des germes de soupçon et de division, poussant une moitié du pays à voir dans l’autre non un adversaire, mais un ennemi.

L’assassinat de Charlie Kirk, amplifié par des rumeurs de balles gravées « transgender » et « antifacist », ajoute un autre acte au drame. Ce qui compte, ce n’est pas tant l’acte lui-même que sa mise en scène, conçue pour élargir la fracture.

Dans cette séquence, l’Amérique est confrontée au danger de tomber non plus du ciel, mais de l’Histoire elle-même. Une nation peut survivre à une attaque venue de l’extérieur ; ce à quoi elle ne peut pas survivre parce que cela défigure lentement le portrait qu’elle se fait d’elle-même, c’est l’érosion de son âme par des récits si corrosifs que même leur démenti ne peut les effacer.

Si les tours symbolisaient l’unité dans la dualité, l’Amérique doit s’élever plus haut que leur mémoire, plus haut que les faisceaux de lumière qui marquent désormais leur absence, et se redécouvrir comme une seule.

C’est sur les épaules de Donald Trump, entre ses mains et dans sa bouche, que repose aujourd’hui la responsabilité écrasante de réunir les deux Amériques.
Je n’ai aucun doute.
L’épreuve toujours fait l’Homme.


> La devise « In God We Trust » apparut pour la première fois en 1864, gravée sur une pièce de deux cents, un an avant la fin de la guerre de Sécession. Elle fut alors un geste pour conjurer la division et affirmer l’unité spirituelle du pays. Plus tard, elle fut inscrite sur les billets en 1957, au cœur de la Guerre froide, comme rempart symbolique face à l’athéisme communiste.

#CredimusInOptimumHumanis

Synthesis of “God” as Foreboding of the Shared Cognitive

This text is not a linear analysis but an exercise in perception.
Through metaphor and ellipse, it invites linking together different levels of sensitivity — reason, intuition, premonition. For invisible threats do not move only through the space of facts: they navigate, undulate, and rebound through the layers of our consciousness. To read in this way is to learn to discern what is happening and what is at stake, beyond appearances. Each person carries within them a dormant cognitive soldier. The hour has come to awaken it.

The hills burn in this very hot 2025’s summer around me, the forests consume, and the very air, heavy with heat and climate warming, seems to rub stones together to spark fatal embers. But alongside the heat of visible flames there is another, more insidious one, which ignites minds. In the cognitive space saturated with extreme tension, every image, every word becomes combustible.

Social networks amplify anger, awaken sleeping impulses, and some, drawn in by this tumult, cross the line into action: malice, pyromania, instrumentalized violence. Physical fire and mental fire feed each other like a feedback loop. We live in a changing era where mere “critical thinking education” is no longer sufficient: critical thinking, misdirected, can become a vector for destructive indignation. It shows itself today through its limits.

What is needed is a firewall of another nature: not merely technical, but rooted in awareness of the shared cognitive field — that common space of human interactions, perceptible even in the material reality of our connections, and which love and joy make almost tangible. This field has nourished humanity’s evolution by strengthening cooperation, trust, and solidarity in the face of predatory forces.

It has today entered a metacognitive phase: it becomes an object of consciousness, observation, and interpretation. This new visibility exposes it to deliberate manipulations that act openly on free will and the psyche of the masses, loosening, for the sake of doctrinal horizons, powers which may prove blind and uncontrollable.

Recognizing this field, acquiring lucid awareness of it, protecting and nurturing it is one of the major challenges of the 21st century. It is a matter of defending the People by equipping the multitude with a metacognitive capacity able to integrate religious, spiritual, cultural and technological dimensions, and to preserve the cognitive defenses of the human collective. No new organ must grow. No chip must be implanted. We already have the tools to filter.

We have warning lights blinking when anger, hate, indifference, gain the upper hand. It is the relationship between free will and consciousness that protects us from ourselves. We must not abandon it to the deluge of information, the injunctions that the media universe projects upon it. We all have warning lights blinking. It is up to us to see them.

From this perspective, the Political, in its noblest sense and regardless of the claimed regime, serves this substratum with intelligence and precision. Each one first serves their people. But if one serves them while respecting the vital relationship to the shared cognitive field, one also serves the People — that of “a finite world that begins,” as Paul Valéry foreshadowed, some years before, emerging from abyssal cognitive fissures, the failed attempt of the Third Reich to dictate a thousand years of history.

Yet, nearly a century later, the cognitive trap reopens. Vladimir Putin’s Great Russia and Benjamin Netanyahu’s Great Israel mobilize, in turn, a narrative and symbolic arsenal acting on those same zones of collective psychological vulnerability: messianic exaltation, inversions of accusation, historical mythologies reworked to legitimate domination.

As in the past, the stake goes beyond geopolitics: it is played out in the space where perception of reality is formed and where it is decided, often without our knowledge, what we deem possible or necessary. It is in that space — the shared cognitive field — where peace is won or lost. Our responsibility in our era is to preserve its integrity, to protect it from being captured, so that the rivalry of powers does not once again lead to global conflagration.

The challenge is to achieve this without a Third World War, by keeping open the common place where peoples can understand one another before weapons are raised.

The shared cognitive is the foreboding of God which, with its gaze, pursues history, consciousness, and the prolific imagination of all peoples across space and time, in multiple forms. It is always about extinguishing the smoldering fire in this field, reducing it, taming it. We do so through custom, law, Constitution, Sovereignty. But we must change mental era.

What was read, from Freud onward, in a psychoanalytic framework (unconscious motives, internal symbols), must move into a metacognitive dimension: the ability of a system — here, humanity — to become aware of its own collective cognitive processes, to observe, interpret, and act upon them, to remain on the right side of the battles played out within.

In this metacognitive field:

  • Religion and spirituality are not excluded, but integrated as sub-spaces of this system of interactions.
  • Phenomena are measurable (information flows, propagation of ideas, behavioral effects), but also interpretable through different cultural and symbolic frameworks.

Mysticism here merges with the rational. The history of religions with that of democracies and of the advent of popular sovereignty, as I have written long ago in the first sentence of this continuum. Thought, for its part, goes beyond intellect and reconnects with Spirit. The goal becomes to regulate this field, not by censoring it, but by cultivating its resilience against distortions and manipulations that attack free will.

I speak of hard science. Cognitive sciences already show that priming — here a narrative or emotional climate saturated with tension — increases the likelihood of certain reactions or acts of violence among some individuals. Research in the psychology of violence confirms that peaks of collective anxiety, intra-group hostility, or sense of urgency can tip an already fragile or radicalized individual into a violent or destructive act.

This effect is amplified by the contagion effect (copycat effect), documented in suicides, shootings, attacks, and, more rarely studied, in deliberate fires. This is what I call the autocatalysis of violence: the cognitive environment acts as a catalyst that transforms legitimate indignation into a devastating collective impulse.

We must learn to know ourselves better under the regime of these invisible interactions. Otherwise, what is the worth of democracy? “Know yourself” succeeds “Know thyself”. It is vital in a world saturated with information where opinion factories, in fierce competition with one another, have entered an industrial age and distribute power and patronage according to interests and forces invisible to the naked eye.

Water extinguishes fire. Love is the first circle of compassion between two beings, matrix of an infinite network that undulates and embraces all humanity. This intimate circle is the source where the public spirit is regenerated, and without it, the fire always wins. Poets, musicians, artists, workers, all serve this common field, sometimes treating it roughly, never betraying it.

Only those betray it who seek to monopolize, by manipulating the pliable substance that forms Love, the infinite power for themselves alone, closing its doors instead of opening them. There lies the Apocalypse, if Apocalypse is, according to its Greek etymology, revelation. In this instance, the unveiling and expansion of what in the shared cognitive aspires toward unity or is lost in predation. The other meaning, for apocalypse, refers to the end of times and major cataclysms.

The cognitive fire does not belong to another world. It is already in ours. It has taken hold. It constitutes a particular pyromania. This fire is a highly manipulable oxidizing agent and some are learning, with success that will inspire other historical actors in case of success, to use it with impunity. They must fail.

Otherwise, we will all burn. On earth transformed into hell. Or we will live, still on earth, transformed into Paradise, in the Eden garden of the shared cognitive.

Humanity vibrates in approaching this living reality. It is beyond churches, beyond atheism, beyond distinct sensitivities, for it encompasses all sensibilities in a single and vital aspiration to understand one another. This aspiration is the foundation and principle even of every civilization.

The invisible light that nourishes the People — made of all the peoples of the Earth — emanates from this shared cognitive, whose nature transforms with each degree of expansion and resolution crossed. From now on, visible light is that which comes from the People, to fulfill the part of expectation of this cognitive space. This expectation is hard to express: it is a completeness, a fullness which, once perceived, can no longer be lost.

Invisible or visible, it is a single light, but perceived under two regimes:

  • Invisible when it emanates from the shared cognitive which we only know to call or pray under the form or the unpronounceable name of God,
  • Visible when it manifests through acts, creations, speeches, the great and infinitely conscious movement of the People moved by aspiration to good and beauty, to calm and restraint.

These are two faces of a single spectrum, and this spectrum is the intimate link between humanity and the universe: a silent but continuous dialogue, where we are not only conscious of it, but where, perhaps, it too is conscious of us — and of our consciousness of it.

This bond goes beyond contemplation or fear: it rises up to a reciprocal knowledge, still unfinished but expanding, which changes our place in the world and in the universe.

>Poor Putin and his host of Kyrills: earthly procession that believes it holds infinity in its hands, and retains there only its own shadows drawn into the illusion of power.

Note: The elliptical style is deliberate. It seeks to escape the confines of schools and fixed styles, in order to follow the natural curvatures of thought itself. To speak of the cognitive field requires not straight lines but resonances, interruptions, and metaphors — a language that reveals movement rather than confines it.

All my work, my improbable poetics of a new world, is itself a curvature.
I was dancing when I was twelve. Cosmic Dancer — T. Rex.