Ancien journaliste, j'ai démissionné en 1996 après les mouvements sociaux qui ont fait chuter le gouvernement Juppé, ne me reconnaissant alors ni dans mon peuple ni dans ma corporation.
Bien penser entraîne la volonté d’accéder à la meilleure orthographe passant à sa portée. La démonstration à charge, faite ici et filigranée à dessein, ne procède pas de satisfaire cette vocation, mais plutôt de cristalliser un ressenti, étayé par des observationsbfih’rdvdevgoi, au profit d’une famille politique et de son orthophonie spécifique.
La République s’entend dans le geste désintéressé du semeur, né de l’auguste Semeuse qui fait fleurir les mots. Elle sème la liberté. Elle n’en annexe pas la cause — pour être plus clair. Et pour l’être plus encore : de même qu’il est difficile, pour les élèves des classes dites défavorisées, d’assimiler que 2 + 2 font 4, alors que tout, hors la classe, leur enseigne que prévaut la loi du plus fort, l’orthographe — descendante de la calligraphie, elle-même issue de l’école du Signe — procède aussi du fait que le Réel doit se laisser reconnaître, pour donner l’envie d’en honorer l’esprit qui l’anime, avant que d’accepter d’être l’esclave de sa Lettre. Cela précède l’objection, l’insoumission ou la servitude.
Les Humanités, qui longtemps s’enseignaient et se transmettaient, enseignaient d’abord cela : que l’on n’entre pas dans le langage comme on entre dans un enclos, mais comme on entre dans un monde. Elles formaient à la reconnaissance d’un ordre libre, non à la récitation contrainte.
Jean-Paul Sartre s’est épris des mots pour servir la Cause du peuple. Aujourd’hui, l’appel à l’orthographe fait parfois figure d’ortho-idéologie réactionnaire — pour utiliser le mot brut. Et cela déplaît à l’oreille de l’École-Sanctuaire, car cette oreille-là ne veut pas entendre le bruissement des vivants, mais le silence souple des alignés.
Deux ou trois libellules en vol troublaient Lucille Sur le chemin de son école, en pleine ville « Ces libellules en ville sont folles » se dit Lucille Qui les attrape avec un fil et puis s’envole
Vers le Bal des étoiles, cour de récréation de l’imagination des enfants sages.
Tous le sont.
Post Scriptum: la poétique d’ensemble est ainsi formée — et elle ne peut démarrer que des, par, et pour les enfants.Ils sont nous, nous leur devons la portée du meilleur impossible.
Pour sortir du dédale incompréhensible des narratifs, tout sujet finissant en débat sur le sexe des climatiseurs, le fil de la laïcité à suivre scrupuleusement était le fil d’Ariane vers la sortie. Vers l’Alliance.
« Interdiction du niqab et de la burqa au Kazakhstan, pays à majorité musulmane dont le président Kassym-Jomart Tokaïev est lui-même musulman. Deux ans auparavant, le gouvernement avait interdit le port du foulard à l’école. »
Ce que ce type d’énoncé laisse croire, sous couvert d’évidence, c’est que si un pays musulman interdit, au nom de l’ordre public, le port du niqab ou du voile, alors la France – qui n’est même pas un pays musulman se doit de se débarrasser de la moindre particule du moindre scrupule pour adopter ce que, prophète de tristesse, le jeu sournois des circonstances exige.
Ce raisonnement est faux. C’est un sophisme. Et les sophismes d’aujourd’hui sont les armes de guerre de demain. Car ils fabriquent l’adhésion automatique. Ils manipulent ce qui, à force de fatigue civique, passe pour du bon sens.
Ce genre de raisonnement fait glisser un bulletin dans l’urne à votre place. Il saura convoquer vos frustrations, vos inquiétudes, vos colères, pour vous désigner – avec une évidence meurtrière – le camp du bon sens. Le Kazakhstan en devient alors le parangon. Un pays musulman, capable, lui, de défendre la République. Et nous ? Nous serions devenus faibles, incapables de voir le danger, paralysés par le droit, entravé par l’idéal républicain.
Errare humanum est, perseverare diabolicum. L’erreur est humaine, mais persister dans l’erreur est diabolique.
Ce que la locution latine sous-entend, en imposant par un simple biais son retournement, c’est que les gouvernants qui ne cèdent pas à ce « bon sens » sont traîtres à leur peuple. Ils sont diaboliques. Et que ceux qui oseront s’opposer à cette ligne, tergiversent, sont eux aussi condamnés par le jugement populaire. L’histoire de l’Europe, depuis que Poutine y a été abandonné au seuil, est tissé par la force de ce renversement.
C’est un retournement redoutable. Une dyslogie. Car s’ils veulent rester fidèles au serment républicain, nos gouvernants sont désormais forcés d’être traîtres… au bon sens. Et dans cette logique viciée, toute défense du droit devient trahison.
Il ne faut pas croire que cette inversion soit un hasard. Elle est le fruit d’un travail d’ingénierie politique invisible, où des esprits retors ont perfectionné une inédite dialectique de la guerre, pour armer les peuples contre eux-mêmes. Et ce que cette dialectique fait monter, ce ne sont pas des identités — ce sont des puissances, des prétendants au pouvoir, des stratégies de renversement.
Nous savons qui sont celles et ceux que cette dynamique conduit au pouvoir. Et nous savons qui elle sert, au-delà de l’illusion des débats locaux. Le mouvement réel de la géopolitique, celui qu’on ne voit pas sous les écrans de fumée, est à l’œuvre. Il déploie ses relais dans un théâtre d’ombres où l’islamisme-Potemkine comble le christianisme-Potemkine, soutenant un nationalisme-Potemkine, au service d’une Russie-Potemkine.
L’architecture, au-delà des modalités, de l’insaisissable scène de cette guerre fractale de fracture du noyau de la civilisation, est là: dans la potemkinisation de tout.
L’architecture est fractale, mais le centre est clair : une guerre du noyau civilisationnel, sous les oripeaux de la défense des valeurs.
En France, par bonheur, il se cristallise, finalement, dans le périmètre, si vaste et fragile ontologiquement, de la Loi de 1905, celle qui établit la laïcité à la française. Par chance, elle est extrêmement controversée, et la controverse, est en soi – au-delà des éclats de dispute qui focalisent l’attention – un niveau de lecture révélateur.
C’est sa valeur ontologique qui vaut à la laïcité de se voir provoquée, comme elle est provoquée. Il faut la faire tomber, la faire plier sous toutes les injonctions, différentes dans leurs expressions, convergentes quant au résultat à obtenir. Et c’est pour cela qu’il ne faut – à aucun prix – que la laïcité devienne le Waterloo du XXIe siècle. La tombe de l’universalisme.
Ce qui est en jeu, ce n’est pas un choc des identités. C’est une prise de pouvoir sur le Réel à partir de la fiction sur les identités. Ce n’est pas un enjeu d’identités qui s’affrontent mutuellement; la légitimité revenant à celui qui défend les valeurs occidentales, chrétiennes, le mode de vie, contre celui, le pantomime islamiste, qui accrédite, avec une persuasion parfois si démonstrative, qu’il aspire à le changer et, par cette seule aspiration, nous convainc qu’il parviendraient à le faire.
Et pour que cette prise réussisse:
1/Il faut convaincre qu’il y a, pour remplacer le mur vivant d’étoiles, un horizon des événements, tel qu’on le décrit en astrophysique. En astrophysique, il s’agit de la limite autour d’un trou noir au-delà de laquelle aucune information, lumière ou matière ne peut s’échapper. C’est le point de non-retour. Ce qui est aigu, ici, pour parler de ce moment d’histoire si particulier où le débat sur le sexe des climatiseurs rivalise avec celui sur le sexe des mots ou celui de tant de sujets qui d’anodin capturent toutes les passions, c’est qu’aucune information véritablen’échappe à l’attraction du trou noir. Il fallait nous persuader que cet horizon est celui du choc des civilisations.
Samuel Huttington a placé cette limite. Si un intellectuel, avec son autorité, installe cet horizon des événements, il valide tout ce qui commence et inspire, pour qu’il soit confirmé, surtout, par sa thèse, tout ce qui suit. Le génère-t-il comme est susceptible de le faire une prophétie autoréalisatrice, et sous quelles injonctions? Il faut se méfier des intellectuels. On ignore ce qu’ils portent. Ils ignorent peut être, eux-mêmes, ce qu’ils portent. Ce sont eux, parfois, sous leur docte figure, les cavaliers de l’apocalypse les plus à craindre. Ils introduisent l’animal en chevauchant les fougueux destriers de la division, prologue de la pensée unique, tandis que l’éclairé avance sur l’âne-dromadaire depuis le désert.
Il fallait d’abord qu’un penseur installe cet horizon. Ce fut Samuel Huntington. Son Clash des civilisations n’a pas seulement décrit une menace : il a validé un paradigme, installé une logique d’affrontement qui se renforce tout seule puisque les dynamiques prennent placent dans ce grand bal des maudits.
2/A l’intérieur de cette profondeur, il faut que s’animent les postures nécessaires. Les créature viennent au paradigme comme les moustiques au réverbère. Il suffit d’allumer les réverbères. Il y en a une nuée.
3/Il fallait aussi, et surtout, donner un nom à un danger existentiel pour coaliser les populations et gommer, le vrai ennemi existentiel. Un autre intellectuel, beaucoup plus doctrinaire, Renaud CAMUS, l’a conceptualisé sous la forme du Grand Remplacement. Un succès plus lent, plus polémique que celui du Clash des Civilisations, car plus sulfureux, mais qui s’impose à de plus en plus d’esprits.
On le voit: la fin du monde n’a pas besoin de grand chose, profitant de la chaotisatisation du monde, pour parvenir à sa fin. Le début du monde lui non plus, ne nécessite grand chose. Presque personne.
Alors, face à cette impérialisme cognitif irrésistible tant qu’il est impénétrable, que vaut la laïcité à la française, petite chose symbolique tissé par les Parques,gardiennes de Devenir et tisseuses du Destin ? La laïcité est notre fil d’Ariane. Le couper, c’est s’enfermer dans le dédale du narratif qui est imposé à notre cerveau. Ce n’est donc pas un hasard si c’est à partir du fil d’Ariane de la laïcité française, sur laquelle s’exercent des tensions titanesques pour déconsidérer le vivre-ensemble, visant à faire imploser la République, que le phénomène s’est trahi. Il suffit de le lire sans a-priori – ce qui est le plus difficile – hors sa propre narration, hors de toute narration. L’imbrication illisible des logiques devient lisible.
Donc, la France n’a pas moins de devoirs que le Khazasthan. Elle en a plus, parce qu’elle a la laïcité à défendre et que cette laïcité émane directement de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, pas de celle qui a apposé des étoiles jaunes pour distinguer les individus, et les sacrifier au mirage des idéologies fanatiques.
Elle doit rester la condition du « vivre ensemble », qui n’est pas le prétendu machin à bisounours, pour reprendre à la lettre ce à quoi l’idéal de convivialité, préalablement vilipendé, a été moqué. C’est la déclinaison concrète du Devenir sur lesquelles veillent, en tissant, les Parques. L’antinomie du vivre-ensemble, comme il m’est arrivé de le signaler, c’est mourir-seul. Il s’est trouvé des foules de gens, d’illustres intellectuels parfois et des intelligencces que l’on aurait pu croire mieux éclairés, pour jouer à clouer l’unité de sens que cela représente au pilori.
Le dernier mot sera rendu à ce que de droit. Le dernier mot sera:
Dans un tweet publié ce jour 2 juillet sur X, Pierre de Gaulle forme, à titre personnel, le voeu que « la France participe aux futurs traités de Paix, en Ukraine ainsi qu’en Orient « .
C’est ainsi, qu’à ses yeux, elle doit retrouver « sa place souveraine sur la scène internationale ».
Plus explicite, il met en exergue l’intérêt de la France à rejoindre « la grande famille du monde multipolaire » qui, plaide-t-il, « ne cesse de croître ».
Pour sûr, la parole de Pierre de Gaulle n’est pas une parole gaullienne. Elle est une parole post-gaullienne. Une parole récupérée. Une prise de guerre.
A l’évidence, ici et hélas, l’héritage d’un patronyme ne vaut pas certificat d’authenticité capable d’absoudre un contre-sens historique.
Il ne suffit pas du prestige d’un nom pour masquer le fait que « la grande famille du monde multipolaire », qu’il s’applique à faire miroiter, est accouchée du monstre russe et de ce qu’il a réussi, par des mensonges, depuis trop longtemps, à nous faire avaler.
Il serait trop long de les énumérer ici, mais l’Armée Française, faite fleuron par son grand-père, a égrené dans un rapport intitulé « Trois ans d’offensive informationnelle russe : anatomie d’un front invisible » les insidieuses formes de cette tentative de pénétration destinées, toutes sans exception, à altérer le discernement des Français et, par conséquent, d’égarer celui de la France.
En un mot: A corrompre l’âme de la France.
A cet « endroit » et à cette minute, le hasard voulut que je croisasse Monsieur Henri Guaino. Nos regards se sont croisés. Le sien a fuit. C’est une anecdote. J’ai remarqué que son regard fuyait souvent sur les plateaux de tv. Ce Gaullisme dit social serait-il la carapace d’un Gaullisme honteux? La probabilité d’une telle rencontre, de l’éclair qu’il produisit est infime, compte tenu de l’énergie dont me charge la perspective qui m’anime et dont je m’emploie, à mille lieux du prétexte qui l’a suscité, à retracer ici la lignée.
S’agissant d’Elle, si chère à Charles de Gaulle, la Russie a cultivé une plaie ouverte. Elle sait très bien le faire et elle se délecte d’y remuer, comme elle affectionne de le faire de toute chose obscure, le couteau de l’anti-colonialisme. Tel est est le bon plaisir qu’elle a cultivé dans les vestiges des palais de la Grande Catherine, empoisonner notre rapport à l’Afrique pour y substituer sa tromperie.
Le vocable FrançAfrique, enveloppé de ce qu’il convient de candeur lascive, a fini de mettre, la France en dehors de sa grandeur, dans la plus soumise des résignations.
La banalisation du jargon journalistique dans la stratégie qui, elle, appartient à la pensée politique a expulsé la grandeur de la France. La France reconstruira vite sa grandeur. Elle y est portée. Elle le fait déjà.
La Russie a-t-elle miné le terrain sémantique au préalable, en agissant sur des intellectuels, des journalistes? Je serai bien hardi de l’affirmer.
Les concepts meurtriers s’habillent d’idées simples qui déshabillent ceux qui les revêtent en pensant s’habiller.
Il est aisé, pour une main experte, de faire croire à quelqu’un que l’idée vient de lui pour qu’il l’endosse.
Le péril de l’intellectualisme et de son entregent est là. Mieux vaut penser et regarder seul, par son seul moyen.
Ce qui, en revanche, est sûr, c’est que la Russie tire – a tiré – systématiquement les dividendes qu’il se pouvait y être tiré, ce qui ne peut que poser la question de la causalité, ce dans le champ profane, celui de la nation.
Car, en détruisant, à petit feu, le pacte consacré à Reims, par Charles de Gaulle et Conrad Adenauer, elle s’est attaquée au sacré. Le sacré, c’est le voeu des nations.
Là aussi, c’est à partir du travail polyphonique, distillé du concept de « Gaullisme social », qu’elle a développé le glissement sémantique qui, de souveraineté a basculé au souverainisme. (1) Cela n’est pas qu’un effet d’aubaine conceptuel pour tous ses promoteurs.
La politique, c’est, avant tout, l’empire des mots. La terre du verbe. La terre du ciel.
Un concept, bien encapsulé, permet d’exister, mais il ne saurait venir à bout de cette terre du ciel, cette terre du verbe, de notre terre des hommes. De la terre de l’homme. De celle de l’Homme et du Citoyen, pas davantage qu’il ne peut attenter à notre si précieuse laïcité, qui en est l’expression macérée par l’histoire.
Quand les mots sont purs, c’est-à-dire qu’ils ne sont qu’eux-mêmes, les idées sont claires et la souveraineté se conserve et exerce sa plénitude à cette hauteur.
Lorsque ce n’est pas le cas, qu’ils sont altérés, du fait de la décadence naturelle ou sous l’effet d’une habileté extérieure, la souveraineté finit par obéir à un tropisme invisible et destructeur de cohésion.
La souveraineté s’exalte, alors, sous la forme d’un souverainisme decomplexé, le peuple en populisme et la patrie se défigure en nationalisme.
Le 8 juillet 1962, ne nous trompons pas! Deux géants, contre la rancoeur, ont consacré une idée de l’Europe dont personne ne peut dire, bien sûr, si le général de Gaulle, père de la Constitution nationale, aurait approuvé ou renié la forme qu’elle a pris dans l’Union Européenne.
Une chose est cependant sûre, c’est que voir un drapeau bleu, foisonnant d’étoiles constellées dans l’Hymne à la Joie, drapeau flottant, par-dessus tout, sur la paix promise tenue – LA PAIX PROMISE TENUE – aurait comblé le soldat, le politique et l’homme.
Pierre de Gaulle, en fidèle petit-fils, pourrait-il soutenir le contraire et continuer à prétendre que le drapeau européen, tel qu’il est: cet l’élan que la Russie insulte à tout bout de champ et veut briser, est une hérésie?
Un homme qui s’impose à l’Histoire de France comme l’a fait l’homme du 18-Juin comme celui de l’industrie florissante qui a vu naître le Concorde, n’a pas dû nourrir d’autre désir que celui d’assouvir pas une faim de paix et de rayonnement.
Sinon, la force du geste d’amitié, initié au sein de la cathédrale de Reims, n’aurait pas de sens. Charles de Gaulle et Conrad Adenauer n’ont rien fait d’autre que de poser, au pied de l’autel, solennellement, la première pierre de Paix européenne.
C’est elle qui importe. Charles de Gaulle n’est le dernier à avoir remarqué qu’on ne défend pas la paix par le pacifisme.
Au moment, où cette pierre, ajouté à d’autres par leurs héritiers, doit se dresser tel un mur face à l’agression si manifeste, désormais, de la Russie, les loups, tous les loups, sortent de leur tanière à l’appel du chef de meute. Le chef de meute, c’est Poutine.
La grande famille d’un multipolaire n’est que l’autre nom d’un monde de démission
Cela ne survient pas par hasard ni à contre-temps. La Russie, dont l’âme est moribonde, voit son économie à genoux. Elle est exténué, elle gonfle la poitrine pour impressionner et recherche le souffle d’un nouvel oxygène à son plein avantage.
Ne le lui accordons pas. Cet oxygène nous manquera.
Dans ce contexte, Pierre de Gaulle, qui paraissait avoir un patronyme à protéger, a choisi d’être de ces loups, pour infuser le message fallacieux du prescripteur d’opinion tapi au Kremlin.
Alors, oui, il s’est senti ombragé par l’absence de la ministre de la Culture, Mme Rachida DATI, héritière, elle, d’André Malraux, lors de la donation par la famille de Gaulle, du témoignage inestimable que représente l’original de l’Appel du 18-Juin.
Il faut se rappeler qu’André MALRAUX est l’homme qui émut jusqu’à la pierre du Panthéon lorsque Jean Moulin y fit son entrée.
L’appel personnel de Pierre de Gaulle à la raison n’est pas de la même trempe que celui que lança l’Homme du 18-Juin.
C’est un monde de démission.
Cela n’est et n’a jamais été le monde de celui qui fit d’une simple étincelle une résistance d’abord, puis une libération.
(1)Depuis les années 1990, le gaullisme social est régulièrement invoqué comme antidote aux dérives néolibérales ou identitaires. Il est réactivé par des figures comme Nicolas Dupont-Aignan, Arnaud Montebourg, ou encore Henri Guaino.
—
La photo de deux hommes qui font l’histoire: Charles de Gaulle et Konrad Adenauer à Reims. Elle incarne le point nodal de l’élargissement européen, car il est déjà là rayonnant par la patience de son seul voeu. Cette simple pierre savait, mieux que n’importe quel objet, qu’elle ne ferait pas que survivre au rideau de fer.bElle devrait avoir raison de lui.
Cette pierre symbolique savait qu’elle allait avoir à franchir, servie par l’optimisme résolu, à ce moment-là, de ses peuples et les acquis considérables de l’expérience qu’elle avait su leur offrir, le mur de Berlin.
Cette pierre recelait, dans un cadre millimétré, qui est celui porté par le principe de convergence, l’attraction de la liberté par le consentement à l’élargissement. C’était sa règle d’or. Quelque chose l’a transformée en règle de plomb.
Il faut se souvenir de deux choses, apparemment sans corélation entre elles. D’abord parce qu’elles sont distantes, ensuite parce qu’elles ne sont pas de même nature. Elles sont même de nature étrangère. On se rend compte, à quel point, la transformation de la règle d’or en règle de plomb est l’oeuvre d’une alchimiste de la manipulation.
Car, avant d’avoir vu se briser l’unité constitutionnelle qui aurait dû sceller l’édifice européen dans le marbre, que s’est-il passé? Il y a eu, en 2001, ce moment de cristal, où se croyant au seuil de l’entrée de cette même union européenne, à la suite du rapprochement auquel le 11-Septembre et la lutte mondiale contre le terrorisme, front auquel immédiatement Poutine se rallie avec l’expertise propre issue de sa manière virile de traiter les « terroristes » – il a été tout simplement éconduit.
Poutine n’a pas pu réprimer sa déception, naturelle. Mais, surtout, en ce 25 septembre 2001, devant la Bundestag, le maître du Kremlin souffle le tiède et le glacial.
📌 Il affirme : « Personne ne doute aujourd’hui du fait que la guerre froide est terminée. Mais nous ne devons pas rater l’opportunité qui se présente de construire une sécurité égale pour tous.«
Mais aussi et surtout, cette menace à peine voilée:
« Personne n’en tirera profit si nous manquons à nouveau une occasion de jeter un pont entre la Russie et l’Europe.«
L’Union Européenne a commencée à dérailler à partir de cet instant, avec l’irruption de plusieurs rhétoriques, dont particulièrement celle du « Non à la Turquie », projet qui jusque là ne posait pas de difficulté d’approche majeure.
C’est un retournement brutal de l’opinion, qui coïncide si le périmètre de l’observation, est conservé au niveau hexagonal au seul tremplin électoral emprunté par le FN. mais qui a cristallisé, au demeurant, le discours du Front National).
Le discours modéré sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, fondé sur la promesse d’un islam démocratique et réformiste, n’a pas résisté à l’irruption d’une dyslogie symbolique : une onde de rejet, de suspicion, d’images brutes qui ont submergé le récit nuancé. Cette défaite de la parole raisonnable n’est cependant pas un phénomène isolé ou spontané. Elle trouve son contrechamp univoque dans un autre reniement : celui de l’Occident à l’égard de Vladimir Poutine, éconduit en 2001 lorsqu’il croyait, ou feignait de croire, pouvoir entrer dans l’Europe comme partenaire. Si l’on admet que la dyslogie — ce brouillage cognitif des récits — n’est pas une fatalité humaine, mais bien une construction politique, alors le refus occidental d’ouvrir cette double porte, à la Turquie comme à la Russie, constitue un acte fondateur inversé : celui par lequel deux récits compatibles avec l’Europe ont été simultanément disqualifiés, et par là même — retournés contre elle.
L’adoption du traité constitutionnel, signé en 2024 et soumis au vote en 2025, aurait donné à l’Union cette substance organique qui fait défaut aux seules lois mécaniques ; elle aurait rendu la construction européenne vivante, donc résistante aux pressions extérieures.
Cet échec n’a pas été surmonté — il a été accommodé. Ce rattrapage, présenté comme un compromis, n’a rien sauvé : il a dissous. Dissous l’élan, dissous la clarté du projet, dissous le lien symbolique entre les peuples et la construction européenne.
De surcroît, en essayant, conformément à sa responsabilité, de sauver l’Europe du propre carambolage de son peuple, la gouvernance européenne a, alors, offert sur un plateau d’argent, l’occasion de putréfier plus encore le procès fait à l’Union Européenne, en viralisant à outrance le trompe-l’oeil de son caractère anti-démocratique.
Le vice devient vertu. La vertu vice.
Et c’est cela, le crime invisible. Un crime maquillé de tous les atours de la démocratie d’opinion, orchestré par ceux-là mêmes qui, aujourd’hui, veulent voir cette même démocratie s’éventrer — non plus sur le sexe des anges, ni sur celui de la Constitution, mais sur celui du climatiseur.
Encore une fois, la Russie a besoin de temps pour ses basses oeuvres.
Du point de vue strictement stratégique de la Russie poutinienne — celle que l’OTAN contient aujourd’hui en augmentant drastiquement ses moyens —, le fait que l’œuvre européenne ait pu être torpillée par un simple plombier polonais, pleinement genré et médiatiquement instrumentalisé, relève presque de l’ironie historique : une forme inversée d’homme providentiel.
Le moment de Reims reste pourtant l’acte fondateur. Là, dans cette pierre posée par de Gaulle et Adenauer, l’idée européenne s’est ouverte comme une fleur et exhale l’irrésistible parfum de liberté. C’est cela, l’élargissement : l’épanouissement de la liberté des hommes, des Européens tels qu’ils se reconnaissent au naturel.
Les souverainistes l’ont travesti – cet élargissement -, en une figure grotesque, pour imposer l’ »approfondissement« , comme dédale des volontés et machine à renvoyer aux calendes grecques., ceci afin de faire perdrer du temps au peuple européen pour en faire gagner à Poutine.
Il en avait besoin. Il en a profité. Pour ajuster son agenda qui consiste, à rien d’autre, qu’à asservir le continent européen, par la brutalité physique et territoriale, par la compromission politique, par le chantage énergétique, par la dissolution des volontés.
Non, l’élargissement n’est pas une lubie technocratique. C’est la raison pour laquelle, depuis le 24-Février-2022, l’UE a pris conscience de la nécessité, vitale, d’accélérer son propre agenda. Elle a transcendé, pour la première fois, le mur de Berlin-fantôme qui a été érigé à son insu.
Elle a trouvé les formules nécessaires pour transgresser la peur que le souverainisme lève auprès des populations et des corporations, pour voir, enfin, au delà des levées de bouclier protestataires, le’hirizin de convergences des peuples.
n’est apparue que pour nous en détourner — pour que nous apprenions à en nourrir l’allergie jusque dans son principe.
Mais ce principe, il suffit d’en dessiner le contour pour qu’apparaisse le visage nu de la Liberté.
Et la Liberté des hommes n’est pas tolérée par son antinomie. Un régime qui repose sur le gardiennage, sur la surveillance, sur la prédation assassine, ne peut coexister à l’approche de la liberté des hommes.
Ce plan aurait pu réussir, n’était la figure de Volodymyr Zelensky, surgissant comme un éveil de la flamme de la résistance.
Aujourd’hui, Poutine défait l’histoire. Il implore Emmanuel Macron — qui n’en est vraisemblablement pas dupe — de le laisser poursuivre son dessein, sous couvert de négociation. Un dessein fondé sur un respect de la lettre des nations qu’il prétend, avec un aplomb insupportable, être le plus légitime au monde.
L’Armée Française vient de publier, ce 30 juin 2025, un rapport intitulé « Trois ans d’offensive informationnelle russe : anatomie d’un front invisible ».
Il est extrêmement détaillé et permet de mettre au jour la nature de la stratégie d’infiltration cognitive engagée par le Kremlin, visant la France, l’Europe et l’Afrique.
Les militaires, ceux appelés à risquer leurs vies, lorsque le mal tourne mal ce qui est le modeste service dont ils acquittent, ici comme ailleurs la charge. Ils ont acquitté la part de la mission que la nation leur confie. Ils identifient la manière d’agir d’un ennemi qu’ils ne peuvent mettre en joue.
Neutraliser l’opération implique un premier impératif, le système d’information doit faire pleinement le sien.
Il est le système nerveux de la nation. Il donne la vie au peuple, la coordination à son mouvement, au-delà de l’horizon de l’actualité, dans l’histoire de France et de l’Europe.
Le système d’information a la responsabilité, belle et éminente, rassurante, de diffuser une information à la mesure de la menace d’intelligence subversive. Il ne doit jamais y manquer.
Ainsi, la digne et fière Armée qui nous protège aura fait son travail. Les médias le leur.
Il restera au Peuple ce qui lui revient, puisque la charge et le destin de la République est dans sa main.
Pour que le travail de ses militaires trouve valeur et sens, le Peuple devra exercer la « douce sentence » de sa Loi.
Elle détermine sa souveraineté, avec laquelle, dans des temps normaux, nul s’autorise à badiner.
il devra, à partir de son discernement, reconnaître les émergences directes, s’il considère qu’il y en a, et si certaines se révèlent accablantes à ses yeux, manifestées dans la sphère qui le regarde.
Il s’agit de sa sphère de compétence: la sphère démocratique et le champ des élus de la République.
Le peuple possède la seule arme dont le militaire est désarmé, constitutionnellement, pour le défendre, mais la suprématie de sa prévalence est limitée à ce stade précursif. En dehors, c’est le soldat qui sera – physiquement – exposé. En dehors, il est trop tard.
Cela ne devrait pas avoir à être dit.
L’ennemi que le soldat du Peuple a décelé, et qu’il a pris la peine de désigner, ne peut être détruit par les canons César et il est insensible, dans ce corps à corps qu’il s’est cru libre de livrer à la République, à la dissuasion nucléaire, comme – je me répète, seule conclusion possible – à toute arme conventionnelle.
« For those who may have forgotten what it means. »
Ce 30 juin 2025 à 13h40, le président Xi Jinping publie cette phrase sur son compte X, laconique mais chargée. Elle accompagne un extrait de débat citant la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée en 1971, qui reconnaît la République populaire de Chine comme seule représentante légitime de la Chine à l’ONU, et qualifie Taïwan de « province ».
La puissance d’un tel rappel ne réside pas tant dans la démonstration que dans l’intention. Xi Jinping ne cherche pas à convaincre — il réaffirme. Mais, contrairement à ce que certains pourraient croire, cette affirmation n’est pas tactique. Elle ne répond pas à une logique de manœuvre militaire ou diplomatique. Elle s’inscrit dans une intelligence du champ, non du plan. Il ne s’agit pas de tendre vers une fin prédéfinie, mais de modeler l’espace jusqu’à ce qu’il livre lui-même sa résolution.
Hier, le président chinois a cru bon de rappeler — sans qu’il soit besoin d’y voir un plan, ni une annonce — les jeux dont sont censés être maîtres les grandes puissances, respectivement les échecs, le jeu de Go et le Poker. La manière dont il a présenté les rangs de chacun, les Russes pour les échecs; les Chinois, pour le Go; les Américains pour le poker n’est pas à prendre au pied de l’énumération.
Le jeu d’échecs vise l’échec et mat. Le poker, la domination du bluff. Le Go, lui, étend la forme. Il ne détruit pas : il absorbe, il attire, il remodèle le champ adverse jusqu’à le rendre inexorablement connexe. C’est un jeu de plasticité. Et c’est dans ce paradigme que la Chine opère.
Le premier encombrant est déjà écarté : le Japon n’a jamais revendiqué Taïwan depuis 1945. Il y a même officiellement renoncé, dans le traité de San Francisco, sans ambiguïté ni retour. Un problème évacué. Il faut dégager les encombrants.
Le deuxième encombrant, c’est la terre elle-même, dissociée des hommes qui l’habitent. La Chine sait que la souveraineté ne se joue pas seulement sur le sol. Elle se joue sur la conscience. Ce n’est pas seulement la province qu’elle regarde, c’est la singularité politique qui s’y est développée. Une singularité issue d’elle, mais qui a pris forme ailleurs. Plus qu’une dissidence, Taïwan est un jumeau affirmé.
D’ailleurs, elle ne peut pas faire chair avec une terre considérée comme une province. C’est peut-être même ce que Xi Jinping porte à l’attention. La résolution de l’ONU qu’il cite, à l’attention de ceux qui oublient, rappelle, si on accepte de se placer dans l’esprit et non dans son doigt, que Taïwan n’est pas une province. C’est une continuité en retard d’elle-même, mais la condition humaine, n’est-il pas, finit par se faire la raison de réunir tout le monde.
À l’inverse des deux Corées, où l’une vit et l’autre s’enferme dans le théâtre sinistre de sa propre terreur — la Chine observe. Et elle tire une leçon de cette glaciation stratégique : ce que l’Histoire a figé, elle ne le rend pas. Une anomalie quantique peut devenir permanente. C’est précisément ce que la Chine veut éviter.
Mais ce qu’il y a de singulier, ici, c’est que, contrairement à la péninsule coréenne, les deux Chines ont réussi. Le défi est encore plus grand. La République populaire a tenu, redressé, transformé, porté. Taïwan a prospéré, innové, séduit, résolu. Il n’y a pas ici, et il ne saurait y avoir, de vainqueur ou de vaincu. Il ne saurait y avoir qu’un seul gagnant : les Chinois, en un peuple réuni.
C’est là que s’impose le recours au modèle quantique. La mécanique quantique enseigne que certaines particules peuvent exister en superposition d’états, jusqu’à ce qu’une mesure — ou une décision — vienne trancher. Rien ne décrit mieux la situation.
Taïwan et la Chine continentale sont dans une superposition historique, culturelle, politique. Avec, à l’origine, la brutalité d’une divergence, mais aujourd’hui, une corrélation complexe, oscillante, fragile, mais réelle.
Le problème ne peut être résolu par l’annulation d’un des états — cela provoquerait un effondrement du système pour rester dans cette dialectique. Il ne peut être résolu que s’il s’ouvre à sa propre perspective : celle d’un dépassement qui présente, de mon propre point de vue, dans l’imbroglio apparent des une fenêtre spéciale et, du désordre spatial, un alignement très particulier, dans ce sens où il n’est pas dans la ligne de droite, mais fait des beaucoup de courbures, y compris celle imprimée par le président Trump. Est-ce délibéré et conscient n’est pas la question. Cela ouvre à la perspective une voie de résolution qui ne réside plus dans l’unité forcée, mais dans l’unification de sens. Le territoire n’est pas l’enjeu. Seule la géographie le tient pour enjeu. L’histoire tient le peuple pour enjeu. Le devenir du peuple chinois — dans toutes ses formes vivantes — l’est.
Et peut-être que ce que dit Xi Jinping, à demi-mot, dans son tweet, c’est cela : « Souvenez-vous non pas de ce que vous devez faire, mais de ce que vous êtes. » Et alors, ce que vous ferez — advient. Dans ma langue, on est ce qu’on devient et on devient ce qu’on est. Première liberté, garantissant les autres, présentes, en gestation, et plus lointaines à venir.
Si c’est bien ce que je lis c’est une preuve de mon intelligence qui, tout en me faisant plaisir, ne servirait que ma vanité. Si c’est bien ce que je lis dans l’intelligence placide de Xi Jinping, la portée ne se mesure à aucune aune sinon celle du devenir des contentieux territoriaux et de la résolution de morsures que le passé inflige aux nations et à leurs peuples.
C’est ce en quoi que je veux croire. Une éclosion qui ne donne pas naissance à un monstre.
Jordan Bardella, ombre couvée de Marine Le Pen, s’indigne aujourd’hui sur X
« On marche sur la tête : l’UE débloque des millions d’euros pour la filière viticole sud-africaine, alors que nos viticulteurs subissent de grandes difficultés. Je demande à la Commission d’annuler cette provocation et de consacrer cette somme à nos vignerons ! »
Une formule bien rodée, martelée, tel un leitmotiv appelant au fameux bon sens paysan, au métronome des éruptions de la colère paysanne — “on marche sur la tête” — et déjà vue lors des crises agricoles passées. Une mécanique à deux temps, huilée par des officines :
1. Impressionner la carte-mémoire du monde rural par des mots-clés soigneusement choisis — Afrique, culture, diversité, viticulture, abandon, par une campagne préalable sur les réseaux sociaux, constatée sur X…
2. Faire surgir le redresseur de torts : figure de résolution providentielle, incarnée par celui qui, “enfin”, remettra la tête à l’endroit.
C’est aussi puissant qu’un axiome philosophique énonçant que l’essence précède l’être, mais ici c’est du toc subliminal.
Remettons la tête à l’endroit dans quoi il est impossible d’y voir clair. Un accord commercial européen n’est pas un caprice bureaucratique : c’est l’expression concertée d’intérêts souverains, négociés, arbitrés, équilibrés. Cela se pense — cela ne “marche pas sur la tête”, cela pense avec la tête.
Comme le lui a opposé, avec force argumentation, le journaliste Maurice MARTIN, sur X, que je cite à partir de X, si Jordan Bardella siégeait réellement à Strasbourg, il saurait que ces 15 millions d’euros sont la régularisation d’un engagement vieux de 2002, pris dans le cadre d’un accord de libre-échange entre l’UE et l’Afrique du Sud. Il saurait que cet argent est destiné à aider de petits producteurs historiquement exclus, dans un pays marqué par l’héritage de l’apartheid. Il saurait, surtout, que cet accord a permis de protéger nos appellations françaises (Champagne, Cognac, Bordeaux…) en Afrique du Sud, mettant fin à des usurpations comme “Port” ou “Sherry”. Un gain stratégique pour nos terroirs.
Mais non. Il préfère travestir un acte de diplomatie commerciale en “cadeau fait à la concurrence”. La réalité ? Il ne s’agit pas d’un scandale, mais d’un remboursement tardif. Pas d’une trahison, mais d’un investissement réciproque.
Ce n’est pas de l’ignorance seule. L’ignorance serait vénielle. C’est une stratégie populiste, une mise en scène méthodique du ressentiment des foules pour corrompre le peuple :
> Surjouer l’indignation, travestir les faits, flatter et verser le sel de la terre dans les blessures ouvertes — et récolter, ensuite, en bout de processus dit démocratique, les dividendes électoraux.
C’est une faute indélébile. Car le sein que Monsieur Bardella tête, ce n’est pas celui de Marianne. La mamelle de Natacha — nourricière de toutes les rancunes — abreuve ce poupon d’État, gonflé à l’hélium de sa vanité, le peuple n’en ayant jamais aucune. Mais ce lait-là n’est pas un lait de croissance démocratique. Il est l’arme la plus sûre de ceux qui veulent faire croire que l’intelligence est une trahison, et que le mensonge est un droit du sang.
À force d’avoir laissé diaboliser la technocratie, le peuple a fini par confier sa destinée aux caricatures.
Il n’est pas impossible de devoir se résoudre à admettre, c’est vrai, que Natacha, et son foutu lait, ont du bon.
Le lait maternel qui coule du sein de Marianne est plus sûr.
PS: Ce lait que je tête toujours goûlument, même à un âge canonique, a fait de l’enfant à qui d’anciens maîtres ont littéralement fait entrer dans caboche – à travers la devise de Sully faisant les labourages et des pâturages les deux mamelles de la France -, celui qui croit à une Marianne qui ne s’en laisse pas conter.Sinon le goût de son lait ne serait pas le même et je le reconnaitrais.
Entre l’injonction, propice au mirage d’horizon, de Donald Trump à la justice israélienne et la conscience des soldats, un nuage cherche sa décharge.
Un tribunal a reporté, il y a peu, les auditions du Premier ministre israélien dans le procès pour corruption engagé contre lui.
Le président Trump s’en est félicité, allant jusqu’à exiger que le procès “should be CANCELLED, IMMEDIATELY, or a Pardon given”. Au mépris de toute ambiguïté, il a ajouté : “We are not going to stand for this.”
Donald Trump, péremptoire et comminatoire en chef, est énervé, et le fait savoir, en vertu de ce que Daddy veut…
L’histoire retiendra que Bibi s’est empressé de retweeter (XpwX) l’injonction supposée, en toute apparence démonstrative, avoir été faite à sa propre justice par @POTUS.
Les observateurs s’offusquent. Ils interprètent la saillie de Trump comme l’aveu d’une connivence grossière, une solidarité entre figures acculées. Entre canailles.
Mais, au-dessus de cette tempête dans un verre d’eau — tempête d’émois médiatico-démocratiques — je vois un petit cumulo-nimbus chargé de je-ne-sais-quoi : de quoi formuler, peut-être, une ébauche de résolution de la conjecture mathématique, chère à Abraham, père des peuples du Livre, de la Terre Promise pour tous — à deux États, si l’aspiration réconciliée des peuples voulait bien y consentir.
Ce petit nuage, accroché à sa dérisoire et persistante volonté, tente cette opération à partir des accusations accablantes, si elles s’avéraient avérées, de soldats de Tsahal recueillies par le quotidien Haaretz (La Terre — promise, par extension ?).
Il rêve, dans le mystère d’une atmosphère ionisée, d’opérer sa décharge anti-cyclonique à visée pacifiquement définitive.
L’ambassade d’Israël, comme toujours, jure ses grands dieux que l’accusation est un outrage à la vérité. C’est devenu un réflexe pavlovien.
Mais le temps des grands dieux lasse. Il est temps, simplement, qu’une enquête internationale soit diligentée.
Une enquête qui inclurait l’audition de ces soldats — qui, peut-être par infidélité à Tsahal, par infidélité plus coupable encore au rêve de la promesse de la Terre Promise qu’ils ont charge de défendre aux prix de leur chair, ou par fidélité à l’un contre l’infidélité de l’autre, ont porté devant l’opinion une charge trop lourde pour leur conscience pour justifier qu’ils ne l’a conservent plus par devers eux
Que lumière vienne puisque lumière est appelée.
La France, que l’ambassade d’Israël en France — porte-parole de la ligne Netanyahu — n’hésite plus à qualifier d’“antisémite” à la moindre critique, prépare ainsi le terrain d’un désordre public, moral et politique opportun.
Mais la France a élevé, il y a quelques semaines, le capitaine Dreyfus au rang de général.
La France honore le soldat.Elle en fourmille dans son hymne . Elle sait ce qu’est un soldat. Surtout, à ses dépens, un soldat bouc émissaire.
Plus je regarde, dans le pinceau de Turner, ce nuage, plus je lui trouve des formes entêtantes. Comme s’il était tenu, de zéphir formé, par Damoclès. Le bouclier de l’antisémitisme instrumentalisé, affaiblissant la structure du vrai, n’y résistera pas.
….
Quelques respirations, et soupirs, plus tard.
….
Charybde et Scylla. La mythologie rappelle que le soulagement de l’équipage, dans le détroit de Messine, fut bref. Juste le temps d’une traversée.
Sauver n’importe qui de la ruine de son âme est un acte de grande charité. Israël y serait-il devenu inaccessible ? Depuis quand ? Sous quelle influence ?
🧠🐘 Une fable circule sur X. Au départ, je n’y ai prêté qu’un regard distrait, puis j’ai lu les commentaires qu’elle suscitait.
J’ai décidé de consacrer une réflexion à ce qui peut sembler n’être qu’anecdotique lorsque j’ai réalisé qu’en fait, le phénomène est partout et constitue un perturbateur, invisible, diffus, mais efficace, diablement directeur, de l’opinion publique sensibilisée à une connotation sourde.
C’est le bruit de fond sourd qui tapisse notre univers médiatique. On n’y prête pas spécialement attention, à la fois en raison de l’insignifiance factuelle et la variété des glues utilisés. Nous devrions. Parce que la formule de base est identique.
Tout le monde n’y trouve rien à redire. Ni le système médiatique qui finit par retrouver dans ce bruit le diapason sur lequel il vient régler, irrésistiblement, la mire de son « la », ni les partis politiques, et particulièrement, les oppositions, à l’affût du moindre narratif leur permettant d’exister dans la démocratie.
Le sujet mérite d’être vraiment documenté, car, sous un biais ou un autre, sa répétition et sa propulsion – que quelqu’un finance -, tamponne, oblitére, méthodiquement, notre sensiblerie et nous engage, tel un troupeau, dans un corridor d’harmoniques mentaux qui déterminera, si on suscite, dans le temps des élections des marqueurs qui stimulent ces agents dormants, des triangulations, empiriques, fatales au système démocratique.
Le conditionnement démarre là, en prédisposant la sensibilité à des polarisations si discrètes qu’elles semblent à ce point innocentes et inoffensives qu’on peut lui ouvrir son libre-arbitre sans danger.
Notre empathie pour les animaux (ce n’est pas elle que je remets en cause) constitue, d’ailleurs, une glue parfaite pour fixer, orienter, diriger les personnes qui se sont montrées hyper-sensibles à la fable racontée vers d’autres chambres d’écho et amplificateurs à opinion.
Il y a autres sujets propices, ponctuels, mais celui-là, passe-partout, peut être parfaitement instrumentalisé pour persuader que le règne animal est plus humain que les humains eux-mêmes, ce qui, ontologiquement, est l’acceptation d’une défaite qui signe l’acceptation inexorable des autres. Certains partis politiques sont parés pour recycler.
Mais le biais, dans le flou des postures, sert un autre horizon, plus désarmant, au sens étymologique. Celui de la nation qui sauve l’Occident décadent se cristallise dans ce prisme.
Pour être plus précis, la fable dont je parle est la fable de l’éléphant dans l’avion entouré de poussins. Elle est présentée comme un vrai stratagème utilisé par les compagnies pour sécuriser le vol, le système empathique de l’éléphant, analogue à celui de l’être humain, étant présenté tel que le roi des animaux ne bouge jamais de peur d’écraser un seul poussin et ne déstabilise pas, ainsi, l’avion. Il faut comprendre là, subliminalement, et vous verrez que l’intérêt de la « fable » est là: il ne menace, lui, aucun de ses passagers.
Qu’est-ce que cette fable dit, car une fable dit toujours quelque chose pour atteindre, profondément, le subconscient et, c’est sa fonction de toujours, l’éveiller, le dresser, face à ses ennemis invisibles.
Là, elle fait le contraire. A l’échelle d’une fable, c’est un piqûre de moucheron. Mais s’il en a des milliers, des centaines de milliers. Cela devient un autre problème. Cela devient un problème d’une nature qu’il seraît irresponsable de négliger.
Pour que cet enfant vienne en aide à l’homme qu’il sera, si par malheur, ce dernier en a besoin et qu’il a oublié
Esope et La Fontaine, Grimm, Lewis Caroll, Mozart avec sa symphonie des jouets qui fait crisser, dans le tympan, le piaillement des oiseaux et le froissement du serpent à sonnettes*, participent à la méthodologie précieuse de l’éveil et du maintien de la vigilance cognitive, installée avec douceur et bienveillance dans l’esprit de l’enfant, pour que cet enfant vienne à l’aide à l’homme qu’il deviendra si, par malheur, il en a besoin et qu’il a oublié.
Si une fable ne dit pas quelque acidité au palais, si elle y est sirupeuse, ce n’est pas une vraie fable.
Nous sommes envahis, chacun étant libre de choisir le sien, sous des formes très diverses, de fables, de contes, de narratifs à dormir debouts. Quelques contes, grotesques parce que parfaitement grimmés, font suffisamment rire pour tenir éveillé. Ils n’endorment que qui veut. Chaplin savait le pouvoir du rire.
Dans les vraies fables — les anciennes — le langage clignote, ruse, désarçonne. Chez Carroll, l’absurde est une alarme masquée. Mozart, dans sa Symphonie des jouets, fait crisser la lucidité, grâce à deux sons qui résonnent dans la mémoire archaïque, dans le creux des oreilles enfantines. Tout est jeu, mais tout y prépare à résister.
Une fable qui dit la sagesse de l’éléphant de l’Antonov – A124 à peau de requin et arête fractale
Le point de rencontre des contes à dormir debout, lorsqu’ils ont fini de déployer leur charme, leur convergence de lutte intestine, en quelque sorte, est le pacifisme béat qui finit dans les rues de Rome, aujourd’hui ou hier ou demain, par une foule conspuant la douce Georgia Meloni, demain Keir Starmer au Royaume-Uni (Puissance dotée), en France (les carottes, ou les retraites, ou les deux, sont déjà cuites, semble-t-il) d’avoir souscrit les efforts demandés par « Daddy » à chaque pays au titre de notre défense commune.
Boooh, la vilaine!
Boooh, le vil Karmer quilivre les jeunes filles anglaises aux gangs pakistanais, l’hôpital et l’école à la charité budgétaire, et déshérite l’ensemble pour habiller l’Otan.
La petite musique qui s’infiltre par tous les pores que l’épiderme tendre de nos démocraties offre à notre ennemi y résonne par ces voix qui disent la sagesse de l’éléphant rose dans l’Antonov – An124 à peau de requin et arête fractale qui sillone, furtif comme une carpe, les eaux profondes, glacées et endormies de nos démocraties, comme je le crains dans toutes les autres profondeurs où son gigantesque appareil a pu, sous un jour ou un autre, s’engouffrer et opérer le calcul de son emprise.
Tout n’est pas tant politique qu’articulation de fables, dit sans connotation péjorative.
Il n’en faut pour preuve -autant donner le mot de la fin à une authentique créature de rêve, n’est-il pas? – que ce à quoi est suspendu le sort de Shéhérazade dans « Le Conte des mille et une nuits ».
Mais bien sûr, sous ses voiles transparents et aériens — que notre imagination l’habille comme d’un mythique parfum n°5 — Shéhérazade assume une fonction vitale. Et c’est pour cela que cette jeune fille, innocente, est choisie pour inventer et renouveler le récit. Pour coller indéfectiblement au Réel, car le Réel est la couronne du roi. Ce n’est qu’en apparence que c’est un ennui à tromper: c’est le pouvoir qui est en jeu dans le jeu du récit.
C’est l’éveil de l’esprit du roi dont Shéhérazade a, strictement, la charge. Il ne faut pas qu’il s’endorme, dans la volupté des caresses ou des draps.
Ce qu’il faut donc détailler, dans les plis du voile du conte, c’est l’injonction à demeurer éveillé. Au début, je pensais que le phantasme érotique était un paravant.
Mais, l’imbrication hélicoïdale est autrement plus justifiée. L’ondulation érotique n’est aucunement distractive ou ornementale. Elle dit avec une subtile volupté, que la vie du Roi tient au fil ténu de l’éveil de tous ses sens et, en premier, de son sens cognitif.
Il se nourrit d’histoire, non pour se distraire, mais pour maintenir et reconnaître, donc, la vie en lui et toujours détromper l’imitation la plus parfaite et accomplie que porte l’autre fable.
De fait, dans le contexte des Mille et Une Nuits, Eros, expression de la vie, est croisé avec Thanatos, expression de la mort, et ensemble, dans ce tissage sublime, inscrit dans le Saint des Saints du subconscient, ils récitent ensemble:
Roi, il ne faut pas dormir.Peuple, il ne faut pas dormir.
Ce à quoi, dans l’Opéra, Nessum Dorma, fait un écho triomphal.
*Il y en a tant, dans des champs si variés qui vont de Chaplin à Saint-Saens, à Tchaïvkosky, de Dysney à Marvel, – en passant leurs équivalents que je ne connais pas – qui ont dressé les fables pour faire déborder leur grâce enfantine hors de leur langage initial vers celui de la grâce et du mouvement. Ils doivent, dans toutes les langues, être remerciés. Ils permettent que se sauve le monde.Ouïr. Voir. Parler.
Oscar Wilde, dans Le Portrait de Dorian Gray, met en scène un jeune homme qui échange l’intégrité de son âme contre la promesse d’une jeunesse éternelle. Tandis que son visage reste intact, c’est son portrait — caché — qui encaisse les marques du temps et de la déchéance.
Notre époque, elle aussi, vit ce pacte faustien. Elle confie à ses représentations numériques, festives, radicalisées, le soin de briller — pendant que le réel, lentement, se corrompt. L’être recule. Le masque triomphe.
Ce n’est plus la vérité de l’être qui appelle au respect de sa dignité, c’est le slogan qui dénature les deux
Ce n’est plus l’âme qui s’exprime, c’est la bannière. Ce n’est plus la vérité de l’être qui appelle au respect de sa dignité, c’est le slogan qui dénature les deux.
C’est dangereux. Très dangereux. Même en couvrant le tout de bons décibels aux couleurs de la tolérance.
Là où certains vivaient leur orientation ou leur identité avec pudeur, dans la dignité, on érige désormais des caricatures — parfois provocantes, souvent manipulées — pour tester les lignes de fracture.
Et quand ces figures outrancières sont brandies comme des défis culturels et des injonctions à plier la conviction de l’autre en y soumettant celle du plus grand nombre, en particulier face à des traditions comme l’islam, ce n’est pas la paix qu’on cherche. C’est la collision et le malaise.
A force d’expressions externalisées, de mises en scène émotionnelles, l’individu devient incompatible avec lui-même
Le plus dangereux n’est pas cette guerre extérieure, mais la fracture intérieure qu’elle provoque.
L’individu, poussé à se sur-affirmer, finit par ne plus coïncider avec sa propre vertu et, moins encore, avec la variété de sa propre nature. À force d’expressions externalisées, d’identités surjouées, de mises en scène émotionnelles, il devient incompatible avec lui-même. Ce qui le rend incompatible avec son prochain.
Toute politique, qui consiste à faire dialoguer la fécondité des vertus, recelées sous tant de formes surprenantes, et la nature humaine, y devient vaine. De plus en plus bavarde, quand elle se rend compte qu’elle devient vaine.
Elle devient slogan sensible uniquement aux slogans.
C’est cela, le dessein silencieux de l’époque : conduire chacun à sa propre désintégration. Utiliser les paroxysmes pour que plus rien ne tienne, ni les liens entre les hommes, ni la cohérence intime de l’âme.
Ce qui devrait s’élever en pudeur, se dresse, totem phallique au milieu du forum, en performance.
Car sous des désirs souvent sincères, parfois joyeux, parfois blessés, parfois beaux, se glisse un piège — celui du démonstratif. Ce qui devrait s’élever en pudeur, en intelligence, en lucidité — en sainteté décalée, comme chez tant de poètes, de chanteurs, de littérateurs… se dresse, totem phallique au milieu du forum, en performance.
Ce n’est pas cette place qui revient au totem phallique.
Il a plein d’autres lieux pour se manifester à bon droit.
Car cette performance venue de l’oeil pour toucher l’oeil, pour pure qu’elle soit dans son dessein natif, est exploitée, récupérée, montée en étendard, et devient un poison à effet lent et rétrograde pour la convivialité.
Ce poison, ceux qui ne veulent pas le vivre-ensemble le connaissent bien : ils s’en saisissent, le brandissent, et au gré des circonstances — qui ont, n’en doutez pas, leur propre génie et leur propre imagination —, ils en font une arme. Une fracture. Un levier.
Je ne fais danser personne autour de mon point de vue. Même s’il en avait l’attrait et le pouvoir logistique.
Je serai heureux, simplement, qu’il danse partout ailleurs. Car la danse est essentielle. Elle libère de toute entrave.
Une vertu criée est déjà une vertu trahie puisqu’elle déchire l’intégrité de l’autre vertu
La déflagration mentale que traverse notre époque est d’abord une affaire de vision.
Il ne s’agit pas de prôner le silence ou le retour à l’ombre, mais de se souvenir que l’authenticité n’a pas besoin de projecteur. Une vertu criée, autant que celle qui surenchérit par la provocation du dogme, est déjà une vertu trahie puisqu’elle déchire, comme si elle n’était de rien, l’intégrité de la vertu de l’autre.
Il existe, entre la pudeur et la liberté, un lien subtil, mais sacré, auquel la République Française, dans l’intelligence spéciale qu’elle s’efforce de faire prévaloir, tente de conserver, tiraillée de toutes part, de donner à la fois principe et nom.
Car ce n’est qu’en lavant les yeux — en retrouvant un regard juste, non altéré, non instrumentalisé — que le libre-arbitre peut à nouveau respirer. Et avec lui, la possibilité d’un dialogue. Et peut-être même, d’une paix.
La grande paix.
La grande paix, méritée par tous autant que par chacun.
Elle ne peut survenir que, cessant d’être des personnages, nous redevenons des êtres.
L’être immédiat. En chacun, il est.
PS: Suis-je bête, j’ai oublié de dire qu’Oscar Wilde était homosexuel. George Mickaël, qui chantait de si belles choses, aussi. Alan Turing, qui brisa Enigma, également. Ils interprétaient, par-dessus cela, la partition de leur vraie nature. Leur grâce demeure.
On ne sait rien de la teneur des échanges qui ont eu lieu au Kremlin, ce 23 juin 2025, entre le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran et son homologue russe, en présence de Vladimir Poutine. On sait seulement que le MAE iranien était porteur d’une lettre personnelle de l’ayatollah Ali Khamenei.
Publiquement — ce qui ne constitue pas une surprise — la Russie a condamné les frappes engagées par Israël. Mais nul, sinon les intéréssés eux-mêmes, ne sait si la proposition avancée la veille par Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie (présidé par Vladimir Poutine lui-même), a été abordée et surtout si l’IRR a mordu à ce qui ressemblait plus à un grossier hameçonnage qu’à un soutien sérieux et authentique.
Medvedev y assurait que plusieurs pays seraient prêts à fournir à l’Iran des têtes nucléaires afin d’armer ses missiles.
On ne sait pas ce qui s’est dit. On ne peut entrer dans le secret des dieux. Restons par conséquent sur le terrain des hommes, avec cette évidence : si des secrets compromettants lient la République islamique d’Iran à la Russie d’un ancien agent du KGB, alors le moment vient pour ce dernier de les neutraliser.
Vladimir Poutine n’a jamais hésité à sacrifier ses adversaires et ses partenaires encombrants pour avancer.
Car cet homme — les cadavres sur son chemin le confirment — possède des protocoles opérationnels pour ce genre de liquidation silencieuse. Toujours à l’abri d’être exposé.
Il agit, toujours, avec plusieurs coups d’avance. Et l’offre — retirée depuis, à 11h59 précisèment ce jour, après une spectaculaire réaction de Donald Trump sur Truth Social — n’était peut-être pas tant une erreur qu’un grossier hameçonnage opéré avec l’épée de Damoclès américaine suspendue au dessus de la tête.
Il n’a échappé à personne que Donald Trump a récemment menacé le guide suprême de l’Iran, de suppression physique en affirmant savoir où il se trouvait et pouvoir donc l’atteindre « à tout moment ».
Cela signifie la mort
de l’UE à terme,
car un puissant mainstream
de « normalisation doctrinale »
passera sur nous
Bien sûr, la Russie se prévaut d’avoir signé, en mai, un partenariat stratégique avec l’Iran. L’Iran l’a honoré en livrant des drones utilisés contre l’Ukraine par les Russes. La Russie, en retour, lui assure un service minimum, mais cela ne tient qu’en apparence à la limitation de ses capacités militaires concentrées pour venir à bout de l’Ukraine.
La raison en est qu’un partenariat n’est pas une alliance, et que Poutine a sans doute déjà embrassé la perspective d’un axe géopolitique autrement plus profitable — idéologiquement et impérialement. Le sacrifice de l’Iran, qui appréciera ce cynisme froid, échangé contre l’Ukraine scellant, en définitive, le deal du siècle, avec prix Nobel à la clé pour Trump.
Et l’effacement de l’UE à terme, car un puissant mainstream de « normalisation doctrinale » passera sur nous. Car c’est cela que cela signifie. La Russie fera la loi. Elle fera sa loi sur l’Europe ou, alors, il faudra la guerre.
Cet axe illibéral et néo-Occidental part de Washington pour rejoindre Moscou, en passant par Tel-Aviv. Il tente d’embarquer tout le monde, à la faveur de l’effet aphrodisiaque globalisé qu’exerce la chute de Qom.
Poutine rassure Khamenei quant à sa fidélité. Trump joue le saltimbanque virevoltant d’une position à l’autre, sans paraître poursuivre une ligne cohérente. Rassurant quand le temps vient de sembler le redevenir, fantasque le reste du temps. Il est surtout cohérent quand il est fantasque. C’est son camouflage. Sa furtivité à lui.
La ligne qui semble incohérente est l’axe qui se forme irrésistiblement, sous l’effet aphrodisiaque de la mise à mort d’un régime que nous avons appris à haïr.
Sous ce prisme, beaucoup de choses prennent sens. Cet axe doit être brisé. Avant qu’il ne nous brise car c’est ce qu’il fera.