L’acte manqué du IVᵉ pouvoir

14-Juillet-2025. Pas un jour comme les autres. Jour de mesure militaire et de pas de danse.

Ce texte dresse le constat d’une faillite.
Celle du prétendu IVᵉ pouvoir, qui ne fut jamais institué,
mais qui prétendait, par la vigilance, l’éthique et la lucidité,
garantir la respiration démocratique.

Aujourd’hui, ce pouvoir prétendu a cédé.
Il n’a pas résisté à la confusion.
Il n’a pas signalé l’intrusion.

Il s’est laissé emporter dans l’interaction trouble entre les récits, les acteurs et les brouilles d’État.
Ce brouillage n’est pas une abstraction :
il est stratégique, coordonné, documenté.
Il a une géographie, une doctrine, des relais, des objectifs.
Il vise à affaiblir l’Europe, à fracturer la France,
à transformer ses organes de sens en chambres d’écho ou en champs de ruines.

Le IVᵉ pouvoir n’a rien empêché.
Il a tout permis.
Et en ne nommant pas l’ennemi, il a livré le pays.

Il faudra, un jour, lui demander des comptes.

Il est temps de parler sans ambage. Le système d’information a trahi la France, il enterre son peuple vivant, et il liquide, à petit feu, la République.
Il n’exprime plus aucune souveraineté nationale.
Il relaie, parfois sciemment, des narratifs hostiles.
Il est devenu perméable à l’entrisme russe, tout en continuant à se parer du manteau du pluralisme — qui n’est plus qu’un alibi, une illusion à double fond.
Le tocsin sonne dans le vide. Cela n’a jamais été vu.

Les polémiques jetées à jets continus sont des grenades cognitives.
Elles paraissent inoffensives dans le confort feutré des studios, mais elles explosent ailleurs — sur les lignes dures, là où nos soldats, dans leur chair, compensent ce que l’esprit national n’a pas su défendre.

Il faudra une rupture. Elle devient vitale.
Les responsables médiatiques devront répondre de la désinformation qu’ils ont amplifiée ou laissée passer.
Le système d’information n’est pas 🙈🙉🙊. Il est comptable. Et coupable.

Exciper du réel politique — l’émergence du RN, la fragmentation du pouvoir, la fatigue démocratique — n’excuse rien.
Le libre arbitre commande la lucidité, pas l’abdication.

Bien avant même que le Chef d’État-Major des Armées ne désigne la Russie comme acteur actif, stratégique et systémique de la déstabilisation française, il suffisait d’un regard sans complicité. D’un recul élémentaire.
Mais rien n’a été dit. Aucune autorité n’a été exercée.

Il n’y a pas de dignité professionnelle sans autorité.
Le moindre médecin de campagne le sait. Il a cela dans sa trousse.

Et quand enfin le CEMA parle, documents à l’appui, dans une précision clinique, désignant la France comme « ennemi existentiel » de la Russie, le silence.
Pas un nom. Pas une onde. Pas un sursaut.

Ce silence n’est pas une prudence. C’est un consentement.
Et ce consentement est une faute.

Le IVᵉ pouvoir n’existe pas.
Il n’est consacré nulle part.
Il ne tient que par la discipline, la puissance de la lucidité, le courage de secouer l’état narratif.
Et il n’existe que par l’amour de la patrie, dans l’élan de son intérêt réel, physique, économique, pas dans les mirages du souverainisme, ni dans les populismes, ni dans les trames du spectacle politique taillé pour satisfaire le désir des médias.

Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est sa faillite absolue.
Une faillite déshonorante, qui laisse le peuple désarmé dans l’espace mental, et potentiellement sacrifié dans l’espace réel.

La démocratie est une matière d’esprit.
La République aussi.
Ce qui n’a pas été défendu par l’esprit risque de devoir l’être par la chair.
Cela ne doit plus être.

Tout se passe devant les yeux du Peuple.
La République française le veut grand.
Elle peut en mourir.
Mais elle ne peut pas en mourir.

C’est écrit — dans la Constitution de 1958, et dans la tapisserie de Bayeux.