Le complotisme comme arme de dissuasion cognitive

Et si le complotisme n’était pas un accident, mais une pièce maîtresse du dispositif narratif moderne ? Sous couvert d’irrationalité, il joue un rôle parfaitement rationnel : disqualifier la possibilité même d’une véritable conspiration. En érigeant une frontière mentale entre la critique légitime et la folie suspecte, le système immunitaire des démocraties s’est retourné contre leur propre vitalité critique. Le résultat? Un espace public saturé de soupçons où la recherche de vérité devient, paradoxalement, le premier symptôme du délire.

Symptôme ou catalyseur, le complotisme est rarement étranger à la violence : il en partage la structure, celle d’un monde perçu comme verrouillé, où la vérité ne circule plus librement et qui se révèle être le champ idéal pour y implanter la guerre cognitive.

La parution, en 2002, de « L’Effroyable Imposture » de Thierry Meyssan, au lendemain du 11 septembre, en fut l’illustration la plus saisissante.
Présenté comme un brûlot conspirationniste, le livre a pourtant profondément marqué les esprits.
Est-ce le hasard si L’Effroyable Imposture a eu un tel retentissement, si l’on prend en considération les sources, proximités et généalogies de son auteur, et la manière dont sa trajectoire s’est ensuite arrimée à Damas, Téhéran ou Moscou ?

Il est donc permis de penser que le complotisme, loin d’être un simple délire collectif, a été fonctionnalisé : pour qu’aucune véritable conspiration – hors celle émanant du fait que nous entrions dans une guerre asymétrique nous mettant en prise avec des entités exclusivement non-étatiques islamiques – ne puisse être perçue, il fallait que toute interprétation non conforme à ce schéma tombe sous le stigmate du complot.

Le Sezboz, un système qui possède toutes les caractéristiques d’un État dans l’Etat

C’est là que s’est enracinée l’idée d’un « Deep State », prétendument à l’œuvre dans les démocraties occidentales, que certains ont brandie comme preuve d’un totalitarisme rampant.
Mais ce miroir déformant a surtout servi à détourner le regard du véritable État profond : celui, bien tangible, du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie (SozBez), institution opaque où s’élaborent les décisions stratégiques, économiques et militaires, à l’abri de tout contrôle parlementaire — un système qui possède toutes les caractéristiques d’un État dans l’Etat.
En d’autres termes: un deep state, authentique, lui.
Et dont les “chutes accidentelles par la fenêtre” et suicides « assistés” forment la sinistre ponctuation.

Le complotisme, en ce sens, n’est pas qu’un symptôme: il a été fonctionnalisé. Il a servi le narratif des extrêmes-droites et souverainistes trop heureux de pouvoir tomber à bras raccourcis sur Bruxelles. Marine Le Pen n’a-t-elle pas assimilé l’Union Européenne a un totalitarisme alors que son parti trouvait son financement auprès du Kremlin? Aujourd’hui, l’UE est une dénoncée par les mêmes cercles comme une dictature et la Russie comme un ami qui nous veut du bien.

> Pour qu’une véritable conspiration ne puisse être perçue, il faut que toute interprétation non conforme soit rendue inacceptable.

Ainsi, le complotisme sert deux maîtres à la fois :
1️⃣ Il confisque la critique légitime, en la réduisant à la folie.
2️⃣ Il fournit un instrument de guerre informationnelle, en diffusant la suspicion là où la confiance est vitale.

C’est cette double servitude, paradoxale mais redoutablement efficace, qui marque la vulnérabilité des démocraties à l’âge de la mondialisation : quand le champ du pensable se referme, la vérité n’est plus un bien commun, mais une ligne de front.

Non, il ne faut pas toujours préférer la bêtise à la conspiration.

Lire aussi : Réseau puis Boulevard, l’ombre de Voltaire

L’Amérique sous fausse bannière étoilée

Le facteur X contre l’inconnue Z : la guerre sous la bannière des faux-semblants


Le 14 avril 2022, Vladimir Poutine accuse publiquement les pays occidentaux de « nier la liberté d’expression » et de pratiquer une « culture de l’annulation » dirigée contre la Russie et ceux qui refusent d’adhérer à la ligne imposée par Washington et Bruxelles. Moins de deux semaines plus tard, le 25 avril 2022, Elon Musk annonce avoir trouvé un accord pour racheter Twitter, en déclarant vouloir en faire le lieu de la liberté d’expression « absolue« . La proximité de ces deux événements m’avait frappé à l’époque. Elle pouvait apparaître comme une coïncidence éloquente : le maître du Kremlin dénonce la censure, et soudain, un acteur américain surgit pour incarner la cause de la liberté bafouée.

Ce grief de Poutine n’était pas nouveau. Déjà en 2007, au discours de Munich, il dénonçait le « monopole » américain sur la vérité et sur l’information mondiale. En 2011, lors des Printemps arabes, Moscou voyait dans Facebook et Twitter des instruments de déstabilisation contrôlés par les États-Unis. En 2014, après la Crimée et les sanctions, le Kremlin affirmait que l’Occident « tuait le pluralisme » en excluant les voix russes. Entre 2017 et 2018, quand Facebook, Twitter et YouTube ont commencé à fermer des comptes liés à RT et à Sputnik, Poutine a répété que les démocraties libérales étaient les vrais censeurs. Mais c’est surtout en janvier 2021, après le bannissement de Donald Trump de Twitter, que la rhétorique russe s’est cristallisée : si même un président américain pouvait être réduit au silence, alors la liberté d’expression occidentale n’était qu’un mythe. En 2022, avec l’interdiction de RT et Sputnik en Europe, ce discours est devenu permanent : l’Occident pratique le totalitarisme informationnel.

C’est à la lumière de ces précédents qu’il faut relire la coïncidence d’avril 2022. Au premier degré, Musk semblait répondre au vœu de Poutine, comme s’il en exauçait la plainte. Mais au second degré, le tableau change : Musk, en rachetant Twitter, ne fait pas qu’endosser la bannière de la liberté, il inscrit l’Amérique dans une dramaturgie où elle se donne à voir comme divisée, fracturée, excessive, tout en tenant elle-même les fils de cette mise en scène. C’est un Fortitude moderne, où l’adversaire croit gagner du terrain dans l’opinion, alors qu’il se meut dans un espace déjà cadré.

Si cette lecture est fausse, alors nous sommes foutus, car cela voudrait dire que le leurre a englouti le réel et que plus personne ne maîtrise la frontière entre manipulation et authenticité. Mais si elle est juste, elle laisse ouverte une confiance paradoxale : autant la Chine me paraît avancer avec des intentions transparentes et l’intégrité requise, autant je garde la foi dans l’image que je me fais de l’Amérique — une nation capable d’employer le faux pour tromper l’ennemi, mais non pour se trahir elle-même.
Lire aussi Epstein’s files : Fortitude facteur X

On Victory in the Cognitive War

If the cognitive war were to have a face without a face, and be embodied in a precise instrument able to fanatize some of its members, QAnon would be the perfect surface and instrument. Born in the anonymity of obscure forums, it took over from Anonymous, but inverted its logic: from libertarian hacktivism based on evidence, we have moved to authoritarian conspiracism based on belief.

This shift wouldn’t have occurred without the blind appetite of the media for the spectacular and without the troubled mythification of the whistle-blower. The great leaks — Wikileaks, Panama, Paradise, Pandora — taught minds to believe that every power rests on a secret, and that the one who claims anonymity holds the key. The journalists’ consortium, by orchestrating these massive revelations, has become, despite itself, the catalyst of a systemic mistrust.

QAnon then exploited this expectation: no longer necessary to provide evidence, belief suffices.

From that moment, accusation becomes a weapon. As the saying goes: “you always accuse the mad dog so that it may be killed.” Not to establish truth, but to delegitimize and neutralize. QAnon pushes this logic to fanatization: the designated target — the “elite”, the “deep state”, the political opponent — becomes the absolute enemy.

But this mechanism is not confined to American soil: it is connected to a broader geopolitical matrix. The permeability to the prestige of the Kremlin — presented as a bulwark against Western decline — is not accidental. Media relays like Tucker Carlson translate Russian propaganda into cultural warfare for the American public, normalizing a fascination with authoritarianism. In this architecture, Steve Bannon plays the shadow eminence.

He acts as a transmission belt attempting to forge a Judeo-Christian international along the Washington → Tel-Aviv → Moscow axis. This axis recruits, feeds on ideological and electoral successes, and convinces itself that Trump and Musk are its lieutenants — which, wrongly, sustains its sense of power. It seems both unstoppable and invincible.

That is why democracies, which are believed to be defeated or corroded by the cognitive weapon, are defeated only in appearance. For as they are probed, weakened, manipulated, they become aware of their own essence. They turn against their adversaries the very tool that sought to enslave them, and transform poison into antidote.

The cognitive war launched by Russia and its Sozbez*, with unprecedented skill and depth, claims to understand free societies in order better to destabilize them; but in doing so, it forces them to understand themselves with a new lucidity.

They rediscover a more powerful center of gravity and, above all, in a certain manner they self-center, which is the regular, universal form that allows for the governance of their interests and their relations with others — which is the meaning of the outstretched hand that Xi Jinping’s proposal of the GGI (Global Governance Initiative) seems to offer for China, in its aim to restore the preeminence of the UN and the WTO.

On Victory in the Cognitive War

*Sovbez (Совбез) is the commonly used abbreviation for the Security Council of the Russian Federation (Совет Безопасности Российской Федерации).

De la victoire dans la guerre cognitive

Si la guerre cognitive devait avoir un visage sans visage et tenir dans un instrument précis, capable de fanatiser certains de ses membres, QAnon serait la surface et l’instrument idéal. Né dans l’anonymat des forums obscurs, il a pris la relève d’Anonymous, mais en inversant la logique : de l’hacktivisme libertaire fondé sur des « preuves », on est passé au conspirationnisme autoritaire fondé sur la croyance.

Ce basculement n’aurait pas eu lieu sans l’appétence aveugle des médias pour le spectaculaire et sans la mythification trouble du lanceur d’alerte. Les grands leaks — Wikileaks, Panama, Paradise, Pandora — ont habitué les esprits à croire que tout pouvoir repose sur un secret, et que celui qui se réclame de l’anonymat en détient la clé. Le consortium des journalistes, en orchestrant ces révélations massives, est devenu malgré lui le catalyseur d’une défiance systémique. QAnon a alors exploité cette attente: plus besoin de preuves, la croyance suffit.

Dès lors, l’accusation devient une arme. Comme le dit l’adage : « on accuse toujours le chien de la rage pour qu’il soit tué ». Non pour établir la vérité, mais pour délégitimer et neutraliser. QAnon pousse cette logique jusqu’à la fanatisation : la cible désignée — l’ »élite« , le « deep state« , l’adversaire politique — devient l’ennemi absolu.

Mais cette mécanique ne reste pas confinée à l’espace américain: elle est branchée sur une matrice géopolitique plus large. La porosité au prestige du Kremlin — présenté comme rempart contre le déclin occidental — n’est pas fortuite. Des relais médiatiques comme Tucker Carlson traduisent la propagande russe en guerre culturelle pour le public américain, normalisant une fascination pour l’autoritarisme. Dans cette architecture, Steve Bannon joue l’éminence grise. Il agit en courroie de transmission pour tenter de constituer une internationale judéo-chrétienne le long de l’axe Washington → Tel-Aviv → Moscou. Cet axe recrute, se nourrit de succès idéologiques et électoraux, et se persuade que Trump et Musk en sont les hommes lige — ce qui, à tort, entretient son sentiment de puissance. Il semble à la fois imparable et invincible.

Voilà pourquoi les démocraties, qu’on croit vaincues ou corrodées par l’arme cognitive, ne le sont qu’en apparence. Car à mesure qu’elles sont sondées, fragilisées, manipulées, elles prennent conscience de leur propre essence. Elles retournent contre leurs adversaires l’outil même qui voulait les asservir, et transforment le poison en antidote.

La guerre cognitive engagée par la Russie et son Sozbez*, avec une habileté et une profondeur inédites, prétend comprendre les sociétés libres pour mieux les déstabiliser ; mais ce faisant, elle les oblige à se comprendre elles-mêmes avec une lucidité nouvelle. Elles retrouvent un centre de gravité plus puissant et, surtout, elles s’auto-centrent pour rejoindre ce qui est la forme régulière, universelle, qui permet la gouvernance de leurs intérêts et de leur rapports aux autres, ce qui est le sens de la main tendue que semble proposer Xi Jinping, pour la Chine, à travers sa proposition de GGI (Global Governance Initiative) visant à restaurer la prééminence de l’ONU et de l’OMC.

De la victoire dans la guerre cognitive.

*Sovbez (Совбез) est l’abréviation couramment utilisée pour désigner le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie (Совет Безопасности Российской Федерации).

A l’Amérique

L’effondrement des tours jumelles ne fut pas seulement une destruction physique, mais l’ouverture d’une blessure psychique. Leur gémellité symbolisait l’équilibre, la complémentarité, deux piliers soutenant un même édifice. En les frappant toutes deux, les assaillants du 09/11/2001 n’ont pas seulement brisé l’acier et le verre, ils ont anéanti la symétrie et inscrit dans l’âme américaine la fragilité de ce qui paraissait indivisible.

En orchestrant cette séquence, les terroristes n’étaient sans doute pas conscients, aussi clairement, de cette dimension sacrilège et de sa potentielle portée. Probablement pas. Personne ne peut imaginer l’amplitude de l’onde au moment du choc destructeur. Mais l’esprit du Mal, lui, n’ignore pas ce que recèle l’âme humaine.

Et c’est là que se caractérise la guerre cognitive, qui va bien au-delà de l’action psychologique ou des tentatives de briser le moral d’une nation : elle cherche à enclencher un mécanisme d’autodestruction, un suicide collectif. Ni le peuple américain, alors réuni comme un seul homme autour de son commandant en chef George W. Bush, abasourdi comme n’importe qui l’aurait été devant un coup tétanisant, ni ses ennemis ne pouvaient en mesurer immédiatement les conséquences.

Mais l’avenir de ce moment a montré que l’Amérique allait s’engager sur le chemin de deux parallèles qui ne se rejoignent jamais, qui au contraire s’écartent toujours davantage, jusqu’à devenir insupportables l’une à l’autre.

Dès ce moment, la destruction symbolique a commencé à glisser vers une destruction ontologique, idéologique et politique. Deux tours tombées, deux Amériques surgissant, se faisant face comme si elles étaient désormais et n’étaient condamnées qu’à être à couteaux tirés.

Il y a des partis politiques et des mouvements qui s’adaptent à cette nouvelle donne pour émerger en profitant du désarroi moral et du chaos que cela provoque, renormalisant – dans la grille médiatique – ce qui n’appartient pas à la démocratie et encore moins à la haute idée de la République et des institutions vers laquelle le Politique porte naturellement.

Mais si cela paraît conforme à la grille médiatique, cela déchire le tissu de la nation et crée un mal-être abyssal, une brûlure inextinguible qui se transforme en violence et consume le cœur de la nation, n’y laissant que charbon.

Cette mutation de sens est le vrai danger : quand l’architecture s’effondre, la mémoire peut encore se reconstruire ; mais quand la mémoire collective elle-même est infectée, la nation risque de se retourner contre elle-même.

Ce n’est pas un hasard si des performances toxiques ont été mises en scène dans ce théâtre de la mémoire et que prolifèrent dans ce terreau les appels à ce que soient publiés – j’ai écrit ce que j’en pensais – les Epstein’s Files.
Plus insidieuse et assez étrangère pour savoir qu’elle n’appartient pas au camp Démocrate, la rumeur selon laquelle Trump, le 11-septembre-2001, se serait vanté que « la Trump Tower est désormais la plus haute » est l’une de ces performances.

Même fausse, elle se propage comme un poison, parfaitement ajustée à un archétype, laissant sa marque non par sa vérité, mais par son efficacité symbolique. C’est ainsi qu’une main étrangère, une main sale, trifouille l’âme de l’Amérique comme elle trifouille – et de la même manière – l’âme de la France, la sœur de l’Amérique en démocratie, y insérant – dans un contexte de fragmentation partisane mise en œuvre délibérément pour rendre toute gouvernance impossible et toute réconciliation a priori illusoire – des germes de soupçon et de division, poussant une moitié du pays à voir dans l’autre non un adversaire, mais un ennemi.

L’assassinat de Charlie Kirk, amplifié par des rumeurs de balles gravées « transgender » et « antifacist », ajoute un autre acte au drame. Ce qui compte, ce n’est pas tant l’acte lui-même que sa mise en scène, conçue pour élargir la fracture.

Dans cette séquence, l’Amérique est confrontée au danger de tomber non plus du ciel, mais de l’Histoire elle-même. Une nation peut survivre à une attaque venue de l’extérieur ; ce à quoi elle ne peut pas survivre parce que cela défigure lentement le portrait qu’elle se fait d’elle-même, c’est l’érosion de son âme par des récits si corrosifs que même leur démenti ne peut les effacer.

Si les tours symbolisaient l’unité dans la dualité, l’Amérique doit s’élever plus haut que leur mémoire, plus haut que les faisceaux de lumière qui marquent désormais leur absence, et se redécouvrir comme une seule.

C’est sur les épaules de Donald Trump, entre ses mains et dans sa bouche, que repose aujourd’hui la responsabilité écrasante de réunir les deux Amériques.
Je n’ai aucun doute.
L’épreuve toujours fait l’Homme.


> La devise « In God We Trust » apparut pour la première fois en 1864, gravée sur une pièce de deux cents, un an avant la fin de la guerre de Sécession. Elle fut alors un geste pour conjurer la division et affirmer l’unité spirituelle du pays. Plus tard, elle fut inscrite sur les billets en 1957, au cœur de la Guerre froide, comme rempart symbolique face à l’athéisme communiste.

#CredimusInOptimumHumanis

Epstein’s files : Fortitude is here through X

The Epstein affair is not what most people think. The Fortitude of the 21st century does not fabricate decoys: it lets the enemy’s wave strike, in order to capture its signature and turn its force back against its author. The other possibility is one I’m not ready to contemplate for now.

It has become a cliché in the media narrative to claim that Donald Trump knowingly profited from the “email affair” that weighed so heavily on Hillary Clinton’s 2016 campaign—especially since he maintained a formal denial despite evidence of Russian interference. Yet this interpretation is misleading.

At its core, the episode was not of domestic origin: it was orchestrated by a foreign power—Russia—which exploited a genuine vulnerability and turned it into an informational weapon. Trump was not the architect. At most, he found himself in passive connivance, absorbing and leveraging the political fallout to his advantage, without controlling either its origin or its mechanisms.

Russia, for its part, could thus believe it held an advantage: a U.S. president, partially compromised by the wave, whom it could instrumentalize over time.

Seen cynically, history might conclude that democracy is structurally fragile, vulnerable to manipulation. But another interpretation—one embraced by this analysis—is possible: that of a strategic metamorphosis. America, endowed with rare institutional and technological intelligence, has not merely the capacity to endure, but to absorb.

Like certain ductile materials in physics, it can offer a penetrable pliancy: allowing the hostile wave to pass, integrating and analyzing it, to ultimately transform it into an instrument of detection and counterattack.

The so-called Epstein affair fits perfectly into this framework. Legally, the case is now virtually empty: Epstein’s death ended the prosecution, accessible legal documents remain fragmentary, and the evidentiary structure rests on snippets of testimony and partial archives. Yet the emotional weight is maximum: sexual exploitation of minors is an absolute trigger, impervious to nuance in public opinion.

This hypersensitivity makes it ideal fodder for a cognitive war.

This dynamic has been amplified by the QAnon movement, whose conspiracist ideology—by certain aspects often converging with Kremlin narratives (denouncing “corrupt elites” and the “Deep State”, exalting the fight against occult forces, rejecting democratic institutions)—has strongly conditioned a segment of the Republican electorate.

The success of the film Sound of Freedom, widely instrumentalized within these circles, has sacralized the theme of pedocriminality as a political totem. It is precisely this framing that is reactivated in the Epstein affair: an already primed public was mobilized to see, not Trump as champion of the fight, but as a target ripe for vengeance.

How to defeat—assuming that some level of the state is sufficiently vigilant to identify and comprehend the complexity of maneuvers deployed against it—a scheme so pernicious unless by being even more pernicious, even more permeable, even more devious, even more fanciful and caricatural, and—most of all—even weaker than the weakness his or their enemies attribute to him?

In this light, peripheral elements—Elon Musk as the free electron and his hold on X, the spectacular spat with Trump, the politico-media psychodrama, and the repeated calls to publish the Epstein’s files—function as stimuli and catalysts. They sustain the noise, but also produce the raw data necessary for cognitive seismography: measuring the tremors, locating the centers, identifying the orchestrators.

What at first appears as a weakness in American democracy can thus be understood as an opportunity: transforming a hostile wave into a tool of detection, and returning to its authors the very signature of their operations to banish them, for good, from the community of nations.


Doctrinal Consequences:
Toward a 21st Century Fortitude

The Epstein affair illustrates a fundamental strategic principle: a hostile wave can be turned if it is absorbed, analyzed, and restituted within a controlled framework. This calls for envisioning a doctrine of cognitive warfare not only in defensive terms, but in counter-offensive terms. America, if it agrees to “lend its surface” to the wave, can make it the equivalent of an inverse radar: let it strike in order to better locate the enemy.

This is precisely what Operation Fortitude was in the 20th century. In 1944, the Allies created, out of nothing, a phantom army with inflatable tanks, fake radio traffic, and double agents in order to mislead Nazi command about the landing site. Fortitude relied on the art of the simulacrum.

But in the 21st century—in the cognitive sphere—the equivalent does not lie in manufacturing a falsehood; it lies in making visible what is hidden behind the falsehood: amplifying not the simulacrum, but the signature of the interference.

In this perspective, a cognitive Fortitude must be timed to the clock of the attack. Adversarial informational operations are rhythmic—they feature peaks (coordinated triggering), plateaus (organic amplification), and aftershocks (normalization). America can synchronize its response to that tempo, using its sensitive plates (Trump, Musk, or other high-resonance figures) as sensors.

The goal is not to avoid the tremor, but to record it with precision and exploit its data.

Three practical applications follow:

  1. Detection and Attribution: mapping in real time the networks that activate during an “Epstein peak” or equivalent; identifying foreign relays, proxies, and suspicious ideological convergences (e.g., QAnon / Russian narratives).
  2. Preemption and Inoculation: using the wave to publicly demonstrate the method; “break the spell” of manipulation by exposing its mechanics.
  3. Strategic Redirection: redirecting the charge of the wave back at its initiator by showing the public that it is hostile powers exploiting its fears and anger.

Thus, the cognitive wave that was meant to weaken democracy becomes the raw material of strategic superiority. Cognitive warfare, like conventional war, is also won through illusion and reversal. But the illusion here is no longer in the manufactured object (Fortitude and its inflatable tanks); it lies in the mirror held up to the adversary: making them believe they manipulate, while they are revealing themselves and leaving traces of their crime everywhere.


It is, according to this analysis, the most probable scenario: America possesses the elements of the chain of custody of this assault on cognitive sovereignty. It is not impossible that its seismographs have already recorded other surprising interferences, warranting attentive and critical reading—even from a historic ally caught with its fingers in the cookie jar.

In this context, Xi Jinping’s Global Governance Initiative proposal says something very precious between the lines. Neither Beijing nor New Delhi can—of that I am convinced and confident—tolerate a world in which war takes this perverse form, no longer as the continuation of politics by other means, to borrow Clausewitz, but as the annihilation of all politics in favor of ontological and political chaos.

The UN General Assembly is likely to spark fireworks. If it does not do so there, with the fates of Ukraine and Palestine on the agenda, it never will. It is time to ignite sparks.

Epstein’s files : Fortitude facteur X

L’Affaire Epstein n’est pas ce que la plupart de gens croient. La Fortitude du XXIᵉ siècle ne fabrique pas de leurres : elle laisse l’onde ennemie frapper, pour en capter la signature et retourner sa force contre son auteur. L’autre hypothèse, je ne veux pas l’envisager encore.

Il est devenu lieu commun, dans la narration médiatique, de dire que Donald Trump a profité, en connaissance de cause puisqu’il oppose un déni formel aux preuves d’ingérence russe, de l’« affaire des e-mails » qui pesa si lourdement sur la campagne d’Hillary Clinton en 2016. Or, cette interprétation est trompeuse. L’épisode, dans ses ressorts profonds, n’était pas d’origine domestique : il fut orchestré par une puissance étrangère- la Russie -, exploitant une vulnérabilité réelle pour en faire une arme informationnelle. Trump n’en fut pas l’architecte. Tout au plus s’est-il trouvé en connivence passive, absorbant et relayant à son profit les retombées politiques, mais sans en contrôler ni la genèse ni les mécanismes. La Russie, dès lors, avait pu croire disposer d’un lien à son avantage : un président des Etats-Unis d’Amérique, partiellement compromis par l’onde, qu’elle pourrait instrumentaliser dans la durée.

L’histoire, lue cyniquement, laisserait conclure à la fragilité structurelle d’une démocratie offerte aux manipulations. Mais l’on peut aussi, et tel est le parti pris de cette analyse, envisager une dynamique inverse : celle d’une métamorphose stratégique. L’Amérique, dotée d’une intelligence institutionnelle et technologique rare, a la capacité non pas seulement de subir, mais d’absorber. Comme certaines matières ductiles en physique, elle peut offrir une plastique pénétrable : laisser traverser l’onde, l’intégrer, l’analyser, pour in fine en faire un instrument de détection et de contre-attaque.

L’affaire dite Epstein s’inscrit pleinement dans ce schéma. Sur le plan judiciaire, le dossier est aujourd’hui presque vide : le décès d’Epstein a clos les poursuites, les pièces judiciaires accessibles sont fragmentaires, et l’édifice probatoire repose sur des bribes de témoignages et des archives partielles. Pourtant, la charge émotionnelle est maximale : l’exploitation sexuelle de mineurs constitue un thème absolu, insusceptible de nuance dans l’opinion publique. Cette hypersensibilité en fait une matière de choix pour une guerre cognitive.

Ce caractère a été accentué par le mouvement QAnon, dont l’idéologie conspirationniste — par certains aspects, souvent convergents avec les narratifs du Kremlin (dénonciation des « élites corrompues » et du « Deep State », exaltation du combat contre des forces occultes, rejet des institutions démocratiques) — a fortement conditionné une part de l’électorat républicain.

Le succès du film Sound of Freedom, largement instrumentalisé dans ces milieux, a sacralisé le thème de la pédocriminalité comme totem politique. Or, c’est précisément ce registre qui est réactivé dans l’affaire Epstein : l’opinion ainsi préparée a pu être mobilisée, croyant voir dans Trump non plus le champion de cette cause, mais une cible offerte à la vindicte.

Comment vaincre, à supposer qu’un niveau de l’Etat soit bien sûr assez vigilant pour l’identifier et comprendre la complexité des manoeuvres engagée contre lui, un dispositif aussi pernicieux sinon en étant encore plus pernicieux, encore plus perméable, encore plus retors, encore plus fantasque et caricatural et, surtout, encore plus faible que la faiblesse que lui prêtent son ou ses ennemis ?

Dans cette perspective, les éléments périphériques — l’électron libre Elon Musk et son emprise sur X, les brouilles spectaculaires avec Trump, le psychodrame politico-médiatique, les injonctions répétées à publier les Epstein’s files — fonctionnent comme des stimuli et catalyseurs. Ils entretiennent le bruit, mais produisent également les données nécessaires à une sismographie cognitive : mesure des secousses, repérage des foyers, identification des orchestrateurs. Ce qui, au premier abord, apparaît comme une faiblesse de la démocratie américaine, peut ainsi être compris comme une opportunité : transformer une onde hostile en outil de détection, et renvoyer à leurs auteurs la signature même de leurs opérations pour les mettre, pour longtemps, au ban des nations.

Conséquences doctrinales :
vers une Fortitude du XXIᵉ siècle

L’affaire Epstein illustre un principe stratégique fondamental : une onde hostile peut être retournée si elle est absorbée, analysée et restituée dans un cadre contrôlé. Cela appelle à penser une doctrine de la guerre cognitive non plus seulement en termes défensifs, mais en termes contre-offensifs. L’Amérique, si elle accepte de « prêter sa surface » à l’onde, peut en faire l’équivalent d’un radar inversé: se laisser heurter pour mieux localiser l’ennemi.

C’est précisément ce que fut, au XXᵉ siècle, l’opération Fortitude. En 1944, les Alliés créèrent de toutes pièces une armée fantôme, avec chars gonflables, faux signaux radio et agents doubles, afin d’induire en erreur le commandement nazi sur le lieu du débarquement. Fortitude fonctionnait sur l’art du simulacre. Mais au XXIᵉ siècle, dans la sphère cognitive, l’équivalent n’est pas de créer un faux, c’est de rendre visible ce qui se cache derrière le faux : amplifier non pas le simulacre, mais la signature de l’ingérence.

Dans cette perspective, une Fortitude cognitive doit être timée à l’horloge de l’attaque. Les opérations informationnelles adverses sont rythmées — elles connaissent des pics (déclenchement coordonné), des plateaux (amplification organique) et des retombées (normalisation). L’Amérique peut synchroniser sa réponse sur ce tempo, en utilisant ses plaques sensibles (Trump, Musk, ou d’autres figures à haute résonance médiatique) comme des capteurs. Le but n’est pas d’éviter la secousse, mais de l’enregistrer avec précision, puis d’en exploiter les données.

Trois applications pratiques en découlent :

  1. Détection et attribution : cartographier en temps réel les réseaux qui s’activent lors d’un « pic Epstein » ou d’un équivalent, identifier les relais étrangers, les proxys et les convergences idéologiques suspectes (ex. QAnon / narratifs russes).
  2. Préemption et inoculation : utiliser l’onde pour démontrer publiquement le procédé, « casser le sort » de la manipulation en l’exposant dans ses mécanismes.
  3. Réorientation stratégique : restituer la charge de l’onde contre son initiateur, en montrant au public que ce sont des puissances hostiles qui exploitent cyniquement ses peurs et sa colère.

Ainsi, l’onde cognitive qui devait fragiliser la démocratie devient matière première d’une supériorité stratégique. La guerre cognitive, comme jadis la guerre conventionnelle, se gagne aussi par l’art de l’illusion et du retournement. Mais l’illusion n’est plus ici dans l’objet fabriqué (Fortitude et ses chars gonflables), elle est dans le miroir tendu à l’adversaire : croire qu’il manipule, alors qu’il est en train de se dévoiler et de laisser partout des traces de son crime.

C’est, selon l’analyse que je fais, le scénario le plus probable : l’Amérique possède les éléments de la chaîne de custody de cette atteinte à la souveraineté cognitive. Il n’est pas impossible que ses sismographes aient déjà enregistré d’autres parasitages surprenants, méritant une lecture attentive et critique — y compris de la part d’un allié historique pris les doigts dans le pot de confiture.

Dans ce contexte, la proposition de Global Governance Initiative portée par Xi Jinping dit quelque chose de très précieux entre les lignes. Pékin comme New Delhi ne peuvent souffrir — j’en ai la conviction — un monde où la guerre prendrait cette forme perverse pré-native : non plus la continuation de la politique par d’autres moyens, selon Clausewitz, mais l’anéantissement de toute politique au profit du chaos ontologique.

L’Assemblée générale de l’ONU risque de faire des étincelles. Et si elle n’en fait pas là, avec les destins de l’Ukraine et de la Palestine au menu, elle n’en fera jamais. Il est temps de faire des étincelles.

PS: Pour le moment, Poutine, le maître du Kremlin, qui a récemment assuré que la Russie ne renoncerait pas aux ressources de la guerre informationnelle, et Netanyahou se rient des démocraties et des nations intègres.

Addendum à la campagne aux Européennes 2024

N’oubliez pas de considérer Poutine tel qu’il se voit depuis des années et tel que les réseaux pro-russes le représentent, c’est-à-dire en domination, absolue et imparable, du jeu international.

La représentation ci-dessus, postée en 2015 par les infiltrations russes dans les réseaux sociaux français et européens, a une portée subliminale. Elle dit que nous sommes dans la nasse et que, quoi que nous fassions, nous finirons dans la gueule du loup.

C’est cela ce que cette image dit.

Cette image date de 2015. Mais elle laisse échapper une évidence : si la partie est en cours, à ce moment-là, cela signifie que la partie n’a pas commencée là.

A-t-elle commencé à la conférence de Munich sur la Sécurité, en 2007, lorsque Poutine, pour reprendre la manière dont France Inter relatait l’événement, a dit ses quatre vérités à l’Occident.

Le problème du 11-Septembre-2001, c’est qu’il a été conçu pour interdire tout entendement de la situation d’ensemble.

Il a été élaboré, à cette fin, avec la construction initiale de cette légende selon laquelle le 11-Septembre-2001 inaugurait le schéma d’une « organisation non étatique » s’en prenant à Nous, en même temps qu’un index subliminal de plus en plus insistant désignait, tout de même, l’Arabie Saoudite à la vindicte des opinions publiques occidentales.

Il n’est pas inutile de signaler qu’elle était, jusque-là, l’indéfectible allié stratégique de l’Occident et l’une des clés du marché énergétique. Il fallait parvenir à installer l’idée qu’y siégeait l’origine du Mal. Discernez-vous la mécanique de raisonnement qui est, cran après cran, mise en oeuvre?

Si vous voulez que ce scénario qui nous est stratégiquement favorable soit retenu et délivre toute sa puissance, nous avons l’ingénierie pour vous procurer de quoi l’abreuver. Ceci est la clé de l’intelligence du soft power russe. Elle est infiniment redoutable.

Petite parenthèse : c’est l’Arabie Saoudite qui a contribué à l’écroulement des cours de brut qui a asphyxié, économiquement, l’ex-URSS et l’a fait s’effondrer, effondrement considéré par Poutine comme la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle.

Il est évident que Poutine n’est pas quelqu’un et qu’il n’est pas à la tête de la cryptogarchie russe pour ne pas être en mesure de réserver des chiens de sa chienne à ceux qu’il estime être des traîtres. J’ai beaucoup de mal à penser que si le guide suprême de la Révolution Islamique d’Iran lui a montré un schéma pour déstabiliser le royaume saoudien, il ne l’a pas exploité.

Il voit les failles des systèmes de défense dans les esprits. Et je l’ai vu les avoir vu.

Poutine n’est pas le fils spirituel de la Russie qui a inventé le mythe du Protocole des sages de Sion et la grande Illusion dialectique du Communisme pour rien.

Alors, on trouve toujours un idiot plus ou moins utile pour dire aux Européens qui veulent gober la couleuvre ou aux Américains qui veulent l’entendre de la bouche d’un clown que la commission européenne, c’est l’Etat profond et que Washington, c’est aussi l’Etat profond.

C’est ce que l’on nomme la projection accusatoire.

A partir de cette injonction, qui signe ce qu’est, profondément, la psychologie de l’Etat russe, les uns et les autres parviennent à convaincre des masses d’électeurs que l’Occident est toxique et que sa supériorité morale et technologique est une supercherie.

Il fallait inscrire dans le psychisme des populations, que le sentiment de prééminence de l’Occident, plus que de supériorité, est illégitime, qu’il est le produit d’un complot, d’un conditionnement, d’une doxa libérale, qu’il se réalise aux dépens des tiers-monde, et si la tache ne suffit pas, qu’il est le fruit non seulement de l’exploitation du capitalisme sur les Hommes mais de sa prédation sur le climat, et que là-bas, dans l’autre monde, tu verras et tu seras libéré.

Les moteurs logiques qui ont été mis en marche contre Nous, l’Humanité, ce sont ceux-là.
Ce ne sont pas des moteurs d’équité et de justice
. Je vous en prie, prenez un peu de recul sur les éléments de langage et de dialectique pour observer le mouvement et la nature de ce qui s’insinue dans l’esprit et le transforme.

En informatique, il y a au moins des pares-feux. Normal, il y a des ingénieurs qualifiés.

Dans l’âme humaine, il n’y a plus rien. Nous avons déclaré que nous sommes assez grands pour nous débrouiller avec le réel.

Alors, on entre dans l’âme des peuples comme dans du beurre ou comme dans un moulin, pour y semer les graines de doute, de discorde et de conflictualité.
La société de l’information, vitale aux démocraties, y secrète aujourd’hui la perversité dialectique qui dessert et expose ces mêmes démocraties au ridicule. Le wokisme en est une forme experte.

Cette perversité dialectique qui s’est abattue sur Nous n’a semble-t-il plus de limite et c’est elle qui conditionne les débats pour que, au bout du processus, ils produisent la capitulation de l’intelligence commune devant la terreur.

Il faut se souvenir des choses et comment nous avons été prés de tomber dans le panneau. Nous avons exaucé, en partie le vœu de Poutine, l’Arabie Saoudite s’est décalée de la ligne occidentale.

Regardez, maintenant, parmi les plus virulents à avoir dénoncé cette alliance, à avoir demandé de faire tomber la monarchie des Saoud, « Daech qui a réussi », qui il y avait pour relayer les intérêts de l’Iran et de la Russie, avec un petit coup de peinture russe sur la carlingue du souverainisme.

L’Europe, le Brexit, le TAFTA, le nucléaire, l’OTAN, etc, sur tous nos sujets régaliens, sur tous les sujets, le débat démocratique finit par pencher du côté de l’intérêt objectif de Poutine. C’est problématique et c’est suspect.

Et il est vrai, si d’aventure nous reprenions un peu notre lucidité, qu’un attentat islamiste rappelle la vraie priorité. Faut-il du cochon dans les cantines scolaires ?

Mon malaise, c’est d’avoir le sentiment que quelque chose nous prend pour des cons.
Je ne veux pas qu’on prenne mes compatriotes pour des cons.
Je ne veux pas qu’on prenne les Européens pour des cons.
Je veux qu’aucun humain ne soit pris pour un con.

Voilà, voilà, voilà. Voilà ce sur quoi délibère la démocratie pendant que les loups s’approchent et dévorent une partie des frontières terrestres extérieures et font ripaille de nos cerveaux.

Il y a là, à mes yeux, un mystère. Si elle était encore là l’une des deux Simone Weil ou Veil pourrait me renseigner sur la manière dont le mal conquiert les esprits. C’est le sujet.

Nous ne pourrons pas aller bien loin dans ce XXIe siècle sans protéger et nourrir le libre-arbitre qui nourrit la liberté de tous les peuples.

Elle ne se nourrit de rien d’autre et ne trouve son aise que de la qualité du libre-arbitre que l’on instruit. Je ne distingue pas les démocraties des autres régimes constitutionnels de ce point de vue.

Cela implique que le combat qui doit nous réunir et que certains veulent cristalliser autour d’une spécialisation de la théorie du clash des civilisation, via l’affrontement Occident vs Sud Global est une invention, nourrie aux hormones de croissance du ressentiment des uns et de la culpabilité des autres, pour que nous nous trompions toujours de cible.

Ce prisme est attrayant. Il est attrayant comme un mensonge.

Pour revenir au 11-Septembre-2001, le mythe consistant à dire que nous avons eu affaire à une organisation non étatique résistera-t-il à une analyse rigoureuse ? A celle dont nous ne sommes pas vraiment capables avec le système d’information tel qu’il est ?

De là où mon chemin m’a placé, la scène de crime parle toute seule. Les liens et les convergences objectives affleurent la surface des opacités et des apparences.

Il est advenu – on appellera ce phénomène comme on le veut – que dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015, sur fond des variations Goldberg de Johann Sébastian Bach par Glenn Gould, une partie du voile s’est levé.

Je n’ai pas tout vu ni tout compris d’un coup. Mais j’ai compris ce qu’il ne fallait pas regarder pour avoir une chance de commencer à voir.

Combien y a-t-il de manières d’influer sur le cours d’une rivière qui s’appellerait l’histoire avec un grand H?

Pendant que notre attention était focalisée sur l’assassinat du commandant Massoud et qu’Al-Qaida agitait des spectres que nous avions envie de voir pour confirmer notre vision des choses, pendant ce temps, la conférence de l’antiracisme de Durban I, en Afrique du Sud, ouvrait de vraies vannes pour nous submerger idéologiquement ; pour rentrer, dans toutes les têtes, la pomme de discorde que constitue le mythe de la Palestine et insinuer, jusque dans les plus prestigieuses universités, un antisémitisme au carré.

L’opération du 7/10/2023 du Hamas ne fait qu’appliquer, comme si sa forme antédiluvienne, ne suffisait plus, la formule de cet antisémitisme au carré : parce que l’un est juif et parce que l’autre est palestinien.

Que d’intelligences, vraisemblablement honorables, au départ, se sont éventrées sur ce double écueil.

Oui, c’est ce que je dis car c’est cela, à partir de mon non-académisme, que je discerne.

C’est le danger dont je suis seul à oser vous avertir.

La clé de l’Histoire, fournie avec le mode d’emploi, dans la rue arabe, comme on dit par facilité rhétorique, et dans les esprits occidentaux, devrait être celle-là.

Elle est tentante.
Elle ouvre l’enfer.

Elle s’offre à l’intellect dont elle épouse la forme des serrures.
Il faut créer une autre clé. Une clé de justice. Réparatrice.
La Politique sert justement à ça.

Refaisons de la grande politique !

Emmanuel Macron a eu raison de dire, le 27 février dernier, que nous ne pouvons rien exclure, et que nous ne pouvons pas exclure, par conséquent, d’intervention terrestre pour défendre l’Ukraine.

Il est plus que temps de prendre la mesure de la menace russe et des calculs monstrueux qui l’animent.

Le président Macron ne mérite pas la petite bronca politico-médiatique qu’une partie de la classe politique lui a réservé. L’histoire jugera.

Nous ne faisons que commencer à comprendre la nature de ce à quoi nous avons affaire.

Nous n’avons pas fini de découvrir son visage.

De toute façon, le choix est simple. Ou bien nous découvrons son visage ou bien il couvre le nôtre du masque de l’infâmie.

Normalement, nous avons une Marseillaise pour comprendre ce qu’il faut faire.

Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans l’histoire, mais à cette échelle, avec les conséquences sur l’Ordre du Monde que cela fait peser, cela n’est jamais survenu.

Ne vous demandez pas comment le nazisme a subjugué le peuple allemand, il l’a fait comme la révolution nationaliste russo-poutinienne et la révolution islamique subjuguent et tentent de partitionner notre temps et notre espace.

Il y a eu un petit miracle auquel il faut rendre justice. Il s’appelle Zelenski. Je crois qu’on ne se rend pas compte comment, au soir du 24 février 2022, il a fait sonner une charge inattendue, surprenante et héroïque face à la tyrannie russe.

Les Ukrainiens ne peuvent pas perdre et nous devons gagner.
Européens, nous n’avons pas le droit de nous laisser endormir !

PS: Je suis candidat à la candidature sur la liste Renaissance aux Elections Européennes du 9 juin. Si légitimité il y a à ce que je me vois confié l’honneur de représenter les Européens, c’est en vertu de cette parole de sécurité. Je l’ai extirpée à ce qui ressemble à un chaos pour la lever et en faire le matériau du bouclier de notre civilisation. Merci.

The Aphrodisiac of Other People’s Deaths

A strange excitement has taken hold around the movements and preparations for war in the Middle East.
The scent of other people’s blood, carried on the wind, stirs something primal across TV sets and social networks—each trying to be the first to announce that the real war has begun.

Has the desire for war become an aphrodisiac as potent as powdered unicorn horn?
Fantasies are taking flight, with all eyes turned skyward, thrilled by visions of airstrikes.

There is something unseemly, uninhibited—even eerily virtual and disembodied—about this spectacle.
And when the target becomes Iran, the tone escalates beyond anything we’ve seen before.

Yes, the October 7 pogrom, the rhetoric of the Islamic Revolution, the deadly repression of Iran’s youth, and its declared hostility all bear a share of responsibility.
But something even more disturbing looms: the collective blindness to the devastating potential of mass civilian casualties and the chaos they would unleash.

Israel’s media campaign—supported by allies—to sell the fantasy of a smooth regime transition is speculative at best, comectic at worse case scenario.

And here’s the paradox:
This intoxication with bloodshed, this theatrical urge to topple the supposed “epicenter of evil” is being orchestrated by a trans-illiberal axis—from Washington to Tel Aviv—and possibly soon including Moscow.

Netanyahu, Trump, and Putin, too, harbor a shared fascination with fundamentalist visions, each laced with a messianic tone.
An axis that cannot seriously be mistaken for the camp of virtue.

War is not an aphrodisiac.