À une époque où l’on ne sait plus qui agit pour qui — qui est le proxy, ou même le proxy du proxy — la souveraineté des nations ne se mesure plus seulement à leurs frontières ou à leurs armées. Elle se joue d’abord dans la souveraineté du renseignement et de l’analyse : la capacité à distinguer les faits des narratifs injectés, les preuves des montages, et à décider sans être happé dans l’engrenage d’autrui. Plusieurs signaux récents obligent, en effet, à la prudence
La cargaison du navire arraisonné en mer Rouge : côté israélien, certains ont évoqué des armes chimiques ; le CENTCOM américain, lui, a strictement parlé de missiles, de drones et de composants. Cette divergence de langage n’est pas anecdotique : elle montre comment le récit peut être ajusté selon les objectifs politiques.
L’affaire de Canberra : l’Australie a expulsé l’ambassadeur d’Iran et trois diplomates, accusant l’IRGC d’avoir orchestré des attaques antisémites. Officiellement, la preuve repose sur les enquêtes d’ASIO et de la police fédérale. Mais plusieurs indices suggèrent que l’affaire a pu être amorcée ou amplifiée par du renseignement américano-israélien — électronique, financier, voire lié aux flux crypto. Ici encore, la frontière entre sécurité nationale et fabrique du récit international s’efface.
Ces deux dissonances révèlent une constante : Israël dispose d’un avantage informationnel qui lui permet d’injecter des éléments narratifs, de guider les lectures et de transformer chaque incident en pièce supplémentaire du dossier à charge contre l’Iran.
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1. L’objectif stratégique israélien
Depuis deux décennies, Netanyahu poursuit un objectif immuable : entraîner les États-Unis dans une confrontation terminale avec l’Iran.
Après l’échec de la mobilisation sur le dossier nucléaire (Washington préférant sanctions et JCPOA à une guerre ouverte), Israël a choisi de multiplier les fronts : Houthis, Hezbollah, milices chiites.
Le but : démontrer que l’Iran est la matrice universelle du terrorisme, et contraindre les alliés à le désigner comme tel.
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2. La mécanique de l’engrenage
Chaque cycle suit la même logique :
1. Frappe israélienne (ex. : élimination d’un dirigeant houthis à Sanaa).
2. Riposte des proxys (Houthis, Hezbollah, etc.).
3. Attribution à Téhéran : présenté comme l’architecte de toutes ces menaces.
4. Pression sur les alliés : les États-Unis et l’ONU se retrouvent face au dilemme — condamner Israël ou reconnaître la culpabilité iranienne.
Ainsi, chaque incident renforce la centralité de l’Iran comme ennemi absolu.
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3. Le rôle du renseignement et l’asymétrie informationnelle
Israël possède un avantage décisif en SIGINT, traçage des flux financiers/crypto et influence médiatique.
Il peut fournir à ses alliés des “tips” orientés, amorcer des enquêtes, et colorer les conclusions.
Ce qui apparaît comme un dossier purement national (ex. Canberra) peut donc être le fruit d’une chaîne hybride, nationale dans sa forme, mais orientée en amont par des intérêts extérieurs.
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4. Le paradoxe russe
L’économie russe, sous sanctions, a un besoin vital d’un baril élevé pour financer sa guerre en Ukraine.
Une guerre ouverte contre l’Iran entraînerait une flambée des prix (détroit d’Ormuz, tensions régionales).
Objectif israélien et intérêt russe convergent donc : Netanyahu cherche à piéger Washington dans le conflit, et Poutine profiterait d’un choc pétrolier salvateur.
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5. L’axe Tel-Aviv–Moscou et la question de Washington
Un axe israélo-russe existe déjà : coopération militaire implicite en Syrie, absence de soutien à Kyiv, poids de la diaspora ex-soviétique en Israël (près de 20 % de la population, faisant du russe la troisième langue du pays).
Cet enracinement démographique et linguistique crée un pont intérieur qui lie Tel-Aviv à Moscou plus intimement qu’on ne l’admet.
La vraie interrogation n’est donc plus : « Existe-t-il un axe Tel-Aviv–Moscou ? » — il est établi.
Mais plutôt : Cet axe inclut-il, volontairement ou par engrenage, Washington ? Car si les États-Unis sont entraînés dans une guerre contre l’Iran, ce sera le vœu exaucé à la fois de Netanyahu et, en contre-jour, de Poutine.
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✅ Conclusion
Les dissonances récentes — cargaison ambiguë en mer Rouge, affaire de Canberra — rappellent qu’il faut faire preuve d’une circonspection extrême et que les narratifs et incriminations toxiques saturent l’atmosphère.
Israël ne cherche pas seulement à se défendre : il construit méthodiquement un récit où chaque menace converge vers Téhéran, afin de piéger les États-Unis et l’ONU dans une confrontation ultime.
Mais cette trajectoire, si elle s’accomplit, ne servirait pas seulement l’agenda israélien : elle exaucerait aussi celui de Moscou, pour qui une guerre avec l’Iran signifierait un pétrole cher et une survie économique prolongée.
Is the ghost of Bin Laden resurfacing to coax Washington into giving Israel a free hand in Gaza — and to bury once and for all the Palestinian dream of statehood? Just as the two-state solution edges back onto the international agenda, America — like everyone else — must start asking some very hard questions.
1. The October 7 as a “coup of erasure”
Hamas’s attack on October 7, 2023, was intended, from the Israeli perspective, to seal the death warrant for the idea of a Palestinian state:
Palestine equated with terrorism.
The argument of “no credible partner”.
The expunging of the “two-state solution” from the international agenda.
2. The paradoxical return of the Palestinian question
Yet, the longer the war drags on and the human toll mounts, the more the two-state solution reemerges as a central topic in the international discourse (UN, EU, even Washington). Recognition of Palestine as a state—which had once seemed fringe—is today reclaiming political and symbolic ground. This mounting diplomatic pressure forces Israel to confront a question it believed long settled.
3. The instrumentalized dissonances inside cognitive war
It is in this context that, within a single week, two events emerge to reinforce Netanyahu’s security-based argument—closely aligned with the Zionist ambition of a “Greater Israel” (perhaps the Golan Plateau):
Dissonance 1: WMDs / Iran Reinserts an existential threat into the global security arena.
Dissonance 2: AQPA / Bin Laden Repositions Gaza within the spectrum of absolute terrorism in the eyes of Americans.
Dissonance 3: Shahed Ghoreishi / State Dept (Added on 08/21/2025). Turns Trump’s deliberate ambiguity into Rubio’s radical clarity — shifting the weight from Washington to Tel-Aviv. Subject of my latest note “Marco Rubio: du flou au gris”.
Though these narratives appear incoherent (Shiite vs. Sunni), they resonate to produce the same effect: positioning any recognition of a Palestinian state, or the return to the two-state paradigm, as an existential—and possibly suicidal—risk for Israel.
@SimNasr), journalist at France 24 and Senior Fellow at the Soufan Center. Not picked up by mainstream media, this information appears tailor-made for intelligence channels, where the source is read and monitored closely.
4. How this undermines remaining scruples
👉For Western decision-makers:
Compassion for Gaza collides with innate security reflexes.
“Recognizing Palestine now—isn’t it like handing the trophy to Bin Laden or the ayatollahs?”
👉For Israel, the objective benefit is clear:
These narratives serve to neutralize diplomatic pressure.
They legitimize a policy of de facto annihilation.
In summary: if these dissonances were indeed intentionally manufactured, calling into question their origin, they become useful resonances. They transform mounting pressure into a tangible threat, and turn recognition of a Palestinian state into a survival risk for Israel and its Western allies, drawn into an increasingly troubling configuration.
Indeed, if we consider that the international agenda—and the agendas of Iran, Palestine, and even Hamas, which on Aug. 18–19, 2025 declared it had accepted an Egypt-Qatar ceasefire proposal with a phased hostage release, while Israel has not yet agreed and operations in Gaza City continued—these movements place Israel under unprecedented pressure; the timing seems striking.
We must legitimately ask whether the first narrative is designed to overshadow Iran’s WMD ambitions—a peril everyone remembers only too well from Iraq—while the second, reviving the ghost (or doppelgänger) of Osama Bin Laden, is meant to secure blind American solidarity, assuming the U.S. public doesn’t grasp « the Complicated Orient. »
Le fantôme de Ben Laden réapparaît-il aujourd’hui pour convaincre Washington de laisser les mains libres à Israël dans l’éradication de Gaza et l’enterrement en première classe du rêve palestinien d’un État, aspiration légitime s’il en est? À l’heure où la solution à deux États revient dans le débat international, les États-Unis – comme tout un chacun – devraient commencer à se poser des questions très sérieuses.
1. Le 7-Octobre comme “coup d’effacement”
L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 devait sceller, dans la lecture israélienne, la mort définitive de l’idée d’un État palestinien :
La Palestine assimilée au terrorisme.
L’argument “pas de partenaire crédible”.
L’effacement de la formule “deux États” des agendas internationaux.
2. Le retour paradoxal de la question palestinienne
Or, plus la guerre se prolonge et plus le coût humain est visible, plus la solution à deux États revient au centre du discours international (ONU, UE, même Washington).
La reconnaissance de la Palestine comme État, jadis marginale, regagne du terrain politique et symbolique.
C’est une pression stratégique sur Israël, qui se retrouve contraint de répondre à une question qu’il croyait close.
3. Les dissonances instrumentées
C’est dans ce contexte que, à une semaine d’intervalle, deux événements viennent accrocher l’attention et regonfler l’argumentaire sécuritaire qui alimente la stratégie de Benjamin Netanyahou, masquant, de moins en moins, celle du Grand voire très grand (si on comprend le plateau du Golan) Israël.
Ces deux narratifs – à une semaine d’intervale – ne sont pas cohérents entre eux (chiite vs sunnite), mais ils entrent en résonance en produisant le même effet :
Il s’agit de présenter toute reconnaissance de la Palestine, tout retour au schéma des deux États, comme une mise en danger existentielle, presque suicidaire, pour Israël.
Post de Wassim Nasr (@SimNasr), journaliste à France 24 et Senior Fellow au Soufan Center. Restée en dehors du champ médiatique, cette information semble calibrée pour circuler dans le champ du renseignement, où la source est lue et suivie attentivement.
4. Comment cela emporte les derniers scrupules
👉Pour les décideurs occidentaux :
La compassion pour Gaza se heurte au réflexe sécuritaire.
“Reconnaître la Palestine maintenant, n’est-ce pas donner la main aux nostalgiques d’Oussama Ben Laden ou aux ayatollahs ?”
👉Pour Israël, il y un bénéfice net objectif :
Ces récits permettent de neutraliser les pressions diplomatiques.
Ils justifient le prolongement d’une politique d’anéantissement de facto.
En somme : les dissonances, si elles étaient intentionnellement fabriquées, ce qui poserait inévitablement la question des filières, deviennent des résonances utiles : elles transforment une pression en menace, et transforment la reconnaissance d’un État palestinien en un risque de survie pour Israël et ses alliés occidentaux, entrainés dans une configuration de plus en plus troublante dont ils ne maîtrisent, privés des tenants, que l’aboutissant.
En effet, si on considère que l’agenda international, l’agenda iranien, l’agenda palestinien, même l’agenda du Hamas acceptant un cessez-le-feu et la libération des otages, place l’agenda d’Israël sous une pression inattendue, les coïncidences sont frapantes.
On peut se demander, légitimement, si la première ne vise pas à doubler l’Iran sur ses intentions en termes d’ADM – sujet sensible s’il n’en est comme l’Irak l’a expérimenté cruellement (pour provoquer une cassure dans l’attermoiement international).
Et si la seconde, remettant en selle le fantôme (ou le sosie du fantôme) d’Oussama Ben Laden ne vient pas pour, peut-être un peu grossiètement, s’attacher la solidarité aveugle des Américains, qui ne sont pas censés comprendre quoi que ce puisse être à l’Orient Compliqué?
>Il a peut-être bon dos, l’Orient Compliqué.
PS: un troisième dissonance apparaît, ce 21vaoût, avec le licenciement du porte-parole ad-hoc du Département d’Etat Américain, Shahed Ghoreishi, sujet de ma note du jour: Marc Rubio: du flou au gris.
Où le contenu rapporté d’un navire intercepté par les forces yéménites peut s’inscrire dans un procédé d’auscultation profond des alliances. Et c’est, peut-être, la Pierre de Rosette pour résoudre l’énigme posée par des hyéroglyphes.
L’interception en mer et son habillage ADM (armes de destruction massive) fonctionnent moins comme un fait isolé que comme un révélateur dans une phase d’auscultation des alliances ouverte par les divergences Washington–Tel-Aviv sur l’Iran.
Le United States Central Command (CENTCOM) limite à l’énumération d’armes conventionnelles : missiles, drones, radars, systèmes de communication, etc. Il n’évoque pas d’armes chimiques.
Chronologie courte et divergence clef
1. Frappe/pression américano-israélienne préventive sur l’ingénierie du nucléaire militaire iranien → réduction de capacité mais pas d’éradication du régime comme souhaitée par Tel-Aviv.
2. Divergence : Washington présente un bilan “triomphal” (structure anéantie, capacité contenue), tandis que Netanyahou soutient que la capacité subsiste (argument pour aller “jusqu’au bout”).
3. 22 juin 2025 – “Baiser de la mort” de Medvedev : alors que le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian est à Moscou, ou à très peu de distance de cette date, Medvedev déclare que plusieurs pays pourraient fournir à l’Iran leurs propres ogives nucléaires.
👉Effet : affichage public de soutien stratégique, mais aussi piège narratif qui, s’il était accepté, légitimerait une frappe préventive américaine ou israélienne.
👉Téhéran refuse, signe de prudence stratégique et de méfiance à l’égard des “cadeaux empoisonnés” de Moscou.
4. Phase d’auscultation : chacun teste l’autre par récits, signaux et calibrage de lignes rouges.
5. Fin juin 2025 : interception du convoi de 750 tonnes d’armement iranien, annoncée officiellement par CENTCOM le 16 juillet 2025.
Paradoxes croisés (miroir)
Pour Téhéran :Moscou devient un partenaire paradoxal, dont l’offre publique de prolifération sert paradoxalement les intentions israéliennes, et qu’il faut donc tenir à distance.
Pour Washington :Israël devient, lui aussi, un allié paradoxal, franchissant le seuil de confrontation en contestant le bilan “triomphal” de Trump et en lui opposant, publiquement, un bilan pro domo qui justifie la poursuite et l’intensification de l’opération militaire contre l’Iran.
Fonction de l’interception (révélateur)
C’est dans ce contexte que s’inscrit et doit être lue, probablement, la divergence sur l’inventaire des armes tel que rapporté.
La perspective que des armes de destruction massive puissent être acheminées vers les Houthis constitue un levier stratégique majeur.
Si elle était confirmée, cette donnée transformerait un conflit déjà régional en enjeu de sécurité internationale, donnant un fondement politique et juridique à des mesures de neutralisation bien plus radicales et relance le narratif de l’urgence à éliminer le régime iranien.
Le CENTCOM a choisi de ne pas divulguer l’information ou la non-information.
S’il ne reprend pas la mention des armes chimiques, c’est un choix délibéré dans sa communication. Cela peut signaler :
soit qu’il n’a pas de preuve consolidée selon ses standards,
soit qu’il veut éviter de franchir la ligne rouge ADM qui obligerait à des options militaires plus lourdes.
Hypothèse d’une observation « comportementale » par Washington :
Les États-Unis, informés à l’avance de la cargaison (y compris par canal iranien), laissent l’opération se dérouler par un acteur tiers.
Objectif : voir à quoi joue le protégé israélien et selon quelles règles.
Avec pour questions-clés :
Va-t-il exploiter immédiatement la possibilité d’introduire de l’ADM comme casus belli et précipiter les conclusions à tirer?
Va-t-il coordonner avec Washington avant de l’annoncer ?
Va-t-il franchir une ligne que les Américains, eux, évitent pour l’instant.
Indicateurs à suivre (diagnostic d’auscultation)
1. Israël : reprend-il officiellement la qualification ADM (chimique) comme pivot de légitimation ?
>Oui. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a immédiatement réagi à cette affaire en la connectant aux menaces existentielles : il a comparé les Houthis à une « tête du serpent iranien » à abattre, promettant que toute attaque serait lourdement sanctionnée.
2. États-Unis : restent-ils sur une prudence factuelle (conventionnel) ou valident-ils la ligne rouge ?
>Le récit dominant dans la presse américaine est prudent et factuel, évitant l’élément chimique. Mais l’incident est déjà en train de résonner politiquement, en alimentant des débats sur la stratégie régionale et les limites du rôle américain.
3. Téhéran : dénégation ferme, silence stratégique, ou contre-accusation (faux-drapeau/manipulation de preuve) ?
>Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqaei, a qualifié les accusations de transfert d’armes aux Houthis de “sans fondement” et relevant d’une campagne médiatique anti-Iran
4. Moscou : posture publique d’“apaisement” vs signal discret de couverture diplomatique à l’Iran.
>À ce jour, aucun grand média d’État russe (RIA Novosti, TASS, RT, etc.) n’a mentionné la saisie du convoi de 750 tonnes d’armes iraniennes destiné aux Houthis, même dans ses aspects les plus classiques (missiles, drones).
5. Preuves techniques : apparition (ou non) d’éléments chaîne de custody* sur l’agent chimique.
Risques symétriques
👉Washington : précédent fâcheux s’il avalise un ADM sans preuve publique → érosion de crédibilité.
👉Israël : s’il pousse seul la thèse ADM et que les alliés temporisent → décalage narratif coûteux à long terme.
👉Téhéran : si l’ADM est établi → casus belli offert à ceux qui prônent la neutralisation de l’IRGC.
Conclusion-pointe
L’hypothèse envisageable est celle d’une interception organisée « conjointement » pour agir comme révélateur d’une manipulation tierce.
Dans ce cadre, l’affaire de l’interception du navire chargé d’armes, supposément à destination des Houthis, pourrait ne pas relever uniquement d’une opération militaire classique. Une hypothèse crédible est celle d’une action concertée, ou à tout le moins tolérée, entre Washington et Téhéran, destinée à mettre en lumière l’existence d’un acteur tiers cherchant à provoquer une escalade irréversible en cristallisant un point de non-retour.
Le contexte stratégique y est propice puisque les tensions récentes entre États-Unis et Israël sur la conduite à tenir face à l’Iran ont ouvert un espace pour un besoin de clarification partagé sur ce point.
L’offre de vecteurs nucléaires formulée par Dmitri Medvedev à Téhéran, perçue comme un “baiser de la mort”, et le refus iranien, ont renforcé la méfiance commune à l’égard des manipulations extérieures.
Cette affaire qui offre une surface familière a préparé et ouvert, il me semble, un espace d’ambiguïté utile pour y voir prospérer ce que les uns veulent démintrer et ce que les autres ont besoin de preuves pour l’accepter. La chaîne de Custody des armes interceptées n’a pas été publiquement verrouillée pour permettre cette émergence.
Le CENTCOM ne valide pas explicitement la présence d’armes chimiques, se contentant d’un communiqué factuel.
Le démenti iranien est calibré : ferme mais sans surenchère, évitant la confrontation directe.
L’événement fonctionne comme un appât pour observer les réactions diplomatiques et médiatiques.
Il permet de mesurer qui amplifie le narratif (et dans quel sens), qui le minimise, et qui cherche à le détourner. L’objectif implicite serait d’identifier le ou les manipulateurs et de tester la solidité des alliances avant que ne survienne une crise ouverte.
Dans cette lecture, l’interception n’est pas seulement un fait de guerre : elle devient un révélateur, un moment d’Intelligence construit pour sonder les intentions réelles des acteurs régionaux et extra-régionaux. La présence d’armes chimiques, si elle est avérée, est un argument puissant pour justifier l’élimination du régime iranien. Mais si son introduction est manipulée, alors elle éclaire — pour qui veut le voir — un champ ténébreux où se révèlent des stratégies inavouées et les zones opaques des alliances.
*La chaîne de custody (chain of custody) est la procédure documentée qui garantit, à chaque étape, l’intégrité et la traçabilité d’un élément de preuve ou d’un objet saisi — depuis sa collecte jusqu’à sa présentation finale (tribunal, inspection, etc.).
Cet exercice n’a rien de « sensationnel ». Il n’est dicté ni par la volonté de provoquer, ni par le goût de la transgression. Il laisse passer ce qui doit être dit. Il est dû aux innocents qui ont perdu la vie le 7 octobre 2023 et à qui aucune chance n’a été laissée. Ils méritent qu’on regarde froidement ce qui s’est passé, non pas en termes d’actualité ou de narration informationnelle, mais sur le plan ontologique. C’est un geste d’anatomiste — au sens le plus grave, inspiré par la Leçon d’anatomie de Vladimir Volkoff, et par la toile du peintre hollandais Rembrandt qui l’accompagne. Ce texte s’inscrit dans cette tradition : celle qui cherche à décortiquer les ressorts du mal, au-delà des slogans et des postures, pour en approcher le mystère et la logique. Il est aussi, en filiation, un acte de vigilance à la Simone Weil, contre l’habitude, contre la Banalité du Mal telle que l’a formulée Hannah Arendt, y compris lorsqu’elle se déploie du côté d’Israël. Il s’agit d’un devoir de lucidité, fût-il dangereux. Cet exercice n’a rien de sensationnel. Il n’est dicté ni par la volonté de provoquer, ni par le goût de la transgression. Il est dû aux innocents qui ont perdu la vie le 7 octobre 2023 et à qui aucune chance n’a été laissée. Ils méritent qu’on regarde froidement ce qui s’est passé, non pas en termes d’actualité ou de narration informationnelle, mais sur le plan ontologique. Il s’agit d’un devoir de lucidité.Implacable, difficile et sans complaisance.
1. Le « moment » du 7 octobre
Le 7 octobre 2023 n’est pas seulement une date. C’est un « moment » au sens fort du terme — un point de bascule dans l’ordre du monde. Un moment qui ne se comprend pas seulement par l’addition des faits, mais par les forces qu’il libère, les lignes qu’il fracture, les récits qu’il ferme et ceux qu’il ouvre.
Ce jour-là, le Hamas frappe au cœur d’Israël. Mais il ne cible pas d’abord l’appareil militaire, ni les centres de pouvoir. Il massacre la jeunesse pacifiste, en pleine fête, dans un festival où la danse et la musique célèbrent la vie et la cohabitation. Ce choix n’est pas tactique : il est symbolique. Il vise la paix elle-même, dans ce qu’elle a de plus désarmé et d’ouvert.
Ce n’est pas une déflagration militaire, c’est un acte sacrificiel. Le Hamas, en ciblant délibérément les porteurs d’une alternative, scelle la disparition du « camp de la paix ». Il ne tue pas l’ennemi : il tue le tiers. Le possible. L’espoir.
2. Le Hamas dans la posture du kamikaze historique
Par cette action, le Hamas dépasse son propre mandat. Il ne plaide plus la cause palestinienne : il la suicide. Il détruit tout capital moral susceptible de fédérer des soutiens internationaux durables. Il isole Gaza, radicalise Israël, et provoque une réaction démesurée qu’il semble avoir anticipée.
On ne peut s’empêcher de s’interroger : qui avait intérêt à ce que ce « moment » se produise ainsi ? Qui tire profit d’un monde où Israël s’enfonce dans la réaction et la vengeance, où la Palestine devient une tragédie orpheline, où l’Occident délaisse l’Ukraine, où les cartes géopolitiques se rebattent dans la confusion morale ?
3. Des architectes invisibles ?
Il est tentant, mais insuffisant, de regarder vers l’Iran. Certes, la République islamique porte une rhétorique radicale. Mais tout indique qu’elle n’était pas informée du timing, ni de la portée rituelle de l’attaque. Elle est piégée dans son propre discours, exhibée comme le méchant prêt-à-porter.
Ce qui s’esquisse en filigrane, c’est l’hypothèse d’une manipulation plus cynique. Un piège. Un réseau gris où se croisent des Intelligences, pas forcément institutionnelles, mais bien réelles : officiers dévoyés, diplomates doubles, financeurs sans patrie, stratèges du désordre.
Dans ce cadre, des États — ou leurs organes parallèles — peuvent agir sans laisser de traces. Les coups tordus modernes n’empruntent plus les canaux formels : ils se sous-traitent, s’externalisent, se diluent. L’oralité, les backchannels, les proxys, les zones grises du renseignement font que le crime ne laisse pas d’empreinte, ou alors, seulement des leurres.
4. La connivence silencieuse
Il y a, dans les postures ambivalentes de Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahou, une zone d’ombre qu’il faut regarder en face. Les deux hommes sont mus, chacun dans leur registre, par un même désir : celui d’un grand Israël messianique et d’une grande Russie messianique, qui convergent dans une redéfinition radicale de ce que serait l’Occident. C’est ce qui fascine aujourd’hui les droites radicales et extrêmes, en Europe comme ailleurs.
Le Hamas, dans ce schéma, n’est pas le bras armé d’une révolution islamique. Il devient l’instrument sacrificiel d’une stratégie plus vaste : celle de l’effondrement des repères, du brouillage moral, de l’effacement de la paix comme possibilité.
Et dans ce chaos, chacun gagne : la Russie détourne les projecteurs de l’Ukraine, Israël justifie une guerre sans limite, et les marchands de guerre — eux — prospèrent.
5. Le pan-sionisme comme matrice idéologique
Il faut nommer ce glissement. Ce n’est pas un simple excès de zèle ou une dérive nationaliste. C’est une mutation idéologique : le passage d’un sionisme politique, fondé sur l’histoire et la légitime aspiration d’un peuple à un foyer, à un pan-sionisme – il est nécessaire de nommer le phénomène pour surmonter la barrière des ambiguïtés – très pernicieux très dangereux. Le pan-sionisme ne défend plus une terre : il cherche à faire recouvrir au sionisme une surface qui n’est pas sienne. Il ne protège plus un abri : il impose une vision.
Le pan-sionisme transforme la mémoire en pouvoir, et l’épreuve en instrument d’influence mondiale. Il a besoin d’un moteur : ce moteur, c’est l’Alyah. Et pour qu’elle s’accélère, il faut entretenir un climat d’antisémitisme croissant, réel ou perçu, qui pousse les communautés juives du monde à considérer Israël comme seul refuge.
Ce mécanisme d’infusion idéologique, lent mais constant, élargit la base, banalise l’extrémisme, rend pensable ce qui hier choquait. Le 7 octobre 2023 est, dans cette logique, un point d’inflexion. Il écrase toute velléité morale. Il rend incontournable un projet de force. Et il convertit la douleur en autorisation d’agir.
Il fallait nommer ce phénomène pour pouvoir le penser. Le pan-sionisme est à la fois l’extension idéologique d’un sionisme dévoyé et le verrou sémantique qui rend toute critique inaudible. Le nommer, c’est franchir la barrière des ambiguïtés et rendre à la parole sa clarté.
6. La mémoire contestée du Lehi
L’hommage rendu aux anciens du Lehi, groupe armé clandestin dont l’un des dirigeants revendiqua l’assassinat du comte Bernadotte en 1948, marque une césure dans la mémoire israélienne. Instituée en 1980, la décoration du Lehi Ribbon a été remise à d’anciens membres du groupe, dans un geste de reconnaissance officielle. Cette normalisation tardive d’un extrémisme armé a provoqué un malaise durable. Elle a réhabilité les moyens pour la fin. Ce n’est pas neutre même s’il est difficile de savoir si, au-delà des 220 récipiendaires, elle est activée aujourd’hui.
Des figures de proue comme Shimon Peres, Yitzhak Rabin ou Ariel Sharon, bien qu’issues de courants différents, n’ont jamais apporté leur soutien à cette réhabilitation. Rabin, artisan d’Oslo, et Peres, homme de paix, incarnaient une mémoire démocratique, modérée et pluraliste. Quant à Sharon, souvent perçu comme faucon, il s’est gardé de toute référence à ce passé, préférant cultiver une image de chef pragmatique.
Le Lehi incarne une fracture : entre ceux qui veulent faire de l’histoire d’Israël un récit continu de libération, y compris par les marges violentes, et ceux qui veulent en préserver la part démocratique. Cette fracture est aujourd’hui visible jusque dans les usages politiques contemporains de la mémoire.
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« La vérité seule sauve l’humanité. »
Les otages ? Ce sont les otages d’un récit qui les dépasse. Leurs vies sont suspendues à des intérêts qu’ils n’ont ni choisis ni compris. Ils sont là pour que le livre biblique continue de s’écrire, page après page, dans le sang et le silence.
Le 7-Octobre-2023 ne sera pas oublié. Mais pour en faire autre chose qu’un totem de haine, il faudra un jour que l’on accepte d’en faire l’autopsie. Frontalement. Cliniquement. Humainement. Le 7-Octobre-2023 doit dire toute sa vérité.
On ne sait rien de la teneur des échanges qui ont eu lieu au Kremlin, ce 23 juin 2025, entre le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran et son homologue russe, en présence de Vladimir Poutine. On sait seulement que le MAE iranien était porteur d’une lettre personnelle de l’ayatollah Ali Khamenei.
Publiquement — ce qui ne constitue pas une surprise — la Russie a condamné les frappes engagées par Israël. Mais nul, sinon les intéréssés eux-mêmes, ne sait si la proposition avancée la veille par Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie (présidé par Vladimir Poutine lui-même), a été abordée et surtout si l’IRR a mordu à ce qui ressemblait plus à un grossier hameçonnage qu’à un soutien sérieux et authentique.
Medvedev y assurait que plusieurs pays seraient prêts à fournir à l’Iran des têtes nucléaires afin d’armer ses missiles.
On ne sait pas ce qui s’est dit. On ne peut entrer dans le secret des dieux. Restons par conséquent sur le terrain des hommes, avec cette évidence : si des secrets compromettants lient la République islamique d’Iran à la Russie d’un ancien agent du KGB, alors le moment vient pour ce dernier de les neutraliser.
Vladimir Poutine n’a jamais hésité à sacrifier ses adversaires et ses partenaires encombrants pour avancer.
Car cet homme — les cadavres sur son chemin le confirment — possède des protocoles opérationnels pour ce genre de liquidation silencieuse. Toujours à l’abri d’être exposé.
Il agit, toujours, avec plusieurs coups d’avance. Et l’offre — retirée depuis, à 11h59 précisèment ce jour, après une spectaculaire réaction de Donald Trump sur Truth Social — n’était peut-être pas tant une erreur qu’un grossier hameçonnage opéré avec l’épée de Damoclès américaine suspendue au dessus de la tête.
Il n’a échappé à personne que Donald Trump a récemment menacé le guide suprême de l’Iran, de suppression physique en affirmant savoir où il se trouvait et pouvoir donc l’atteindre « à tout moment ».
Cela signifie la mort
de l’UE à terme,
car un puissant mainstream
de « normalisation doctrinale »
passera sur nous
Bien sûr, la Russie se prévaut d’avoir signé, en mai, un partenariat stratégique avec l’Iran. L’Iran l’a honoré en livrant des drones utilisés contre l’Ukraine par les Russes. La Russie, en retour, lui assure un service minimum, mais cela ne tient qu’en apparence à la limitation de ses capacités militaires concentrées pour venir à bout de l’Ukraine.
La raison en est qu’un partenariat n’est pas une alliance, et que Poutine a sans doute déjà embrassé la perspective d’un axe géopolitique autrement plus profitable — idéologiquement et impérialement. Le sacrifice de l’Iran, qui appréciera ce cynisme froid, échangé contre l’Ukraine scellant, en définitive, le deal du siècle, avec prix Nobel à la clé pour Trump.
Et l’effacement de l’UE à terme, car un puissant mainstream de « normalisation doctrinale » passera sur nous. Car c’est cela que cela signifie. La Russie fera la loi. Elle fera sa loi sur l’Europe ou, alors, il faudra la guerre.
Cet axe illibéral et néo-Occidental part de Washington pour rejoindre Moscou, en passant par Tel-Aviv. Il tente d’embarquer tout le monde, à la faveur de l’effet aphrodisiaque globalisé qu’exerce la chute de Qom.
Poutine rassure Khamenei quant à sa fidélité. Trump joue le saltimbanque virevoltant d’une position à l’autre, sans paraître poursuivre une ligne cohérente. Rassurant quand le temps vient de sembler le redevenir, fantasque le reste du temps. Il est surtout cohérent quand il est fantasque. C’est son camouflage. Sa furtivité à lui.
La ligne qui semble incohérente est l’axe qui se forme irrésistiblement, sous l’effet aphrodisiaque de la mise à mort d’un régime que nous avons appris à haïr.
Sous ce prisme, beaucoup de choses prennent sens. Cet axe doit être brisé. Avant qu’il ne nous brise car c’est ce qu’il fera.
Le vice-président des États-Unis, J.D. Vance (@VP), a déclaré, le 22 juin 2025 :
> « La Russie et la Chine ne veulent pas que l’Iran développe des armes nucléaires. »
Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, lui a répondu sèchement :
> « La Russie et la Chine n’acceptent aucune ingérence des États-Unis dans leurs affaires intérieures. Toute personne parlant au nom de nos deux pays, sans le faire en notre nom, devrait s’en abstenir. »
Elle a insisté : la Russie et la Chine expriment elles-mêmes leurs positions, par la voie de leurs ministères respectifs. Toute prise de position conjointe doit être explicite, et non supposée.
Mais ce qui est curieux, c’est que Zakharova elle-même s’exprime ici au nom de la Chine — officiellement, et à ses risques et périls.
Ce miroir tendu soulève des questions : – Vance a-t-il été induit en erreur par ses liens connus avec certains cercles pro-russes ? – Ou bien a-t-il, sans le vouloir, révélé la duplicité du discours du Kremlin ?
Car, au même moment, Dmitri Medvedev déclarait publiquement que « plusieurs pays » pourraient fournir à l’Iran des ogives nucléaires — contredisant à la fois la position chinoise et la doctrine officielle de non-prolifération.
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Ce désalignement tactique révèle une asymétrie plus profonde :
– L’Iran cherche une légitimité stratégique. – La Russie cherche, elle, un chaos régional maîtrisé, particulièrement susceptible de faire grimper les prix du pétrole pour compenser l’hémorragie de son budget de guerre.
La République islamique d’Iran doit se poser la question : Quel rôle la Russie veut lui faire jouer ? Dans quel jeu est-elle réellement impliquée ?
Elle doit hâter sa métamorphose, ou elle pourrait bien se retrouver sacrifiée comme un pion.
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Une interrogation existentielle. Comme Shakespeare aurait pu le dire : To be, or to be used?
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Soyons clairs :
Ce que nous voyons se dessiner est peut-être plus qu’une crise diplomatique. C’est l’esquisse d’un troc silencieux, presque parfait, et difficile à arrêter.
Une reconfiguration des priorités mondiales, où le chaos au Moyen-Orient n’est pas une menace, mais un levier. Une région volontairement inflammable pour faire grimper le prix des hydrocarbures. Un Iran livré aux flammes pour payer le prix de l’abandon de l’Ukraine auquel Trump veut contraindre l’Europe et le monde.
Et, dans l’ombre, un nouvel axe en formation — non plus Est contre Ouest, mais une convergence de souverainismes durs, alignant Washington, Tel-Aviv et Moscou. Une configuration déjà assumée, sans honte, par les droites radicales montantes sur plusieurs continents.
09/08/2035: cette version est, sans doute, à amender.
Il faut remettre en cause un postulat trompeur : celui selon lequel un pays « doté », c’est-à-dire possédant l’arme nucléaire, jouirait d’une impunité absolue. Ce postulat, que viendrait étayer le cas ukrainien et par extension démonstrative tirée à vitesse hypersonique des sorts advenus aux tyran irakien ou lybien, repose moins, si on examine avec un peu de soin la situation du soutien à Kyiv, sur une vérité stratégique que sur la prudence naturelle des chefs d’État européens, soucieux d’éviter une escalade continentale et, surtout, d’épargner à leurs peuples le prix du sang, tant que cela leur est encore possible.
Depuis l’agression brutale de l’Ukraine par la Russie en février 2022, cette prudence a pris la forme d’un soutien militaire massif, mais indirect : fourniture d’armement, formation, soutien logistique, mais sans engagement direct des troupes de l’OTAN. Cette ligne rouge — que Moscou cherche à exploiter — reflète un équilibre fragile entre solidarité active et peur de l’engrenage.
Ce prix, les sociétés européennes ne sont plus prêtes à le consentir, protégées depuis plusieurs générations par les dividendes de la paix que leur a apportés le rêve européen — ce même rêve aujourd’hui vilipendé par les promoteurs d’un souverainisme dicté par Vladimir Poutine.
Répéter que l’OTAN ou les Européens s’abstiennent d’un engagement plus direct aux côtés de l’Ukraine par crainte d’une rétorsion nucléaire russe est devenu une hérésie télévisuelle, un réflexe commode pour meubler le vide stratégique de certains débats.
Or, l’arme nucléaire n’a en réalité que deux portées :
1. Une portée militaire : la dissuasion par l’annihilation mutuelle
Elle repose sur un principe d’équilibre : toute attaque nucléaire entraînerait une riposte équivalente, donc la destruction de l’agresseur. Son usage est unique, terminal, et c’est justement cette certitude qui la rend dissuasive. Elle n’est pas une arme de conquête, mais de non-emploi.
2. Une portée dialectique : la rhétorique de la peur
C’est ici que la Russie excelle. En floutant volontairement sa doctrine d’usage, notamment autour de la notion d’« atteinte existentielle », elle instille le doute, la peur, et fait glisser la dissuasion vers l’impunité. C’est le cœur de ce qu’on peut appeler une doctrine d’impunité existentielle : toute entrave à ses ambitions impériales est posée comme une menace vitale, donc potentiellement justiciable d’une réponse nucléaire.
Ce détournement de la logique nucléaire ne menace pas seulement l’Ukraine ou l’Europe. Il subvertit l’ordre international, sape le multilatéralisme, et encourage la prolifération, non seulement par les armes, mais par les doctrines.
Medvedev, le messager de la dérive
Ce n’est pas un hasard si Dmitri Medvedev, ancien président russe et actuel vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, a publié, ce jour, 22 juin 2025, sur X, ce message :
> 2. The enrichment of nuclear material — and, now we can say it outright, the future production of nuclear weapons — will continue. 3. A number of countries are ready to directly supply Iran with their own nuclear warheads.
Familier des outrances, il est parfaitement aligné avec le sujet qu’il m’a semblé bon de soumettre, en parfait Candide, à analyse.
Car ce message ne protège pas l’Iran. Il prolonge la stratégie russe. En affirmant la possibilité de livrer des têtes nucléaires à Téhéran, Medvedev multiplie les centres d’impunité, externalise la dissuasion et fait proliférer la doctrine d’anéantissement potentiel au profit des intérêts du Kremlin. C’est une forme de pollinisation stratégique, une dissémination de la menace.
Plus elle a d’adeptes, plus la Russie impérialiste et son systéme de prédation sont légitimés et essaimés.
Vous voyez le danger?
☢️L’Iran face à une tentation vénéneuse
L’offre de Medvedev est alléchante. Elle a tout l’air d’être une solidarité expresse. Elle est un couteau dans le dos. C’est, en effet, pour la République islamique d’Iran une tentation aussi séduisante que létale : celle de rejoindre le cercle vénéneux des puissances nucléaires.
Mais cette voie, si elle est prise, n’ajoutera aucune sécurité au peuple iranien. Au contraire, elle exposera ce dernier à l’isolement, à une intensification des tensions régionales, à des représailles à peine différées. Et surtout, elle ne renforcera, en vérité, que la Russie, en propageant cette doctrine de l’impunité existentielle, dont il ne fait aucun doute qu’elle doit être tuée dans tous ses oeufs.
L’Iran va donc devoir, pour longtemps, assumer la légitimité du principe existentiel qu’il invoquera. Et dire de quoi elle émane. Car dans cette grammaire du monde, tout se paie — un jour ou l’autre.
C’est ce qui revient au régime de Téhéran pour sauver, beaucoup plus qu’une chimère, une nation réelle, faite de personnes honorables.
Telle est sa responsabilité à leur endroit.
La Chine ne met pas le bout d’un seul de ses doigts dans ce débat, la Corée du nord ses deux mains; Les autres puissances nucléaires : silences et distances
Fait remarquable : des puissances nucléaires comme l’Inde ou le Pakistan restent à distance stratégique de ce débat. Loin de cette rhétorique, elles n’entretiennent pas l’ambiguïté de doctrine. Leur posture est celle d’un équilibre régional contenu, malgré leurs tensions.
La Chine, impénétrable Empire du Milieu, se garde d’intervenir dans cette grammaire stratégique. Son silence n’est pas prudence : il est position, calcul, et souveraineté intacte.
En revanche, la Corée du Nord, elle, met tous ses doigts dans l’engrenage, assumant jusqu’à l’excès la dissuasion comme vecteur de chantage et de survie.
N’oubliez pas de considérer Poutine tel qu’il se voit depuis des années et tel que les réseaux pro-russes le représentent, c’est-à-dire en domination, absolue et imparable, du jeu international.
La représentation ci-dessus, postée en 2015 par les infiltrations russes dans les réseaux sociaux français et européens, a une portée subliminale. Elle dit que nous sommes dans la nasse et que, quoi que nous fassions, nous finirons dans la gueule du loup.
C’est cela ce que cette image dit.
Cette image date de 2015. Mais elle laisse échapper une évidence : si la partie est en cours, à ce moment-là, cela signifie que la partie n’a pas commencée là.
A-t-elle commencé à la conférence de Munich sur la Sécurité, en 2007, lorsque Poutine, pour reprendre la manière dont France Inter relatait l’événement, a dit ses quatre vérités à l’Occident.
Le problème du 11-Septembre-2001, c’est qu’il a été conçu pour interdire tout entendement de la situation d’ensemble.
Il a été élaboré, à cette fin, avec la construction initiale de cette légende selon laquelle le 11-Septembre-2001 inaugurait le schéma d’une « organisation non étatique » s’en prenant à Nous, en même temps qu’un index subliminal de plus en plus insistant désignait, tout de même, l’Arabie Saoudite à la vindicte des opinions publiques occidentales.
Il n’est pas inutile de signaler qu’elle était, jusque-là, l’indéfectible allié stratégique de l’Occident et l’une des clés du marché énergétique. Il fallait parvenir à installer l’idée qu’y siégeait l’origine du Mal. Discernez-vous la mécanique de raisonnement qui est, cran après cran, mise en oeuvre?
Si vous voulez que ce scénario qui nous est stratégiquement favorable soit retenu et délivre toute sa puissance, nous avons l’ingénierie pour vous procurer de quoi l’abreuver. Ceci est la clé de l’intelligence du soft power russe. Elle est infiniment redoutable.
Petite parenthèse : c’est l’Arabie Saoudite qui a contribué à l’écroulement des cours de brut qui a asphyxié, économiquement, l’ex-URSS et l’a fait s’effondrer, effondrement considéré par Poutine comme la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle.
Il est évident que Poutine n’est pas quelqu’un et qu’il n’est pas à la tête de la cryptogarchie russe pour ne pas être en mesure de réserver des chiens de sa chienne à ceux qu’il estime être des traîtres. J’ai beaucoup de mal à penser que si le guide suprême de la Révolution Islamique d’Iran lui a montré un schéma pour déstabiliser le royaume saoudien, il ne l’a pas exploité.
Il voit les failles des systèmes de défense dans les esprits. Et je l’ai vu les avoir vu.
Poutine n’est pas le fils spirituel de la Russie qui a inventé le mythe du Protocole des sages de Sion et la grande Illusion dialectique du Communisme pour rien.
Alors, on trouve toujours un idiot plus ou moins utile pour dire aux Européens qui veulent gober la couleuvre ou aux Américains qui veulent l’entendre de la bouche d’un clown que la commission européenne, c’est l’Etat profond et que Washington, c’est aussi l’Etat profond.
C’est ce que l’on nomme la projection accusatoire.
A partir de cette injonction, qui signe ce qu’est, profondément, la psychologie de l’Etat russe, les uns et les autres parviennent à convaincre des masses d’électeurs que l’Occident est toxique et que sa supériorité morale et technologique est une supercherie.
Il fallait inscrire dans le psychisme des populations, que le sentiment de prééminence de l’Occident, plus que de supériorité, est illégitime, qu’il est le produit d’un complot, d’un conditionnement, d’une doxa libérale, qu’il se réalise aux dépens des tiers-monde, et si la tache ne suffit pas, qu’il est le fruit non seulement de l’exploitation du capitalisme sur les Hommes mais de sa prédation sur le climat, et que là-bas, dans l’autre monde, tu verras et tu seras libéré.
Les moteurs logiques qui ont été mis en marche contre Nous, l’Humanité, ce sont ceux-là. Ce ne sont pas des moteurs d’équité et de justice. Je vous en prie, prenez un peu de recul sur les éléments de langage et de dialectique pour observer le mouvement et la nature de ce qui s’insinue dans l’esprit et le transforme.
En informatique, il y a au moins des pares-feux. Normal, il y a des ingénieurs qualifiés.
Dans l’âme humaine, il n’y a plus rien. Nous avons déclaré que nous sommes assez grands pour nous débrouiller avec le réel.
Alors, on entre dans l’âme des peuples comme dans du beurre ou comme dans un moulin, pour y semer les graines de doute, de discorde et de conflictualité. La société de l’information, vitale aux démocraties, y secrète aujourd’hui la perversité dialectique qui dessert et expose ces mêmes démocraties au ridicule. Le wokisme en est une forme experte.
Cette perversité dialectique qui s’est abattue sur Nous n’a semble-t-il plus de limite et c’est elle qui conditionne les débats pour que, au bout du processus, ils produisent la capitulation de l’intelligence commune devant la terreur.
Il faut se souvenir des choses et comment nous avons été prés de tomber dans le panneau. Nous avons exaucé, en partie le vœu de Poutine, l’Arabie Saoudite s’est décalée de la ligne occidentale.
Regardez, maintenant, parmi les plus virulents à avoir dénoncé cette alliance, à avoir demandé de faire tomber la monarchie des Saoud, « Daech qui a réussi », qui il y avait pour relayer les intérêts de l’Iran et de la Russie, avec un petit coup de peinture russe sur la carlingue du souverainisme.
L’Europe, le Brexit, le TAFTA, le nucléaire, l’OTAN, etc, sur tous nos sujets régaliens, sur tous les sujets, le débat démocratique finit par pencher du côté de l’intérêt objectif de Poutine. C’est problématique et c’est suspect.
Et il est vrai, si d’aventure nous reprenions un peu notre lucidité, qu’un attentat islamiste rappelle la vraie priorité. Faut-il du cochon dans les cantines scolaires ?
Mon malaise, c’est d’avoir le sentiment que quelque chose nous prend pour des cons. Je ne veux pas qu’on prenne mes compatriotes pour des cons. Je ne veux pas qu’on prenne les Européens pour des cons. Je veux qu’aucun humain ne soit pris pour un con.
Voilà, voilà, voilà. Voilà ce sur quoi délibère la démocratie pendant que les loups s’approchent et dévorent une partie des frontières terrestres extérieures et font ripaille de nos cerveaux.
Il y a là, à mes yeux, un mystère. Si elle était encore là l’une des deux Simone Weil ou Veil pourrait me renseigner sur la manière dont le mal conquiert les esprits. C’est le sujet.
Nous ne pourrons pas aller bien loin dans ce XXIe siècle sans protéger et nourrir le libre-arbitre qui nourrit la liberté de tous les peuples.
Elle ne se nourrit de rien d’autre et ne trouve son aise que de la qualité du libre-arbitre que l’on instruit. Je ne distingue pas les démocraties des autres régimes constitutionnels de ce point de vue.
Cela implique que le combat qui doit nous réunir et que certains veulent cristalliser autour d’une spécialisation de la théorie du clash des civilisation, via l’affrontement Occident vs Sud Global est une invention, nourrie aux hormones de croissance du ressentiment des uns et de la culpabilité des autres, pour que nous nous trompions toujours de cible.
Ce prisme est attrayant. Il est attrayant comme un mensonge.
Pour revenir au 11-Septembre-2001, le mythe consistant à dire que nous avons eu affaire à une organisation non étatique résistera-t-il à une analyse rigoureuse ? A celle dont nous ne sommes pas vraiment capables avec le système d’information tel qu’il est ?
De là où mon chemin m’a placé, la scène de crime parle toute seule. Les liens et les convergences objectives affleurent la surface des opacités et des apparences.
Il est advenu – on appellera ce phénomène comme on le veut – que dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015, sur fond des variations Goldberg de Johann Sébastian Bach par Glenn Gould, une partie du voile s’est levé.
Je n’ai pas tout vu ni tout compris d’un coup. Mais j’ai compris ce qu’il ne fallait pas regarder pour avoir une chance de commencer à voir.
Combien y a-t-il de manières d’influer sur le cours d’une rivière qui s’appellerait l’histoire avec un grand H?
Pendant que notre attention était focalisée sur l’assassinat du commandant Massoud et qu’Al-Qaida agitait des spectres que nous avions envie de voir pour confirmer notre vision des choses, pendant ce temps, la conférence de l’antiracisme de Durban I, en Afrique du Sud, ouvrait de vraies vannes pour nous submerger idéologiquement ; pour rentrer, dans toutes les têtes, la pomme de discorde que constitue le mythe de la Palestine et insinuer, jusque dans les plus prestigieuses universités, un antisémitisme au carré.
L’opération du 7/10/2023 du Hamas ne fait qu’appliquer, comme si sa forme antédiluvienne, ne suffisait plus, la formule de cet antisémitisme au carré : parce que l’un est juif et parce que l’autre est palestinien.
Que d’intelligences, vraisemblablement honorables, au départ, se sont éventrées sur ce double écueil.
Oui, c’est ce que je dis car c’est cela, à partir de mon non-académisme, que je discerne.
C’est le danger dont je suis seul à oser vous avertir.
La clé de l’Histoire, fournie avec le mode d’emploi, dans la rue arabe, comme on dit par facilité rhétorique, et dans les esprits occidentaux, devrait être celle-là.
Elle est tentante. Elle ouvre l’enfer.
Elle s’offre à l’intellect dont elle épouse la forme des serrures. Il faut créer une autre clé. Une clé de justice. Réparatrice. La Politique sert justement à ça.
Refaisons de la grande politique !
Emmanuel Macron a eu raison de dire, le 27 février dernier, que nous ne pouvons rien exclure, et que nous ne pouvons pas exclure, par conséquent, d’intervention terrestre pour défendre l’Ukraine.
Il est plus que temps de prendre la mesure de la menace russe et des calculs monstrueux qui l’animent.
Le président Macron ne mérite pas la petite bronca politico-médiatique qu’une partie de la classe politique lui a réservé. L’histoire jugera.
Nous ne faisons que commencer à comprendre la nature de ce à quoi nous avons affaire.
Nous n’avons pas fini de découvrir son visage.
De toute façon, le choix est simple. Ou bien nous découvrons son visage ou bien il couvre le nôtre du masque de l’infâmie.
Normalement, nous avons une Marseillaise pour comprendre ce qu’il faut faire.
Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans l’histoire, mais à cette échelle, avec les conséquences sur l’Ordre du Monde que cela fait peser, cela n’est jamais survenu.
Ne vous demandez pas comment le nazisme a subjugué le peuple allemand, il l’a fait comme la révolution nationaliste russo-poutinienne et la révolution islamique subjuguent et tentent de partitionner notre temps et notre espace.
Il y a eu un petit miracle auquel il faut rendre justice. Il s’appelle Zelenski. Je crois qu’on ne se rend pas compte comment, au soir du 24 février 2022, il a fait sonner une charge inattendue, surprenante et héroïque face à la tyrannie russe.
Les Ukrainiens ne peuvent pas perdre et nous devons gagner. Européens, nous n’avons pas le droit de nous laisser endormir !
PS: Je suis candidat à la candidature sur la liste Renaissance aux Elections Européennes du 9 juin. Si légitimité il y a à ce que je me vois confié l’honneur de représenter les Européens, c’est en vertu de cette parole de sécurité. Je l’ai extirpée à ce qui ressemble à un chaos pour la lever et en faire le matériau du bouclier de notre civilisation. Merci.
Il y a eu, sous couvert de lutter contre le racisme, à Durban (Afrique de Sud), en août 2001, un pacte entre l’islam corrompu et sa nébuleuse, d’un côté, et la gauche altermondialiste, écologiste et prewokiste, de l’autre.
Ce pacte a été dûment contresigné par les attentats du 11-Septembre-2001 qui sont survenus quelques jours après l’échec retentissant, le 5 septembre 2001, de cette conférence dite « contre le racisme » et pourtant, déjà, ouvertement antisémite.
Nous n’y avons vu que du feu.
Nous avons vu l’assassinat du Commandant Massoud.
Nous avons voulu ne voir que l’assassinat du Commandant Massoud, intimant aux Etats-Unis d’Amérique d’anéantir les Talibans en Afghanistan.
Nous n’avons voulu voir que le mouvement spectaculaire de l’assassinat d’une figure de la lutte contre l’islamisme et nous sommes restés aveugles et insensibles aux tentacules de l’autre, propagés dans les systèmes cognitifs, inoculé au plus profond de l’âme, en cet endroit oú s’établit notre libre-arbitre, sur lequel plus personne ne veille, quand une force, un appel, m’a appelé, lui, à y pourvoir.
Nous n’avons pas voulu voir la conférence de Durban, et ce qu’elle a initié, lentement, sur l’échiquier des opinions publiques et des relations internationales.
Greta Thumberg m’inspirait, depuis son apparition, en fausse vespale ou en Jeanne d’Arc de la cause écologique, la plus grande méfiance. Le samedi 26 novembre 2023, très explicitement, elle est vue en train de scander les slogans réclamant la chute d’Israël et son soutien au hamas. Le masque est tombé.
#GretaThumberg apparaît donc comme l’icône de ce pacte que je dénonce. Les « féministes » sélectives, qui s’illustrent par leur silence quant aux viols perpétrés contre des juives, sont des éléments du dispositif formé pour faire plier nos démocraties, fatiguer et désarmer les opinions.
Au bout de cette conquête des esprits, il s’agit d’achever de substituer à la globalisation qui n’était pas suffisamment heureuse, un pacte qui, présenté comme étant de l’altermondialisation, est, surtout et avant tout, un pacte de « totalirisations ».
Il avance la promesse d’une paix qui est surtout un renoncement. C’est pour cela que ces mouvements plaisent tant à son Excellence des ténèbres, l’ayatollah Khamenei et à un obscur ex-officier du KGB qui a cru pouvoir satisfaire, par ce biais, son désir de grandeur.
Toutes et tous, grands et obscurs maillons de cette chaîne, sont inscrit dans cette grande ligne droite, cette véritable autoroute du Mal tracée pour y débrider la puissance des haines, qui relie le 11-Septembre-2001 au 07-Octobre-2023.
Elle cisaille la terre et le ciel, dans le zébrure de la haine fondatrice que constituent l’antisémitisme.
Nous devrons réunir à nouveau le ciel et la terre, le haut et le bas.
Ce pacte est très puissant par les idéologies qu’il ramifie comme par les prébendes politiciennes* qu’il distribue; par les cycles de haine et de ressentiments qu’il engage; par les idées qu’il greffe dans les esprits; par l’illusion qu’il répand.
Il se fonde sur une habileté sans pareille.
Pourtant,
Pourtant, Moi, le pur produit de la République française laïque, Je promets, qui commence à la mienne, l’âme d’un peuple, aux quatre coins du monde, parlant diverses langues mais contenu dans une seule pensée, qui va briser ce pacte et condamner celles et ceux qui lui ont prêté allégeance, qui va dévaster ce dont est faite la pensée néfaste dont est né ce pacte.
Je ne promets pas l’impossible. Qu’il soit dit que je promets ce que je vois.
Je prie la Chine de ne pas succomber aux promesses alléchantes de l’ordre mondial que ce pacte augure. Je sais cette Chine. Je sais ce monde. Au moment où l’on me voit tel que je suis, le bien triomphe.
Ce qui se passe, et qui vient de loin, n’est et n’a été possible que parce qu’il y a une faillite béante du système d’information et son inadéquation à la nature de certaines menaces. Il y a d’innombrables et constantes illustrations de cette défaillance. Pour être passé sous tant de radars, j’en suis aussi, modestement, la preuve vivante, parce que j’ai dit, par ce que j’ai fait.
*L’Espagne massivement dans la rue pour protester contre le premier ministre, issu du PSOE, Pédro Sanchez peut en témoigner. En France, Jean-Luc Mélenchon en prédicateur des gauches insoumises et soumises tente de lever la même mayonnaise.