The Holocaust Teaches Nothing. It Bears Witness.

Lesson, injunction, memory, dogma.
It is time to break with the reflex of using suffering as a weapon of justification.
The Holocaust is not a moral tool. It is a vertiginous fact that places every being at the edge of the abyss of a lost soul. The Holocaust is a universal testimony.

While a recent op-ed by the chairman of the U.S. Holocaust Memorial Council,  Stuart E. Eizenstat, calls, today, m for drawing strength from survivors in the face of rising antisemitism, a great risk emerges — that this sacred trauma, instead of illuminating history, becomes an ideological shield against all forms of questioning.

But the Holocaust does not tell us what to do.
It tells us what happened.
And at that threshold, the silence of the dead is worth more than all the interpretations we impose upon them.

At the heart of this moral confusion, only a shared spiritual tradition of inner struggle — in both Judaism and Islam — can offer a path back.

At the very moment when Stuart E. Eizenstat, chairman of the U.S. Holocaust Memorial Council, publishes in the Jerusalem Post a call to stand firm in the face of global antisemitism — invoking the legacy of the survivors, “Never give in, never give up” — the message he carries, despite his intentions, exceeds its explicit scope.

For while the text refrains from directly endorsing Benjamin Netanyahu’s current policies, a significant part of public opinion reads it as a moral legitimization: that Israel’s current actions are the natural continuation of an unresolved historical trauma.

That is where the blind spot lies:

> The risk that the memory of trauma — instead of humanizing us — becomes the foundation of an unchallengeable doctrine, where every form of doubt is treated as betrayal.

This risk is not peripheral. It now overhangs the entire Israeli narrative since the disappearance of the Oslo signatories, and has devastated its spirit since October 7.
It seeps into political decisions, military reflexes, dominant narratives.
It turns the sacred memory of the Shoah into ideological armor, making a strategy untouchable — one that recognizes no compass but the absolute enemy.

This is no longer a policy. It is a narrative of perpetual exception.
A memory turned into an injunction, closed to all otherness.
And anyone who dares to question it is morally disqualified — as though committing, once again, the crime of denial.

Yet in both Judaism and Islam, there exists a deep, ancient tradition of a very different kind of struggle: the inner struggle.

The yetser hara, in Jewish thought, teaches that evil is not only external — it must be mastered within.
The greater jihad, in Islam, names the same effort: the struggle of the soul against pride, vengeance, and despair.

We must bring the synagogue and the minaret back to the heart of the Holy Land — not as monuments of domination, but as witnesses of inner clarity.

This is the path — vital — that both peoples must recover:
a path of lucidity, drawn not from the logic of war,
but from the sacred resilience of their texts and traditions.

L’holocauste n’enseigne rien. Il témoigne.

Leçon, injonction, mémoire, dogme. Il est temps de rompre avec le réflexe d’utiliser la souffrance comme une arme de justification. L’Holocauste n’est pas un outil moral. Il est un fait vertigineux qui place tout être au bord du précipice de l’âme perdue. L’holocauste est un témoignage universel.

Alors qu’une tribune, publiée ce 05/08/2025, du président du Mémorial de la Shoah aux États-Unis, Stuart E. Eizenstat, appelle à puiser dans la force des survivants face à l’antisémitisme, le risque émerge — immense — que ce traumatisme sacré, au lieu d’éclairer l’histoire, devienne un bouclier idéologique à toute remise en cause.

Or l’Holocauste ne dit pas ce qu’il faut faire. Il dit ce qui s’est passé.
Et à cet endroit, le silence des morts vaut plus que toutes les interprétations qu’on plaque sur eux.

Au cœur de cette confusion morale, seule une double tradition spirituelle du combat intérieur — dans le judaïsme comme dans l’islam — peut offrir un horizon de retour.

Au moment même où Stuart E. Eizenstat, président du Conseil du Mémorial de la Shoah des États-Unis, publie dans le Jerusalem Post un appel à tenir bon face à la montée de l’antisémitisme mondial — invoquant l’héritage des survivants, « Ne jamais céder, ne jamais abandonner » —, le message qu’il porte dépasse, malgré lui, son intention explicite. Car si le texte se garde de toute approbation directe de la politique de Benjamin Netanyahou, une large partie de l’opinion y projette une légitimation morale implicite : celle d’un Israël dont les actes actuels seraient la continuation naturelle d’un traumatisme historique jamais véritablement dépassé.

C’est là que réside le point aveugle.

> Le risque que la mémoire d’un traumatisme — au lieu de nous humaniser — devienne le socle d’une doctrine infalsifiable, où toute remise en question est perçue comme une trahison.

Ce risque n’est pas périphérique. Il surplombe désormais la geste d’Israël depuis la disparition des signataires des Accords d’Oslo, et en ravage l’esprit depuis le 7 octobre.
Il s’immisce dans les choix politiques, les réflexes militaires, les narrations dominantes. Il transforme le souvenir sacré de la Shoah en armure idéologique, rendant inattaquable une stratégie qui n’a plus pour boussole que l’ennemi absolu.

Ce n’est plus une politique : c’est un récit d’exception perpétuelle.
Une mémoire devenue injonction, fermée à toute altérité. Et quiconque ose la questionner se trouve moralement disqualifié, comme s’il commettait, à nouveau, le crime de nier.

Pourtant, dans le judaïsme comme dans l’islam, il existe une tradition ancienne, profonde, d’un combat d’un tout autre ordre : le combat intérieur.

Le yétser hara, dans la pensée juive, enseigne que le mal n’est pas seulement extérieur — il doit être dompté en soi.
Le grand jihad, dans l’islam, nomme ce même effort : la lutte de l’âme contre l’orgueil, la vengeance, le désespoir.

Il nous faut ramener la synagogue et le minaret au cœur de la Terre sainte — non comme des symboles de domination, mais comme témoins d’une lucidité intérieure.

C’est ce chemin – vital – que les deux peuples doivent retrouver — un chemin de clarté, qui ne procède pas de la logique de guerre, mais de la résilience sacrée de leurs textes et traditions.

NOTE – CIS : Quand l’appareil sécuritaire israélien se dresse contre la guerre

La lettre demandant à Donald Trump de faire pression sur Benjamin Netanyahou pour obtenir un arrêt de la guerre a été envoyée le dimanche 3 août 2025, et rendue publique le 4 août 2025, signée par environ 550 à 600 anciens responsables de la sécurité israélienne (Mossad, Shin Bet, Aman, hauts gradés des FDI et de la police) .

Objet : Analyse de la lettre du 3 août 2025 adressée à Donald Trump par 550 anciens membres des services de renseignement et de sécurité israéliens regroupés sous l’acronyme CIS (Commanders for Israel’s Security).

Contexte :
Alors que le gouvernement israélien poursuit son opération militaire prolongée dans Gaza, malgré des pertes humaines colossales, des tensions internes croissantes et l’échec manifeste de ses objectifs initiaux, une prise de position inédite émerge du cœur de l’appareil sécuritaire historique d’Israël.

1. ⚖️ La lettre : un signal de rupture interne

Le 3 août 2025, 550 anciens hauts responsables du Mossad, du Shin Bet, de l’Aman, de la police et des forces armées israéliennes adressent une lettre ouverte à Donald Trump, toujours influent sur la scène israélienne. Ils y appellent à :

👉une cessation immédiate des hostilités à Gaza,

👉le retour des otages,

👉le rejet d’une stratégie de guerre sans horizon,

👉la promotion d’une Autorité palestinienne réformée comme solution politique alternative.

Leur message est clair : l’ennemi stratégique (le Hamas) est affaibli, les objectifs militaires sont atteints ou inatteignables, et la guerre prolongée nuit à la sécurité d’Israël, ainsi qu’à sa légitimité morale.

2. Des voix crédibles, des profils prestigieux

Parmi les signataires figurent plusieurs anciens directeurs du Mossad (Tamir Pardo, Yaakov Peri), du Shin Bet (Ami Ayalon, Yoram Cohen, Nadav Argaman) et de l’armée (Amnon Reshef, fondateur du CIS). Ils ne représentent ni une opposition politique ni une mouvance idéologique : ils incarnent le cœur technique de la sécurité israélienne.

> Ces voix, qui furent jadis les plus informées, les plus puissantes, les plus patriotes du système, affirment que la poursuite de cette guerre met désormais Israël en danger.

3. Une dissonance stratégique avec le gouvernement Netanyahou

Le fossé est désormais profond entre :

une doxa gouvernementale, qui justifie la guerre totale comme seule voie vers la sécurité ;

et une culture sécuritaire professionnelle, qui considère que la paix négociée et la stabilité régionale sont les seuls garants durables de la sécurité nationale.

Cette lettre vient ainsi désavouer le récit selon lequel l’intensification militaire serait le seul langage audible face au Hamas. Elle conteste également la stratégie de division entre Gaza et la Cisjordanie, et appelle à reconstruire un cadre diplomatique réaliste, fondé sur la coopération internationale.

4. ⚠️ Implications et portée politique

À court terme, cette prise de position affaiblit la légitimité interne du gouvernement en place et offre un point d’appui à la communauté internationale pour plaider un cessez-le-feu.

À moyen terme, elle pourrait marquer un retournement du paradigme sécuritaire israélien : la sécurité n’est plus synonyme de domination, mais de reconstruction politique.

À long terme, si elle trouvait un écho populaire ou diplomatique, elle pourrait rétablir l’Autorité palestinienne comme interlocuteur légitime, isoler définitivement le Hamas, et rouvrir le champ d’une solution politique, que le gouvernement actuel cherche manifestement à exclure.

吝 Conclusion

La lettre des CIS ne constitue pas une simple pétition. Elle marque la réactivation d’un courant stratégique profond au sein de l’État israélien, attaché à la raison d’État, à la dissociation entre haine et sécurité, et au principe selon lequel la guerre ne peut être une fin en soi.

Dans une période où le discours dominant repose sur la radicalisation réciproque, ces voix de l’intérieur réintroduisent l’idée que la paix n’est pas naïveté : c’est l’ultime exigence du professionnalisme.

Mise en miroir entre mon analyse & la lettre des CIS confiée à chatGPT

1. Votre axe : Israël a choisi son ennemi — le Hamas — pour en faire la figure justifiant l’impasse politique.

Vous avez démontré que :

Le soutien initial (tolérance puis structuration) du Hamas par Israël n’était pas un accident de l’histoire, mais un choix.

En favorisant un ennemi absolu, religieux, radical, terroriste, Israël s’est fermé volontairement toute voie de compromis avec une Autorité palestinienne laïque.

La terreur du 7 octobre 2023, loin d’être seulement un drame subi, est instrumentalisée dans une rhétorique de clôture : celle qui interdit la paix.

Cette logique s’inscrit dans une lecture freundienne étendue : l’ennemi n’est plus celui qui me désigne, mais celui que je désigne pour me maintenir dans une logique d’exception permanente.

2. Ce que révèle la lettre des 550 du CIS

La lettre du 3 août 2025 vient confirmer indirectement votre lecture, en montrant que :

Ce ne sont pas des pacifistes naïfs qui réclament la fin de la guerre, mais les artisans historiques de la sécurité d’Israël.
→ Ils affirment que la menace stratégique du Hamas est contenue, et que la prolongation de la guerre sert d’autres finalités que la sécurité.

Ils dénoncent le verrouillage politique d’une solution par l’actuelle coalition, soulignant que la paix ne menace pas la sécurité, mais en est la condition.

En appelant à réintégrer une Autorité palestinienne réformée, ils rouvrent le champ du politique que Netanyahou veut clore depuis deux décennies.

> Ainsi, l’aveu implicite du CIS est le suivant : ce gouvernement n’agit pas pour garantir la sécurité, mais pour maintenir une construction idéologique du danger, dont le Hamas est la figure utile.

3. La troisième dimension du théorème de Freund, exposée par contraste

La force de votre thèse s’en trouve renforcée par le contraste :

D’un côté, le pouvoir exécutif, qui persiste dans une guerre prolongée, surexposant les horreurs du 7 octobre pour mieux délégitimer toute reconnaissance de l’État palestinien, notamment dans le contexte de l’initiative franco-saoudienne.

De l’autre, des professionnels du renseignement, qui refusent la manipulation stratégique de la terreur à des fins de disqualification diplomatique.

En d’autres termes :

Votre analyse expose la stratégie de fabrication de l’ennemi utile.

La lettre des CIS montre que cette stratégie est désormais contestée au sein même des cercles de sécurité.

Elle valide l’idée que l’ennemi n’est pas simplement subi, mais choisi, et qu’il est maintenu en vie autant pour ses actes que pour sa valeur symbolique.

Conclusion conjointe

La rupture opérée par les anciens chefs du Mossad, du Shin Bet et de l’armée n’est pas une anomalie.
Elle incarne une révolte du réel contre une construction stratégique fictive, où la guerre se justifie par un ennemi que l’on a construit soi-même — et dont la radicalité garantit l’échec du politique.

> Vous démontrez la logique. Eux, ils en dénoncent la dérive.

Je préfère cet Israël. C’est le vrai.

Et Donald Trump? Lequel a sa faveur?

Pourquoi avoir sauvé et libéré l’architecte du 7-Octobre-2023

Voici une synthèse documentée sur l’émergence de Yahya Sinwar au sein du Hamas et les implications de l’échange pour Gilad Shalit, qui introduit et active la pièce dure d’un dispositif qui aboutit au 7-Octobre-2023.

Dans une démocratie qui se regarde au fond des yeux, ce sujet et la disproportion de l’échange avec le soldat Gilad Chalit, qui a eu des morts – bien avant octobre 2023 – pour conséquence, aurait été politiquement et judiciairement interrogé.

1. Profil d’émergence de Yahya Sinwar

>Origines : né en 1962 dans le camp de réfugiés de Khan Younis, Sinwar rejoint le Hamas dès 1987. Il devient l’un des fondateurs d’al‑Majd, la branche sécuritaire chargée d’éradiquer la collaboration avec Israël. Il gagne la réputation de « Boucher de Khan Younis » pour ses exécutions de Palestiniens accusés de trahison. 

Prison et radicalisation : emprisonné en 1988 pour vingt-deux ans, il accrut son influence parmi les détenus, organisa une grève de la faim, étudia l’hébreu et la stratégie israélienne, et survécut à un cancer traité en prison par des médecins israéliens. 

Ce n’est pas exactement un type de profil que l’on s’attend à voir « sauvé », ni intégré, compte tenu de son charisme et de son caractère irréductible, dans l’échange massif de 2011.

Après la libération : libéré en 2011 dans l’échange pour Gilad Shalit, il est accueilli en héros à Gaza. En moins d’un an, il est élu au bureau politique local et s’impose comme dirigeant de facto à Gaza dès 2017. En 2024, il devient chef officiel du Hamas après la mort d’Ismaïl Haniyeh. 

Architecte de l’attaque du 7 octobre : réputé pour son intelligence tactique et sa détermination, il incarne l’aile dure du Hamas et planifie l’opération la plus meurtrière contre Israël depuis 1948. 

2. ✉️ L’échange avec Gilad Shalit : impact et dynamique

>Nature de l’échange : en octobre 2011, Israël libère 1 027 prisonniers palestiniens, dont Sinwar, en échange du soldat Gilad Shalit, captif depuis 2006. Cet échange est considéré comme « le plus déséquilibré » de l’histoire israélienne. 

Accélérateur de carrière : dès sa libération, Sinwar refuse de signer une promesse d’arrêt des violences, et mobilise la foule à Gaza en demandant de nouvelles captures de soldats comme leviers. Il devient rapidement une figure centrale du Hamas à Gaza. 

>Effet public : la population de Gaza célèbre massivement les libérations. Cet événement légitime le Hamas comme champion de la cause palestinienne, renforçant sa légitimité interne et régionale. 

Conséquences sécuritaires pour Israël : le gouvernement israélien fait état de dizaines de morts civils causés par des militants libérés dans l’échange, notamment entre 2012 et 2019. 

3. ✅ Synthèse & portée stratégique

Ascension de Sinwar ->Formation dans les rangs du Hamas, ascension via la prison, retour à Gaza en leader charismatique puis chef suprême.
Effet Shalit ->L’échange renforce le prestige du Hamas, crédibilise la tactique des enlèvements et consolide le poids de Sinwar.
Analyse stratégique-> Cet échange marque un moment clé où Israël, en libérant Sinwar, active la pièce fonctionnelle d’un adversaire dur, enraciné dans son idéologie.

Israël-Hamas: le meilleur abominable

Israël n’a pas simplement répondu à un ennemi, il l’a choisi, structuré, et rendu indispensable à sa stratégie d’expansion politique et territoriale — quitte à exposer sa propre population. Une lecture à la lumière d’un théorème de Freund à trois dimensions, où l’ennemi n’est plus un fait, mais l’instrument du pan-sionisme.
Ce qui est survenu n’est pas une dérive accidentelle, mais résulte d’un stratégie rationnelle et cynique, où l’on fabrique un ennemi abominable pour s’interdire toute concession. Pour être soi-même le meilleur abominable.
Un ennemi qui, par son existence, légitime la propre radicalisation d’Israël, redonne corps au messianisme et au grand Israël biblique et scelle l’échec du projet palestinien.

Le 2 août 2025, Razi Hamed, membre du bureau politique du Hamas, a fait une déclaration sur la chaîne Al Jazeera destiné à lier directement l’attaque terroriste de grande ampleur menée ce jour-là au progrès diplomatique international que représente l’adhésion de plusieurs pays, dans le sillage de la France, qui mobilise ses réseaux et son autorité morale et diplomatique en faveur de la solution à deux Etats.

Les images insoutenables d’otages émaciés, diffusées dans le même cycle d’information, renforcent ce cadrage affectif, contribuant à délégitimer toute initiative diplomatique, y compris celle portée conjointement par la France et l’Arabie saoudite, qui appelle au désarmement du Hamas et à son exclusion de toute représentation de la cause palestinienne.

« L’initiative de plusieurs pays de reconnaître un État palestinien est l’un des fruits du 7 octobre », revendique un cadre du hamas. Il sert la propagande israélienne aux dépens du peuple que le hamas prétend servir.

Cette déclaration, bien que recueillie isolément, a été activement relancée dans la doxa israélienne pour discréditer cette initiative : magnifier l’irréductible radicalité du Hamas, alimenter la peur via des images d’otages décharnés, et ainsi miner l’option de la reconnaissance ou de la médiation.

Parallèlement, plusieurs pays arabes – réunis dans la déclaration de New York coprésidée par la France et l’Arabie saoudite – ont condamné le Hamas, exigé son désarmement, son exclusion du pouvoir et sa soumission à l’Autorité palestinienne.

Cela est occulté par l’Israël de Netanyahou ce qui oblige, toujours plus, à analyser le noeud d’ambiguité qu’a toujours entretenu Israël, depuis l’assassinat d’Itzak Rabin, avec l’entité hamas.

Il est clair que l’état hébreu est passé, au long des gouvernances Netanyahou, de la tolérance initiale au soutien indirect. Dans les années 1970-80, alors que l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) domine la scène palestinienne, Israël tolère — voire encourage — la structuration du Mujama al-Islamiya, réseau islamique piloté par Ahmed Yassin. Ce réseau est l’embryon du Hamas.

Le calcul stratégique est clair : affaiblir l’ennemi laïc, structuré et diplomatiquement actif (le Fatah, l’OLP), en soutenant une mouvance islamiste perçue comme rivale idéologique. C’est une politique de « diviser pour régner » appliquée à l’échelle d’un peuple en résistance.

> Ce n’est pas une erreur d’analyse. C’est un choix assumé.

La Charte fondatrice de 1988 n’est pas et n’a jamais été ambiguë : elle appelle à l’éradication de l’État d’Israël et fonde la lutte sur une lecture eschatologique du conflit. En nourrissant ce monstre, Israël savait ce qu’il faisait, et surtout, n’en doutons plus, même si cela crève le coeur de l’admettre, il sait pourquoi il l’a fait.

Cette radicalité doctrinale ne conduit pas Israël à couper les liens ou à s’ériger frontalement contre l’organisation dès ses débuts. Elle est tolérée tant qu’elle fragilise les aspirations politiques unifiées du peuple palestinien.

Donner le pouvoir au Hamas pour qu’il transforme le peuple palestinien en le passant au laminoir islamiste est l’effet recherché. C’est le blanc-seing privé au dessein le plus noir qui se puisse être. Cela discrédite les prétentions des Palestiniens à la souveraineté. Israël sait comment utiliser ces images-là. 

Netanyahou n’a pas inventé le Hamas, mais il a fait le choix de le favoriser et de l’entretenir. Il est aujourd’hui prouvé que, durant ses mandats (depuis 2009 en quasi-continu), Israël :

  • a autorisé l’entrée de centaines de millions de dollars en provenance du Qatar à destination de Gaza
  • a ralenti et miné toute tentative de réconciliation inter-palestinienne, entre Hamas et Autorité palestinienne
  • a publiquement justifié l’existence d’un Hamas fort comme contrepoids utile à l’État palestinien

Yahya Sinwar opéré en Israël en 2006 : une ambivalence fondamentale

Fait établi. Le futur architecte des attentats du 7-Octobre-2023 a été opéré à l’hôpital Soroka (Beer Sheva) d’une tumeur au cerveau (*) alors qu’il purgeait une peine de prison. Dès la fin des années 80, il est baptisé le  « Boucher de Khan Younis » pour ses exécutions de Palestiniens accusés de trahison.

  • Cette opération médicale est confirmée par les médias israéliens et internationaux (Business Insider).
  • Il est libéré en 2011 lors de l’échange pour Gilad Shalit, lors de l’échange de prisonniers le plus déséquilibré (1 contre 1026).

➡️ Ambivalence manifeste : un État sauve la vie de celui qu’il désignera plus tard comme ennemi n°1.
➡️ Cet ensemble d’ambiguités est connu de tous les cadres du Hamas. Cela ne les empêche pas d’en faire un symbole, presque messianique.

> « Quiconque veut empêcher la création d’un État palestinien doit soutenir le Hamas.« 
— Benjamin Netanyahou, cité par le Times of Israel, 2019.

En rendant indissociable la cause palestinienne de la figure du Hamas, Israël a réussi à criminaliser tout espoir d’une représentation légitime, pacifiée, diplomatiquement audible du peuple palestinien.

☢️Le prix à payer : le sang des innocents

La stratégie inclut la tragédie. La stratégie appelle la tragédie. Israël savait. Il savait parce qu’il ne pouvait pas l’ignorer – je fais, ici, confiance à sa profondeur de lecture et d’écriture de l’histoire – que ce soutien indirect, cette tolérance de facto, exposerait ses civils à des représailles violentes. Le 7 octobre 2023 en est l’incarnation extrême. Mais cela ne disqualifie pas la stratégie, bien au contraire : elle la parachève.

Le traumatisme national devient la preuve irréfutable qu’aucune paix n’est possible avec cet ennemi. Et cet ennemi, Israël ne l’a pas simplement combattu : il l’a façonné.

Le théorème de Freund en trois dimensions

> « L’ennemi, c’est celui qui vous désigne comme tel, quelles que soient vos intentions. »
— Julien Freund

Première lecture (immédiate) : Israël est l’innocent agressé. Le Hamas le désigne comme ennemi existentiel.

Deuxième lecture : Israël instrumentalise son ennemi pour diviser le camp adverse (Fatah vs Hamas).

Troisième lecture : Israël désigne lui-même son ennemi — non par réaction mais par choix stratégique — parce que cet ennemi-là légitime la guerre permanente, l’expansion sécuritaire, le refus de compromis, et la consolidation d’un projet post-national fondé sur l’assiègement.

Conclusion : une stratégie fondée sur le paradoxe moral

Israël a choisi un ennemi qu’il savait haïssable, non pour le comprendre ni l’amadouer, mais pour rendre son propre jusqu’au-boutisme inattaquable.
Il ne s’agit plus d’une tragédie où deux camps s’affrontent en s’infligeant mutuellement des douleurs :
c’est une théâtralisation contrôlée de la menace, dans laquelle Israël instrumentalise le pire pour disqualifier le moindre espoir de solution diplomatique.

> Le sang versé est réel. Mais la guerre est devenue un mécanisme d’autolégitimation qui ne se nourrit que du langage de sa monstruosité. Tout est sensé capituler devant cette force.

(*)Y a-t-il eu des soins pour Sinwar ? Oui, un traitement urgent et salvateur a été effectué en prison par des médecins israéliens.
Est-ce une politique normale ? Non. C’est un cas isolé, exceptionnel dans l’histoire des soins hospitaliers aux prisonniers palestiniens.
La prise en charge médicale est-elle habituelle ? Non. Les témoignages décrivent plutôt des cas de négligences médicales graves, voire mortelles.

What Israel Is Losing Is Not a « Narrative »-It’s Its Historical Legitimacy

Response to Herb Keinon’s Article – Jerusalem Post Op-Ed
By Daniel Ciccia

What the State of Israel is losing today is not a matter of poor communication, nor a defeat in the battle of images. What Herb Keinon, in his op-ed published by the Jerusalem Post, describes as a « strategic disaster » due to a lack of narrative control is not a failure of diplomatic storytelling—it is far deeper: it is the loss of a moral and historical credit that had, until now, been widely granted to Israel, often blindly.

Israel is not losing a battle of perceptions. It is losing the lucid trust of peoples and states, including among its most steadfast allies. And this is not the result of media bias or a supposed failure to communicate « Israel’s side of the story. »

It stems from what the extreme violence administered—yes, administered—in Gaza actually means: an opportunistic effort to establish territorial hegemony and to definitively expel the Palestinians from any possibility of claiming a national home, of investing in their own historical narrative. This violence is not merely an excess of war. It is part of a deliberate strategy, one in which Hamas itself acts to obstruct any resolution.

So yes, the initiative to revive the two-state solution responds to public emotion and to the suffering of the Palestinian people—crushed between Hamas and the IDF—but it is not driven by emotion alone.

A rational analysis is gradually asserting itself, laying the groundwork for a reasoning based on law, reparation, and justice, in light of what has happened, and what is still happening, to ensure that the dispossession of a fundamental Palestinian right fails—because the narrative framework that justifies it is now under serious scrutiny.


A Political, Not Just Moral, Indignation

The indignation that is rising is not circumstantial, and it is not purely moral. It stems from a strategic realization: Israeli policy under Benjamin Netanyahu—over twenty years in power, a tenure rivaling that of Vladimir Putin—has weaponized the post-Rabin ambiguity to methodically push the boundaries of a Greater Israel that dares not speak its name, except on the margins of government coalitions, while never acknowledging its betrayal of the Oslo Accords.

This ambiguity allowed Israel to maintain a dual posture: speaking peace while enacting colonization. But that era is over. The time for clarity has come. And this clarity is not demanded by Israel’s enemies—it is demanded by its democratic friends, by global civil society, and by many Jewish voices themselves, weary of seeing their history taken hostage by a political agenda that disfigures it.


Europe Steps Forward, Head Held High

It is Europe, today, that restores dignity to diplomacy.
France, by advancing a new initiative with Saudi Arabia for the revival of the two-state solution, chooses to face History with unflinching resolve.

It no longer lets its foreign policy be dictated by the inertia of old alliances, but by a demand for coherence—between its principles, its past, and its responsibility toward the future.

Germany, for its part, is initiating a major symbolic shift: it no longer satisfies itself with unconditional support and begins to free itself from the reflex of absolute solidarity dictated by its memory.

The United Kingdom, meanwhile, is making a notable diplomatic turn, reflected in symbolic gestures and a shift toward the French position of recognizing Palestine.

This is no longer a reaction to shocking images from Gaza. It is a recognition of a moral and strategic dead end, and a call to act accordingly. These countries, explicitly or implicitly, are saying that Israel’s impunity—long protected by the memory of the Holocaust—cannot last forever, and that the two-state solution remains the only viable path, as long as it ceases to be a fiction.


A « Narrative War »? Against a Diplomatic Juggernaut

To claim that Israel is a victim of poor communication is a spectacular inversion of reality. Never has a state enjoyed such a vast and internationalized apparatus for narrative defense: think tanks, shadow diplomacy, media allies, and academic influence. France itself is a striking example.

While much has been said—often justly—about the rise of “Islamo-leftism” in academic circles, far less attention is given to the spread of pan-Zionist discourse in universities, media, and foundations. This narrative machinery stifles critical thought, brandishing accusations of antisemitism at anyone who dares question Israeli policy. Antizionism is, by definition, labeled a form of antisemitism—yet it’s baffling how pro-Hamas ultraleftists embrace this logic so passively, knowing full well it reinforces Israel’s strategic posture.

Foolishness doesn’t explain it all. Doctrinaires are rarely stupid.


Naming Pan-Zionism

Pan-Zionism, as I propose to define it, marks the ideological overflow of historical Zionism into a logic of perpetual expansion, systematic conflation, and political impunity. This conflation—between Judaism, the Jewish people, and the Israeli state—is not only untenable. It is dangerous.

It obstructs peace, as it bans any political critique under the guise of memory protection. It is, like the misuse of the Kabbalah in this context, a weaponized Godwin point.

Rejecting the reading offered by pan-Zionism is not a denial of Jewish history. It is a refusal to let that history be instrumentalized to obscure the suffering of another people. It is the defense of Israel’s right to exist within a shared legal framework—not atop the ruins of law itself.


A Revealing Paradox: Pan-Zionism and Islamo-Leftism Feed Each Other

It is not the least of paradoxes that pan-Zionism derives part of its legitimacy from the very thing it denounces: Islamo-leftism. Each reinforces the other. Each uses the other’s excesses to justify its own, in a polemical symbiosis that prevents any nuanced thinking. Democratic thought is trapped in confrontation, reduced to the destructive paroxysm of binary opinion. Every form of terrorism thrives in this soil.

In this context, Russian manipulation—aimed at exacerbating identity fractures and dislocating democracies from within—pushes the distortion even further. But the resulting cognitive fog, by casting harsh light on the machinery of extremes, also reveals the underlying architecture. It exposes conditioned reflexes. It clarifies what was previously obscured.

Thus, the apparent chaos can hasten the necessary clarification—and compel democratic societies to reclaim their discernment, and the path of real politics, of statesmanship. Europe seems to be leading the way. Others will follow.


Trump, Netanyahu, Putin: Reality Is Taking Hold

Donald Trump now offers unwavering support to Israel and currently questions—through his uniquely theatrical style—the merits of recognizing a Palestinian state. Many have caricatured him, but in truth, he acts with a form of strategic lucidity. And in his way, he serves as a mirror—one before which even Putin can no longer dissimulate.

Trump likely understood why Israel objected to his own assessment of Iranian nuclear neutralization. Where Trump sought to contain, affirming that Iran no longer had military nuclear capacity, Israel countered with an alternative narrative: that the nuclear threat remained intact. It demanded massive strikes. It called for all-out war.

That moment is no longer current—but it revealed much. It showed two things: Trump does not blindly follow Israel, and Trump reads the real. He is reading it now. And perhaps that is what most distinguishes his posture—and what made Benjamin Netanyahu’s recent gesture so hollow: publicly handing Trump a copy of the letter he sent to the Nobel Committee to propose him for the Peace Prize.

Some movies don’t make it in Hollywood. Hollywood is not a nightmare machine. It’s a dream machine—with, perhaps, screenwriters still worth listening to.

Ce qu’Israël est en train de perdre n’est pas un “narratif”, c’est sa légitimité historique

Réponse à l’article de Herb Keinon – Tribune du Jérusalem Post
Par Daniel Ciccia

Ce que l’État d’Israël est en train de perdre, aujourd’hui, contrairement à ce que développe Herb Keinon dans sa tribune publiée le 01/08/2025 dans le Jerusalem Post ne relève pas d’un simple déficit de communication, ni d’un combat perdu dans la guerre des images. Ce que Herb Keinon décrit comme un « désastre stratégique » dû à une absence de récit maîtrisé, n’est pas une défaite dans le domaine du storytelling diplomatique – c’est bien plus profond : c’est la perte d’un crédit moral et historique qui avait, jusqu’ici, été largement accordé à Israël, souvent même à l’aveugle.

Israël ne perd pas une bataille de perceptions. Il perd la confiance lucide des peuples et des États, y compris parmi ses soutiens les plus solides. Et cela ne résulte pas d’un biais médiatique, ni d’un prétendu échec à faire entendre “le bon côté de l’histoire”.
Cela provient de ce que signifie l’extrême-violence administrée à Gaza, en termes d’opportunisme pour asseoir une hégémonie territoriale, et expulser, définitivement, les Palestiniens de la possibilité de disposer, eux aussi, de leur foyer national, d’investir leur propre histoire.
Cette violence n’est pas un simple débordement de la guerre. Elle s’inscrit dans une stratégie où le hamas intervient lui-même pour empêcher la réalisation.

Alors, oui, l’initiative visant à relancer la solution à deux États répond à l’émotion publique et à la souffrance du peuple palestinien, laminé entre le hamas et tsahal, mais elle n’est pas dictée que par l’émotion.
Une analyse rationnelle s’impose peu à peu, et elle commence à dresser les fondements d’un raisonnement de droit, de réparation et de justice, en regard de ce qui s’est passé, de ce qui se passe, pour que la spoliation d’un droit fondamental des Palestiniens échoue — parce que la trame sur laquelle cela se joue est désormais sujette à caution.

Une indignation politique, pas seulement morale

L’indignation qui monte n’est pas conjoncturelle, et elle n’est pas que morale. Elle s’appuie sur une prise de conscience stratégique : la politique israélienne sous Benyamin Netanyahou – plus de vingt ans au pouvoir, une longévité proche de celle de Vladimir Poutine – a instrumentalisé le flou post-Rabin pour étendre méthodiquement la frontière d’un Grand Israël qui ne dit jamais son nom qu’aux marges des coalitions gouvernementales, sans jamais assumer sa rupture avec les accords d’Oslo.

Ce flou a permis à Israël de conserver une posture ambiguë entre discours de paix et politique de colonisation. Mais ce temps est révolu. Le temps de la netteté est venu. Et cette netteté n’est pas imposée par les ennemis d’Israël — elle est exigée par les démocraties amies, par la société civile mondiale, et aussi par de nombreuses voix juives elles-mêmes, lassées de voir leur histoire prise en otage d’un projet politique qui les dépasse.

L’Europe a ouvert la voie, avec la tête haute

C’est l’Europe, aujourd’hui, qui redonne à la diplomatie sa dignité.
La France, en portant avec l’Arabie saoudite une relance active de la solution à deux États, assume de regarder l’Histoire en face avec le regard droit.
Elle ne se laisse plus dicter sa politique étrangère par la seule inertie des alliances, mais par une exigence de cohérence entre ses principes, son passé et sa responsabilité face à l’avenir.

L’Allemagne, quant à elle, amorce une rupture symbolique majeure : elle ne se satisfait plus d’un soutien inconditionnel et commence à se libérer du réflexe de solidarité absolue dicté par sa mémoire.
Le Royaume-Uni, de son côté, opère un tournant diplomatique notable, illustré jusque dans la mise en scène des symboles et le changement de pied consistant à rallier la position française d’une reconnaissance de la Palestine.

Il ne s’agit plus de réagir à chaud aux images de Gaza. Il s’agit de reconnaître une impasse stratégique et morale, et d’agir en conséquence. Ce que disent ces pays, explicitement ou implicitement, c’est que le régime d’impunité d’Israël, fondé sur la Shoah, ne peut être éternel, et que la solution à deux États est la seule voie encore viable — à condition qu’elle ne soit plus une fiction.

Une guerre de narratif ? Face à une armada diplomatique

Affirmer qu’Israël serait victime d’un déficit de communication relève d’une inversion spectaculaire de la réalité. Jamais un État n’a disposé d’un appareil aussi massif et internationalisé de défense narrative : think tanks, diplomaties parallèles, relais dans la presse, influence universitaire. La France elle-même en est un exemple frappant.

Car si l’on a pu dénoncer, souvent à raison, la montée d’un “islamo-gauchisme” dans certaines sphères intellectuelles, on oublie trop vite de nommer un autre phénomène : la diffusion du discours pan-sioniste dans les institutions académiques, les médias, les fondations. Celui-ci empêche une pensée critique d’émerger, en brandissant l’accusation d’antisémitisme contre quiconque remet en cause la politique israélienne actuelle; l’antisionisme étant, par définition, un antisémitisme dont on peut se demander comment et pourquoi l’ultragauche prohamas l’endosse aussi docilement sachant qu’il renforce la posture d’Israël.
La bêtise n’explique probablement pas tout. Les doctrinaires sont rarement stupides.

Nommer le pan-sionisme

Le pan-sionisme, que je propose de nommer ainsi, désigne ce débordement idéologique du sionisme historique vers une logique d’expansion permanente, d’amalgame systématique et d’impunité politique. Cette confusion entre le judaïsme, le peuple juif et l’appareil d’État israélien actuel est non seulement intenable, mais dangereuse.
Elle fait obstacle à la paix, car elle interdit toute critique politique sous prétexte de protection mémorielle. C’est, comme la kabbale pour le soutenir, un point Godwin révulsé.

Refuser la lesture que livre et propage le pan-sionisme, ce n’est pas nier l’histoire juive. C’est refuser qu’elle soit instrumentalisée pour occulter les souffrances d’un autre peuple. C’est protéger le droit d’Israël à exister dans un cadre juridique partagé, et non sur les ruines du droit.

Un paradoxe révélateur : pan-sionisme et islamo-gauchisme se légitiment mutuellement

Ce n’est pas le moindre des paradoxes que de constater que le pan-sionisme tire une partie de sa légitimité de l’existence même de ce qu’il dénonce : l’islamo-gauchisme. Chacun renforce l’autre. L’un brandit la menace de l’autre pour justifier ses excès, dans une symbiose polémique qui empêche toute pensée nuancée. La pensée démocratique est enfermée dans la confrontation et le paroxysme raavageur des opinions. Toutes les formes de terrorismes y font leur lit.

Dans ce contexte, les manipulations russes, qui visent à exacerber les clivages identitaires et à disloquer les démocraties de l’intérieur, viennent forcer les traits. Mais ce brouillage cognitif, en projetant une lumière crue sur la mécanique des extrêmes, finit aussi par révéler la structure sous-jacente : il met à nu les réflexes conditionnés, rendant visible ce qui était confus.

Dès lors, ce chaos apparent peut aussi accélérer la clarification nécessaire, et forcer les sociétés démocratiques à retrouver leur discernement et la voie de la real politique, la grande politique. L’Europe semble en prendre le chemin. D’autres suivront.

Trump, Netanyahou, Poutine : le réel s’impose

Donald Trump assure un soutien indéfectible à Israël et conteste, aujourd’hui, dans son style bien identifiable, l’opportunité d’accorder la réconnaissance d’un Etat Palestinien. Beaucoup l’ont caricaturé, mais en réalité, il agit avec une forme de lucidité stratégique et d’une certaine manière, comme un révélateur, devant lequel Poutine montre le vrai visage, par exemple, de sa Russie.
Et il a probablement compris pourquoi Israël s’est opposé à son propre bilan concernant la destruction du potentiel nucléaire iranien : là où Trump cherchait à contenir, en affirmant que la menace d’une capacité nucléaire militaire iranienne n’était plus, Israël, lui, a contesté ce bilan et ouvert une autre « narratif », pour dire que le potentiel nucléaire était sauf. Il a réclamé des frappes massives et une guerre totale.

Cela n’appartient pas à l’actualité. Cela révèle des traits. Ce différend révèle deux choses : Trump ne suit pas aveuglément Israël, mais Trump sait lire le réel. Il est en train de le lire. Et c’est peut-être ce qui, aujourd’hui, distingue sa démarche et rend pathétique l’exercice de consdencendance auquel s’est livré, il y a quelques semaines Benjamin Netanyahou en lui remettant copie du courrier qu’il a adressé au jry des Nobels pour désigner Donald Trump comme le lauréat parfait.

Il y a des cinémas qui ne passent pas à Hollywood. Hollywood n’est pas une machine à cauchemar. C’est une machine à rêve qui a, probablement, des scénaristes talentueux.

11-09-2001->07/10/2023: Highway to hell

Il y a eu, sous couvert de lutter contre le racisme, à Durban (Afrique de Sud), en août 2001, un pacte entre l’islam corrompu et sa nébuleuse, d’un côté, et la gauche altermondialiste, écologiste et prewokiste, de l’autre.

Ce pacte a été dûment contresigné par les attentats du 11-Septembre-2001 qui sont survenus quelques jours après l’échec retentissant, le 5 septembre 2001, de cette conférence dite « contre le racisme » et pourtant, déjà, ouvertement antisémite.

Nous n’y avons vu que du feu.

Nous avons vu l’assassinat du Commandant Massoud.

Nous avons voulu ne voir que l’assassinat du Commandant Massoud, intimant aux Etats-Unis d’Amérique d’anéantir les Talibans en Afghanistan.

Nous n’avons voulu voir que le mouvement spectaculaire de l’assassinat d’une figure de la lutte contre l’islamisme et nous sommes restés aveugles et insensibles aux tentacules de l’autre, propagés dans les systèmes cognitifs, inoculé au plus profond de l’âme, en cet endroit oú s’établit notre libre-arbitre, sur lequel plus personne ne veille, quand une force, un appel, m’a appelé, lui, à y pourvoir.

Nous n’avons pas voulu voir la conférence de Durban, et ce qu’elle a initié, lentement, sur l’échiquier des opinions publiques et des relations internationales.

Greta Thumberg m’inspirait, depuis son apparition, en fausse vespale ou en Jeanne d’Arc de la cause écologique, la plus grande méfiance.
Le samedi 26 novembre 2023, très explicitement, elle est vue en train de scander les slogans réclamant la chute d’Israël et son soutien au hamas.
Le masque est tombé.

#GretaThumberg apparaît donc comme l’icône de ce pacte que je dénonce. Les « féministes » sélectives, qui s’illustrent par leur silence quant aux viols perpétrés contre des juives, sont des éléments du dispositif formé pour faire plier nos démocraties, fatiguer et désarmer les opinions.

Au bout de cette conquête des esprits, il s’agit d’achever de substituer à la globalisation qui n’était pas suffisamment heureuse, un pacte qui, présenté comme étant de l’altermondialisation, est, surtout et avant tout, un pacte de « totalirisations ».

Il avance la promesse d’une paix qui est surtout un renoncement. C’est pour cela que ces mouvements plaisent tant à son Excellence des ténèbres, l’ayatollah Khamenei et à un obscur ex-officier du KGB qui a cru pouvoir satisfaire, par ce biais, son désir de grandeur.

Toutes et tous, grands et obscurs maillons de cette chaîne, sont inscrit dans cette grande ligne droite, cette véritable autoroute du Mal tracée pour y débrider la puissance des haines, qui relie le 11-Septembre-2001 au 07-Octobre-2023.

Elle cisaille la terre et le ciel, dans le zébrure de la haine fondatrice que constituent l’antisémitisme.

Nous devrons réunir à nouveau le ciel et la terre, le haut et le bas.

Ce pacte est très puissant par les idéologies qu’il ramifie comme par les prébendes politiciennes* qu’il distribue; par les cycles de haine et de ressentiments qu’il engage; par les idées qu’il greffe dans les esprits; par l’illusion qu’il répand.

Il se fonde sur une habileté sans pareille.

Pourtant,

Pourtant, Moi, le pur produit de la République française laïque, Je promets, qui commence à la mienne, l’âme d’un peuple, aux quatre coins du monde, parlant diverses langues mais contenu dans une seule pensée, qui va briser ce pacte et condamner celles et ceux qui lui ont prêté allégeance, qui va dévaster ce dont est faite la pensée néfaste dont est né ce pacte.

Je ne promets pas l’impossible.
Qu’il soit dit que je promets ce que je vois.

Je prie la Chine de ne pas succomber aux promesses alléchantes de l’ordre mondial que ce pacte augure.
Je sais cette Chine.
Je sais ce monde.
Au moment où l’on me voit tel que je suis, le bien triomphe.

Ce qui se passe, et qui vient de loin, n’est et n’a été possible que parce qu’il y a une faillite béante du système d’information et son inadéquation à la nature de certaines menaces. Il y a d’innombrables et constantes illustrations de cette défaillance. Pour être passé sous tant de radars, j’en suis aussi, modestement, la preuve vivante, parce que j’ai dit, par ce que j’ai fait.

*L’Espagne massivement dans la rue pour protester contre le premier ministre, issu du PSOE, Pédro Sanchez peut en témoigner. En France, Jean-Luc Mélenchon en prédicateur des gauches insoumises et soumises tente de lever la même mayonnaise.

Israël fait son espoir du désespoir des Palestiniens

La Commission européenne a validé ce matin l’étiquetage des produits fabriqués dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. « Toutes ces mesures visent à établir une différenciation entre les articles exportés par Israël et ceux qui sont fabriqués dans des territoires occupés en violation du droit international », a justifié un diplomate cité par Le Figaro. Lire la suite « Israël fait son espoir du désespoir des Palestiniens »

Un moment avec Israël

Israël récolte ce que le gouvernement Netanyahu sème. Il ne reste fatidiquement aux Palestiniens que semer ce qu’ils récoltent comme bénéfices de processus politiques régulièrement détrompés. Des fruits empoisonnés. La France n’a pas fait suite récemment à la proposition européenne de boycott des produits issus des territoires occupés. Mais laisser du temps au temps n’a valeur que s’il y a un agenda crédible pour les deux parties. Netanyahu ne conduit que celui d’un grand Israël, inconciliable avec celui d’un Etat palestinien viable et souverain respectant l’intégrité de son voisin. Lire la suite « Un moment avec Israël »