On Victory in the Cognitive War

If the cognitive war were to have a face without a face, and be embodied in a precise instrument able to fanatize some of its members, QAnon would be the perfect surface and instrument. Born in the anonymity of obscure forums, it took over from Anonymous, but inverted its logic: from libertarian hacktivism based on evidence, we have moved to authoritarian conspiracism based on belief.

This shift wouldn’t have occurred without the blind appetite of the media for the spectacular and without the troubled mythification of the whistle-blower. The great leaks — Wikileaks, Panama, Paradise, Pandora — taught minds to believe that every power rests on a secret, and that the one who claims anonymity holds the key. The journalists’ consortium, by orchestrating these massive revelations, has become, despite itself, the catalyst of a systemic mistrust.

QAnon then exploited this expectation: no longer necessary to provide evidence, belief suffices.

From that moment, accusation becomes a weapon. As the saying goes: “you always accuse the mad dog so that it may be killed.” Not to establish truth, but to delegitimize and neutralize. QAnon pushes this logic to fanatization: the designated target — the “elite”, the “deep state”, the political opponent — becomes the absolute enemy.

But this mechanism is not confined to American soil: it is connected to a broader geopolitical matrix. The permeability to the prestige of the Kremlin — presented as a bulwark against Western decline — is not accidental. Media relays like Tucker Carlson translate Russian propaganda into cultural warfare for the American public, normalizing a fascination with authoritarianism. In this architecture, Steve Bannon plays the shadow eminence.

He acts as a transmission belt attempting to forge a Judeo-Christian international along the Washington → Tel-Aviv → Moscow axis. This axis recruits, feeds on ideological and electoral successes, and convinces itself that Trump and Musk are its lieutenants — which, wrongly, sustains its sense of power. It seems both unstoppable and invincible.

That is why democracies, which are believed to be defeated or corroded by the cognitive weapon, are defeated only in appearance. For as they are probed, weakened, manipulated, they become aware of their own essence. They turn against their adversaries the very tool that sought to enslave them, and transform poison into antidote.

The cognitive war launched by Russia and its Sozbez*, with unprecedented skill and depth, claims to understand free societies in order better to destabilize them; but in doing so, it forces them to understand themselves with a new lucidity.

They rediscover a more powerful center of gravity and, above all, in a certain manner they self-center, which is the regular, universal form that allows for the governance of their interests and their relations with others — which is the meaning of the outstretched hand that Xi Jinping’s proposal of the GGI (Global Governance Initiative) seems to offer for China, in its aim to restore the preeminence of the UN and the WTO.

On Victory in the Cognitive War

*Sovbez (Совбез) is the commonly used abbreviation for the Security Council of the Russian Federation (Совет Безопасности Российской Федерации).

De la victoire dans la guerre cognitive

Si la guerre cognitive devait avoir un visage sans visage et tenir dans un instrument précis, capable de fanatiser certains de ses membres, QAnon serait la surface et l’instrument idéal. Né dans l’anonymat des forums obscurs, il a pris la relève d’Anonymous, mais en inversant la logique : de l’hacktivisme libertaire fondé sur des « preuves », on est passé au conspirationnisme autoritaire fondé sur la croyance.

Ce basculement n’aurait pas eu lieu sans l’appétence aveugle des médias pour le spectaculaire et sans la mythification trouble du lanceur d’alerte. Les grands leaks — Wikileaks, Panama, Paradise, Pandora — ont habitué les esprits à croire que tout pouvoir repose sur un secret, et que celui qui se réclame de l’anonymat en détient la clé. Le consortium des journalistes, en orchestrant ces révélations massives, est devenu malgré lui le catalyseur d’une défiance systémique. QAnon a alors exploité cette attente: plus besoin de preuves, la croyance suffit.

Dès lors, l’accusation devient une arme. Comme le dit l’adage : « on accuse toujours le chien de la rage pour qu’il soit tué ». Non pour établir la vérité, mais pour délégitimer et neutraliser. QAnon pousse cette logique jusqu’à la fanatisation : la cible désignée — l’ »élite« , le « deep state« , l’adversaire politique — devient l’ennemi absolu.

Mais cette mécanique ne reste pas confinée à l’espace américain: elle est branchée sur une matrice géopolitique plus large. La porosité au prestige du Kremlin — présenté comme rempart contre le déclin occidental — n’est pas fortuite. Des relais médiatiques comme Tucker Carlson traduisent la propagande russe en guerre culturelle pour le public américain, normalisant une fascination pour l’autoritarisme. Dans cette architecture, Steve Bannon joue l’éminence grise. Il agit en courroie de transmission pour tenter de constituer une internationale judéo-chrétienne le long de l’axe Washington → Tel-Aviv → Moscou. Cet axe recrute, se nourrit de succès idéologiques et électoraux, et se persuade que Trump et Musk en sont les hommes lige — ce qui, à tort, entretient son sentiment de puissance. Il semble à la fois imparable et invincible.

Voilà pourquoi les démocraties, qu’on croit vaincues ou corrodées par l’arme cognitive, ne le sont qu’en apparence. Car à mesure qu’elles sont sondées, fragilisées, manipulées, elles prennent conscience de leur propre essence. Elles retournent contre leurs adversaires l’outil même qui voulait les asservir, et transforment le poison en antidote.

La guerre cognitive engagée par la Russie et son Sozbez*, avec une habileté et une profondeur inédites, prétend comprendre les sociétés libres pour mieux les déstabiliser ; mais ce faisant, elle les oblige à se comprendre elles-mêmes avec une lucidité nouvelle. Elles retrouvent un centre de gravité plus puissant et, surtout, elles s’auto-centrent pour rejoindre ce qui est la forme régulière, universelle, qui permet la gouvernance de leurs intérêts et de leur rapports aux autres, ce qui est le sens de la main tendue que semble proposer Xi Jinping, pour la Chine, à travers sa proposition de GGI (Global Governance Initiative) visant à restaurer la prééminence de l’ONU et de l’OMC.

De la victoire dans la guerre cognitive.

*Sovbez (Совбез) est l’abréviation couramment utilisée pour désigner le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie (Совет Безопасности Российской Федерации).

Statement

Marco Rubio, Secrétaire d’Etat américain, énonce une règle générale efficiente — “un deal suppose que chacun obtienne et cède quelque chose” — mais cette logique transactionnelle atteint ses limites lorsqu’un camp est sommé de céder non pas un bien relatif, mais un principe vital universel. Autrement dit, l’art du deal a un horizon indépassable : on ne peut troquer un bien essentiel contre un mal absolu.

Cela renvoie à deux niveaux :

Philosophique : il existe des biens inaliénables (vie, liberté, dignité, souveraineté) qui ne se négocient pas. Les céder, ce n’est pas faire un compromis, c’est entrer dans une compromission.

Politique / géopolitique : dans la guerre russe contre l’Ukraine, qui était le sujet traité par Marco Rubio, il ne peut pas y avoir de « deal » qui reviendrait à légitimer l’agression en échange d’une trêve, car ce serait céder un bien (le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes) contre un mal (l’acceptation d’une conquête armée).

Le “hardware” du deal — sa limite matérielle — est atteint quand la réciprocité exigerait une corruption du juste par l’injuste.

07-Octobre-2023: autopsie d’un moment sacrificiel

Cet exercice n’a rien de « sensationnel ». Il n’est dicté ni par la volonté de provoquer, ni par le goût de la transgression. Il laisse passer ce qui doit être dit. Il est dû aux innocents qui ont perdu la vie le 7 octobre 2023 et à qui aucune chance n’a été laissée. Ils méritent qu’on regarde froidement ce qui s’est passé, non pas en termes d’actualité ou de narration informationnelle, mais sur le plan ontologique.
C’est un geste d’anatomiste — au sens le plus grave, inspiré par la Leçon d’anatomie de Vladimir Volkoff, et par la toile du peintre hollandais Rembrandt qui l’accompagne. Ce texte s’inscrit dans cette tradition : celle qui cherche à décortiquer les ressorts du mal, au-delà des slogans et des postures, pour en approcher le mystère et la logique.

Il est aussi, en filiation, un acte de vigilance à la Simone Weil, contre l’habitude, contre la Banalité du Mal telle que l’a formulée Hannah Arendt, y compris lorsqu’elle se déploie du côté d’Israël. Il s’agit d’un devoir de lucidité, fût-il dangereux.
Cet exercice n’a rien de sensationnel. Il n’est dicté ni par la volonté de provoquer, ni par le goût de la transgression. Il est dû aux innocents qui ont perdu la vie le 7 octobre 2023 et à qui aucune chance n’a été laissée. Ils méritent qu’on regarde froidement ce qui s’est passé, non pas en termes d’actualité ou de narration informationnelle, mais sur le plan ontologique. Il s’agit d’un devoir de lucidité. Implacable, difficile et sans complaisance.

1. Le « moment » du 7 octobre

Le 7 octobre 2023 n’est pas seulement une date. C’est un « moment » au sens fort du terme — un point de bascule dans l’ordre du monde. Un moment qui ne se comprend pas seulement par l’addition des faits, mais par les forces qu’il libère, les lignes qu’il fracture, les récits qu’il ferme et ceux qu’il ouvre.

Ce jour-là, le Hamas frappe au cœur d’Israël. Mais il ne cible pas d’abord l’appareil militaire, ni les centres de pouvoir. Il massacre la jeunesse pacifiste, en pleine fête, dans un festival où la danse et la musique célèbrent la vie et la cohabitation. Ce choix n’est pas tactique : il est symbolique. Il vise la paix elle-même, dans ce qu’elle a de plus désarmé et d’ouvert.

Ce n’est pas une déflagration militaire, c’est un acte sacrificiel. Le Hamas, en ciblant délibérément les porteurs d’une alternative, scelle la disparition du « camp de la paix ». Il ne tue pas l’ennemi : il tue le tiers. Le possible. L’espoir.

2. Le Hamas dans la posture du kamikaze historique

Par cette action, le Hamas dépasse son propre mandat. Il ne plaide plus la cause palestinienne : il la suicide. Il détruit tout capital moral susceptible de fédérer des soutiens internationaux durables. Il isole Gaza, radicalise Israël, et provoque une réaction démesurée qu’il semble avoir anticipée.

On ne peut s’empêcher de s’interroger : qui avait intérêt à ce que ce « moment » se produise ainsi ? Qui tire profit d’un monde où Israël s’enfonce dans la réaction et la vengeance, où la Palestine devient une tragédie orpheline, où l’Occident délaisse l’Ukraine, où les cartes géopolitiques se rebattent dans la confusion morale ?

3. Des architectes invisibles ?

Il est tentant, mais insuffisant, de regarder vers l’Iran. Certes, la République islamique porte une rhétorique radicale. Mais tout indique qu’elle n’était pas informée du timing, ni de la portée rituelle de l’attaque. Elle est piégée dans son propre discours, exhibée comme le méchant prêt-à-porter.

Ce qui s’esquisse en filigrane, c’est l’hypothèse d’une manipulation plus cynique. Un piège. Un réseau gris où se croisent des Intelligences, pas forcément institutionnelles, mais bien réelles : officiers dévoyés, diplomates doubles, financeurs sans patrie, stratèges du désordre.

Dans ce cadre, des États — ou leurs organes parallèles — peuvent agir sans laisser de traces. Les coups tordus modernes n’empruntent plus les canaux formels : ils se sous-traitent, s’externalisent, se diluent. L’oralité, les backchannels, les proxys, les zones grises du renseignement font que le crime ne laisse pas d’empreinte, ou alors, seulement des leurres.

4. La connivence silencieuse

Il y a, dans les postures ambivalentes de Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahou, une zone d’ombre qu’il faut regarder en face. Les deux hommes sont mus, chacun dans leur registre, par un même désir : celui d’un grand Israël messianique et d’une grande Russie messianique, qui convergent dans une redéfinition radicale de ce que serait l’Occident. C’est ce qui fascine aujourd’hui les droites radicales et extrêmes, en Europe comme ailleurs.

Le Hamas, dans ce schéma, n’est pas le bras armé d’une révolution islamique. Il devient l’instrument sacrificiel d’une stratégie plus vaste : celle de l’effondrement des repères, du brouillage moral, de l’effacement de la paix comme possibilité.

Et dans ce chaos, chacun gagne : la Russie détourne les projecteurs de l’Ukraine, Israël justifie une guerre sans limite, et les marchands de guerre — eux — prospèrent.

5. Le pan-sionisme comme matrice idéologique

Il faut nommer ce glissement. Ce n’est pas un simple excès de zèle ou une dérive nationaliste. C’est une mutation idéologique : le passage d’un sionisme politique, fondé sur l’histoire et la légitime aspiration d’un peuple à un foyer, à un pan-sionisme – il est nécessaire de nommer le phénomène pour surmonter la barrière des ambiguïtés – très pernicieux très dangereux. Le pan-sionisme ne défend plus une terre : il cherche à faire recouvrir au sionisme une surface qui n’est pas sienne. Il ne protège plus un abri : il impose une vision.

Le pan-sionisme transforme la mémoire en pouvoir, et l’épreuve en instrument d’influence mondiale. Il a besoin d’un moteur : ce moteur, c’est l’Alyah. Et pour qu’elle s’accélère, il faut entretenir un climat d’antisémitisme croissant, réel ou perçu, qui pousse les communautés juives du monde à considérer Israël comme seul refuge.

Ce mécanisme d’infusion idéologique, lent mais constant, élargit la base, banalise l’extrémisme, rend pensable ce qui hier choquait. Le 7 octobre 2023 est, dans cette logique, un point d’inflexion. Il écrase toute velléité morale. Il rend incontournable un projet de force. Et il convertit la douleur en autorisation d’agir.

Il fallait nommer ce phénomène pour pouvoir le penser. Le pan-sionisme est à la fois l’extension idéologique d’un sionisme dévoyé et le verrou sémantique qui rend toute critique inaudible. Le nommer, c’est franchir la barrière des ambiguïtés et rendre à la parole sa clarté.

6. La mémoire contestée du Lehi

L’hommage rendu aux anciens du Lehi, groupe armé clandestin dont l’un des dirigeants revendiqua l’assassinat du comte Bernadotte en 1948, marque une césure dans la mémoire israélienne. Instituée en 1980, la décoration du Lehi Ribbon a été remise à d’anciens membres du groupe, dans un geste de reconnaissance officielle. Cette normalisation tardive d’un extrémisme armé a provoqué un malaise durable. Elle a réhabilité les moyens pour la fin. Ce n’est pas neutre même s’il est difficile de savoir si, au-delà des 220 récipiendaires, elle est activée aujourd’hui.

Des figures de proue comme Shimon Peres, Yitzhak Rabin ou Ariel Sharon, bien qu’issues de courants différents, n’ont jamais apporté leur soutien à cette réhabilitation. Rabin, artisan d’Oslo, et Peres, homme de paix, incarnaient une mémoire démocratique, modérée et pluraliste. Quant à Sharon, souvent perçu comme faucon, il s’est gardé de toute référence à ce passé, préférant cultiver une image de chef pragmatique.

Le Lehi incarne une fracture : entre ceux qui veulent faire de l’histoire d’Israël un récit continu de libération, y compris par les marges violentes, et ceux qui veulent en préserver la part démocratique. Cette fracture est aujourd’hui visible jusque dans les usages politiques contemporains de la mémoire.

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« La vérité seule sauve l’humanité. »

Les otages ? Ce sont les otages d’un récit qui les dépasse. Leurs vies sont suspendues à des intérêts qu’ils n’ont ni choisis ni compris. Ils sont là pour que le livre biblique continue de s’écrire, page après page, dans le sang et le silence.

Le 7-Octobre-2023 ne sera pas oublié. Mais pour en faire autre chose qu’un totem de haine, il faudra un jour que l’on accepte d’en faire l’autopsie. Frontalement. Cliniquement. Humainement.
Le 7-Octobre-2023 doit dire toute sa vérité.

Dans l’obscurité, l’étincelle du double langage

Le vice-président des États-Unis, J.D. Vance (@VP), a déclaré, le 22 juin 2025 :

> « La Russie et la Chine ne veulent pas que l’Iran développe des armes nucléaires. »

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, lui a répondu sèchement :

> « La Russie et la Chine n’acceptent aucune ingérence des États-Unis dans leurs affaires intérieures. Toute personne parlant au nom de nos deux pays, sans le faire en notre nom, devrait s’en abstenir. »

Elle a insisté : la Russie et la Chine expriment elles-mêmes leurs positions, par la voie de leurs ministères respectifs. Toute prise de position conjointe doit être explicite, et non supposée.

Mais ce qui est curieux, c’est que Zakharova elle-même s’exprime ici au nom de la Chine — officiellement, et à ses risques et périls.

Ce miroir tendu soulève des questions :
– Vance a-t-il été induit en erreur par ses liens connus avec certains cercles pro-russes ?
– Ou bien a-t-il, sans le vouloir, révélé la duplicité du discours du Kremlin ?

Car, au même moment, Dmitri Medvedev déclarait publiquement que « plusieurs pays » pourraient fournir à l’Iran des ogives nucléaires — contredisant à la fois la position chinoise et la doctrine officielle de non-prolifération.

Ce désalignement tactique révèle une asymétrie plus profonde :

– L’Iran cherche une légitimité stratégique.
– La Russie cherche, elle, un chaos régional maîtrisé, particulièrement susceptible de faire grimper les prix du pétrole pour compenser l’hémorragie de son budget de guerre.

La République islamique d’Iran doit se poser la question :
Quel rôle la Russie veut lui faire jouer ?
Dans quel jeu est-elle réellement impliquée ?

Elle doit hâter sa métamorphose, ou elle pourrait bien se retrouver sacrifiée comme un pion.

Une interrogation existentielle.
Comme Shakespeare aurait pu le dire : To be, or to be used?

Soyons clairs :

Ce que nous voyons se dessiner est peut-être plus qu’une crise diplomatique.
C’est l’esquisse d’un troc silencieux, presque parfait, et difficile à arrêter.

Une reconfiguration des priorités mondiales, où le chaos au Moyen-Orient n’est pas une menace, mais un levier.
Une région volontairement inflammable pour faire grimper le prix des hydrocarbures.
Un Iran livré aux flammes pour payer le prix de l’abandon de l’Ukraine auquel Trump veut contraindre l’Europe et le monde.

Et, dans l’ombre, un nouvel axe en formation — non plus Est contre Ouest, mais une convergence de souverainismes durs, alignant Washington, Tel-Aviv et Moscou.
Une configuration déjà assumée, sans honte, par les droites radicales montantes sur plusieurs continents.

09/08/2035: cette version est, sans doute, à amender.

De la dissuasion à l’impunité : dérive nucléaire et désordre stratégique

Il faut remettre en cause un postulat trompeur : celui selon lequel un pays « doté », c’est-à-dire possédant l’arme nucléaire, jouirait d’une impunité absolue. Ce postulat, que viendrait étayer le cas ukrainien et par extension démonstrative tirée à vitesse hypersonique des sorts advenus aux tyran irakien ou lybien, repose moins, si on examine avec un peu de soin la situation du soutien à Kyiv, sur une vérité stratégique que sur la prudence naturelle des chefs d’État européens, soucieux d’éviter une escalade continentale et, surtout, d’épargner à leurs peuples le prix du sang, tant que cela leur est encore possible.

Depuis l’agression brutale de l’Ukraine par la Russie en février 2022, cette prudence a pris la forme d’un soutien militaire massif, mais indirect : fourniture d’armement, formation, soutien logistique, mais sans engagement direct des troupes de l’OTAN. Cette ligne rouge — que Moscou cherche à exploiter — reflète un équilibre fragile entre solidarité active et peur de l’engrenage.

Ce prix, les sociétés européennes ne sont plus prêtes à le consentir, protégées depuis plusieurs générations par les dividendes de la paix que leur a apportés le rêve européen — ce même rêve aujourd’hui vilipendé par les promoteurs d’un souverainisme dicté par Vladimir Poutine.

Répéter que l’OTAN ou les Européens s’abstiennent d’un engagement plus direct aux côtés de l’Ukraine par crainte d’une rétorsion nucléaire russe est devenu une hérésie télévisuelle, un réflexe commode pour meubler le vide stratégique de certains débats.

Or, l’arme nucléaire n’a en réalité que deux portées :

1. Une portée militaire : la dissuasion par l’annihilation mutuelle

Elle repose sur un principe d’équilibre : toute attaque nucléaire entraînerait une riposte équivalente, donc la destruction de l’agresseur. Son usage est unique, terminal, et c’est justement cette certitude qui la rend dissuasive. Elle n’est pas une arme de conquête, mais de non-emploi.

2. Une portée dialectique : la rhétorique de la peur

C’est ici que la Russie excelle. En floutant volontairement sa doctrine d’usage, notamment autour de la notion d’« atteinte existentielle », elle instille le doute, la peur, et fait glisser la dissuasion vers l’impunité. C’est le cœur de ce qu’on peut appeler une doctrine d’impunité existentielle : toute entrave à ses ambitions impériales est posée comme une menace vitale, donc potentiellement justiciable d’une réponse nucléaire.

Ce détournement de la logique nucléaire ne menace pas seulement l’Ukraine ou l’Europe. Il subvertit l’ordre international, sape le multilatéralisme, et encourage la prolifération, non seulement par les armes, mais par les doctrines.

Medvedev, le messager
de la dérive

Ce n’est pas un hasard si Dmitri Medvedev, ancien président russe et actuel vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, a publié, ce jour, 22 juin 2025, sur X, ce message :

> 2. The enrichment of nuclear material — and, now we can say it outright, the future production of nuclear weapons — will continue.
3. A number of countries are ready to directly supply Iran with their own nuclear warheads.

Familier des outrances, il est parfaitement aligné avec le sujet qu’il m’a semblé bon de soumettre, en parfait Candide, à analyse.

Car ce message ne protège pas l’Iran. Il prolonge la stratégie russe.
En affirmant la possibilité de livrer des têtes nucléaires à Téhéran, Medvedev multiplie les centres d’impunité, externalise la dissuasion et fait proliférer la doctrine d’anéantissement potentiel au profit des intérêts du Kremlin. C’est une forme de pollinisation stratégique, une dissémination de la menace.

Plus elle a d’adeptes, plus la Russie impérialiste et son systéme de prédation sont légitimés et essaimés.

Vous voyez le danger?

☢️L’Iran face à une tentation vénéneuse

L’offre de Medvedev est alléchante. Elle a tout l’air d’être une solidarité expresse. Elle est un couteau dans le dos. C’est, en effet, pour la République islamique d’Iran une tentation aussi séduisante que létale : celle de rejoindre le cercle vénéneux des puissances nucléaires.

Mais cette voie, si elle est prise, n’ajoutera aucune sécurité au peuple iranien. Au contraire, elle exposera ce dernier à l’isolement, à une intensification des tensions régionales, à des représailles à peine différées.
Et surtout, elle ne renforcera, en vérité, que la Russie, en propageant cette doctrine de l’impunité existentielle, dont il ne fait aucun doute qu’elle doit être tuée dans tous ses oeufs.

L’Iran va donc devoir, pour longtemps, assumer la légitimité du principe existentiel qu’il invoquera. Et dire de quoi elle émane. Car dans cette grammaire du monde, tout se paie — un jour ou l’autre.

C’est ce qui revient au régime de Téhéran pour sauver, beaucoup plus qu’une chimère, une nation réelle, faite de personnes honorables.

Telle est sa responsabilité à leur endroit.

La Chine ne met pas le bout
d’un seul de ses doigts
dans ce débat,
la Corée du nord ses deux mains;
Les autres puissances nucléaires : silences et distances

Fait remarquable : des puissances nucléaires comme l’Inde ou le Pakistan restent à distance stratégique de ce débat. Loin de cette rhétorique, elles n’entretiennent pas l’ambiguïté de doctrine. Leur posture est celle d’un équilibre régional contenu, malgré leurs tensions.

La Chine, impénétrable Empire du Milieu, se garde d’intervenir dans cette grammaire stratégique. Son silence n’est pas prudence : il est position, calcul, et souveraineté intacte.

En revanche, la Corée du Nord, elle, met tous ses doigts dans l’engrenage, assumant jusqu’à l’excès la dissuasion comme vecteur de chantage et de survie.

Un moment à la place de dieu

[Réflexion sur la Russie et le contexte géopolitique actuel]

Il n’est manifestement pas possible à la Russie d’être supérieure à sa nature. Même si elle fournissait des efforts, elle n’y parviendrait peut-être pas. Comme elle n’en fait pas et qu’elle s’abandonne, corps et âme, aux penchants qui la dominent, alors, la Russie est trahie par sa nature et elle sera vaincue par ses démons.

Même le IIIe Reich n’aurait pas osé. Il assumait sa nature maléfique. La Russie de Poutine, elle, ose tout. C’est à cela qu’il va falloir apprendre à la reconnaître, en prenant la peine de remonter le fil de nos certitudes, des certitudes sur les événements qui ont marqué l’entrée dans le XXIe siècle.

En dépit de la revendication par l’EI-K, filière afghane de l’État islamique, Vladimir Poutine a dit que les auteurs islamistes de l’attentat contre le Crocus City Hall le 22 mars étaient commandités par l’Occident collectif. Son ministre des Armées, Sergei Shoigou, a réitéré l’accusation, y associant formellement la France.

Loin d’être une banale déviation rhétorique, la tournure des événements, après l’attentat perpétré au Crocus Center le 22 mars 2024, dans la banlieue de Moscou, marque, au niveau purement dialectique, le plus inattendu des tournants.

Il faut en prendre la mesure et cesser d’éviter le sujet, au motif que c’est une manipulation de l’information de plus. Ce n’est pas une manipulation de l’information de plus.

La manière dont la Russie détourne l’événement dépasse, il me semble, le cadre de la guerre déclarée par la Russie à l’Ukraine. Il dit tout, dans une sorte de lapsus révélateur irrépressible, de ce qu’est l’âme russe, lavée par un siècle de communisme, dévoyée par un quart de siècle de poutinisme, de la nature du combat que la Russie, sur cette partie de l’échiquier a engagé contre nous. Il est le révélateur d’une culpabilité russe dont la seule question, aujourd’hui, est de savoir jusqu’où elle trempe et jusqu’où elle a trempé.

Notre ennemi fondamental, c’est cette âme russe.

Le système d’information occidental ne mesure pas la portée du mensonge d’Etat proféré par la Russie qui ne voit dans l’Etat Islamique K qu’un exécutant.

Les journalistes ne veulent voir que l’énormité du stratagème, ce qui équivaut à ne rien voir. C’est se priver de lucidité.

Il y a un impensé stratégique, le nôtre, sur ce que furent les attentats que nos démocraties ont subis, depuis le 11-Septembre-2001. Il resurgit, à la faveur des incroyables accusations russes, comme un angle mort inacceptable. Il faut l’ouvrir.

En nous disant que le terrorisme islamique est un exécutant de basses œuvres au Crocus City Hall, l’ancien sous-officier du KGB Poutine, refondateur du FSB, nous dit-il quelque chose que nous devons nous forcer à entendre sur l’histoire du terrorisme Islamique, ses racines, ses collusions objectives, ses manipulations, ses liaisons ?

Il nous dit que nous ne devons pas nous fier aux apparences.

C’est une parole de quelqu’un qui sait de quoi il parle.

Il est donc temps de se poser la question et de regarder le champ de bataille global, de regarder l’ensemble de la perspective historique, l’action psychologique de dérèglement du libre-arbitre qui y est menée. La pensée n’est pas une souris prisonnière d’un labyrinthe ou d’une mise en complexité. La pensée va où elle veut.

Les médias, le système d’information dont sont pourvues les démocraties, se révèle dans l’incapacité de prendre cette mesure potentielle des événements.

Ils n’ont pas appris à imaginer le mal. Sa banalité peut-être ? Son empire, son expertise, en aucun cas : « Toujours préférer la connerie, à l’hypothèse du complot »

Le narratif que les médias ont construit autour d’un consensus bloque le système d’analyse, de traitement, de projection des faits, à des normes et des standards.

Le système d’information fonctionne comme une machine aveugle qui ne voit que ce qu’elle a appris à voir.

Nul ne veut voir la disruption narrative que le maître du Kremlin a opéré au lendemain de l’attentat au Crocus Center et ce dont ce basculement est, compte tenu de ce que nous avons appris de la psychologie d’agression russe, le révélateur.

Nous savons, depuis tous les conflits qu’elle a animés, que l’inversion accusatoire est une spécialité russe.

Partout, de Grozny à Alep, en passant par l’Ukraine, elle s’exonère de ses turpitudes (emploi d’armes chimiques, menace nucléaire, crimes de Boutcha, menaces sur les russophones, etc.) en les prêtant, d’abord, aux autres.

Elle a appris à se justifier de l’injustifiable en prêtant l’injustifiable, d’abord, à celui à qui elle est opposé.

Cette fois, pourtant, la Russie a passé le stade de l’inversion accusatoire. Elle introduit la perversion accusatoire, c’est à dire qu’en accusant l’Occident collectif d’être derrière l’attentat du Crocus City Hall, au mépris des évidences et de la revendication même de l’organisation EI-K, elle prête à l’Occident global la possibilité d’être derrière tous les attentats. Elle prête surtout, et c’est ce qu’il faut prendre en compte, aujourd’hui, à l’Occident la perversion dont elle a, sinon l’expérience achevée, du moins l’imagination aguerrie.

Entre l’imagination aguerrie et l’expérience aboutie, il y a l’opportunité stratégique qui se présente sous une forme ou une autre, de manière directe ou indirecte. Voilà ce qu’il y a.

La Russie fait partie des nations qui n’hésiteront pas à se saisir de telles opportunités.

Cette affaire d’islamistes qui ne seraient que des exécutants, confirmée, jeudi, auprès du ministre de la Défense français par son homologue russe veut semer un niveau de confusion de plus et, peut-être, au fond, va-t-elle contribuer à en enlever un.

Rien n’est compréhensible, et l’attitude même du pouvoir russe balaye les suspicions légitimes d’un coup orchestré par le FSB ou quelque autre instrument au service de l’Etat profond russe.

On a beaucoup plus de questions que de réponses.

Mais ce qui est sûr, depuis le 22 mars 2024, c’est que l’Islamisme est redevenu, en Europe, l’ennemi existentiel.

Il ravit ce titre à la Russie. Ce qui est sûr, dans l’ambiance, dans les retentissements de l’information, c’est d’un seul coup comme une réactivation de tous les ressorts et rouages autour des atteintes à la laïcité, de l’insécurité, des risques d’attentats, etc.

La menace russe sur les démocraties et sur l’Europe redevient le cadet de nos soucis.

Cela avantage, notamment, tous les partis souverainistes, nationalistes, etc., qui votent Poutine aux futures élections européennes le 9 juin prochain.

La Russie n’a pas d’adversaires, elle n’a que des ennemis. Des ennemis intérieurs éradiqués par des poisons divers et variés qui rendraient jaloux les Borgias. Ils ont pour nom Alexeï Navalny, Boris Nemtsov, Anna Politkovskaïa, assassinés par l’Etat qui leur devait protection. Voilà un Etat qui ne se distingue plus du mensonge et de la terreur. Qui n’administre que cela. Qui confond la souveraineté à laquelle doit aspirer toute nation humaine avec l’administration des plus noirs desseins, au service de la soif de pouvoir et de la prédation.

C’est cet Etat qui a déclaré la guerre. Il ne l’a pas déclarée qu’à l’Ukraine.

Il ne l’a pas déclarée qu’à l’Occident global.

Il l’a déclarée à toute nation qui place l’idée de sa dignité au-dessus de tout car, à un moment, la Russie rencontrera pour la détruire, elle aussi, la dignité de toute nation.

Aujourd’hui, la Russie n’a pas d’amis, elle n’a que des nations qui prennent le risque, devant l’histoire, devant la grande histoire humaine, d’être ses complices.

J’ignore si la Chine voit la trame que la Russie, sur cette partie de l’échiquier, et l’Iran, sur l’autre, tentent de jeter sur les événements et les interactions internationales.

Je constate que nous-mêmes avons de la peine à distinguer les mouvements des ombres qui nous harcèlent et nous décontenancent.

Mais si nous ne devions pourtant n’avoir qu’un moment de conscience absolue ; si nous ne devions avoir qu’un moment à la place de dieu, pour distinguer comme il est supposé pouvoir le faire, le mouvement du noir dans le noir, nous devrions employer ce moment de grâce collective pour regarder cette Russie et cet Iran au fond de leur âme.

Et les défaire ici, avant que les armes n’emballent, à un niveau incontrôlable, la partie et ne prennent le dessus sur la force dialectique.

Nous pouvons battre cette Russie avec la pensée d’un grand peuple, d’une grande humanité. Tout écartèle ce peuple fait de tant de peuples, alors c’est qu’il doit se manifester.

Cette Russie-là ne doit pas se voir offrir l’avenir auquel elle aspire car elle ne conçoit son avenir qu’aux dépens des autres, qu’au prix de notre servitude et de notre aliénation.

Cette Russie, qui la fait peser sur d’autres, primitivement, ne doit pas pouvoir alléguer une menace existentielle qui lui ouvrirait un droit exorbitant et injustifié sur le plan nucléaire.

Cette Russie ne laissera personne vivre en paix.

Les Nations Unies sont prévenues.

Elles ont une responsabilité en droit, et elles assument, aussi, un devoir protection de l’humanité. Elles doivent s’en saisir.

Le XXIe siècle pourra alors vraiment commencer.

La Russie légitime. l’Europe non?

J’ai évoqué, dans la contribution précédente, intitulée « Les heures impossibles de la démocratie russe », le défi que la Russie nous impose de relever. Elle nous l’impose car ce défi, parmi d’autres, devra permettre à l’Union européenne de se forger elle-même le récit de son histoire.
Elle n’a eu que très rarement l’occasion d’avoir à se définir, à définir par conséquent, les moyens de sa force, de sa protection, de son identité, par rapport à une puissance telle que la Russie qui projette, elle, avec de plus en plus de netteté le désir de sa propre histoire continentale, amorcé à partir du nationalisme russe. Lire la suite « La Russie légitime. l’Europe non? »

Que veulent semer les Engraineurs

OGM_les engraineurs

Comment le credo écologique publié sur le page facebook du groupe « Defense Russie Liberté » ce 20 mars 2016 à 10h et l’annonce, faite ce même jour (Par Lefigaro.fr avec AFPMis à jour le 20/05/2016 à 14:48 Publié le 20/05/2016 à 14:46) d’un appel à manifester contre Monsanto, les OGM, par un collectif citoyen, baptisé ainsi que le rapporte Le Figaro, « Les Engraineurs », nous interpellent-ils?

Cette curieuse conjonction appelle – devrait appeler – notre sens critique de citoyens, au delà de ce qui est exalté en chacun de nous et au sujet duquel s’applique sans conteste le principe de la liberté de penser.

La question fondamentale en définitive porte donc, constamment, sur « Est-ce que ce que je pense est ce que je pense? ». L’exercer sur soi-même n’est pas illusoire. Elle assure la démocratie à son meilleur niveau: celui de ses citoyens avertis, en responsabilité comme en dignité.
Ce sont eux qu’il faut défendre car ce sont eux qui nous défendent par leur sérénité aux turbulences.

Au fond, la question qui regarde chacun, dans sa vie citoyenne, est « De quoi suis-je, s’il m’advient de l’être, le signal, ou encore, à quel signal réel, la vie démocratique, avec ses désordres éventuels, m’amène-t-elle à m’accorder? ». Et par quels biais?

Contrepartie, la Russie de Poutine supplante l’Europe en matière de production de blé.

PS: je précise que j’ai vécu le crépuscule d’une période où l’on pouvait invoquer « la France profonde », comme une sorte d’autorité tutélaire sur la volatilité des choses.

Tafta

Il convient de se remémorer la déclaration de M. Poutine, le 28 septembre 2015, à la tribune de l’AG des Nations Unies.
« Je voudrais aussi noter, a déclaré M. Poutine, l’existence d’une autre manifestation de l’égoïsme économique en plein essor: il y a certains Etats qui optent pour la création d’associations économiques prioritaires à caractère restreint. Même les négociations qui les concernent sont menées en cachette, à l’insu de leurs citoyens, milieux d’affaires et sociétés civiles. Personne ne prend plus soin d’en informer d’autres Etats dont les intérêts peuvent être touchés par conséquent. Il se peut qu’on veut tous nous mettre devant le fait accompli, que les règles du jeu viennent d’être réécrite au profit d’un groupe restreint, de ceux qui se considèrent choisis, même sans participation de l’OMC. Cela est lourd de conséquences et peut provoquer le déséquilibre de tout le système financier, la défragmentation de tout l’espace économique mondial« , a prévenu M. Poutine, considérant que le TAFTA – auxquels tant, du FN à la gauche radicale, sont opposés – affecte pas moins que « les perspectives d’ensemble de l’économie mondiale ».
Ces paroles, auquel aucun écho n’a été donné par les médias, ne sont pas neutres. Elles le sont d’autant moins que le traité transpacifique a été signé en janvier.
Cette sévère mise en cause du Tafta, même s’il n’est pas nommé, n’a pas été jugée digne d’intérêt par les médias.
Je postule cependant que l’enjeu que la perspective comme la dynamique d’une telle zone de libre échange représentent est d’un tel poids que la Russie coalise toutes les forces qu’elle peut pour faire échouer le processus.
Cela nous regarde nous Français comme cela regarde les Européens que nous sommes.
Mais nous regardons ailleurs et vaticinons à des débats qui sont utiles pour autant qu’ils ne deviennent pas superflus et purement idéologiques.
Quels sinistres signes des temps s’accordant de part et d’autre de l’Atlantique que ces montées des protectionnismes. C’est Poutine qui doit se frotter les mains, lui qui, dans l’indifférence médiatique, avait dit tout le mal qu’il pensait de ce traité de nature à sceller et parfaire, pour longtemps, le plus important marché de libre-échange et de potentielle réinvention de l’économie de marché. Nous perdons le sens de l’essentiel au profit de griseries au superflu.