Réflexion à l’attention d’un ministre de l’Intérieur

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, alerte : les Frères Musulmans seraient en train d’infiltrer la République.

À la faveur de la déclassification d’un rapport gouvernemental*, il parle d’entrisme islamique, et va jusqu’à désigner cette mouvance comme une menace existentielle, avec pour but ultime : « faire basculer la France sous la charia ».

Il accrédite ainsi l’idée que la République, l’État de droit et la nation française n’auraient plus de noyau suffisamment solide pour résister à une mouvance d’influenceurs et de prêcheurs tapis dans quelques mosquées.

C’est un cadeau curieux fait à des gens qui n’en demandent pas tant.

Hiérarchie des périls

Permettez qu’on interroge la hiérarchie des menaces. Pourquoi Bruno Retailleau — ancien proche de François Fillon — a-t-il tant de facilité à désigner l’organisation des Frères Musulmans comme étant l’ennemi existentiel, et tant de mal à user du même terme pour qualifier Vladimir Poutine ?

Poutine, lui, mène une guerre hybride — j’ai même utilisé le terme de guerre métamorphe, pour désigner une guerre qui prend la forme de nos envies et de nos fantasmes, et qui, ce faisant, devient non seulement méconnaissable, mais désirable.

Nous secrétons collectivement – il dispose à cet effet des relais intérieurs pour propager les phéronomes déclencheurs- l’envie de nous en remettre à lui.

Poutine brandit l’arme nucléaire comme menace constante. Il agresse l’Ukraine. Il ne s’arrêtera que s’il est arrêté.

Sa Russie agit, tue, corrompt, avance. Elle déploie ses agents, infiltre les esprits, altère nos perceptions, retourne notre langage.

Et il faut bien le reconnaître : elle gagne du terrain.

Si elle gagne dans nos têtes, nous n’aurons mécaniquement plus d’autre issue que de livrer la guerre qui s’abreuvera d’une mer de sang parce qu’elle sera mondiale (Honneur à l’Ukraine qui souffre sur le front) — ou de nous soumettre à sa loi.

C’est cela qui est en jeu et qui justifie de faire attention à la manière de désigner des ennemis, sans prendre le risque de les désigner à la légère.

La faute stratégique

C’est à cette aune qu’il faut juger la décision de qualifier de « menace existentielle » une mouvance qui, si elle existe, n’a ni chars, ni missiles, ni plan d’annexion.
C’est une faute stratégique majeure.
Elle sert des intérêts partisans, conforte une posture présidentielle, mais elle désarme la France en galvaudant la parole de l’État.

La parole de l’État n’est pas un outil de communication.
Elle est un engagement solennel, une boussole pour la nation.

La traiter avec légèreté, c’est affaiblir la République.
Cette légèreté renforce les ennemis de l’Europe, et ceux du monde libre.

La stratégie de Moscou y triomphe.

La Russie paierait très cher pour :
→ Ne plus apparaître comme une menace directe.
→ Se faire passer pour le dernier rempart contre la décadence occidentale — y compris contre l’islamisme.

Prenons garde à ne pas exaucer ou devancer sa volonté.
Or, nous reprenons les mots qu’elle nous mâche, les peurs qu’elle instille dans ses laboratoires secrets, et nous adoptons, finalement, l’agenda politique de ses priorités.
A mes yeux, c’est cela qui se passe.

Une nation ne peut pas avoir deux ennemis existentiels.

S’il y en a deux, l’un est une chimère — un monstre que l’on s’invente soi-même — ou un leurre — un monstre que quelqu’un a placé dans notre esprit. Et souvent, le leurre est une chimère nourrie par l’ennemi véritable.

Le système d’information — dont j’ai souvent dénoncé la faillite — donne à manger à ce leurre, jusqu’à lui offrir une place démesurée dans notre paysage mental.

La vraie question

Alors posons-la, clairement :

Entre le péril russe — tangible, militaire, stratégique, brutal — et le spectre d’un basculement vers la charia — hypothétique, fantasmé, peut-être même instrumentalisé — lequel est réel? Lequel est un leurre?

Il y a, bien sûr, un sujet autour des Frères Musulmans. Mais en faire l’ennemi suprême, au moment où l’Histoire frappe à nos frontières, c’est se tromper de combat.

La lucidité n’est pas une option.

La sécurité des Français, leur intégrité, leur souveraineté, ne sont pas des variables de sondage. Elles exigent du courage. Elles exigent de la lucidité.

Le ministre de l’Intérieur doit désigner le bon ennemi. Ne pas flatter celui qui rêve de l’être. Et ne pas dissimuler celui qui agit déjà, chaque jour, contre nous.

Subversion du réel

Il est temps de regarder en face les mécanismes de subversion du réel. De comprendre comment, souvent par facilité dialectique, et parfois par soumission à une puissance étrangère — l’intelligence ennemie au sens littéral —, la sphère politique devient l’instrument inversé de la vérité.

La menace est cognitive.

Et dans cette guerre-là, la souveraineté de l’analyse est un devoir. Elle appartient au peuple. Elle lui est due.

C’est elle qui signe sa liberté. C’est elle qui fonde sa dignité.

#LeCID #FreresMusulmans

*Dont l’opportunisme est à clarifier, peut-être.


Lettre à ceux qui croient encore en la République

Et à ceux qui se sont convaincus qu’ils n’y ont plus leur place. Où il est question de plomb, d’or, de blockchain et de République

Je ne vais pas vous mentir.

Il y a des jours où je me demande ce qu’il faut faire pour réussir.

Jamais au cours de ma vie, il ne m’a semblé parler aussi juste que maintenant et être digne d’être écouté.

Jamais, il ne m’a semblé porter quelque chose d’aussi clair que ce que je porte, à travers le projet Habitat du Roi.

Cette startup synthétise toute les autres dimensions où court ma volonté, mais je dois reconnaître que tous mes efforts sont, jusqu’à présent, couronnés par le néant.

Je vous avoue que ce sentiment est très curieux.  En fait, dans la vie, on devrait s’attendre à tout, sauf, peut-être, à ce que le meilleur que l’on puisse donner, vraiment le meilleur que l’on puisse donner, ne suscite pas le moindre intérêt.

Ne me faites pas l’insulte d’objecter que je ne suis pas juge de ma propre valeur et de la manière dont elle est apprécié par le système qui ne fait plus que décerner la valeur et que je dois plier sous son joug.

Je suis du côté d’un système qui suscite et délivre la valeur, pas du côté de celui qui ne fait que la décerner, s’appauvrit et dessèche son idéal.

Ma révolte vient de là: au moment où j’ai produit mon pic de vertu, des pierres se sont abattues sur moi.

Je n’ai pas peur de dire qu’il y a un contentieux qui s’est formé entre moi et la République, à ce moment-là. Mais ma révolte ne s’est pas transformée en violence, en nihilisme, en course aux pseudos révolutions, elle s’est transformée en besoin de mieux faire, en besoin de prouver.

Et, s'il le faut, j'emploierai des moyens légaux

Je me suis toujours convaincu que rien de ce que l’on dit, même le plus maladroit des mots, ne tombe dans l’oreille d’un sourd. On essaie de le redire mieux, de sonner plus juste.

J’ai toujours pensé qu’il y avait une grande oreille, à l’extérieur, dans l’univers, mais peut-être, qu’en fait, cette grande oreille, à qui on confie l’irrésolu, le mouvement des tréfonds, l’absolu du ressac des idées et des rêves, elle est surtout à l’intérieur de soi, à l’intérieur de moi comme elle est à l’intérieur de chacun.

Je lui ai beaucoup parlé.

Car il faut que je vous avoue : en 1996, j’ai quitté une vie toute tracée parce que j’ai eu l’impression que mon peuple, c’était perdu en lui-même,  et qu’il ne parvenait pas à sortir du labyrinthe qu’il s’était lui-même construit.

J’ai cru qu’il m’appelait. Oui, j’ai cru que le Peuple m’appelait, ou, plutôt, qu’il disait à la cantonade, qu’il livrait à l’atmosphère qui  grésille jusqu’à l’assourdissement de la somme nulle de tous les bruit : y a-t-il quelqu’un qui peut nous sortir de là ?

Et j’ai fini par répondre : oui moi.

Je n’ai pas répondu en parole. Je n’ai pas dit : « oui moi ».  J’ai essayé de former un acte, d’initier, au fond comme Monsieur Jourdain pour sa prose, une organisation autonome décentralisée avant la Lettre, bien plus large que celle que je destine à votre habitat, à l’Habitat du Roi.  Chacun de mes projets qui se sont succédé a procèdé et procède toujours de cette logique et de cette volonté.

Tous mes pas, depuis ce moment, forment la dimension de cet acte, en réalisent l’arpentage et alimentent sa cohérence.

C’est probablement incompréhensible pour beaucoup, mais c’est ainsi et seulement ainsi que je me situe.

Et s’il se trouve, ici et maintenant, des personnes pour douter de l’adéquation de l’homme au projet, au projet « Habitat du roi », je veux être très clair avec elles, il n’y a que moi, à travers ce chemin qui est le mien, qui pouvait parvenir à énoncer le Droit qu’énonce Habitat du Roi, car il s’agit bien d’un droit, il n’y a que moi pour parvenir à comprendre cela.

Je le dis afin que cela, au moins, soit gravé.

Ce projet est incopiable.  Ce projet est moi, mais il est moi dans une complexité ouverte que j’accepte.

Ce projet est à la personne que je suis ce qu’elle reflète de vous et ce projet est à vous, ce qui devrait se refléter de moi ayant l’espérance de vous.

Je ne la dirais jamais vaine, cette espérance. Je ne serais donc jamais vaincu, même s’il est vrai,  après tant de pas, qu’il y a de quoi être découragé par l’indifférence, le silence, la solitude.

Je pense même que le plus courageux des hommes finirait par déposer les armes, par se rendre à cette étrange raison qui sait se dire à chacun quand il poursuit une étoile ou lève un tabou : « Pour qui tu te prends ? »

J’ai croisé beaucoup de gens qui ont dû penser plus ou moins fort « Mais pour qui il se prend ».

Des gens qui m’ont dit mais : « Vous ne croyez pas avoir raison contre tout le monde ? »

Et à qui j’ai répondu : ‘Je veux avoir raison pour tout le monde par contre tout le monde. »

Mais je ne vais pas faire le bravache. Souvent, c’est moi-même qui me suis demandé : pour qui tu te prends ? sans avoir le début d’un argument rationnel en mettre sur la balance.

Alors, je me répondais la seule réponse qui tombe d’elle-même : Je suis moi.

Je me rends compte que j’ai un peu digressé par rapport à ce que je voulais initialement dire.

Ce que je voulais dire, au moment d’entamer ce propos, c’est qu’il y a quelques années, il m’était venu à l’esprit que, quoi que je puisse faire, je ne serai pas reçu ; Quoi que je puisse apporter, ce que j’apportais ne serait pas reconnu et, pour donner l’image la plus définitive de cette impasse, j’avais pensé que si je venais avec la formule qui permet de transformer le plomb en or, que je la déposais aux pieds du peuple, il ne s’en rendrait pas compte.

Je repense à cela, ce soir, parce que je me rends compte que, d’une certaine manière, habitat du roi veut transformer le plomb en or. Il veut donner, grâce aux nouvelle technologie à l’internet de 3e génération et grâce à la blockchain,  de la valeur à ce qui n’a pas de valeur aujourd’hui.

C’est transformer le plomb en or, non ?

C’est ce gisement en déshérence qui est inexprimé parce qu’il n’a pas de valeur, et qui n’a pas de valeur parce qu’il est inexprimé. Et je me dis qu’il est temps, en responsabilité et en authentique souveraineté, que la qualité de vos aspirations dicte ce qu’elle a à dicter. La République française ne conduit-elle pas à la grandeur de l’idée du peuple.

Tous mes pas, tous mes efforts, depuis peut-être toujours, depuis le souvenir d’un enfant si difficile, si désarmé, si malheureux, se demandant ce qu’il fiche là, trouvent leur sens dans l’empreinte que ce projet tente d’apposer.

Il faut être fait d’une matière d’une rare dureté pour continuer à affronter une telle adversité. Je me suis surpris à penser que mon cœur était un diamant et que le monde s’y rayerait s’il comptait le réduire en miettes.

C’est une conviction intenable.

Un tel degré d’obstination confine à la folie. Suis-je soluble dans ce monde ? Ou bien le suis-je dans cet état du monde ? Suis-je soluble dans la République française qui m’a vu naître et grandir?

Si j’écoute ce que dit la situation, j’entends que le Peuple me dit au fond : tu es prisonnier de ton image, de la représentation que nous nous faisons de toi. Cela ne changera jamais.

Mais si je l’entends – c’est-à-dire l’interprétation du sens de son action – me dire cela, et exercer par conséquent, tout le poids de cette réalité à mon encontre, j’entends aussi qu’il est lui-même rendu à être la somme de ces mêmes assignations à résidence, déferrements de destins, formes d’oppressions et de gâchis insupportables à mes yeux.

Cela ne me convient pas.

La liberté doit aller plus loin.

Elle doit ouvrir plus grand.

 

 

 

Pour l’amour de Lucille et sa libellule

Bien penser entraîne la volonté d’accéder à la meilleure orthographe passant à sa portée.
La démonstration à charge, faite ici et filigranée à dessein, ne procède pas de satisfaire cette vocation,
mais plutôt de cristalliser un ressenti, étayé par des observations, au profit d’une famille politique et de son orthophonie spécifique.

La République s’entend dans le geste désintéressé du semeur, né de l’auguste Semeuse qui fait fleurir les mots.
Elle sème la liberté. Elle n’en annexe pas la cause — pour être plus clair.
Et pour l’être plus encore :
de même qu’il est difficile, pour les élèves des classes dites défavorisées, d’assimiler que 2 + 2 font 4,
alors que tout, hors la classe, leur enseigne que prévaut la loi du plus fort,
l’orthographe — descendante de la calligraphie, elle-même issue de l’école du Signe — procède aussi du fait que
le Réel doit se laisser reconnaître,
pour donner l’envie d’en honorer l’esprit qui l’anime,
avant que d’accepter d’être l’esclave de sa Lettre.
Cela précède l’objection, l’insoumission ou la servitude.

Les Humanités, qui longtemps s’enseignaient et se transmettaient, enseignaient d’abord cela :
que l’on n’entre pas dans le langage comme on entre dans un enclos,
mais comme on entre dans un monde.
Elles formaient à la reconnaissance d’un ordre libre, non à la récitation contrainte.

Jean-Paul Sartre s’est épris des mots pour servir la Cause du peuple.
Aujourd’hui, l’appel à l’orthographe fait parfois figure d’ortho-idéologie réactionnaire — pour utiliser le mot brut.
Et cela déplaît à l’oreille de l’École-Sanctuaire,
car cette oreille-là ne veut pas entendre le bruissement des vivants,
mais le silence souple des alignés.

Deux ou trois libellules en vol troublaient Lucille
Sur le chemin de son école, en pleine ville
« Ces libellules en ville sont folles » se dit Lucille
Qui les attrape avec un fil et puis s’envole

Vers le Bal des étoiles, cour de récréation de l’imagination des enfants sages.

Tous le sont.

Post Scriptum: la poétique d’ensemble est ainsi formée —
et elle ne peut démarrer que des,
par,
et pour les enfants. Ils sont nous, nous leur devons la portée du meilleur impossible.

Réapprendre à marcher pour La France Entière

De Promothée à la refondation démocratique. Je propose que le Parti Renaissance, héritier de La République en Marche, achève sa mue en devenant le parti de La France Entière.

Il semble qu’une grande partie de nos élites politiques, médiatiques et intellectuelles, arrimées au régime partisan, ont encore le « En même temps », qui constitue la marque de fabrique du Macronisme, en travers de la gorge.

Elles ont considéré la victoire de Macron en 2017, annonciatrice prématurée d’un nouveau monde, comme un vol avec effraction.

Elles ont tenu sa victoire de 2022 pour une usurpation.

Le vieux monde s’est pris pour Zeus et s’est vengé.
Il s’est vengé de Jupiter.

Le vieux monde, son clergé, ses clercs, n’ont que faire de l’intérêt de la France. Ils n’aiment que leur propre image, leur propre importance dans le jeu des représentations.

Ainsi ont-ils mis l’opinion publique à feu et, parfois, à sang, portant les idéologies à leur paroxysme, déchirant la laïcité, éloignant la République de la paix civile qu’elle porte en son cœur.

Rappelons-nous de ce que le postulat du « En même temps », c’est-à-dire l’adoption du meilleur de la gauche et du meilleur de la droite, avait de Prométhéen.
Rappelons-nous de ce que Prométhée a dû subir à cause de l’épisode de Benalla face aux black-blocs, de Mac Kinsey, du COVID, de la réforme des retraites.
Depuis des années, un aigle vient, tous les jours, lui manger un bout de foie et nous ne rendons pas compte que, ce faisant, il mange le nôtre.

Mais Prométhée n’est pas mort.

Est-ce que les marcheurs de la première heure, devenus porteurs de Renaissance, peuvent renoncer à vouloir faire entrer la France et l’Europe dans le XXIe siècle?

Est-ce que nous ne sommes pas le corps et l’âme de ce Prométhée républicain qui meurt à un endroit mais renaît à un autre, dans et par le corps du Peuple, le vrai, pas l’agglomérat des foules, des communautés et des tribus?


Nous, on va enfoncer le clou, avec un positionnement de campagne qui ne cherche pas à ratisser large, mais bien à lever profond, à renouer avec le radicalisme républicain qui n’exprime qu’une volonté, celle d’aimer le peuple entier pour le représenter pleinement.


C’est la raison pour laquelle je nous ai déposé la marque politique : La France Entière.
C’est La France entière que nous devons embrasser et ça tombe bien que nous soyons à Saint-Denis, là où reposent les siècles des rois et reines, pour redonner tout son sens au destin du peuple qui reprend les authentiques attributs de sa souveraineté, insensibles aux démagogues, aux diviseurs, aux stigmatiseurs.

La marque La France Entière est là pour enfoncer une pointe d’argent au cœur de cette politique qui vampirise les âmes et dessèche les cœurs, qui est celle que nos concitoyens détestent et rêvent de pouvoir dépasser si on leur en donne l’occasion réelle.

C’est beaucoup plus qu’un programme politique.
C’est même plus qu’un projet politique.
C’est presque un discours amoureux.
C’est une espérance que nous devons concrétiser.
C’est ce pourquoi Je marche,
C’est ce pourquoi Nous marchons.

Je marche, nous marchons pour La France entière.

Cette marque, cette bannière, cet entête, s’inscrit dans l’ADN du mouvement. Il représente la continuité logique entre les pas du marcheur, depuis son origine, et sa destination révélée qui est celle du peuple dans son entier, dans son intégrité.
Car La France Entière ce n’est rien d’autre que le peuple Un et Indivisible, pas celui de gauche, de droite, du centre, des patriotes, des souverainistes, des écologistes, des altermondialistes, pas le peuple des déchirures, des genres opposables à l’infini, des Kramer contre Kramer, pas le peuple de Paris contre celui de la périphérie, de la voiture à essence contre la voiture électrique, celui du gluten et celui du cholestérol, celui des champs et des villes, du foot ou du rugby.

Non, pas cette République qui s’invective du soir au matin, où chacun devient de plus en plus allergique à l’autre parce que des forces politiques, syndicales et sociales choisissent de fonder leur pouvoir sur la facilité à diviser, à diviser toujours plus, jusqu’à jour où ne reste que le néant de la République à diviser.
Nous ne laisserons pas faire cela. Moi, je ne le laisserai pas faire, en tout cas.

Nous sommes au service de La France Entière. Elle commence ici et elle n’a pas de limite que celle que la volonté du peuple saura susciter en nous et réveiller en elle.

Daniel CICCIA

De la mondialisation malheureuse à la démondialisation à pleurer

En rejetant, au motif que la mondialisation était malheureuse, un système imparfait mais régulé, le monde s’expose à un désordre encore plus grand, où les rapports de force dominent. Il est essentiel de repenser les mécanismes de coopération internationale pour éviter que la démondialisation ne nous plonge définitivement dans le chaos et l’injustice. La question est : avec ou sans la Chine, qui a été la grande bénéficiaire de la mondialisation malheureuse?

Depuis plus de vingt ans, l’Europe et, plus largement, l’Occident semblent engagés dans une série de rendez-vous manqués avec l’Histoire. Chaque peuple s’applique, avec un zèle déconcertant, à ne plus honorer les rendez-vous qu’il s’était fixé avec lui-même, trouvant mille prétextes à bannir un projet de civilisation fondé sur la coopération, la régulation, et la dignité humaine.
Pour les Français, cibles du terrorisme islamique, cibles de la Russie, il s’est agi de faire mentir et de renier leur goût pour l’universalisme. De démentir, comment dans les années, leur adn.

Le 11 septembre 2001 marque la fin brutale d’une certaine innocence occidentale et inaugure une période où la peur, la méfiance et le repli sécuritaire prennent le pas sur la confiance et l’ouverture.
« La fin de l’histoire » de Francis Fukuyama érigé sur les décombres du mur de Berlin rencontre les eaux froides du « Le choc des civilisations » de Samuel Huttington.

Tout ce qui, jusque-là, coulait de source cesse de couler de source.

Quelques années plus tard, en 2005, l’Europe rate un rendez-vous décisif avec elle-même : le référendum sur la Constitution européenne. La dynamique ambitieuse de construction d’une identité politique commune est stoppée net.


Une trouvaille sémantique, parfaitement traduisible en alphabet cyrillique, fait son apparition favorisant l’idée que le temps de l’Europe devait être celui l’approfondissement plutôt que celui l’élargissement.


Ironiquement, c’est le spectre caricatural du « plombier polonais » – symbole d’une peur irrationnelle que l’ouvrier français soit dépouillé par l’ouvrier polonais – qui contribue à détourner le regard des Européens de leur avenir commun.
Se pouvait-il que le plombier polonais ait pu être un agent d’influence russe ?

Vient ensuite la crise financière de 2008, fruit d’une dérégulation excessive et d’une mondialisation qui subit le procès d’être devenue incontrôlable et prédatrice. Celle-ci nourrit une critique radicale du libre-échange, le présentant comme source d’inégalités croissantes, de destruction économique locale, d’érosion culturelle et d’être antinomique avec la lutte contre le changement climatique. Ainsi se forge le concept de « mondialisation malheureuse ».

Pourtant, en rejetant radicalement ce modèle certes imparfait mais régulé, l’Europe s’est privée elle-même des outils indispensables à son influence sur l’ordre mondial. L’échec du traité TAFTA, en 2016, en est la parfaite illustration.


Vladimir Poutine n’a jamais caché qu’il considérait ce traité comme « une manifestation de l’égoïsme économique de l’Occident ». Il l’a dit, à la tribune des Nations Unies.


Ironiquement, en refusant ce projet qui aurait pu donner naissance au plus grand espace économique intégré au monde, l’Europe a involontairement favorisé les intérêts de ceux qui préfèrent une Europe divisée, fragmentée, isolée – et donc vulnérable.


Les historiens, à froid, analyseront ce qui s’est passé réellement, au-delà des représentations politiques et du ressac médiatique que cela provoque. Cela mérite un rapport clinique car il s’agira, à un moment, d’édifier notre postérité, qui doit commencer aux générations qui héritent de ce sombre et lourd fardeau que nous avons, par faiblesse, par indiscipline, parce que notre ennemi est trop fort et trop rusé, laissé se constituer.


Aujourd’hui, la situation s’est encore aggravée. Les États-Unis sous Trump ont choisi une forme de démondialisation brutale et chaotique, dominée par le protectionnisme et le rapport de force.
L’Europe, quant à elle, semble errer dans ses propres contradictions internes, affaiblie par ses choix passés.


Cette prise de conscience historique doit nous inviter aujourd’hui à lever le regard, à sortir de l’immédiateté étouffante du quotidien et à nous retrouver dans une véritable perspective historique.

Comprendre ce dont nous avons été victimes est la première étape indispensable pour élaborer une riposte réparatrice à l’heure où les nationalismes, les souverainismes et les isolationnismes se préparent à sabler le champagne. Il ne s’agit plus seulement de réagir, mais de reconstruire activement les fondations d’une coopération internationale éclairée, solidaire et juste.


Pour cesser de péricliter, il faut que les Européens embrassent maintenant leur destin européen et le rendent irrésistible.

Quand la lutte contre l’antisémitisme devient un levier de manipulation politique

Jamais la tentation de redéfinir la lutte contre l’antisémitisme en opposition à l’islam n’a été aussi forte. Et jamais, grâce aux outrances de LFI, le mot “islamophobie” n’a été aussi délégitimé — au point qu’aucun musulman ne peut aujourd’hui s’en revendiquer sans être suspecté.

Le soutien exprimé par Emmanuel Macron à la communauté juive après l’agression antisémite du rabbin Arié Engelberg à Orléans a suscité des critiques virulentes.

Mais derrière ces attaques se cache une mécanique plus inquiétante : celle de l’instrumentalisation de la lutte contre ce même antisémitisme à des fins politiques, au profit du Rassemblement National — avec, en arrière-plan, des ingérences étrangères avérées.

Une partie de ces critiques ne relèvent pas simplement de l’anti-macronisme primaire, mais s’inscrivent dans une dynamique bien plus sournoise, qui met en scène une recomposition des narratifs autour de la figure du Rassemblement National, désormais présenté par certains comme le véritable rempart des juifs.

Ce glissement stratégique est loin d’être anodin. Il met en lumière une instrumentalisation de la peur, du sentiment d’abandon, et de l’émotion légitime, dans le but de renforcer un camp politique qui, tout au long de son histoire, a pourtant porté les stigmates de l’antisémitisme, de la fascination pour les pogroms, du racisme, du rejet de l’autre, et de l’autoritarisme.


Ce que l’on voit poindre, c’est un narratif savamment construit, souvent relayé par des figures prétendument « dissidentes », qui martèle que Macron aurait failli à sa mission de garant de la sécurité des Français juifs, notamment en s’abstenant de participer à la marche contre l’antisémitisme après le 7 octobre 2023.

Derrière cette accusation se cache une logique plus insidieuse : celle qui vise à disqualifier toute autre forme de solidarité que celle incarnée par la droite extrême, tout en diffusant l’idée que le président serait « l’otage » de la communauté arabo-musulmane française.

Ce procès d’intention, jamais totalement assumé, procède pourtant d’un mécanisme de polarisation identitaire qui alimente la fracture nationale. Il est d’autant plus dangereux qu’il détourne le sens même du combat contre l’antisémitisme en l’inféodant à une stratégie électorale.

Or, pour comprendre cette mécanique, il faut aussi la resituer dans son arrière-plan géopolitique. Il est désormais avéré que, dans les jours qui ont suivi l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023, des opérations d’influence — voire de déstabilisation — ont été menées sur le sol français, avec l’appui d’agents liés à la Russie.

Des individus, notamment venus de Moldavie selon les premiers éléments d’enquête, ont été identifiés comme auteurs de tags antisémites, croix gammées incluses, sur des façades d’immeubles à Paris.
L’objectif était limpide : attiser les tensions communautaires, exacerber les clivages, et affaiblir le front républicain.

L’antisémitisme, dans ce contexte, devient un instrument géopolitique. Un poison que certains inoculent méthodiquement pour fracturer nos sociétés de l’intérieur, l’instrumentalisation de la cause palestinienne par les extrêmes-gauches et les altermondialistes, anticapitalistes et autres mouvances écolo-radicales contribuant à ce qu’aucun chat ne puisse reconnaître ses petits.

Dans ce climat vicié, la figure d’Arno Klarsfeld joue un rôle particulièrement trouble. Fils de Serge Klarsfeld, dont le nom est à jamais associé à la mémoire du génocide et à la traque des criminels nazis, il engage aujourd’hui ce nom dans une entreprise de brouillage moral et politique.

En s’alignant sur les positions du Rassemblement National, en reprenant l’antienne selon laquelle l’Ukraine serait infestée de nazis, et en vantant le RN comme le « meilleur protecteur des juifs », il contribue à une inversion perverse des repères historiques.

Ce faisant, il confère une forme de légitimité mémorielle à un parti dont les racines idéologiques ont précisément nourri les pires dérives du siècle passé. Ce n’est pas seulement une faute politique — c’est une blessure infligée à la mémoire.

Il faut donc regarder ce basculement avec lucidité. Dans la communauté juive elle-même, certains — et ils sont heureusement minoritaires — participent activement à cette mystification, croyant servir leur cause alors qu’ils servent un projet qui les trahira.

La tentation d’instrumentaliser la menace antisémite pour asseoir une force politique jugée plus protectrice est réelle, et c’est là que réside l’un des pièges les plus dangereux de notre époque.

Il est à la fois tragique et vertigineux de voir se dessiner cette équation perverse : faire du RN, et de Bardella, les garants de la sécurité, alors que dans le même temps, ce parti ouvre symboliquement des brèches qui affaiblissent notre cohésion, alimentent la guerre informationnelle, et laissent la porte grande ouverte aux ingérences de régimes comme celui de Vladimir Poutine.


C’est dans ce contexte que les critiques contre Macron doivent être comprises. Non pas comme des critiques isolées ou sincères, conforme au débat public dans une société pluraliste, mais comme les maillons d’un activisme politique bien plus large, qui vise à disqualifier l’équilibre républicain pour installer, sous couvert de protection et de fermeté, une puissance autoritaire déguisée.
Ceux qui s’y prêtent consciemment jouent un jeu dangereux.
Ceux qui y adhèrent inconsciemment sont les premières victimes d’une grande mystification.

CredimusInOptimumHumanis

Compagnon de la Libération – I

Demain, mercredi 25 juin 2025, le PS va déposer une motion de censure à laquelle nul ne sait encore si le RN va adhérer, auquel cas le gouvernement de la France tombera pour la seconde fois.


Il est temps de rappeler, au dessus de tout, une évidence: faire tomber la France de son piédestal est certes un jeu qui a tant d’adeptes au sein de l’actuelle représentation nationale qu’il peut, à lui tout seul, tuer la France, dans l’idée grandie et grandissante que, depuis toujours, sauvée et ravivée par le général de Gaulle, elle se fait d’elle-même.


Ce serait une catastrophe nationale que guettent, par delà les émulsions polico-médiatiques, notre ennemi continental.


Au moment où la Russie redouble, en Italie, au Royaume-Uni, ailleurs sans doute, de tous ces stratagèmes, de tous ces relais, pour amener ces gouvernements à réduire la voilure de leur détermination à défendre leur et notre souveraineté commune, le Mal serait si profondément enfoncé, ancré au coeur de notre République, bavardant et déambulant, tête fière et yeux fermés, au sein de notre Assemblée Nationale, qu’il n’a même plus à y instiller son venin.

Il le laisse faire son effet et, à peine, croit-il devoir y prêter regard!

La Constitution de la Ve République était prévue pour résister à tout, mais pas à un peuple à genoux pleurant devant sa propre peine.

Le Rassemblement National votera la censure. Le PS le lui demande gentiment.


Au regard de ce qui parcourt, à vitesse grand V, le monde, ce n’est pas une question.
C’est ma réponse.

L’Union face à l’obstacle


Pour une limitation temporaire du droit de vote de la Hongrie et la refondation constitutionnelle européenne
Note argumentaire pour une mesure de sauvegarde et une relance politique

L’union est comme un cheval devant l’obstacle. Tout le monde sait qu’elle doit le franchir, car le risque de paralysie institutionnelle croît proportionnellement au risque existentiel.

La Hongrie bloque régulièrement, par la voix de son Premier ministre, des décisions stratégiques du Conseil européen. Or ces décisions concernent des enjeux existentiels pour l’Union : guerre en Ukraine, défense commune, unité diplomatique.
Ce comportement n’est pas un désaccord politique ordinaire, mais un sabotage stratégique. Une mesure temporaire de suspension de vote devient alors un acte de sauvegarde, et non de punition.

Le principe d’unanimité au Conseil européen garantit l’égalité entre États, mais devient un levier de paralysie en période de crise.
L’article 7 du TUE existe, mais reste inopérant en situation d’urgence. En revanche, les principes généraux du droit permettent de s’appuyer sur la doctrine de nécessité : salus populi suprema lex esto — le salut du peuple est la loi suprême.

Une limitation ciblée et encadrée peut être juridiquement justifiée par la nécessité de préserver l’ordre démocratique européen.

Cette mesure ne vise pas la Hongrie comme nation, ni son peuple, mais le comportement isolé d’un dirigeant dont les accointances stratégiques avec la Russie sont manifestes. Il s’agit de protéger les institutions communes contre une instrumentalisation destructrice. L’Union ne peut être l’otage de l’un de ses membres sans perdre sa légitimité et sa capacité d’agir.

Ce cas révèle une faille structurelle : le droit actuel ne prévoit pas de réponse rapide à un blocage stratégique interne en situation de guerre ou de crise majeure.
Il devient clair que le principe d’unanimité, sans clause d’exception pour menace existentielle, rend l’Union vulnérable.
Il est donc impératif d’ouvrir une voie légitime pour l’écarter temporairement quand l’intérêt supérieur l’exige.

L’échec de la Constitution européenne fut, en partie, le fruit d’un sabotage stratégique, obtenu par un noyautage d’un souverainisme qui épouse trop nettement les intérêts de la souveraineté russe pour être parfaitement au-dessus de tout soupçon.
Les forces qui l’ont empêchée sont aujourd’hui celles qui bénéficient du blocage actuel. Ce moment n’est pas le moment d’une énième constituante pour la France ou n’importe quel autre pays.
Ce moment est le moment de la Constitution européenne.

Nous avons le devoir et la responsabilité, de traverser la montagne d’épineux, les ronces, pour relancer un véritable processus constituant qui aura pour effet de clarifier la souveraineté européenne, d’affirmer l’ordre politique commun, et d’éviter qu’une crise future ne détruise le projet européen de l’intérieur.

Suspendre temporairement le droit de vote d’un État membre qui agit contre l’intérêt vital de l’Union n’est pas une dérive.
C’est un acte de sauvegarde.
Ce n’est pas l’Europe qui se venge d’un État.
C’est l’Europe qui se protège. Et c’est l’Europe qui se révèle à elle-même comme une puissance politique digne de ce nom.

Le cheval doit franchir l’obstacle. Tous les chevaux en même temps.

CredimusInOptimumHumanis

La Russie et l’Iran au coeur de la guerre métamorphe

Plus qu’un guerre hybride, ces deux états nous livrent une guerre métamorphe. Ils se livrent, depuis des décennies, à une stratégie de subversion globale que nous n’avons pas appris à voir venir

La guerre que nous connaissons aujourd’hui ne se limite pas aux conflits armés traditionnels ni même aux guerres hybrides qui mêlent opérations militaires, cyberattaques et propagande. Un nouvel état de guerre a émergé, que l’on peut qualifier de guerre métamorphe. Ce concept décrit un affrontement qui adopte les formes les plus séduisantes et légitimes aux yeux des sociétés ciblées afin de déstabiliser, diviser et paralyser ses adversaires sans qu’ils ne s’en rendent compte. La Russie de Vladimir Poutine et la République Islamique d’Iran ont perfectionné cette stratégie en orchestrant une subversion profonde des démocraties occidentales et de leurs alliés.


I. La Vengeance Stratégique : Pourquoi la Russie et l’Iran visent l’Arabie Saoudite

L’un des points de rupture de la fin du XXe siècle fut l’effondrement de l’URSS en 1991. Une cause majeure, rarement mise en avant, fut l’effondrement du prix du pétrole orchestré par l’Arabie Saoudite entre 1985 et 1986. En faisant passer sa production de 2 millions à 10 millions de barils par jour, Riyad fit chuter le prix du pétrole de 22 dollars à 10 dollars le baril, étranglant ainsi l’économie soviétique, qui dépendait fortement de ses exportations énergétiques.

Vladimir Poutine, qui considère la disparition de l’URSS comme « la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle », a dès lors eu une motivation profonde à affaiblir et à punir l’Arabie Saoudite, et avec elle l’alliance stratégique américano-saoudienne qui structure le monde depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’Iran, ennemi historique de l’Arabie Saoudite, trouve naturellement dans cette stratégie une convergence d’intérêts avec Moscou. Ensemble, ces deux puissances ont développé une approche insidieuse pour affaiblir l’Arabie Saoudite et miner son alliance avec les États-Unis.


II. Le 11 Septembre 2001 amorce la rupture dans le cognitif

Les attentats du 11 septembre 2001 ont marqué un tournant stratégique global. Une narration immédiate a émergé, cherchant à incriminer directement l’Arabie Saoudite dans les attaques.

  • Zacarias Moussaoui, seul survivant du commando terroriste, a maintenu un récit selon lequel l’Arabie Saoudite serait l’instigatrice des attentats.
  • Cette accusation, bien qu’incohérente dans son exécution, a fracturé durablement la relation entre Riyad et Washington, laissant le doute planer sur le rôle des Saoudiens.
  • Dans le même temps, une autre ligne de désinformation se mettait en place, affirmant que les attentats du 11 septembre avaient été orchestrés par les États-Unis eux-mêmes, ce qui permit de détourner l’attention des vrais instigateurs.

Cette technique est une signature de la désinformation russe, dont l’un des principes est de toujours injecter des récits contradictoires afin de semer la confusion. L’ouvrage L’Effroyable Imposture de Thierry Meyssan, qui popularisa l’idée d’un complot interne américain, fut fortement relayé par la Russie et trouva refuge sous la protection du régime syrien.

Tout, jusqu’à cette chaussure volant vers le président George Bush en conférence de presse, et y compris, jusqu’au soliloque grandiloquent de Dominique de Villepin, participe de ce travail.

Les bénéficiaires réels des attentats du 11 septembre furent donc la Russie et l’Iran, qui parvinrent à :

  • Isoler l’Arabie Saoudite en l’exposant comme responsable implicite.
  • Plonger les États-Unis dans des guerres interminables qui affaiblirent leur prestige et leur économie.
  • Créer un climat de suspicion et de division entre alliés occidentaux. Ouvrir un boulevard à une phénomène d’autosuggestion qu’il suffit de maintenir comme des fers au feu, chez les islamistes les plus radicaux.

III. La Perversion Stratégique de l’Islam Chiite

Si l’on suit la logique de guerre métamorphe, un autre axe majeur se dessine : la Russie et l’Iran ont appliqué une méthode de perversion et d’instrumentalisation de l’Islam chiite, comparable à ce que la Russie tsariste avait fait avec Le Protocole des Sages de Sion, un faux antisémite destiné à discréditer les Juifs.

  • En soutenant l’Iran chiite et Bachar El-Assad, la Russie a laissé l’Arabie Saoudite et le sunnisme sous pression.
  • En favorisant des mouvements terroristes radicaux, elle a contribué à associer l’islam chiite à une posture de résistance, renforçant ainsi l’image de l’Iran comme seul rempart contre l’hégémonie occidentale.
  • En injectant une narration victimaire, elle a transformé des luttes géopolitiques en causes émotionnelles globales, séduisant les masses occidentales et encourageant une révolte idéologique contre leurs propres systèmes.

L’instrumentalisation de la cause palestinienne, qui fusionne si bien avec d’autres luttes (climat, racialisme, féminisme intersectionnel, anticapitalisme), participe de cette même stratégie. En créant un prisme idéologique unique, cette guerre métamorphe absorbe toutes les révoltes en une seule lutte globale, rendant toute opposition impossible sans paraître cynique ou inhumaine.


IV. La Guerre de la perception et la question du Libre-Arbitre

Le 28 octobre 2022, un événement a marqué un tournant symbolique dans la bataille des narratifs. Le même jour, Vladimir Poutine dénonçait l’Occident comme un régime étouffant la liberté d’expression, et Elon Musk rachetait Twitter en prétendant libérer « l’oiseau bleu ».

Cette simultanéité pose question : simple coïncidence ou convergence stratégique ?

Si MAGA et MEGA (Make America Great Again / Make Europe Great Again) font du free speech l’alpha et l’oméga de la démocratie, alors le véritable enjeu est celui du libre-arbitre. La souveraineté de chacun à penser correctement le monde, à discerner entre les illusions créées par cette guerre métamorphe et la réalité des faits, devient le dernier rempart contre cette offensive insidieuse.

L’actualité récente témoigne d’une ingénierie du chaos, où les tensions sociales sont méthodiquement exacerbées.

  • En France, la crise franco-algérienne n’a pas encore révélé tout son potentiel de déstabilisation.
  • Les réseaux sociaux ont amplifié des narratifs instrumentalisant les tensions ethniques et identitaires.
  • Des précédents existent : les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 à Cologne, exploitées au bénéfice de l’AfD, ou la narration autour des migrants « mangeurs de chiens » aux États-Unis, illustrent un savoir-faire précis dans l’orientation de l’opinion publique.

La guerre métamorphe constitue un défi existentiel pour l’humanité entière

Nous sommes confrontés à une guerre qui ne dit pas son nom, qui ne se combat pas avec des armes traditionnelles, mais qui déstabilise et infiltre. La Russie et l’Iran ont compris que le véritable champ de bataille est celui de la perception, et qu’il est possible de gagner sans jamais livrer une bataille frontale.

Or, si les dés géostratégiques tombent systématiquement du côté des intérêts russes, il serait conforme à l’instinct de conservation de se demander si les dés ne sont pas pipés…

Reconnaître la nature de cette guerre est la première étape pour élaborer une riposte adaptée et rétablir une stratégie souveraine face à cette menace protéiforme.

X, un problème de sécurité nationale

En donnant l’impression, ce matin, de donner des gages à une modification de l’algorithme qui influence le réseau à favoriser le biais négatif, @ElonMusk agit en stratège.

Ce semblant de revirement représente une manœuvre pour déplacer le centre d’attention, tromper la vigilance et faire retomber le seuil d’alerte qu’il a déclenché lui-même au cours des dernières semaines par des ingérences répétées.

Il ne faut pas en être dupe.

Par contre, il est temps de se poser la question cruciale qu’une démocratie réelle, protégée par un système d’information digne de ce nom, c’est-à-dire édificateur, ne devrait amener personne à se poser:

Est-ce que ce que « je » pense est ce que « je » pense?

Ce qui sous-tend l’autre question:

Est-ce que quelqu’un ne manipule pas, en amplifiant ce que « je » crois être « ma » sensibilité aux questions que lui-même « m’impose » à l’insu de mon plein gré, ma conviction.

En d’autres termes, cette phénoménologie du système d’information n’a-t-elle pas pris, structurellement, le pouvoir sur toute autre considération, jusqu’à imposer sa dialectique (le protocole, le biais, la lexicologie, le ressenti, l’invasion mentale, l’alternance stress social/offre de catharsis, le conditionnement à des stimuli de terreur, de séduction, etc).

Si nous prenons en compte la nature de ce que propage X, le réseau d’Elon Musk, et l’envahissement qu’il exerce, la question de savoir si son offre dans le système relève de la liberté d’expression et constitue, encore, une question privée ne peut déboucher que sur une seule réponse?

Non.

Et s’il ne s’agit pas d’une question privée, alors, par voie de conséquence, il s’agit d’une question de sécurité nationale, qui intéresse et regarde chaque nation, chaque espace politique de souveraineté, chaque élément constitutif de cette souveraineté collective : donc, chaque individu et chaque citoyen, l’un et l’autre.

C’est la première fois que la question de sécurité, à l’échelle planétaire, se pose dans de tels termes.

Un être de raison est lucide sur la nature de ce qui commande sa pensée et son action. A tout le moins, il en conserve l’instinct, le pressentiment.

Il identifie, plus ou moins distinctement, l’intérêt ou les intérêts qui le gouvernent.

La souveraineté collective vaut par la somme des souverainetés individuelles et donc, au coeur de la l’enjeu, la maîtrise de son propre libre-arbitre dans la cohérence et la cohésion d’un groupe.

Jusqu’à présent, cette question pouvait être pondérée par la culture, le groupe, l’appartenance à la nation, la fluctuation des passions, des modes, des interactions, mais le noyau insécable restait sous un entier contrôle, hors de portée des « sectes » puisque la nature de la secte – à l’inverse de la religion et des œuvres de l’esprit – est de reformater ce noyau, cela par des addictions, des mirages, des indignations, des subversions.

Ce qui fait la différence entre l’être social et l’aliéné, d’une certaine manière et, aussi, entre l’individu libre et le « possédé ».

Je crois devoir dire que, dans un premier temps, l’idéologie, au XXe siècle, a commencé à altérer le rapport que chacun a et entretient, s’il y est appelé et à hauteur de ce à quoi son vœu l’y porte, à son propre libre-arbitre.

Chacun le chérissait, sans avoir à s’en rendre compte, finalement, avant qu’on apprenne à accepter de le sacrifier. C’est le don, si paradoxal, de la partie de modernité qui nous dévore actuellement.

Le marxisme, de ce point de vue, constitue un moment historique. Plus précisément, si on considère cette dimension, même s’il avance au nom de cette utopie, il n’est pas une doctrine de la libération. C’est une doctrine de soumission du libre-arbitre à une idée. A cette racine, se sont greffés d’autres révolutions…

Elles s’inscrivent dans l’accomplissement de la même convergence auquel X, décomplexant finalement les réseaux sociaux à leur vocation, se veut être à la fois le réceptacle et le modeleur.

Ce qui se passe aujourd’hui, à travers la toute-puissance d’@ElonMusk, nous oblige à nous interroger, tant qu’il est encore temps, s’il est encore temps, tant que la possibilité de cette question dans le champ de conscience subsiste et trouve le moindre écho.

Qu’est-ce qu’un être libre ?

La République française, émancipatrice dans son essence, porte ce souci et ce scrupule en elle.
Normalement, ce qui la retient, la fait avancer. Gardons-nous, de lui conserver cette originalité, de la littérature au champagne.

La politique doit veiller sur le libre-arbitre du peuple car c’est uniquement par le libre-arbitre du peuple que le peuple existe et vérifie sa nature.

Sinon, il n’est que foule et je le vois se réduire, inexorablement, à la foule aveugle et consommatrice, ivre de droit, jusqu’à se soumettre, pour le supporter ou le combattre, c’est-à-dire occuper l’enclos de débat qu’@elonmusk, son algorithme ou dieu sait quoi a défini et dans lequel, lui et ses innombrables et fascinants « monstres », nous emprisonnent.

Au-delà de son identité, ce que représente Elon Musk est la créature « opportuniste » créée par le pouvoir ouvert par les technologies dites de l’Information. Ces routes, ces « réseaux » se sont immiscés partout et irriguent une représentation du monde, à partir de quoi chacun, de par sa sensibilité cognitive, détermine le sens de son existence et sa place dans le monde.

Chacun agit et est conduit à agir, de fait, conformément à l’intérêt de ce système d’Information.

Cet internet du #FreeSpeech dont @elonmusk proclame l’avènement et la toute-puissance tente de faire de chacun de nous, en l’enchaînant au règne de ce qu’il croît être « son » « opinion », l’esclave d’un maître invisible dont la puissance ne cesse de s’étendre.

X est ainsi la machine qui donne à chacun l’illusion qu’il a le droit de dire ce qu’il veut, y compris n’importe quoi, alors qu’il consacre avant tout le droit de dire ce qu’Elon Musk veut que l’on dise dans la forme, en relation avec sa soif de pouvoir, qu’il a lui-même définie. C’est la définition du web2.

L’internet de 3e génération, celui de la responsabilité, est susceptible d’apporter la seule réponse possible, celui qui fixe le devoir d’être qui on est, est l’arme pour restaurer l’intégrité du système et reforger la clé de cognition susceptible d’ouvrir la porte dont nous avons besoin pour avancer dans l’histoire humaine.

Les circonstances présentes nous y obligent.