Lettre à n’importe qui

Il faudra peut-être écrire un jour une lettre à n’importe qui.

On sait ce qu’il advient des lettres pour tous. Elles tombent parfois entre de mauvaises mains.
Une lettre à n’importe qui peut éviter, si elle bénéficie d’un peu de chance, ce travers.
Mais que contiendrait-elle?

Je revendique, ne fût-ce qu’ici, d’avoir fait plus pour mon pays, que beaucoup. J’ai manié autre chose que des mots, une langue.
Ce n’est pas faute d’avoir porté ma parole et de m’être signalé.
Ce que je pouvais faire de par mon côté, je l’ai fait.

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De la nature d’une parole forte en politique ou ailleurs

Qu’est-ce qu’une histoire humaine sinon la succession de paroles suffisamment fortes et incidentes pour redonner vie à une nation, d’en briser le statu quo mortifère afin de reforger la clé, car devenue inopérante, de son destin. Les événements qui ont marqué au fer rouge de la terreur la nation française au cours de ce mois de janvier 2015, sont de nature à provoquer ce qui semble être attendu par un peuple qui se morfond dans une histoire commune qu’il peine à revendiquer au-delà des postures fusionnelles.

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De la guerre des idées en démocratie

Bien sûr, les électeurs du Front National ne sont pas anti-républicains.
Bien sûr, malgré diverses condamnations qui ont frappé son fondateur et chef historique, les dérapages et les borderlines irrépressibles qui sont sa marque, le Front national n’est pas hors la République puisque la Constitution, qui délègue au citoyen la liberté de suffrage, lui assure la capacité de se présenter et de les briguer. Lire la suite « De la guerre des idées en démocratie »

Du bonheur inestimable de pouvoir injurier l’avenir

Quelle est donc la vocation d’un budget sinon de fortifier plutôt qu’épuiser l’état d’une nation et de lui permettre ainsi de satisfaire à ses besoins, ses ambitions, et d’accroître la richesse produite par l’ensemble des citoyens qui va mesurer, à travers le PIB, la vitalité du système économique, et l’adéquation de la culture, de la politique fiscale, à cet objectif?

Toutes les matières du savoir, fondamentales ou appliquées, participent à l’essor économique dans leurs explorations et approfondissement, y compris les sciences humaines, qui, si elles demeurent ce qu’elles doivent être, fournissent un sens moral à cette effort de construction, d’amélioration, sans cesse renouvelé et dont le but est le bien commun et l’attachement à ce qui génère la dynamique et la cohésion collective ainsi que le rayonnement de nos valeurs. Lire la suite « Du bonheur inestimable de pouvoir injurier l’avenir »

Agonie de la démocratie

Le seul enseignement que l’on peut tirer du premier tour de l’élection législative de la législative partielle de la 4e circonscription du Doubs se rapporte à l’agonie démocratique. Avec un taux de participation inférieur à 40%, je ne suis pas convaincu que tirer les marrons d’un feu réduit à quelques braises sous la cendre, ainsi que le front national le fait, puisse justifier une quelconque satisfaction. Lire la suite « Agonie de la démocratie »

Il suffit de convaincre un homme pour les convaincre tous

Les citoyens méritent mieux.
Les politiques aussi.
L’histoire humaine, si on admet qu’un tel processus existe, aussi.
Ce point sera réfuté.
Non, tous les points seront réfutés.

La seule histoire qui intéresse ici est celle du progrès social et du confort individuel.
En dehors de cela, il n’y a pas de géographie, de mouvement, de grandeur.

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Bien dire ensemble en complément du bien vivre ensemble

Je constate que la plupart des esprits s’abandonnent souvent, en prétendant s’y opposer, à la force qui a été engagée par les terroristes et ce faisant nous leur accordons, plus que nous devrions le faire, le choix des armes et de leur escalade.

Ceux qui sont à l’origine de la perversité qui nous a touché depuis quelques jours comptent sur les mots, les scissions, qui sont ainsi auto-alimentées, et dont la déflagration se poursuit dans les échos de la dégringolade du sens, comme une pierre ricochant dans sa descente au fond d’un insondable gouffre.

Toute parole vaut, aussi, par ce qu’elle entraîne par devers elle. Bientôt, vous verrez – et si ce n’est lui c’est donc son frère – certains exigeront que soit supprimé, au nom de Charlie, le porc aux cantines des écoles républicaines pour lutter efficacement contre le terrorisme. Lire la suite « Bien dire ensemble en complément du bien vivre ensemble »

Vous avez dit crise de la représentation ?

Nous vivons incontestablement une grave crise de la représentation, mais elle n’est peut-être pas là, notamment au cœur de la Ve République, où trop de nos compatriotes se délectent de la situer et où d’autres désignent qu’elle est.

Ce que porte en elle une aussi longue crise de la représentation que celle que notre pays traverse, c’est la difficulté à se reconnaître dans le fonctionnement des institutions, dans la représentation politique, dans sa propre culture, et, au bout de ce phénomène, dans la République.

Cela nous place dans une gigantesque confusion où nous sommes collectivement englués et cette confusion est devenue le guide que nous chérissons.

C’est par elle que nous en sommes à considérer que la solution à notre trouble est de réaliser en quelque sorte un parlement à notre image, en termes de parités, d’équilibre des forces, et d’illusions, comme si, la représentativité était assurée par une simple et mensongère tentative de réplication permanente, dans le grand manège de nos avatars médiatiques.

On sait que cette course ne satisfera ni personne ni le but que nous assignons d’abord aux institutions, celui – même si nous sommes près de l’oublier – de nous dépasser afin que, justement, nous puissions nous y reconnaître et nous y ressourcer.

Si l’on admet qu’il y ait une crise de la représentativité, il est possible d’aller au-delà du miroir, de le traverser, et d’aller à la première des institutions. Il me semble, alors, que cette difficulté se trouve tout entière dans le fait que nous ne nous reconnaissons pas dans l’argent autant que nous devrions pouvoir le faire.

Certes, nous l’aimons, nous le désirons, nous le haïssons parfois, mais nous n’avons pas avec lui, avec ce qu’il représente, un rapport aussi sain et équilibré qu’il devrait l’être. Lire la suite « Vous avez dit crise de la représentation ? »

Au sujet de la démocratie

Bien sûr, je ne suis personne.
Ou plutôt je suis n’importe qui.
C’est donc en tant que tel que je m’exprime et ma légitimité se limite donc à cela.
Pourtant, si la République ne m’entend pas, il faut qu’elle aille de toute urgence chez un prothésiste car elle souffre à l’évidence de problèmes d’audition.

J’ai pourtant, ancrée au plus profond de mon histoire, la conviction d’être là pour nous renseigner sur le peuple que nous formons.

Bonne journée.