La vérité, c’est que l’expression la plus dense des humains ne tient pas dans des phonèmes. Elle réside dans leurs villes, et dans le monde auquel elles s’attachent.
La cité, quelle que soit son importance, est l’expression absolue de tous les autres langages dont nous sommes capables. Les civilisations rayonnent à travers les cités qu’elles édifient pour établir la pacification des mœurs, la prospérité et le développement économique, ainsi que le fleurissement des arts et des sciences.
Tout ce qu’il y a à savoir d’un individu ou d’une collectivité est ramené à la conscience qu’il établit avec la cité, la ville, non pas comme son territoire personnel, mais comme lieu et empreinte universels. Car il pourrait être ici, jouissant du confort et de la sécurité de cette cité, comme il pourrait être ailleurs, dans telle autre.
La cité est l’alphabet du monde, qu’elle forme une vaste métropole grouillante de vies anonymes, ou qu’elle se tienne dans une position plus modeste. Toutes les cités appartiennent au même vocabulaire et lui rendent des comptes ; un vocabulaire permettant le vivre-ensemble, l’hospitalité et la sécurité. Cela participe à l’écriture indistincte du livre de la vie, au chapitre de l’exercice des nations dans leur rivalité de génie à trouver des solutions aux problèmes que pose la gestion de la multitude.
Elle nous survit toujours. Le mythe de l’Atlantide y veille.
Il y a, en ce moment, des hommes qui ont pris la responsabilité de réduire en cendres des villes entières. Ils crachent comme des dragons les flammes de la destruction, quand ils ne promettent pas le feu de l’enfer et de renvoyer leurs populations à l’âge de pierre, au déracinement, au dénuement, en attaquant les infrastructures de production, de mobilité, d’enseignement et de culture, tout cela en invoquant la guerre.
Ce n’est pas digne.
C’est criminel.
On n’écrit pas l’histoire par la destruction de quartiers, en rasant des villes et des pays.
Trump, Poutine et Netanyahou sont, aujourd’hui, la honte de l’humanité.
Si la démocratie, livrée à des légions d’activistes et de minorités dites agissantes, se fait l’instrument de cette abomination, elle perdra toute légitimité historique.
Elle doit s’attacher à entendre le pouls régulier de l’histoire et de la tradition des peuples comme des nations qu’ils forment.
Cette violation du droit inaliénable des nations n’est pas un simple sujet d’actualité et, par conséquent, un sujet offert à l’opinion.
C’est un sujet de conscience qui doit être pesé avec le scrupule que requiert ce siècle.
