USA: la pétro-démocratie qui se voulait plus grosse que le boeuf

Ce lundi, devant la porte du Bureau ovale, le président des États-Unis reçoit deux sacs de fast-food des mains d’une livreuse, distribue un billet de cent dollars et disserte sur l’exonération fiscale des pourboires. Entre deux sarcasmes sur la précarité et une énième marque de manque de respect envers le Pape et ce qu’il représente, il sature l’espace.

C’est la manœuvre classique du prestidigitateur: focaliser l’attention des médias et de l’opinion sur des traits de personnalité outranciers ou des polémiques de bas étage pour masquer ce qui, pourtant, saute aux yeux.

Car au milieu de ce spectacle, une phrase a été prononcée. Une phrase centrale que peu d’observateurs ont jugé bon de retenir: les États-Unis ont du pétrole et du gaz à revendre. Le marasme économique ne les handicape pas, et ils sont en mesure de doubler leur production actuelle.

Avec quelles ressources? Comment?

Cette simple déclaration déchiffre l’ensemble de la séquence. Trump a dit que l’Amérique est en position de pallier le désordre que causerait une escalade militaire, en permettant aux nations dépendantes du détroit d’Ormuz — désormais sous blocus — de s’approvisionner auprès d’elle.

A-t-il organisé ce pivot?

Israël s’est placé au premier plan pour faire de l’Iran le prétexte, en permettant de surinterpréter, dans l’opinion publique, l’imminence de la menace nucléaire que représente l’enrichissement de l’uranium, pour ensuite en faire le levier de cette opération.

L’oligarchie américaine qui entoure le président, et qui pénètre sans doute toutes les strates de l’État, exploite ce blocus à son profit exclusif.

Ce qui se passe, c’est cela et rien que cela: une manœuvre stratégique visant à imposer l’Amérique comme le maître énergétique mondial et celui qui en contrôle les voies maritimes.

Cette volonté d’hégémonie brutale sur les ressources n’est pas nouvelle, elle est la cohérence même de cette administration. Elle éclaire d’un jour implacable les positions de force prises récemment sur le Venezuela pour en contrôler la destinée pétrolière. Elle explique, tout autant, la tentative assumée – et à laquelle il n’entend pas renoncer — d’annexer le Groenland qui est la porte du passage du Nord-Ouest.

Une offensive inouïe face à laquelle, fait d’une limpidité troublante, Vladimir Poutine n’a pas levé le petit doigt.

Il n’a pas levé le petit doigt. Pour quelle raison? Pour satisfaire quel deal?

Voilà où nous en sommes: sous le vernis de la farce médiatique et de la livraison de repas, un hold-up planétaire est en train de s’accomplir. L’écran de fumée est grotesque, mais le piège, lui, est en train de se refermer sur le monde.

Les médias ont souvent honni les pétro-monarchies. Ils se montrent coupablement complaisants avec la plus grande « pétro-démocratie » qui se veut plus grosse que le bœuf.

L’illusion du 25e amendement: une sortie de secours pour l’oligarchie

Pas au bénéfice de la sénilité. Trump fait tout, apparemment, pour justifier le 25e amendement. Le remède, JD Vance accédant à la présidence, serait presque le mal. Ce train doit dérailler.


Invoquer la Section 4 du 25e amendement face à la crise actuelle pour démettre le 47e président des États-Unis — comme le font, ou sont tentées de le faire, de plus en plus de personnalités publiques — est un leurre politique. Ce mécanisme ne juge pas une administration, il « médicalise » une dérive.
L’absolution par la folie : Déclarer Trump mentalement inapte revient à le dédouaner politiquement. Si ses actes relèvent de la démence, ils ne relèvent plus du crime ni du cynisme. Cela efface la responsabilité morale de ses décisions géopolitiques catastrophiques.
La voie royale pour J.D. Vance : Le 25e amendement organise une transition chirurgicale et silencieuse. J.D. Vance, représentant de cette même oligarchie technologique et financière, hériterait du Bureau ovale sans avoir à répondre des errements de son prédécesseur. Le système reste intact, simplement purgé de son élément le plus bruyant.
Le calcul du chaos : Il est légitime de se demander si le comportement erratique de Donald Trump n’est pas, in fine, une stratégie de la terre brûlée volontaire. En forçant son propre camp à déclencher le 25e amendement, il s’assure une sortie par la porte de la « tragédie personnelle » plutôt que par celle de la culpabilité pénale, tout en sanctuarisant le pouvoir de son administration à travers Vance.
L’ombre portée de l’Impeachment : la mise à nu de la forfaiture
À l’inverse du 25e amendement qui isole le Président, l’Impeachment agit comme un poison lent qui s’infiltre dans tout le corps gouvernemental. Sa portée politique et historique est infiniment supérieure.
L’accusation du mensonge : L’Impeachment ne juge pas l’état clinique d’un homme, mais la nature de ses actes. Il porte en lui l’accusation formelle de mensonge, de parjure et d’abus de pouvoir. Il attaque directement le récit de l’administration.
Ronger le nerf politique : Une procédure de destitution oblige chaque membre de l’administration, du Cabinet jusqu’aux élus du Congrès, à prendre publiquement position. Elle ronge le nerf politique du camp présidentiel, car défendre l’indéfendable sous serment expose à la complicité.
La dimension de l’opprobre : Même si la majorité des deux tiers au Sénat n’est pas atteinte pour destituer le Président, le procès en lui-même est une infamie. Il installe, même dans le non-dit, le sceau de la forfaiture. L’oligarchie tout entière se retrouve entachée par l’ombre de la trahison des intérêts vitaux et moraux de la nation. Vance hériterait non pas d’un pouvoir intact, mais d’un champ de ruines.
Le second rideau : l’échéance des Midterms
Toute cette mécanique institutionnelle doit être lue à l’aune du véritable juge de paix de la démocratie américaine : les élections de mi-mandat (Midterms). C’est là que la différence entre les deux procédures prend tout son sens stratégique.
Le scénario du 25e amendement : Il permettrait à J.D. Vance d’aborder les Midterms avec l’autorité d’un Président en exercice ayant « sauvé » la nation du chaos trumpiste. L’oligarchie se présenterait blanchie.
Le scénario de l’Impeachment : Il offre à l’opposition l’arme absolue pour les élections. En exposant la forfaiture systémique au grand jour, l’Impeachment transforme le vote des Midterms en un référendum moral. Ce n’est plus seulement Trump qui est sur le banc des accusés, mais chaque sénateur et chaque représentant qui a couvert la compromission. Le procès prépare le terrain pour le véritable châtiment républicain : la déroute électorale.

.Téhéran, .Beyrouth, .Marioupol, .Gaza, .com

​La vérité, c’est que l’expression la plus dense des humains ne tient pas dans des phonèmes. Elle réside dans leurs villes, et dans le monde auquel elles s’attachent.

​La cité, quelle que soit son importance, est l’expression absolue de tous les autres langages dont nous sommes capables. Les civilisations rayonnent à travers les cités qu’elles édifient pour établir la pacification des mœurs, la prospérité et le développement économique, ainsi que le fleurissement des arts et des sciences.

Tout ce qu’il y a à savoir d’un individu ou d’une collectivité est ramené à la conscience qu’il établit avec la cité, la ville, non pas comme son territoire personnel, mais comme lieu et empreinte universels. Car il pourrait être ici, jouissant du confort et de la sécurité de cette cité, comme il pourrait être ailleurs, dans telle autre.

La cité est l’alphabet du monde, qu’elle forme une vaste métropole grouillante de vies anonymes, ou qu’elle se tienne dans une position plus modeste. Toutes les cités appartiennent au même vocabulaire et lui rendent des comptes ; un vocabulaire permettant le vivre-ensemble, l’hospitalité et la sécurité. Cela participe à l’écriture indistincte du livre de la vie, au chapitre de l’exercice des nations dans leur rivalité de génie à trouver des solutions aux problèmes que pose la gestion de la multitude.

Elle est le théâtre de ce qui est immortel.

​Elle nous survit toujours. Le mythe de l’Atlantide y veille.

​Il y a, en ce moment, des hommes qui ont pris la responsabilité de réduire en cendres des villes entières. Ils crachent comme des dragons les flammes de la destruction, quand ils ne promettent pas le feu de l’enfer et de renvoyer leurs populations à l’âge de pierre, au déracinement, au dénuement, en attaquant les infrastructures de production, de mobilité, d’enseignement et de culture, tout cela en invoquant la guerre.

​Ce n’est pas digne.

C’est criminel. C’est outrageant.

​On n’écrit pas l’histoire par la destruction de quartiers, en rasant des villes et des pays.

​Trump, Poutine et Netanyahou sont, aujourd’hui, la honte de l’humanité.

​Si la démocratie, livrée à des légions d’activistes et de minorités dites agissantes, se fait l’instrument de cette abomination, elle perdra toute légitimité historique.

​Elle doit s’attacher à entendre le pouls régulier de l’histoire et de la tradition des peuples comme des nations qu’ils forment.

​Cette violation du droit inaliénable des nations n’est pas un simple sujet d’actualité et, par conséquent, un sujet offert à l’opinion.

​C’est un sujet de conscience qui doit être pesé avec le scrupule que requiert ce siècle.

La vérité persona non grata

Ce qu’a fait l’ambassadeur israélien Danny Danon devant le Conseil de sécurité de l’ONU, pour se dédouaner de la mort de trois soldats de la Paix tués par Tsahal et des intimidations exercée contre des soldats et le chef d’Etat Major de la FINUL, n’est pas sans rappeler le numéro de Colin Powell en 2003. Comme Trump, il a pris à partie la France.

Israël est passé maître dans l’art de se victimiser, dans l’art de l’inversion ou le report de la charge, dans celui de manipuler l’hostilité qu’il inspire à dessein, comme si elle faisait partie du projet de ce régime.

C’est sa signature systématique.

Il faut fermer les yeux pour ne pas la voir.

Israël ne recherche pas les conditions de la paix, mais celles de la guerre qui l’arrange.

Il veut décomposer le Liban. Le désosser littéralement et lorgne, protégé par un Donald Trump qui y a un intérêt stratégique aussi, sur le statut que lui confèrerait, avec un Liban déchiré et amoindri, la maîtrise exclusive ou à des conditions dépendantes principalement de sa seule souveraineté, les gisements gaziers (530 milliards de m3) en Méditerranée Orientale, situés à la frontière au sud du fleuve Litani.

Nul ne parle de cet enjeu. Il est pourtant la vraie clé, du Venezuela au détroit d’Ormuz, jusqu’au passage du Nord-Ouest sur lequel veille un gros caillou de glace qui a pour nom le Groenland, convoité par Trump qui avait pour plan de se l’approprier avec de déclencher la guerre contre l’Iran.

Pour satisfaire cet appétit stratégique, les ogres sont de sortie. Ils font peu de cas des vies humaines, de la dignité des Etats.

Le Liban est écartelé vif et réduit à l’impuissance des uns et à la colère contre-productive et désespérée des autres.

Je le pense promis à l’équarrissage si  rien n’est fait pour entraver le mécanisme activé lorsque l’attaque contre l’Iran a été perpétrée.

Le terrorisme a de beaux jours devant lui si Israël peut agir les mains libres. Il saura manipuler les émotions des démocraties à son bénéfice.

Les faits sont là et restent là. De Gaza au Liban Sud, que l’Etat hébreu entend occuper pour se l’approprier, les journalistes sont tués, les soldats de la Paix visés, le Chef d’Etat Major intimidé, les populations civiles terrorisées et forcées de fuir.

Les témoins potentiels sont expulsés du territoire.

La vérité est persona non grata dans la diplomatie de cet Israël. Je ne suis de ceux qui prétendent savoir que le projet sioniste portait à l’origine cette perversion.

Beaucoup d’Israélien ont cru sincèrement en leur démocratie. L’innocente jeunesse sacrifiée à Nova Festival le 7-Octobre-2023 est le témoin qui objecte pour l’éternité que le sionisme peut être une rose, une marguerite, plutôt qu’une fleur carnivore  considérant ses voisins comme des insectes qu’il doit attirer dans son système digestif.

Aujourd’hui, il ne faut pas avoir peur de dire que la perversion de ce sionisme est manifeste.

Nul ne sait qui est tué et qui ne l’est pas, ni pourquoi? Le temps où Israël relâchait 1200 terroristes, parmi les plus dangereux et fanatiques, contre un seul soldat a laissé place au temps de la peine de mort réservée aux Palestiniens qui oseraient encore résister.

Gideon, archétype de la ruse, a sévi et sévit encore.

La communauté internationale et le droit sur laquelle elle repose, que les Etats-Unis et Israël, dans ce conflit, tiennent pour partir négligeable, n’est pas condamnée à subir, indéfiniment, l’empire du mensonge et du machiavélisme.

Les planètes vont finir par s’aligner. Elles ne peuvent plus faire autrement compte tenu de leurs orbites.

Si elles ne s’alignent pas, elles vont entrer en collision.

Cela, a priori, nul ne le souhaite.

Il est donc de plus en plus probable, et tout dans la direction que prennent les faits et les tensions l’indique, que les événements auxquels nous assistons conduira à une recomposition géopolitique et aux prémisses d’une Grande Paix qu’il faudra savoir construire et consolider sur des nouvelles bases, le plus éloignées possible de celles qui nous font frôler les perspectives d’une guerre mondiale.

Les armes ne seront pas décisives ici.

La justice le sera.

Les USA et Israël seront les premiers perdants, car l’affront fait à toutes les nations, entraînées de près ou de loin, dans cette trappe à antagonisme et ce nid de guerres larvées, aura des conséquences politiques, judiciaires et morales pour les dirigeants et les dépositaires de l’autorité publique qui, guidés par la soif de pouvoir et la cupidité, ont mis leurs doigts dans une telle machination au service du désordre international.

Leur chute entraînera, inéluctablement, la chute de Poutine.

Localisation des blocs libanais
Bloc 4 : Il est situé à l’ouest de l’embouchure du fleuve Litani, dans la Zone Économique Exclusive (ZEE) libanaise. Il est opéré par TotalEnergies (France), ENI (Italie) et QatarEnergy.
Statut : En phase d’exploration avancée, avec des forages débutés en 2020. Les réserves estimées sont de l’ordre de 500 milliards de m³ (non confirmées).
Bloc 9 : Il est situé au sud-ouest de l’embouchure du Litani, proche de la frontière maritime contestée avec Israël.
Partiellement chevauché par le gisement Karish (côté israélien).
Statut : Zone litigieuse – Un accord provisoire en 2022 (médiation américaine) permet au Liban d’explorer une partie du bloc, mais sous des conditions strictes pour éviter les tensions