L’Union face à l’obstacle


Pour une limitation temporaire du droit de vote de la Hongrie et la refondation constitutionnelle européenne
Note argumentaire pour une mesure de sauvegarde et une relance politique

L’union est comme un cheval devant l’obstacle. Tout le monde sait qu’elle doit le franchir, car le risque de paralysie institutionnelle croît proportionnellement au risque existentiel.

La Hongrie bloque régulièrement, par la voix de son Premier ministre, des décisions stratégiques du Conseil européen. Or ces décisions concernent des enjeux existentiels pour l’Union : guerre en Ukraine, défense commune, unité diplomatique.
Ce comportement n’est pas un désaccord politique ordinaire, mais un sabotage stratégique. Une mesure temporaire de suspension de vote devient alors un acte de sauvegarde, et non de punition.

Le principe d’unanimité au Conseil européen garantit l’égalité entre États, mais devient un levier de paralysie en période de crise.
L’article 7 du TUE existe, mais reste inopérant en situation d’urgence. En revanche, les principes généraux du droit permettent de s’appuyer sur la doctrine de nécessité : salus populi suprema lex esto — le salut du peuple est la loi suprême.

Une limitation ciblée et encadrée peut être juridiquement justifiée par la nécessité de préserver l’ordre démocratique européen.

Cette mesure ne vise pas la Hongrie comme nation, ni son peuple, mais le comportement isolé d’un dirigeant dont les accointances stratégiques avec la Russie sont manifestes. Il s’agit de protéger les institutions communes contre une instrumentalisation destructrice. L’Union ne peut être l’otage de l’un de ses membres sans perdre sa légitimité et sa capacité d’agir.

Ce cas révèle une faille structurelle : le droit actuel ne prévoit pas de réponse rapide à un blocage stratégique interne en situation de guerre ou de crise majeure.
Il devient clair que le principe d’unanimité, sans clause d’exception pour menace existentielle, rend l’Union vulnérable.
Il est donc impératif d’ouvrir une voie légitime pour l’écarter temporairement quand l’intérêt supérieur l’exige.

L’échec de la Constitution européenne fut, en partie, le fruit d’un sabotage stratégique, obtenu par un noyautage d’un souverainisme qui épouse trop nettement les intérêts de la souveraineté russe pour être parfaitement au-dessus de tout soupçon.
Les forces qui l’ont empêchée sont aujourd’hui celles qui bénéficient du blocage actuel. Ce moment n’est pas le moment d’une énième constituante pour la France ou n’importe quel autre pays.
Ce moment est le moment de la Constitution européenne.

Nous avons le devoir et la responsabilité, de traverser la montagne d’épineux, les ronces, pour relancer un véritable processus constituant qui aura pour effet de clarifier la souveraineté européenne, d’affirmer l’ordre politique commun, et d’éviter qu’une crise future ne détruise le projet européen de l’intérieur.

Suspendre temporairement le droit de vote d’un État membre qui agit contre l’intérêt vital de l’Union n’est pas une dérive.
C’est un acte de sauvegarde.
Ce n’est pas l’Europe qui se venge d’un État.
C’est l’Europe qui se protège. Et c’est l’Europe qui se révèle à elle-même comme une puissance politique digne de ce nom.

Le cheval doit franchir l’obstacle. Tous les chevaux en même temps.

CredimusInOptimumHumanis

Pogrom, comme matière inflammable

Le jour où journalistes et observateurs cesseront d’ânonner les récits que les événements leur imposent, la civilisation sera sauvée.

Ce qui se passe autour d’Israël et du conflit palestinien, avec une intensité inégalée depuis le 7-Octobre-2023, appartient à une spirale dialectique dont il faut désamorcer l’enchaînement.

Quand on sait ce que fut sa résonance, peut-être, si les pièges avaient été vus et évités, n’y aurait-il pas eu de nuit de Cristal ? Mais il est tentant de succomber au pouvoir de l’image et de mettre son destin entre les mains des activistes et des manipulateurs de l’opinion.

Trop d’éléments, dans le « pogrom » qui a eu pour théâtre, au cours de la nuit du 7 au 8 novembre dernier, les rues d’Amsterdam dans le cadre de la rencontre Ajax/Macabi Tel Aviv, posent tout de même de véritables questions.

A commencer par l’inertie de la police, elle-même ; celle des forces de sécurité, qui, pour être celles d’un gouvernement d’extrême-droite attaché à la restauration de l’ordre face aux infiltrations de l’islam radical et activiste, se montrent – a priori – plutôt invisibles et incapables d’assurer la protection des supporters israéliens.

Cela dans un contexte international qui se prêtait à de tels débordements de violence. Pourquoi?

Où étaient les mesures de sécurité alors que, pour ne faire que reprendre les mots de Yonathan Arfi, président du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France), « tout cela était prévisible ».

Ceci est le premier problème et, si l’on se place, vraiment, dans la recherche de la vérité, au pays comme on dit de Spinoza, qui peut se le permettre de l’éluder ?

Nous sommes dans un moment de l’Histoire, au sens de la cinématique des forces qui tentent de s’y imposer, où personne ne peut se permettre une insoutenable légèreté de l’Etre, dont la première manifestation, c’est de céder à la dynamique des émotions, qui dicte la dynamique des narratifs, qui dicte la dynamique de la guerre puisque la raison, soumise à grand bombardement cognitif, a été vaincue.

Toutes les nuits de Cristal, même celles qui taisent leur nom, se résument à cet enchaînement.

Alors, je me méfie, je pratique un examen médico-légal pour vérifier que l’événement qui est en train de se refroidir, là sur la table, ne présente pas des signes particuliers qui accréditeraient la volonté d’abuser l’observateur, d’abuser l’actualité, d’abuser l’Histoire, avec un grand H.

Tout, en effet, semble avoir été réuni, là, pour créer les conditions d’un « pogrom », -notion, fantasme, désir – qui envahit les écrans, les cerveaux, pour attester une posture et construire un narratif.

Tout le monde est tenté de raccrocher son propre wagon d’indignation, de colère, de violence verbale ou politique, à la locomotive qui fond sur un horizon de plus en plus noir.

Que l’événement provoque de la stupeur est compréhensible, mais, ce n’est pas parce que c’est compréhensible, que c’est justifié et justifiable au-delà de l’épouvante de la première onde de choc.

Je constate – et, à ce stade, je ne fais que constater – que le gouvernement Netanyahu, le gouvernement Geert Wilders, sont à l’unisson pour administrer, grâce à cet événement, la preuve que l’Occident manque de dureté face au péril islamique.

Je constate, aussi, ce qui vient d’Amérique avec l’élection de Donald Trump.

Il y a, depuis quelques jours, avec une acuité plus pressante, un train des idées au départ de toutes les gares de l’esprit qui, du Rassemblement National à toute les patriotismes et gaullisme de foire, invite chacun à prendre place et à s’installer confortablement.

Le libre-arbitre, enjeu existentiel du XXIe siècle

L’événement survenu à Amsterdam précipite les flux émotionnels.

Il débarque la raison et embarque, à la place, quelque chose qui y ressemble ; qui prend l’aspect d’une légitime défense de valeurs ; qui surjoue la souveraineté et surenchérit la menace ; mais qui, en fait, se conforme, se prête, s’abandonne, tout sens critique éteint, à la diction des ténèbres, ou si vous préférez de la nuit.

C’est un train de nuit, un obscur train de nuit pour la nuit qui avance tous feux éteints.

Il y a des gens, probablement, qui diront que je suis monomaniaque, mais je reviens à la volonté qui m’anime au plus profond, c’est-à-dire de sanctuariser le libre-arbitre car ce bien si précieux, ce Saint des Saints, est l’objet de spéculations de la part, particulièrement, d’affairistes habiles et corrompus moralement, et de politiciens cyniques et sans scrupule.

C’est ce camp qui est en train de gagner.

Il y a, par opposition, une pensée vraiment libérale, une pensée politique de dignité et de responsabilité humaine, à sauver, bien par-delà les monstres idéologiques qui tentent de se frayer un chemin dans l’Histoire.

Le sauvetage du libre-arbitre représente un enjeu existentiel pour l’Occident – l’Occident au sens métaphysique, pas au sens géographique ou religieux. L’Occident moderne, celui des idées universelles.

Cet Occident est à un moment charnière de son histoire.

Il subit les coups de boutoir de plusieurs entreprises de désinformation.

Il est soumis au supplice de sa propre ambiguïté.

La démocratie cède.

Le Libre-Arbitre appartient à l’idée de Dieu, à celle d’une transcendance, d’un être suprême, de soi puissance soi, comme le suppute Nietszche.

Il appartient à cette élévation-là et il est livré, désormais, aux quatre vents des médiocrités. Il n’y a pas de démocratie qui vaille sans libre-arbitre.

C’est un espace sacré, qui permet à chacun, quelle que soit sa condition, de grandir et de se nourrir, de tutoyer les premières grandeurs.

Il est désormais exposé et manipulé, et cela touche à des questions fondamentales sur l’individu, la spiritualité, et le contrôle exercé sur nos consciences dans un monde saturé d’informations, de désinformations et de narratifs imposés.

La démocratie que le peuple mérite, et à laquelle il faut lui permettre d’accéder, c’est mieux que cela.

En 1996, dans ma sorte de nuit du feu, j’ai dit que je ne laisserai pas faire « cela ».

J’ignorais, tout en étant porté à le découvrir par chaque pas, ce que représentait cet objet indéfini désigné par: « cela ».

Il est clair, pour moi, aujourd’hui, que « cela », c’est la protection de votre libre-arbitre. du libre-arbitre de tous.

Cela n’était pas encore inscrit dans la déontologie du journaliste, si maladroit et incomplet, que j’ai pu être.

La faillite de la société d’information est, de fait, une faillite de l’âme et je ne m’y résous pas.

Nul ne doit s’y résoudre.

#Pogrom #Amsterdam #nuitdecristal #Israël #Palestine #Juifs

Un peuple plutôt que l’ombre d’un peuple

Nous sommes à un tournant de l’histoire de France. Ce n’est pas un moment dans l’histoire de la Ve République ni dans le destin de M. Macron.

Ce n’est pas un moment pour les commentateurs et les journaux.

Le temps de la dissolution est un temps apocalyptique en ce sens qu’il est révélateur.

Ce que ce révélateur laissera apparaître est libre de toute tutelle et de tout influenceur.

Une puissante et effrayante chimie est à l’œuvre. Elle permettra de distinguer si nous sommes un peuple ou l’ombre d’un peuple.

Le président de la République a engagé, et il a eu raison, ce moment de vérité.

Il est coupable de cela. Et si nous, le peuple français, le détestons autant pour cela, il n’est pas impossible que la raison en est que nous avons des raisons de craindre la vérité.

Un peuple ou l’ombre d’un peuple ? Le portrait final que va dégager la dissolution est distinct de notre volonté. Il couvre la perspective qu’il veut. Il n’appartient déjà plus à ce qu’il est possible de dire de ce que furent, sont et seront les événements.


On peut invoquer le front populaire ou la révolution nationale qu’on veut, le processus qui s’accomplit, sous nos yeux, dessinera in fine les traits exacts du peuple qu’il rencontre, pas du peuple tel qu’il se rêve ou s’innocente.

Ce serait trop facile.

Ce n’est pas exactement pour nous rassurer, mais le même phénomène regarde l’Amérique. Au même moment, deux démocraties essentielles connaissent et sont conduites, comme à l’échafaud, vers le même moment de vérité.
La coïncidence est frappante.

Un peuple plutôt que l’ombre d’un peuple. La France doit être libérée d’un jeu de rôle partisan qui est devenu tellement contreproductif que le désordre, la violence et le mensonge le dominent, le guident, au détriment des Français.

Il y a quelque chose qui sera difficile de pardonner aux partis politiques, c’est d’avoir laissé se mettre en place, plutôt que les conditions d’un langage de vérité, une bulle rhétorique, où l’on apprend à mentir comme on respire.

Elle favorise démagogie et surenchère.

La façon de faire de la politique qui a été notre pratique au cours de plus d’un demi-siècle a enfermé le peuple à l’intérieur de cette bulle.

Nous n’avons pas à nous étonner si le krak démocratique nous menace aujourd’hui.
De spéculation en spéculation, la bulle a grossi et elle est prête à éclater.

Ce faisant, et c’est cela qui est au centre de la peur, elle ne sanctionne rien d’autre que le rapport collectif au réel que nous avons établi.
Et de cela nous ne sommes pas les prisonniers, nous pouvons le renverser.

Il faut être conscient que ce rapport au réel, dans tout ce qu’il regarde, est brouillé.

Le peuple que nous formons n’est ni de droite ni de gauche ni du centre ni des extrêmes.

Il est libre. Il ne doit rien aux idéologies, rien aux idéologues, tacticiens, aux flambeurs et beaux parleurs.

Un peuple plutôt que l’ombre d’un peuple. C’est toujours ce choix qui s’offre à nous dans les moments d’histoire.
Nous sommes toujours le même peuple face à l’éternel dilemme.
Le dilemme vient toujours à nous sous diverses formes. Il faut reconnaître que jamais il n’a été si inventif, profus et tentaculaire.
Mais le peuple, partout, tout le temps, est le même. C’est ce qui peut désespérer et, en même temps, être la source du plus grand espoir.

La démocratie n’enlève rien à la lucidité, à ce recul sur soi-même, que le peuple se doit. Il est le souverain qu’il veut.

Si le peuple que nous formons est un peuple qui ouvre les yeux, il peut accéder à une souveraineté inédite et imposer sa loi à un système politique moribond.

Il peut réaffirmer comment s’appelle et à quelle hauteur se situe sa volonté, sa détermination, sa justice.
Il peut aussi abandonner cela au concours de bassesses qui a abouti à désarmer la République et à en faire quelque chose dont le champ se limite à accorder des prébendes sur des retraites et des illusions sur le pouvoir d’achat, et plus haut encore, à un malentendu foudroyant sur qui nous sommes.

Il ne produit donc pas le langage de vie qui unit et élève les citoyens, quels qu’ils soient, ne fût-ce que par un seul de leurs atomes, dans la plus haute dignité politique, celle de l’ordinaire de ce que chacun peut attendre de l’autre, à commencer par l’élève du professeur et le professeur de l’élève.
Il faut que des mots intelligents pleuvent sur l’école, sur le collège, sur les lycées, sur l’université et lavent le sol et les murs des mots et inepties qui n’ont rien à y faire.

La séparation, le séparatisme, vient de là.

Ils ont rendu la République si faible qu’un imam pourri ou un dealer avide est capable d’exercer son emprise sur presque n’importe quel gosse à la dérive et qu’un fouet à chimères dans les mains de n’importe qui croit pouvoir dompter la République.

Ce système ne se survit à lui-même que par la démagogie, le transfert de la détestation de parti à parti, de figure à figure. Que par le mirage des alternances et l’ingéniosité du marketing politique.
Ce n’est pas cela qui féconde l’âme de la France et lui fait de splendides enfants, produits de la diversité et qui fait rêver au point de sortir des gens du désœuvrement comme de la perpétuelle doléance.
Si nous voulons une jeunesse prête à soulever des montagnes, il ne faut pas lui dire que ses jambes ne lui permettent pas de porter son propre poids et qu’elles ne servent qu’à tourner en rond dans une République des pas perdus.

La clé du pouvoir d’achat n’ouvre rien.

Il est attendu du politique qu’il libère le peuple des impasses dialectiques et qu’il favorise le dialogue, l’intelligence de la délibération.

C’est ce qui attendu et c’est le contraire qu’il produit

Dans la culture démocratique que nous avons d’autant plus laissé s’installer qu’elle nous caresse dans le sens du poil, les partis politiques triangulent leurs positions, selon la sensibilité de l’opinion.
C’est un problème d’aire géométrique et de surfaces épidermiques.
L’opinion est une tragédie pour la démocratie.

On dirait qu’un vaste sonar poursuit la forme du peuple comme un chalutier poursuit son banc de poissons.

Nous ne sommes plus qu’un banc de thons poursuivi par de grands thoniers et des petits chaluts.

Le peuple ou la mémoire du peuple. J’avais envie de vous dire que nous ne tolèrerions pas si quelqu’un voulait, par d’habiles subterfuges, que nous soumettions l’histoire ou encore la stabilité de nos mœurs, au même joug.

Mais nous savons que ce n’est pas vrai. Le wokisme et l’indigénisme travaillent déjà cette matière. Il édulcore d’abord. Il donne une figure, la plus haïssable possible, à haïr. Puis il démolit.
#Metoo est une abomination, une parfaite abomination qui autoréalise un projet idéologique qui nous éloigne de la justice des humains en procurant une forme plaisante et souhaitable à la vindicte populaire et au lynchage collectif. Le clavier de cette opération n’aligne que de touches perverses.

Le mémoriel comme la réalité biologique du genre sont déjà dans le collimateur. L’état de droit sera passé à cette moulinette et, finalement, cela avalera la Constitution de la Ve République qui repose sur le postulat que l’équilibre des vertus et des discernements tient la baraque et que le président en est la clé de voute et le garant.

Le peuple ou l’ombre du peuple ? Ce qui se passe n’est pas une crise de régime. C’est une crise du peuple à travers une crise de son système politico-médiatique fait de postures et d’impostures. Le malaise est croissant dans la société parce que le cumul des mensonges ou demi-vérités est devenu intenable.

Nous mourrons, et nous ne faisons plus autant d’enfants que nécessaire parce que le théâtre politique, qui est le théâtre donne du sens à nos vies, est vide et nous prive de la confiance vitale. Il ne nous désaltère plus. Au contraire, il assèche en nous toute humanité.

Nous cherchons le bouc-émissaire.

Le seul bouc-émissaire, c’est nous.

Un peuple ou l’ombre d’un peuple. Ne croyons pas que le reste de l’Europe nous envie, tandis que notre dette augmente et que notre crédit diminue, une quelconque créativité politique.

Le placement de la France en procédure pour déficit excessif par la Commission européenne est un signal des plus sérieux.

Il sonne le tocsin au peuple qui ne veut n’entendre que le chant des sirènes auxquelles il est sensible.

La Politique, c’est autre chose. La politique ne peut pas être au service du peuple si elle n’est pas intransigeante avec l’obligation de la responsabilité.

Tout le monde a compris que les bonnes grâces électorales du peuple ne s’obtiennent plus qu’en lui tendant le miroir le plus flatteur. Alors tout le monde le flatte.

Au risque de manquer à l’unanimisme merveilleux qui règne parmi nous, le peuple que nous formons n’en est pas arrivé là où il en est, sans avoir suivi, depuis des décennies, le mauvais fil d’ariane.

Le mauvais fil d’ariane n’est pas le fil qui nous permet de sortir libre du labyrinthe, c’est le fil qui nous empêche d’en sortir.

C’est le moment, aujourd’hui, de réclamer et de choisir, surtout, parmi tous ceux qui nous sont proposés, le fil d’ariane qui nous sort du labyrinthe.

Il y a une histoire des moments de lucidité, ou le plus souvent de la perte de lucidité, dans l’histoire tout court. Les moments au cours desquels un peuple perd sa lucidité, le fil de lui-même, accouchent de drames et de tragédies.

Est-ce que nous sommes encore capables de comprendre le potentiel que cristallise un tel moment quand ce cycle rencontre le cycle des périls imminents.

L’isoloir n’est pas quelques barres métalliques avec de la toile. L’isoloir, ce sont les grands mythes et la manière dont ils parlent encore avec notre conscience.

L’espoir n’est pas mécanique.
L’espoir n’est pas organique.
L’espoir est celui des forces qui dorment et qui ne se réveilleront peut-être pas.
Ce moment peut voir le Phoenix renaître de ses cendres.
Il peut voir le peuple carbonisé renaître d’une démocratie épuisée.
Ce n’est pas le pari que les bookmakers ont enregistré.
Ce n’est pas le pari que nos ennemis font.
Ils pensent la France morte et enterrée.

Mais notre destin n’appartient pas à nos ennemis.
Il est le réveil de ce que nous sommes.
Ce miracle est entre nos mains.
Il faut avoir à l’esprit qu’il est important pour l’histoire du monde de montrer au monde si et comment nous sommes capables, grâce à une République qui est montée au ciel, de nous résoudre nous-mêmes.

Cet instant démocratique, dépouillé des artifices et gestes de campagne, s’inscrit dans cette petite équation à autant d’inconnues que de citoyens.
Personne, jusqu’ici, ne l’a résolue.

Addendum à la campagne aux Européennes 2024

N’oubliez pas de considérer Poutine tel qu’il se voit depuis des années et tel que les réseaux pro-russes le représentent, c’est-à-dire en domination, absolue et imparable, du jeu international.

La représentation ci-dessus, postée en 2015 par les infiltrations russes dans les réseaux sociaux français et européens, a une portée subliminale. Elle dit que nous sommes dans la nasse et que, quoi que nous fassions, nous finirons dans la gueule du loup.

C’est cela ce que cette image dit.

Cette image date de 2015. Mais elle laisse échapper une évidence : si la partie est en cours, à ce moment-là, cela signifie que la partie n’a pas commencée là.

A-t-elle commencé à la conférence de Munich sur la Sécurité, en 2007, lorsque Poutine, pour reprendre la manière dont France Inter relatait l’événement, a dit ses quatre vérités à l’Occident.

Le problème du 11-Septembre-2001, c’est qu’il a été conçu pour interdire tout entendement de la situation d’ensemble.

Il a été élaboré, à cette fin, avec la construction initiale de cette légende selon laquelle le 11-Septembre-2001 inaugurait le schéma d’une « organisation non étatique » s’en prenant à Nous, en même temps qu’un index subliminal de plus en plus insistant désignait, tout de même, l’Arabie Saoudite à la vindicte des opinions publiques occidentales.

Il n’est pas inutile de signaler qu’elle était, jusque-là, l’indéfectible allié stratégique de l’Occident et l’une des clés du marché énergétique. Il fallait parvenir à installer l’idée qu’y siégeait l’origine du Mal. Discernez-vous la mécanique de raisonnement qui est, cran après cran, mise en oeuvre?

Si vous voulez que ce scénario qui nous est stratégiquement favorable soit retenu et délivre toute sa puissance, nous avons l’ingénierie pour vous procurer de quoi l’abreuver. Ceci est la clé de l’intelligence du soft power russe. Elle est infiniment redoutable.

Petite parenthèse : c’est l’Arabie Saoudite qui a contribué à l’écroulement des cours de brut qui a asphyxié, économiquement, l’ex-URSS et l’a fait s’effondrer, effondrement considéré par Poutine comme la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle.

Il est évident que Poutine n’est pas quelqu’un et qu’il n’est pas à la tête de la cryptogarchie russe pour ne pas être en mesure de réserver des chiens de sa chienne à ceux qu’il estime être des traîtres. J’ai beaucoup de mal à penser que si le guide suprême de la Révolution Islamique d’Iran lui a montré un schéma pour déstabiliser le royaume saoudien, il ne l’a pas exploité.

Il voit les failles des systèmes de défense dans les esprits. Et je l’ai vu les avoir vu.

Poutine n’est pas le fils spirituel de la Russie qui a inventé le mythe du Protocole des sages de Sion et la grande Illusion dialectique du Communisme pour rien.

Alors, on trouve toujours un idiot plus ou moins utile pour dire aux Européens qui veulent gober la couleuvre ou aux Américains qui veulent l’entendre de la bouche d’un clown que la commission européenne, c’est l’Etat profond et que Washington, c’est aussi l’Etat profond.

C’est ce que l’on nomme la projection accusatoire.

A partir de cette injonction, qui signe ce qu’est, profondément, la psychologie de l’Etat russe, les uns et les autres parviennent à convaincre des masses d’électeurs que l’Occident est toxique et que sa supériorité morale et technologique est une supercherie.

Il fallait inscrire dans le psychisme des populations, que le sentiment de prééminence de l’Occident, plus que de supériorité, est illégitime, qu’il est le produit d’un complot, d’un conditionnement, d’une doxa libérale, qu’il se réalise aux dépens des tiers-monde, et si la tache ne suffit pas, qu’il est le fruit non seulement de l’exploitation du capitalisme sur les Hommes mais de sa prédation sur le climat, et que là-bas, dans l’autre monde, tu verras et tu seras libéré.

Les moteurs logiques qui ont été mis en marche contre Nous, l’Humanité, ce sont ceux-là.
Ce ne sont pas des moteurs d’équité et de justice
. Je vous en prie, prenez un peu de recul sur les éléments de langage et de dialectique pour observer le mouvement et la nature de ce qui s’insinue dans l’esprit et le transforme.

En informatique, il y a au moins des pares-feux. Normal, il y a des ingénieurs qualifiés.

Dans l’âme humaine, il n’y a plus rien. Nous avons déclaré que nous sommes assez grands pour nous débrouiller avec le réel.

Alors, on entre dans l’âme des peuples comme dans du beurre ou comme dans un moulin, pour y semer les graines de doute, de discorde et de conflictualité.
La société de l’information, vitale aux démocraties, y secrète aujourd’hui la perversité dialectique qui dessert et expose ces mêmes démocraties au ridicule. Le wokisme en est une forme experte.

Cette perversité dialectique qui s’est abattue sur Nous n’a semble-t-il plus de limite et c’est elle qui conditionne les débats pour que, au bout du processus, ils produisent la capitulation de l’intelligence commune devant la terreur.

Il faut se souvenir des choses et comment nous avons été prés de tomber dans le panneau. Nous avons exaucé, en partie le vœu de Poutine, l’Arabie Saoudite s’est décalée de la ligne occidentale.

Regardez, maintenant, parmi les plus virulents à avoir dénoncé cette alliance, à avoir demandé de faire tomber la monarchie des Saoud, « Daech qui a réussi », qui il y avait pour relayer les intérêts de l’Iran et de la Russie, avec un petit coup de peinture russe sur la carlingue du souverainisme.

L’Europe, le Brexit, le TAFTA, le nucléaire, l’OTAN, etc, sur tous nos sujets régaliens, sur tous les sujets, le débat démocratique finit par pencher du côté de l’intérêt objectif de Poutine. C’est problématique et c’est suspect.

Et il est vrai, si d’aventure nous reprenions un peu notre lucidité, qu’un attentat islamiste rappelle la vraie priorité. Faut-il du cochon dans les cantines scolaires ?

Mon malaise, c’est d’avoir le sentiment que quelque chose nous prend pour des cons.
Je ne veux pas qu’on prenne mes compatriotes pour des cons.
Je ne veux pas qu’on prenne les Européens pour des cons.
Je veux qu’aucun humain ne soit pris pour un con.

Voilà, voilà, voilà. Voilà ce sur quoi délibère la démocratie pendant que les loups s’approchent et dévorent une partie des frontières terrestres extérieures et font ripaille de nos cerveaux.

Il y a là, à mes yeux, un mystère. Si elle était encore là l’une des deux Simone Weil ou Veil pourrait me renseigner sur la manière dont le mal conquiert les esprits. C’est le sujet.

Nous ne pourrons pas aller bien loin dans ce XXIe siècle sans protéger et nourrir le libre-arbitre qui nourrit la liberté de tous les peuples.

Elle ne se nourrit de rien d’autre et ne trouve son aise que de la qualité du libre-arbitre que l’on instruit. Je ne distingue pas les démocraties des autres régimes constitutionnels de ce point de vue.

Cela implique que le combat qui doit nous réunir et que certains veulent cristalliser autour d’une spécialisation de la théorie du clash des civilisation, via l’affrontement Occident vs Sud Global est une invention, nourrie aux hormones de croissance du ressentiment des uns et de la culpabilité des autres, pour que nous nous trompions toujours de cible.

Ce prisme est attrayant. Il est attrayant comme un mensonge.

Pour revenir au 11-Septembre-2001, le mythe consistant à dire que nous avons eu affaire à une organisation non étatique résistera-t-il à une analyse rigoureuse ? A celle dont nous ne sommes pas vraiment capables avec le système d’information tel qu’il est ?

De là où mon chemin m’a placé, la scène de crime parle toute seule. Les liens et les convergences objectives affleurent la surface des opacités et des apparences.

Il est advenu – on appellera ce phénomène comme on le veut – que dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015, sur fond des variations Goldberg de Johann Sébastian Bach par Glenn Gould, une partie du voile s’est levé.

Je n’ai pas tout vu ni tout compris d’un coup. Mais j’ai compris ce qu’il ne fallait pas regarder pour avoir une chance de commencer à voir.

Combien y a-t-il de manières d’influer sur le cours d’une rivière qui s’appellerait l’histoire avec un grand H?

Pendant que notre attention était focalisée sur l’assassinat du commandant Massoud et qu’Al-Qaida agitait des spectres que nous avions envie de voir pour confirmer notre vision des choses, pendant ce temps, la conférence de l’antiracisme de Durban I, en Afrique du Sud, ouvrait de vraies vannes pour nous submerger idéologiquement ; pour rentrer, dans toutes les têtes, la pomme de discorde que constitue le mythe de la Palestine et insinuer, jusque dans les plus prestigieuses universités, un antisémitisme au carré.

L’opération du 7/10/2023 du Hamas ne fait qu’appliquer, comme si sa forme antédiluvienne, ne suffisait plus, la formule de cet antisémitisme au carré : parce que l’un est juif et parce que l’autre est palestinien.

Que d’intelligences, vraisemblablement honorables, au départ, se sont éventrées sur ce double écueil.

Oui, c’est ce que je dis car c’est cela, à partir de mon non-académisme, que je discerne.

C’est le danger dont je suis seul à oser vous avertir.

La clé de l’Histoire, fournie avec le mode d’emploi, dans la rue arabe, comme on dit par facilité rhétorique, et dans les esprits occidentaux, devrait être celle-là.

Elle est tentante.
Elle ouvre l’enfer.

Elle s’offre à l’intellect dont elle épouse la forme des serrures.
Il faut créer une autre clé. Une clé de justice. Réparatrice.
La Politique sert justement à ça.

Refaisons de la grande politique !

Emmanuel Macron a eu raison de dire, le 27 février dernier, que nous ne pouvons rien exclure, et que nous ne pouvons pas exclure, par conséquent, d’intervention terrestre pour défendre l’Ukraine.

Il est plus que temps de prendre la mesure de la menace russe et des calculs monstrueux qui l’animent.

Le président Macron ne mérite pas la petite bronca politico-médiatique qu’une partie de la classe politique lui a réservé. L’histoire jugera.

Nous ne faisons que commencer à comprendre la nature de ce à quoi nous avons affaire.

Nous n’avons pas fini de découvrir son visage.

De toute façon, le choix est simple. Ou bien nous découvrons son visage ou bien il couvre le nôtre du masque de l’infâmie.

Normalement, nous avons une Marseillaise pour comprendre ce qu’il faut faire.

Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans l’histoire, mais à cette échelle, avec les conséquences sur l’Ordre du Monde que cela fait peser, cela n’est jamais survenu.

Ne vous demandez pas comment le nazisme a subjugué le peuple allemand, il l’a fait comme la révolution nationaliste russo-poutinienne et la révolution islamique subjuguent et tentent de partitionner notre temps et notre espace.

Il y a eu un petit miracle auquel il faut rendre justice. Il s’appelle Zelenski. Je crois qu’on ne se rend pas compte comment, au soir du 24 février 2022, il a fait sonner une charge inattendue, surprenante et héroïque face à la tyrannie russe.

Les Ukrainiens ne peuvent pas perdre et nous devons gagner.
Européens, nous n’avons pas le droit de nous laisser endormir !

PS: Je suis candidat à la candidature sur la liste Renaissance aux Elections Européennes du 9 juin. Si légitimité il y a à ce que je me vois confié l’honneur de représenter les Européens, c’est en vertu de cette parole de sécurité. Je l’ai extirpée à ce qui ressemble à un chaos pour la lever et en faire le matériau du bouclier de notre civilisation. Merci.

Ne fais pas le voyage à vide

Le modèle social français, dont la retraite par répartition est un des éléments, est très singulier. Nous disons qu’il nous est cher.
Pourtant, il est en danger. Nous le mettons en danger.

Il n’est pas en danger à cause du gouvernement. Il l’est à cause de celui à qui il bénéficie et qui rechigne à le servir et à l’alimenter comme il faut.

Le modèle social français repose sur la Fraternité. Sur la fraternité intergénérationnelle, c’est-à-dire la nécessité pour chaque génération de subvenir, pour les membres qui sont en état de le faire et à la mesure qui est la leur, aux besoins de la génération qui la précède et, en même temps, à veiller aux conditions laissées à la génération qui va lui succéder, à celle-là, visible et physiquement tangible, comme à l’ensemble de celles qui s’en déduisent.

La nation est comprise entre ces bornes.

La nation soigne l’héritage et sert la postérité. 

Ne fais pas voyage à vide.

Le devoir que l’on doit, au titre des retraites, est avant toute chose un devoir de fraternité. Il ne peut pas être entendu d’une autre oreille.

Ce devoir appelle un sens de la justice et de l’équité. Il appelle une sincérité sans faille à l’égard de la République. On ne vient pas à elle avec des slogans, des éléments des langage, des artifices idéologiques.

On y vient avec ce qu’on est et avec ce qu’on fait.

La République ne tient que par l’ardeur de ce lien invisible qui, assemblé l’un à l’autre dans une dimension et grandi, l’un par l’autre, dans l’autre dimension, parcourt, édifie et transforme le peuple et assure, dans sa pleine dimension, sa cohésion.

Ne fais pas le voyage à vide.

La cohésion est, en revanche, illusoire dans le milieu au sein du quel règne l’a-priori.

Il n’y a pas de cohésion dans une société qui organise la confrontation des pauvres aux riches, de ceux d’une couleur de peau contre d’autres, de ceux qui apprennent contre ceux qui sont instruits, des ignares contre les sachant, de ceux ou celles d’un sexe contre l’autre, des personnes d’une orientation contre l’autre, de ceux qui sont déjà fatigués à ceux qui sont infatigables.
La République est la cohésion de tous.

Dirons-nous de la République qu’elle se trompe quand elle escompte notre grandeur et notre responsabilité et qu’elle a eu tort, en définitive, de penser un peuple dont chacun serait fait de cette précieuse matière? Signerions-nous ce que nous dénonçons comme une erreur sur la marchandise? Nous ne sommes pas ce peuple. Il n’est pas à notre portée.

Ou, alors, est-il possible de reconnaître que nous nous trompions lorsque nous trompons cette République au profit d’une démagogique ou d’une frénétique de passage, d’une vacance de l’esprit démocratique?

Ne fais pas le voyage à vide.

La République française nous apporte la dignité accompagnée des devoirs. C’est un cadeau plus qu’un fardeau. Si nous entendons le devoir comme une charge qui nous honore, nous trouvons la solution. Si elle n’est pas là, encore, parmi nous, les brillants esprits qui émanent de nous pour nous, ces brillants esprits l’imagineront; ils la mettrons en évidence. Cela suppose d’appeler la forme d’intelligence par la bonne voie, la culture adéquate.

Mais si nous ne savons plus voir le devoir qui nous incombe que comme un fardeau, qui s’alourdit d’autant plus que nous ne voyons que nous ne voyons en lui que la peine qu’il réclame, alors, nous allons au mensonge avec nous-mêmes. Nous allons au mensonge avec la République.
Nous trichons. Nous nous perdons.
Il n’y a plus de postérité qui tienne.

Il y a l’égoïsme et sa solitude. Mais point de fraternité.

Ne fais pas le voyage à vide.

 

-La démocratie est fragile. Il faut la traiter avec beaucoup d’égards et de déférence. Ce n’est pas forcément ce à quoi nous assistons. Avec une virulence plus pathologique qu’ailleurs, sans doute parce qu’en France, nous avons inventé la Révolution, il y a, dans ce pays, une lutte qui n’est pas achevée. Elle oppose ceux qui voient en la Révolution française le cycle perpétuel des abjurations sanglantes et brutales, abjurations au Rationnel et à la Foi, au Beau et au Vrai, au civilisé à celles et ceux qui voient en elle ce qui la rend si transcendantale, le fait qu’elle se soit sublimée en une proclamation universelle, transfigurée en des Lumières.

-Le drame d’un piano, ce n’est pas d’être totalement désaccordé. C’est que personne ne se rende plus compte qu’il est désaccordé et que chacun tienne la cacophonie et la discordance qu’il débite pour le système harmonique auquel il est supposé contribuer.
-Alors que se passe-t-il ? La civilisation sombre dans la discorde. Les mots s’aiguisent comme des couteaux. Ils lacèrent la pensée.

D’une manière générale, tous les pianos du monde, mais aussi les violons, les cymbales, semblent désaccordés. Les âmes se taisent, reculent.
Mais nous nous y sommes habitués. Nos oreilles se sont accoutumées. Nos sens aussi.

Il ne nous vient pas à l’idée d’appeler un accordeur de piano, pour corriger le défaut.

Nous le laissons s’amplifier, au contraire, jusqu’au moment où la cacophonie, son concert d’outrances, d’intimidations, d’attaques ad personam, nous deviennent presque agréables.

Nous nous sommes accoutumés à toutes les violences verbales, aux brutalités.

Aux premiers mots de mon lointain récit, j’ai posé deux phrases :

La première est : « Il y a une histoire humaine à sauver. »

La seconde : « L’histoire du fils d’un charpentier est une histoire de démocratie. Celle de Mahomet, de Bouddha, aussi. »

-Vous dîtes n’importe quoi ! L’église, le Temple, la synagogue, la mosquée, Cela n’a rien à voir avec la démocratie.

-c’est aussi ce que je me suis dit. Que faire autour de tels postulats qu’une culture contemporaine, que ma propre pensée, refoulent ? Je me suis mis à marcher. Jusqu’au bout de moi-même.

-Pour revenir au piano désaccordé, je pense que ces personnes, ces prophètes et grands Sages, qui sillonnent le ciel, dans le contexte et l’horizon qui était le leur, ont entendu ce qui n’allait pas.

Là où ils étaient, dans le vaste écho de la conscience qui était leur, ils décelaient ce qui clochait.
Ils avaient, en quelque sorte, l’oreille absolue, la faculté d’entendre, au sein du tumulte, ce qu’il y a à entendre dans le bruit du silence.
Ils ont dépassé tout contexte et tout horizon et servi Dieu, ou l’humanité si vous préférez.

-Et ils ont surtout réaccordé l’instrument humain. Ils l’ont fait pour des millénaires.

On néglige cet aspect de l’histoire.

Les églises, le son des cloches, la lumière dans les vitraux, la voix des muezzins, les moulins à prière, le simple passage du vent, les vibrations du métal, tout cela c’est le diapason où les âmes ont la faculté de se réaccorder.

Je comprends mieux l’obstination d’une certaine forme de laïcité à araser le paysage de tous ces repères, du timbre de la cloche aux statues de la vierge. Certaines personnes veulent que le peuple soit seul pour traverser l’histoire.

C’est le drame de l’Occident d’avoir décidé de tuer Dieu, le mot qui abrite des millénaires de spiritualité et transforme l’immatériel en solide.

-Vous ne comptez quand même pas changer le peuple ?

-Je ne comprends pas qu’on puisse vouloir se voir confié le destin d’un pays en disant à sa population : « Vous êtes très bien comme vous êtes. Ne changez surtout pas. Laissez-moi vous protéger. Laissez-moi vous nourrir. » C’est électoraliste et démagogique.
Venez comme vous êtes, c’est un slogan commercial. Pas une devise de la République.

-Vous vous prenez pour qui ?

-Je porte le nom de ce que je dis. Je porte le nom de ce dont j’accepte d’être le passage.

Le nom réel d’une personne est-ce qu’elle accepte de voir passer par elle.

 

 

Retour aux sources

Il n’y a pas d’autre choix que de sortir du marasme démocratique par le haut, par la liberté de l’intelligence autant que par l’intelligence de la liberté.

La République nous attache, par ses institutions, par le vocabulaire qu’elle met à la disposition de tous, à la discipline de la liberté. Même si son addiction invoque en son nom le droit de boire tout son saoul, un alcoolique n’est pas libre par l’alcool. Un drogué par la drogue.

Le défi de La liberté (guidant le peuple) ne peut se réaliser que par la détermination du peuple à rester et redevenir, pleinement, qui il est: Un et indivisible. Le Peuple est-il proclamé et se voit-il essentialisé ainsi, dès l’origine, pour se voir réduit au narcissisme?

Nul n’est citoyen par le genre sexuel, par les phobies, les allergies, par ses dénis, le sectarisme de ses orientations alimentaires ou de quelques lubies, par ses passions partisanes et idéologiques qui constituent un marketing de la pensée.

Nul n’est citoyen par le paroxysme identitaire auquel est porté, à dessein d’atteindre la République, l’individu médiatique, l’homo médiaticus.

On n’est pas citoyen par sa personne médiatique. On l’est par son Être. Par l’unicité de son Être.

Le peuple se définit par ce qui lie et distingue. Il se décompose par ce qui sépare et « indiffère ». Il y a une Politique qui ne parle plus qu’aux différences. Il y a une Politique qui ne sait qu’accentuer les différences, qui ne sait parler à chacun parce qu’elle ne sait plus parler à tous.

Tel est le triste cours d’une désolante démocratie.

La République ne peut pas être sans le peuple. Elle ne peut pas être sans l’esprit de service envers le peuple qui doit animer chacun, y compris celui qui rend compte et l’informe.

Le journaliste veille, au-delà de la religion des faits, sur l’intégrité du système et des contenus informationnels.

Cela est dû au peuple. C’est ce qui l’édifie.

Versailles mérite mieux que des allégeances serviles

Un certain nombre de nos politiques, de droite comme de gauche, somment le gouvernement de renverser ses alliances en sacrifiant les pays du Golfe, l’Arabie Saoudite et la Turquie. Aucun sophisme – et il n’en manque pas à leur registre – ne parviendra à masquer pourtant ce que constituent les « inflexions » voulues. Elles nous préparent un Munich d’une nature inédite, car quel effondrement moral et physique est plus vaste que celui qui fait accomplir ce que les coups que vous portent un ennemi quelconque visent à obtenir de vous, et ce la fleur au fusil. Lire la suite « Versailles mérite mieux que des allégeances serviles »

Faut-il un droit de la presse particulier en état d’urgence?

[Origine du texte : 8 avril 2016]

Même si le débat constitutionnel est refermé, je me demande dans quelle mesure l’état d’urgence, correspondant donc à une série de mesures adoptées pour faire face à la menace lourde qui pèse sur nous, ne devrait pas aboutir à une limitation, un encadrement, de la liberté de la presse, tout comme, finalement, à une limitation de la démocratie directe.

Il me semble évident, aujourd’hui, que des forces nourrissent et instrumentalisent avec une vigueur redoublée le potentiel que leur offre ces vecteurs, et ces forces y renonceront d’autant moins que la société qui prétend se défendre donne l’image d’une société qui se désagrège et perd le nord.

Lire la suite « Faut-il un droit de la presse particulier en état d’urgence? »

Je suis un patriote européen

France désœuvrée, France occupée…
Il y a quelque chose du funeste esprit de Vichy qui lentement gangrène l’esprit français. Le spectacle donné par une partie de nos compatriotes, exaltés dans leur penchant xénophobe par des leaders de partis politiques qui vont du Front National aux Républicains en passant par les sphères souverainistes et de la gauche radicale, si actifs quand il s’agit de dénigrer l’Union européenne pour lui préférer la Russie nationaliste de Vladimir Poutine, nous en dit long sur le désœuvrement français. Lire la suite « Je suis un patriote européen »