🥇 De Pékin 2022 à Milan–Cortina 2026 : l’agenda olympique et le retour du sens stratégique

Le dimanche 9 novembre 2025, alors que Canton (Guangzhou) s’illuminait de lumières, d’acclamations et d’histoire pour l’ouverture des 15ᵉ Jeux nationaux de Chine — organisés pour la première fois conjointement par le Guangdong, Hong Kong et Macao — le président Xi Jinping a rencontré Kirsty Coventry, présidente du CIO, et Thomas Bach, président honoraire à vie.

La rencontre, mise en avant par @XisMoments, n’était pas seulement un geste de continuité olympique, mais aussi un symbole d’unité culturelle et d’harmonie intérieure que la Chine souhaite relier à l’esprit universel des Jeux.

Les Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 se sont clos le 20 février 2022 ; deux jours plus tard, la Russie envahissait l’Ukraine.
Ce qui devait être un triomphe d’harmonie devint une blessure silencieuse pour le prestige moral de la Chine.
Xi Jinping n’a pas gâché la cérémonie de clôture — il a attendu.
Mais « l’amitié sans limites » proclamée avec Moscou venait déjà d’être rompue, non par la diplomatie, mais par un missile au-dessus de Kyiv.

Alors que le monde se tourne vers Milan–Cortina 2026 et se prépare à Los Angeles 2028, la séquence olympique retrouve son rôle : celui du calendrier des civilisations, la mesure de la conscience mondiale.
La flamme passe désormais à l’Ouest, où Los Angeles 2028 pourrait, peut-être, devenir les Jeux du Rééquilibre : le retour du récit sur le chaos, du sens sur la domination.

En parallèle, Donald Trump agit sur un autre front — mais dans la même logique de transition.
Sa décision de suspendre la livraison des Tomahawk à l’Ukraine, loin d’une hésitation, vise à reconfigurer la logique des sanctions et à reprendre la maîtrise stratégique du récit.

De même, sa volonté déclarée de reprendre le conflit israélo-palestinien à travers les Accords d’Abraham signale un glissement : de la confrontation militaire vers la résolution narrative, du pilotage de la guerre à la maîtrise de la paix.

Ces deux gestes — celui de Xi à Canton, celui de Trump à Washington — se rejoignent sur le pont symbolique qui relie, d’une part, Pékin 2022 à Milan–Cortina 2026, et, d’autre part, Paris 2024 à Los Angeles 2028.

Le sport change la donne.

Il rend au monde la mesure de sa civilisation, rappelant que la force ne sert plus à détruire, mais à garantir la paix et à restaurer le sens.

> j’ai dit cela. Chaque être choisit, par sa propre voix liée à son libre-arbitre, la réalité à laquelle il souhaite donner corps. Ainsi, les monstres s’effacent.

#XiJinping #15thNationalGames #Trump #Olympics #SoftPower #Paris2024 #MilanCortina2026 #LosAngeles2028 #CredimusInOptimumHumanis

🕊️ From Beijing 2022 to Milan–Cortina 2026: The Olympic Agenda and the Return of Strategic Meaning

On Sunday, November 9, 2025, as lights, cheers and history illuminated Guangzhou for the opening of China’s 15th National Games — the first ever to be jointly hosted across Guangdong, Hong Kong and Macao — President Xi Jinping met with IOC President Kirsty Coventry and Honorary President for Life Thomas Bach.

The meeting, highlighted by @XisMoments, was not only a gesture of Olympic continuity but also a symbol of China’s expanding cultural unity and its aspiration to connect domestic harmony with the universal spirit of the Games.

The Beijing 2022 Winter Games had closed on February 20, 2022; two days later, Russia invaded Ukraine.
What should have been a triumph of harmony became a silent wound to Beijing’s moral prestige.
Xi Jinping did not spoil the closing ceremony — he waited.
But the “friendship without limits” declared with Moscow had already been shattered, not by diplomacy, but by a missile over Kyiv.

As the world prepares for Milan–Cortina 2026 and looks toward Los Angeles 2028, the Olympic sequence resumes its role as the calendar of civilization — a chronometer of global conscience.
The torch now passes westward, where Los Angeles 2028 may become the Games of Rebalancing: a return to narrative over chaos, meaning over domination.

In parallel, Donald Trump acts on a different front — but within the same logic of transition.
His decision to pause the delivery of Tomahawks to Ukraine, far from hesitation, aims to reshape the logic of sanctions and reclaim strategic authorship.

Likewise, his declared intent to re-engage the Israeli-Palestinian conflict through the Abraham Accords signals a shift from military confrontation to narrative resolution — from managing war to mastering peace.

The two gestures — Xi’s at Guangzhou, Trump’s in Washington — converge across the symbolic bridge between, in one part, Beijing 2022 and Milan–Cortina 2026, and, in another, Paris 2024 and Los Angeles 2028.

Sport is a game changer.

It restores the measure of civilization, reminding us that force no longer destroys — it safeguards peace, and restores meaning.

>This is what I have said, from now on:
Every single person, through his own voice, chooses the reality they wish to bring into being.
Thus, monsters disappear.

#XiJinping #15thNationalGames #Trump #Olympics #SoftPower #Paris2024 #MilanCortina2026  #LosAngeles2028 #CredimusInOptimumHumanis

Plan de paix Trump: l’après-Netanyahou a commencé

Le plan de paix que Donald Trump a fait signer à Benjamin Netanyahou fixe un certain nombre de lignes claires pour surmonter, enfin, l’idée d’un « Orient compliqué », litote qui a trop longtemps signifié qu’aucun miracle n’y était possible.
Le chemin sera complexe en lui-même, mais le sentiment naissant est celui d’un espoir sans frontières, assez vaste pour que le président des États-Unis ait ouvert la perspective à ce que l’Iran, y compris sous sa forme de républisue islamique, puisse s’y associer. Il l’y a invité.
Le temps n’est donc pas celui d’ajouter une complexité mensongère et inutile à la complexité naturelle. Au contraire.

Contre toute attente, Netanyahou a abandonné Gideon et fait — il faudrait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte — contre mauvaise fortune l’apparence d’un bon cœur.
Il s’est accordé, et a voulu faire valoir comme expression de sa souveraineté, un rôle de garant ‘absolu’ qu’il a déjà perdu dans les faits. Donald Trump ne lui reconnaît que la possibilité de sauver les apparences encore quelque temps. Mais il sera, à l’égal de toutes les autres parties impliquées — Hamas, Autorité palestinienne — placé sous la surveillance collective.

La question, désormais, n’est plus Netanyahou, pas davantage que celle de la coalition actuelle.
La démocratie israélienne, à laquelle le président Trump a rendu hommage, devra aller au bout de son propre chemin. Israël, même si Netanyahou se garde bien d’en admettre la nécessité, devra concéder quelque chose au processus. Car la partie palestinienne — jusqu’au Hamas — possède elle aussi, de par sa nature, une place dans ce cadre. Le président américain a laissé entendre que l’encadrement « historique » du Hamas avait subi suffisamment de pertes pour que la génération actuelle puisse se montrer plus réceptive au plan de paix qu’elle ne l’était dans le passé.

Il ne fait pas de doute que le canal qatari que Benjamin Netanyahou a tenté de briser est susceptible d’avoir nourri l’espoir d’un accord.

Sur la Syrie: l’équilibre recherché tient en une formule simple et lisible. La reconnaissance américaine de la souveraineté d’Israël sur le Golan — proclamée en 2019 et demeurée en vigueur — est assumée comme un fait stratégique durable; en contrepartie, l’annexion de la Cisjordanie ne saurait être admise, ni frontalement, ni par grignotage. Autrement dit: la sécurité d’Israël est consolidée au nord-est par le maintien du statu quo sur le Golan, pendant que la perspective d’un État palestinien viable exige que cesse toute logique d’absorption progressive en Cisjordanie.

Ce cadre implique d’intégrer la « nouvelle Syrie » telle qu’elle se présente depuis l’accession d’Ahmed Al-Charaa à la présidence: l’architecture régionale ne peut ignorer Damas et ses garanties frontalières, si l’on veut stabiliser l’ensemble et refermer les contentieux hérités.

L’horizon masqué des Accords d’Abraham est bien celui de la coexistence pacifique de deux États — Israël et la Palestine — dans un environnement propice. Phase après phase, ce chemin finira par s’imposer dans l’intérêt de tous. La perspective est déjà dans les esprits:elle alimente des espoirs, suscite des peurs, bouscule des préjugés. Il serait fâcheux d’y céder.

On entendra beaucoup de bêtises, et elles trouveront sans doute de l’écho.
Parmi elles, la première à surgir est liée à la perspective de voir Tony Blair, l’ancien Premier ministre britannique, superviser le gouvernement de transition à Gaza — comme si cela devait annoncer un « protectorat » semblable à celui dont on sait comment il s’est terminé. Certains rappellent sa responsabilité dans la guerre en Irak, comme si l’histoire ne pouvait être qu’une tragédie répétée, dans laquelle l’Occident est condamné à être fautif, seul fautif et unique responsable.

Mais c’est tout le contraire qui se joue ici. Non une reconduction, mais une œuvre de réparation. Ce rappel convoque l’histoire — celle du mandat britannique en Palestine, balayé à la fin des années 1940 par une vague d’attentats et de révolte, dont l’explosion du King David Hotel en 1946 reste l’image marquante. Londres, usé, remit alors le dossier aux Nations unies avant de quitter la scène, rejeté à la mer par la violence des événements.
Cette mémoire nourrit la méfiance, d’autant plus que plane encore l’ombre des accords Sykes-Picot, où la France et le Royaume-Uni avaient redessiné le Proche-Orient à coups de frontières tracées à la règle, imposant un partage artificiel dont les plaies sont encore vives.

C’est ce rappel qu’il faut retenir: revenir aux sources du problème non pour répéter les erreurs d’antan, mais pour les regarder en face et ne pas les commettre à nouveau. C’est cela, le défi qui attend cette communauté de bonnes volontés.
C’est cela, la geste que Donald J Trump s’efforce, bien au-delà de sa propre personne, d’imprimer dans l’Histoire.

Note stratégique — Israël, l’Iran et l’engrenage recherché

À une époque où l’on ne sait plus qui agit pour qui — qui est le proxy, ou même le proxy du proxy — la souveraineté des nations ne se mesure plus seulement à leurs frontières ou à leurs armées. Elle se joue d’abord dans la souveraineté du renseignement et de l’analyse : la capacité à distinguer les faits des narratifs injectés, les preuves des montages, et à décider sans être happé dans l’engrenage d’autrui. Plusieurs signaux récents obligent, en effet, à la prudence

La cargaison du navire arraisonné en mer Rouge : côté israélien, certains ont évoqué des armes chimiques ; le CENTCOM américain, lui, a strictement parlé de missiles, de drones et de composants. Cette divergence de langage n’est pas anecdotique : elle montre comment le récit peut être ajusté selon les objectifs politiques.

L’affaire de Canberra : l’Australie a expulsé l’ambassadeur d’Iran et trois diplomates, accusant l’IRGC d’avoir orchestré des attaques antisémites. Officiellement, la preuve repose sur les enquêtes d’ASIO et de la police fédérale. Mais plusieurs indices suggèrent que l’affaire a pu être amorcée ou amplifiée par du renseignement américano-israélien — électronique, financier, voire lié aux flux crypto. Ici encore, la frontière entre sécurité nationale et fabrique du récit international s’efface.

Ces deux dissonances révèlent une constante : Israël dispose d’un avantage informationnel qui lui permet d’injecter des éléments narratifs, de guider les lectures et de transformer chaque incident en pièce supplémentaire du dossier à charge contre l’Iran.

1. L’objectif stratégique israélien

Depuis deux décennies, Netanyahu poursuit un objectif immuable : entraîner les États-Unis dans une confrontation terminale avec l’Iran.

Après l’échec de la mobilisation sur le dossier nucléaire (Washington préférant sanctions et JCPOA à une guerre ouverte), Israël a choisi de multiplier les fronts : Houthis, Hezbollah, milices chiites.

Le but : démontrer que l’Iran est la matrice universelle du terrorisme, et contraindre les alliés à le désigner comme tel.

2. La mécanique de l’engrenage

Chaque cycle suit la même logique :

1. Frappe israélienne (ex. : élimination d’un dirigeant houthis à Sanaa).

2. Riposte des proxys (Houthis, Hezbollah, etc.).

3. Attribution à Téhéran : présenté comme l’architecte de toutes ces menaces.

4. Pression sur les alliés : les États-Unis et l’ONU se retrouvent face au dilemme — condamner Israël ou reconnaître la culpabilité iranienne.

Ainsi, chaque incident renforce la centralité de l’Iran comme ennemi absolu.

3. Le rôle du renseignement et l’asymétrie informationnelle

Israël possède un avantage décisif en SIGINT, traçage des flux financiers/crypto et influence médiatique.

Il peut fournir à ses alliés des “tips” orientés, amorcer des enquêtes, et colorer les conclusions.

Ce qui apparaît comme un dossier purement national (ex. Canberra) peut donc être le fruit d’une chaîne hybride, nationale dans sa forme, mais orientée en amont par des intérêts extérieurs.

4. Le paradoxe russe

L’économie russe, sous sanctions, a un besoin vital d’un baril élevé pour financer sa guerre en Ukraine.

Une guerre ouverte contre l’Iran entraînerait une flambée des prix (détroit d’Ormuz, tensions régionales).

Objectif israélien et intérêt russe convergent donc : Netanyahu cherche à piéger Washington dans le conflit, et Poutine profiterait d’un choc pétrolier salvateur.

5. L’axe Tel-Aviv–Moscou et la question de Washington

Un axe israélo-russe existe déjà : coopération militaire implicite en Syrie, absence de soutien à Kyiv, poids de la diaspora ex-soviétique en Israël (près de 20 % de la population, faisant du russe la troisième langue du pays).

Cet enracinement démographique et linguistique crée un pont intérieur qui lie Tel-Aviv à Moscou plus intimement qu’on ne l’admet.

La vraie interrogation n’est donc plus : « Existe-t-il un axe Tel-Aviv–Moscou ? » — il est établi.

Mais plutôt : Cet axe inclut-il, volontairement ou par engrenage, Washington ? Car si les États-Unis sont entraînés dans une guerre contre l’Iran, ce sera le vœu exaucé à la fois de Netanyahu et, en contre-jour, de Poutine.

✅ Conclusion

Les dissonances récentes — cargaison ambiguë en mer Rouge, affaire de Canberra — rappellent qu’il faut faire preuve d’une circonspection extrême et que les narratifs et incriminations toxiques saturent l’atmosphère.


Israël ne cherche pas seulement à se défendre : il construit méthodiquement un récit où chaque menace converge vers Téhéran, afin de piéger les États-Unis et l’ONU dans une confrontation ultime.


Mais cette trajectoire, si elle s’accomplit, ne servirait pas seulement l’agenda israélien : elle exaucerait aussi celui de Moscou, pour qui une guerre avec l’Iran signifierait un pétrole cher et une survie économique prolongée.

L’Agence juive : organe profond de l’État israélien

A la lumière des dernières déclarations du président Isaac Herzog déniant tout légitimité aux Palestiniens, l’Agence Juive qu’il a présidé avant d’accéder à la magistrature suprême en 2021, apparaît à la fois fois comme un tremplin et un instrument destiné à convertir l’antisémitisme en peuplement. Israël ne peut se parer davantage d’être insoupçonnable moralement. Le consensus israélon possède une face obscure.

En tant qu’ancien président de l’Agence Juive, le président Herzog était donc directement impliqué dans les politiques d’encouragement à l’alyah et dans le rôle quasi-étatique qu’assume l’Agence dans la stratégie démographique d’Israël. Cela explique aussi pourquoi, lorsqu’il est devenu président de l’État en 2021, il a gardé une sensibilité forte à la dimension diasporique et identitaire du projet sioniste — mais aussi pourquoi ses propos sur l’ »inacceptabilité »  d’un État palestinien et sur les colonies comme « mission »  ne sont pas des dérapages, mais le prolongement d’une vision qui fait de la terre et du peuplement les clés de la survie nationale.

Avant 1948, l’Agence juive a tenu lieu de gouvernement du Yichouv : Ben-Gourion et Moshe Sharett en sont sortis pour devenir les premiers dirigeants de l’État.
Après l’indépendance, son rôle s’est déplacé vers la diaspora et l’Alyah, mais elle a gardé une position nodale : transformer les flux identitaires et les crises (notamment l’antisémitisme) en ressources démographiques stratégiques.

La présidence de l’Agence juive concentre trois dimensions :

  • Le politique : lien avec les partis, légitimité nationale.
  • Le diaspora : relais des communautés juives mondiales, réponse aux menaces antisémites. C’est un véritable pôle d’influence et, dans des climats de tension, une caisse de résonance à l’international.
  • Le démographique : orientation des nouveaux arrivants vers l’espace israélien, y compris dans les colonies.

C’est un poste qui ne se voit pas comme un centre de pouvoir, mais qui en est un — un organe profond de l’État, à la fois hors et dans les institutions.

Herzog : de la synthèse invisible à la magistrature suprême

Isaac Herzog, en présidant l’Agence juive de 2018 à 2021, a incarné cette fonction dans toute sa profondeur. Héritier d’une grande dynastie travailliste, il portait déjà une légitimité politique forgée au sein du système partisan israélien. À la tête de l’Agence, il s’est trouvé au cœur du levier démographique : celui qui convertit l’insécurité des diasporas en Alyah, et l’Alyah en peuplement stratégique. Puis, en accédant à la présidence de l’État en 2021, il a transporté cette logique discrète au sommet officiel de la République israélienne. Sous son visage modéré et son image de consensus international, c’est en réalité la fonction invisible de l’Agence qui s’est hissée au plus haut niveau de visibilité politique.

L’élément militaire : Doron Almog

Depuis 2022, l’Agence est présidée par Doron Almog, ancien général de Tsahal (Commandement Sud).
C’est la première fois qu’un général de carrière prend la tête de cette institution.
Cela dit beaucoup :

  • La sécurité militaire et la sécurité démographique sont désormais tenues ensemble.
  • L’Alyah est considérée non seulement comme un enjeu identitaire, mais comme un outil stratégique de défense nationale.

✅ Conclusion

La présidence de l’Agence juive n’est pas un poste décoratif. Elle est le lieu d’une synthèse invisible : convertir la peur de l’antisémitisme en Alyah, l’Alyah en peuplement, et le peuplement en colonisation.
Avec Herzog, cette synthèse a atteint la présidence de l’État.
Avec Almog, elle se rattache directement au champ militaire.

Ensemble, cela montre que l’Agence n’est pas périphérique : elle est un organe profond qui structure Israël, au même titre que l’armée ou le gouvernement.

Palestine: Thus Spoke “Gideon” — 2011–2025

Lead — Operation “Gideon’s Chariots” did not truly begin on May 16, 2025. Its matrix lies in the October 2011 Shalit exchange. The more the international environment tightens, the more Hamas’s actions reinforce Israel’s security posture — which in turn feeds back and strengthens itself. The biblical baptism of 2025 merely officialized a logic already at work fourteen years earlier.

In the first part of this analysis, I posed the question that jumps out at everyone but that no one asks and to which no one really wants to have to respond:

  • If Israel possessed an occult power to manipulate radical Islam, it would undoubtedly not obtain anything better than what Hamas naturally offers it? The question, it is true, thus provides its own answer: Gideon unofficially began in 2011. The name given in 2025 is not a mere dressing; it is the admission of a continuity.

With increasing international intensity (geopolitical shock, diplomatic pressure, hostage cycles), Hamas’s actions expand Israel’s politico-military latitude (security, internal coalition, external image).

Conversely, certain Israeli decisions reinforce Hamas’s strategic utility in the overall narrative. This coupling forms a co-production loop, with observable consequences:

  • Each « strike » by Hamas (rockets, incursions, underground operations) re-legitimizes Israel’s maximal response (ground operations, refusal of truce, displacement doctrine).
  • Israeli hardening requalifies Hamas as a central actor, to the detriment of Palestinian political alternatives.
  • The more the international scene ignites, the more the curve of credibility for Israel’s security narrative rises—and with it, the space for action.

It is not with a light heart—because it opens a dizzying core—that I see myself breaking the myth, but the operation « The Chariots of Gideon » did not truly begin on May 16, 2025.

Its founding act is situated much earlier: in October 2011, during the so disproportionate exchange of Gilad Shalit for 1027 Palestinian prisoners.

What seemed then like an insane imbalance—one single Israeli soldier against a crowd of cadres—was not so unbalanced in light of the facts. The Israeli prison is not a neutral space: it is a laboratory.

The long years of detention become a field of observation, profiling, sometimes conditioning.

The Shin Bet and the prison administration—to Israeli democracy to separate the wheat from the chaff—have transformed captivity into a matrix: learning Hebrew, studying the adversary’s military strategy, internal reorganization by clans. The future leaders of Hamas gained stature there, but also total exposure to the enemy’s gaze.

There is no other explanation, that is not far-fetched, in the face of the facts:

  • Yahya Sinwar, released in 2011, is the glaring example: « Butcher of Khan Younis » yesterday, undisputed leader of Hamas afterward, until becoming the architect of October 7, 2023.
  • Alongside him, other released individuals—Mazen Faqha, Zaher Jabarin, Fursan Khalifa—resumed key roles in finances, military direction, reorganization of the movement.

So many trajectories that prove, or at the very least give undeniable density to the bundle of presumptions, that the release was not a strategic defeat for Israel, but rather the opening of an invisible theater of control over Hamas.

Gideon, invoked to describe the terminal operation launched by the IDF, says that. There was no weakness; there was cunning.

Israel has since shown that it is a master in the art of infiltrating its enemies. The coordinated execution of Hezbollah cadres by the simultaneous explosion of their mobile phones, even in Iran, was the proud demonstration.

Why would it have acted differently in 2011?

The Shalit exchange was not a gift, but an extremely powerful maneuver. By releasing men it had deeply mapped, while being intransigent and cruel with Marwan Barghouti, publicly humiliated a week ago, we understand that Israel took the calculated risk of relaunching a dynamic it believed itself capable of controlling to produce the elements of tension and drama in the present situation.

This situation forces Israel’s destiny to align with the grand horizon.

The name came only later, like a biblical seal placed on a continuity.

Since 2011, Israel has carried within itself this logic: letting the adversary it knows intimately and undoubtedly manipulates grow, in order to better crush it at the chosen moment and complete its transformation by manifesting in broad daylight its messianic dimension, until then contained.

October 7, 2023, and the indelible « Sacrifice of the Innocents » that it fixes forever in memory, opened this gigantic fault.

Palestine : Ainsi parlait « Gédéon » — 2011–2025

L’opération « Les Chariots de Gédéon » n’a pas commencé le 16 mai 2025. Elle trouve sa matrice en octobre 2011 avec l’échange Shalit. Plus l’environnement international se tend, plus le Hamas — par ses coups de force — conforte la posture d’Israël, qui s’en nourrit et la renforce en retour. Ce texte explicite cette circularité et montre comment le baptême biblique de 2025 officialise une logique engagée quatorze ans plus tôt. Gédéon passa à table.

Dans la première partie de cette analyse, je posais la question qui saute aux yeux mais que personne ne pose et à laquelle personne ne souhaite avoir à répondre:

  • Si Israël possédait un pouvoir occulte pour manipuler l’islam radical, il n’obtiendrait sans doute pas mieux que ce que le Hamas lui offre naturellement. La question fait donc réponse : Gédéon a officieusement commencé en 2011. Le nom posé en 2025 n’est pas un habillage ; c’est l’aveu d’une continuité.

À intensité internationale croissante (choc géopolitique, pression diplomatique, cycles d’otages), les actions du Hamas augmentent la latitude politico-militaire d’Israël (sécurité, coalition interne, image externe).

Réciproquement, certaines décisions israéliennes renforcent l’utilité stratégique du Hamas dans le récit global. Ce couplage forme une boucle de co‑production,avec pour conséquences observables :

  • Chaque « coup » du Hamas (roquettes, incursions, opérations souterraines) re‑légitime la réponse maximale israélienne (opérations terrestres, refus de trêve, doctrine de déplacement).
  • Le durcissement israélien requalifie le Hamas en acteur central, au détriment d’alternatives politiques palestiniennes.
  • Plus la scène internationale s’embrase, plus la courbe de crédibilité du registre sécuritaire israélien monte — et avec elle, l’espace d’action.

Ce n’est pas de gaîté de coeur – car cela ouvre une noyau vertigineux – que je me vois casser le mythe, mais l’opération  « Les Chariots de Gédéon » n’a pas véritablement commencée le 16 mai 2025.

Son acte fondateur se situe bien plus tôt : en octobre 2011, lors de l’échange si disproportionné de Gilad Shalit contre 1027 prisonniers palestiniens.

Ce qui paraissait alors un déséquilibre insensé — un seul soldat israélien contre une foule de cadres — n’était pas si déséquilibré à la lumière des faits. La prison israélienne n’est pas un espace neutre : elle est un laboratoire.

Les longues années de détention deviennent un champ d’observation, de profilage, parfois de conditionnement.

Le Shin Bet et l’administration carcérale – à la démocratie israélienne de séparer le bon grain de l’ivraie – ont transformé la captivité en matrice : apprentissage de l’hébreu, étude de la stratégie militaire adverse, réorganisation interne par clans. Les futurs dirigeants du Hamas y ont gagné en stature, mais aussi en exposition totale aux regards de l’ennemi.

Il n’y a pas d’autre explication, qui ne soit pas à dormir debout, devant les faits:

  • Yahya Sinwar, libéré en 2011, en est l’exemple éclatant : « Boucher de Khan Younès » hier, chef incontesté du Hamas ensuite, jusqu’à devenir l’architecte du 7 octobre 2023.
  • A ses côtés, d’autres libérés — Mazen Faqha, Zaher Jabarin, Fursan Khalifa — ont repris des rôles clés dans les finances, la direction militaire, la réorganisation du mouvement.

Autant de trajectoires qui prouvent, ou à tout le moins donnent une densité  indéniable au faisceau de présomption, que la libération ne fut pas une défaite stratégique pour Israël, mais bien l’ouverture d’un théâtre de contrôle invisible sur le Hamas.

Gédéon dit cela. Il n’y a pas eu de faiblesse, il y a eu ruse.

Israël a montré depuis qu’il est passé maître dans l’art d’infiltrer ses ennemis. L’exécution coordonnée de cadres du Hezbollah par l’explosion simultanée de leurs téléphones portables, jusqu’à l’Iran, en fut la démonstration orgueilleuse.

Pourquoi aurait-il agi autrement en 2011 ? L’échange Shalit n’était pas un don, mais une manœuvre extrêmement puissante.

En libérant des hommes qu’il avait profondément cartographiés, tout en se montrant intraitable et cruel avec Marwan Barghouti, humilié publiquement il y a une semaine, on comprend qu’Israël a pris le risque, calculé,  de relancer une dynamique qu’il se croyait capable de contrôler pour produire les éléments de tension et de drame de la situation présente.

Cette situation force le destin d’Israël à rejoindre le grand horizon.

Le nom n’est venu que plus tard, comme un sceau biblique posé sur une continuité.

Depuis 2011, Israël a porté en lui cette logique : laisser croître l’adversaire qu’il connaît intimement et manipule sans aucun doute, pour mieux l’écraser au moment choisi et achever sa mue en manifestant au grand jour sa dimension messianique, jusque-là contenue.

Le 07-Octobre-2023 et l’indélébile « Sacrifice des Innocents » qu’il fixe à jamais dans la mémoire, a ouvert cette gigantesque faille.

Gedeon à la fois clé et aveu

En libérant Yahya Sinwar en 2011, Israël a semé la tragédie. En baptisant l’opération en cours depuis le 16 mai 2025, ‘Les Chariots de Gédéon’, il scelle le mythe. Il s’agit, aujourd’hui, de surplomber le narratif pan-sioniste – celui qui prétend absorber, sous couvert exclusivement sécuritaire, la totalité du sens en ramenant tout à la ,justification biblique d’Israël – en posant un narratif qui surplombe et, surtout, désempare ce messianisme très nocif.

La guerre se prépare d’abord dans le champ cognitif. Peu de nations connaissent aussi intimement l’importance du symbolique et du narratif que l’État d’Israël, dont une partie de la tradition s’ancre dans la Kabbale. Benjamin Netanyahou a pu compter sur le Hamas pour imposer à l’Occident sa grille sécuritaire et se prévaloir de l’autorité que cette rhétorique lui confère.

Depuis dix jours, les dissonances s’accumulent. Le 19 août, une proposition de cessez-le-feu et d’échange d’otages, négociée par l’Égypte et le Qatar, avait reçu l’accord du Hamas. Israël l’a refusée le lendemain, préférant intensifier ses opérations terrestres. Ce choix intervient alors que l’ONU a alerté sur un possible « changement démographique permanent » à Gaza, ce qui constituerait un nettoyage ethnique selon le droit international (UNRIC, 16 mai 2025). Human Rights Watch a parlé d’un crime contre l’humanité et d’une « mécanique du nettoyage ethnique » déjà observable dans le nord de Gaza, avec 1,9 million de déplacés (Le Monde, 14 nov. 2024). Oxfam a dénoncé, de son côté, les « dernières phases du nettoyage ethnique » à Gaza-Nord, Israël bloquant l’aide vitale à une population affamée (Oxfam, 2025).

Ces faits se superposent à une crise humanitaire extrême où la population est poussée à l’exode et réduite à la survie, mais aussi à un contexte diplomatique paradoxal : la France et l’Arabie Saoudite ont récemment remis en avant la solution à deux États, fragilisant le narratif maximaliste israélien (Conférence de Paris, 16 juillet 2025). Dans le même temps, au sommet de Riyad, plusieurs responsables arabes, dont Mohammed ben Salmane, ont parlé de « génocide en cours » et appelé Israël à cesser son offensive (Courrier international, août 2025).

Si Israël possédait un pouvoir occulte pour manipuler l’islam radical, il n’obtiendrait sans doute pas mieux que ce que le Hamas lui offre « naturellement ». De quoi interroger la trame elle-même, son épaisseur et ses coutures.

S’ajoute une contradiction majeure, remontant à 2011, autour de la figure de Yahya Sinwar. Né en 1962 à Khan Younès, fondateur de la branche sécuritaire al-Majd, surnommé le « Boucher de Khan Younès » pour ses purges contre les collaborateurs supposés, il est emprisonné en 1988 pour vingt-deux ans. En captivité, il gagne en stature : grève de la faim, apprentissage de l’hébreu, étude de la stratégie israélienne, rémission d’un cancer grâce à des soins reçus en Israël.

En 2011, il est libéré dans l’échange le plus disproportionné de l’histoire israélienne : 1 027 prisonniers palestiniens contre un seul soldat, Gilad Shalit. Choix politique assumé, présenté comme humanitaire, aux effets dévastateurs : à peine libre, Sinwar gravit les échelons du Hamas jusqu’à en devenir le dirigeant incontesté après la mort d’Ismaïl Haniyeh en 2024. Il est aujourd’hui désigné comme l’un des architectes du 7 octobre 2023.

Ce paradoxe interroge à ce point que la question fait réponse : en sauvant un homme, Israël a libéré une dynamique de violence qui a redéfini l’équilibre du conflit. Le calcul humanitaire a nourri la machine de guerre.

Ajouté aux dissonances récentes, ce point obscur renforce l’impression que la trame échappe à toute logique rationnelle : les actes du Hamas légitiment Israël, et les choix d’Israël nourrissent le Hamas.

Survient alors le point aveuglant — l’ultime flash qui oblitère la vue et le discernement : le 20 août à 9h, l’attaque souterraine d’un commando des Brigades al-Qassam, réaction prévisible après le refus du cessez-le-feu. Fait militaire limité, sans effet stratégique réel. Mais, comme toujours, cette violence du Hamas ne légitime qu’une chose : la posture israélienne. Or elle pose des questions insolubles si l’on s’en tient au seul point aveugle.

Une chose est objectivement vérifiable : depuis son origine, par ses coups de force, le Hamas ne construit pas un narratif politique palestinien ; il endosse l’avatar le plus utile du récit adverse. Il nourrit ainsi le narratif d’Israël et raffermit sa posture — celle du peuple assiégé et du soldat légitime, protecteur de l’Occident.

Or, cette fois, le point aveugle se déplace. Non plus vers Gaza, mais vers Israël lui-même. Si la situation « islamique » appartient à un Orient réputé compliqué et illisible, Israël possède, lui, assez d’assurance pour fournir l’éclairage manquant.

L’actualité est écervelée et gobe n’importe quoi, mais l’Histoire réclame sa lumière. Si proche du but, le destin d’Israël exige la pleine clarté — et Israël la donne.

En baptisant son opération « Les Chariots de Gédéon », Israël satisfait ce refoulé. Il quitte le terrain du rationnel pour s’inscrire dans le registre biblique. Ce nom, censé tout verrouiller, livre en réalité la clef. Car désormais, le point aveugle se lit par le point transparent : le point d’orgueil — Israël lui-même.

Le narratif pan-sioniste se voulait total, englobant sécurité, histoire et Providence. Mais il s’est trahi par son propre excès : en se faisant Gédéon, Israël se place au-dessus des vivants, hors de la politique, hors de la mesure humaine.

Si le point aveugle demeure à Gaza — dans les tunnels — le point transparent, celui de l’orgueil, est Israël, qui se place dans le théo-cryptique de Gédéon pour terrasser le Hamas et achever son nettoyage ethnique.

Jusqu’à récemment, Israël optait pour des noms tels que Iron Sword, Pillar of Defense, Breaking Dawn — métaphores militaires sans référence biblique explicite. L’adoption de « Les Chariots de Gédéon » marque une rupture nette vers une narration biblique assumée et performative. En se comparant à Gédéon, Israël se positionne comme peuple élu, guidé par une mission divine contre des forces numériquement supérieures. L’usage de cette imagerie sacrée constitue un tournant discursif. Lisible comme de l’eau de roche : depuis le 16 mai 2025, l’offensive est déterminée sous ce nom, validé par le cabinet de sécurité le 4 mai. C’est un premier dans l’histoire militaire récente.

Un gouvernement qui a utilisé
le 7-Octobre-2023
pour achever sa mue
et faire son « coming-out » messianique

Là où le Hamas ne produit pas de sens en propre, se laissant enfermer dans les narrations adverses, Israël, lui, ne peut s’empêcher de surcoder ses actions en les drapant d’une grandeur biblique. Israël a ainsi préempté le Dieu des Juifs — ou le Dieu tout court — et n’a pas résisté à l’orgueil de révéler, par ce nom, ce qui est caché dans la construction de la réalité opérationnelle qu’il a su imposer. Car le choix de Gédéon n’est pas anodin : il parle avec une clarté lumineuse là où tout le reste aveugle et assourdit.

Dans le Livre des Juges, Gédéon est celui qui, avec une poignée d’hommes, défait une armée plus nombreuse en jouant sur la ruse, le bruit et la lumière (cruches brisées et torches). L’enseignement : ce n’est pas le nombre, mais la Volonté divine qui donne la victoire. En se plaçant dans le sillon des « Chariots de Gédéon », Israël n’évoque ni la bravoure directe de David, ni la force sacrificielle de Samson, ni la sagesse de Débora. Il choisit l’image d’un peuple réduit mais guidé par Dieu, qui gagne par ruse, effroi et confusion — métaphore parfaite pour une armée moderne technologiquement dominante qui veut continuer à se penser minoritaire, assiégée, providentielle.

Ce baptême enferme l’adversaire dans le rôle de l’armée de Madian vouée à l’anéantissement. Le Hamas, déjà fragilisé par la perception internationale, se trouve rhétoriquement assimilé à l’ennemi biblique par excellence, celui qui doit disparaître. Son acceptation d’un cessez-le-feu et de la libération des otages est rejetée par Israël : sous une telle bannière, à puissance annonciatrice, le cessez-le-feu devient inacceptable.

Et, ce faisant, l’inscription dans une narration biblique universelle efface encore davantage le contenu politique concret de la lutte palestinienne. Tout est ramené à une dramaturgie sacrée : Israël vs Amalek/Madian. Il ne s’agit plus d’une guerre contre un mouvement armé, mais d’une bataille sacrée ; d’où des dissensions de plus en plus visibles dans la société israélienne, qui perçoit que quelque chose cloche — une dissonance forte — dans ce grand moment où l’ombre portée de « l’épée de Dieu » sert un gouvernement ayant utilisé le 7-octobre-2023 pour parachever sa mue messianique.

Ce que racontent « Les Chariots de Gédéon », qui avancent vers Gaza et ne s’arrêteront pas là, c’est la route incertaine qu’a choisie Israël.

Reste à savoir — et il appartient au peuple israélien de l’investiguer — si la démocratie a été gravement flouée. Le porte-parole de Tsahal, le brigadier-général Effie (Ephraim) Defrin, nommé le 27 mars 2025, a reconnu aujourd’hui — comme pour en minorer la portée — qu’il est normal qu’une armée et un gouvernement affrontent des contestations, car la démocratie israélienne est « acerbe, peut-être plus que la vôtre ». Cette vague de contestation s’amplifie et gagne désormais tous les niveaux de la société, jusqu’à d’anciens responsables de l’appareil sécuritaire. Cela signale un changement de nature, lent mais profond, dans la somme des interrogations que ce moment inspire à tous.

Bin Laden, a Strange Ghost on a Jaunt in Gaza

Is the ghost of Bin Laden resurfacing to coax Washington into giving Israel a free hand in Gaza — and to bury once and for all the Palestinian dream of statehood? Just as the two-state solution edges back onto the international agenda, America — like everyone else — must start asking some very hard questions.

1. The October 7 as a “coup of erasure”

Hamas’s attack on October 7, 2023, was intended, from the Israeli perspective, to seal the death warrant for the idea of a Palestinian state:

Palestine equated with terrorism.

The argument of “no credible partner”.

The expunging of the “two-state solution” from the international agenda.

2. The paradoxical return of the Palestinian question

Yet, the longer the war drags on and the human toll mounts, the more the two-state solution reemerges as a central topic in the international discourse (UN, EU, even Washington).
Recognition of Palestine as a state—which had once seemed fringe—is today reclaiming political and symbolic ground.
This mounting diplomatic pressure forces Israel to confront a question it believed long settled.

3. The instrumentalized dissonances inside cognitive war

It is in this context that, within a single week, two events emerge to reinforce Netanyahu’s security-based argument—closely aligned with the Zionist ambition of a “Greater Israel” (perhaps the Golan Plateau):

  • Dissonance 1: WMDs / Iran
    Reinserts an existential threat into the global security arena.
  • Dissonance 2: AQPA / Bin Laden
    Repositions Gaza within the spectrum of absolute terrorism in the eyes of Americans.
  • Dissonance 3: Shahed Ghoreishi / State Dept (Added on 08/21/2025).
    Turns Trump’s deliberate ambiguity into Rubio’s radical clarity — shifting the weight from Washington to Tel-Aviv. Subject of my latest note “Marco Rubio: du flou au gris”.

Though these narratives appear incoherent (Shiite vs. Sunni), they resonate to produce the same effect: positioning any recognition of a Palestinian state, or the return to the two-state paradigm, as an existential—and possibly suicidal—risk for Israel.

@SimNasr), journalist at France 24 and Senior Fellow at the Soufan Center. Not picked up by mainstream media, this information appears tailor-made for intelligence channels, where the source is read and monitored closely.

4. How this undermines remaining scruples

👉For Western decision-makers:

Compassion for Gaza collides with innate security reflexes.

“Recognizing Palestine now—isn’t it like handing the trophy to Bin Laden or the ayatollahs?”

👉For Israel, the objective benefit is clear:

These narratives serve to neutralize diplomatic pressure.

They legitimize a policy of de facto annihilation.

In summary: if these dissonances were indeed intentionally manufactured, calling into question their origin, they become useful resonances. They transform mounting pressure into a tangible threat, and turn recognition of a Palestinian state into a survival risk for Israel and its Western allies, drawn into an increasingly troubling configuration.

Indeed, if we consider that the international agenda—and the agendas of Iran, Palestine, and even Hamas, which on Aug. 18–19, 2025 declared it had accepted an Egypt-Qatar ceasefire proposal with a phased hostage release, while Israel has not yet agreed and operations in Gaza City continued—these movements place Israel under unprecedented pressure; the timing seems striking.


We must legitimately ask whether the first narrative is designed to overshadow Iran’s WMD ambitions—a peril everyone remembers only too well from Iraq—while the second, reviving the ghost (or doppelgänger) of Osama Bin Laden, is meant to secure blind American solidarity, assuming the U.S. public doesn’t grasp « the Complicated Orient. »

>He really has an “Orient Compliqué” to play on.

Ben Laden, un étrange fantôme en goguette à Gaza

Le fantôme de Ben Laden réapparaît-il aujourd’hui pour convaincre Washington de laisser les mains libres à Israël dans l’éradication de Gaza et l’enterrement en première classe du rêve palestinien d’un État, aspiration légitime s’il en est? À l’heure où la solution à deux États revient dans le débat international, les États-Unis – comme tout un chacun – devraient commencer à se poser des questions très sérieuses.

1. Le 7-Octobre comme “coup d’effacement”

L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 devait sceller, dans la lecture israélienne, la mort définitive de l’idée d’un État palestinien :

La Palestine assimilée au terrorisme.

L’argument “pas de partenaire crédible”.

L’effacement de la formule “deux États” des agendas internationaux.

2. Le retour paradoxal de la question palestinienne

Or, plus la guerre se prolonge et plus le coût humain est visible, plus la solution à deux États revient au centre du discours international (ONU, UE, même Washington).

La reconnaissance de la Palestine comme État, jadis marginale, regagne du terrain politique et symbolique.

C’est une pression stratégique sur Israël, qui se retrouve contraint de répondre à une question qu’il croyait close.

3. Les dissonances instrumentées

C’est dans ce contexte que, à une semaine d’intervalle, deux événements viennent accrocher l’attention et regonfler l’argumentaire sécuritaire qui alimente la stratégie de Benjamin Netanyahou, masquant, de moins en moins, celle du Grand voire très grand (si on comprend le plateau du Golan) Israël.

Ces deux narratifs – à une semaine d’intervale – ne sont pas cohérents entre eux (chiite vs sunnite), mais ils entrent en résonance en produisant le même effet :


Il s’agit de présenter toute reconnaissance de la Palestine, tout retour au schéma des deux États, comme une mise en danger existentielle, presque suicidaire, pour Israël.

Post de Wassim Nasr (@SimNasr), journaliste à France 24 et Senior Fellow au Soufan Center. Restée en dehors du champ médiatique, cette information semble calibrée pour circuler dans le champ du renseignement, où la source est lue et suivie attentivement.

4. Comment cela emporte les derniers scrupules

👉Pour les décideurs occidentaux :

La compassion pour Gaza se heurte au réflexe sécuritaire.

“Reconnaître la Palestine maintenant, n’est-ce pas donner la main aux nostalgiques d’Oussama Ben Laden ou aux ayatollahs ?”

👉Pour Israël, il y un bénéfice net objectif :

Ces récits permettent de neutraliser les pressions diplomatiques.

Ils justifient le prolongement d’une politique d’anéantissement de facto.

En somme : les dissonances, si elles étaient intentionnellement fabriquées, ce qui poserait inévitablement la question des filières, deviennent des résonances utiles : elles transforment une pression en menace, et transforment la reconnaissance d’un État palestinien en un risque de survie pour Israël et ses alliés occidentaux, entrainés dans une configuration de plus en plus troublante dont ils ne maîtrisent, privés des tenants, que l’aboutissant.

En effet, si on considère que l’agenda international, l’agenda iranien, l’agenda palestinien, même l’agenda du Hamas acceptant un cessez-le-feu et la libération des otages, place l’agenda d’Israël sous une pression inattendue, les coïncidences sont frapantes.

On peut se demander, légitimement, si la première ne vise pas à doubler l’Iran sur ses intentions en termes d’ADM – sujet sensible s’il n’en est comme l’Irak l’a expérimenté cruellement (pour provoquer une cassure dans l’attermoiement international).

Et si la seconde, remettant en selle le fantôme (ou le sosie du fantôme) d’Oussama Ben Laden ne vient pas pour, peut-être un peu grossiètement, s’attacher la solidarité aveugle des Américains, qui ne sont pas censés comprendre quoi que ce puisse être à l’Orient Compliqué?

>Il a peut-être bon dos, l’Orient Compliqué.

PS: un troisième dissonance apparaît, ce 21vaoût, avec le licenciement du porte-parole ad-hoc du Département d’Etat Américain, Shahed Ghoreishi, sujet de ma note du jour: Marc Rubio: du flou au gris.