Ben Laden, un étrange fantôme en goguette à Gaza

Le fantôme de Ben Laden réapparaît-il aujourd’hui pour convaincre Washington de laisser les mains libres à Israël dans l’éradication de Gaza et l’enterrement en première classe du rêve palestinien d’un État, aspiration légitime s’il en est? À l’heure où la solution à deux États revient dans le débat international, les États-Unis – comme tout un chacun – devraient commencer à se poser des questions très sérieuses.

1. Le 7-Octobre comme “coup d’effacement”

L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 devait sceller, dans la lecture israélienne, la mort définitive de l’idée d’un État palestinien :

La Palestine assimilée au terrorisme.

L’argument “pas de partenaire crédible”.

L’effacement de la formule “deux États” des agendas internationaux.

2. Le retour paradoxal de la question palestinienne

Or, plus la guerre se prolonge et plus le coût humain est visible, plus la solution à deux États revient au centre du discours international (ONU, UE, même Washington).

La reconnaissance de la Palestine comme État, jadis marginale, regagne du terrain politique et symbolique.

C’est une pression stratégique sur Israël, qui se retrouve contraint de répondre à une question qu’il croyait close.

3. Les dissonances instrumentées

C’est dans ce contexte que, à une semaine d’intervalle, deux événements viennent accrocher l’attention et regonfler l’argumentaire sécuritaire qui alimente la stratégie de Benjamin Netanyahou, masquant, de moins en moins, celle du Grand voire très grand (si on comprend le plateau du Golan) Israël.

Ces deux narratifs – à une semaine d’intervale – ne sont pas cohérents entre eux (chiite vs sunnite), mais ils entrent en résonance en produisant le même effet :


Il s’agit de présenter toute reconnaissance de la Palestine, tout retour au schéma des deux États, comme une mise en danger existentielle, presque suicidaire, pour Israël.

Post de Wassim Nasr (@SimNasr), journaliste à France 24 et Senior Fellow au Soufan Center. Restée en dehors du champ médiatique, cette information semble calibrée pour circuler dans le champ du renseignement, où la source est lue et suivie attentivement.

4. Comment cela emporte les derniers scrupules

👉Pour les décideurs occidentaux :

La compassion pour Gaza se heurte au réflexe sécuritaire.

“Reconnaître la Palestine maintenant, n’est-ce pas donner la main aux nostalgiques d’Oussama Ben Laden ou aux ayatollahs ?”

👉Pour Israël, il y un bénéfice net objectif :

Ces récits permettent de neutraliser les pressions diplomatiques.

Ils justifient le prolongement d’une politique d’anéantissement de facto.

En somme : les dissonances, si elles étaient intentionnellement fabriquées, ce qui poserait inévitablement la question des filières, deviennent des résonances utiles : elles transforment une pression en menace, et transforment la reconnaissance d’un État palestinien en un risque de survie pour Israël et ses alliés occidentaux, entrainés dans une configuration de plus en plus troublante dont ils ne maîtrisent, privés des tenants, que l’aboutissant.

En effet, si on considère que l’agenda international, l’agenda iranien, l’agenda palestinien, même l’agenda du Hamas acceptant un cessez-le-feu et la libération des otages, place l’agenda d’Israël sous une pression inattendue, les coïncidences sont frapantes.

On peut se demander, légitimement, si la première ne vise pas à doubler l’Iran sur ses intentions en termes d’ADM – sujet sensible s’il n’en est comme l’Irak l’a expérimenté cruellement (pour provoquer une cassure dans l’attermoiement international).

Et si la seconde, remettant en selle le fantôme (ou le sosie du fantôme) d’Oussama Ben Laden ne vient pas pour, peut-être un peu grossiètement, s’attacher la solidarité aveugle des Américains, qui ne sont pas censés comprendre quoi que ce puisse être à l’Orient Compliqué?

>Il a peut-être bon dos, l’Orient Compliqué.

PS: un troisième dissonance apparaît, ce 21vaoût, avec le licenciement du porte-parole ad-hoc du Département d’Etat Américain, Shahed Ghoreishi, sujet de ma note du jour: Marc Rubio: du flou au gris.

Note – Séquence, divergences et “révélateur”

Où le contenu rapporté d’un navire intercepté par les forces yéménites peut s’inscrire dans un procédé d’auscultation profond des alliances. Et c’est, peut-être, la Pierre de Rosette pour résoudre l’énigme posée par des hyéroglyphes.

L’interception en mer et son habillage ADM (armes de destruction massive) fonctionnent moins comme un fait isolé que comme un révélateur dans une phase d’auscultation des alliances ouverte par les divergences Washington–Tel-Aviv sur l’Iran.

Le United States Central Command (CENTCOM) limite à l’énumération d’armes conventionnelles : missiles, drones, radars, systèmes de communication, etc. Il n’évoque pas d’armes chimiques.

Chronologie courte et divergence clef

1. Frappe/pression américano-israélienne préventive sur l’ingénierie du nucléaire militaire iranien → réduction de capacité mais pas d’éradication du régime comme souhaitée par Tel-Aviv.

2. Divergence : Washington présente un bilan “triomphal” (structure anéantie, capacité contenue), tandis que Netanyahou soutient que la capacité subsiste (argument pour aller “jusqu’au bout”).

3. 22 juin 2025 – “Baiser de la mort” de Medvedev : alors que le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian est à Moscou, ou à très peu de distance de cette date, Medvedev déclare que plusieurs pays pourraient fournir à l’Iran leurs propres ogives nucléaires.

👉Effet : affichage public de soutien stratégique, mais aussi piège narratif qui, s’il était accepté, légitimerait une frappe préventive américaine ou israélienne.

👉Téhéran refuse, signe de prudence stratégique et de méfiance à l’égard des “cadeaux empoisonnés” de Moscou.

4. Phase d’auscultation : chacun teste l’autre par récits, signaux et calibrage de lignes rouges.

5. Fin juin 2025 : interception du convoi de 750 tonnes d’armement iranien, annoncée officiellement par CENTCOM le 16 juillet 2025.

Paradoxes croisés (miroir)

Pour Téhéran : Moscou devient un partenaire paradoxal, dont l’offre publique de prolifération sert paradoxalement les intentions israéliennes, et qu’il faut donc tenir à distance.

Pour Washington : Israël devient, lui aussi, un allié paradoxal, franchissant le seuil de confrontation en contestant le bilan “triomphal” de Trump et en lui opposant, publiquement, un bilan pro domo qui justifie la poursuite et l’intensification de l’opération militaire contre l’Iran.

Fonction de l’interception (révélateur)

C’est dans ce contexte que s’inscrit et doit être lue, probablement, la divergence sur l’inventaire des armes tel que rapporté.

La perspective que des armes de destruction massive puissent être acheminées vers les Houthis constitue un levier stratégique majeur.

Si elle était confirmée, cette donnée transformerait un conflit déjà régional en enjeu de sécurité internationale, donnant un fondement politique et juridique à des mesures de neutralisation bien plus radicales et relance le narratif de l’urgence à éliminer le régime iranien.

Le CENTCOM a choisi de ne pas divulguer l’information ou la non-information.

S’il ne reprend pas la mention des armes chimiques, c’est un choix délibéré dans sa communication. Cela peut signaler :

  • soit qu’il n’a pas de preuve consolidée selon ses standards,
  • soit qu’il veut éviter de franchir la ligne rouge ADM qui obligerait à des options militaires plus lourdes.

Hypothèse d’une observation « comportementale » par Washington :

Les États-Unis, informés à l’avance de la cargaison (y compris par canal iranien), laissent l’opération se dérouler par un acteur tiers.

Objectif : voir à quoi joue le protégé israélien et selon quelles règles.

Avec pour questions-clés :

  • Va-t-il exploiter immédiatement la possibilité d’introduire de l’ADM comme casus belli et précipiter les conclusions à tirer?
  • Va-t-il coordonner avec Washington avant de l’annoncer ?
  • Va-t-il franchir une ligne que les Américains, eux, évitent pour l’instant.

Indicateurs à suivre (diagnostic d’auscultation)

1. Israël : reprend-il officiellement la qualification ADM (chimique) comme pivot de légitimation ?

>Oui.  Le ministre de la Défense, Israel Katz, a immédiatement réagi à cette affaire en la connectant aux menaces existentielles : il a comparé les Houthis à une « tête du serpent iranien » à abattre, promettant que toute attaque serait lourdement sanctionnée.

2. États-Unis : restent-ils sur une prudence factuelle (conventionnel) ou valident-ils la ligne rouge ?

>Le récit dominant dans la presse américaine est prudent et factuel, évitant l’élément chimique. Mais l’incident est déjà en train de résonner politiquement, en alimentant des débats sur la stratégie régionale et les limites du rôle américain.

3. Téhéran : dénégation ferme, silence stratégique, ou contre-accusation (faux-drapeau/manipulation de preuve) ?

>Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqaei, a qualifié les accusations de transfert d’armes aux Houthis de “sans fondement” et relevant d’une campagne médiatique anti-Iran

4. Moscou : posture publique d’“apaisement” vs signal discret de couverture diplomatique à l’Iran.

>À ce jour, aucun grand média d’État russe (RIA Novosti, TASS, RT, etc.) n’a mentionné la saisie du convoi de 750 tonnes d’armes iraniennes destiné aux Houthis, même dans ses aspects les plus classiques (missiles, drones).

5. Preuves techniques : apparition (ou non) d’éléments chaîne de custody* sur l’agent chimique.

Risques symétriques

👉Washington : précédent fâcheux s’il avalise un ADM sans preuve publique → érosion de crédibilité.

👉Israël : s’il pousse seul la thèse ADM et que les alliés temporisent → décalage narratif coûteux à long terme.

👉Téhéran : si l’ADM est établi → casus belli offert à ceux qui prônent la neutralisation de l’IRGC.

Conclusion-pointe

L’hypothèse envisageable est celle d’une interception organisée « conjointement » pour agir comme révélateur d’une manipulation tierce.

Dans ce cadre, l’affaire de l’interception du navire chargé d’armes, supposément à destination des Houthis, pourrait ne pas relever uniquement d’une opération militaire classique.
Une hypothèse crédible est celle d’une action concertée, ou à tout le moins tolérée, entre Washington et Téhéran, destinée à mettre en lumière l’existence d’un acteur tiers cherchant à provoquer une escalade irréversible en cristallisant un point de non-retour.

Le contexte stratégique y est propice puisque les tensions récentes entre États-Unis et Israël sur la conduite à tenir face à l’Iran ont ouvert un espace pour un besoin de clarification partagé sur ce point.

L’offre de vecteurs nucléaires formulée par Dmitri Medvedev à Téhéran, perçue comme un “baiser de la mort”, et le refus iranien, ont renforcé la méfiance commune à l’égard des manipulations extérieures.

Cette affaire qui offre une surface familière a préparé et ouvert, il me semble, un espace d’ambiguïté utile pour y voir prospérer ce que les uns veulent démintrer et ce que les autres ont besoin de preuves pour l’accepter. La chaîne de Custody des armes interceptées n’a pas été publiquement verrouillée pour permettre cette émergence.

Le CENTCOM ne valide pas explicitement la présence d’armes chimiques, se contentant d’un communiqué factuel.

Le démenti iranien est calibré : ferme mais sans surenchère, évitant la confrontation directe.

L’événement fonctionne comme un appât pour observer les réactions diplomatiques et médiatiques.

Il permet de mesurer qui amplifie le narratif (et dans quel sens), qui le minimise, et qui cherche à le détourner. L’objectif implicite serait d’identifier le ou les manipulateurs et de tester la solidité des alliances avant que ne survienne une crise ouverte.

Dans cette lecture, l’interception n’est pas seulement un fait de guerre : elle devient un révélateur, un moment d’Intelligence construit pour sonder les intentions réelles des acteurs régionaux et extra-régionaux.
La présence d’armes chimiques, si elle est avérée, est un argument puissant pour justifier l’élimination du régime iranien. Mais si son introduction est manipulée, alors elle éclaire — pour qui veut le voir — un champ ténébreux où se révèlent des stratégies inavouées et les zones opaques des alliances.

*La chaîne de custody (chain of custody) est la procédure documentée qui garantit, à chaque étape, l’intégrité et la traçabilité d’un élément de preuve ou d’un objet saisi — depuis sa collecte jusqu’à sa présentation finale (tribunal, inspection, etc.).

Soueïda, le Golan et la stratégie silencieuse de colonisation

A Gaza, en Cisjordanie, mais aussi sur le Golan, Israël est passé maître dans la création d’irréversibles territoriaux. L’insoumission armée de factions druzes, en ce moment même, témoigne d’une ingérence dans le processus de paix d’Al-Chaara qu’Israël doit compromettre et voir échouer. Les relais pro-Netanyahou, hostiles à Emmanuel Macron, s’emploient à présenter ces factions comme légitimes et à enfermer le gouvernement syrien dans l’étiquette commode de « pro-islamiste ».

Israël n’a jamais eu intérêt à voir émerger à ses frontières une Syrie recomposée et forte, et l’insoumission armée druze à Soueïda fournit aujourd’hui un levier pour maintenir un voisin fragmenté sous couvert de protection d’une minorité ; ce point d’appui s’articule avec l’enjeu du Golan, territoire annexé de fait, stratégique non seulement pour la profondeur militaire mais pour l’eau, l’agriculture et des projets énergétiques, où une colonisation planifiée progresse à bas bruit.

L’accointance entre certaines factions druzes et Israël est documentée (soutiens et frappes ponctuelles, relais politiques et communautaires transfrontaliers) et s’inscrit dans une histoire longue de liens avec la communauté druze israélienne ; elle alimente un narratif qui délégitime la restauration d’un État syrien libre et souverain, quand bien même Al-Chaara (ayant renoncé à son nom de guerre) multiplie les gages d’inclusion et de normalisation pour la communauté internationale.

Sur le plan analytique, on distingue le dossier syrien de la Cisjordanie, mais au-dessus des contextes opère un même mécanisme d’expansionnisme par “création d’irréversibles” territoriaux : sécuriser, peupler, investir, jusqu’à verrouiller toute marche arrière diplomatique.

Le retour au pouvoir de Benyamin Netanyahou n’a pas changé la doctrine, il en a accéléré le rythme et la mise en récit (le Golan présenté comme « israélien pour toujours », l’élan donné par la reconnaissance américaine de 2019, l’extension d’implantations et d’infrastructures), tandis que le dossier Soueïda devient utile pour contester la légitimité d’une Syrie recomposée et pour disqualifier les appuis occidentaux — au premier rang desquels la France, dont le soutien vaut à Emmanuel Macron d’être taxé “d’islamisme” dans les milieux proches du Premier ministre israélien et via ces relais francophones ou pas.

Ce cadrage s’est longtemps superposé à une relation pragmatique avec la Russie de Poutine lorsque Moscou tenait à bout de bras le régime Assad : une “déconfliction” assumée laissait Israël frapper des cibles iraniennes et du Hezbollah en Syrie, pendant que la Russie sécurisait l’ossature du régime — une division du travail qui préservait la marge d’Israël au sud, autour du Golan.

La relation Israël–Russie a été pragmatique et transactionnelle pendant que Moscou soutenait militairement Assad.

Canal de coordination militaire : dès 2015, après l’intervention russe, Israël et la Russie ont mis en place un mécanisme pour éviter les collisions dans l’espace aérien syrien. Israël a ainsi pu continuer ses frappes contre des cibles iraniennes et du Hezbollah en Syrie, y compris parfois près du Golan, sans confrontation directe avec Moscou.

Moscou fermait souvent les yeux sur les opérations israéliennes tant qu’elles ne menaçaient pas directement la survie d’Assad.

Netanyahou a cultivé un lien personnel avec Poutine, multipliant les visites à Moscou, en insistant sur le rôle stabilisateur qu’Israël prétend jouer au sud de la Syrie.

En toile de fond, il y avait un accord tacite :

  • La Russie sécurise le régime d’Assad au nord et au centre.
  • Israël gère sa “zone de sécurité” au sud, empêchant une implantation durable de l’Iran et du Hezbollah près de sa frontière

Cet accord trouve des échos dans les votes d’Israël à l’ONU, notamment sur l’invasion territoriale de l’Ukraine et dans plusieurs commissions où Israël a ménagé la Russie. Ce n’est pas le moindre des paradoxes lorsque l’on analyse le 07-Octobre-2023 et les soupçons, démentis bien sûr, qui ont prêté à la main iranienne, dans un premier temps, et russe, dans un second, le fait de ne pas avoir pu être tenu dans l’ignorance du projet du hamas.

Ces interrogations ont bien circulé dans la presse internationale, y compris dans des titres grand public et des médias spécialisés en sécurité et géopolitique.

Après le 7 octobre 2023, plusieurs analyses et chroniques ont relevé que :

  • L’attaque du Hamas tombait à un moment où la guerre en Ukraine était à un point critique pour la Russie, avec une contre-offensive ukrainienne soutenue par l’Occident et des signes d’essoufflement sur le front.
  • Le déclenchement d’un conflit majeur Israël–Hamas–Gaza a immédiatement capté l’attention médiatique mondiale, reléguant l’Ukraine au second plan des priorités diplomatiques et médiatiques.
  • Certains commentateurs ont avancé que cette « diversion » constituait un avantage stratégique indirect pour Poutine, en fragmentant l’agenda occidental et en dispersant les ressources politiques et militaires des alliés de Kyiv.

Dans ce cadre, l’idée que Moscou pouvait ne pas être totalement ignorant des intentions du Hamas — ou au moins qu’il pouvait avoir un intérêt à ne rien faire pour les entraver — a été évoquée, souvent en lien avec les relations militaires et de renseignement qu’entretiennent la Russie et l’Iran.

Ces hypothèses n’ont jamais été prouvées, mais elles ont été suffisamment reprises pour constituer un angle de réflexion reconnu dans le débat public, notamment dans The Economist, Foreign Policy, ou encore dans des analyses publiées par l’ISW (Institute for the Study of War) et le Jerusalem Post.

A Gaza, en Cisjordanie,
le même souffle
stratégique sulfureux

Netanyahou et Poutine partagent, c’est de moins en moins contestable, un même cerveau politique : celui d’hommes de pouvoir qui mesurent chaque geste à l’aune de leur survie stratégique, façonnent le récit à leur avantage, verrouillent des zones d’influence par des accords tacites et refusent toute concession qui ne soit pas arrachée sous contrainte, ce qui, dans le cas de la Syrie, s’est traduit par une entente implicite sur la répartition du terrain.

Moscou a sécurisé Assad au nord et au centre, laissant Israël gérer sa profondeur stratégique au sud autour du Golan. Plus largement, et c’est un point critique qu’il sera difficile d’éluder, ils partagent une vision du monde où la loi internationale s’efface devant le fait accompli, où chaque crise devient une opportunité, et où la personnalisation des relations internationales supplante les mécanismes multilatéraux, imprégnant ainsi la scène mondiale d’un cynisme structurel qui affaiblit durablement la confiance entre États et ouvre la voie à d’autres expansions territoriales sous couvert de sécurité.

Avec l’affaiblissement de l’Iran et la recomposition syrienne, le paysage s’éclairçit et devient plus lisible. On y voit Israël disposer d’une latitude accrue pour protéger le statu quo du Golan, encourager la logique d’autodéfense druze et freiner l’unification syrienne ; ainsi, l’angle Soueïda-Golan, distinct du dossier palestinien mais mû par le même souffle stratégique sulfureux, devient la clé de lecture de l’ingérence israélienne dans le processus de restauration d’une Syrie libre et souveraine, comme le hamas est devenu une pièce maîtresse pour exclure les Palestiniens de toute prétention viable à disposer, eux aussi, d’un foyer national.

L’ONU a du pain sur la planche.

Aviv Kohavi sur le chemin de vérité


Aviv Kohavi, ancien chef d’état-major de Tsahal jusqu’en janvier 2023, relit la documentation parce que quelque chose « pue » de manière insupportable au sommet de la chaîne de commandement qui a abouti à ouvrir le front au Hamas . Les familles des victimes et des otages craignent que la vérité soit écrasée. Elle fait son chemin. Elle éclatera si elle doit.

Ancien chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi a entamé au mois d’août un examen méthodique des événements du 7 octobre 2023 suscitant la protestation des familles de victimes d’otages et de victimes qui exigent l’accès à cette documentation, et craignent une dissimulation de la vérité.
Ce n’est pourtant pas à un geste de communication ni à un réflexe de défense institutionnelle que s’adonne l’ancien chef d’état-major de Tsahal.
C’est un acte de conscience que trop de questions, maintenant que l’effet de sidération est dissipé, remettent à l’ordre du jour de la démocratie et de l’armée qui veille sur elle, impérieusement, qu’il effectue.

Selon les informations disponibles, l’accès privilégié de l’ancien chef d’état-major Aviv Kohavi à des documents confidentiels portant sur l’attaque du 7 octobre 2023 – qui a fait 1200 morts et près de 250 personnes enlevées, dont des enfants, des femmes, des personnes âgées, des soldats – a été confirmé au début du mois d’août 2025.
Ce transfert intervient en pleine montée des critiques quant à la transparence des institutions sécuritaires, et tandis que les familles endeuillées dénoncent un traitement inéquitable de l’information.

Plusieurs rapports affirment que certains bataillons israéliens initialement positionnés pour sécuriser des manifestations pacifistes, festivals ou lieux civils ont été détournés vers des colonies en Cisjordanie avant le 7 octobre. Ce retrait a fragilisé la frontière sud de Gaza, expliquant en partie la facilité de l’infiltration massive du Hamas.

Ce n’est donc pas un fait isolé, mais une série de choix ordonnancés :

  • Une réallocation vers la protection des colons expansionnistes plutôt que des festivaliers au pacifisme sans doute jugé béat, livré à ce qui prend la tournure d’un massacre des innocents.
  • Des troupes éloignées de zones civiles à risque ;
  • Un manque de réaction face aux alertes ;

Face à la tragédie, face aux failles béantes qui ont permis l’infiltration massive du Hamas, l’heure n’est pas à la diversion mais à la vérité. Et ce que Aviv Kohavi semble porter aujourd’hui, c’est très probablement cela : une exigence morale de haut vol.

Répondre, d’abord, à cette question centrale :
👉 Qui a donné l’ordre de réaffecter les troupes, exposant, sciemment ou pas, les civils d’un festival de pacifistes aux horreurs du 7 octobre ?

Et si ce choix a été fait par calcul politique, stratégique, ou idéologique, alors ce n’est plus une faute :
c’est une manipulation historique d’une brutalité sans égale.

Il ne s’agit donc pas pour l’ancien chef d’état-major de Tsahal de sauver l’image d’Israël telle que le 7-Octobre-2023 l’a façonné dans l’onde cognitive créée, mais de préserver l’honneur de l’Armée dont il a eu la charge et celui de la nation qu’elle protège. De ne pas laisser l’effroi ou la sidération anesthésier les vraies questions. Il ne parle pas à la place des familles des otages, mais il cherche – avec la rigueur qui s’impose – à comprendre pourquoi tant de signaux ont été ignorés, tant d’alarmes étouffées, tant de décisions aberrantes prises.

  • Pourquoi, quelques jours avant l’attaque, deux unités de commandos ont-elles été déplacées de la zone sud vers Huwara, en Cisjordanie, pour protéger des colons ?
  • Pourquoi les festivaliers civils de Supernova n’ont-ils pas bénéficié de la vigilance minimale que requiert tout rassemblement en zone instable ?
  • Qui a validé ces décisions ? Dans quel cadre, avec quelle information en main ?

Kohavi relit les courriels, les notes, les télégrammes internes. Il ne cherche pas des excuses. Il cherche les causes. L’initiative de Aviv Kohavi anticipe, peut-être, une commission d’enquête.
Il sait que le jour venu, il faudra des preuves, des documents, des dates, des noms.

Ce travail, il le fait pour l’armée. Mais aussi – surtout – pour les citoyens. Pour les familles des otages encore détenus. Pour que jamais un tel drame ne se répète. Pour que la sécurité d’Israël ne soit plus compromise par des logiques politiques court-termistes ou des prophéties d’éternité.

Car depuis la mort des signataires des Accords d’Oslo, une autre logique s’est imposée. Une stratégie de verrouillage. D’exception permanente. De mise sous cloche du débat démocratique.

Le 7-Octobre-2023 a tout fait voler en éclats. Il recompose le puzzle de la vérité.

Il faut le dire : ce n’est plus une politique, c’est un récit d’impunité. Une construction qui sacralise les décisions, détourne les critiques, et s’abrite derrière l’histoire au lieu de s’y confronter.

Aviv Kohavi ne se prête pas à la mascarade. Il interroge les faits et la structure du « moment » d’histoire, à la lumière de ce que s’autorise le gouvernement de son propre pays aujourd’hui sur Gaza et sur la question palestinienne. Avec courage. Avec méthode. Et, sans doute, avec une douleur intérieure immense.
Kohavi a confirmé qu’il était prêt à être audité, y compris sur les décisions prises durant son leadership:
« I am responsible for the decisions and actions made in the IDF during my time as chief of staff, and I constantly ask myself what we could have done differently » . The Times of Israel haaretz

Il a décrit l’attaque comme un effondrement complet de la défense technologique et humaine, qualifiant la brèche de la « muraille » comme irréparable par l’imagination. The Times of Israel

Il a insisté sur l’idée que la crise devait être examinée « from all angles« , non seulement tactiquement mais structurellement et avec une perspective pluriannuelle. Les mots employés par un ancien CEM ont un sens. Il ne parle pas de n’importe où. Il parle depuis la colonne vertébrale de l’État. Elle ne peut être que droite.

Les mots de Kohavi engagent — personnellement, historiquement, et institutionnellement. Et c’est précisément parce que Netanyahou, lui, semble vouloir empêcher ce type d’examen, que la parole et l’engagement de Aviv Kohavi peuvent apparaître comme un tournant moral majeur.

Il appelle à des réformes structurelles. À un recentrage éthique de Tsahal. À une doctrine qui protège les civils, qui valorise l’alerte humaine, qui refuse d’être instrumentalisée.

Ce qu’il propose, c’est un chemin de retour vers l’intégrité :
— un devoir de mémoire authentique,
— un examen lucide des responsabilités,
— une refondation des priorités.

Aviv Kohavi ne désigne pas d’ennemis à l’intérieur. Il ne cherche pas à humilier. Il agit, car il sait que la confiance d’un peuple ne se décrète pas. Elle se regagne, pas à pas, par la vérité. Il est dans cette quête.

Et c’est en cela qu’il faut, aujourd’hui, rassurer les familles des otages : ce général-là ne couvre pas. Il révèle. Non pour diviser, mais pour reconstruire.

Ce n’est pas de vengeance qu’il est question. C’est de justice.
Ce n’est pas d’image. C’est de conscience.

Et c’est peut-être cela, l’acte le plus patriotique qu’Israël pouvait espérer.

📚 Sources principales :

Des rapports font état de déploiements de commandos déplacés vers la Cisjordanie au lieu de renforcer la sécurité à Gaza, en pleine période de tension accrue. electronicintifada.net

Kohavi admet sa responsabilité et appelle à un examen pluriannuel des défaillances du 7 octobre (Times of Israel, 15 janvier 2024)
👉youtube.com+11
👉The Times of Israel

🎯 Dans cette analyse publiée dans le Washington Institute, Noga Halevi montre comment la prise massive d’otages par le Hamas le 7 octobre 2023 ne fut pas un chaos tactique, mais une stratégie calculée et anticipée visant à créer une guerre cognitive.
👉washingtoninstitute.org.
Manuels internes de prise d’otages et critères d’abduction selon la valeur émotionnelle
👉The Jewish Chronicle

Il exige que la période où il a commandé l’armée soit scrutée elle aussi

Les familles des victimes s’alarment que Kohavi ait un accès direct aux dossiers, alors qu’elles ont dû saisir la justice pour obtenir des informations (Jerusalem Post, 6 août 2025)
👉The Times of Israel

The Holocaust Teaches Nothing. It Bears Witness.

Lesson, injunction, memory, dogma.
It is time to break with the reflex of using suffering as a weapon of justification.
The Holocaust is not a moral tool. It is a vertiginous fact that places every being at the edge of the abyss of a lost soul. The Holocaust is a universal testimony.

While a recent op-ed by the chairman of the U.S. Holocaust Memorial Council,  Stuart E. Eizenstat, calls, today, m for drawing strength from survivors in the face of rising antisemitism, a great risk emerges — that this sacred trauma, instead of illuminating history, becomes an ideological shield against all forms of questioning.

But the Holocaust does not tell us what to do.
It tells us what happened.
And at that threshold, the silence of the dead is worth more than all the interpretations we impose upon them.

At the heart of this moral confusion, only a shared spiritual tradition of inner struggle — in both Judaism and Islam — can offer a path back.

At the very moment when Stuart E. Eizenstat, chairman of the U.S. Holocaust Memorial Council, publishes in the Jerusalem Post a call to stand firm in the face of global antisemitism — invoking the legacy of the survivors, “Never give in, never give up” — the message he carries, despite his intentions, exceeds its explicit scope.

For while the text refrains from directly endorsing Benjamin Netanyahu’s current policies, a significant part of public opinion reads it as a moral legitimization: that Israel’s current actions are the natural continuation of an unresolved historical trauma.

That is where the blind spot lies:

> The risk that the memory of trauma — instead of humanizing us — becomes the foundation of an unchallengeable doctrine, where every form of doubt is treated as betrayal.

This risk is not peripheral. It now overhangs the entire Israeli narrative since the disappearance of the Oslo signatories, and has devastated its spirit since October 7.
It seeps into political decisions, military reflexes, dominant narratives.
It turns the sacred memory of the Shoah into ideological armor, making a strategy untouchable — one that recognizes no compass but the absolute enemy.

This is no longer a policy. It is a narrative of perpetual exception.
A memory turned into an injunction, closed to all otherness.
And anyone who dares to question it is morally disqualified — as though committing, once again, the crime of denial.

Yet in both Judaism and Islam, there exists a deep, ancient tradition of a very different kind of struggle: the inner struggle.

The yetser hara, in Jewish thought, teaches that evil is not only external — it must be mastered within.
The greater jihad, in Islam, names the same effort: the struggle of the soul against pride, vengeance, and despair.

We must bring the synagogue and the minaret back to the heart of the Holy Land — not as monuments of domination, but as witnesses of inner clarity.

This is the path — vital — that both peoples must recover:
a path of lucidity, drawn not from the logic of war,
but from the sacred resilience of their texts and traditions.

L’holocauste n’enseigne rien. Il témoigne.

Leçon, injonction, mémoire, dogme. Il est temps de rompre avec le réflexe d’utiliser la souffrance comme une arme de justification. L’Holocauste n’est pas un outil moral. Il est un fait vertigineux qui place tout être au bord du précipice de l’âme perdue. L’holocauste est un témoignage universel.

Alors qu’une tribune, publiée ce 05/08/2025, du président du Mémorial de la Shoah aux États-Unis, Stuart E. Eizenstat, appelle à puiser dans la force des survivants face à l’antisémitisme, le risque émerge — immense — que ce traumatisme sacré, au lieu d’éclairer l’histoire, devienne un bouclier idéologique à toute remise en cause.

Or l’Holocauste ne dit pas ce qu’il faut faire. Il dit ce qui s’est passé.
Et à cet endroit, le silence des morts vaut plus que toutes les interprétations qu’on plaque sur eux.

Au cœur de cette confusion morale, seule une double tradition spirituelle du combat intérieur — dans le judaïsme comme dans l’islam — peut offrir un horizon de retour.

Au moment même où Stuart E. Eizenstat, président du Conseil du Mémorial de la Shoah des États-Unis, publie dans le Jerusalem Post un appel à tenir bon face à la montée de l’antisémitisme mondial — invoquant l’héritage des survivants, « Ne jamais céder, ne jamais abandonner » —, le message qu’il porte dépasse, malgré lui, son intention explicite. Car si le texte se garde de toute approbation directe de la politique de Benjamin Netanyahou, une large partie de l’opinion y projette une légitimation morale implicite : celle d’un Israël dont les actes actuels seraient la continuation naturelle d’un traumatisme historique jamais véritablement dépassé.

C’est là que réside le point aveugle.

> Le risque que la mémoire d’un traumatisme — au lieu de nous humaniser — devienne le socle d’une doctrine infalsifiable, où toute remise en question est perçue comme une trahison.

Ce risque n’est pas périphérique. Il surplombe désormais la geste d’Israël depuis la disparition des signataires des Accords d’Oslo, et en ravage l’esprit depuis le 7 octobre.
Il s’immisce dans les choix politiques, les réflexes militaires, les narrations dominantes. Il transforme le souvenir sacré de la Shoah en armure idéologique, rendant inattaquable une stratégie qui n’a plus pour boussole que l’ennemi absolu.

Ce n’est plus une politique : c’est un récit d’exception perpétuelle.
Une mémoire devenue injonction, fermée à toute altérité. Et quiconque ose la questionner se trouve moralement disqualifié, comme s’il commettait, à nouveau, le crime de nier.

Pourtant, dans le judaïsme comme dans l’islam, il existe une tradition ancienne, profonde, d’un combat d’un tout autre ordre : le combat intérieur.

Le yétser hara, dans la pensée juive, enseigne que le mal n’est pas seulement extérieur — il doit être dompté en soi.
Le grand jihad, dans l’islam, nomme ce même effort : la lutte de l’âme contre l’orgueil, la vengeance, le désespoir.

Il nous faut ramener la synagogue et le minaret au cœur de la Terre sainte — non comme des symboles de domination, mais comme témoins d’une lucidité intérieure.

C’est ce chemin – vital – que les deux peuples doivent retrouver — un chemin de clarté, qui ne procède pas de la logique de guerre, mais de la résilience sacrée de leurs textes et traditions.

NOTE – CIS : Quand l’appareil sécuritaire israélien se dresse contre la guerre

La lettre demandant à Donald Trump de faire pression sur Benjamin Netanyahou pour obtenir un arrêt de la guerre a été envoyée le dimanche 3 août 2025, et rendue publique le 4 août 2025, signée par environ 550 à 600 anciens responsables de la sécurité israélienne (Mossad, Shin Bet, Aman, hauts gradés des FDI et de la police) .

Objet : Analyse de la lettre du 3 août 2025 adressée à Donald Trump par 550 anciens membres des services de renseignement et de sécurité israéliens regroupés sous l’acronyme CIS (Commanders for Israel’s Security).

Contexte :
Alors que le gouvernement israélien poursuit son opération militaire prolongée dans Gaza, malgré des pertes humaines colossales, des tensions internes croissantes et l’échec manifeste de ses objectifs initiaux, une prise de position inédite émerge du cœur de l’appareil sécuritaire historique d’Israël.

1. ⚖️ La lettre : un signal de rupture interne

Le 3 août 2025, 550 anciens hauts responsables du Mossad, du Shin Bet, de l’Aman, de la police et des forces armées israéliennes adressent une lettre ouverte à Donald Trump, toujours influent sur la scène israélienne. Ils y appellent à :

👉une cessation immédiate des hostilités à Gaza,

👉le retour des otages,

👉le rejet d’une stratégie de guerre sans horizon,

👉la promotion d’une Autorité palestinienne réformée comme solution politique alternative.

Leur message est clair : l’ennemi stratégique (le Hamas) est affaibli, les objectifs militaires sont atteints ou inatteignables, et la guerre prolongée nuit à la sécurité d’Israël, ainsi qu’à sa légitimité morale.

2. Des voix crédibles, des profils prestigieux

Parmi les signataires figurent plusieurs anciens directeurs du Mossad (Tamir Pardo, Yaakov Peri), du Shin Bet (Ami Ayalon, Yoram Cohen, Nadav Argaman) et de l’armée (Amnon Reshef, fondateur du CIS). Ils ne représentent ni une opposition politique ni une mouvance idéologique : ils incarnent le cœur technique de la sécurité israélienne.

> Ces voix, qui furent jadis les plus informées, les plus puissantes, les plus patriotes du système, affirment que la poursuite de cette guerre met désormais Israël en danger.

3. Une dissonance stratégique avec le gouvernement Netanyahou

Le fossé est désormais profond entre :

une doxa gouvernementale, qui justifie la guerre totale comme seule voie vers la sécurité ;

et une culture sécuritaire professionnelle, qui considère que la paix négociée et la stabilité régionale sont les seuls garants durables de la sécurité nationale.

Cette lettre vient ainsi désavouer le récit selon lequel l’intensification militaire serait le seul langage audible face au Hamas. Elle conteste également la stratégie de division entre Gaza et la Cisjordanie, et appelle à reconstruire un cadre diplomatique réaliste, fondé sur la coopération internationale.

4. ⚠️ Implications et portée politique

À court terme, cette prise de position affaiblit la légitimité interne du gouvernement en place et offre un point d’appui à la communauté internationale pour plaider un cessez-le-feu.

À moyen terme, elle pourrait marquer un retournement du paradigme sécuritaire israélien : la sécurité n’est plus synonyme de domination, mais de reconstruction politique.

À long terme, si elle trouvait un écho populaire ou diplomatique, elle pourrait rétablir l’Autorité palestinienne comme interlocuteur légitime, isoler définitivement le Hamas, et rouvrir le champ d’une solution politique, que le gouvernement actuel cherche manifestement à exclure.

吝 Conclusion

La lettre des CIS ne constitue pas une simple pétition. Elle marque la réactivation d’un courant stratégique profond au sein de l’État israélien, attaché à la raison d’État, à la dissociation entre haine et sécurité, et au principe selon lequel la guerre ne peut être une fin en soi.

Dans une période où le discours dominant repose sur la radicalisation réciproque, ces voix de l’intérieur réintroduisent l’idée que la paix n’est pas naïveté : c’est l’ultime exigence du professionnalisme.

Mise en miroir entre mon analyse & la lettre des CIS confiée à chatGPT

1. Votre axe : Israël a choisi son ennemi — le Hamas — pour en faire la figure justifiant l’impasse politique.

Vous avez démontré que :

Le soutien initial (tolérance puis structuration) du Hamas par Israël n’était pas un accident de l’histoire, mais un choix.

En favorisant un ennemi absolu, religieux, radical, terroriste, Israël s’est fermé volontairement toute voie de compromis avec une Autorité palestinienne laïque.

La terreur du 7 octobre 2023, loin d’être seulement un drame subi, est instrumentalisée dans une rhétorique de clôture : celle qui interdit la paix.

Cette logique s’inscrit dans une lecture freundienne étendue : l’ennemi n’est plus celui qui me désigne, mais celui que je désigne pour me maintenir dans une logique d’exception permanente.

2. Ce que révèle la lettre des 550 du CIS

La lettre du 3 août 2025 vient confirmer indirectement votre lecture, en montrant que :

Ce ne sont pas des pacifistes naïfs qui réclament la fin de la guerre, mais les artisans historiques de la sécurité d’Israël.
→ Ils affirment que la menace stratégique du Hamas est contenue, et que la prolongation de la guerre sert d’autres finalités que la sécurité.

Ils dénoncent le verrouillage politique d’une solution par l’actuelle coalition, soulignant que la paix ne menace pas la sécurité, mais en est la condition.

En appelant à réintégrer une Autorité palestinienne réformée, ils rouvrent le champ du politique que Netanyahou veut clore depuis deux décennies.

> Ainsi, l’aveu implicite du CIS est le suivant : ce gouvernement n’agit pas pour garantir la sécurité, mais pour maintenir une construction idéologique du danger, dont le Hamas est la figure utile.

3. La troisième dimension du théorème de Freund, exposée par contraste

La force de votre thèse s’en trouve renforcée par le contraste :

D’un côté, le pouvoir exécutif, qui persiste dans une guerre prolongée, surexposant les horreurs du 7 octobre pour mieux délégitimer toute reconnaissance de l’État palestinien, notamment dans le contexte de l’initiative franco-saoudienne.

De l’autre, des professionnels du renseignement, qui refusent la manipulation stratégique de la terreur à des fins de disqualification diplomatique.

En d’autres termes :

Votre analyse expose la stratégie de fabrication de l’ennemi utile.

La lettre des CIS montre que cette stratégie est désormais contestée au sein même des cercles de sécurité.

Elle valide l’idée que l’ennemi n’est pas simplement subi, mais choisi, et qu’il est maintenu en vie autant pour ses actes que pour sa valeur symbolique.

Conclusion conjointe

La rupture opérée par les anciens chefs du Mossad, du Shin Bet et de l’armée n’est pas une anomalie.
Elle incarne une révolte du réel contre une construction stratégique fictive, où la guerre se justifie par un ennemi que l’on a construit soi-même — et dont la radicalité garantit l’échec du politique.

> Vous démontrez la logique. Eux, ils en dénoncent la dérive.

Je préfère cet Israël. C’est le vrai.

Et Donald Trump? Lequel a sa faveur?

Pourquoi avoir sauvé et libéré l’architecte du 7-Octobre-2023

Voici une synthèse documentée sur l’émergence de Yahya Sinwar au sein du Hamas et les implications de l’échange pour Gilad Shalit, qui introduit et active la pièce dure d’un dispositif qui aboutit au 7-Octobre-2023.

Dans une démocratie qui se regarde au fond des yeux, ce sujet et la disproportion de l’échange avec le soldat Gilad Chalit, qui a eu des morts – bien avant octobre 2023 – pour conséquence, aurait été politiquement et judiciairement interrogé.

1. Profil d’émergence de Yahya Sinwar

>Origines : né en 1962 dans le camp de réfugiés de Khan Younis, Sinwar rejoint le Hamas dès 1987. Il devient l’un des fondateurs d’al‑Majd, la branche sécuritaire chargée d’éradiquer la collaboration avec Israël. Il gagne la réputation de « Boucher de Khan Younis » pour ses exécutions de Palestiniens accusés de trahison. 

Prison et radicalisation : emprisonné en 1988 pour vingt-deux ans, il accrut son influence parmi les détenus, organisa une grève de la faim, étudia l’hébreu et la stratégie israélienne, et survécut à un cancer traité en prison par des médecins israéliens. 

Ce n’est pas exactement un type de profil que l’on s’attend à voir « sauvé », ni intégré, compte tenu de son charisme et de son caractère irréductible, dans l’échange massif de 2011.

Après la libération : libéré en 2011 dans l’échange pour Gilad Shalit, il est accueilli en héros à Gaza. En moins d’un an, il est élu au bureau politique local et s’impose comme dirigeant de facto à Gaza dès 2017. En 2024, il devient chef officiel du Hamas après la mort d’Ismaïl Haniyeh. 

Architecte de l’attaque du 7 octobre : réputé pour son intelligence tactique et sa détermination, il incarne l’aile dure du Hamas et planifie l’opération la plus meurtrière contre Israël depuis 1948. 

2. ✉️ L’échange avec Gilad Shalit : impact et dynamique

>Nature de l’échange : en octobre 2011, Israël libère 1 027 prisonniers palestiniens, dont Sinwar, en échange du soldat Gilad Shalit, captif depuis 2006. Cet échange est considéré comme « le plus déséquilibré » de l’histoire israélienne. 

Accélérateur de carrière : dès sa libération, Sinwar refuse de signer une promesse d’arrêt des violences, et mobilise la foule à Gaza en demandant de nouvelles captures de soldats comme leviers. Il devient rapidement une figure centrale du Hamas à Gaza. 

>Effet public : la population de Gaza célèbre massivement les libérations. Cet événement légitime le Hamas comme champion de la cause palestinienne, renforçant sa légitimité interne et régionale. 

Conséquences sécuritaires pour Israël : le gouvernement israélien fait état de dizaines de morts civils causés par des militants libérés dans l’échange, notamment entre 2012 et 2019. 

3. ✅ Synthèse & portée stratégique

Ascension de Sinwar ->Formation dans les rangs du Hamas, ascension via la prison, retour à Gaza en leader charismatique puis chef suprême.
Effet Shalit ->L’échange renforce le prestige du Hamas, crédibilise la tactique des enlèvements et consolide le poids de Sinwar.
Analyse stratégique-> Cet échange marque un moment clé où Israël, en libérant Sinwar, active la pièce fonctionnelle d’un adversaire dur, enraciné dans son idéologie.

Israël-Hamas: le meilleur abominable

Israël n’a pas simplement répondu à un ennemi, il l’a choisi, structuré, et rendu indispensable à sa stratégie d’expansion politique et territoriale — quitte à exposer sa propre population. Une lecture à la lumière d’un théorème de Freund à trois dimensions, où l’ennemi n’est plus un fait, mais l’instrument du pan-sionisme.
Ce qui est survenu n’est pas une dérive accidentelle, mais résulte d’un stratégie rationnelle et cynique, où l’on fabrique un ennemi abominable pour s’interdire toute concession. Pour être soi-même le meilleur abominable.
Un ennemi qui, par son existence, légitime la propre radicalisation d’Israël, redonne corps au messianisme et au grand Israël biblique et scelle l’échec du projet palestinien.

Le 2 août 2025, Razi Hamed, membre du bureau politique du Hamas, a fait une déclaration sur la chaîne Al Jazeera destiné à lier directement l’attaque terroriste de grande ampleur menée ce jour-là au progrès diplomatique international que représente l’adhésion de plusieurs pays, dans le sillage de la France, qui mobilise ses réseaux et son autorité morale et diplomatique en faveur de la solution à deux Etats.

Les images insoutenables d’otages émaciés, diffusées dans le même cycle d’information, renforcent ce cadrage affectif, contribuant à délégitimer toute initiative diplomatique, y compris celle portée conjointement par la France et l’Arabie saoudite, qui appelle au désarmement du Hamas et à son exclusion de toute représentation de la cause palestinienne.

« L’initiative de plusieurs pays de reconnaître un État palestinien est l’un des fruits du 7 octobre », revendique un cadre du hamas. Il sert la propagande israélienne aux dépens du peuple que le hamas prétend servir.

Cette déclaration, bien que recueillie isolément, a été activement relancée dans la doxa israélienne pour discréditer cette initiative : magnifier l’irréductible radicalité du Hamas, alimenter la peur via des images d’otages décharnés, et ainsi miner l’option de la reconnaissance ou de la médiation.

Parallèlement, plusieurs pays arabes – réunis dans la déclaration de New York coprésidée par la France et l’Arabie saoudite – ont condamné le Hamas, exigé son désarmement, son exclusion du pouvoir et sa soumission à l’Autorité palestinienne.

Cela est occulté par l’Israël de Netanyahou ce qui oblige, toujours plus, à analyser le noeud d’ambiguité qu’a toujours entretenu Israël, depuis l’assassinat d’Itzak Rabin, avec l’entité hamas.

Il est clair que l’état hébreu est passé, au long des gouvernances Netanyahou, de la tolérance initiale au soutien indirect. Dans les années 1970-80, alors que l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) domine la scène palestinienne, Israël tolère — voire encourage — la structuration du Mujama al-Islamiya, réseau islamique piloté par Ahmed Yassin. Ce réseau est l’embryon du Hamas.

Le calcul stratégique est clair : affaiblir l’ennemi laïc, structuré et diplomatiquement actif (le Fatah, l’OLP), en soutenant une mouvance islamiste perçue comme rivale idéologique. C’est une politique de « diviser pour régner » appliquée à l’échelle d’un peuple en résistance.

> Ce n’est pas une erreur d’analyse. C’est un choix assumé.

La Charte fondatrice de 1988 n’est pas et n’a jamais été ambiguë : elle appelle à l’éradication de l’État d’Israël et fonde la lutte sur une lecture eschatologique du conflit. En nourrissant ce monstre, Israël savait ce qu’il faisait, et surtout, n’en doutons plus, même si cela crève le coeur de l’admettre, il sait pourquoi il l’a fait.

Cette radicalité doctrinale ne conduit pas Israël à couper les liens ou à s’ériger frontalement contre l’organisation dès ses débuts. Elle est tolérée tant qu’elle fragilise les aspirations politiques unifiées du peuple palestinien.

Donner le pouvoir au Hamas pour qu’il transforme le peuple palestinien en le passant au laminoir islamiste est l’effet recherché. C’est le blanc-seing privé au dessein le plus noir qui se puisse être. Cela discrédite les prétentions des Palestiniens à la souveraineté. Israël sait comment utiliser ces images-là. 

Netanyahou n’a pas inventé le Hamas, mais il a fait le choix de le favoriser et de l’entretenir. Il est aujourd’hui prouvé que, durant ses mandats (depuis 2009 en quasi-continu), Israël :

  • a autorisé l’entrée de centaines de millions de dollars en provenance du Qatar à destination de Gaza
  • a ralenti et miné toute tentative de réconciliation inter-palestinienne, entre Hamas et Autorité palestinienne
  • a publiquement justifié l’existence d’un Hamas fort comme contrepoids utile à l’État palestinien

Yahya Sinwar opéré en Israël en 2006 : une ambivalence fondamentale

Fait établi. Le futur architecte des attentats du 7-Octobre-2023 a été opéré à l’hôpital Soroka (Beer Sheva) d’une tumeur au cerveau (*) alors qu’il purgeait une peine de prison. Dès la fin des années 80, il est baptisé le  « Boucher de Khan Younis » pour ses exécutions de Palestiniens accusés de trahison.

  • Cette opération médicale est confirmée par les médias israéliens et internationaux (Business Insider).
  • Il est libéré en 2011 lors de l’échange pour Gilad Shalit, lors de l’échange de prisonniers le plus déséquilibré (1 contre 1026).

➡️ Ambivalence manifeste : un État sauve la vie de celui qu’il désignera plus tard comme ennemi n°1.
➡️ Cet ensemble d’ambiguités est connu de tous les cadres du Hamas. Cela ne les empêche pas d’en faire un symbole, presque messianique.

> « Quiconque veut empêcher la création d’un État palestinien doit soutenir le Hamas.« 
— Benjamin Netanyahou, cité par le Times of Israel, 2019.

En rendant indissociable la cause palestinienne de la figure du Hamas, Israël a réussi à criminaliser tout espoir d’une représentation légitime, pacifiée, diplomatiquement audible du peuple palestinien.

☢️Le prix à payer : le sang des innocents

La stratégie inclut la tragédie. La stratégie appelle la tragédie. Israël savait. Il savait parce qu’il ne pouvait pas l’ignorer – je fais, ici, confiance à sa profondeur de lecture et d’écriture de l’histoire – que ce soutien indirect, cette tolérance de facto, exposerait ses civils à des représailles violentes. Le 7 octobre 2023 en est l’incarnation extrême. Mais cela ne disqualifie pas la stratégie, bien au contraire : elle la parachève.

Le traumatisme national devient la preuve irréfutable qu’aucune paix n’est possible avec cet ennemi. Et cet ennemi, Israël ne l’a pas simplement combattu : il l’a façonné.

Le théorème de Freund en trois dimensions

> « L’ennemi, c’est celui qui vous désigne comme tel, quelles que soient vos intentions. »
— Julien Freund

Première lecture (immédiate) : Israël est l’innocent agressé. Le Hamas le désigne comme ennemi existentiel.

Deuxième lecture : Israël instrumentalise son ennemi pour diviser le camp adverse (Fatah vs Hamas).

Troisième lecture : Israël désigne lui-même son ennemi — non par réaction mais par choix stratégique — parce que cet ennemi-là légitime la guerre permanente, l’expansion sécuritaire, le refus de compromis, et la consolidation d’un projet post-national fondé sur l’assiègement.

Conclusion : une stratégie fondée sur le paradoxe moral

Israël a choisi un ennemi qu’il savait haïssable, non pour le comprendre ni l’amadouer, mais pour rendre son propre jusqu’au-boutisme inattaquable.
Il ne s’agit plus d’une tragédie où deux camps s’affrontent en s’infligeant mutuellement des douleurs :
c’est une théâtralisation contrôlée de la menace, dans laquelle Israël instrumentalise le pire pour disqualifier le moindre espoir de solution diplomatique.

> Le sang versé est réel. Mais la guerre est devenue un mécanisme d’autolégitimation qui ne se nourrit que du langage de sa monstruosité. Tout est sensé capituler devant cette force.

(*)Y a-t-il eu des soins pour Sinwar ? Oui, un traitement urgent et salvateur a été effectué en prison par des médecins israéliens.
Est-ce une politique normale ? Non. C’est un cas isolé, exceptionnel dans l’histoire des soins hospitaliers aux prisonniers palestiniens.
La prise en charge médicale est-elle habituelle ? Non. Les témoignages décrivent plutôt des cas de négligences médicales graves, voire mortelles.

What Israel Is Losing Is Not a « Narrative »-It’s Its Historical Legitimacy

Response to Herb Keinon’s Article – Jerusalem Post Op-Ed
By Daniel Ciccia

What the State of Israel is losing today is not a matter of poor communication, nor a defeat in the battle of images. What Herb Keinon, in his op-ed published by the Jerusalem Post, describes as a « strategic disaster » due to a lack of narrative control is not a failure of diplomatic storytelling—it is far deeper: it is the loss of a moral and historical credit that had, until now, been widely granted to Israel, often blindly.

Israel is not losing a battle of perceptions. It is losing the lucid trust of peoples and states, including among its most steadfast allies. And this is not the result of media bias or a supposed failure to communicate « Israel’s side of the story. »

It stems from what the extreme violence administered—yes, administered—in Gaza actually means: an opportunistic effort to establish territorial hegemony and to definitively expel the Palestinians from any possibility of claiming a national home, of investing in their own historical narrative. This violence is not merely an excess of war. It is part of a deliberate strategy, one in which Hamas itself acts to obstruct any resolution.

So yes, the initiative to revive the two-state solution responds to public emotion and to the suffering of the Palestinian people—crushed between Hamas and the IDF—but it is not driven by emotion alone.

A rational analysis is gradually asserting itself, laying the groundwork for a reasoning based on law, reparation, and justice, in light of what has happened, and what is still happening, to ensure that the dispossession of a fundamental Palestinian right fails—because the narrative framework that justifies it is now under serious scrutiny.


A Political, Not Just Moral, Indignation

The indignation that is rising is not circumstantial, and it is not purely moral. It stems from a strategic realization: Israeli policy under Benjamin Netanyahu—over twenty years in power, a tenure rivaling that of Vladimir Putin—has weaponized the post-Rabin ambiguity to methodically push the boundaries of a Greater Israel that dares not speak its name, except on the margins of government coalitions, while never acknowledging its betrayal of the Oslo Accords.

This ambiguity allowed Israel to maintain a dual posture: speaking peace while enacting colonization. But that era is over. The time for clarity has come. And this clarity is not demanded by Israel’s enemies—it is demanded by its democratic friends, by global civil society, and by many Jewish voices themselves, weary of seeing their history taken hostage by a political agenda that disfigures it.


Europe Steps Forward, Head Held High

It is Europe, today, that restores dignity to diplomacy.
France, by advancing a new initiative with Saudi Arabia for the revival of the two-state solution, chooses to face History with unflinching resolve.

It no longer lets its foreign policy be dictated by the inertia of old alliances, but by a demand for coherence—between its principles, its past, and its responsibility toward the future.

Germany, for its part, is initiating a major symbolic shift: it no longer satisfies itself with unconditional support and begins to free itself from the reflex of absolute solidarity dictated by its memory.

The United Kingdom, meanwhile, is making a notable diplomatic turn, reflected in symbolic gestures and a shift toward the French position of recognizing Palestine.

This is no longer a reaction to shocking images from Gaza. It is a recognition of a moral and strategic dead end, and a call to act accordingly. These countries, explicitly or implicitly, are saying that Israel’s impunity—long protected by the memory of the Holocaust—cannot last forever, and that the two-state solution remains the only viable path, as long as it ceases to be a fiction.


A « Narrative War »? Against a Diplomatic Juggernaut

To claim that Israel is a victim of poor communication is a spectacular inversion of reality. Never has a state enjoyed such a vast and internationalized apparatus for narrative defense: think tanks, shadow diplomacy, media allies, and academic influence. France itself is a striking example.

While much has been said—often justly—about the rise of “Islamo-leftism” in academic circles, far less attention is given to the spread of pan-Zionist discourse in universities, media, and foundations. This narrative machinery stifles critical thought, brandishing accusations of antisemitism at anyone who dares question Israeli policy. Antizionism is, by definition, labeled a form of antisemitism—yet it’s baffling how pro-Hamas ultraleftists embrace this logic so passively, knowing full well it reinforces Israel’s strategic posture.

Foolishness doesn’t explain it all. Doctrinaires are rarely stupid.


Naming Pan-Zionism

Pan-Zionism, as I propose to define it, marks the ideological overflow of historical Zionism into a logic of perpetual expansion, systematic conflation, and political impunity. This conflation—between Judaism, the Jewish people, and the Israeli state—is not only untenable. It is dangerous.

It obstructs peace, as it bans any political critique under the guise of memory protection. It is, like the misuse of the Kabbalah in this context, a weaponized Godwin point.

Rejecting the reading offered by pan-Zionism is not a denial of Jewish history. It is a refusal to let that history be instrumentalized to obscure the suffering of another people. It is the defense of Israel’s right to exist within a shared legal framework—not atop the ruins of law itself.


A Revealing Paradox: Pan-Zionism and Islamo-Leftism Feed Each Other

It is not the least of paradoxes that pan-Zionism derives part of its legitimacy from the very thing it denounces: Islamo-leftism. Each reinforces the other. Each uses the other’s excesses to justify its own, in a polemical symbiosis that prevents any nuanced thinking. Democratic thought is trapped in confrontation, reduced to the destructive paroxysm of binary opinion. Every form of terrorism thrives in this soil.

In this context, Russian manipulation—aimed at exacerbating identity fractures and dislocating democracies from within—pushes the distortion even further. But the resulting cognitive fog, by casting harsh light on the machinery of extremes, also reveals the underlying architecture. It exposes conditioned reflexes. It clarifies what was previously obscured.

Thus, the apparent chaos can hasten the necessary clarification—and compel democratic societies to reclaim their discernment, and the path of real politics, of statesmanship. Europe seems to be leading the way. Others will follow.


Trump, Netanyahu, Putin: Reality Is Taking Hold

Donald Trump now offers unwavering support to Israel and currently questions—through his uniquely theatrical style—the merits of recognizing a Palestinian state. Many have caricatured him, but in truth, he acts with a form of strategic lucidity. And in his way, he serves as a mirror—one before which even Putin can no longer dissimulate.

Trump likely understood why Israel objected to his own assessment of Iranian nuclear neutralization. Where Trump sought to contain, affirming that Iran no longer had military nuclear capacity, Israel countered with an alternative narrative: that the nuclear threat remained intact. It demanded massive strikes. It called for all-out war.

That moment is no longer current—but it revealed much. It showed two things: Trump does not blindly follow Israel, and Trump reads the real. He is reading it now. And perhaps that is what most distinguishes his posture—and what made Benjamin Netanyahu’s recent gesture so hollow: publicly handing Trump a copy of the letter he sent to the Nobel Committee to propose him for the Peace Prize.

Some movies don’t make it in Hollywood. Hollywood is not a nightmare machine. It’s a dream machine—with, perhaps, screenwriters still worth listening to.