FN, radicaux, souverainistes: la mue de l’Europe verra disparaître ses organes inutiles

7/10/2015 .- Sans être un inconditionnel du président de la République, M. François Hollande, je suis bien obligé, et satisfait de devoir l’être à l’occasion de la session plénière du Parlement Européen, de reconnaître en lui, cet après-midi, un homme d’Etat, animé par des intentions, une volonté, une sincérité d’homme d’Etat.
Et cette stature, quelles que soient ou puissent être les divergences par ailleurs, est rassurante, au fond, car ce que l’on doit pouvoir attendre de ceux qui président au destin d’un nation et à ce titre à la dynamique de l’Europe, c’est la stature et la capacité de parler et d’agir en dignité, et de le faire à la hauteur des enjeux comme des menaces. Lire la suite « FN, radicaux, souverainistes: la mue de l’Europe verra disparaître ses organes inutiles »

Tous les chemins ne sont pas sur la carte

Quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001, au sujet desquels j’avais écrit qu’il fallait faire assaut d’innocence pour surmonter le défi qu’ils imposaient à la civilisation, dans le Paris froid, je suis entré à Notre Dame de Paris pour confesser, devant un prêtre hébété par cet aveu, que je porterais une parole destinée à sauver le monde.

Il faut un courage insensé et sans doute incompréhensible au commun des mortels pour articuler de tels mots. Ils ont la faculté de foudroyer un homme.

Quelques jours après les attentats du 7 janvier 2015, mon esprit a été submergé par la douleur, mais alors que chacun déclarait la guerre à un ennemi qui s’autodésignait ostensiblement, mon intuition me conduisait à suspecter que nos réactions collectives correspondaient précisément à ce que les instigateurs de cette guerre invisible, qui est une guerre qui ne montre d’elle que ce qui favorise ceux qui l’engagent et la nourrissent,  attendaient qu’elles soient.

Les attentats du 13 novembre 2015 m’ont atteint au plus profond et fait toucher leS limites de mon principe d’élucidation, celui auquel je me suis voué, qui se tarissait dans le bain de sang provoqué par les terroristes de Paris.
Le soir même, sur la page facebook de l’Elysée, alors que tous accusaient le salafisme comme étant à l’origine du fléau djihadiste, je postais pourtant une simple phrase dans le fil pour y dire que cette précipitation était trop rapide pour être honnête.
Elle correspondait à une intuition.
Ce 15 novembre 2015, je m’endormais mal avec ces mots, comme tournoyant en un mouvement circulaire, dans l’âme: « Seigneur, montre-moi ce qu’il y a à voir ».
Le 16, j’écrivais, sur ce blog même: « La trotteuse du djihad et le pendule de la Révolution Islamique d’Iran ».
Et le 17 novembre 2015, approfondissant le sujet: « Sauver Bachar El-Assad? Pourquoi. ».

Tous les chemins ne figurent pas sur la carte.
Cela ne signifie pas qu’ils n’existent pas et ne méritent pas d’être ouverts. Cela ne signifie pas qu’ils ne mènent pas quelque part.

Je ne m’explique pas que – était-ce le 8 janvier, le 9 ou le 10 ?- au Monoprix, de la place de l’hôtel de ville de Narbonne, où je me rendis pour quelques emplettes, alors que j’étais à la caisse, j’ai entendu deux trois personnes, deux hommes et une femme, dire à haute-voix, de sorte que, peut-être, je l’entendisse: « Ce sont vraiment des imbéciles. Ce n’est pas à Paris qu’ils devaient réaliser leurs attentats. Mais ici. ».
Quelques minutes avant, ils étaient dans le même rayon que moi. Mon attention avait été attirée par leur comportement.

C’est très déstabilisant lorsqu’on pense et écrit, au moment où tout n’est qu’hystérie, désir de guerre, une série de textes comme celui-ci . Ce sont des coïncidences auxquelles il m’est arrivé d’être confronté.
En terme de probabilité, tout de même, ayant écrit ce que j’ai écrit et développé ultérieurement la thèse sur l’origine et les buts du djihadisme islamique, un tel épisode  relève du mystère.

Tous les attentats m’avaient plongé dans un état second qui était un état premier.
Ceux qui sont postérieurs au 13 novembre 2015 et notamment celui du 14 juillet 2016, n’ont pas provoqué, au delà de l’émotion, un tel bouillonnement.
Comme si le mystère était percé.

La réflexion stratégique « Vulnérabilité des démocraties à l’âge de la mondialisation »  est disponible en suivant le lien proposé ci-dessous:
https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/804719/s/vulnerabilite-des-democraties-a-l-age-de-la-mondia-2571dccb4d/#.WCTQrbV1A8o

La Russie légitime. l’Europe non?

J’ai évoqué, dans la contribution précédente, intitulée « Les heures impossibles de la démocratie russe », le défi que la Russie nous impose de relever. Elle nous l’impose car ce défi, parmi d’autres, devra permettre à l’Union européenne de se forger elle-même le récit de son histoire.
Elle n’a eu que très rarement l’occasion d’avoir à se définir, à définir par conséquent, les moyens de sa force, de sa protection, de son identité, par rapport à une puissance telle que la Russie qui projette, elle, avec de plus en plus de netteté le désir de sa propre histoire continentale, amorcé à partir du nationalisme russe. Lire la suite « La Russie légitime. l’Europe non? »

Lettre à n’importe qui

Il faudra peut-être écrire un jour une lettre à n’importe qui.

On sait ce qu’il advient des lettres pour tous. Elles tombent parfois entre de mauvaises mains.
Une lettre à n’importe qui peut éviter, si elle bénéficie d’un peu de chance, ce travers.
Mais que contiendrait-elle?

Je revendique, ne fût-ce qu’ici, d’avoir fait plus pour mon pays, que beaucoup. J’ai manié autre chose que des mots, une langue.
Ce n’est pas faute d’avoir porté ma parole et de m’être signalé.
Ce que je pouvais faire de par mon côté, je l’ai fait.

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Nul n’est prophète en son pays

La vérité seule sera réconciliatrice et de nature, par conséquent, à purger le monde de l’excès effroyable et sanguinaire de la violence djihadiste et de toutes les autres à venir.

Si nous acceptons le mensonge, les faux-semblants, si nous acceptons un statu quo bâti sur un socle bancal, alors il nous retombera dessus.

Ceci est valable pour la Syrie, comme cela l’est tout autant pour le régime qui asservit l’Iran à une révolution qui arbore fièrement son ambition islamique ou pour la Russie de Poutine qui s’est faite une spécialité de nager dans les eaux troubles.

Mais la vérité n’intéresse pas grand monde.

Est-ce la démocratie devenue médiatique qui nous écarte autant de ce goût alors qu’elle devrait nous y maintenir?
Peut-être.

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Sauver Bachar El-Assad à tout prix. Pourquoi?

En peu d’années, la Révolution Islamique a beaucoup appris. En premier lieu, de ses erreurs de jeunesse. Elle témoigne, aujourd’hui, au delà de toutes nos préventions, une expertise inédite qui lui permet de réaliser son ambition géopolitique aux dépens des sunnites et de l’Arabie Saoudite qu’elle tente de mettre entièrement dans notre collimateur. Sa faiblesse, son talon d’Achille, inattendu, c’est Bachar El-Assad. Témoin, acteur et dépositaire de secrets inavouables qu’il faut à tout prix sauver. Il est temps de voir cela.

Parmi les choses frappantes d’un point de vue analytique, il y a l’irruption très rapide, trop rapide, dès le lendemain des attentats du 13 novembre du « salafisme » désigné comme ennemi, un parmi d’autres serait-on tenté de dire, mais il faut se méfier des fausses évidences. Le diable s’y cache et s’active pour nous y retenir et nous y corrompre. Il est à l’œuvre et il a une forme, celle de la Révolution Islamique. Car si l’on met les évènements qui ébranlent le Moyen-Orient depuis l’installation de la Révolution Islamique, en 1979, à l’épreuve des faits, et qu’on les regarde objectivement, une évidence s’impose à l’esprit et la tromperie n’est pas du côté où l’Iran prétend et nous a persuadé qu’elle est.

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Julian Assange, l’Europe et la zone de libre-échange transatlantique

Depuis la divulgation de fils diplomatiques et de documents militaires sensibles, sur son site Wikileaks, Julian Assange est enfermé dans l’ambassade de l’Equateur, allié stratégique de la Russie, à Londres où il a trouvé asile. La Russie l’a lui a refusé.
Cette situation dure depuis 2012.
Celui que certains considèrent comme le héros moderne de la démocratie s’est exprimé hier sur les ondes d’Europe 1. Il déroule ses accusations sur les Etats-Unis, la NSA et ses considérations sur ce qui, à partir de là, doit s’imposer à la France. Certains considèrent que la France, patrie des droits de l’Homme, s’honorerait à accorder l’asile « diplomatique » au cybermilitant, considéré en 2012 comme la 66é personne la plus puissante du monde.

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Le moyen de guerre du djihadisme

La destruction, de pièces archéologiques au musée de Mossoul, il y a quelques jours (NDR: mars 2015), suscite une naturelle indignation.
Ces opérations ne sont pas nouvelles comme en témoigne la destruction des grands bouddhas de pierre de Bâmiyân (Afghanistan), en 2001, par les Talibans. J’ai pu lire, ici et là, que ce processus d’élimination culturelle était à rattacher à la dialectique religieuse du wahhabisme, producteur du refus d’historicité hors de celle de l’islam originel.

Je ne crois pas que nous soyons, pourtant, dans autre chose que de la communication de guerre.
Ce qui a été mis en scène, dans le musée de Moussoul, n’est qu’un énième film de propagande destiné à nous atteindre et à nous maintenir dans la définition qui s’est construite de ces actes et de ce qui les anime, et de nourrir ainsi notre animosité.
Ces statues jetées au sol et attaquées au marteau piqueur ou à la masse sont livrées à nous en images de la barbarie, comme le sont les mises en scènes de la mise à mort de victimes de ce terrorisme. Lire la suite « Le moyen de guerre du djihadisme »

Classé sans suite

Si la compréhension physique de l’univers est un domaine qui nous dépasse, pourquoi un domaine de la métaphysique ne nous dépasserait-il pas lui aussi?
Pourtant, si nous sommes incontestablement le produit d’une physique, nous nous sommes dépossédé progressivement de l’idée de pouvoir être aussi, simultanément, le produit et le siège d’une métaphysique, qui nous accorde le privilège de la conscience et de l’intelligence.
Cette rétractation de l’ordre de la métaphysique, de la transcendance, singulièrement depuis que nous avons percé ou cru percer certains de nos mystères et développé un environnement matériel avancé, augmente ses ravages que nous revendiquons comme l’ultime liberté alors qu’il se peut qu’elle ne puisse n’être qu’une insigne bravade à l’égard de ce que nous sommes, chacun individuellement et compris dans l’ensemble qu’il forme avec les autres,  dans un monde lui-même tel qu’il est, offert à la conscience que nous avons ou que nous pouvons avoir de lui. Lire la suite « Classé sans suite »

Si un nombril sémantique se formait, cela donnerait quoi?

Albert Camus est à la mode. Non pas l’intégralité de son œuvre humaniste et fraternelle, mais simplement une seule phrase citée jusqu’à la nausée depuis les attentats djihadiste du 7 janvier 2015.
Y a-t-il encore un homme ou une femme politique à n’avoir pas utilisé la caution d’Albert Camus, à qui sont prêtés les mots : « Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde »*?
J’ignore si l’intéressé aurait nécessairement goûté à cette récupération. Il est mort et ne peut donc pas de le dire.
Devant des étudiants de l’association d’Oxford, le 6 février dernier, Marine Le Pen s’honorait d’avoir été la première, parmi la classe politique française, à avoir su nommer la chose. Lire la suite « Si un nombril sémantique se formait, cela donnerait quoi? »