La dialectique de l’allié providentiel : des couleuvres au fait accompli de la polarisation

Alexander Douguine, souvent présenté comme l’idéologue du Kremlin, affirme sans détour : « La guerre est devant nous ».
Dans sa lecture stratégique, la Russie disposerait d’un avantage comparatif sur la Chine : son arsenal nucléaire, l’étendue de son territoire, son identité historique, et surtout sa capacité à « conceptualiser les processus mondiaux ».

À l’en croire, l’affrontement global serait inévitable, entraînant Chine, Inde, Moyen-Orient, Afrique et Amérique latine dans une polarisation brutale entre unipolarité et multipolarité.

Mais ce raisonnement repose sur un postulat fragile : que les fils de Sun Tzu sont enfumés et suivront docilement Moscou dans une telle confrontation. Or rien n’est moins sûr. La Chine avance selon ses propres logiques, avec un horizon stratégique bien différent, où la puissance économique, la stabilité sociale et la continuité historique pèsent infiniment plus que l’aventure guerrière.

Le point le plus frappant, cependant, réside ailleurs : dans le parallélisme saisissant entre la Russie et Israël.
Chacune de ces puissances croit s’appuyer sur un tuteur providentiel : Moscou sur Pékin, Jérusalem sur Washington. Chacune surestime la fidélité de ce protecteur, et toutes deux se bercent de la même illusion : croire que leur survie passe par la capacité à faire avaler des couleuvres à ceux qu’elles pensent être leurs indéfectibles alliés stratégiques, encore et encore, comme si la résilience se confondait avec la soumission.

La Russie fait comme si la proposition du GGI de Xi Jinping n’existait pas sur la grande table. Mais Moscou n’a jamais vraiment su ce qu’est une grande table, en dépit de celle aux dimensions paranoïaques censée en imposer aux visiteurs du Kremlin.
Quant aux Israéliens, ils découvrent avec stupéfaction que Donald Trump a signé un accord avec le Qatar, aux termes duquel toute attaque contre Doha serait considérée comme une attaque contre les États-Unis eux-mêmes.

La taille ne compte pas, doit apprendre Poutine à ses dépens.

Et voilà l’ironie ultime : la « grande table » de Xi est pensée pour asseoir le monde entier, tandis que la table surdimensionnée du Kremlin n’accueille que la paranoïa de Poutine.

The Dialectics of the Providential Ally: From Bitter Pills to Extreme Polarization

Russia with China, Israel with the US — two nations convinced that survival means making their allies swallow bitter pills, until dialectics lead them to the fait accompli of polarization.

Alexander Dugin, often described as the Kremlin’s ideologue, declares: “War is ahead of us.”
In his worldview, Russia holds a comparative advantage over China: its nuclear arsenal, vast territory, historical identity, and above all, its capacity to “conceptualize world processes”.

For him, a global confrontation is inevitable — one that will engulf China, India, the Middle East, Africa, and Latin America in a brutal polarization between unipolarity and multipolarity.

But this reasoning rests on a fragile assumption: that Beijing will obediently follow Moscow into such a confrontation. Nothing could be less certain. China moves according to its own strategic logics, where economy, social stability, and historical continuity weigh far more heavily than any adventurous war.

The most striking point, however, lies elsewhere: in the parallel between Russia and Israel.
Each believes it relies on a providential tutor — Moscow on Beijing, Jerusalem on Washington. Each overestimates the loyalty of this protector, and both indulge in the same illusion: believing that their survival depends on their ability to make their supposed steadfast allies swallow bitter pills, again and again, as if resilience were synonymous with submission.

Physical size doesn’t matter. Putin must learn this. Grand table is not that one.

Russia behaves as if Xi Jinping’s GGI proposal were not on the “grand table”. Yet Moscow has never truly known what a great table is, despite the paranoid dimensions of the Kremlin’s own piece of furniture meant to intimidate visiting leaders.
Meanwhile, the Israelis are waking up in shock: Donald Trump signed an agreement with Qatar under which any attack on Qatar would be treated as an attack on the United States.

Endogarchie vs démocratie

Endogarchie (substantif féminin)

Définition :
Régime politique contemporain dans lequel le pouvoir, se prétendant démocratique, est en réalité exercé par un cercle restreint d’acteurs politico-médiatiques qui s’auto-légitiment et se reproduisent à l’intérieur du système.
Il se caractérise par la fermeture sur lui-même (endo- = à l’intérieur), la circularité de sa légitimité et la substitution de l’agenda médiatique au suffrage populaire comme source effective d’autorité.

Caractéristiques :

1. Entre-soi : élites politiques, médiatiques et économiques se sélectionnent et se valident mutuellement.

2. Auto-référence : la légitimité procède du flux d’information et de visibilité médiatique, non de la délibération populaire.

3. Temporalité médiatique : l’urgence de l’actualité remplace le temps long de la décision démocratique.

4. Spectacularisation : le citoyen devient spectateur/consommateur d’opinions, davantage qu’acteur souverain.

5. Érosion démocratique : la souveraineté du peuple subsiste en façade, mais est vidée de sa substance.

Distinctions :

Se distingue de l’oligarchie (pouvoir de quelques-uns) par sa logique circulaire interne plus que par son nombre restreint.

Diffère de la technocratie (pouvoir des experts) : l’endogarchie repose moins sur le savoir que sur la maîtrise de la scène politico-médiatique.

S’oppose à la démocratie véritable, où la souveraineté procède du peuple et du suffrage, et où les médias sont des relais, non des sources de légitimité.

Usage :
« Sous couvert de démocratie, notre époque a vu naître un nouveau régime : l’endogarchie, pouvoir clos sur lui-même, nourri par le flux politico-médiatique. »

L’endogarchie est à la tribune. Elle doit en descendre.

Coup (s) d’Etat

La toile de fond devant laquelle s’agitent toutes nos démocraties rendues malades d’elles-mêmes, c’est Vladimir Poutine qui la tend. La France y sombre.

Un coup d’État peut s’accomplir par un autre moyen que la seule force des armes – ce qui s’apparenterait, d’ailleurs, davantage à la définition d’un « putsch » sur le plan du vocabulaire.
Un coup d’État peut aussi s’opérer, dans le registre de la guerre cognitive à laquelle nous savons que nous sommes confrontés, aujourd’hui, par la subversion politico-médiatique.

Il n’échappe à personne que, même si le témoignage quant au contenu de cet entretien reste apocryphe, Nicolas Sarkozy est celui à qui fut promis, par Vladimir Poutine en juin 2007 au sommet du G8 de Heiligendamm, d’être « roi ».

Si l’on analyse la stratégie de défense et la puissance médiatique mobilisée pour obtenir que « l’exécution provisoire » soit levée, on comprend qu’il existe une entente relevant d’un pacte de corruption, qui lie l’intérêt judiciaire de l’ancien chef de l’État déchu à l’intérêt politique de Marine Le Pen.

Il n’est pas inutile de préciser que Marine Le Pen est aujourd’hui celle à qui l’on promet d’être consacrée reîne — et ce, le plus tôt possible, dans le propre intérêt de Vladimir Poutine.
Elle n’est ni Jeanne d’Arc ni Anne de Bretagne.

Au-delà de la gravité déjà immense de la remise en cause de l’État de droit, ce qui se joue ici et maintenant, est, très exactement et sous les yeux de tous, un coup d’État politico-médiatique destiné à renverser la République Française afin de satisfaire le maître du Kremlin, désireux de voir ses placements en Europe, et en particulier, ceux consentis en Grand-Bretagne et en France, seuls pays continentaux « dotés », lui rapporter les dividendes de la capitulation, attendus.

Le Peuple français est le dindon de cette pitoyable farce, à laquelle un ancien président sacrifie ici piteusement le corps sacré de la France.
C’est un sacrilège impardonnable.
C’est un crime savamment prémédité qui doit couvrir son auteur de honte et justifie pleinement, compte tenu de la gravité de la conspiration ici ourdie, le mandat de dépôt demandé par le tribunal à titre provisoire.

Le système d’information et certains de ses clercs — complaisants dans quelques cas, complices dans tant d’autres — trahissent la confiance du peuple.

Personne ne doit permettre cela.
Nous devons, Peuple Français, faire le ménage.

@EmmanuelMacron

Poutine à Sarkozy:  »Je ferai de toi un roi »

Affaire Sarkozy: de l’illégitimité de subvertir l’Etat de droit

A double degré de juridiction, double degré de présomption.

La question soulevée, par ses supporters relative à la « l’exécution provisoire » dans la condamnation de Nicolas Sarkozy, ancien chef de l’Etat appelle à distinguer plusieurs niveaux.

En droit pénal, la présomption d’innocence joue pleinement avant tout jugement. Une fois la première instance prononcée, cette présomption est consommée par une décision juridictionnelle motivée.

L’appel, lui, n’est pas une simple reconduction de la présomption initiale : il ouvre un espace de révision et de contrôle, permettant d’infirmer ou de confirmer une culpabilité déjà constatée.

En d’autres termes, le double degré juridiction ne peut pas faire autre chose que d’entraîner, de juris, le double degré de présomption: c’est-à-dire que l’innocence qui est présumée avant le jugement de première instance se transforme en culpabilité présumée aussi.

Si le prévenu ou l’accusé est déclaré « coupable » et conteste sa culpabilité en interjetant appel, c’est ce que formalise l’esprit de la loi et qu’applique, sans présumer de ce qui sera statué à l’épuisement des voies de recours – il demeure innocent devant la loi-, le Code de Procédure Pénale

C’est pourquoi l’exécution provisoire d’une peine, y compris par mandat de dépôt, ne contredit pas la présomption d’innocence, mais relève de l’autorité de la chose jugée, attachée à la première décision. La Cour européenne des droits de l’homme elle-même admet cette articulation, tant que le droit à un recours effectif est garanti.

Dans ce contexte, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen instrumentalisent le principe, en le brandissant pour discréditer la justice.

En appelant au jugement direct des Français, ils dépassent largement le cadre de la défense ou du débat juridique: ils subvertissent délibérément, et en parfaite connaissance de cause puisqu’ils sont tous deux avocats, l’État de droit. L’autorité judiciaire est ainsi remise en cause de manière habilement biaisée, au profit d’une mise en scène politique et médiatique indigne.

Il est plus que légitime de questionner l’état du droit.
Il est plus qu’illégitime de subvertir l’Etat de droit.

La « tête droite » de Sarkozy penche du côté de Marine Le Pen

Nicolas Sarkozy, condamné, aujourd’hui, à 5 ans de prison ferme, avec exécution provisoire, tente de sonner le glas du temps de la confiance dans la justice de son pays. Il le fait pour Marine Le Pen aussi.

La condamnation de Nicolas Sarkozy et de plusieurs de ses proches ne soulève pas seulement un débat judiciaire: elle devient le prétexte pour ouvrir un procès des juges. Peut-on encore s’étonner de la facilité avec laquelle responsables politiques et chroniqueurs contestent une décision de justice, en remettent en cause les motivations et insinuent des doutes sur la probité de ceux qui en ont la charge ? C’est une dérive populiste caractérisée.

L’ancien Président de la République, qui a rencontré récemment Jordan Bardella, président du Rassemblement National, semble avoir structuré une manœuvre.

Elle est somme toute très simple.

Partons du principe qu’il ait anticipé une condamnation, assortie d’un mandat de dépôt: sur qui pouvait-il compter, sinon sur le Rassemblement national, à qui sont promises les clés du pouvoir?

On ignore le détail de l’entretien avec Bardella, mais il est plausible que l’avenir de Marine Le Pen, frappée d’inéligibilité après son procès pour emplois fictifs, et qui se veut pourtant centrale dans la perspective d’une élection présidentielle anticipée ou non, ait figuré au cœur de l’échange.

On observera que la critique du jugement se focalise sur ce que certains appellent une  »sanction préventive », avant même l’épuisement des voies d’appel. Sarkozy a lui-même renforcé cette lecture en déclarant:  »Je dormirai la tête droite en prison. » Formule frappante: elle déplace l’attention du fond du jugement vers la question de l’incarcération immédiate, comme un abus de l’exercice de la justice sur le jeu politicien.

Le temps où il était de bon ton d’affirmer, stoïsque devant tout jugement, sa confiance dans la justice de son pays est révolu. C’est tout de même un homme qui fut garant des institutions qui porte ce coup à double détente, puisqu’il sert une autre justiciable, au mépris d’un principe.

C’est doublement inexcusable.

Ainsi, la condamnation de Nicolas Sarkozy  devient un instrument médiatique au service d’une utilité personnelle: sa cause, ainsi présentée, sert de levier pour le cas de Marine Le Pen, et permet au RN de dénoncer une justice perçue comme  »laxiste » avec les délinquants et  »acharnée » contre des responsables politiques présentés comme des serviteurs de l’État, auxquels les magistrats ont consacré des millions d’euros au cours d’années d’acharnement judiciaire.

C’est inacceptable.

Que les magistrats aient tenté, à longueur de plateaux TV, de séparer le droit de la politique, rappelant aux rares oreilles à vouloir l’entendre, le sens et la pédagogie de la décision de leurs pairs, n’y change rien: le procès se déplace dangereusement, sur la scène médiatique, nourrissant le soupçon plutôt que la clarté. Cette mécanique interroge gravement l’ordre démocratique.


>Qu’est-ce que c’est que ce foutoir?

Ayez peur

Un mur est en train de se reconstruire sous nos yeux. Il est invisible, mais infiniment plus préjudiciable que le mur de Berlin, même s’il se reconstruit, en partie, sur les fondations de ce qu’était le rideau de fer. Le nouveau mur qui s’élève irrésistiblement court de Tel-Aviv à Moscou et cherche, attiré par l’image que donne Trump de l’Amérique, à faire sa jonction avec Washington.
Le mur grandit.
Le mur avance.
Le mur nous enferme.

C’est le véritable enjeu de ce qui saisit, depuis des années, les démocraties, mais il menace le monde entier. Ces phénomènes ne doivent pas être vus isolément, mais à l’échelle globale. C’est le mouvement du même corps, avec ses organes spécifiques, à des endroits différents.

Ne croyez pas que les troubles qui emportent les démocraties soient le fruit du hasard et ne s’inscrivent pas au service d’un dessein global. Les gouvernements chancellent, les opinions se radicalisent, et tous les foyers de contestation sont attisés méthodiquement. Le système d’information, saturé de récits contradictoires et de colères instrumentalisées, alloue sa puissance à cette mutation de l’aptitude des peuples à se sauver d’eux-mêmes, qui les fait sombrer dans les délires et passions idéologiques.

Cela les amène à déposer tout leur trésor ontologique au profit d’illusions messianiques, sécuritaires et matérielles. La valeur quitte la matière première qu’est l’Homme et se réfugie dans l’or. L’or resplendit comme jamais, en ce moment.

Les oppositions réclament la démission du président de la République et de nouvelles élections.

Ce qui s’est passé, hier, 18 septembre 2025 en France, avec la grande manifestation protestataire, est éloquent. Le rituel de toute rentrée sociale qui se respecte, dit-on, débouche sur cette routinière pression sur le pacte social et son soliloque impertinent, insensible aux orages qui se forment, de plus en plus près de nous.

  • Au nom des retraites, dont chacun prétend détenir une solution pour éviter d’en assumer la charge. Toutes ces solutions sont illusoires.
  • Au nom des trésors supposés que dissimulerait le navire France, déjà alourdi par une dette qui le condamne. Il ne voguera pas mieux si on ajoute des trous dans sa coque.
  • Au nom d’une lutte des classes qui dresse les uns contre les autres, braque pauvres contre riches, gauche contre droite, et réduit en cendres la cohésion de la Nation.
  • Au nom de colères qui se répandent partout, embrasant le moindre brin de paille, traçant des sillons de feu, près de l’arsenal bourré de barils de poudre.
  • etc.

Les oppositions politiques ne se privent pas de poursuivre et de nourrir les mirages que les colères lèvent. Elles sont comme fascinées par le sentiment de représenter, elles-mêmes, dans et par ce carnaval loufoque et tragique quelque chose qu’elles ne savent pas incarner dans le cours régulier de la vie politique et sociale d’un pays. Le mal qui ronge le pays est là.

Tout le monde sait et pressent que tout ceci n’est qu’agitation stérile. Mais chacun s’y enivre – les médias en tête qui leur accordent leur caution – ou s’indiffère ne souhaitant pas y voir autre chose que le manège insensé de sociétés qui ont l’inaliénable droit d’être frivoles et inconséquentes.

Ce n’est pas autrement, imperceptiblement, que le destin des nations, les unes après les autres, au titre d’une disposition particulière ou d’une autre, basculent dans leur propre enfer et contaminent celles qui résistent. C’est par cette désertion que cela se produit. Cela crée une tension entre elles et fait des démocraties un danger pour elles-mêmes, comme pour les autres régimes intègres qui assistent à cette lente décrépitude et mesurent combien cela est nocif et dangereux pour eux-mêmes. La Chine l’a compris.

Il vient pourtant un temps où il faut être clair.

Car derrière le bal des boniments, se cache l’essentiel. Comme toujours, l’essentiel est masqué. L’essentiel, c’est l’enjeu géopolitique. Nul ne s’émeut de la pression qu’exercent l’ensemble des partis politiques, des syndicats, avec tant d’écho dans l’opinion publique, si on en croit les sondages, pour réclamer la démission du président de la République. Après tout, si l’on en croît le bruit de fond et les slogans, ce serait légitime. Après tout, dans une démocratie, ce serait normal. On ne veut plus du président, parce que sa vue provoque de l’urticaire, alors on le dégage.

Qui peut croire, même si le concours Lépine des idées à la noix bat son plein – Qui peut croire que cela règlerait, par enchantement, les problèmes de la France qui ne sont rien d’autre que le produit de l’accumulation, au nom d’une illusion ou au nom d’une autre, des lentes démissions, dont cette propension à nous décharger de notre responsabilité collective au nom de nos intérêts corporatistes ou individuels, est l’expression même?

Qui?

Là où la Constitution de la Ve République par son architecture dominée par la figure institutionnelle trinitaire (Président de la République – Chef de l’Etat – Chef des Armées) en clé de voute se vouait à tenir le système institutionnel, nous constatons que le système d’information, loin de l’édifier et de le protéger – ce qui est sa première fonction et son seul devoir – livre le Peuple aux démons de la division et l’édifice qui le protège à toutes les corrosions possibles et imaginables.
L’orgie peut alors débuter. Elle rassasie les ambitions et vanités partisanes, excite les penchants individuels et s’enivre de soif de pouvoir.
L’orgie politique n’a rien à voir avec le banquet de Platon.
L’orgie publique n’a rien à voir avec la République.

Il faut s’attendre à des conséquences amères, car ce que la chute de cette République entraînerait, pour l’Ukraine comme pour la Palestine, n’est pas neutre. Il confirmerait le glissement de terrain que les attentats du 11-Septembre-2001 avaient pour vocation de provoquer sur la terre et au ciel, entendus en termes de géopolitique et dans les esprits.

Ce qui s’est passé le 11-Septembre-2001 a changé la toile de fond de notre histoire commune pour la remplacer par une tenture, qui n’est plus la voute éclatante de la Voie Lactée, mais celle d’un irrémédiable choc des civilisations entre l’islam et l’Occident. Il a offert la puissance que cela recèle à tout le registre de la pensée, à tous les champs de perception, structurant un cadre dont nul n’est censé pouvoir sortir. C’est ce ciel hanté qui nous habite. Il a remplacé l’autre, le vrai.

Il faudra pourtant savoir s’en émanciper car il est parvenu à nous conditionner par la peur et à nous y tenir par la défiance. A l’égal de la Russie de Poutine, l’Israël de Netanyahou manipule ces ressorts.

Ceux qui croient que c’est le fruit du hasard se trompent.

Si les mots ne disent plus rien, alors à quoi bon signaler que le monde sombre dans la post-vérité et que les peuples deviennent aussi obéissants aux injonctions et impulsions cognitives que la limaille passée sous le pôle d’un simple aimant.

Partout, cet aimant fait des ravages. En Angleterre, il a suffi d’un peu de marketing, d’un slogan, d’agiter quelques chiffons rouges, pour aboutir au Brexit. Mais l’Angleterre, d’un faux scandale à un autre, n’a pas encore cédé. Elle ne s’est pas entièrement dégondée car le Brexit n’a pas suffi à la décrocher, sur le plan stratégique, de l’Europe.

Alors, ce à quoi nous assistons, aujourd’hui, de l’autre côté de la Manche, ce n’est ni plus ni moins que les efforts de la Russie, avec ses relais, pour que l’ancien empire qui ne voyait pas le soleil se coucher se couche devant celui de la Russie et – quel malheur! – celui qu’Israël lève au dessus de son horizon.

De ce côté-ci du « channel », ce n’est pas plus reluisant. Tout le monde sait que le chaos politique ne profite qu’à un seul parti.
Il attend son heure depuis des années.
Il caresse les chats et brosse l’opinion publique dans le sens du poil.
Les sondages – auxquels on accorde bien trop de crédit et qui ont un effet redoutablement pervers sur la manière dont l’esprit public s’acquiert et s’édifie – lui promettent le pouvoir.
Tout le monde sait que ce parti est fasciné par l’axe Tel-Aviv → Moscou et y adhère.
Tout le monde sait que Moscou l’a financé et a formé, idéologiquement, ses cadres dans la vision d’une nouvelle hégémonie d’un ordre occidental, judéo-chrétien. Poutine et Netanyahou, c’est presque quarante ans de pouvoir à eux seuls.
Ils y ont appris à acérer les lames rhétoriques face à des démocraties qui en sont à se demander, en finance publique, si en le voulant vraiment, deux plus deux, cela ne peut pas faire cinq. Ce qui règlerait, il faut l’admettre, quelques problèmes.

Nous en sommes là.

Ce que veulent le RN et ses alliés, c’est une cassure irréversible de l’unité européenne, mais au-delà, ce que l’on voit aussi, c’est que le microcosme politique, chacun pour des raisons qui lui est propre, contribue irrémédiablement à cette issue. Vile représentation.

Le Rassemblement National ne peut pas dire, bien sûr, qu’il veut l’allégeance de la France à la Russie. Il ne peut pas le dire de cette manière. Cela, chacun peut le comprendre. Alors, une dialectique spéciale s’est mise en place, à laquelle la Russie contribue, opérationnellement, dans le cadre de sa guerre cognitive.
Par cette habileté à dire les mots, le Rassemblement National dit tout ce que vous voulez entendre de vos malheurs et de ce qu’ils appellent comme espoirs, sauf ça, pour obtenir, in fine, la reddition sans combat du grand pays qu’est la France et l’abdication de l’idéal de sa grande République.

Voilà ce qui est attendu du peuple français: sa déchéance, pure et simple.

Non, l’ascension du Rassemblement National ne doit rien au hasard. La guerre cognitive a détruit, lentement, surement, méthodiquement, scientifiquement, à partir de ce qu’elle croit être l’homme et le citoyen, ce qui lie, dans une République Une et Indivisible, chaque citoyen à l’autre, bien au-delà de l’inflammation de l’opinion et des querelles idéologiques.

Le souverainisme a segmenté chaque parti. Il a éparpillé les grands partis façon puzzle, pulvérisé les clivages qui avaient déjà sclérosé la nation, multiplié les figures populistes. Aujourd’hui, la guillotine festive se trimballe au milieu des manifestations populaires, sans susciter, plus que ça, la réprobation du défilé. Elle est entrée dans les mœurs et, soyez en sûr, elle continuera d’avancer jusqu’au plus profond des têtes.

La guerre cognitive, elle a commencé là, avec l’altermondialisme, le souverainisme, le fait de dire tout haut ce que tout le monde est censé penser tout bas et la dénonciation – la fameuse dénonciation – de la pensée unique. Tout le monde y a vu le moyen de s’illustrer. C’étaient de mauvaises graines. Celles de la désinhibition. Elles ont été  allègrement répandues partout au milieu des cultures vivrières et depuis quelque chose, dans l’esprit public, meurt de faim. Cela détruit la Politique. Et ce chaos, ne profite qu’à un seul parti, qu’à une seule incarnation d’un mode de pensée, puisqu’un parti, ce n’est jamais, qu’une coalition de gens qui  répliquent le même mode de pensée et l’imposent, par une majorité.
Ce n’est pas tout à fait ce que vous voyez.
Vous vous dîtes: il y a le pluralisme, et je constate qu’il y a une autre force qui combat ce parti avec la même virulence, à l’extrême opposé.
Oui, c’est vrai, mais prenez conscience que ce parti dont il est dit, à défaut de le savoir écrit, qu’il va gagner, suppose son contraire pour prendre corps.
Il suppose son contraire pour prendre corps.

Si cela aboutit, et il est à craindre désormais craindre que cela se produise, il faut que cela soit dit le plus clairement possible, la démocratie sera morte et elle aura emporté la République Française au royaume d’Hadès au moment où sa voix compte le plus.

Plus grave encore que le sort d’une nation qui s’est voulue si particulière, au nom de l’universalité de l’Homme, et qui chute par égotisme et aveuglement, c’est le fait qu’elle puisse faire défaut au moment où le monde a le plus besoin de sa voix.

Ce moment n’est pas innocent quand l’arme nucléaire mêle sa psalmodie aux messes noires de certains pouvoirs qui considèrent, ouvertement ou sans jamais en faire mention, que l’arme suprême leur confère l’impunité, soit le droit de faire ce qu’elles veulent pour décider de ce qu’est et sera la civilisation humaine.

Ayez peur.
Pas d’un dieu quelconque, susceptible de faire parler son courroux.
Ayez peur, ayez peur de vous.
Des puissances destructrices qui naissent en vous et de vous.

Il n’est pas indifférent de savoir que ces forces se meuvent et se désengourdissent, aujourd’hui, dans un monde qui peut s’autodétruire dans le feu nucléaire, s’achever en holocauste.

Assez parlé de vous.

Il me vient à l’esprit que j’aimerai avoir assez de force pour n’avoir plus à ouvrir la bouche, et, plus encore, pour ne plus avoir la vie psychique qui accorde l’insigne privilège – égal à celui de la vigie qui détecte un danger et que nul, au-delà de quelques premières oreilles compatissantes et impuissantes, n’entend – de comprendre la nature du crime auquel elle assiste.

C’est juste la nature humaine qui est lentement effacée.
Ce que l’on vit pour l’amour du Peuple est devenu impossible à vivre.


L’enfant mérite d’être sauvé1.

  1. Nous vivons dans un temps où il convient de préciser que ce n’est pas de moi que je parle et ce n’est pas de l’ordre de l’abstraction. Cela échappe à tout champ. ↩︎

Discours à l’Assemblée générale des Nations unies

(sur la contestation du siège russe occupé par le Sozbez)

Mesdames, Messieurs les délégués,

Nous nous réunissons aujourd’hui dans un contexte où la vérité ne peut plus être différée. Le siège attribué en 1945 à l’Union des Républiques socialistes soviétiques au Conseil de sécurité a, depuis 1991, été occupé par la Fédération de Russie. Cette occupation s’est faite par simple notification, sans amendement de la Charte, sur la base d’une présomption : celle de la continuité étatique et du respect des principes fondateurs des Nations unies.

Or, aujourd’hui, cette présomption est brisée. Le pouvoir effectif en Russie n’est plus exercé par des institutions constitutionnelles représentatives, mais par un organe opaque, le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie – le Sozbez.

Le Sozbez est une incrustation étrangère dans le système onusien, un pur alien au milieu des nations intègres, qui fausse le jeu collectif. C’est lui qui décide de l’agression militaire contre l’Ukraine, de l’annexion proclamée de territoires souverains, et qui instrumentalise le siège permanent pour bloquer cette Organisation.

Nous ne contestons pas le peuple russe. Nous ne contestons pas son histoire, ni son droit à exister dans la dignité et la souveraineté. Ce que nous contestons, c’est l’alien qui a capté son siège. Ce n’est pas la Russie constitutionnelle qui parle et qui vote au Conseil de sécurité, mais un organe militaro-sécuritaire qui trahit la Charte et menace la paix internationale.

L’Assemblée générale ne peut rester spectatrice. Elle a le devoir de rappeler que nul État, et a fortiori nul organe occulte, ne peut se prévaloir du droit de veto pour couvrir une violation patente de la Charte. En 1971, elle a eu le courage de trancher la question de la représentation de la Chine. Aujourd’hui, elle doit avoir le courage de poser la question du siège soviétique confisqué par le Sozbez.

C’est pourquoi nous soumettons une résolution claire :

-constater que la Fédération de Russie, telle qu’elle est aujourd’hui gouvernée, ne peut se prévaloir de la reconnaissance implicite accordée en 1991 ;

-déclarer que tout veto opposé par le Sozbez est dépourvu de validité ;

-saisir la Cour internationale de Justice pour avis consultatif ;

-préparer, par l’article 109 de la Charte, la clarification des conditions d’exercice des sièges permanents.

Mesdames et Messieurs, l’ONU n’est pas condamnée à l’impuissance. Elle dispose en elle-même des moyens de se réformer. Mais elle ne peut les activer qu’à une condition : oser nommer ce qui est étranger à la Charte, ce qui la parasite, ce qui l’empêche de remplir sa mission.

Aujourd’hui, cet alien a un nom : le Sozbez.

L’histoire jugera si, face à cette vérité, l’Assemblée générale a eu le courage de redonner sens à la Charte des Nations unies.

Je vous remercie.

Aux Grands Hommes (et Femmes), la Patrie ingrate

Ce n’est pas tant la reconnaissance tardive ou refusée de tel ou tel destin individuel qui importe — aussi grands soient-ils — que la blessure infligée à la France elle-même. Car lorsque la Patrie se montre ingrate envers ceux qui l’élèvent, ce n’est pas leur gloire personnelle qu’elle brise, mais sa propre grandeur. La Ve République est à la mesure d’un grand peuple. D’où la nécessité de la tuer.

En 1996, à l’image des mots du flamboyant Boris Vallaud dans l’hémicycle,
celui qui n’était alors — de mémoire — qu’un homme d’appareil,
Premier secrétaire du Parti socialiste,
avait lancé à Alain Juppé une estocade dont il a le secret:

“La démocratie n’est pas le problème. Elle est la solution.”

Il faut être de la trempe d’un de Gaulle ou d’un Churchill, aimer le Peuple au point d’en faire le pari constant  et si souvent détrompé (de la dissolution ou du référendum)
pour faire dire au Peuple cette vérité sans la trahir.

Car, oui, il y a des bouches qui font de la démocratie un problème.
Que ces bouches se taisent. Elles ont infligé à François Bayrou – Libé est magique dans ces instants de décrépitude puisque c’est son titre du jour – une super trempe, par 364 voix contre 194, au nom de la représentation nationale.

Un Premier ministre de la France est tombé. 9 mois après son prédecesseur.

François Bayrou, hier, a défendu la République et la Démocratie
comme l’honnête homme qu’il est profondément
— et qui mérite d’être salué.

Il l’a fait comme Juppé l’avait fait avant lui:
l’un droit dans ses bottes,
l’autre debout dans son âme.

Il l’a fait comme Jacques Chirac acculé. Comme Emmanuel Macron encerclé. Ces présidents n’était pas dans leur tour d’ivoire. Ils était dans l’ultime sanctuaire face à des partis politiques d’opposition ivres de leur capacité de nuisance, eux dans leur tour d’ivoire. Aveugles au sort de la France, la transformant en un nombrilisme purulent.

Mais les preux ne peuvent rien contre la malédiction – Bayrou a eu raison de faire appel à cet mot puissant –
qui s’abat sur la France. Et que rien ne permet de conjurer.

Cette malédiction, je la combats aussi, depuis 1996.
Année charnière : les mouvements sociaux venaient de mettre la France sur cette orbite désastreuse.
J’ai quitté le journalisme,
pour suivre une voie singulière,
et porter le fardeau — le cadavre, comme a dit Malraux déplorant que cette même France eût répudié le général en le sanctionnant, le 27 avril 1969, lors du référendum sur la régionalisation—
d’une certaine idée de la France.

Rien ne doit être grand, au-dessus des mêlées. Personne ne doit être providentiel, même pas la providence. Des forces s’emploient a réduire le pays à n’être que l’ombre de lui-même.

Ce qui arrive à notre pays n’aurait pas été et ne serait pas possible sans un système d’information parfaitement défaillant, qui assimile le peuple à des représentations fictives et le livrent à ce jeu pervers, alors qu’il est transformé en poupée vaudou en haut, remplacé, en bas, en objet virtuel sur lequel des politiciens de métier, plus que de vocation, appliquent leurs recettes faites de sondages creux, de micro-trottoirs biaisés, d’injonctions démagogiques, qu’exploite un appareillage de bidouille crépusculaire.

Un système endogamique s’est constitué et impose au peuple sa volonté en prétendant le servir et en excluant celles et ceux qui le servent sans faillir.

On aime à croire que la République sait honorer ses enfants dévoués et illustres serviteurs, mais l’Histoire démontre trop souvent le contraire. Les plus lucides, les plus courageux, les plus visionnaires sont d’abord contestés, parfois rejetés, puis salués… tard, parfois trop tard. Aux grands hommes — et aux grandes femmes — la Patrie se montre souvent ingrate. C’est le prix amer de la clairvoyance, mais aussi le sceau de leur vérité.

Il faut aimer le peuple pour le sauver.

Il faut le reconnaître plus grand que tout.

RN : l’appartenance au socle démocratique n’implique pas celle à l’arc républicain

Le Rassemblement National n’appartient pas, contrairement à l’assertion de l’ancien président de la République aujourd’hui sous bracelet électronique, à « l’arc républicain ».
Il appartient à la démocratie par ses électeurs, mais aussi au registre des formations politiques.
La limite à cette appartenance apparaît si l’on considère que son ascension — du FN originel à sa version actuelle — doit moins à une dynamique nationale qu’à une manipulation constante de la sensibilité électorale sur quelques thèmes de prédilection, dont l’immigration.
Si une telle manipulation, fomentée et soutenue par une intelligence étrangère, depuis des décennies, via les réseaux sociaux et les opérations cognitives, était avérée, alors le RN n’appartiendrait plus ni à l’arc républicain ni au socle démocratique.
Il ne serait qu’un levier d’influence subversif au cœur de la République Française.
C’est aussi simple que cela.

PS: La même grille d’appréciation vaut pour d’autres partis de l’arc déstabilisateur.

#8septembre
#ArcRépublicain
#Démocratie
#RépubliqueFrançaise

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