Ayez peur

Un mur est en train de se reconstruire sous nos yeux. Il est invisible, mais infiniment plus préjudiciable que le mur de Berlin, même s’il se reconstruit, en partie, sur les fondations de ce qu’était le rideau de fer. Le nouveau mur qui s’élève irrésistiblement court de Tel-Aviv à Moscou et cherche, attiré par l’image que donne Trump de l’Amérique, à faire sa jonction avec Washington.
Le mur grandit.
Le mur avance.
Le mur nous enferme.

C’est le véritable enjeu de ce qui saisit, depuis des années, les démocraties, mais il menace le monde entier. Ces phénomènes ne doivent pas être vus isolément, mais à l’échelle globale. C’est le mouvement du même corps, avec ses organes spécifiques, à des endroits différents.

Ne croyez pas que les troubles qui emportent les démocraties soient le fruit du hasard et ne s’inscrivent pas au service d’un dessein global. Les gouvernements chancellent, les opinions se radicalisent, et tous les foyers de contestation sont attisés méthodiquement. Le système d’information, saturé de récits contradictoires et de colères instrumentalisées, alloue sa puissance à cette mutation de l’aptitude des peuples à se sauver d’eux-mêmes, qui les fait sombrer dans les délires et passions idéologiques.

Cela les amène à déposer tout leur trésor ontologique au profit d’illusions messianiques, sécuritaires et matérielles. La valeur quitte la matière première qu’est l’Homme et se réfugie dans l’or. L’or resplendit comme jamais, en ce moment.

Les oppositions réclament la démission du président de la République et de nouvelles élections.

Ce qui s’est passé, hier, 18 septembre 2025 en France, avec la grande manifestation protestataire, est éloquent. Le rituel de toute rentrée sociale qui se respecte, dit-on, débouche sur cette routinière pression sur le pacte social et son soliloque impertinent, insensible aux orages qui se forment, de plus en plus près de nous.

  • Au nom des retraites, dont chacun prétend détenir une solution pour éviter d’en assumer la charge. Toutes ces solutions sont illusoires.
  • Au nom des trésors supposés que dissimulerait le navire France, déjà alourdi par une dette qui le condamne. Il ne voguera pas mieux si on ajoute des trous dans sa coque.
  • Au nom d’une lutte des classes qui dresse les uns contre les autres, braque pauvres contre riches, gauche contre droite, et réduit en cendres la cohésion de la Nation.
  • Au nom de colères qui se répandent partout, embrasant le moindre brin de paille, traçant des sillons de feu, près de l’arsenal bourré de barils de poudre.
  • etc.

Les oppositions politiques ne se privent pas de poursuivre et de nourrir les mirages que les colères lèvent. Elles sont comme fascinées par le sentiment de représenter, elles-mêmes, dans et par ce carnaval loufoque et tragique quelque chose qu’elles ne savent pas incarner dans le cours régulier de la vie politique et sociale d’un pays. Le mal qui ronge le pays est là.

Tout le monde sait et pressent que tout ceci n’est qu’agitation stérile. Mais chacun s’y enivre – les médias en tête qui leur accordent leur caution – ou s’indiffère ne souhaitant pas y voir autre chose que le manège insensé de sociétés qui ont l’inaliénable droit d’être frivoles et inconséquentes.

Ce n’est pas autrement, imperceptiblement, que le destin des nations, les unes après les autres, au titre d’une disposition particulière ou d’une autre, basculent dans leur propre enfer et contaminent celles qui résistent. C’est par cette désertion que cela se produit. Cela crée une tension entre elles et fait des démocraties un danger pour elles-mêmes, comme pour les autres régimes intègres qui assistent à cette lente décrépitude et mesurent combien cela est nocif et dangereux pour eux-mêmes. La Chine l’a compris.

Il vient pourtant un temps où il faut être clair.

Car derrière le bal des boniments, se cache l’essentiel. Comme toujours, l’essentiel est masqué. L’essentiel, c’est l’enjeu géopolitique. Nul ne s’émeut de la pression qu’exercent l’ensemble des partis politiques, des syndicats, avec tant d’écho dans l’opinion publique, si on en croit les sondages, pour réclamer la démission du président de la République. Après tout, si l’on en croît le bruit de fond et les slogans, ce serait légitime. Après tout, dans une démocratie, ce serait normal. On ne veut plus du président, parce que sa vue provoque de l’urticaire, alors on le dégage.

Qui peut croire, même si le concours Lépine des idées à la noix bat son plein – Qui peut croire que cela règlerait, par enchantement, les problèmes de la France qui ne sont rien d’autre que le produit de l’accumulation, au nom d’une illusion ou au nom d’une autre, des lentes démissions, dont cette propension à nous décharger de notre responsabilité collective au nom de nos intérêts corporatistes ou individuels, est l’expression même?

Qui?

Là où la Constitution de la Ve République par son architecture dominée par la figure institutionnelle trinitaire (Président de la République – Chef de l’Etat – Chef des Armées) en clé de voute se vouait à tenir le système institutionnel, nous constatons que le système d’information, loin de l’édifier et de le protéger – ce qui est sa première fonction et son seul devoir – livre le Peuple aux démons de la division et l’édifice qui le protège à toutes les corrosions possibles et imaginables.
L’orgie peut alors débuter. Elle rassasie les ambitions et vanités partisanes, excite les penchants individuels et s’enivre de soif de pouvoir.
L’orgie politique n’a rien à voir avec le banquet de Platon.
L’orgie publique n’a rien à voir avec la République.

Il faut s’attendre à des conséquences amères, car ce que la chute de cette République entraînerait, pour l’Ukraine comme pour la Palestine, n’est pas neutre. Il confirmerait le glissement de terrain que les attentats du 11-Septembre-2001 avaient pour vocation de provoquer sur la terre et au ciel, entendus en termes de géopolitique et dans les esprits.

Ce qui s’est passé le 11-Septembre-2001 a changé la toile de fond de notre histoire commune pour la remplacer par une tenture, qui n’est plus la voute éclatante de la Voie Lactée, mais celle d’un irrémédiable choc des civilisations entre l’islam et l’Occident. Il a offert la puissance que cela recèle à tout le registre de la pensée, à tous les champs de perception, structurant un cadre dont nul n’est censé pouvoir sortir. C’est ce ciel hanté qui nous habite. Il a remplacé l’autre, le vrai.

Il faudra pourtant savoir s’en émanciper car il est parvenu à nous conditionner par la peur et à nous y tenir par la défiance. A l’égal de la Russie de Poutine, l’Israël de Netanyahou manipule ces ressorts.

Ceux qui croient que c’est le fruit du hasard se trompent.

Si les mots ne disent plus rien, alors à quoi bon signaler que le monde sombre dans la post-vérité et que les peuples deviennent aussi obéissants aux injonctions et impulsions cognitives que la limaille passée sous le pôle d’un simple aimant.

Partout, cet aimant fait des ravages. En Angleterre, il a suffi d’un peu de marketing, d’un slogan, d’agiter quelques chiffons rouges, pour aboutir au Brexit. Mais l’Angleterre, d’un faux scandale à un autre, n’a pas encore cédé. Elle ne s’est pas entièrement dégondée car le Brexit n’a pas suffi à la décrocher, sur le plan stratégique, de l’Europe.

Alors, ce à quoi nous assistons, aujourd’hui, de l’autre côté de la Manche, ce n’est ni plus ni moins que les efforts de la Russie, avec ses relais, pour que l’ancien empire qui ne voyait pas le soleil se coucher se couche devant celui de la Russie et – quel malheur! – celui qu’Israël lève au dessus de son horizon.

De ce côté-ci du « channel », ce n’est pas plus reluisant. Tout le monde sait que le chaos politique ne profite qu’à un seul parti.
Il attend son heure depuis des années.
Il caresse les chats et brosse l’opinion publique dans le sens du poil.
Les sondages – auxquels on accorde bien trop de crédit et qui ont un effet redoutablement pervers sur la manière dont l’esprit public s’acquiert et s’édifie – lui promettent le pouvoir.
Tout le monde sait que ce parti est fasciné par l’axe Tel-Aviv → Moscou et y adhère.
Tout le monde sait que Moscou l’a financé et a formé, idéologiquement, ses cadres dans la vision d’une nouvelle hégémonie d’un ordre occidental, judéo-chrétien. Poutine et Netanyahou, c’est presque quarante ans de pouvoir à eux seuls.
Ils y ont appris à acérer les lames rhétoriques face à des démocraties qui en sont à se demander, en finance publique, si en le voulant vraiment, deux plus deux, cela ne peut pas faire cinq. Ce qui règlerait, il faut l’admettre, quelques problèmes.

Nous en sommes là.

Ce que veulent le RN et ses alliés, c’est une cassure irréversible de l’unité européenne, mais au-delà, ce que l’on voit aussi, c’est que le microcosme politique, chacun pour des raisons qui lui est propre, contribue irrémédiablement à cette issue. Vile représentation.

Le Rassemblement National ne peut pas dire, bien sûr, qu’il veut l’allégeance de la France à la Russie. Il ne peut pas le dire de cette manière. Cela, chacun peut le comprendre. Alors, une dialectique spéciale s’est mise en place, à laquelle la Russie contribue, opérationnellement, dans le cadre de sa guerre cognitive.
Par cette habileté à dire les mots, le Rassemblement National dit tout ce que vous voulez entendre de vos malheurs et de ce qu’ils appellent comme espoirs, sauf ça, pour obtenir, in fine, la reddition sans combat du grand pays qu’est la France et l’abdication de l’idéal de sa grande République.

Voilà ce qui est attendu du peuple français: sa déchéance, pure et simple.

Non, l’ascension du Rassemblement National ne doit rien au hasard. La guerre cognitive a détruit, lentement, surement, méthodiquement, scientifiquement, à partir de ce qu’elle croit être l’homme et le citoyen, ce qui lie, dans une République Une et Indivisible, chaque citoyen à l’autre, bien au-delà de l’inflammation de l’opinion et des querelles idéologiques.

Le souverainisme a segmenté chaque parti. Il a éparpillé les grands partis façon puzzle, pulvérisé les clivages qui avaient déjà sclérosé la nation, multiplié les figures populistes. Aujourd’hui, la guillotine festive se trimballe au milieu des manifestations populaires, sans susciter, plus que ça, la réprobation du défilé. Elle est entrée dans les mœurs et, soyez en sûr, elle continuera d’avancer jusqu’au plus profond des têtes.

La guerre cognitive, elle a commencé là, avec l’altermondialisme, le souverainisme, le fait de dire tout haut ce que tout le monde est censé penser tout bas et la dénonciation – la fameuse dénonciation – de la pensée unique. Tout le monde y a vu le moyen de s’illustrer. C’étaient de mauvaises graines. Celles de la désinhibition. Elles ont été  allègrement répandues partout au milieu des cultures vivrières et depuis quelque chose, dans l’esprit public, meurt de faim. Cela détruit la Politique. Et ce chaos, ne profite qu’à un seul parti, qu’à une seule incarnation d’un mode de pensée, puisqu’un parti, ce n’est jamais, qu’une coalition de gens qui  répliquent le même mode de pensée et l’imposent, par une majorité.
Ce n’est pas tout à fait ce que vous voyez.
Vous vous dîtes: il y a le pluralisme, et je constate qu’il y a une autre force qui combat ce parti avec la même virulence, à l’extrême opposé.
Oui, c’est vrai, mais prenez conscience que ce parti dont il est dit, à défaut de le savoir écrit, qu’il va gagner, suppose son contraire pour prendre corps.
Il suppose son contraire pour prendre corps.

Si cela aboutit, et il est à craindre désormais craindre que cela se produise, il faut que cela soit dit le plus clairement possible, la démocratie sera morte et elle aura emporté la République Française au royaume d’Hadès au moment où sa voix compte le plus.

Plus grave encore que le sort d’une nation qui s’est voulue si particulière, au nom de l’universalité de l’Homme, et qui chute par égotisme et aveuglement, c’est le fait qu’elle puisse faire défaut au moment où le monde a le plus besoin de sa voix.

Ce moment n’est pas innocent quand l’arme nucléaire mêle sa psalmodie aux messes noires de certains pouvoirs qui considèrent, ouvertement ou sans jamais en faire mention, que l’arme suprême leur confère l’impunité, soit le droit de faire ce qu’elles veulent pour décider de ce qu’est et sera la civilisation humaine.

Ayez peur.
Pas d’un dieu quelconque, susceptible de faire parler son courroux.
Ayez peur, ayez peur de vous.
Des puissances destructrices qui naissent en vous et de vous.

Il n’est pas indifférent de savoir que ces forces se meuvent et se désengourdissent, aujourd’hui, dans un monde qui peut s’autodétruire dans le feu nucléaire, s’achever en holocauste.

Assez parlé de vous.

Il me vient à l’esprit que j’aimerai avoir assez de force pour n’avoir plus à ouvrir la bouche, et, plus encore, pour ne plus avoir la vie psychique qui accorde l’insigne privilège – égal à celui de la vigie qui détecte un danger et que nul, au-delà de quelques premières oreilles compatissantes et impuissantes, n’entend – de comprendre la nature du crime auquel elle assiste.

C’est juste la nature humaine qui est lentement effacée.
Ce que l’on vit pour l’amour du Peuple est devenu impossible à vivre.


L’enfant mérite d’être sauvé1.

  1. Nous vivons dans un temps où il convient de préciser que ce n’est pas de moi que je parle et ce n’est pas de l’ordre de l’abstraction. Cela échappe à tout champ. ↩︎

Discours à l’Assemblée générale des Nations unies

(sur la contestation du siège russe occupé par le Sozbez)

Mesdames, Messieurs les délégués,

Nous nous réunissons aujourd’hui dans un contexte où la vérité ne peut plus être différée. Le siège attribué en 1945 à l’Union des Républiques socialistes soviétiques au Conseil de sécurité a, depuis 1991, été occupé par la Fédération de Russie. Cette occupation s’est faite par simple notification, sans amendement de la Charte, sur la base d’une présomption : celle de la continuité étatique et du respect des principes fondateurs des Nations unies.

Or, aujourd’hui, cette présomption est brisée. Le pouvoir effectif en Russie n’est plus exercé par des institutions constitutionnelles représentatives, mais par un organe opaque, le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie – le Sozbez.

Le Sozbez est une incrustation étrangère dans le système onusien, un pur alien au milieu des nations intègres, qui fausse le jeu collectif. C’est lui qui décide de l’agression militaire contre l’Ukraine, de l’annexion proclamée de territoires souverains, et qui instrumentalise le siège permanent pour bloquer cette Organisation.

Nous ne contestons pas le peuple russe. Nous ne contestons pas son histoire, ni son droit à exister dans la dignité et la souveraineté. Ce que nous contestons, c’est l’alien qui a capté son siège. Ce n’est pas la Russie constitutionnelle qui parle et qui vote au Conseil de sécurité, mais un organe militaro-sécuritaire qui trahit la Charte et menace la paix internationale.

L’Assemblée générale ne peut rester spectatrice. Elle a le devoir de rappeler que nul État, et a fortiori nul organe occulte, ne peut se prévaloir du droit de veto pour couvrir une violation patente de la Charte. En 1971, elle a eu le courage de trancher la question de la représentation de la Chine. Aujourd’hui, elle doit avoir le courage de poser la question du siège soviétique confisqué par le Sozbez.

C’est pourquoi nous soumettons une résolution claire :

-constater que la Fédération de Russie, telle qu’elle est aujourd’hui gouvernée, ne peut se prévaloir de la reconnaissance implicite accordée en 1991 ;

-déclarer que tout veto opposé par le Sozbez est dépourvu de validité ;

-saisir la Cour internationale de Justice pour avis consultatif ;

-préparer, par l’article 109 de la Charte, la clarification des conditions d’exercice des sièges permanents.

Mesdames et Messieurs, l’ONU n’est pas condamnée à l’impuissance. Elle dispose en elle-même des moyens de se réformer. Mais elle ne peut les activer qu’à une condition : oser nommer ce qui est étranger à la Charte, ce qui la parasite, ce qui l’empêche de remplir sa mission.

Aujourd’hui, cet alien a un nom : le Sozbez.

L’histoire jugera si, face à cette vérité, l’Assemblée générale a eu le courage de redonner sens à la Charte des Nations unies.

Je vous remercie.

Aux Grands Hommes (et Femmes), la Patrie ingrate

Ce n’est pas tant la reconnaissance tardive ou refusée de tel ou tel destin individuel qui importe — aussi grands soient-ils — que la blessure infligée à la France elle-même. Car lorsque la Patrie se montre ingrate envers ceux qui l’élèvent, ce n’est pas leur gloire personnelle qu’elle brise, mais sa propre grandeur. La Ve République est à la mesure d’un grand peuple. D’où la nécessité de la tuer.

En 1996, à l’image des mots du flamboyant Boris Vallaud dans l’hémicycle,
celui qui n’était alors — de mémoire — qu’un homme d’appareil,
Premier secrétaire du Parti socialiste,
avait lancé à Alain Juppé une estocade dont il a le secret:

“La démocratie n’est pas le problème. Elle est la solution.”

Il faut être de la trempe d’un de Gaulle ou d’un Churchill, aimer le Peuple au point d’en faire le pari constant  et si souvent détrompé (de la dissolution ou du référendum)
pour faire dire au Peuple cette vérité sans la trahir.

Car, oui, il y a des bouches qui font de la démocratie un problème.
Que ces bouches se taisent. Elles ont infligé à François Bayrou – Libé est magique dans ces instants de décrépitude puisque c’est son titre du jour – une super trempe, par 364 voix contre 194, au nom de la représentation nationale.

Un Premier ministre de la France est tombé. 9 mois après son prédecesseur.

François Bayrou, hier, a défendu la République et la Démocratie
comme l’honnête homme qu’il est profondément
— et qui mérite d’être salué.

Il l’a fait comme Juppé l’avait fait avant lui:
l’un droit dans ses bottes,
l’autre debout dans son âme.

Il l’a fait comme Jacques Chirac acculé. Comme Emmanuel Macron encerclé. Ces présidents n’était pas dans leur tour d’ivoire. Ils était dans l’ultime sanctuaire face à des partis politiques d’opposition ivres de leur capacité de nuisance, eux dans leur tour d’ivoire. Aveugles au sort de la France, la transformant en un nombrilisme purulent.

Mais les preux ne peuvent rien contre la malédiction – Bayrou a eu raison de faire appel à cet mot puissant –
qui s’abat sur la France. Et que rien ne permet de conjurer.

Cette malédiction, je la combats aussi, depuis 1996.
Année charnière : les mouvements sociaux venaient de mettre la France sur cette orbite désastreuse.
J’ai quitté le journalisme,
pour suivre une voie singulière,
et porter le fardeau — le cadavre, comme a dit Malraux déplorant que cette même France eût répudié le général en le sanctionnant, le 27 avril 1969, lors du référendum sur la régionalisation—
d’une certaine idée de la France.

Rien ne doit être grand, au-dessus des mêlées. Personne ne doit être providentiel, même pas la providence. Des forces s’emploient a réduire le pays à n’être que l’ombre de lui-même.

Ce qui arrive à notre pays n’aurait pas été et ne serait pas possible sans un système d’information parfaitement défaillant, qui assimile le peuple à des représentations fictives et le livrent à ce jeu pervers, alors qu’il est transformé en poupée vaudou en haut, remplacé, en bas, en objet virtuel sur lequel des politiciens de métier, plus que de vocation, appliquent leurs recettes faites de sondages creux, de micro-trottoirs biaisés, d’injonctions démagogiques, qu’exploite un appareillage de bidouille crépusculaire.

Un système endogamique s’est constitué et impose au peuple sa volonté en prétendant le servir et en excluant celles et ceux qui le servent sans faillir.

On aime à croire que la République sait honorer ses enfants dévoués et illustres serviteurs, mais l’Histoire démontre trop souvent le contraire. Les plus lucides, les plus courageux, les plus visionnaires sont d’abord contestés, parfois rejetés, puis salués… tard, parfois trop tard. Aux grands hommes — et aux grandes femmes — la Patrie se montre souvent ingrate. C’est le prix amer de la clairvoyance, mais aussi le sceau de leur vérité.

Il faut aimer le peuple pour le sauver.

Il faut le reconnaître plus grand que tout.

RN : l’appartenance au socle démocratique n’implique pas celle à l’arc républicain

Le Rassemblement National n’appartient pas, contrairement à l’assertion de l’ancien président de la République aujourd’hui sous bracelet électronique, à « l’arc républicain ».
Il appartient à la démocratie par ses électeurs, mais aussi au registre des formations politiques.
La limite à cette appartenance apparaît si l’on considère que son ascension — du FN originel à sa version actuelle — doit moins à une dynamique nationale qu’à une manipulation constante de la sensibilité électorale sur quelques thèmes de prédilection, dont l’immigration.
Si une telle manipulation, fomentée et soutenue par une intelligence étrangère, depuis des décennies, via les réseaux sociaux et les opérations cognitives, était avérée, alors le RN n’appartiendrait plus ni à l’arc républicain ni au socle démocratique.
Il ne serait qu’un levier d’influence subversif au cœur de la République Française.
C’est aussi simple que cela.

PS: La même grille d’appréciation vaut pour d’autres partis de l’arc déstabilisateur.

#8septembre
#ArcRépublicain
#Démocratie
#RépubliqueFrançaise

@EmmanuelMacron
@Renaissance
@MLP_officiel
@RNational_off

🛑Lignes rouges présidentielles : ce que les oppositions ne peuvent pas s’approprier

À l’approche du 8 septembre, date à laquelle le Premier ministre engagera la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée, une clarification s’impose. Si les oppositions ont précipité la crise sur des fondements économiques et sociaux — retraites, budget, fiscalité — alors le champ international et stratégique doit rester hors de portée de toute tentative de reconfiguration politique. Toute mainmise ultérieure sur ces domaines relèverait d’une manipulation. Le Président de la République doit tracer les lignes rouges.

I. Le périmètre du conflit : une crise sociale, pas stratégique

Depuis plusieurs semaines, les principaux groupes d’opposition — RN, LFI, PS — convergent vers une stratégie commune : accélérer la chute du gouvernement. Cette convergence ne repose ni sur une menace extérieure, ni sur un désaccord fondamental sur les choix géopolitiques du pays, mais bien sur des contestations internes : réforme des retraites, déséquilibres budgétaires, fiscalité.

En choisissant d’ignorer le contexte international, pourtant marqué par une tension accrue aux frontières de l’Europe, et en ne faisant pas des enjeux de souveraineté ou de défense un motif de rupture, ces forces politiques ont défini elles-mêmes le cadre de leur intervention.

II. En démocratie, on gouverne dans les limites de sa contestation

Si demain ces mêmes oppositions accédaient au pouvoir ou formaient une majorité alternative, il serait inadmissible qu’elles utilisent ce mandat pour infléchir brutalement la politique étrangère ou remettre en cause des alliances ou engagements internationaux.

Pourquoi ?
Parce qu’elles ne se sont jamais prévalues de ce droit dans le débat actuel. Leur action ne vise pas l’axe stratégique du pays, mais son organisation sociale et économique.

En démocratie, le périmètre d’une légitimité politique est borné par le périmètre de la critique assumée. En sortir, c’est manipuler le suffrage indirect pour masquer une autre ambition.

III. Le Président Macron doit poser les lignes rouges

Face à ce risque, le Président de la République, garant des institutions, des engagements internationaux, de la souveraineté et de la continuité de l’État, doit agir. Il ne s’agit pas d’entraver le jeu parlementaire, mais d’en fixer les bornes constitutionnelles et politiques.

Il lui appartient, compte tenu de l’opacité des manoeuvres, opérées au nom de la démocratie :

  • De rappeler que la défense, la diplomatie, les alliances stratégiques ne relèvent pas du débat social, mais de l’architecture fondamentale de la République.
  • D’affirmer que toute tentative de s’arroger ces domaines par un vote de défiance économique serait un détournement de la souveraineté nationale.
  • D’alerter l’opinion sur la nature potentielle de la crise, et d’empêcher une minorité bruyante de substituer un psychodrame national à la stabilité républicaine.
  • De rappeler que son rôle de gardien des institutions l’oblige à veiller à ce que la démocratie ne devienne pas le cheval de Troie d’une subversion.
  • Il ne s’agit pas ici d’appuyer un gouvernement, mais de préserver les fondations du régime républicain face à des tentatives de détournement des règles du jeu sous des prétextes conjoncturels.

C’est son devoir envers tous les Français et le président de la République est le seul à possèder la légitimité pour l’exercer.

IV. Une manœuvre couverte ou un mandat restreint ?

Deux lectures sont possibles. Soit les oppositions veulent réellement réorienter les choix économiques du pays, dans le cadre d’un débat légitime — et alors leur mandat doit rester dans ce cadre. Soit elles cachent un projet plus vaste, incluant un renversement stratégique — et alors, il faut le dire clairement au peuple français.

Dans le second cas, il ne s’agirait plus d’une alternance, mais d’une entreprise de démantèlement de l’autorité présidentielle dans ses fonctions régaliennes. Un coup de force par omission, déguisé sous les habits de la démocratie parlementaire.

V. Conclusion – La souveraineté ne se prend pas en douce

Le Président peut ne pas entrer dans la mêlée, mais il ne peut ignorer les limites du jeu. En traçant ses lignes rouges, il protège non pas un gouvernement, mais l’équilibre entre les pouvoirs, le rang de la France, et la transparence du débat démocratique.

On peut discuter d’un budget. On peut contester une réforme.
Mais on ne détourne pas une crise sociale pour opérer une bascule stratégique.

À moins de s’avouer que, depuis le début, l’objectif réel était ailleurs.

Compagnon de la Libération

Le système médiatique a désappris à nommer les choses. Alors la fiction prend la place du réel: on parle de révolte populaire, quand c’est un coup d’État qui avance masqué. L’éléphant russe piétine la république de porcelaine.

À l’orée de la rentrée parlementaire de septembre 2025, le destin de la République se joue. François Bayrou engage un vote de confiance les 8 septembre 2025. Ce rendez-vous n’est pas qu’une épreuve parlementaire : il devient le pivot d’une mise en scène plus vaste.

Car la rue, les réseaux sociaux et certains relais médiatiques se préparent déjà. Le mot d’ordre ‘Bloquons tout’ ? Ce n’est pas une déflagration sociale. C’est une mise en scène. Le peuple n’est pas mobilisé : il est manipulé.

Si le gouvernement tombe le 9 septembre – ce que les principaux groupes (RN, LFI et PS ) ont annoncé vouloir provoquer – la ligne de front se déplace immédiatement vers l’Élysée.
Le verrou ne sera plus parlementaire, mais présidentiel.

Ce verrou, c’est celui d’un chef d’État qui continue de soutenir l’Ukraine, qui défend l’Europe dans son unité, et qui incarne une résistance que Moscou voudrait voir céder.

Derrière les chiffons rouge, vert, brun, rose, etc, du psychodrame national, voilà le véritable enjeu : affaiblir la France en tant que nation européenne, pour offrir à Poutine une victoire géopolitique qu’il n’a pas obtenue sur l’Europe et l’OTAN.

Ce qui se joue, le 10 Septembre, c’est un coup d’État qui ne dit pas son nom, porté par une convergence d’intérêts qui manipule la colère, instrumentalise le malaise, et s’enveloppe dans les oripeaux de la démocratie sociale.

Les réseaux sociaux servent de caisse de résonance. Les médias, par complaisance ou par fatigue, laissent croire à la résurgence d’un mouvement populaire, alors qu’il s’agit d’une construction artificielle. La fiction occupe la place du réel.

Emmanuel Macron ne s’y trompe pas qui convoque, ce jour-là, un Conseil de défense exceptionnel sur les menaces de désinformation et la guerre cognitive — manifestation officielle de la conscience d’un affrontement mental structuré, déjà à l’œuvre dans notre économie politique.

L’éléphant russe est bien là, lourd et pesant, dans la république de porcelaine que tant de démagogues et irresponsables ébrèchent toujours plus.
Et tant que nous refusons de le nommer, il avance, invisible, jusqu’au cœur de nos fragilités.


Il est temps de rappeler, au dessus de tout, une évidence: faire tomber la France de son piédestal est un jeu qui a des adeptes au sein de l’actuelle représentation nationale.

Est-ce de la démocratie que de servir une autre souveraineté que celle de son pays?

Mais peuvent-ils, à eux seuls, tuer la France, dans l’idée grandie et grandissante qu’elle se fait d’elle-même depuis la Libération, dans l’indifférence du Peuple, le seul et unique compagnon de la Libération?


Ce serait une catastrophe nationale que guette, par delà les émulsions polico-médiatiques, notre ennemi continental, Poutine. Peut-être aussi le jugement de la postérité.

La Constitution de la Ve République était prévue pour résister à tout, mais pas à un peuple à genoux pleurant devant sa propre peine.
Au regard de ce qui parcourt, à vitesse grand V, le monde, ce n’est pas une question.
C’est ma réponse.

Au regard de ce qui parcourt, à vitesse grand V, le monde, ce n’est pas une question.
C’est ma réponse.

PS : Il semble que de mon cœur en peine jaillisse une armée au pas cadencé.

Une histoire européenne de l’indépendance énergétique

Sur tous les sujets favorables à la Russie (par exemple: les gaz de schistes) des campagnes contre la fracturation hydraulique, ont déja systématiquement exaucé les intérêts de Poutine. L’Europe se fracture toujours au bénéfice de la Russie. Les tensions et l’agitation autour du Plan Pluriannuel Energétique (PPE), sujet de souveraineté s’il en est, en est la nouvelle illustration. Ceux qui convoquent la protection de leur pouvoir d’achat maintiennent surtout l’avenir des Français et celui des Européens entre les mains de la Russie.

Sans un mix bien dimensionné, la France reste captive du gaz d’appoint… et donc d’une géopolitique du gaz où la Russie a longtemps eu un avantage-coût (le GNL ajoute des coûts de liquéfaction/transport/regazéification). Les économistes de Bruegel le rappellent explicitement : le GNL est structurellement plus cher que le gaz par gazoduc, même s’il diversifie nos risques.

1) « Anti-PPE » = même schéma que l’anti-fracturation ?

On peut le lire ainsi : chaque frein à la diversification/équilibrage (ENR + flexibilité + stockage) retarde la sortie de dépendances fossiles et maintient un besoin d’appoint gazier où la Russie peut réapparaître dès qu’une fenêtre politique s’ouvre. L’UE a réduit fortement sa part de gaz russe depuis 2021, mais elle n’a pas supprimé le besoin de gaz — elle l’a surtout substitué par du GNL (beaucoup US) et d’autres fournisseurs.

Le climat hystérique autour du déploiement du compteur électrique Linky est aussi très instructif.

J’ai posé des Linky et j’ai constaté l’extrême violence du rejet qu’ils suscitaient. Comme pour la fracturation hydraulique, le débat technique a été recouvert par un épais rideau de fumée – électrosensibilité, espionnage, intrusion dans la vie privée – masquant un enjeu beaucoup plus stratégique : la souveraineté énergétique.

Un réseau équipé de compteurs communicants est plus flexible, mieux interconnecté avec l’Europe et donc moins dépendant des appoints gaziers. Depuis 2021, l’UE est passée d’environ 40% de gaz russe dans ses importations à moins de 15% en 2024, grâce aux interconnexions électriques, au développement des renouvelables et au recours au GNL. La Russie n’a aucun intérêt à voir cette dynamique s’amplifier. Dans ce contexte, une partie des opposants à la PPE, surtout ceux hostiles aux grands réseaux européens et aux infrastructures communes, s’oppose aussi à l’interconnexion, car elle est indissociable d’une autonomie énergétique continentale.

On voit clairement que la baisse de la dépendance au gaz russe coïncide avec l’augmentation de la capacité d’interconnexion électrique, renforçant l’idée qu’un réseau mieux intégré est un levier direct de souveraineté énergétique.

2) Une souveraineté européenne, si tous suivent ?

Oui. Deux pivots existent déjà :

  • Interconnexions : objectif UE d’au moins 15 % d’interconnexion d’ici 2030 pour mutualiser les capacités et lisser les intermittences.
  • REPowerEU : cap sur des renouvelables ≥ 42,5 % de l’énergie UE en 2030 (ambition 45 %), ce qui rend les interconnexions et la flexibilité encore plus centrales.
    À cela s’ajoutent des investissements réseaux bien plus élevés qu’anticipé (ENTSO-E révise fortement à la hausse les besoins transfrontaliers), faute de quoi l’électricité bon marché d’une zone ne « circule » pas là où elle manque.

3) Y a-t-il des frondes ailleurs ? (ex. AfD en Allemagne)

Oui. En Allemagne, l’AfD mène une opposition visible à l’Energiewende (éolien terrestre, règles d’implantation), capitalisant sur le thème « les renouvelables font grimper la facture » et sur la nostalgie du gaz russe bon marché. Même sans gouverner, ce discours déplace le débat et peut ralentir les déploiements. Des cas locaux cristallisent la « culture war » autour de l’éolien.

4) Et les prix du kWh en France : que prévoir ?

Court terme (2025) : après les chocs 2022-2023, les TRVE ont baissé début 2025 et ont encore été ajustés à l’été (baisse hors TVA, quasi-stabilité TTC), même si des effets fiscaux (TVA/accises, abonnements) bougent la facture ligne par ligne.

Moyen terme (PPE 2025-2035) : la PPE vise des prix “proches des coûts de production” via une nouvelle régulation du nucléaire (remplacement de l’ARENH) + accélération ENR + marges de sécurité pour éviter de devoir importer cher en crise. Mais elle ne publie pas un “tarif kWh cible” — l’atterrissage dépendra du coût du gaz/CO₂, du rythme d’investissements réseaux/stockage, et de la disponibilité du parc.

Profil d’investissement : les opposants au PPE qui se prétendent attentifs au pouvoir d’achat des Français font valoir le rechérissement du coût de l’énergie et plaident pour le statu quo favorable à la Russie. Mais il est légitime de considérer que le pic de renchérissement coïncide avec la phase d’investissement massif (nouveaux moyens + réseaux). Une fois les actifs en service, l’amortissement sur longue durée et la moindre exposition au gaz/imports tendent à lisser/absorber la pression sur le kWh — à condition de réussir les interconnexions et la flexibilité au bon rythme. Les analyses RTE montrent que les coûts système restent soutenables dans des trajectoires décarbonées, mais sensibles aux retards.

À retenir

  • Sans mix robuste, la France et l’UE restent gaz-dépendantes ; or le GNL (US, Qatar…) coûte plus cher que l’ex-gaz russe par gazoduc. D’où l’intérêt stratégique d’un mix + réseaux + flexibilité pour couper l’ancienne rente géopolitique et le moyen de chantage qu’exerce la Russie.
  • Une ligne européenne alignée (ENR + interconnexions + stockage) fait système et accroît la souveraineté.
  • Pour les prix, la PPE organise les conditions d’une désensibilisation au gaz et d’une trajectoire plus prévisible ; le niveau exact du kWh restera conjoncturel (énergie/CO₂/fiscalité) pendant la décennie d’investissement.

Un climat séditieux s’empare de la France

La censure du Conseil constitutionnel sur la loi Duplomb, et les attaques désinhibées qu’elle déclenche, démontrent qu’un climat séditieux s’empare de la France. Il a ses têtes d’affiches. Ses artisans. Ses petites plumes. Ses héros.
Le Conseil constitutionnel, juge de paix de la République et garant de la constitutionnalité des lois, est aujourd’hui dans l’œil du cyclone. Et le cyclone est partout. Les partis d’opposition rêvent de le dissoudre pour dire eux-mêmes la volonté du peuple, s’érigeant en interprètes uniques de la souveraineté et prêts à faire entrer la démocratie dans l’ère des rapports de forces médiatiques.

C’est ici que la bordélisation apparaît dans toute sa complexité. Elle possède son agitateur histrion (LFI), qui assume sa violence iconoclaste et théorise ouvertement la “conflictualité nécessaire” comme passage obligé vers la révolution, imposant sa doctrine à l’essentiel de ce que fût la gauche de responsabilité. Mais cette agitation sert en réalité tout le spectre de l’opposition, chacun entretenant sa posture, tout devenant une compétition entre postures.

Dans ce climat, l’exécutif se retrouve comme les bourgeois de Calais devant Édouard III : contraint d’avancer en pleine lumière, dépouillé de ses armes, de ses habits de majesté et même de sa liberté de mouvement, tenant entre ses mains les clefs de la maison France. Ce n’est pas ici l’ennemi extérieur qui dicte la mise en scène, mais un système intérieur devenu fou, où chaque camp joue sa partition sur fond de bordélisation. L’exécutif devient l’otage consentant d’un rituel d’humiliation, offert à l’opinion publique, sous les regards mêlés de ses adversaires et de ses alliés supposés.

Le processus suit une mécanique en deux temps :

  1. Phase d’accoutumance rhétorique
    On habitue l’opinion à entendre des attaques systématiques, outrancières ou conspirationnistes contre le Conseil constitutionnel. Individuellement, elles échappent toujours à la sanction, mais elles instillent une suspicion permanente. L’auditeur régulier ne voit plus un organe neutre, mais un adversaire politique à abattre, un empêcheur de tourner en rond. Cette phase est latente depuis les années 90, mais elle est plus marquée depuis Jacques Chirac. Aujourd’hui , elle achève sa mue dans la décomplexion totale.
  2. Phase de justification a posteriori
    Lorsqu’une décision défavorable est rendue, la défiance semée en amont est exploitée. La critique devient légitime, “évidente” : « Voyez, nous l’avions bien dit, ils sont partiaux ». On inverse ainsi la charge morale : l’attaque ne serait plus illégitime, c’est la décision institutionnelle qui devient suspecte.

📌 Ce mécanisme relève d’un usage séditieux de la liberté d’expression : non pas contester une décision (ce qui est démocratique), mais instrumentaliser la contestation pour saper la confiance dans la régulation constitutionnelle, tout en feignant de défendre l’État de droit.

Or, le Conseil constitutionnel n’est pas une épine dans le pied de la République : il est son scrupule — au sens étymologique, ce petit caillou pointu qui oblige à ralentir la marche pour éviter de tomber. Ce scrupule est la garantie que la souveraineté ne s’exerce pas seulement par la force de la majorité du moment, mais dans le respect durable des règles qui nous lient collectivement.

La bordélisation déborde partout. Elle annonce une rentrée parlementaire, sociale et politique qui, d’une manière ou d’une autre, entrera dans l’Histoire — la grande Histoire de France — comme le moment où toutes les digues ont cédé, ou celui, que j’espère et soutiens, où elles auront mieux que résisté : où elles auront fait reculer la tempête.

Toutes les organisations sont sur le pont et portent des revendications variées, mais convergent dans leur cible : réforme budgétaire, réforme sociale, défense des services publics. Elles traduisent une convergence des luttes, entre secteur public (santé), transport, salaires, conditions de travail, et aspirations citoyennes « spontanées » du type de celles que le mouvement des gilets jaunes a su lever, pour casser ce gouvervement et désceller le président de la République de sa position institutionnelle.
C’est, derrière l’apparence bigarrée des banderoles et l’air faussement festif, un projet de renversement de la République habillé en polichinelle de gaîté triste.
Les agriculteurs, la ruralité, caressée dans tous les sens du poils par les populistes et démagogues, devraient trouver moyen de faire entendre leur voix. Tout dans le contexte est favorable pour réalimenter le feu éternellement frondeur de leur « colère » et justifier, ainsi, que la France est bien le pays de toutes les colères.

1. La loi Duplomb comme révélateur

Le point de départ est clair : la loi Duplomb, adoptée en juillet 2025, visait à corriger — ou plutôt assouplir — certaines dispositions jugées rigides de la loi Egalim.
Loi Egalim 1 (2018, Macron / Édouard Philippe) et Egalim 2 (2021, Macron / Jean Castex) avaient introduit des normes environnementales strictes : interdiction des néonicotinoïdes, encadrement des pesticides, contraintes accrues sur l’eau et les élevages.
Ces mesures répondaient à une sensibilité écologiste forte, mais souvent au détriment de l’agriculture intensive — pilier de la souveraineté alimentaire et de la puissance exportatrice française.
Il est nécessaire de considérer que les périodes de durcissement réglementaire (néonicotinoïdes, acétamipride, méga-bassines) coïncident avec des phases où l’aile écolo au gouvernement était incarnée par des personnalités au profil militant ou assumant un rapport idéologique fort à l’écologie — Hulot et Pompili en particulier.
Ce sont eux qui ont porté ou soutenu l’intégration des normes contraignantes dans Egalim et dans la politique agricole/environnementale.
La loi Duplomb n’était pas une révolution : elle cherchait à revenir partiellement sur ces verrous qui rendent l’agriculture à vocation productrice impossible. C’est dans ce contexte que le Conseil constitutionnel, saisi, a censuré certaines dispositions (dont la réintroduction élargie de l’acétamipride).

Peut-on lui reprocher de lire la constitutionnalité?

En nommant Agnès Pannier-Runacher et Christophe Béchu, en 2022, Emmanuel Macron a rompu avec l’écologie militante incarnée par Hulot ou Pompili, au profit d’une approche plus industrielle et centriste.
Il faut voir comment ce recentrage a déclenché un mur de propagande, porté à la fois par certaines ONG, relais médiatiques et oppositions politiques, visant à délégitimer cette orientation dans l’opinion.
Chaque pas hors du dogme écologique établi devient alors une bataille d’usure, où la politique publique se joue moins sur ses résultats que sur la capacité à survivre à la tempête médiatique.

>Imagine-t-on tolérer qu’un cénacle s’arroge le droit d’apposer, avant toute élection, un sceau de conformité “marxiste” sur chaque candidat ?
Pourtant, sous une autre étiquette, cette logique s’est installée : un filtre idéologique préalable, imposant à tout prétendant à la magistrature suprême de se plier aux dogmes d’une cause, au risque de l’excommunication médiatique.

2. La mécanique de la bordélisation

Là commence l’opération politique :

  • Ceux qui ont voté pour la loi (y compris des ténors en costume) s’indignent ensuite de sa censure, accusant le Conseil constitutionnel d’entraver “la volonté du peuple”.
  • On a ainsi préparé le terrain par un discours d’accoutumance : habituer l’opinion à considérer l’institution comme un acteur politique partial.
  • Cette bordélisation n’est pas spontanée : elle s’alimente du désordre de rue, des coups médiatiques, des narratifs simplistes, et elle sert aussi bien les radicaux visibles (ZAD, black blocs, anti-bassines) que les politiques policés qui prospèrent sur la défiance.

Le désordre nourrit le marché des postures : plus la situation est chaotique, plus il est facile pour ces acteurs de se présenter comme l’alternative “lucide” ou “courageuse”.

Dans un système saturé de bruit et d’images fortes, le discours nuancé ne passe plus — il faut donc exagérer, provoquer, marteler des formules qui polarisent.

Le chaos de rue et la confusion institutionnelle sont alors les conditions idéales pour ce marketing politique.

3. Les fourches caudines acceptées par tous

La situation telle qu’elle apparaît aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard.

Elle vient de loin et, si procès il doit y avoir, c’est de l’ensemble de cette période, relâchement après relâchement, qu’il faut le faire. Car, cepuis l’inscription du principe de précaution dans la Constitution sous Chirac (2005), inspirée en partie par la rhétorique de Nicolas Hulot (« La maison brûle… ») qui a donné un second souffle au mandat, tous les gouvernements se sont pliés à un cadre qui réduit leur marge de souveraineté au nom d’une écologie d’affichage.

Chaque exécutif a intégré qu’il devait sa respectabilité et, surtout, sa faisabilité politique à une “caution écologiste” et à la conformité à des injonctions émotionnelles plutôt qu’à l’arbitrage fondé sur la raison et le consensus scientifique.
Ce filtrage idéologique a glissé de l’environnement au cœur même de la décision stratégique — avec pour effet que la gestion du risque a remplacé sa maîtrise, et que la prudence est devenue paralysie.

Cette soumission s’est traduite d’une manière inodore et incolore, mais elle devrait inspirer, au-delà du consensus bon enfant, des questions, car il s’agit de souveraineté énergétique, alimentaire et agricole qu’il est, tout de même, question.

Lors de la campagne présidentielle 2017, Nicolas Hulot, via sa fondation (Fondation pour la Nature et l’Homme, ex-Fondation Nicolas Hulot), avait mis en place un audit environnemental des programmes de chaque candidat.
Cet audit prenait la forme d’un “baromètre” notant la compatibilité des propositions avec les objectifs écologiques fixés par la fondation, et les résultats étaient rendus publics.
C’était une manière de mettre la pression sur tous les partis, en donnant à l’écologie un statut d’épreuve obligatoire pour tout candidat à la magistrature suprême.


Après 2017 :

  • Ce dispositif a été réédité pour la présidentielle de 2022, toujours sous la forme d’un baromètre, mais cette fois porté par un collectif élargi (Réseau Action Climat, FNH, Greenpeace, etc.) et davantage relayé par les médias spécialisés et généralistes.
  • Ce type d’“audit” est désormais institutionnalisé dans le débat politique français : chaque grande échéance électorale (présidentielle, européennes) voit paraître des grilles d’évaluation des programmes sur des critères écologiques, portées par des ONG ou des think tanks.

📌 Cette pratique se perpétue, même si Hulot n’en est plus la figure centrale.
L’outil est devenu un rituel d’entrée dans la compétition politique — et constitue, un filtre idéologique de fait : tout candidat est sommé de se positionner par rapport à ces critères, ce qui façonne le cadre du débat avant même qu’il commence.

4. Le rôle de l’environnement médiatique

Tous les gouvernements, tous, sont passés sous ces fourches caudines. Il est temps de s’en libérer car elles font mal à la France et elles font mal à l’Europe et au monde.
Et nous savons qui, en favorisant l’hystérie des débats, tire le plus froidement du monde les dividendes de chaque retrait de notre souveraineté et s’apprête à rafler la mise finale si la République rend gorge.
Mais, si le Politique s’est enfermé lui-même dans un système qui lui ôte des prérogatives de souveraineté, renonçant au pouvoir qui consiste, au nom du peuple, de l’effort de régner sur la complexité du réel, il ne l’a fait que parce que l’environnement médiatique a trahi son service et que le peuple, qui n’est que lui-même, c’est-à-dire une cible cognitive facile dont les réactions n’ont jamais été aussi manipulables, s’y sont prêtés.
On ne peut rien faire d’autre que pardonner au peuple.
Mais cet auto-enfermement n’aurait pas été possible sans la trahison d’un environnement médiatique qui a cessé d’éclairer pour préférer mobiliser l’émotion brute.
Il doit rendre des comptes à la République et au peuple français soumis au micro-ciblage algorithmique et à la surenchère visuelle des réseaux sociaux — Cambridge Analytica et le Brexit n’en furent que le prologue. Mais le Peuple n’est pas que cela, même si la phase actuelle, pour le réduire à ce que des impulsions bien dosées font de lui – est beaucoup plus dévastateur et pernicieux que ce Cambridge Analytica a exercé.
Résultat: les gouvernements agissent sous pression constante, arbitrant moins en fonction de l’intérêt national que du coût médiatique immédiat d’une décision. Et on les blâme. On blâme Jupiter, pour cela.

5. Activisme radical et violence feutrée

Les groupes radicaux, de l’ultra-gauche zadiste aux black blocs en passant par les anti-bassines, entretiennent la visibilité médiatique de causes extrêmes.
Ils rappellent que le pacte politique est devenu rapport de force, et non ce que la République inscrit dans son idéal marmoréen : un pacte d’intelligence et de raison au service du bien public.
Mais il y a aussi les “costumés” qui attaquent le Conseil constitutionnel : ils ne cassent pas de vitrines, ne dansent pas le pogo, mais la bordélisation leur sert.
Ils participent au même écosystème de fragilisation des institutions.

6. De Gaulle, Debré et la conscience souveraine

C’est précisément pour éviter ce morcellement que de Gaulle et Michel Debré avaient conçu un exécutif fort — ce que les détracteurs ont appelé une “monarchie républicaine” — afin qu’un homme libre, élu du peuple, puisse penser l’intérêt national et agir au-dessus des partis.
Ce système repose sur une exigence : la conscience bien nourrie, bien disciplinée de celui qui exerce la souveraineté au nom du peuple.
Sans cette conscience, le système se dégrade en ce que nous voyons aujourd’hui : un pouvoir qui n’ose plus affronter la complexité du réel et se laisse enfermer dans le théâtre de la bordélisation.

7. La lente agonie et l’espoir

Depuis vingt ans, nous assistons à une lente agonie :

  • Institutions affaiblies,
  • Décisions paralysées,
  • Peuple réduit à un public réactif,
  • Souveraineté cédée morceau par morceau.

Mais l’histoire enseigne que le grand corps du peuple peut se réveiller, et que le souffle de son esprit peut renverser les inerties les mieux installées.
Alors, peut-être, la France se souviendra que sa souveraineté n’est pas un vestige, mais une force vivante, et que nul ne peut lui retirer ce qu’elle décide de reprendre.

Il n’y a pas de défense forte sur le front, si elle est faible à l’intérieur

Pourquoi Jacques Sapir, comme toute une série de personnalités et de médias collaborationnistes avec la Russie, devra répondre de ses positions publiques? Parce que c’est de la trahison.

Après un fil consternant de Jacques Sapir, dressant un bilan des pertes ukrainiennes et russes à partir de spéculations de coin de table, celui-ci en vient, sans trembler, à appeler l’Ukraine à se rendre.
Comme si la guerre était de son fait.
Comme si ce n’était pas une invasion.
Comme si la Russie n’avait pas violé un ordre de sécurité collective déjà fragilisé.

Il faudra lui demander des comptes.

⚖️ Car ce n’est pas une opinion isolée. C’est un acte public de guerre cognitive.

Jacques Sapir, figure bien connue des milieux souverainistes français, avait annoncé dès mars 2022 l’effondrement de l’armée ukrainienne, dans un pur mimétisme du récit stratégique russe.
Depuis, il alimente méthodiquement une vision altérée du réel : sur les plateaux, dans ses articles, sur son compte @russeurope — un canal qui n’informe plus, mais désarme moralement.

Or, la guerre cognitive est déclarée.
Et le droit français l’a anticipée.

Le droit français reconnaît cette menace pour ce qu’elle est

L’article 411-4 du Code pénal définit l’intelligence avec une puissance étrangère comme un crime, passible de 30 ans de détention criminelle. Il ne s’agit pas seulement d’espionnage classique :

> “Entretenir des intelligences avec une puissance étrangère […] en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France […]”

Ce texte ne suppose pas qu’une guerre soit officiellement déclarée.
Il suffit que la personne coopère — par ses paroles, ses écrits, son influence — avec une puissance hostile, dans un contexte où l’information elle-même est une arme.

C’est précisément la doctrine russe dite de Guerre hybride, exposée dès 2013 dans la doctrine Gerasimov, et documentée par l’IRSEM, la DGSI, le CAPS et l’ANSSI.

Cela caractérise un engagement stratégique hostile, dont la France doit exiger des comptes.

On ne peut pas protéger un centre de commandement, un ministère ou une frontière, tout en laissant les plateaux télé ou les médias sociaux devenir les zones franches de la subversion cognitive.
La souveraineté n’est pas divisible.
La défense non plus.

Quand une parole publique participe délibérément à la démoralisation de la résistance ukrainienne, que la France tient pour vitale pour son propre intérêt, tout en confortant les objectifs de Moscou, il ne s’agit plus d’un “point de vue”. Cela caractérise formellement un engagement stratégique hostile, dont la France doit exiger des comptes.

Souvenir personnel et avertissement

Il y a quelques années, j’ai moi-même croisé la route de Jacques Sapir, dans un échange à bâtons rompus sur la souveraineté.
À l’époque, il dirigeait ou collaborait à plusieurs revues comme La Revue d’Économie Politique, Cahiers d’économie politique, ou encore RussEurope (devenue un blog puis une tribune influente sur Sputnik puis RT France à certaines périodes).
Il m’avait alors toisé, campé sur ses titres ronflants d’expert constitutionnaliste et renvoyé, si j’ose dire, à mes chères études de cancre de la République Française.

Mais la souveraineté n’est pas un titre : c’est une vigilance continue.
Elle se joue aujourd’hui dans les interstices du langage, de la fatigue démocratique et des abdications molles.

Il est temps d’agir

Ce que certains font aujourd’hui, à haute voix et en toute impunité, devrait faire l’objet :

  • d’un signalement au Parquet de Paris, compétent pour les atteintes à la sûreté de l’État,
  • d’une saisine du ministère des Armées ou de la DGSI,
  • et d’une alerte de la Délégation parlementaire au renseignement, afin de documenter ce cas d’école d’entrisme informationnel.

Il ne s’agit pas d’interdire un avis. Il s’agit de défendre la Nation.
Et la défendre sur tous les fronts.

La souveraineté populaire est en danger

Trouble à l’ordre public par saturation cognitive: analyse d’une stratégie de communication opérée sous couvert de lutte contre l’antisémitisme. A réprimer et à proscrire

1. Contexte général

La présente note vise à mettre en lumière un phénomène communicationnel de plus en plus récurrent sur les réseaux sociaux, en particulier sur X (anciennement Twitter), où certains contenus, présentés comme des expressions individuelles ou militantes en faveur de la lutte contre l’antisémitisme ou des droits humains, semblent en réalité fonctionner selon une structure sous-jacente visant la stigmatisation implicite d’autres groupes sociaux, notamment les migrants ou les populations musulmanes.

Ces contenus, à travers leur viralité et leur ton pseudo-anecdotique, participent à une stratégie de confusion morale et cognitive, produisant une forme de saturation de l’espace public par des énoncés doubles : en apparence bienveillants, en substance discriminants.

2. Cas d’étude : propos de M. Anton Struve

Dans un message publié publiquement sur X, M. Anton Struve, se présentant comme juriste, activiste et président de l’ONG « Nous Sommes Leurs Voix », relaie ce qu’il laisse apparaître comme un témoignage sincère, quasiment un cri du coeur d’un cousin québecois accablé par ce qu’il vit comme le déclin français :

> « La France, c’est sous-coté. La réputation internationale des Français, c’est d’être chiants. Le monde chiant et stressé, les migrants illégaux avec des couteaux, c’est à Paris. Les Français sont limite malaisants tellement ils sont gentils. C’est beau, l’air est bon, l’eau est potable partout. »

Ce message, ayant reçu plus de 271 000 vues au moment où j’écris ces lignes, a bénéficié d’une diffusion virale massive. Son ton prétendument empathique comme devant être celui des vrais patriotes, masque mal l’association stigmatisante entre migrants et dangerosité, déjà repérée dans des schémas de discours xénophobes contemporains. La réception massive d’un tel contenu crée un effet de normalisation, même lorsque le propos est habillé de neutralité affective.

Le statut de l’auteur, qui se revendique juriste et dirigeant d’une ONG humanitaire, accentue la portée du message, en lui conférant une aura de légitimité morale et intellectuelle.

3. Hypothèse fonctionnelle : une stratégie de déstabilisation cognitive et de propagande politique

Nous formulons ici l’hypothèse que certains contenus viraux de ce type – ils tapissent le bruit de fond, particulèrement, du réseau X, imposant une sorte de tonalité dont il impossible de se départir –  participent à une stratégie de saturation cognitive, au sens où ils opèrent un brouillage volontaire entre valeurs républicaines, causes universelles et propos insidieusement discriminants.

Ce brouillage repose sur un équilibre précis :

Revendiquer une cause morale légitime (lutte contre l’antisémitisme, droits humains)

  • Introduire discrètement une représentation sociale stigmatisante (migrants violents)
  • Bénéficier d’une immunité critique grâce au statut de la cause ou de l’auteur
  • Provoquer un effet de contamination de l’opinion, difficilement réversible

Ce dispositif de brouillage s’inscrit également dans une action de propagande politique. En court-circuitant tout cadre régulateur (médias, débat contradictoire, temps de parole égalitaire), cette mécanique permet une capture du champ public par des forces extrêmes, en particulier les droites extrêmes et irrépublicaines, qui récoltent les effets politiques de ces diffusions virales. Par réaction, il favorise l’extrême-gauche et disqualifie le camp républicain de son à-propos.

Ces stratégies d’influence s’appuient sur des dispositifs de communication calibrés pour labourer les représentations collectives et moissonner ensuite les réflexes d’adhésion émotionnelle, en détournant les valeurs républicaines au profit d’une radicalité pré-structurée.

Ce qui est ici opéré, c’est bien une mise sous boisseau numérique de la souveraineté du peuple, dans la mesure où l’espace informationnel n’est plus un espace de délibération, mais un champ de manipulation sans contre-pouvoir réel.

Il ne laisse pour parade que le surplomb éthique ou moral qui se révèle sans effet probant dans cette toile d’araignée prompte à disqualifier l’objecteur comme hors sol ou Bisounours. Je n’en suis pas un.

Il devient essentiel de dénoncer le caractère insidieux de cette logique, qui usurpe la liberté d’expression pour court-circuiter les cadres régulateurs de la démocratie, tout en parasitant la mémoire collective. Ce dévoiement transforme le droit fondamental à la parole en un levier de captation politique déguisé.

Ce mécanisme, opérant sans média intercalé, sans règle de pluralisme, sans contre-discours organisé, résulte en une reconfiguration silencieuse du champ public, au profit de forces extrémistes qui s’affranchissent de tout processus délibératif.

Il s’agit d’un procédé communicationnel hybride entre le discours militant, le récit anecdotique, et le marketing affectif viral. Ce mécanisme peut être décrit comme une forme d’instrumentalisation de la parole publique à des fins de manipulation des représentations sociales.

4. Conséquences juridiques et institutionnelles possibles

  • Responsabilité individuelle de l’auteur au regard des articles 24 et 32 de la loi du 29 juillet 1881 (provocation à la haine ou diffamation publique contre un groupe).
  • Responsabilité morale ou institutionnelle de l’ONG si elle cautionne, relaie ou ne prend pas publiquement ses distances vis-à-vis de tels propos. Une absence de réaction pourrait être interprétée comme une validation implicite.
  • Signalement aux autorités compétentes (DILCRAH, CNCDH, Défenseur des droits, Préfecture) pour trouble potentiel à l’ordre public ou contradiction entre les statuts associatifs et les actes de communication.
  • Réflexion élargie sur la responsabilité des plateformes à l’égard de la diffusion algorithmique de propos ambigus aux conséquences réelles sur la cohésion sociale.

5. Conclusion

Les propos analysés ici s’inscrivent dans un cadre plus large de transformation des discours publics, où le militantisme moral peut être détourné à des fins de polarisation. La vigilance des institutions, des associations et des citoyens doit s’exercer non seulement sur le contenu explicite, mais sur la structure implicite des messages viraux, et sur les effets systémiques qu’ils produisent dans l’ordre informationnel et dans l’espace démocratique.

Un tel diagnostic appelle à des outils de détection, de régulation et de responsabilisation proportionnés à la complexité du phénomène observé.

6. Violation des principes constitutionnels et exposition juridique des acteurs

Si des liens avérés sont établis entre des formations politiques, des activistes ou des ONG, et une stratégie visant à déstabiliser les perceptions collectives en vue de favoriser une prise de pouvoir par des voies déloyales ou contraires à l’esprit républicain, alors plusieurs principes juridiques fondamentaux sont violés.

Cela relève non seulement de la manipulation de l’opinion, mais aussi d’une forme insidieuse de fraude à la souveraineté populaire.

Parmi les principes constitutionnels bafoués :

  • Article 1er de la Constitution : la France est une République démocratique et assure l’égalité devant la loi.
  • Principe de pluralisme politique, garanti par la jurisprudence du Conseil constitutionnel, nécessaire à l’exercice de la démocratie.
  • Principe de sincérité du débat public, qui interdit les altérations systémiques des conditions de délibération ou de perception collective.

L’article 1er de la Constitution est transgressé. Même lorsque la manœuvre échappe à la caractérisation pénale directe — du fait de son brouillage lexical, de son habillage moral ou de son apparente anecdotalité — elle n’en demeure pas moins illicite par la clarté de son effet opérationnel et l’objectivité de son intention stratégique.

Ce n’est plus ici le droit positif seul qui est mis en cause, mais le socle même de l’ordre constitutionnel, dès lors que l’on instrumentalise les libertés fondamentales — notamment la liberté d’expression et d’association — pour altérer, par voie détournée, les conditions d’un débat démocratique sincère et pluraliste.

Il convient alors de reconnaître que la Constitution peut être violée sans que la loi ordinaire ne parvienne à qualifier l’infraction, lorsque l’atteinte résulte d’une stratégie d’ensemble qui vise à renverser insidieusement le sens même de la République au profit d’une idéologie dissimulée derrière des figures d’autorité morale ou politique.

Les personnes physiques ou morales impliquées peuvent être exposées à :

  • Des poursuites pénales, pour provocation à la haine, diffusion de fausses nouvelles ou incitation à la discrimination.
  • Des sanctions administratives, dont la dissolution d’association (art. L212-1 CSI) ou la suppression de subventions.
  • Une exposition publique majeure : disqualification morale, perte de partenariat, mise à l’écart institutionnel.

Ce type de mécanisme ne doit pas seulement être dénoncé. Il doit être documenté, contrôlé, proscrit. Il en va de la protection du processus démocratique contre les stratégies de captation médiatique et d’usurpation de la parole citoyenne.

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