La République sous dépression

Chronique d’une guerre métamorphe

L’extrême-droite parade aujourd’hui en France. Jamais elle n’a été aussi proche du pouvoir.

Pendant ce temps, la République se replie. Le peuple est pris dans une nasse invisible, tissée d’algorithmes, de récits toxiques, et de fausses évidences.

Le système d’information — jadis rempart — a livré les esprits aux démons : division, xénophobie, nationalisme. Ce ne sont pas des idées. Ce sont des vecteurs. Des agents. Des armes.

Je parle ici de guerre métamorphe.

Une guerre sans déclaration. Sans frontières visibles. Mais où les fractures communautaires, identitaires, religieuses sont instrumentalisées. Par des mains étrangères. Par des intérêts obscurs. Par des mécanismes bien rodés.

L’antisémitisme gangrène certaines couches. L’antisionisme devient un outil. Manipulés par des extrémismes — y compris ceux d’une droite radicale israélienne — et relayés par des influenceurs bien placés. Tout cela converge vers un seul but : jeter l’opprobre sur l’islam, le confondre avec le Hamas, étouffer l’humanité de Gaza.

Et dans cette confusion, certains affirment :

« L’islamophobie n’existe pas. »

Tout est mis dans le même sac. La parole est piégée. Le discernement, interdit.

Comme dans un système dépressionnaire, les couches chaudes de colère croisent les couches froides de ressentiment, et créent des tempêtes cognitives.

Mais ces tempêtes n’émergent pas du ciel. Elles sont provoquées. Par des drones à ailes de papillon. Des programmes invisibles, conçus pour flairer les humeurs de l’opinion et déclencher la tornade au bon moment.

Et la République ? Elle chancelle. Elle ne parle plus. Elle est noyée.


Michel Rocard nous avait mis en garde dans une formule devenue mantra :

« Il faut toujours préférer l’hypothèse de la bêtise à celle du complot. C’est moins dangereux et plus fréquent. »

Mais cette phrase, tant de fois répétée, peut devenir un sommeil de la raison, un mécanisme d’autocensure. Comme si la bêtise devait être éternellement présumée… même quand l’organisation, la récurrence, la pénétration des récits laissent entrevoir une logique. Une intention. Des moyens. Des relais.

Des agents étrangers tagguent une étoile de David sur une école juive. Ou une svastika sur une permanence. On dit : n’exagérons rien. On répète : n’allons pas imaginer…

Mais s’ils savent instrumentaliser un pôle, ne sauraient-ils pas en activer d’autres ?

Après le 11 septembre, un livre grotesque — L’Effroyable imposture — prétendait que les États-Unis s’étaient attaqués eux-mêmes. La thèse était absurde. Mais elle a connu un succès. Pourquoi ? Parce qu’elle a ouvert un gouffre.

Et si le vrai complot approchait toujours masqué par un faux ? Et si le grotesque servait de paravent ? Et si le tabou n’était pas un accident, mais un verrou stratégique ?


Il faut aussi reconnaître ceci : les démocraties, comme les États intègres en général, sont désarmés face à cette guerre. Y compris cognitivement.

Ils se méfient des raccourcis. Ils préfèrent le doute à l’intuition. Ils avancent à pas comptés, là où l’ennemi se faufile, joue, saute, mime, ment. Leur éthique les ralentit. Leur attachement à la vérité les rend vulnérables. Leur refus de penser l’impensable — par crainte d’y ressembler — les empêche souvent d’en percevoir les contours.

Alors ils ont toujours, à minima, un coup de retard.


L’impuissance de la République fait peine à voir.

L’auteur de la modeste réflexion stratégique « Vulnérabilité des démocraties au temps de la mondialisation », que je n’ai pas cessé de poursuivre, ne peut s’y résoudre.

Tableau du cheveu tombé dans la soupe

Everyone yet have agree.

Être dans le sentier,
c’est être — irrévocablement, plus que de manière univoque —
déjà dans le point de vue que seul le vrai Océan s’offre à lui-même.
C’est à Lui d’être univoque.
Pas à la lanière d’interférer.

Le chemin fait partie du panorama,
comme le pinceau fait partie de la toile,
dit le sentier.

Croire qu’il est possible d’endormir l’Océan
en altérant la source de son renouvellement —
ou l’Océan lui-même,
par l’impossible défi de paix auquel l’affront veut mener —
ne calme rien.
Cela convoque.
Cela soulève des forces titanesques, monstrueuses et nocives,
qui opèrent des dynamiques insolubles,
et qui ne préjudicient pas seulement celui qui est altéré,
mais atteignent chacun,
en commençant par celui qui altère,
privé alors de sa capacité de résolution,
liée à la part de l’Océan qui lui revient.

On argue des prétextes stratégiques :
garantir les réserves d’eau, de neige, de pierre.
On s’en convainc matériellement.
Mais l’esprit de la Nation se corrompt.
Et pour le maintenir en vie,
l’imagination engendre l’impérialisme,
afin que la Nation se recouvre elle-même
de mensonge et d’amnésie.

Il n’est pas tout à fait impossible
que cette malédiction ait touché la Russie.
Il n’est pas impossible — même si cela relève d’un temps immémorial —
qu’elle ait touché la révolution de 1917.

Le quantum à solutionner dans l’Océan de tous,
c’est celui-là.

Ce qui appartient au mystère aléatoire de la Renaissance de l’Océan
ne peut appartenir à quiconque d’autre qu’à Lui :
l’Incarnation improgrammable, imprévisible,
en qui se manifeste le Réel.

Ce sont là de grandes choses.
De grandes matières.
De grandes surfaces.
À épouser.

C’est l’organe vital de la diplomatie.

Tant que l’Océan est conservé dans sa nature,
il résout.

L’Océan ne conserve pas sa seule nation
en celle en qui il se voit désigné, culmine, s’ouvre ou s’affranchit,
mais il conserve, en son sein,
l’uniformité de ce que sa peau lui permet de sentir.

Tous savent que cela n’a pas à être violenté, ni brimé,
sans effet désastreux pour tous, chacun.

L’Océan ne ressasse pas les malentendus.
Il les passe aux volutes de son rouleau puissant,
sous sa surface limpide,
pour se réaccorder.

Et c’est là que tout commence — ou que tout peut encore être sauvé.

> La guerre mondiale naît et croît dans le tumulte tû de cette tension indicible.

C’est pourquoi cette tension doit être dite —
afin qu’elle seule soit démontée,
ce qui est — faut-il le démontrer ? —
préférable à voir l’Océan lui-même démonté.

Restauration de l’Œuvre. Le cheveu tombé dans la soupe.

Converse to Dalaï-Lama.

Elon Musk faux chantre de la liberté d’expression

@elonmusk se fait, à peu près tous les quarts d’heure, le chantre de la liberté d’expression. Il retweete tout ce qui flatte son ego. Pourtant, je ne m’explique pas la suppression quasi-instantanée d’un retweet d’un de ses plus récents posts, dans lequel je comparais l’attaque à laquelle il se livre, via son réseau social, sur la vieille démocratie anglaise à ce qu’a fait George Soros, en 1992, en dévissant la livre anglaise.

J’attirais l’attention de @RoyalFamily quant à l’atteinte à la souveraineté que cette nouvelle ingérence constitue. C’est un fait qui excède le champ politique et qui met au défi, fondamentalement, le Souverain quant à sa capacité à résister au plus désinhibé profane.

Le précédent que représente, dans le contexte du Brexit, le scandale de Cambridge Analytica, lié à l’exploitation des données et algorithmes de Facebook, ne semble pas servir de leçon.

Dans mon retweet, j’observais que le magnat des nouvelles technologies et propriétaire du X ne fait pas profil bas mais revendique de déterminer et définir, selon les propres critères de monsieur Musk, ce qu’est et ce que doit être la démocratie.

Il se place donc au dessus de tout Etat et s’arroge de pouvoir menacer librement l’âme et l’intégrité même du Royaume-Uni.

Ce n’est pas autre chose – je me permets de le redire – qui est en jeu.

Une personne ne peut pas disposer d’un tel pouvoir, puisé dans les couches les plus sombres, opaques, vulnérables du psychisme humain en tirant sa prétendue légitimité et sa puissance en y faisant simplement écho, et ne peut encore moins l’exercer.

A ce titre, ce à quoi se livre @elonmusk est un problème pour l’humanité.

Il n’est pas possible de servir la démocratie, sans servir la dignité du peuple et il n’est pas possible de servir la dignité du peuple sans servir et éclairer son libre-arbitre.

C’est, en l’endroit où ce diamant qu’est le libre-arbitre siège et rayonne, que nous devons tous le servir et en prendre un soin scrupuleux.

Elon Musk, comme Trump, comme Poutine, se déclare exempt de le faire.

Personne ne peut faire semblant de ne pas le voir ni de mesurer les conséquences que cela peut avoir de le laisser faire.

02/08/2025: il n’est pas impossible qu’Elon Musk fasse, en définitive, un pari pascalien sur l’existence du peuple. Je le crois assez intelligent, probablement génial, pour ouvrir au chaos pour résulter le renouveau du Peuple.

Le jour d’après

Lendemain des élections européennes dans la République française. Le plus surprenant, dans cette espèce de jour d’après qui est pourtant bien loin d’en être un par rapport à ce qui nous guette, c’est que le système médiatique, comme un canard sans tête, répète les mêmes éléments de son langage.

Il ne se remet pas en cause.

Il n’est pas capable de sortir de sa zone de confort. C’est un clergé, avec ses chapelles.

Il n’interroge pas le réel, mais la ou les représentations du réel sur lequel les partis politiques ont tissé et font prospérer leurs électorats.

Le Rassemblement national n’est pas autre chose qu’une fiction qui fonctionne mieux, aujourd’hui, que les autres.

Cette fiction a simplement plus de chances de nous conduire à un désastre.

Que dire de l’impasse politique qui arrive sinon qu’elle est, stricto sensu, le produit du système d’information, entendu comme la culture et les centres d’intérêt qu’un peuple sait ou non établir et transmettre en son sein.

La démocratie ne sert pas à demander. Elle ne sert pas à forger ou opposer des opinions. Elle sert à donner. Elle sert à établir un corps social, un Être social, qui nourrit la nation, lui fournit la confiance en l’avenir, comprend le monde et lui donne, autant qu’il se donne à lui-même, des enfants.

Les médias ne sont qu’un élément du système d’information, mais ils ont une responsabilité dans la faillite générale.
Ils sclérosent l’imagination universelle et stimulent, a contrario, les vanités personnelles et individuelles.

Les partis politiques ressortent leurs langues aussi mortes que les espérances qu’ils prétendent lever.

Ce que je sais, c’est que si rien ne parle plus au peuple, le peuple se meurt. Il n’y a pas de vérité au-delà de cette vérité.

Le peuple a peut-être déjà totalement disparu. Il ne fait que marchander l’accès à des nostalgie qui lui survivent, comme un membre fantôme.

Le cancre que je n’ai jamais cessé d’être a appris dans sa vieille école que la crainte fondamentale des Gaulois était que le ciel leur tombe sur la tête.
Les Romains mettaient des lauriers.
Les juifs des kippas.
Les musulmans se livrent au jihad.

Nous ne mettons rien. Nos ordinateurs ont des pares-feux, mais nos âmes, dont nous disons qu’elles n’existent pas, nous les livrons à ce qui veut bien jouer avec.

Nous aurions dû hériter des antiques sagesses gauloises. Elles nous auraient protégé.
Aujourd’hui, nous sommes dans de beaux draps.
Le ciel qui lentement nous ensevelit n’a pas le goût du ciel.
Il a un goût de terre et de cendres.
Le ciel n’a le goût du ciel qu’en altitude, dans les hauteurs qui consolent et inspirent l’humanité.

Je le dis et je le répète ici : l’épuisement démocratique que nous constatons est le symptôme d’un épuisement ontologique et dialectique.

C’est cet épuisement qu’il faut guérir. Je ne sais pas comment mais je sais que c’est lui qui redonnera la confiance qui éclaire le jugement, qui éclaire la démocratie.

Il faut faire abstraction des chroniques temporelles. L’actualité est, probablement, une illusion. Nous revenons toujours au moment où notre système cognitif se heurte à ses limites et reproduit la fatalité monstrueuse à travers un prisme auquel nous ne savons pas résister.

La guerre est la transformation de cette impossibilité qui n’est qu’une impossibilité dans la volon,té et dans la conscience.
Aujourd’hui, la guerre a changé d’échelle. La guerre engendrera l’apocalypse.

C’est cela l’éternel recommencement auquel est voué Sisyphe. C’est l’incapacité, dans la civilisation, à saisir la clé qui ouvre l’avenir et de préférer l’attrait de la clé qui ferme et renvoie l’humanité à ses démons.

La démocratie devrait délibérer de cette profondeur tant qu’il est temps.

Les dramaturges grecs, les mythes fondateurs, les Zarathoustra, les grands philosophes, les guides et les prophètes, les musiciens et les poètes, ne nous parlent pas d’autre chose que du temps de l’âme humaine.

L’autre temps, il est celui des cailloux, des atomes et de ce qui périt, avec pour échelle les temps géologiques et le cycle du carbone14.
Le temps de l’Homme est d’une autre nature et d’une autre majesté.
Dommage de le tuer.

C’est lui qui sauve.

Réalpolitique du XXIe siècle

Volodymyr Zelensky permet à toutes les nations de ce monde, au prix exorbitant que lui fixe la Russie, de distinguer le service du peuple du service de la subversion que tente d’imposer, dans l’ensemble des modes de subversion qu’elle a élaboré, la Russie.

Elle réalise ce même plan, partout, où l’absence d’intransigeance le lui permet, sure qu’elle est du fait que l’asservissement commence là où débute le consentement à s’avilir soi-même.

Telle est la science humaine acquise des Soviets et l’expertise en humanités qu’elle a élaboré sur le dos des masses.

Volodymyr Zelenski a tout de même raison quand il objecte, qu’à l’inverse du peuple qui justifie le service, la subversion ne suppose pas de serviteur mais un maître.

La Russie qui s’apprête des mots et des encens de la guerre sainte orthodoxe ne peut désormais gagner que de guerre lasse, en spéculant sur l’usure et la résignation. La grande Russie a oublié, victime de sa propre propagande, égaré dans la fabrication d’une mythologie purement martiale, l’or qui anime la résistance.

C’est le président-chef des armées Zelensky qui fait l’affront à Poutine de lui faire cette leçon admirable et si totalement salvatrice.

Elle est sans doute indéchiffrable à Monsieur Poutine.

Monsieur Poutine ne voit que de l’obstination là où il y a l’héroïsme d’un chef, d’une armée et d’un peuple et, hélas, il voit de l’héroïsme là où il n’y a qu’obstination.

Tant que subsiste une force et un grain de lucidité, c’est cette vérité qu’il faut voir.

Alors la Russie de monsieur Poutine postule que la réalpolitique qui s’imposera est en définitive la sienne, celle que sa guerre a provoqué, auquel il tente d’accrocher un élément tangible. Il veut planter le drapeau russe à Marioupol afin de présenter un acquis qui serait selon lui manifeste et indiscutable.

Marioupol est doublement martyre à ce titre.

L’Ukraine a raison de ne pas l’entendre de cette oreille. Elle a raison de protester avec une fermeté qui pourrait paraître déraisonnable, alors que cette fermeté est la plus raisonnable qui puisse être sur notre terre puisqu’elle forge ce qui anime la compétence universelle du réel et non pas ce qui le tue.

Ce qui tue vraiment, c’est capituler quand on n’en a pas le droit.

Le seul réel politique que la Russie est susceptible de mettre dans la balance de la table des négociations est fait de destruction, d’exodes massifs de populations civiles tabassées sans honte, soumises à la faim, aux rigueurs de l’hiver, terrorisées, terrorisées par l’ensemble des terreurs barbares qu’elle déchaîne en réaction en considérant que ses institutions et l’ensemble de son appareil ne sont comptables en rien des fléaux lâchés sur nous.

La Russie demande à statuer sur le réel qui résulte de la capacité de nuisance qu’elle a mis en œuvre et dont elle dit en disposer en assez de ressources pour pouvoir continuer à l’alimenter, en prétextant de l’unité d’un peuple autour d’elle qui n’est qu’une grande ombre conférant une légitimité d’oriflammes délavés et de carton-pâte.


A l’aune du cynisme et de la politique du pire, si nous lui laissons ce champ libre, la Russie aurait gagné la guerre sans avoir de toute façon mis la plus ténue des conditions d’un jour gagner la paix.

C’est dire l’illusion destructrice qu’elle poursuit.

Est-ce cela que la Russie veut que nous lui reconnaissions. Sa vue est-elle donc si courte, si basse ? Si indigne ?

Rappelons à cette nation dévoyée que la vraie réalpolitique, celle du XXIe siècle, est celle d’un sceptre, d’un règne qui n’est pas fait de guerre lasse, mais du combat de la soif d’honneur, de l’aspiration à la justice, à l’ordre, à la liberté et à la paix.

Nous devons trouver le moyen de faire entrer cela dans la tête de la Russie.

Que Monsieur Poutine récite ce qu’il veut à qui veut entendre ses sornettes. Dans la balance, nous, nous devons savoir quelle politique du réel nous avons devoir de privilégier et laquelle nous n’avons pas le droit de lui concéder.

Il vaut mieux que la sienne se venge sur lui et son engeance, qui comparaitront inéluctablement devant nos tribunaux et de nos cours, plutôt que d’accepter de voir la nôtre se venger sur nous, avec de surcroît un peuple à la tête haute servi en holocauste à l’appétit du Léviathan.

Une vie sans les meilleurs principes n’est pas possible. La Politique est vouée à entretenir cela sans jamais faillir.

Alors, les principes se redressent quand ils n’ont pas d’autre choix que de se remettre debout pour ce qu’ils n’ont jamais cessé d’être, pour la patrie en danger. Ne nous leurrons pas, la patrie qui fait vibrer c’est celle que le destin fait juste parce qu’elle est agressée ou parce qu’elle dit quelque chose mieux que les autres et que cela ne saurait être le moins du monde tenu pour une offense au ciel et à la terre.

C’est vrai qu’il y a une dureté effrayante et un éclat péremptoire à cela.

Mais si les principes qui nous commandent ne sont pas d’airain quand l’appel résonne au cœur de toute chose, ils ne forgent rien que l’impuissance et ne contribuent à rien d’autre qu’à une éclipse redoutable.

Nous n’y succomberons pas.

FN, radicaux, souverainistes: la mue de l’Europe verra disparaître ses organes inutiles

7/10/2015 .- Sans être un inconditionnel du président de la République, M. François Hollande, je suis bien obligé, et satisfait de devoir l’être à l’occasion de la session plénière du Parlement Européen, de reconnaître en lui, cet après-midi, un homme d’Etat, animé par des intentions, une volonté, une sincérité d’homme d’Etat.
Et cette stature, quelles que soient ou puissent être les divergences par ailleurs, est rassurante, au fond, car ce que l’on doit pouvoir attendre de ceux qui président au destin d’un nation et à ce titre à la dynamique de l’Europe, c’est la stature et la capacité de parler et d’agir en dignité, et de le faire à la hauteur des enjeux comme des menaces. Lire la suite « FN, radicaux, souverainistes: la mue de l’Europe verra disparaître ses organes inutiles »

Tous les chemins ne sont pas sur la carte

Quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001, au sujet desquels j’avais écrit qu’il fallait faire assaut d’innocence pour surmonter le défi qu’ils imposaient à la civilisation, dans le Paris froid, je suis entré à Notre Dame de Paris pour confesser, devant un prêtre hébété par cet aveu, que je porterais une parole destinée à sauver le monde.

Il faut un courage insensé et sans doute incompréhensible au commun des mortels pour articuler de tels mots. Ils ont la faculté de foudroyer un homme.

Quelques jours après les attentats du 7 janvier 2015, mon esprit a été submergé par la douleur, mais alors que chacun déclarait la guerre à un ennemi qui s’autodésignait ostensiblement, mon intuition me conduisait à suspecter que nos réactions collectives correspondaient précisément à ce que les instigateurs de cette guerre invisible, qui est une guerre qui ne montre d’elle que ce qui favorise ceux qui l’engagent et la nourrissent,  attendaient qu’elles soient.

Les attentats du 13 novembre 2015 m’ont atteint au plus profond et fait toucher leS limites de mon principe d’élucidation, celui auquel je me suis voué, qui se tarissait dans le bain de sang provoqué par les terroristes de Paris.
Le soir même, sur la page facebook de l’Elysée, alors que tous accusaient le salafisme comme étant à l’origine du fléau djihadiste, je postais pourtant une simple phrase dans le fil pour y dire que cette précipitation était trop rapide pour être honnête.
Elle correspondait à une intuition.
Ce 15 novembre 2015, je m’endormais mal avec ces mots, comme tournoyant en un mouvement circulaire, dans l’âme: « Seigneur, montre-moi ce qu’il y a à voir ».
Le 16, j’écrivais, sur ce blog même: « La trotteuse du djihad et le pendule de la Révolution Islamique d’Iran ».
Et le 17 novembre 2015, approfondissant le sujet: « Sauver Bachar El-Assad? Pourquoi. ».

Tous les chemins ne figurent pas sur la carte.
Cela ne signifie pas qu’ils n’existent pas et ne méritent pas d’être ouverts. Cela ne signifie pas qu’ils ne mènent pas quelque part.

Je ne m’explique pas que – était-ce le 8 janvier, le 9 ou le 10 ?- au Monoprix, de la place de l’hôtel de ville de Narbonne, où je me rendis pour quelques emplettes, alors que j’étais à la caisse, j’ai entendu deux trois personnes, deux hommes et une femme, dire à haute-voix, de sorte que, peut-être, je l’entendisse: « Ce sont vraiment des imbéciles. Ce n’est pas à Paris qu’ils devaient réaliser leurs attentats. Mais ici. ».
Quelques minutes avant, ils étaient dans le même rayon que moi. Mon attention avait été attirée par leur comportement.

C’est très déstabilisant lorsqu’on pense et écrit, au moment où tout n’est qu’hystérie, désir de guerre, une série de textes comme celui-ci . Ce sont des coïncidences auxquelles il m’est arrivé d’être confronté.
En terme de probabilité, tout de même, ayant écrit ce que j’ai écrit et développé ultérieurement la thèse sur l’origine et les buts du djihadisme islamique, un tel épisode  relève du mystère.

Tous les attentats m’avaient plongé dans un état second qui était un état premier.
Ceux qui sont postérieurs au 13 novembre 2015 et notamment celui du 14 juillet 2016, n’ont pas provoqué, au delà de l’émotion, un tel bouillonnement.
Comme si le mystère était percé.

La réflexion stratégique « Vulnérabilité des démocraties à l’âge de la mondialisation »  est disponible en suivant le lien proposé ci-dessous:
https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/804719/s/vulnerabilite-des-democraties-a-l-age-de-la-mondia-2571dccb4d/#.WCTQrbV1A8o

La Russie légitime. l’Europe non?

J’ai évoqué, dans la contribution précédente, intitulée « Les heures impossibles de la démocratie russe », le défi que la Russie nous impose de relever. Elle nous l’impose car ce défi, parmi d’autres, devra permettre à l’Union européenne de se forger elle-même le récit de son histoire.
Elle n’a eu que très rarement l’occasion d’avoir à se définir, à définir par conséquent, les moyens de sa force, de sa protection, de son identité, par rapport à une puissance telle que la Russie qui projette, elle, avec de plus en plus de netteté le désir de sa propre histoire continentale, amorcé à partir du nationalisme russe. Lire la suite « La Russie légitime. l’Europe non? »

Lettre à n’importe qui

Il faudra peut-être écrire un jour une lettre à n’importe qui.

On sait ce qu’il advient des lettres pour tous. Elles tombent parfois entre de mauvaises mains.
Une lettre à n’importe qui peut éviter, si elle bénéficie d’un peu de chance, ce travers.
Mais que contiendrait-elle?

Je revendique, ne fût-ce qu’ici, d’avoir fait plus pour mon pays, que beaucoup. J’ai manié autre chose que des mots, une langue.
Ce n’est pas faute d’avoir porté ma parole et de m’être signalé.
Ce que je pouvais faire de par mon côté, je l’ai fait.

Lire la suite « Lettre à n’importe qui »

Nul n’est prophète en son pays

La vérité seule sera réconciliatrice et de nature, par conséquent, à purger le monde de l’excès effroyable et sanguinaire de la violence djihadiste et de toutes les autres à venir.

Si nous acceptons le mensonge, les faux-semblants, si nous acceptons un statu quo bâti sur un socle bancal, alors il nous retombera dessus.

Ceci est valable pour la Syrie, comme cela l’est tout autant pour le régime qui asservit l’Iran à une révolution qui arbore fièrement son ambition islamique ou pour la Russie de Poutine qui s’est faite une spécialité de nager dans les eaux troubles.

Mais la vérité n’intéresse pas grand monde.

Est-ce la démocratie devenue médiatique qui nous écarte autant de ce goût alors qu’elle devrait nous y maintenir?
Peut-être.

Lire la suite « Nul n’est prophète en son pays »