Dans l’obscurité, l’étincelle du double langage

Le vice-président des États-Unis, J.D. Vance (@VP), a déclaré, le 22 juin 2025 :

> « La Russie et la Chine ne veulent pas que l’Iran développe des armes nucléaires. »

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, lui a répondu sèchement :

> « La Russie et la Chine n’acceptent aucune ingérence des États-Unis dans leurs affaires intérieures. Toute personne parlant au nom de nos deux pays, sans le faire en notre nom, devrait s’en abstenir. »

Elle a insisté : la Russie et la Chine expriment elles-mêmes leurs positions, par la voie de leurs ministères respectifs. Toute prise de position conjointe doit être explicite, et non supposée.

Mais ce qui est curieux, c’est que Zakharova elle-même s’exprime ici au nom de la Chine — officiellement, et à ses risques et périls.

Ce miroir tendu soulève des questions :
– Vance a-t-il été induit en erreur par ses liens connus avec certains cercles pro-russes ?
– Ou bien a-t-il, sans le vouloir, révélé la duplicité du discours du Kremlin ?

Car, au même moment, Dmitri Medvedev déclarait publiquement que « plusieurs pays » pourraient fournir à l’Iran des ogives nucléaires — contredisant à la fois la position chinoise et la doctrine officielle de non-prolifération.

Ce désalignement tactique révèle une asymétrie plus profonde :

– L’Iran cherche une légitimité stratégique.
– La Russie cherche, elle, un chaos régional maîtrisé, particulièrement susceptible de faire grimper les prix du pétrole pour compenser l’hémorragie de son budget de guerre.

La République islamique d’Iran doit se poser la question :
Quel rôle la Russie veut lui faire jouer ?
Dans quel jeu est-elle réellement impliquée ?

Elle doit hâter sa métamorphose, ou elle pourrait bien se retrouver sacrifiée comme un pion.

Une interrogation existentielle.
Comme Shakespeare aurait pu le dire : To be, or to be used?

Soyons clairs :

Ce que nous voyons se dessiner est peut-être plus qu’une crise diplomatique.
C’est l’esquisse d’un troc silencieux, presque parfait, et difficile à arrêter.

Une reconfiguration des priorités mondiales, où le chaos au Moyen-Orient n’est pas une menace, mais un levier.
Une région volontairement inflammable pour faire grimper le prix des hydrocarbures.
Un Iran livré aux flammes pour payer le prix de l’abandon de l’Ukraine auquel Trump veut contraindre l’Europe et le monde.

Et, dans l’ombre, un nouvel axe en formation — non plus Est contre Ouest, mais une convergence de souverainismes durs, alignant Washington, Tel-Aviv et Moscou.
Une configuration déjà assumée, sans honte, par les droites radicales montantes sur plusieurs continents.

09/08/2035: cette version est, sans doute, à amender.

De la dissuasion à l’impunité : dérive nucléaire et désordre stratégique

Il faut remettre en cause un postulat trompeur : celui selon lequel un pays « doté », c’est-à-dire possédant l’arme nucléaire, jouirait d’une impunité absolue. Ce postulat, que viendrait étayer le cas ukrainien et par extension démonstrative tirée à vitesse hypersonique des sorts advenus aux tyran irakien ou lybien, repose moins, si on examine avec un peu de soin la situation du soutien à Kyiv, sur une vérité stratégique que sur la prudence naturelle des chefs d’État européens, soucieux d’éviter une escalade continentale et, surtout, d’épargner à leurs peuples le prix du sang, tant que cela leur est encore possible.

Depuis l’agression brutale de l’Ukraine par la Russie en février 2022, cette prudence a pris la forme d’un soutien militaire massif, mais indirect : fourniture d’armement, formation, soutien logistique, mais sans engagement direct des troupes de l’OTAN. Cette ligne rouge — que Moscou cherche à exploiter — reflète un équilibre fragile entre solidarité active et peur de l’engrenage.

Ce prix, les sociétés européennes ne sont plus prêtes à le consentir, protégées depuis plusieurs générations par les dividendes de la paix que leur a apportés le rêve européen — ce même rêve aujourd’hui vilipendé par les promoteurs d’un souverainisme dicté par Vladimir Poutine.

Répéter que l’OTAN ou les Européens s’abstiennent d’un engagement plus direct aux côtés de l’Ukraine par crainte d’une rétorsion nucléaire russe est devenu une hérésie télévisuelle, un réflexe commode pour meubler le vide stratégique de certains débats.

Or, l’arme nucléaire n’a en réalité que deux portées :

1. Une portée militaire : la dissuasion par l’annihilation mutuelle

Elle repose sur un principe d’équilibre : toute attaque nucléaire entraînerait une riposte équivalente, donc la destruction de l’agresseur. Son usage est unique, terminal, et c’est justement cette certitude qui la rend dissuasive. Elle n’est pas une arme de conquête, mais de non-emploi.

2. Une portée dialectique : la rhétorique de la peur

C’est ici que la Russie excelle. En floutant volontairement sa doctrine d’usage, notamment autour de la notion d’« atteinte existentielle », elle instille le doute, la peur, et fait glisser la dissuasion vers l’impunité. C’est le cœur de ce qu’on peut appeler une doctrine d’impunité existentielle : toute entrave à ses ambitions impériales est posée comme une menace vitale, donc potentiellement justiciable d’une réponse nucléaire.

Ce détournement de la logique nucléaire ne menace pas seulement l’Ukraine ou l’Europe. Il subvertit l’ordre international, sape le multilatéralisme, et encourage la prolifération, non seulement par les armes, mais par les doctrines.

Medvedev, le messager
de la dérive

Ce n’est pas un hasard si Dmitri Medvedev, ancien président russe et actuel vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, a publié, ce jour, 22 juin 2025, sur X, ce message :

> 2. The enrichment of nuclear material — and, now we can say it outright, the future production of nuclear weapons — will continue.
3. A number of countries are ready to directly supply Iran with their own nuclear warheads.

Familier des outrances, il est parfaitement aligné avec le sujet qu’il m’a semblé bon de soumettre, en parfait Candide, à analyse.

Car ce message ne protège pas l’Iran. Il prolonge la stratégie russe.
En affirmant la possibilité de livrer des têtes nucléaires à Téhéran, Medvedev multiplie les centres d’impunité, externalise la dissuasion et fait proliférer la doctrine d’anéantissement potentiel au profit des intérêts du Kremlin. C’est une forme de pollinisation stratégique, une dissémination de la menace.

Plus elle a d’adeptes, plus la Russie impérialiste et son systéme de prédation sont légitimés et essaimés.

Vous voyez le danger?

☢️L’Iran face à une tentation vénéneuse

L’offre de Medvedev est alléchante. Elle a tout l’air d’être une solidarité expresse. Elle est un couteau dans le dos. C’est, en effet, pour la République islamique d’Iran une tentation aussi séduisante que létale : celle de rejoindre le cercle vénéneux des puissances nucléaires.

Mais cette voie, si elle est prise, n’ajoutera aucune sécurité au peuple iranien. Au contraire, elle exposera ce dernier à l’isolement, à une intensification des tensions régionales, à des représailles à peine différées.
Et surtout, elle ne renforcera, en vérité, que la Russie, en propageant cette doctrine de l’impunité existentielle, dont il ne fait aucun doute qu’elle doit être tuée dans tous ses oeufs.

L’Iran va donc devoir, pour longtemps, assumer la légitimité du principe existentiel qu’il invoquera. Et dire de quoi elle émane. Car dans cette grammaire du monde, tout se paie — un jour ou l’autre.

C’est ce qui revient au régime de Téhéran pour sauver, beaucoup plus qu’une chimère, une nation réelle, faite de personnes honorables.

Telle est sa responsabilité à leur endroit.

La Chine ne met pas le bout
d’un seul de ses doigts
dans ce débat,
la Corée du nord ses deux mains;
Les autres puissances nucléaires : silences et distances

Fait remarquable : des puissances nucléaires comme l’Inde ou le Pakistan restent à distance stratégique de ce débat. Loin de cette rhétorique, elles n’entretiennent pas l’ambiguïté de doctrine. Leur posture est celle d’un équilibre régional contenu, malgré leurs tensions.

La Chine, impénétrable Empire du Milieu, se garde d’intervenir dans cette grammaire stratégique. Son silence n’est pas prudence : il est position, calcul, et souveraineté intacte.

En revanche, la Corée du Nord, elle, met tous ses doigts dans l’engrenage, assumant jusqu’à l’excès la dissuasion comme vecteur de chantage et de survie.

11-09-2001->07/10/2023: Highway to hell

Il y a eu, sous couvert de lutter contre le racisme, à Durban (Afrique de Sud), en août 2001, un pacte entre l’islam corrompu et sa nébuleuse, d’un côté, et la gauche altermondialiste, écologiste et prewokiste, de l’autre.

Ce pacte a été dûment contresigné par les attentats du 11-Septembre-2001 qui sont survenus quelques jours après l’échec retentissant, le 5 septembre 2001, de cette conférence dite « contre le racisme » et pourtant, déjà, ouvertement antisémite.

Nous n’y avons vu que du feu.

Nous avons vu l’assassinat du Commandant Massoud.

Nous avons voulu ne voir que l’assassinat du Commandant Massoud, intimant aux Etats-Unis d’Amérique d’anéantir les Talibans en Afghanistan.

Nous n’avons voulu voir que le mouvement spectaculaire de l’assassinat d’une figure de la lutte contre l’islamisme et nous sommes restés aveugles et insensibles aux tentacules de l’autre, propagés dans les systèmes cognitifs, inoculé au plus profond de l’âme, en cet endroit oú s’établit notre libre-arbitre, sur lequel plus personne ne veille, quand une force, un appel, m’a appelé, lui, à y pourvoir.

Nous n’avons pas voulu voir la conférence de Durban, et ce qu’elle a initié, lentement, sur l’échiquier des opinions publiques et des relations internationales.

Greta Thumberg m’inspirait, depuis son apparition, en fausse vespale ou en Jeanne d’Arc de la cause écologique, la plus grande méfiance.
Le samedi 26 novembre 2023, très explicitement, elle est vue en train de scander les slogans réclamant la chute d’Israël et son soutien au hamas.
Le masque est tombé.

#GretaThumberg apparaît donc comme l’icône de ce pacte que je dénonce. Les « féministes » sélectives, qui s’illustrent par leur silence quant aux viols perpétrés contre des juives, sont des éléments du dispositif formé pour faire plier nos démocraties, fatiguer et désarmer les opinions.

Au bout de cette conquête des esprits, il s’agit d’achever de substituer à la globalisation qui n’était pas suffisamment heureuse, un pacte qui, présenté comme étant de l’altermondialisation, est, surtout et avant tout, un pacte de « totalirisations ».

Il avance la promesse d’une paix qui est surtout un renoncement. C’est pour cela que ces mouvements plaisent tant à son Excellence des ténèbres, l’ayatollah Khamenei et à un obscur ex-officier du KGB qui a cru pouvoir satisfaire, par ce biais, son désir de grandeur.

Toutes et tous, grands et obscurs maillons de cette chaîne, sont inscrit dans cette grande ligne droite, cette véritable autoroute du Mal tracée pour y débrider la puissance des haines, qui relie le 11-Septembre-2001 au 07-Octobre-2023.

Elle cisaille la terre et le ciel, dans le zébrure de la haine fondatrice que constituent l’antisémitisme.

Nous devrons réunir à nouveau le ciel et la terre, le haut et le bas.

Ce pacte est très puissant par les idéologies qu’il ramifie comme par les prébendes politiciennes* qu’il distribue; par les cycles de haine et de ressentiments qu’il engage; par les idées qu’il greffe dans les esprits; par l’illusion qu’il répand.

Il se fonde sur une habileté sans pareille.

Pourtant,

Pourtant, Moi, le pur produit de la République française laïque, Je promets, qui commence à la mienne, l’âme d’un peuple, aux quatre coins du monde, parlant diverses langues mais contenu dans une seule pensée, qui va briser ce pacte et condamner celles et ceux qui lui ont prêté allégeance, qui va dévaster ce dont est faite la pensée néfaste dont est né ce pacte.

Je ne promets pas l’impossible.
Qu’il soit dit que je promets ce que je vois.

Je prie la Chine de ne pas succomber aux promesses alléchantes de l’ordre mondial que ce pacte augure.
Je sais cette Chine.
Je sais ce monde.
Au moment où l’on me voit tel que je suis, le bien triomphe.

Ce qui se passe, et qui vient de loin, n’est et n’a été possible que parce qu’il y a une faillite béante du système d’information et son inadéquation à la nature de certaines menaces. Il y a d’innombrables et constantes illustrations de cette défaillance. Pour être passé sous tant de radars, j’en suis aussi, modestement, la preuve vivante, parce que j’ai dit, par ce que j’ai fait.

*L’Espagne massivement dans la rue pour protester contre le premier ministre, issu du PSOE, Pédro Sanchez peut en témoigner. En France, Jean-Luc Mélenchon en prédicateur des gauches insoumises et soumises tente de lever la même mayonnaise.

The Aphrodisiac of Other People’s Deaths

A strange excitement has taken hold around the movements and preparations for war in the Middle East.
The scent of other people’s blood, carried on the wind, stirs something primal across TV sets and social networks—each trying to be the first to announce that the real war has begun.

Has the desire for war become an aphrodisiac as potent as powdered unicorn horn?
Fantasies are taking flight, with all eyes turned skyward, thrilled by visions of airstrikes.

There is something unseemly, uninhibited—even eerily virtual and disembodied—about this spectacle.
And when the target becomes Iran, the tone escalates beyond anything we’ve seen before.

Yes, the October 7 pogrom, the rhetoric of the Islamic Revolution, the deadly repression of Iran’s youth, and its declared hostility all bear a share of responsibility.
But something even more disturbing looms: the collective blindness to the devastating potential of mass civilian casualties and the chaos they would unleash.

Israel’s media campaign—supported by allies—to sell the fantasy of a smooth regime transition is speculative at best, comectic at worse case scenario.

And here’s the paradox:
This intoxication with bloodshed, this theatrical urge to topple the supposed “epicenter of evil” is being orchestrated by a trans-illiberal axis—from Washington to Tel Aviv—and possibly soon including Moscow.

Netanyahu, Trump, and Putin, too, harbor a shared fascination with fundamentalist visions, each laced with a messianic tone.
An axis that cannot seriously be mistaken for the camp of virtue.

War is not an aphrodisiac.

Israël fait son espoir du désespoir des Palestiniens

La Commission européenne a validé ce matin l’étiquetage des produits fabriqués dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. « Toutes ces mesures visent à établir une différenciation entre les articles exportés par Israël et ceux qui sont fabriqués dans des territoires occupés en violation du droit international », a justifié un diplomate cité par Le Figaro. Lire la suite « Israël fait son espoir du désespoir des Palestiniens »

Un moment avec Israël

Israël récolte ce que le gouvernement Netanyahu sème. Il ne reste fatidiquement aux Palestiniens que semer ce qu’ils récoltent comme bénéfices de processus politiques régulièrement détrompés. Des fruits empoisonnés. La France n’a pas fait suite récemment à la proposition européenne de boycott des produits issus des territoires occupés. Mais laisser du temps au temps n’a valeur que s’il y a un agenda crédible pour les deux parties. Netanyahu ne conduit que celui d’un grand Israël, inconciliable avec celui d’un Etat palestinien viable et souverain respectant l’intégrité de son voisin. Lire la suite « Un moment avec Israël »