La charge d’honneur de la Ve République

Face aux « royaumes farfelus » et à la guerre cognitive qui s’infiltre par les réseaux, la Vᵉ République n’est pas passive. Sa structure permet de mener la charge pour restaurer l’ordre moral et l’intégrité nationale. C’est l’énergie qui, de l’essence du peuple, se déploie pour briser l’empire des fictions et ramener la nation à la passion du réel.

« S’opposer à la politique de son pays est l’expression de la démocratie et de la liberté d’expression, ouvrir la porte aux représentants de l’ennemi est de la trahison. »

Le dernier paragraphe, ci-dessus introduite, de cette réflexion:

dénonçant le choix éditorial consistant pour le JDD de faire de @XeniaFedorova la pasionaria de la liberté d’expression, mérite qu’on s’y arrête.

S’opposer à la politique de son pays est, en effet, une des expressions de la démocratie.

S’opposer au gouvernement est digne et illustre la vitalité de la démocratie lorsque cette démocratie reste sous l’empire de ce qui constitue le centre de gravité de son propre équilibre: un sens aigu de ce qui fonde et nourrit sa souveraineté.

Si, par grand malheur,

  • un élément étranger perturbe la sérénité nationale;
  • Si une manipulation du jeu informationnel transforme la vive conversation qu’une nation se doit d’entretenir avec elle-même en mortelle dispute, coups d’éclats, et oppositions stériles;
  • Si les fictions enivrent et que la passion du réel n’inspire plus;
  • Si une dissipation de l’ordre moral fait perdre de vue les sujets importants et détruit toute hiérarchie;
  • Si les idéologies prennent le pas sur la maîtrise objective des sujets;
  • Si une atteinte subtile au libre arbitre installé un royaume farfelu et des baronies fêlones au coeur de la République;
  • Si un derèglement cognitif atteint, par des agents d’influence internes et externes, le psychisme des masses;

alors, dans ce contexte extrême, s’opposer à la politique de son pays et céder à l’élan général, sans le contrepoids de ce qui est dû à la dignité nationale et faire preuve d’un sens irréprochable de ce qui est dû à l’intégrité, c’est détruire le socle commun, et ruiner l’esprit de corps qui cimente le Peuple dans la République, devant demeurer, autant que faire se peut, Une et Indivisible.

L’indicateur démocratique, dans un environnement qui se verrait si dégradé qu’il correspondrait aux symptôme énumérés en préambule, n’est ni l’ampleur ni l’efficacité de l’opposition.

Une nation n’est pas faite de fureur et de bruit. Dans ce cas, que resterait-il de nos amours pour la République et la démocraties qui ne soit pas galvaudé? C’est la tenue de l’exécutif, accomplissant ce qu’il doit accomplir insensible à ce qui est méprisable et à ce qui est vil, guidé par des femmes et de hommes qui n’ont que l’intérêt national – le mieux compris possible – pour guide, qui supporte la charge d’honneur et constitue la jauge véritable de la vitalité nationale.

Il faut reconnaître que la Ve République distingue, comme nulle autre constitution au monde, le jeu des institutions, la place des partis, des corps intermédiaires, des contre-pouvoirs, pour assurer l’exécutoire. Si elle n’a pas inventé ce mot, la Ve République a ciselé à la perfection ce qu’il représente: « L’exécutif », si l’on s’en remet à l’exprit des institutions, intervient moins pour s’opposer au législatif que pour lui assigner – pour assigner à tous – une obligation de dignité et d’efficience et affirmer que le but de la politique se trouve dans l’action sur le Réel.

J’ai l’impression – probablement partagée par plusieurs, que, sur un certain nombre de points, touchant à la durée du mandat du président de la République et à a capacité de se représenter, des libertés ont été prises avec cet esprit au cours des dernières années qui visent à réduire -même si ces réformes ont été présentées dans un contexte qui l’amènent probablement que sa volonté est respectée, à la souveraineté du Peuple.

Soyons-en conscients: la Ve République est un joyau. A l’inverse de ce qui a pu être fait pour répondre à des pressions malvenues, manipulons-là avec soin et doigté.

Plus que celui de la nation, elle est le joyau du peuple.

C’est à son éclat que se mesure le rayonnement du peuple. La ternir, la dénaturer, c’est ternir le peuple qui besoin de sentir sa propre grandeur.

Laisser un commentaire