Marine Le Pen: alors, parlons-en!

Qui donc Marine Le Pen croit-elle pouvoir abuser en prétendant incarner, aujourd’hui, au-dessus de tous, la posture gaullienne ?
Elle ne fait que surplomber le marasme qu’elle a, la première, contribué à installer.
Et cela ne lui confère aucune autorité — sinon celle du souffleur au théâtre.

Cette posture ne trompera pas les Français, et encore moins les vrais républicains.
Car c’est bien le Rassemblement national, et avant lui le Front national, qui, depuis des décennies, a dénaturé le jeu des institutions et ruiné la gouvernance, jusqu’à aboutir, aujourd’hui, à ce champ de désolation.

Il n’est pas surprenant, d’ailleurs, qu’à peine le gouvernement de Sébastien Lecornu “mort-né”, sans la moindre décence démocratique, elle cherche déjà à se hisser au-dessus du plafond de verre pour incarner, à elle seule, le destin de la France.

Qui donc Marine Le Pen croit-elle pouvoir abuser en prétendant dépasser, aujourd’hui, le clivage droite-gauche, le centre et le milieu, pour se poser en gardienne du seul intérêt des Français ?
Ce n’est pas à l’appel de la France — pas même à celui de son horizon naturel européen, ouvert par le général de Gaulle — qu’elle répond.
C’est à l’appel de la Russie.

À qui donc Marine Le Pen croit-elle pouvoir faire croire qu’elle veut défendre et protéger les Français, dont elle serait en quelque sorte la nouvelle Jeanne d’Arc — culte frauduleux s’il en est ?
Non. Jeanne d’Arc n’a pas livré la France aux Anglais, et cela lui a valu de périr brûlée vive sur le bûcher.
Elle n’a pas vendu, elle, le destin sacré du seul pays qui allait, plusieurs siècles plus tard, proclamer l’universalité des droits de l’Homme — cela pour un plat de bœuf Stroganov.

C’est cette République mystique et surnaturelle, surgie d’une Révolution sans pareille, que Marine Le Pen veut ravaler au rang d’un simple appareil, au service du syndicat du crime qui, de soviets suprêmes en kompromats, siège au Kremlin.
Un Kremlin qui cherche à annihiler la puissance économique de l’Allemagne à travers l’AfD, et la puissance politique — au sens le plus éminent — de la France, seul pays “doté” et capable de garantir l’indépendance nationale.

À qui Marine Le Pen, et son entourage — gendre, neveu ou héritiers politiques — veulent-ils faire croire que l’attaque politico-médiatique simultanée menée pour faire chuter la statue du Commandeur Emmanuel Macron de son piédestal, et celle d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, hier soir encore, par le dépôt d’une motion de censure à laquelle s’est joint LFI, ne répond pas à l’urgence de Vladimir Poutine, plus qu’à celle des Français et des Européens ?

Si elle pense que le peuple français — que la guerre cognitive, celle que lui livrent les nervis de Poutine et toute son “Intelligence”, a certes désorienté — va être abusé, Marine Le Pen se trompe.

Non, le peuple français n’a pas été démantelé comme une vieille carcasse politique passée méthodiquement à l’équarrissage.
Ses membres ont été séparés, écartelés par des tractions multiples, opérées avec le concours de la force mécanique de la Fédération de Russie.
Mais l’essentiel — la présence invisible de la Nation, une et indivisible — n’est pas sécable.
Cette présence ne meurt pas.
Elle prend la forme appropriée pour renaître quand il le faut.
Le Peuple est un Phénix.

« La vérité d’un homme, c’est d’abord ce qu’il cache », a écrit André Malraux.
C’est aussi valable — en accordant le genre — pour une femme.
Que cache Marine Le Pen ?

Elle ne cache qu’une chose : l’enjeu géopolitique.
Elle peut parler des retraites, de l’écologie, de l’économie, de la Bourse, de l’industrie —
mais elle ne parle pas de Défense, sinon pour affirmer qu’elle fera modifier la Constitution afin d’y inscrire que « la dissuasion nucléaire française ne peut couvrir que le seul intérêt franco-français ».
Cela elle l’a dit.

Elle peut dire un jour « Noir« . Le lendemain, « blanc ». Puis « Gris », s’il le faut, et dans ces cinquante nuances s’il en faut.

Elle peut même attendrir son monde avec la cause animale et se rendre au rendez-vous d’Etat fixé par un Premier Ministre de la France avec un chaton.  Elle sait faire cela.
Mais, ce ne fait pas d’elle une girouette. Elle est toujours dans la direction du blizzard qui nous vient de Russie et qui souffle du Kremlin.
Elle ne parle pas de la Russie.
Elle ne parle pas de la Russie parce que c’est la Russie qui la gouverne pour nous gouverner, nous.
Elle ne parle pas de ce qui la détruit déjà.

Alors, parlons-en.

La République est « péremptoire ». Elle n’est pas dans le compromis.

Depuis quarante ans, tout le monde cherche les raisons du déclin et du désordre croissants.
Elles tiennent moins à la société qu’au système lui-même.
Dans la Ve République, celui qui parle le mieux, celui que le suffrage a désigné pour incarner et ordonner la volonté générale, se trouve aussitôt effacé — non par le peuple, mais par les appareils, les connivences et la mécanique d’impuissance installée.
Emmanuel Macron, à sa manière, en fait la sinistre expérience : parler juste ne suffit plus, dès lors que le système récompense le blocage, la ruse et la nuisance.

Le mot “compromis” revient souvent, comme une vertu politique cardinale.
On le pare de toutes les vertus : sagesse, modération, maturité.
On en fait la clé de voûte de la démocratie moderne.

Mais la France, singulièrement, s’y refuse.
Non par orgueil ni par archaïsme, mais par instinct de civilisation.
Ce qui, ailleurs, fonde la paix des partis, fonde ici la discorde des âmes.

Le compromis suppose la conciliation entre des forces égales.
La France, elle, ne se reconnaît que dans l’arbitrage du supérieur : ce qui tranche, ce qui ordonne, ce qui élève.
Elle ne se résout pas à se partager.
Elle veut être décidée — non divisée.

L’histoire en a donné mille preuves.
La IVᵉ République fut celle des compromis et de l’impuissance.
Elle a accouché du Front populaire, qui accorda les congés payés,
mais dans le même mouvement, elle a livré une France rancuneuse, divisée et vulnérable à Hitler :
un pays rançonné par ses querelles, où le compromis partisan l’emporta sur la conscience nationale.

Et l’Histoire, aujourd’hui, recommence à rimer.
Car voilà qu’une classe politique et syndicale, tout aussi sûre d’incarner le bien,
prépare — au nom de la justice sociale ou du pacifisme — le même abandon, cette fois au profit de la Russie.
Les mêmes ressorts d’aveuglement, les mêmes mots de bonne foi,
les mêmes indignations pavées de renoncements.

La Ve République, en naissant, n’a pas cherché à corriger la précédente : elle l’a périmée.
C’est là le sens profond du mot péremptoire,
qui ne désigne pas l’arbitraire, mais le principe vital par lequel un ordre nouveau abolit ce qui lui est inférieur.

La Ve République ne saurait être que péremptoire.
Non par dérive autoritaire — car l’État de droit, la hiérarchie, la nomination, la préséance et le rang de chacun y tiennent lieu de garde-fous —,
mais parce qu’elle exige, à travers la délibération même, que ce qu’il y a de meilleur pour le Peuple s’impose à tous.

Le compromis, lorsqu’il devient culte, engendre la paralysie.
Il fabrique des gouvernements “mort-nés”, des coalitions sans autorité, des simulacres de vie démocratique où la négociation remplace la vision.
Le péremptoire, lui, tranche pour que la vie continue.
Il n’écrase pas la diversité : il l’ordonne.
Il n’étouffe pas la contradiction : il la résout.

La République ne vit pas de concessions, mais de cohérence.
Elle n’existe que lorsqu’elle sait faire taire les intérêts pour faire parler la Nation.
Et lorsque ceux qui s’opposent refusent de s’incliner devant la légitimité constitutionnelle,
instrumentalisant leur capacité de nuisance pour donner corps à une démocratie fantôme,
alors c’est la paix sociale elle-même qui se défait.

Le compromis apaise pour un temps.
Le péremptoire construit pour toujours.
L’un gère la survie.
L’autre entretient la vie.

C’est le propre du mouvement, et de la dynamique républicaine.

Mise à mort programmée d’une République Française

Depuis le milieu du premier mandat d’Emmanuel Macron, la France vit sous perfusion d’affaires politiques construites comme des feuilletons. Coupable d’avoir défié le clivage historique qui rythmait le jeu devenu mortifère pour elle de l’alternance sous la Ve République, devenue prisonnière des parties politiques, ceux-ci n’ont pensé qu’à le crucifier sur la croix de Loraine. La démission, ce matin,du gouvernement de Sébastien Lecornu, à laquelle l’ancien poulain du très poutiniste De Villiers, a de façon tréâtrale, a apporté le dernier clou, est le dernier acte de cette mise à mort  programmée.

Ne tombons pas des nues. Tout cela a commencé très tôt et sans l’architecture constitutionnelle si résistante aux ondes de choc – que Nicolas Sarkozy, et avant lui Jacques Chirac lui-même acculé et trouvant pour seule réponse que le quinquennat pour amadouer la colère, s’est plu à détricoter – la République Française serait déjà morte et enterrée,vet le destin de la France ravalé au rang d’un sujet de controverse sociale, comme l’âge de la retraite, ou la taxe Zucman. Un ectoplasme médiatique, à peine plus « ronflant » que d’autres, uniquement utile pour les gargarismes et satisfaites quelques gorges chaudes.


Elles suivent toujours la même séquence : indignation immédiate, emballement médiatique, amplification par les réseaux, récupération par l’opposition — jusqu’à épuisement du pouvoir exécutif.
C’est une stratégie de discrédit continu, où l’émotion remplace la raison et où la République s’habitue à vivre en état de siège moral et se désarme elle-même.

I. Les phases opératoires de la déstabilisation

1. L’affaire Benalla — l’acte fondateur (2018-2019)

Un collaborateur du président, trop zélé un 1er mai face aux black blocs, devient le symbole d’un pouvoir arrogant. Il maltraite, de lémoire, sans avoir formellement qualité pour, deux manifestants qui jettent des objets sur les FDO.
La presse s’acharne, droite et gauche s’unissent dans une indignation sans nuance.
Pendant des mois, la France entière s’alimente de cette fable d’un “État policier”, jusqu’à en oublier le désordre initial.
Ce fut la première pierre du récit anti-macroniste, celle qui donne le ton : un détail transformé en affaire d’État, un serviteur érigé en tyran.

2. L’affaire McKinsey — la cristallisation (2021-2023)

Puis vient l’affaire McKinsey, où l’accusation d’optimisation fiscale se mue en métaphore de la “capture” du pouvoir par les cabinets privés.
Sous la houlette du Sénat, drapé dans sa dignité de contrôle du gouvernement, la narration s’installe : “le macronisme” devient le nom d’une collusion entre l’État et les intérêts étrangers.
C’est à ce moment-là que le mot acquiert sa valeur repoussoir.
Le macronisme n’est plus un courant, c’est un stigmate.
La presse, les réseaux, les oppositions : tous s’accordent à forger cette cristallisation, véritable phase de coagulation du rejet populaire.

3. Les Gilets jaunes — la tentative de bascule (2018-2020)

L’indignation trouve enfin sa chair.
Les Gilets jaunes héritent de cette défiance, la capitalusent, et la transforment en insurrection morale.
Derrière les appels à la justice sociale, on entend des mots d’ordre inédits dans la France contemporaine : rallier l’armée, les forces de l’ordre, le “peuple vrai” contre les institutions jugées illégitimes.
Ces appels existent, ils sont documentés.
La colère sociale devient, par infiltration et amplification, un vecteur de subversion républicaine.

Pour ceux qui ont la mémoire courte, parallèlement au saccage de l’arc de Triomphe, il était question, déjà, de prendre l’Elysée. Mais, tout pétri de la certitude d’avoir sous les yeux la révolte de la France périphérie contre la France Urbaine, cela ne comptait pas.

II. Le contraste de la cécité

Pendant ce temps, une autre menace se déployait : l’ingérence russe avançait tranquillement ses pions et les finançait.
La commission d’enquête parlementaire, à l’initiative du l’Assemblée Nationale, sous majorité Macroniste, s’intéresse aux ingérences politiques et économiques de puissances étrangères, particulièrement russe. Rendue publique en juin 2023, elle dévoile des mécanismes d’influence qualifiés de “courroies de transmission de la Russie”. Des heures et des heures d’audition qui tombent comme un coup d’épée dans l’eau.
Le Rassemblement national y est directement cité.
Réaction ?
Quasiment aucune.
Le même Sénat qui s’érigeait en gardien de la vertu se tait.
La presse, si prompte à flairer le sang, elle, ronronne.

Le sujet n’est pas intéressant pour le grand public. Le grand public apparemmentn’est pas le peuple et le sujet n’est jamais vraiment sa souveraineté.

Pudeur encore devant la manœuvre dilatoire du RN proposant Jean-Philippe Tanguy et Marine Le Pen à la présidence d’une nouvelle commission “contre les ingérences étrangères”, cette fois pour dévier le projecteur vers le Qatar.
Ni le Sénat, absorbé dans sa digestion, ni les médias, engourdis de connivence, ne s’en émeuvent.

La manoeuvre est pourtant cousue de fil blanc.

Pudeur aussi et tout aussi suspecte face aux rapports rédigé par l’armée française intitulé « Trois ans d’opération de désinformation russe » et documentant très précisément et de manière circonstanciée les actions de déstabilisation russes.

III. La conclusion du déséquilibre

Il n’y a pas de hasard dans une telle asymétrie qui frappent respectivement le premier mandat d’Emmanuel Macron. Lorsqu’il est impuissant pour se défendre, on s’acharne. Lorsqu’il se défend, à juste titre parce que c’est son devoir envers la République, dans un contexte international qui voit une Russie plus agressive qui a tout intérêt à neutraliser une puissance « dotée », alors il est censuré.

Oui, il est censuré, rendu inaudible.


Les affaires qui affaiblissent la République font vendre : elles se racontent, elles se jouent.
Les affaires qui la protègent dérangent : elles imposent de penser, de relier, de nommer.
Ainsi s’installe une déontologie à deux vitesses : transparence pour détruire, silence pour couvrir.
Et peu à peu, l’instinct de meute remplace l’esprit de vigilance.

Ce que l’on appelle aujourd’hui “le rejet du système” n’est peut-être que la victoire d’un système parallèle, celui où l’indignation sélective fait office de vérité politique.
Le peuple croit se libérer ; on l’enferme dans le miroir de sa colère.
Le Sénat ferme les yeux.
Tout le monde ferme les yeux.

Épilogue : le poids du réel

Comme en Allemagne, où Angela Merkel, mais sans doute aussi, son prédécesseur, Gerhard Schöder, est dans le collimateur de la presse, il y a de la haute trahison dans l’air dans les allées de l’opposition française qui vient de faire tomber le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu « mort né ».
Si le peuple ne comprend pas à quelle sauce l’endogarchie politico-médiatique corrompue jusqu’à la moëlle est en train de le manger, alors c’en est fini de la République et de la démocratie.


S’il y a trahison, elle n’est pas à chercher dans l’Élysée, mais dans cette mécanique collective où le cynisme médiatique s’allie à la fatigue démocratique.

Pour que la vérité puisse être entendue du Peuple, seul auquel je m’adresse comme Un et Indivisible, il faut que quelqu’un la dise. Tout ce qui est dit là est vérifiable et appartient au réel, pas à ses reformulations.

[…]

Et comme me le disait mon grand-père, un matin de vendanges, me voyant peiner sous la hotte trop lourde et m’invitant à charger plus de seaux :

> « Ne fais pas le voyage à vide! »

Je suis son précepte à la lettre.

Références & sources documentaires

Affaire Benalla (2018–2019)

Affaire McKinsey (2021–2023)

  • Sénat – Rapport n° 578 (2021–2022) :
    Influence des cabinets de conseil
  • Public Sénat / Le Monde / France Télévisions (mars–avr. 2022) – synthèses & débats.

Mouvement des Gilets jaunes (2018–2020)

Ingérences étrangères (2022–2023)

  • Assemblée nationale – Rapport n° 589 (1er juin 2023) :
    Ingérences politiques, économiques et financières
    – mentions de la Russie et du RN (« courroie de transmission »).
  • LCP / France Info / Le Monde (juin 2023) – couverture et controverses (RN dénonçant un « procès politique »).

Défense & vulnérabilités d’influence (2023–2024)

Contrefeu RN – Commission « Qatar » (2023–2024)

Sources transversales

  • Vie publique – Panorama des commissions d’enquête :
    Fiche synthétique
  • INA / Data Médias – données d’exposition médiatique (séries & études).
  • OJIM – études sur les hiérarchies de traitement médiatique.

Le système d’information préfère le déni au tocsin

Je constate personnellement – mais surtout, tous les Français doivent pouvoir le constater (6’50 » d’intervention)– à quel point le discours du Premier ministre, Sébastien Lecornu,  censé apporter une réponse à la crise politique dans laquelle, jusqu’à devenir sa propre caricature, est plongée la France, a été réduit à une seule petite phrase : sa décision de faire passer le budget sans recourir au 49.3.

Dès l’ouverture, pourtant, il insiste :

> « il y avait un décalage important entre la situation internationale et la situation nationale, un décalage important parfois entre la vie politique française et la vie de nos compatriotes. »

Dans la conclusion, il revient au même thème :

> « […] une fois de plus, en trois semaines, ce décalage entre la vie internationale et la vie nationale continue d’être préoccupant, on l’a tous vu dans les dernières informations. »

Cela est passé inapperçu et est tenu pour négligeable. La loi de l’écume prévaut.

Or, en répétant, par deux fois qu’il constatait, le décalage préoccupant entre la situation internationale (drones, menaces, tensions géopolitiques) et l’étroitesse du débat politico-médiatique franco-français, le Premier ministre de la France ne bégaye pas. Il témoigne de ce qui accable un pays qui semble avoir choisi de vivre sur une autre planète.

Cela révèle le nombrilisme d’un système politico-médiatique qui trahit le peuple en occultant la gravité du défi international, — au moment même où s’ouvre l’opportunité d’accès au pouvoir d’un parti dont tout indique qu’il est favorable au Kremlin.

Pour que personne n’entende la vérité, il va de soi que personne ne doit le dire. Mais ce n’est pas ce qui attendu d’un système d’information en démocratie.

Un tabou médiatique, qui ne peut pas être dû qu’à la négligence et à l’incompétence, verrouille l’attention du public sur des leurres (ZUCMAN, contestation de la condamnation de Sarkozy, etc) au profit d’une endogarchie polico-médiatique qui voue son appareil à la cause de Marine Le Pen  et de sa sphère, et prive le Peuple français des conditions de son discernement.

Le populisme a déteint partout.

À la lumière de cette indifférence aux enjeux réels, Vladimir Poutine a eu beau jeu, depuis Sotchi, d’ironiser, quelques heures avant que Sébastien Lecornu établisse ce constat, sur la solitude et la déconnexion d’Emmanuel Macron.

Les chroniqueurs français, largement de fiel et de miel, lui découvrent un sens de l’humour acéré.

Balayant tous les soupçons d’ingérence, et se posant en victime, le « maître » du Kremlin a suggéré que le président de la République français, qui a pour tort de réveiller l’Europe quant à l’agressivité russe, ferait mieux de se « concentrer sur les problèmes intérieurs de la France », auxquels il y a peu de doute, compte tenu de la guerre cognitive à laquelle il se livre depuis des années avec des partis politiques pour relais, il n’est pas étranger.

Le système d’information fait l’autruche. Il est lui-même le cheval de Troie.

Il y aura des comptes à rendre à la nation.

Cette cécité n’est pas nouvelle : elle s’était déjà illustrée par le coupable désintérêt au rapport de l’Armée française dénonçant trois ans d’offensive désinformationnelle russe. Les médias auraient dû s’interroger sur la caisse de résonance qu’ils constituent et l’usage qu’une Intelligence étrangère peut en faire. Non. Ils ont préféré continuer à faire comme si de rien n’était, ne se rendant pas compte que leurs compatriotes n’y adhèrent plus vraiment parce cela sonne de plus en plus faux.

Le système d’information préfère le déni au tocsin.

[bz bz … bz bz…]

Addendun (de la farce)

« Ce qui me frappe beaucoup, c’est au fond un peu mon problème, c’est que dans le secret du bureau, dans le secret des discussions que nous pouvons avoir avec les différentes formations, avec les différents syndicats, avec les différents acteurs, au fond, qui peuvent faire avancer notre pays, dans le secret du bureau, les compromis sont possibles, les discussions sont sérieuses, toujours techniques, toujours sincères. »

Cette phrase ayant été raillée très explicitement, avec pour commentaire excessivement définitif de Renaud Pila, si je ne me trompe pas: « Il n’y a pas de secret du bureau. Tous les visiteurs disent ce qui est sur la table. ». J’ai dans doute moi-même été victime de mon propre biais. La trumpisation est un phénomène éminemment inquiétant.

La dialectique de l’allié providentiel : des couleuvres au fait accompli de la polarisation

Alexander Douguine, souvent présenté comme l’idéologue du Kremlin, affirme sans détour : « La guerre est devant nous ».
Dans sa lecture stratégique, la Russie disposerait d’un avantage comparatif sur la Chine : son arsenal nucléaire, l’étendue de son territoire, son identité historique, et surtout sa capacité à « conceptualiser les processus mondiaux ».

À l’en croire, l’affrontement global serait inévitable, entraînant Chine, Inde, Moyen-Orient, Afrique et Amérique latine dans une polarisation brutale entre unipolarité et multipolarité.

Mais ce raisonnement repose sur un postulat fragile : que les fils de Sun Tzu sont enfumés et suivront docilement Moscou dans une telle confrontation. Or rien n’est moins sûr. La Chine avance selon ses propres logiques, avec un horizon stratégique bien différent, où la puissance économique, la stabilité sociale et la continuité historique pèsent infiniment plus que l’aventure guerrière.

Le point le plus frappant, cependant, réside ailleurs : dans le parallélisme saisissant entre la Russie et Israël.
Chacune de ces puissances croit s’appuyer sur un tuteur providentiel : Moscou sur Pékin, Jérusalem sur Washington. Chacune surestime la fidélité de ce protecteur, et toutes deux se bercent de la même illusion : croire que leur survie passe par la capacité à faire avaler des couleuvres à ceux qu’elles pensent être leurs indéfectibles alliés stratégiques, encore et encore, comme si la résilience se confondait avec la soumission.

La Russie fait comme si la proposition du GGI de Xi Jinping n’existait pas sur la grande table. Mais Moscou n’a jamais vraiment su ce qu’est une grande table, en dépit de celle aux dimensions paranoïaques censée en imposer aux visiteurs du Kremlin.
Quant aux Israéliens, ils découvrent avec stupéfaction que Donald Trump a signé un accord avec le Qatar, aux termes duquel toute attaque contre Doha serait considérée comme une attaque contre les États-Unis eux-mêmes.

La taille ne compte pas, doit apprendre Poutine à ses dépens.

Et voilà l’ironie ultime : la « grande table » de Xi est pensée pour asseoir le monde entier, tandis que la table surdimensionnée du Kremlin n’accueille que la paranoïa de Poutine.

The Dialectics of the Providential Ally: From Bitter Pills to Extreme Polarization

Russia with China, Israel with the US — two nations convinced that survival means making their allies swallow bitter pills, until dialectics lead them to the fait accompli of polarization.

Alexander Dugin, often described as the Kremlin’s ideologue, declares: “War is ahead of us.”
In his worldview, Russia holds a comparative advantage over China: its nuclear arsenal, vast territory, historical identity, and above all, its capacity to “conceptualize world processes”.

For him, a global confrontation is inevitable — one that will engulf China, India, the Middle East, Africa, and Latin America in a brutal polarization between unipolarity and multipolarity.

But this reasoning rests on a fragile assumption: that Beijing will obediently follow Moscow into such a confrontation. Nothing could be less certain. China moves according to its own strategic logics, where economy, social stability, and historical continuity weigh far more heavily than any adventurous war.

The most striking point, however, lies elsewhere: in the parallel between Russia and Israel.
Each believes it relies on a providential tutor — Moscow on Beijing, Jerusalem on Washington. Each overestimates the loyalty of this protector, and both indulge in the same illusion: believing that their survival depends on their ability to make their supposed steadfast allies swallow bitter pills, again and again, as if resilience were synonymous with submission.

Physical size doesn’t matter. Putin must learn this. Grand table is not that one.

Russia behaves as if Xi Jinping’s GGI proposal were not on the “grand table”. Yet Moscow has never truly known what a great table is, despite the paranoid dimensions of the Kremlin’s own piece of furniture meant to intimidate visiting leaders.
Meanwhile, the Israelis are waking up in shock: Donald Trump signed an agreement with Qatar under which any attack on Qatar would be treated as an attack on the United States.

Endogarchie vs démocratie

Endogarchie (substantif féminin)

Définition :
Régime politique contemporain dans lequel le pouvoir, se prétendant démocratique, est en réalité exercé par un cercle restreint d’acteurs politico-médiatiques qui s’auto-légitiment et se reproduisent à l’intérieur du système.
Il se caractérise par la fermeture sur lui-même (endo- = à l’intérieur), la circularité de sa légitimité et la substitution de l’agenda médiatique au suffrage populaire comme source effective d’autorité.

Caractéristiques :

1. Entre-soi : élites politiques, médiatiques et économiques se sélectionnent et se valident mutuellement.

2. Auto-référence : la légitimité procède du flux d’information et de visibilité médiatique, non de la délibération populaire.

3. Temporalité médiatique : l’urgence de l’actualité remplace le temps long de la décision démocratique.

4. Spectacularisation : le citoyen devient spectateur/consommateur d’opinions, davantage qu’acteur souverain.

5. Érosion démocratique : la souveraineté du peuple subsiste en façade, mais est vidée de sa substance.

Distinctions :

Se distingue de l’oligarchie (pouvoir de quelques-uns) par sa logique circulaire interne plus que par son nombre restreint.

Diffère de la technocratie (pouvoir des experts) : l’endogarchie repose moins sur le savoir que sur la maîtrise de la scène politico-médiatique.

S’oppose à la démocratie véritable, où la souveraineté procède du peuple et du suffrage, et où les médias sont des relais, non des sources de légitimité.

Usage :
« Sous couvert de démocratie, notre époque a vu naître un nouveau régime : l’endogarchie, pouvoir clos sur lui-même, nourri par le flux politico-médiatique. »

L’endogarchie est à la tribune. Elle doit en descendre.

Coup (s) d’Etat

La toile de fond devant laquelle s’agitent toutes nos démocraties rendues malades d’elles-mêmes, c’est Vladimir Poutine qui la tend. La France y sombre.

Un coup d’État peut s’accomplir par un autre moyen que la seule force des armes – ce qui s’apparenterait, d’ailleurs, davantage à la définition d’un « putsch » sur le plan du vocabulaire.
Un coup d’État peut aussi s’opérer, dans le registre de la guerre cognitive à laquelle nous savons que nous sommes confrontés, aujourd’hui, par la subversion politico-médiatique.

Il n’échappe à personne que, même si le témoignage quant au contenu de cet entretien reste apocryphe, Nicolas Sarkozy est celui à qui fut promis, par Vladimir Poutine en juin 2007 au sommet du G8 de Heiligendamm, d’être « roi ».

Si l’on analyse la stratégie de défense et la puissance médiatique mobilisée pour obtenir que « l’exécution provisoire » soit levée, on comprend qu’il existe une entente relevant d’un pacte de corruption, qui lie l’intérêt judiciaire de l’ancien chef de l’État déchu à l’intérêt politique de Marine Le Pen.

Il n’est pas inutile de préciser que Marine Le Pen est aujourd’hui celle à qui l’on promet d’être consacrée reîne — et ce, le plus tôt possible, dans le propre intérêt de Vladimir Poutine.
Elle n’est ni Jeanne d’Arc ni Anne de Bretagne.

Au-delà de la gravité déjà immense de la remise en cause de l’État de droit, ce qui se joue ici et maintenant, est, très exactement et sous les yeux de tous, un coup d’État politico-médiatique destiné à renverser la République Française afin de satisfaire le maître du Kremlin, désireux de voir ses placements en Europe, et en particulier, ceux consentis en Grand-Bretagne et en France, seuls pays continentaux « dotés », lui rapporter les dividendes de la capitulation, attendus.

Le Peuple français est le dindon de cette pitoyable farce, à laquelle un ancien président sacrifie ici piteusement le corps sacré de la France.
C’est un sacrilège impardonnable.
C’est un crime savamment prémédité qui doit couvrir son auteur de honte et justifie pleinement, compte tenu de la gravité de la conspiration ici ourdie, le mandat de dépôt demandé par le tribunal à titre provisoire.

Le système d’information et certains de ses clercs — complaisants dans quelques cas, complices dans tant d’autres — trahissent la confiance du peuple.

Personne ne doit permettre cela.
Nous devons, Peuple Français, faire le ménage.

@EmmanuelMacron

Poutine à Sarkozy:  »Je ferai de toi un roi »

Affaire Sarkozy: de l’illégitimité de subvertir l’Etat de droit

A double degré de juridiction, double degré de présomption.

La question soulevée, par ses supporters relative à la « l’exécution provisoire » dans la condamnation de Nicolas Sarkozy, ancien chef de l’Etat appelle à distinguer plusieurs niveaux.

En droit pénal, la présomption d’innocence joue pleinement avant tout jugement. Une fois la première instance prononcée, cette présomption est consommée par une décision juridictionnelle motivée.

L’appel, lui, n’est pas une simple reconduction de la présomption initiale : il ouvre un espace de révision et de contrôle, permettant d’infirmer ou de confirmer une culpabilité déjà constatée.

En d’autres termes, le double degré juridiction ne peut pas faire autre chose que d’entraîner, de juris, le double degré de présomption: c’est-à-dire que l’innocence qui est présumée avant le jugement de première instance se transforme en culpabilité présumée aussi.

Si le prévenu ou l’accusé est déclaré « coupable » et conteste sa culpabilité en interjetant appel, c’est ce que formalise l’esprit de la loi et qu’applique, sans présumer de ce qui sera statué à l’épuisement des voies de recours – il demeure innocent devant la loi-, le Code de Procédure Pénale

C’est pourquoi l’exécution provisoire d’une peine, y compris par mandat de dépôt, ne contredit pas la présomption d’innocence, mais relève de l’autorité de la chose jugée, attachée à la première décision. La Cour européenne des droits de l’homme elle-même admet cette articulation, tant que le droit à un recours effectif est garanti.

Dans ce contexte, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen instrumentalisent le principe, en le brandissant pour discréditer la justice.

En appelant au jugement direct des Français, ils dépassent largement le cadre de la défense ou du débat juridique: ils subvertissent délibérément, et en parfaite connaissance de cause puisqu’ils sont tous deux avocats, l’État de droit. L’autorité judiciaire est ainsi remise en cause de manière habilement biaisée, au profit d’une mise en scène politique et médiatique indigne.

Il est plus que légitime de questionner l’état du droit.
Il est plus qu’illégitime de subvertir l’Etat de droit.

La « tête droite » de Sarkozy penche du côté de Marine Le Pen

Nicolas Sarkozy, condamné, aujourd’hui, à 5 ans de prison ferme, avec exécution provisoire, tente de sonner le glas du temps de la confiance dans la justice de son pays. Il le fait pour Marine Le Pen aussi.

La condamnation de Nicolas Sarkozy et de plusieurs de ses proches ne soulève pas seulement un débat judiciaire: elle devient le prétexte pour ouvrir un procès des juges. Peut-on encore s’étonner de la facilité avec laquelle responsables politiques et chroniqueurs contestent une décision de justice, en remettent en cause les motivations et insinuent des doutes sur la probité de ceux qui en ont la charge ? C’est une dérive populiste caractérisée.

L’ancien Président de la République, qui a rencontré récemment Jordan Bardella, président du Rassemblement National, semble avoir structuré une manœuvre.

Elle est somme toute très simple.

Partons du principe qu’il ait anticipé une condamnation, assortie d’un mandat de dépôt: sur qui pouvait-il compter, sinon sur le Rassemblement national, à qui sont promises les clés du pouvoir?

On ignore le détail de l’entretien avec Bardella, mais il est plausible que l’avenir de Marine Le Pen, frappée d’inéligibilité après son procès pour emplois fictifs, et qui se veut pourtant centrale dans la perspective d’une élection présidentielle anticipée ou non, ait figuré au cœur de l’échange.

On observera que la critique du jugement se focalise sur ce que certains appellent une  »sanction préventive », avant même l’épuisement des voies d’appel. Sarkozy a lui-même renforcé cette lecture en déclarant:  »Je dormirai la tête droite en prison. » Formule frappante: elle déplace l’attention du fond du jugement vers la question de l’incarcération immédiate, comme un abus de l’exercice de la justice sur le jeu politicien.

Le temps où il était de bon ton d’affirmer, stoïsque devant tout jugement, sa confiance dans la justice de son pays est révolu. C’est tout de même un homme qui fut garant des institutions qui porte ce coup à double détente, puisqu’il sert une autre justiciable, au mépris d’un principe.

C’est doublement inexcusable.

Ainsi, la condamnation de Nicolas Sarkozy  devient un instrument médiatique au service d’une utilité personnelle: sa cause, ainsi présentée, sert de levier pour le cas de Marine Le Pen, et permet au RN de dénoncer une justice perçue comme  »laxiste » avec les délinquants et  »acharnée » contre des responsables politiques présentés comme des serviteurs de l’État, auxquels les magistrats ont consacré des millions d’euros au cours d’années d’acharnement judiciaire.

C’est inacceptable.

Que les magistrats aient tenté, à longueur de plateaux TV, de séparer le droit de la politique, rappelant aux rares oreilles à vouloir l’entendre, le sens et la pédagogie de la décision de leurs pairs, n’y change rien: le procès se déplace dangereusement, sur la scène médiatique, nourrissant le soupçon plutôt que la clarté. Cette mécanique interroge gravement l’ordre démocratique.


>Qu’est-ce que c’est que ce foutoir?