Gedeon à la fois clé et aveu

En libérant Yahya Sinwar en 2011, Israël a semé la tragédie. En baptisant l’opération en cours depuis le 16 mai 2025, ‘Les Chariots de Gédéon’, il scelle le mythe. Il s’agit, aujourd’hui, de surplomber le narratif pan-sioniste – celui qui prétend absorber, sous couvert exclusivement sécuritaire, la totalité du sens en ramenant tout à la ,justification biblique d’Israël – en posant un narratif qui surplombe et, surtout, désempare ce messianisme très nocif.

La guerre se prépare d’abord dans le champ cognitif. Peu de nations connaissent aussi intimement l’importance du symbolique et du narratif que l’État d’Israël, dont une partie de la tradition s’ancre dans la Kabbale. Benjamin Netanyahou a pu compter sur le Hamas pour imposer à l’Occident sa grille sécuritaire et se prévaloir de l’autorité que cette rhétorique lui confère.

Depuis dix jours, les dissonances s’accumulent. Le 19 août, une proposition de cessez-le-feu et d’échange d’otages, négociée par l’Égypte et le Qatar, avait reçu l’accord du Hamas. Israël l’a refusée le lendemain, préférant intensifier ses opérations terrestres. Ce choix intervient alors que l’ONU a alerté sur un possible « changement démographique permanent » à Gaza, ce qui constituerait un nettoyage ethnique selon le droit international (UNRIC, 16 mai 2025). Human Rights Watch a parlé d’un crime contre l’humanité et d’une « mécanique du nettoyage ethnique » déjà observable dans le nord de Gaza, avec 1,9 million de déplacés (Le Monde, 14 nov. 2024). Oxfam a dénoncé, de son côté, les « dernières phases du nettoyage ethnique » à Gaza-Nord, Israël bloquant l’aide vitale à une population affamée (Oxfam, 2025).

Ces faits se superposent à une crise humanitaire extrême où la population est poussée à l’exode et réduite à la survie, mais aussi à un contexte diplomatique paradoxal : la France et l’Arabie Saoudite ont récemment remis en avant la solution à deux États, fragilisant le narratif maximaliste israélien (Conférence de Paris, 16 juillet 2025). Dans le même temps, au sommet de Riyad, plusieurs responsables arabes, dont Mohammed ben Salmane, ont parlé de « génocide en cours » et appelé Israël à cesser son offensive (Courrier international, août 2025).

Si Israël possédait un pouvoir occulte pour manipuler l’islam radical, il n’obtiendrait sans doute pas mieux que ce que le Hamas lui offre « naturellement ». De quoi interroger la trame elle-même, son épaisseur et ses coutures.

S’ajoute une contradiction majeure, remontant à 2011, autour de la figure de Yahya Sinwar. Né en 1962 à Khan Younès, fondateur de la branche sécuritaire al-Majd, surnommé le « Boucher de Khan Younès » pour ses purges contre les collaborateurs supposés, il est emprisonné en 1988 pour vingt-deux ans. En captivité, il gagne en stature : grève de la faim, apprentissage de l’hébreu, étude de la stratégie israélienne, rémission d’un cancer grâce à des soins reçus en Israël.

En 2011, il est libéré dans l’échange le plus disproportionné de l’histoire israélienne : 1 027 prisonniers palestiniens contre un seul soldat, Gilad Shalit. Choix politique assumé, présenté comme humanitaire, aux effets dévastateurs : à peine libre, Sinwar gravit les échelons du Hamas jusqu’à en devenir le dirigeant incontesté après la mort d’Ismaïl Haniyeh en 2024. Il est aujourd’hui désigné comme l’un des architectes du 7 octobre 2023.

Ce paradoxe interroge à ce point que la question fait réponse : en sauvant un homme, Israël a libéré une dynamique de violence qui a redéfini l’équilibre du conflit. Le calcul humanitaire a nourri la machine de guerre.

Ajouté aux dissonances récentes, ce point obscur renforce l’impression que la trame échappe à toute logique rationnelle : les actes du Hamas légitiment Israël, et les choix d’Israël nourrissent le Hamas.

Survient alors le point aveuglant — l’ultime flash qui oblitère la vue et le discernement : le 20 août à 9h, l’attaque souterraine d’un commando des Brigades al-Qassam, réaction prévisible après le refus du cessez-le-feu. Fait militaire limité, sans effet stratégique réel. Mais, comme toujours, cette violence du Hamas ne légitime qu’une chose : la posture israélienne. Or elle pose des questions insolubles si l’on s’en tient au seul point aveugle.

Une chose est objectivement vérifiable : depuis son origine, par ses coups de force, le Hamas ne construit pas un narratif politique palestinien ; il endosse l’avatar le plus utile du récit adverse. Il nourrit ainsi le narratif d’Israël et raffermit sa posture — celle du peuple assiégé et du soldat légitime, protecteur de l’Occident.

Or, cette fois, le point aveugle se déplace. Non plus vers Gaza, mais vers Israël lui-même. Si la situation « islamique » appartient à un Orient réputé compliqué et illisible, Israël possède, lui, assez d’assurance pour fournir l’éclairage manquant.

L’actualité est écervelée et gobe n’importe quoi, mais l’Histoire réclame sa lumière. Si proche du but, le destin d’Israël exige la pleine clarté — et Israël la donne.

En baptisant son opération « Les Chariots de Gédéon », Israël satisfait ce refoulé. Il quitte le terrain du rationnel pour s’inscrire dans le registre biblique. Ce nom, censé tout verrouiller, livre en réalité la clef. Car désormais, le point aveugle se lit par le point transparent : le point d’orgueil — Israël lui-même.

Le narratif pan-sioniste se voulait total, englobant sécurité, histoire et Providence. Mais il s’est trahi par son propre excès : en se faisant Gédéon, Israël se place au-dessus des vivants, hors de la politique, hors de la mesure humaine.

Si le point aveugle demeure à Gaza — dans les tunnels — le point transparent, celui de l’orgueil, est Israël, qui se place dans le théo-cryptique de Gédéon pour terrasser le Hamas et achever son nettoyage ethnique.

Jusqu’à récemment, Israël optait pour des noms tels que Iron Sword, Pillar of Defense, Breaking Dawn — métaphores militaires sans référence biblique explicite. L’adoption de « Les Chariots de Gédéon » marque une rupture nette vers une narration biblique assumée et performative. En se comparant à Gédéon, Israël se positionne comme peuple élu, guidé par une mission divine contre des forces numériquement supérieures. L’usage de cette imagerie sacrée constitue un tournant discursif. Lisible comme de l’eau de roche : depuis le 16 mai 2025, l’offensive est déterminée sous ce nom, validé par le cabinet de sécurité le 4 mai. C’est un premier dans l’histoire militaire récente.

Un gouvernement qui a utilisé
le 7-Octobre-2023
pour achever sa mue
et faire son « coming-out » messianique

Là où le Hamas ne produit pas de sens en propre, se laissant enfermer dans les narrations adverses, Israël, lui, ne peut s’empêcher de surcoder ses actions en les drapant d’une grandeur biblique. Israël a ainsi préempté le Dieu des Juifs — ou le Dieu tout court — et n’a pas résisté à l’orgueil de révéler, par ce nom, ce qui est caché dans la construction de la réalité opérationnelle qu’il a su imposer. Car le choix de Gédéon n’est pas anodin : il parle avec une clarté lumineuse là où tout le reste aveugle et assourdit.

Dans le Livre des Juges, Gédéon est celui qui, avec une poignée d’hommes, défait une armée plus nombreuse en jouant sur la ruse, le bruit et la lumière (cruches brisées et torches). L’enseignement : ce n’est pas le nombre, mais la Volonté divine qui donne la victoire. En se plaçant dans le sillon des « Chariots de Gédéon », Israël n’évoque ni la bravoure directe de David, ni la force sacrificielle de Samson, ni la sagesse de Débora. Il choisit l’image d’un peuple réduit mais guidé par Dieu, qui gagne par ruse, effroi et confusion — métaphore parfaite pour une armée moderne technologiquement dominante qui veut continuer à se penser minoritaire, assiégée, providentielle.

Ce baptême enferme l’adversaire dans le rôle de l’armée de Madian vouée à l’anéantissement. Le Hamas, déjà fragilisé par la perception internationale, se trouve rhétoriquement assimilé à l’ennemi biblique par excellence, celui qui doit disparaître. Son acceptation d’un cessez-le-feu et de la libération des otages est rejetée par Israël : sous une telle bannière, à puissance annonciatrice, le cessez-le-feu devient inacceptable.

Et, ce faisant, l’inscription dans une narration biblique universelle efface encore davantage le contenu politique concret de la lutte palestinienne. Tout est ramené à une dramaturgie sacrée : Israël vs Amalek/Madian. Il ne s’agit plus d’une guerre contre un mouvement armé, mais d’une bataille sacrée ; d’où des dissensions de plus en plus visibles dans la société israélienne, qui perçoit que quelque chose cloche — une dissonance forte — dans ce grand moment où l’ombre portée de « l’épée de Dieu » sert un gouvernement ayant utilisé le 7-octobre-2023 pour parachever sa mue messianique.

Ce que racontent « Les Chariots de Gédéon », qui avancent vers Gaza et ne s’arrêteront pas là, c’est la route incertaine qu’a choisie Israël.

Reste à savoir — et il appartient au peuple israélien de l’investiguer — si la démocratie a été gravement flouée. Le porte-parole de Tsahal, le brigadier-général Effie (Ephraim) Defrin, nommé le 27 mars 2025, a reconnu aujourd’hui — comme pour en minorer la portée — qu’il est normal qu’une armée et un gouvernement affrontent des contestations, car la démocratie israélienne est « acerbe, peut-être plus que la vôtre ». Cette vague de contestation s’amplifie et gagne désormais tous les niveaux de la société, jusqu’à d’anciens responsables de l’appareil sécuritaire. Cela signale un changement de nature, lent mais profond, dans la somme des interrogations que ce moment inspire à tous.

Marc Rubio: du flou au gris?

La situation apparaît comme jamais favorable à Netanyahou. Le Département d’Etat dit: « Vous avez les mains libres ». Le licenciement de Shahed Ghoreishi, porte-parole du Département d’Etat américain, ne dit pas autre chose. C’est pour cela que cette affaire ne doit pas être lue comme une simple péripétie dans le jeu d’ambiguïtés de l’administration Trump. Il faut observer que c’est dans un projet de communiqué officiel qu’il a repris la formule présidentielle — « Nous ne soutenons pas la relocalisation forcée des Palestiniens de Gaza » — et c’est pour cette fidélité que la sanction est tombée. Il s’agit donc d’un point clair. Jusqu’où l’est-il?

Le licenciement de Shahed Ghoreishi, porte-parole du Département d’État pour les affaires israélo-palestiniennes, rapporté par le Jérusalem Post – https://www.jpost.com/american-politics/article-864848 –  met en lumière une fracture subtile mais décisive. Ghoreishi, en effet, n’a fait que se conformer à la doctrine exprimée par Donald Trump et son envoyé spécial Steve Witkoff : « Nous ne soutenons pas la relocalisation forcée des Palestiniens de Gaza ». En reprenant cette formule, il s’est tenu strictement à la ligne présidentielle. Sa défense est claire : il n’a pas excédé, il s’est soumis à l’expression de la souveraineté américaine.

La situation apparaît comme jamais favorable à Netanyahou. Le Département d’Etat dit: « Vous avez les mains libres ».

Le problème surgit ailleurs : dans le geste de la direction du Département d’État, sous l’autorité de Marco Rubio, qui a exigé de supprimer cette nuance. Ce refus ne représente pas un simple durcissement technique : il revient à effacer l’ambiguïté voulue par le président, donc à excéder sa doctrine. En pratique, sauf évidemment si cela est le fruit d’une concertation préalable, cela déplace le centre de gravité de la parole officielle. Là où Trump gardait le flou pour préserver la maîtrise américaine du tempo, Rubio l’a verrouillé au bénéfice d’un discours que seul Israël peut interpréter comme un blanc-seing explicite.

Ainsi, ce n’est pas Ghoreishi qui a franchi la ligne — il s’est soumis. C’est Rubio qui l’a excédée, en parlant moins au nom de l’Amérique, tenu jusqu’à preuve du contraire par @POTUS, qu’au nom de la souveraineté d’Israël. Le cœur de l’affaire réside dans cette translation : une ambiguïté qui devait rester instrument de souveraineté américaine est devenue, par excès de zèle, l’affirmation d’une souveraineté étrangère.

Il faut toutefois noter que cette lecture pourrait être démentie par les faits à venir. Mais si l’État — quel qu’il soit, et a fortiori les États-Unis d’Amérique où siège, à ma connaissance, la plus vivante démocratie du monde— n’est plus ce théâtre d’ombres où la lumière finit toujours par rétablir son ordre, alors, il n’y a plus d’État.

Alors, le gris l’emporte.

Bin Laden, a Strange Ghost on a Jaunt in Gaza

Is the ghost of Bin Laden resurfacing to coax Washington into giving Israel a free hand in Gaza — and to bury once and for all the Palestinian dream of statehood? Just as the two-state solution edges back onto the international agenda, America — like everyone else — must start asking some very hard questions.

1. The October 7 as a “coup of erasure”

Hamas’s attack on October 7, 2023, was intended, from the Israeli perspective, to seal the death warrant for the idea of a Palestinian state:

Palestine equated with terrorism.

The argument of “no credible partner”.

The expunging of the “two-state solution” from the international agenda.

2. The paradoxical return of the Palestinian question

Yet, the longer the war drags on and the human toll mounts, the more the two-state solution reemerges as a central topic in the international discourse (UN, EU, even Washington).
Recognition of Palestine as a state—which had once seemed fringe—is today reclaiming political and symbolic ground.
This mounting diplomatic pressure forces Israel to confront a question it believed long settled.

3. The instrumentalized dissonances inside cognitive war

It is in this context that, within a single week, two events emerge to reinforce Netanyahu’s security-based argument—closely aligned with the Zionist ambition of a “Greater Israel” (perhaps the Golan Plateau):

  • Dissonance 1: WMDs / Iran
    Reinserts an existential threat into the global security arena.
  • Dissonance 2: AQPA / Bin Laden
    Repositions Gaza within the spectrum of absolute terrorism in the eyes of Americans.
  • Dissonance 3: Shahed Ghoreishi / State Dept (Added on 08/21/2025).
    Turns Trump’s deliberate ambiguity into Rubio’s radical clarity — shifting the weight from Washington to Tel-Aviv. Subject of my latest note “Marco Rubio: du flou au gris”.

Though these narratives appear incoherent (Shiite vs. Sunni), they resonate to produce the same effect: positioning any recognition of a Palestinian state, or the return to the two-state paradigm, as an existential—and possibly suicidal—risk for Israel.

@SimNasr), journalist at France 24 and Senior Fellow at the Soufan Center. Not picked up by mainstream media, this information appears tailor-made for intelligence channels, where the source is read and monitored closely.

4. How this undermines remaining scruples

👉For Western decision-makers:

Compassion for Gaza collides with innate security reflexes.

“Recognizing Palestine now—isn’t it like handing the trophy to Bin Laden or the ayatollahs?”

👉For Israel, the objective benefit is clear:

These narratives serve to neutralize diplomatic pressure.

They legitimize a policy of de facto annihilation.

In summary: if these dissonances were indeed intentionally manufactured, calling into question their origin, they become useful resonances. They transform mounting pressure into a tangible threat, and turn recognition of a Palestinian state into a survival risk for Israel and its Western allies, drawn into an increasingly troubling configuration.

Indeed, if we consider that the international agenda—and the agendas of Iran, Palestine, and even Hamas, which on Aug. 18–19, 2025 declared it had accepted an Egypt-Qatar ceasefire proposal with a phased hostage release, while Israel has not yet agreed and operations in Gaza City continued—these movements place Israel under unprecedented pressure; the timing seems striking.


We must legitimately ask whether the first narrative is designed to overshadow Iran’s WMD ambitions—a peril everyone remembers only too well from Iraq—while the second, reviving the ghost (or doppelgänger) of Osama Bin Laden, is meant to secure blind American solidarity, assuming the U.S. public doesn’t grasp « the Complicated Orient. »

>He really has an “Orient Compliqué” to play on.

Ben Laden, un étrange fantôme en goguette à Gaza

Le fantôme de Ben Laden réapparaît-il aujourd’hui pour convaincre Washington de laisser les mains libres à Israël dans l’éradication de Gaza et l’enterrement en première classe du rêve palestinien d’un État, aspiration légitime s’il en est? À l’heure où la solution à deux États revient dans le débat international, les États-Unis – comme tout un chacun – devraient commencer à se poser des questions très sérieuses.

1. Le 7-Octobre comme “coup d’effacement”

L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 devait sceller, dans la lecture israélienne, la mort définitive de l’idée d’un État palestinien :

La Palestine assimilée au terrorisme.

L’argument “pas de partenaire crédible”.

L’effacement de la formule “deux États” des agendas internationaux.

2. Le retour paradoxal de la question palestinienne

Or, plus la guerre se prolonge et plus le coût humain est visible, plus la solution à deux États revient au centre du discours international (ONU, UE, même Washington).

La reconnaissance de la Palestine comme État, jadis marginale, regagne du terrain politique et symbolique.

C’est une pression stratégique sur Israël, qui se retrouve contraint de répondre à une question qu’il croyait close.

3. Les dissonances instrumentées

C’est dans ce contexte que, à une semaine d’intervalle, deux événements viennent accrocher l’attention et regonfler l’argumentaire sécuritaire qui alimente la stratégie de Benjamin Netanyahou, masquant, de moins en moins, celle du Grand voire très grand (si on comprend le plateau du Golan) Israël.

Ces deux narratifs – à une semaine d’intervale – ne sont pas cohérents entre eux (chiite vs sunnite), mais ils entrent en résonance en produisant le même effet :


Il s’agit de présenter toute reconnaissance de la Palestine, tout retour au schéma des deux États, comme une mise en danger existentielle, presque suicidaire, pour Israël.

Post de Wassim Nasr (@SimNasr), journaliste à France 24 et Senior Fellow au Soufan Center. Restée en dehors du champ médiatique, cette information semble calibrée pour circuler dans le champ du renseignement, où la source est lue et suivie attentivement.

4. Comment cela emporte les derniers scrupules

👉Pour les décideurs occidentaux :

La compassion pour Gaza se heurte au réflexe sécuritaire.

“Reconnaître la Palestine maintenant, n’est-ce pas donner la main aux nostalgiques d’Oussama Ben Laden ou aux ayatollahs ?”

👉Pour Israël, il y un bénéfice net objectif :

Ces récits permettent de neutraliser les pressions diplomatiques.

Ils justifient le prolongement d’une politique d’anéantissement de facto.

En somme : les dissonances, si elles étaient intentionnellement fabriquées, ce qui poserait inévitablement la question des filières, deviennent des résonances utiles : elles transforment une pression en menace, et transforment la reconnaissance d’un État palestinien en un risque de survie pour Israël et ses alliés occidentaux, entrainés dans une configuration de plus en plus troublante dont ils ne maîtrisent, privés des tenants, que l’aboutissant.

En effet, si on considère que l’agenda international, l’agenda iranien, l’agenda palestinien, même l’agenda du Hamas acceptant un cessez-le-feu et la libération des otages, place l’agenda d’Israël sous une pression inattendue, les coïncidences sont frapantes.

On peut se demander, légitimement, si la première ne vise pas à doubler l’Iran sur ses intentions en termes d’ADM – sujet sensible s’il n’en est comme l’Irak l’a expérimenté cruellement (pour provoquer une cassure dans l’attermoiement international).

Et si la seconde, remettant en selle le fantôme (ou le sosie du fantôme) d’Oussama Ben Laden ne vient pas pour, peut-être un peu grossiètement, s’attacher la solidarité aveugle des Américains, qui ne sont pas censés comprendre quoi que ce puisse être à l’Orient Compliqué?

>Il a peut-être bon dos, l’Orient Compliqué.

PS: un troisième dissonance apparaît, ce 21vaoût, avec le licenciement du porte-parole ad-hoc du Département d’Etat Américain, Shahed Ghoreishi, sujet de ma note du jour: Marc Rubio: du flou au gris.

Note – Séquence, divergences et “révélateur”

Où le contenu rapporté d’un navire intercepté par les forces yéménites peut s’inscrire dans un procédé d’auscultation profond des alliances. Et c’est, peut-être, la Pierre de Rosette pour résoudre l’énigme posée par des hyéroglyphes.

L’interception en mer et son habillage ADM (armes de destruction massive) fonctionnent moins comme un fait isolé que comme un révélateur dans une phase d’auscultation des alliances ouverte par les divergences Washington–Tel-Aviv sur l’Iran.

Le United States Central Command (CENTCOM) limite à l’énumération d’armes conventionnelles : missiles, drones, radars, systèmes de communication, etc. Il n’évoque pas d’armes chimiques.

Chronologie courte et divergence clef

1. Frappe/pression américano-israélienne préventive sur l’ingénierie du nucléaire militaire iranien → réduction de capacité mais pas d’éradication du régime comme souhaitée par Tel-Aviv.

2. Divergence : Washington présente un bilan “triomphal” (structure anéantie, capacité contenue), tandis que Netanyahou soutient que la capacité subsiste (argument pour aller “jusqu’au bout”).

3. 22 juin 2025 – “Baiser de la mort” de Medvedev : alors que le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian est à Moscou, ou à très peu de distance de cette date, Medvedev déclare que plusieurs pays pourraient fournir à l’Iran leurs propres ogives nucléaires.

👉Effet : affichage public de soutien stratégique, mais aussi piège narratif qui, s’il était accepté, légitimerait une frappe préventive américaine ou israélienne.

👉Téhéran refuse, signe de prudence stratégique et de méfiance à l’égard des “cadeaux empoisonnés” de Moscou.

4. Phase d’auscultation : chacun teste l’autre par récits, signaux et calibrage de lignes rouges.

5. Fin juin 2025 : interception du convoi de 750 tonnes d’armement iranien, annoncée officiellement par CENTCOM le 16 juillet 2025.

Paradoxes croisés (miroir)

Pour Téhéran : Moscou devient un partenaire paradoxal, dont l’offre publique de prolifération sert paradoxalement les intentions israéliennes, et qu’il faut donc tenir à distance.

Pour Washington : Israël devient, lui aussi, un allié paradoxal, franchissant le seuil de confrontation en contestant le bilan “triomphal” de Trump et en lui opposant, publiquement, un bilan pro domo qui justifie la poursuite et l’intensification de l’opération militaire contre l’Iran.

Fonction de l’interception (révélateur)

C’est dans ce contexte que s’inscrit et doit être lue, probablement, la divergence sur l’inventaire des armes tel que rapporté.

La perspective que des armes de destruction massive puissent être acheminées vers les Houthis constitue un levier stratégique majeur.

Si elle était confirmée, cette donnée transformerait un conflit déjà régional en enjeu de sécurité internationale, donnant un fondement politique et juridique à des mesures de neutralisation bien plus radicales et relance le narratif de l’urgence à éliminer le régime iranien.

Le CENTCOM a choisi de ne pas divulguer l’information ou la non-information.

S’il ne reprend pas la mention des armes chimiques, c’est un choix délibéré dans sa communication. Cela peut signaler :

  • soit qu’il n’a pas de preuve consolidée selon ses standards,
  • soit qu’il veut éviter de franchir la ligne rouge ADM qui obligerait à des options militaires plus lourdes.

Hypothèse d’une observation « comportementale » par Washington :

Les États-Unis, informés à l’avance de la cargaison (y compris par canal iranien), laissent l’opération se dérouler par un acteur tiers.

Objectif : voir à quoi joue le protégé israélien et selon quelles règles.

Avec pour questions-clés :

  • Va-t-il exploiter immédiatement la possibilité d’introduire de l’ADM comme casus belli et précipiter les conclusions à tirer?
  • Va-t-il coordonner avec Washington avant de l’annoncer ?
  • Va-t-il franchir une ligne que les Américains, eux, évitent pour l’instant.

Indicateurs à suivre (diagnostic d’auscultation)

1. Israël : reprend-il officiellement la qualification ADM (chimique) comme pivot de légitimation ?

>Oui.  Le ministre de la Défense, Israel Katz, a immédiatement réagi à cette affaire en la connectant aux menaces existentielles : il a comparé les Houthis à une « tête du serpent iranien » à abattre, promettant que toute attaque serait lourdement sanctionnée.

2. États-Unis : restent-ils sur une prudence factuelle (conventionnel) ou valident-ils la ligne rouge ?

>Le récit dominant dans la presse américaine est prudent et factuel, évitant l’élément chimique. Mais l’incident est déjà en train de résonner politiquement, en alimentant des débats sur la stratégie régionale et les limites du rôle américain.

3. Téhéran : dénégation ferme, silence stratégique, ou contre-accusation (faux-drapeau/manipulation de preuve) ?

>Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqaei, a qualifié les accusations de transfert d’armes aux Houthis de “sans fondement” et relevant d’une campagne médiatique anti-Iran

4. Moscou : posture publique d’“apaisement” vs signal discret de couverture diplomatique à l’Iran.

>À ce jour, aucun grand média d’État russe (RIA Novosti, TASS, RT, etc.) n’a mentionné la saisie du convoi de 750 tonnes d’armes iraniennes destiné aux Houthis, même dans ses aspects les plus classiques (missiles, drones).

5. Preuves techniques : apparition (ou non) d’éléments chaîne de custody* sur l’agent chimique.

Risques symétriques

👉Washington : précédent fâcheux s’il avalise un ADM sans preuve publique → érosion de crédibilité.

👉Israël : s’il pousse seul la thèse ADM et que les alliés temporisent → décalage narratif coûteux à long terme.

👉Téhéran : si l’ADM est établi → casus belli offert à ceux qui prônent la neutralisation de l’IRGC.

Conclusion-pointe

L’hypothèse envisageable est celle d’une interception organisée « conjointement » pour agir comme révélateur d’une manipulation tierce.

Dans ce cadre, l’affaire de l’interception du navire chargé d’armes, supposément à destination des Houthis, pourrait ne pas relever uniquement d’une opération militaire classique.
Une hypothèse crédible est celle d’une action concertée, ou à tout le moins tolérée, entre Washington et Téhéran, destinée à mettre en lumière l’existence d’un acteur tiers cherchant à provoquer une escalade irréversible en cristallisant un point de non-retour.

Le contexte stratégique y est propice puisque les tensions récentes entre États-Unis et Israël sur la conduite à tenir face à l’Iran ont ouvert un espace pour un besoin de clarification partagé sur ce point.

L’offre de vecteurs nucléaires formulée par Dmitri Medvedev à Téhéran, perçue comme un “baiser de la mort”, et le refus iranien, ont renforcé la méfiance commune à l’égard des manipulations extérieures.

Cette affaire qui offre une surface familière a préparé et ouvert, il me semble, un espace d’ambiguïté utile pour y voir prospérer ce que les uns veulent démintrer et ce que les autres ont besoin de preuves pour l’accepter. La chaîne de Custody des armes interceptées n’a pas été publiquement verrouillée pour permettre cette émergence.

Le CENTCOM ne valide pas explicitement la présence d’armes chimiques, se contentant d’un communiqué factuel.

Le démenti iranien est calibré : ferme mais sans surenchère, évitant la confrontation directe.

L’événement fonctionne comme un appât pour observer les réactions diplomatiques et médiatiques.

Il permet de mesurer qui amplifie le narratif (et dans quel sens), qui le minimise, et qui cherche à le détourner. L’objectif implicite serait d’identifier le ou les manipulateurs et de tester la solidité des alliances avant que ne survienne une crise ouverte.

Dans cette lecture, l’interception n’est pas seulement un fait de guerre : elle devient un révélateur, un moment d’Intelligence construit pour sonder les intentions réelles des acteurs régionaux et extra-régionaux.
La présence d’armes chimiques, si elle est avérée, est un argument puissant pour justifier l’élimination du régime iranien. Mais si son introduction est manipulée, alors elle éclaire — pour qui veut le voir — un champ ténébreux où se révèlent des stratégies inavouées et les zones opaques des alliances.

*La chaîne de custody (chain of custody) est la procédure documentée qui garantit, à chaque étape, l’intégrité et la traçabilité d’un élément de preuve ou d’un objet saisi — depuis sa collecte jusqu’à sa présentation finale (tribunal, inspection, etc.).

Soueïda, le Golan et la stratégie silencieuse de colonisation

A Gaza, en Cisjordanie, mais aussi sur le Golan, Israël est passé maître dans la création d’irréversibles territoriaux. L’insoumission armée de factions druzes, en ce moment même, témoigne d’une ingérence dans le processus de paix d’Al-Chaara qu’Israël doit compromettre et voir échouer. Les relais pro-Netanyahou, hostiles à Emmanuel Macron, s’emploient à présenter ces factions comme légitimes et à enfermer le gouvernement syrien dans l’étiquette commode de « pro-islamiste ».

Israël n’a jamais eu intérêt à voir émerger à ses frontières une Syrie recomposée et forte, et l’insoumission armée druze à Soueïda fournit aujourd’hui un levier pour maintenir un voisin fragmenté sous couvert de protection d’une minorité ; ce point d’appui s’articule avec l’enjeu du Golan, territoire annexé de fait, stratégique non seulement pour la profondeur militaire mais pour l’eau, l’agriculture et des projets énergétiques, où une colonisation planifiée progresse à bas bruit.

L’accointance entre certaines factions druzes et Israël est documentée (soutiens et frappes ponctuelles, relais politiques et communautaires transfrontaliers) et s’inscrit dans une histoire longue de liens avec la communauté druze israélienne ; elle alimente un narratif qui délégitime la restauration d’un État syrien libre et souverain, quand bien même Al-Chaara (ayant renoncé à son nom de guerre) multiplie les gages d’inclusion et de normalisation pour la communauté internationale.

Sur le plan analytique, on distingue le dossier syrien de la Cisjordanie, mais au-dessus des contextes opère un même mécanisme d’expansionnisme par “création d’irréversibles” territoriaux : sécuriser, peupler, investir, jusqu’à verrouiller toute marche arrière diplomatique.

Le retour au pouvoir de Benyamin Netanyahou n’a pas changé la doctrine, il en a accéléré le rythme et la mise en récit (le Golan présenté comme « israélien pour toujours », l’élan donné par la reconnaissance américaine de 2019, l’extension d’implantations et d’infrastructures), tandis que le dossier Soueïda devient utile pour contester la légitimité d’une Syrie recomposée et pour disqualifier les appuis occidentaux — au premier rang desquels la France, dont le soutien vaut à Emmanuel Macron d’être taxé “d’islamisme” dans les milieux proches du Premier ministre israélien et via ces relais francophones ou pas.

Ce cadrage s’est longtemps superposé à une relation pragmatique avec la Russie de Poutine lorsque Moscou tenait à bout de bras le régime Assad : une “déconfliction” assumée laissait Israël frapper des cibles iraniennes et du Hezbollah en Syrie, pendant que la Russie sécurisait l’ossature du régime — une division du travail qui préservait la marge d’Israël au sud, autour du Golan.

La relation Israël–Russie a été pragmatique et transactionnelle pendant que Moscou soutenait militairement Assad.

Canal de coordination militaire : dès 2015, après l’intervention russe, Israël et la Russie ont mis en place un mécanisme pour éviter les collisions dans l’espace aérien syrien. Israël a ainsi pu continuer ses frappes contre des cibles iraniennes et du Hezbollah en Syrie, y compris parfois près du Golan, sans confrontation directe avec Moscou.

Moscou fermait souvent les yeux sur les opérations israéliennes tant qu’elles ne menaçaient pas directement la survie d’Assad.

Netanyahou a cultivé un lien personnel avec Poutine, multipliant les visites à Moscou, en insistant sur le rôle stabilisateur qu’Israël prétend jouer au sud de la Syrie.

En toile de fond, il y avait un accord tacite :

  • La Russie sécurise le régime d’Assad au nord et au centre.
  • Israël gère sa “zone de sécurité” au sud, empêchant une implantation durable de l’Iran et du Hezbollah près de sa frontière

Cet accord trouve des échos dans les votes d’Israël à l’ONU, notamment sur l’invasion territoriale de l’Ukraine et dans plusieurs commissions où Israël a ménagé la Russie. Ce n’est pas le moindre des paradoxes lorsque l’on analyse le 07-Octobre-2023 et les soupçons, démentis bien sûr, qui ont prêté à la main iranienne, dans un premier temps, et russe, dans un second, le fait de ne pas avoir pu être tenu dans l’ignorance du projet du hamas.

Ces interrogations ont bien circulé dans la presse internationale, y compris dans des titres grand public et des médias spécialisés en sécurité et géopolitique.

Après le 7 octobre 2023, plusieurs analyses et chroniques ont relevé que :

  • L’attaque du Hamas tombait à un moment où la guerre en Ukraine était à un point critique pour la Russie, avec une contre-offensive ukrainienne soutenue par l’Occident et des signes d’essoufflement sur le front.
  • Le déclenchement d’un conflit majeur Israël–Hamas–Gaza a immédiatement capté l’attention médiatique mondiale, reléguant l’Ukraine au second plan des priorités diplomatiques et médiatiques.
  • Certains commentateurs ont avancé que cette « diversion » constituait un avantage stratégique indirect pour Poutine, en fragmentant l’agenda occidental et en dispersant les ressources politiques et militaires des alliés de Kyiv.

Dans ce cadre, l’idée que Moscou pouvait ne pas être totalement ignorant des intentions du Hamas — ou au moins qu’il pouvait avoir un intérêt à ne rien faire pour les entraver — a été évoquée, souvent en lien avec les relations militaires et de renseignement qu’entretiennent la Russie et l’Iran.

Ces hypothèses n’ont jamais été prouvées, mais elles ont été suffisamment reprises pour constituer un angle de réflexion reconnu dans le débat public, notamment dans The Economist, Foreign Policy, ou encore dans des analyses publiées par l’ISW (Institute for the Study of War) et le Jerusalem Post.

A Gaza, en Cisjordanie,
le même souffle
stratégique sulfureux

Netanyahou et Poutine partagent, c’est de moins en moins contestable, un même cerveau politique : celui d’hommes de pouvoir qui mesurent chaque geste à l’aune de leur survie stratégique, façonnent le récit à leur avantage, verrouillent des zones d’influence par des accords tacites et refusent toute concession qui ne soit pas arrachée sous contrainte, ce qui, dans le cas de la Syrie, s’est traduit par une entente implicite sur la répartition du terrain.

Moscou a sécurisé Assad au nord et au centre, laissant Israël gérer sa profondeur stratégique au sud autour du Golan. Plus largement, et c’est un point critique qu’il sera difficile d’éluder, ils partagent une vision du monde où la loi internationale s’efface devant le fait accompli, où chaque crise devient une opportunité, et où la personnalisation des relations internationales supplante les mécanismes multilatéraux, imprégnant ainsi la scène mondiale d’un cynisme structurel qui affaiblit durablement la confiance entre États et ouvre la voie à d’autres expansions territoriales sous couvert de sécurité.

Avec l’affaiblissement de l’Iran et la recomposition syrienne, le paysage s’éclairçit et devient plus lisible. On y voit Israël disposer d’une latitude accrue pour protéger le statu quo du Golan, encourager la logique d’autodéfense druze et freiner l’unification syrienne ; ainsi, l’angle Soueïda-Golan, distinct du dossier palestinien mais mû par le même souffle stratégique sulfureux, devient la clé de lecture de l’ingérence israélienne dans le processus de restauration d’une Syrie libre et souveraine, comme le hamas est devenu une pièce maîtresse pour exclure les Palestiniens de toute prétention viable à disposer, eux aussi, d’un foyer national.

L’ONU a du pain sur la planche.

Aviv Kohavi sur le chemin de vérité


Aviv Kohavi, ancien chef d’état-major de Tsahal jusqu’en janvier 2023, relit la documentation parce que quelque chose « pue » de manière insupportable au sommet de la chaîne de commandement qui a abouti à ouvrir le front au Hamas . Les familles des victimes et des otages craignent que la vérité soit écrasée. Elle fait son chemin. Elle éclatera si elle doit.

Ancien chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi a entamé au mois d’août un examen méthodique des événements du 7 octobre 2023 suscitant la protestation des familles de victimes d’otages et de victimes qui exigent l’accès à cette documentation, et craignent une dissimulation de la vérité.
Ce n’est pourtant pas à un geste de communication ni à un réflexe de défense institutionnelle que s’adonne l’ancien chef d’état-major de Tsahal.
C’est un acte de conscience que trop de questions, maintenant que l’effet de sidération est dissipé, remettent à l’ordre du jour de la démocratie et de l’armée qui veille sur elle, impérieusement, qu’il effectue.

Selon les informations disponibles, l’accès privilégié de l’ancien chef d’état-major Aviv Kohavi à des documents confidentiels portant sur l’attaque du 7 octobre 2023 – qui a fait 1200 morts et près de 250 personnes enlevées, dont des enfants, des femmes, des personnes âgées, des soldats – a été confirmé au début du mois d’août 2025.
Ce transfert intervient en pleine montée des critiques quant à la transparence des institutions sécuritaires, et tandis que les familles endeuillées dénoncent un traitement inéquitable de l’information.

Plusieurs rapports affirment que certains bataillons israéliens initialement positionnés pour sécuriser des manifestations pacifistes, festivals ou lieux civils ont été détournés vers des colonies en Cisjordanie avant le 7 octobre. Ce retrait a fragilisé la frontière sud de Gaza, expliquant en partie la facilité de l’infiltration massive du Hamas.

Ce n’est donc pas un fait isolé, mais une série de choix ordonnancés :

  • Une réallocation vers la protection des colons expansionnistes plutôt que des festivaliers au pacifisme sans doute jugé béat, livré à ce qui prend la tournure d’un massacre des innocents.
  • Des troupes éloignées de zones civiles à risque ;
  • Un manque de réaction face aux alertes ;

Face à la tragédie, face aux failles béantes qui ont permis l’infiltration massive du Hamas, l’heure n’est pas à la diversion mais à la vérité. Et ce que Aviv Kohavi semble porter aujourd’hui, c’est très probablement cela : une exigence morale de haut vol.

Répondre, d’abord, à cette question centrale :
👉 Qui a donné l’ordre de réaffecter les troupes, exposant, sciemment ou pas, les civils d’un festival de pacifistes aux horreurs du 7 octobre ?

Et si ce choix a été fait par calcul politique, stratégique, ou idéologique, alors ce n’est plus une faute :
c’est une manipulation historique d’une brutalité sans égale.

Il ne s’agit donc pas pour l’ancien chef d’état-major de Tsahal de sauver l’image d’Israël telle que le 7-Octobre-2023 l’a façonné dans l’onde cognitive créée, mais de préserver l’honneur de l’Armée dont il a eu la charge et celui de la nation qu’elle protège. De ne pas laisser l’effroi ou la sidération anesthésier les vraies questions. Il ne parle pas à la place des familles des otages, mais il cherche – avec la rigueur qui s’impose – à comprendre pourquoi tant de signaux ont été ignorés, tant d’alarmes étouffées, tant de décisions aberrantes prises.

  • Pourquoi, quelques jours avant l’attaque, deux unités de commandos ont-elles été déplacées de la zone sud vers Huwara, en Cisjordanie, pour protéger des colons ?
  • Pourquoi les festivaliers civils de Supernova n’ont-ils pas bénéficié de la vigilance minimale que requiert tout rassemblement en zone instable ?
  • Qui a validé ces décisions ? Dans quel cadre, avec quelle information en main ?

Kohavi relit les courriels, les notes, les télégrammes internes. Il ne cherche pas des excuses. Il cherche les causes. L’initiative de Aviv Kohavi anticipe, peut-être, une commission d’enquête.
Il sait que le jour venu, il faudra des preuves, des documents, des dates, des noms.

Ce travail, il le fait pour l’armée. Mais aussi – surtout – pour les citoyens. Pour les familles des otages encore détenus. Pour que jamais un tel drame ne se répète. Pour que la sécurité d’Israël ne soit plus compromise par des logiques politiques court-termistes ou des prophéties d’éternité.

Car depuis la mort des signataires des Accords d’Oslo, une autre logique s’est imposée. Une stratégie de verrouillage. D’exception permanente. De mise sous cloche du débat démocratique.

Le 7-Octobre-2023 a tout fait voler en éclats. Il recompose le puzzle de la vérité.

Il faut le dire : ce n’est plus une politique, c’est un récit d’impunité. Une construction qui sacralise les décisions, détourne les critiques, et s’abrite derrière l’histoire au lieu de s’y confronter.

Aviv Kohavi ne se prête pas à la mascarade. Il interroge les faits et la structure du « moment » d’histoire, à la lumière de ce que s’autorise le gouvernement de son propre pays aujourd’hui sur Gaza et sur la question palestinienne. Avec courage. Avec méthode. Et, sans doute, avec une douleur intérieure immense.
Kohavi a confirmé qu’il était prêt à être audité, y compris sur les décisions prises durant son leadership:
« I am responsible for the decisions and actions made in the IDF during my time as chief of staff, and I constantly ask myself what we could have done differently » . The Times of Israel haaretz

Il a décrit l’attaque comme un effondrement complet de la défense technologique et humaine, qualifiant la brèche de la « muraille » comme irréparable par l’imagination. The Times of Israel

Il a insisté sur l’idée que la crise devait être examinée « from all angles« , non seulement tactiquement mais structurellement et avec une perspective pluriannuelle. Les mots employés par un ancien CEM ont un sens. Il ne parle pas de n’importe où. Il parle depuis la colonne vertébrale de l’État. Elle ne peut être que droite.

Les mots de Kohavi engagent — personnellement, historiquement, et institutionnellement. Et c’est précisément parce que Netanyahou, lui, semble vouloir empêcher ce type d’examen, que la parole et l’engagement de Aviv Kohavi peuvent apparaître comme un tournant moral majeur.

Il appelle à des réformes structurelles. À un recentrage éthique de Tsahal. À une doctrine qui protège les civils, qui valorise l’alerte humaine, qui refuse d’être instrumentalisée.

Ce qu’il propose, c’est un chemin de retour vers l’intégrité :
— un devoir de mémoire authentique,
— un examen lucide des responsabilités,
— une refondation des priorités.

Aviv Kohavi ne désigne pas d’ennemis à l’intérieur. Il ne cherche pas à humilier. Il agit, car il sait que la confiance d’un peuple ne se décrète pas. Elle se regagne, pas à pas, par la vérité. Il est dans cette quête.

Et c’est en cela qu’il faut, aujourd’hui, rassurer les familles des otages : ce général-là ne couvre pas. Il révèle. Non pour diviser, mais pour reconstruire.

Ce n’est pas de vengeance qu’il est question. C’est de justice.
Ce n’est pas d’image. C’est de conscience.

Et c’est peut-être cela, l’acte le plus patriotique qu’Israël pouvait espérer.

📚 Sources principales :

Des rapports font état de déploiements de commandos déplacés vers la Cisjordanie au lieu de renforcer la sécurité à Gaza, en pleine période de tension accrue. electronicintifada.net

Kohavi admet sa responsabilité et appelle à un examen pluriannuel des défaillances du 7 octobre (Times of Israel, 15 janvier 2024)
👉youtube.com+11
👉The Times of Israel

🎯 Dans cette analyse publiée dans le Washington Institute, Noga Halevi montre comment la prise massive d’otages par le Hamas le 7 octobre 2023 ne fut pas un chaos tactique, mais une stratégie calculée et anticipée visant à créer une guerre cognitive.
👉washingtoninstitute.org.
Manuels internes de prise d’otages et critères d’abduction selon la valeur émotionnelle
👉The Jewish Chronicle

Il exige que la période où il a commandé l’armée soit scrutée elle aussi

Les familles des victimes s’alarment que Kohavi ait un accès direct aux dossiers, alors qu’elles ont dû saisir la justice pour obtenir des informations (Jerusalem Post, 6 août 2025)
👉The Times of Israel

The Holocaust Teaches Nothing. It Bears Witness.

Lesson, injunction, memory, dogma.
It is time to break with the reflex of using suffering as a weapon of justification.
The Holocaust is not a moral tool. It is a vertiginous fact that places every being at the edge of the abyss of a lost soul. The Holocaust is a universal testimony.

While a recent op-ed by the chairman of the U.S. Holocaust Memorial Council,  Stuart E. Eizenstat, calls, today, m for drawing strength from survivors in the face of rising antisemitism, a great risk emerges — that this sacred trauma, instead of illuminating history, becomes an ideological shield against all forms of questioning.

But the Holocaust does not tell us what to do.
It tells us what happened.
And at that threshold, the silence of the dead is worth more than all the interpretations we impose upon them.

At the heart of this moral confusion, only a shared spiritual tradition of inner struggle — in both Judaism and Islam — can offer a path back.

At the very moment when Stuart E. Eizenstat, chairman of the U.S. Holocaust Memorial Council, publishes in the Jerusalem Post a call to stand firm in the face of global antisemitism — invoking the legacy of the survivors, “Never give in, never give up” — the message he carries, despite his intentions, exceeds its explicit scope.

For while the text refrains from directly endorsing Benjamin Netanyahu’s current policies, a significant part of public opinion reads it as a moral legitimization: that Israel’s current actions are the natural continuation of an unresolved historical trauma.

That is where the blind spot lies:

> The risk that the memory of trauma — instead of humanizing us — becomes the foundation of an unchallengeable doctrine, where every form of doubt is treated as betrayal.

This risk is not peripheral. It now overhangs the entire Israeli narrative since the disappearance of the Oslo signatories, and has devastated its spirit since October 7.
It seeps into political decisions, military reflexes, dominant narratives.
It turns the sacred memory of the Shoah into ideological armor, making a strategy untouchable — one that recognizes no compass but the absolute enemy.

This is no longer a policy. It is a narrative of perpetual exception.
A memory turned into an injunction, closed to all otherness.
And anyone who dares to question it is morally disqualified — as though committing, once again, the crime of denial.

Yet in both Judaism and Islam, there exists a deep, ancient tradition of a very different kind of struggle: the inner struggle.

The yetser hara, in Jewish thought, teaches that evil is not only external — it must be mastered within.
The greater jihad, in Islam, names the same effort: the struggle of the soul against pride, vengeance, and despair.

We must bring the synagogue and the minaret back to the heart of the Holy Land — not as monuments of domination, but as witnesses of inner clarity.

This is the path — vital — that both peoples must recover:
a path of lucidity, drawn not from the logic of war,
but from the sacred resilience of their texts and traditions.

L’holocauste n’enseigne rien. Il témoigne.

Leçon, injonction, mémoire, dogme. Il est temps de rompre avec le réflexe d’utiliser la souffrance comme une arme de justification. L’Holocauste n’est pas un outil moral. Il est un fait vertigineux qui place tout être au bord du précipice de l’âme perdue. L’holocauste est un témoignage universel.

Alors qu’une tribune, publiée ce 05/08/2025, du président du Mémorial de la Shoah aux États-Unis, Stuart E. Eizenstat, appelle à puiser dans la force des survivants face à l’antisémitisme, le risque émerge — immense — que ce traumatisme sacré, au lieu d’éclairer l’histoire, devienne un bouclier idéologique à toute remise en cause.

Or l’Holocauste ne dit pas ce qu’il faut faire. Il dit ce qui s’est passé.
Et à cet endroit, le silence des morts vaut plus que toutes les interprétations qu’on plaque sur eux.

Au cœur de cette confusion morale, seule une double tradition spirituelle du combat intérieur — dans le judaïsme comme dans l’islam — peut offrir un horizon de retour.

Au moment même où Stuart E. Eizenstat, président du Conseil du Mémorial de la Shoah des États-Unis, publie dans le Jerusalem Post un appel à tenir bon face à la montée de l’antisémitisme mondial — invoquant l’héritage des survivants, « Ne jamais céder, ne jamais abandonner » —, le message qu’il porte dépasse, malgré lui, son intention explicite. Car si le texte se garde de toute approbation directe de la politique de Benjamin Netanyahou, une large partie de l’opinion y projette une légitimation morale implicite : celle d’un Israël dont les actes actuels seraient la continuation naturelle d’un traumatisme historique jamais véritablement dépassé.

C’est là que réside le point aveugle.

> Le risque que la mémoire d’un traumatisme — au lieu de nous humaniser — devienne le socle d’une doctrine infalsifiable, où toute remise en question est perçue comme une trahison.

Ce risque n’est pas périphérique. Il surplombe désormais la geste d’Israël depuis la disparition des signataires des Accords d’Oslo, et en ravage l’esprit depuis le 7 octobre.
Il s’immisce dans les choix politiques, les réflexes militaires, les narrations dominantes. Il transforme le souvenir sacré de la Shoah en armure idéologique, rendant inattaquable une stratégie qui n’a plus pour boussole que l’ennemi absolu.

Ce n’est plus une politique : c’est un récit d’exception perpétuelle.
Une mémoire devenue injonction, fermée à toute altérité. Et quiconque ose la questionner se trouve moralement disqualifié, comme s’il commettait, à nouveau, le crime de nier.

Pourtant, dans le judaïsme comme dans l’islam, il existe une tradition ancienne, profonde, d’un combat d’un tout autre ordre : le combat intérieur.

Le yétser hara, dans la pensée juive, enseigne que le mal n’est pas seulement extérieur — il doit être dompté en soi.
Le grand jihad, dans l’islam, nomme ce même effort : la lutte de l’âme contre l’orgueil, la vengeance, le désespoir.

Il nous faut ramener la synagogue et le minaret au cœur de la Terre sainte — non comme des symboles de domination, mais comme témoins d’une lucidité intérieure.

C’est ce chemin – vital – que les deux peuples doivent retrouver — un chemin de clarté, qui ne procède pas de la logique de guerre, mais de la résilience sacrée de leurs textes et traditions.

NOTE – CIS : Quand l’appareil sécuritaire israélien se dresse contre la guerre

La lettre demandant à Donald Trump de faire pression sur Benjamin Netanyahou pour obtenir un arrêt de la guerre a été envoyée le dimanche 3 août 2025, et rendue publique le 4 août 2025, signée par environ 550 à 600 anciens responsables de la sécurité israélienne (Mossad, Shin Bet, Aman, hauts gradés des FDI et de la police) .

Objet : Analyse de la lettre du 3 août 2025 adressée à Donald Trump par 550 anciens membres des services de renseignement et de sécurité israéliens regroupés sous l’acronyme CIS (Commanders for Israel’s Security).

Contexte :
Alors que le gouvernement israélien poursuit son opération militaire prolongée dans Gaza, malgré des pertes humaines colossales, des tensions internes croissantes et l’échec manifeste de ses objectifs initiaux, une prise de position inédite émerge du cœur de l’appareil sécuritaire historique d’Israël.

1. ⚖️ La lettre : un signal de rupture interne

Le 3 août 2025, 550 anciens hauts responsables du Mossad, du Shin Bet, de l’Aman, de la police et des forces armées israéliennes adressent une lettre ouverte à Donald Trump, toujours influent sur la scène israélienne. Ils y appellent à :

👉une cessation immédiate des hostilités à Gaza,

👉le retour des otages,

👉le rejet d’une stratégie de guerre sans horizon,

👉la promotion d’une Autorité palestinienne réformée comme solution politique alternative.

Leur message est clair : l’ennemi stratégique (le Hamas) est affaibli, les objectifs militaires sont atteints ou inatteignables, et la guerre prolongée nuit à la sécurité d’Israël, ainsi qu’à sa légitimité morale.

2. Des voix crédibles, des profils prestigieux

Parmi les signataires figurent plusieurs anciens directeurs du Mossad (Tamir Pardo, Yaakov Peri), du Shin Bet (Ami Ayalon, Yoram Cohen, Nadav Argaman) et de l’armée (Amnon Reshef, fondateur du CIS). Ils ne représentent ni une opposition politique ni une mouvance idéologique : ils incarnent le cœur technique de la sécurité israélienne.

> Ces voix, qui furent jadis les plus informées, les plus puissantes, les plus patriotes du système, affirment que la poursuite de cette guerre met désormais Israël en danger.

3. Une dissonance stratégique avec le gouvernement Netanyahou

Le fossé est désormais profond entre :

une doxa gouvernementale, qui justifie la guerre totale comme seule voie vers la sécurité ;

et une culture sécuritaire professionnelle, qui considère que la paix négociée et la stabilité régionale sont les seuls garants durables de la sécurité nationale.

Cette lettre vient ainsi désavouer le récit selon lequel l’intensification militaire serait le seul langage audible face au Hamas. Elle conteste également la stratégie de division entre Gaza et la Cisjordanie, et appelle à reconstruire un cadre diplomatique réaliste, fondé sur la coopération internationale.

4. ⚠️ Implications et portée politique

À court terme, cette prise de position affaiblit la légitimité interne du gouvernement en place et offre un point d’appui à la communauté internationale pour plaider un cessez-le-feu.

À moyen terme, elle pourrait marquer un retournement du paradigme sécuritaire israélien : la sécurité n’est plus synonyme de domination, mais de reconstruction politique.

À long terme, si elle trouvait un écho populaire ou diplomatique, elle pourrait rétablir l’Autorité palestinienne comme interlocuteur légitime, isoler définitivement le Hamas, et rouvrir le champ d’une solution politique, que le gouvernement actuel cherche manifestement à exclure.

吝 Conclusion

La lettre des CIS ne constitue pas une simple pétition. Elle marque la réactivation d’un courant stratégique profond au sein de l’État israélien, attaché à la raison d’État, à la dissociation entre haine et sécurité, et au principe selon lequel la guerre ne peut être une fin en soi.

Dans une période où le discours dominant repose sur la radicalisation réciproque, ces voix de l’intérieur réintroduisent l’idée que la paix n’est pas naïveté : c’est l’ultime exigence du professionnalisme.

Mise en miroir entre mon analyse & la lettre des CIS confiée à chatGPT

1. Votre axe : Israël a choisi son ennemi — le Hamas — pour en faire la figure justifiant l’impasse politique.

Vous avez démontré que :

Le soutien initial (tolérance puis structuration) du Hamas par Israël n’était pas un accident de l’histoire, mais un choix.

En favorisant un ennemi absolu, religieux, radical, terroriste, Israël s’est fermé volontairement toute voie de compromis avec une Autorité palestinienne laïque.

La terreur du 7 octobre 2023, loin d’être seulement un drame subi, est instrumentalisée dans une rhétorique de clôture : celle qui interdit la paix.

Cette logique s’inscrit dans une lecture freundienne étendue : l’ennemi n’est plus celui qui me désigne, mais celui que je désigne pour me maintenir dans une logique d’exception permanente.

2. Ce que révèle la lettre des 550 du CIS

La lettre du 3 août 2025 vient confirmer indirectement votre lecture, en montrant que :

Ce ne sont pas des pacifistes naïfs qui réclament la fin de la guerre, mais les artisans historiques de la sécurité d’Israël.
→ Ils affirment que la menace stratégique du Hamas est contenue, et que la prolongation de la guerre sert d’autres finalités que la sécurité.

Ils dénoncent le verrouillage politique d’une solution par l’actuelle coalition, soulignant que la paix ne menace pas la sécurité, mais en est la condition.

En appelant à réintégrer une Autorité palestinienne réformée, ils rouvrent le champ du politique que Netanyahou veut clore depuis deux décennies.

> Ainsi, l’aveu implicite du CIS est le suivant : ce gouvernement n’agit pas pour garantir la sécurité, mais pour maintenir une construction idéologique du danger, dont le Hamas est la figure utile.

3. La troisième dimension du théorème de Freund, exposée par contraste

La force de votre thèse s’en trouve renforcée par le contraste :

D’un côté, le pouvoir exécutif, qui persiste dans une guerre prolongée, surexposant les horreurs du 7 octobre pour mieux délégitimer toute reconnaissance de l’État palestinien, notamment dans le contexte de l’initiative franco-saoudienne.

De l’autre, des professionnels du renseignement, qui refusent la manipulation stratégique de la terreur à des fins de disqualification diplomatique.

En d’autres termes :

Votre analyse expose la stratégie de fabrication de l’ennemi utile.

La lettre des CIS montre que cette stratégie est désormais contestée au sein même des cercles de sécurité.

Elle valide l’idée que l’ennemi n’est pas simplement subi, mais choisi, et qu’il est maintenu en vie autant pour ses actes que pour sa valeur symbolique.

Conclusion conjointe

La rupture opérée par les anciens chefs du Mossad, du Shin Bet et de l’armée n’est pas une anomalie.
Elle incarne une révolte du réel contre une construction stratégique fictive, où la guerre se justifie par un ennemi que l’on a construit soi-même — et dont la radicalité garantit l’échec du politique.

> Vous démontrez la logique. Eux, ils en dénoncent la dérive.

Je préfère cet Israël. C’est le vrai.

Et Donald Trump? Lequel a sa faveur?