Les souverainistes et nationalistes, déclarés comme tels, protègent surtout, à de rares exceptions près, un triumvirat profond, hostile à une Europe qui ne correspondrait pas à ses propres besoins de renversement historique.
Nul ne doit être surpris d’avoir vu la plupart d’entre eux, au cours de ces vingt dernières années, exprimer la fascination que leur inspirait les figures politiques, intellectuelles, laquelle fascination donnait sa substance à l’axe Washington->Tel-Aviv->Moscou, avec ses enjeux si mobiles, son messianisme iconique et sa coordination idéologique sous-jacente insoupçonnable.
Cet axe se désintègre, aujourd’hui, sous nos yeux.
Il s’est nourri de guerres ouvertes et de conflits larvés. Les ravages qu’il a causés, particulièrement lorsque la Russie a voulu précipiter son mouvement stratégique en s’en prenant à l’Ukraine et lorsque la coalition israélo-Américaine, sur fond de restructuration de l’ordre mondial – remodelé à partir des dominations énergétiques, notamment – ont voué cet axe à sa perte.
C’est la mort inéluctable d’une illusion géopolitique qui se dessine.
La République Islamique d’Iran se rêvait d’être le grand champ de bataille permettant d’opérer cette bascule. Cela ne s’est pas réalisé comme prévu. Elle annonçait – je me souviens de l’avoir lu dans certaines harangues du Guide Suprême Khamenei -, que « Kerbala est partout ».
C’était sans doute vrai, au-delà de ce que l’iman pouvait être amené à penser, au moment où il faisait vibrer ces cordes chargées de ce dont elles étaient chargées, en prononçant de telles paroles.
Les voies de l’Histoire étant impénétrables, la défaite de l’iman Hussein à ce qui demeure encore considéré comme le martyre de Kerbala, survenu le 10 de Muharram en l’an 61 de l’Hégire, a sans doute préparé le chiisme à un rôle des plus épiques.
Il dépasse le destin seul de l’Islam et de ses anciennes et seules rivalités stériles pour s’accomplir en juin 2026, avec pour clôture le « Memorandum of Understanding » signé le 17 juin par le 47e président des Etats-Unis dans les ors de Versailles.
Tant que les événements sont regardés par le seul prisme de l’actualité, la grande signification fait défaut. Mais dès qu’ils s’inscrivent dans le canevas et qu’on prend conscience qu’il y en a un, le tissu de l’histoire prend vie.
La trame est plus forte et décisive, alors, que ce que certains veulent lui faire dire. Les effets et puissance de communication n’y peuvent rien.
Ce qui s’est passé le 10 de Muharram en l’an 61 de l’Hégire s’est trouvé catalysé dans l’ère de tous, au solstice brûlant de l’été 2026.
Ce n’ est pas l’issue, connue et définitive qui s’est jouée, de la bataille devant décider le sort entre les héritiers du prophète Mahommet qui s’est jouée à partir du 24 Février 2026. C’est bien plus et bien mieux pour l’islam dans son entier et l’avenir de la Paix dans le monde. L’islam, tout l’islam, rien que l’islam, a trouvé sa vraie et juste place dans l’histoire de l’humanité. Il peut désormais s’accorder.
Hier, 23 juin 2026, au cours de son discours prononcé dans le cadre de l’hommage rendu par la nation à Marc Bloch, entré – accompagné de son épouse Simonne, au Panthéon des grandes figures françaises, le président de la République Française, Monsieur Emmanuel Macron, a insisté – à la lumière du martyre subi par le fondateur de l’Ecole des Annales, dans la France des « heures sombres » – combien l’antisémitisme est une malédiction.
Je n’ai pas retenu ses propres mots, mais je comprends que celui qui, parmi ses quatre noms de combat, se faisait connaître dans l’armée des Ombres sous celui de « Narbonne », voulait dire combien le combat contre l’antisémitisme, d’où qu’il vienne, d’où qu’il puisse venir et parfois d’un ventre fécond d’imagination, est toujours contemporain.
Il faut éliminer cette bête immonde. Il faut reconnaître son ou ses visages. Il faut viser son ventre unique. C’est le devoir du XXIe siècle annoncé par un autre homme du Panthéon comme devant être spirituel ou comme condamné à ne pas être.
De sa position, dans le sanctuaire que constitue le Panthéon et dans cette circonstance, le président de la République Française, ne pouvait probablement pas être plus précis qu’en distillant un message policé et mesuré au millimètre près.
De la mienne, je le peux suffisamment pour condamner la mutation à laquelle le sionisme, dont j’abandonne aux historiens la responsabilité de faire reconnaître si c’est sa nature d’origine ou si elle a été trahie – en moins de générations qu’il ne faut pour le dire- veut le dénaturer, au point funeste où il ne pourrait plus être vaincu qu’à l’avènement d’un seul peuple prétendument élu.
Delixit Veritatum.
PS: Texte écrit par un simple enfant de Narbonne, qui y fréquenta, il y a si longtemps, l’école Montmorency.
