Le minotaure AfD face à la démocratie Thésée

A l’opposé de la guerre conventionnelle, où un terrain boueux entrave la progression de l’ennemi, la friabilité de l’opinion publique lui ouvre des autoroutes en embourbant les démocraties dans leurs propres contradiction. Voici ce que nous apprend le récent triomphe de l’AfD en Saxe-Hanalt en revisitant simplement la mythologie athénienne.

Commençons par la suspicion, ne serait-ce que pour essayer ensuite de s’en affranchir.
Car il serait difficilement sérieux, au regard de ce que nous savons désormais des mécanismes d’influence, de la guerre cognitive, de la puissance des plateformes, de la profondeur des opérations d’information, de l’exploitation des vulnérabilités sociales et politiques, d’imaginer qu’une faille aussi béante dans l’espace démocratique occidental n’ait jamais été observée, éprouvée, utilisée, agrandie, lorsque des relais appropriés permettaient de le faire.

Cela ne signifie pas qu’elle ait été créée.
Cela ne signifie pas davantage que tout procède d’une volonté extérieure, d’un centre de commandement, d’un dessein caché ou d’une machination qui permettrait commodément de rejeter sur d’autres ce que nous avons, parfois avec beaucoup d’application, construit nous-mêmes.
Mais enfin, une vulnérabilité est une vulnérabilité. Et si une nation se met à l’offrir à ses prédateurs, alors, elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même si elle leurs livres, faute de présence d’esprit, sa souveraineté sur un plateau.

La question n’est donc peut-être pas, en premier lieu : qui agit sur nous?
Elle serait plutôt: qu’avons-nous laissé se constituer qui permette d’agir si facilement sur nous ?
Ce déplacement est essentiel.

Car une puissance étrangère peut soutenir un mouvement, favoriser une information, amplifier une colère, offrir à une théorie les moyens de sa propagation, organiser la répétition d’un récit, pousser ici ce qui résiste là, introduire quelques degrés supplémentaires dans un système déjà sous tension ; elle aura beaucoup plus de mal à produire, ex nihilo, la matière psychique dont elle a besoin.
Il faut donc revenir à cette matière et à cette lente transformation de la rivalité en frustration.

La rivalité appartient à la démocratie. Elle en est même, d’une certaine manière, l’un des principes constitutifs. Les intérêts divergent. Les ambitions se confrontent. Les visions du monde s’opposent. Les partis existent précisément parce que chacun ne pense pas comme son voisin, ne possède pas les mêmes priorités, n’évalue pas les mêmes risques et ne projette pas le même avenir.
Rien là de particulièrement inquiétant.

Ce qui l’est davantage est le moment où cette rivalité change de nature ; où le rapport à l’autre cesse d’être celui d’une préférence différente pour devenir celui d’un avantage indûment obtenu ; où ce que l’autre reçoit devient ce qui m’est retiré ; où ce qu’il possède explique ce que je n’ai pas ; où sa progression devient ma rétrogradation ; où la politique ne consiste plus tellement à arbitrer des intérêts contradictoires qu’à désigner les responsables d’une frustration.

À cet instant, la dialectique change.
Le problème appelle encore une solution.
La frustration, elle, cherche bientôt un responsable.
Le grief cherche un coupable.

La responsabilité du système d’information,
indépendamment de la qualité de ses animateurs,
se pose tout simplement parce qu’il organise,
par définition, la conversation nationale.

Et nous savons très bien, historiquement, où peut conduire une architecture politique qui transforme méthodiquement les difficultés en griefs, les griefs en causalités simples, les causalités en intentions et les intentions en ennemis.

C’est à cet endroit que la responsabilité du système d’information ne peut pas être évacuée.
Non parce que les médias inventeraient la difficulté.
Non parce qu’ils fabriqueraient artificiellement l’insécurité, la pauvreté, le déclassement, l’immigration, l’endettement, les tensions identitaires, la crise écologique, les fractures territoriales ou la désindustrialisation.
La responsabilité du système d’information, indépendamment de la qualité de ses animateurs, se pose tout simplement parce qu’il organise, par définition, la conversation nationale.
Il est donc comptable de sa qualité et d’une partie des conséquences que le peuple essuie.

Ils décident ce qui entre dans le champ de vision collectif, à quelle fréquence, sous quel angle, avec quelle intensité, avec quels mots, à quel endroit du journal, avec quel bandeau, quelle image, quel invité, quelle répétition et, in fine, quelle charge psychique.
Le média peut continuer à se penser thermomètre.
Il est depuis longtemps devenu thermostat.

C’est peut-être précisément ici que l’on touche à une responsabilité à laquelle il a beaucoup de mal à consentir, parce qu’elle l’obligerait à reconnaître qu’il ne se contente pas de représenter la société : il contribue à régler la température dans laquelle cette société se représente elle-même.
Mais un autre phénomène a accompagné celui-ci.
Plus discret.
Plus profond sans doute.
La privatisation progressive des questions communes.
L’écologie en offre une illustration remarquable.
Qu’y avait-il, au départ, de plus commun que l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, l’énergie dont nous dépendons, le territoire que nous aménageons, les sols que nous consommons, la biodiversité que nous détruisons ou protégeons ?
Et pourtant l’écologie a progressivement été assignée à une famille politique, jusqu’à devenir moins un objet collectif qu’un signe de reconnaissance.
Elle a été privatisée politiquement.
Il devenait alors presque inévitable que celui qui ne se reconnaissait pas dans la famille qui s’en était emparée finisse par se méfier de l’objet lui-même.

À force de confondre une cause et ceux qui prétendent la représenter, on construit chez leurs adversaires la tentation de s’opposer à la cause pour s’opposer à eux.
Nous avons accompli le même travail sur presque tout. La sécurité est devenue propriété de la droite. La justice sociale, celle de la gauche.
L’immigration, le territoire réservé d’une droite plus dure encore.
L’Europe, le bien symbolique d’un centre qui a parfois cru pouvoir en délégitimer la critique.
La nation, enfin, s’est trouvée abandonnée à ceux dont nous redoutions précisément qu’ils la confondent avec le nationalisme.
Il faudrait mesurer la profondeur de cette erreur.

À force de vouloir se protéger du nationalisme, une partie du système politique a déserté la nation.
À force de se protéger du souverainisme, elle a déserté la souveraineté.
Et il est probablement utile, ici, d’interroger la généalogie du souverainisme.

Car la souveraineté n’avait rien, dans son essence, d’extrémiste.
La souveraineté est une catégorie du droit politique.C’est dire à quel point elle ne se trimballe pas à mobylette au pays d’une marque automobile à étoile, héritier de Goethe. C’est dire à quel point elle ne s’apparente pas à une modeste SCI au pays de Molière, de Montesquieu, de De Gaulle.
Elle désigne le pouvoir de décider en dernier ressort, en majesté.
Elle peut se décliner dans un État, se partager, se déléguer, s’articuler avec d’autres souverainetés, s’exercer dans des institutions communes ; elle peut même se reconstruire à une échelle supérieure à condition que l’on sache précisément où elle se situe, qui l’exerce et au nom de qui.

Puis la souveraineté est devenue le souverainisme. Ce sont de vrais glissements de terrain sémantique qui, parce qu’il réintroduit dans le régime de l’urgence ce qui l’était dans le régime de la bonhommie institutionnelle, provoque l’attrait trompeur qu’exercent les sirènes sur Ulysse. Ulysse veut les entendre, mais il s’attache pour ne pas y céder. Il prend des mesures, régaliennes, osera-t-on pour empêcher que les hommes d’équipage, puissent les entendre, les écouter. Il expose le commandement, tout en le bâillonnant, mais il prend des précautions avec les navigateurs de sorte qu’ils n’aillent pas fracasser l’embarcation sur les écueils.

Nous faisons le contraire et nous sommes spectateurs, livrés à l’impuissance qu’ils se sont eux-mêmes collectivement construits, des effets que cela réalise.

Le déplacement auquel les démocraties ont cédées dit beaucoup.
Une propriété essentielle de la démocratie est devenue une doctrine particulière.
Puis une identité politique possédant les caractéristiques d’un marché électoral.
Puis, souvent, un soupçon.

Et à partir du moment où le système a laissé quelques formations politiques s’approprier la souveraineté, il lui est devenu difficile d’en parler sans donner l’impression de leur emprunter leurs mots.
Même chose pour la nation.

Or une démocratie qui abandonne la nation au nationalisme commet une faute étrange : elle lui abandonne précisément l’objet qui pourrait contenir le nationalisme.
Car la nation démocratique n’est pas la pureté d’un groupe.
Elle est exactement l’inverse.

La Nation est cette construction abstraite qui permet à des individus qui ne se ressemblent pas, qui ne pensent pas de la même manière, qui ne vivent pas de la même façon, qui n’ont pas les mêmes revenus, les mêmes croyances, les mêmes origines ni les mêmes intérêts immédiats, d’accepter cependant qu’un destin politique leur soit commun.
Encore faut-il qu’il existe un lieu où ce commun se fabrique.

Et c’est ici qu’apparaît peut-être l’une des conséquences inattendues de l’explosion du système politique ancien.
Le bipartisme, ou les architectures multipartites fortement structurées qui lui ressemblaient, possédaient beaucoup de défauts.
Ils trichaient parfois avec la diversité réelle du corps social.
Ils la simplifiaient.
Ils la comprimaient.
Ils construisaient des appareils.
Ils produisaient leurs notables, leurs oligarchies, leurs routines, leurs carrières.
Mais ils possédaient aussi une fonction que nous avons peut-être détruite en pensant démocratiser davantage la représentation : ils agrégeaient, illusion délétère derrière laquelle ont couru jusqu’à épuisement la délire médiatique.

Avant d’arriver devant le pays, un parti devait déjà faire tenir ensemble des sensibilités qui n’étaient pas spontanément compatibles.
Il devait produire, en lui-même, des compromis.
Le compromis national n’apparaissait donc pas ex nihilo à l’issue du scrutin.

Il avait été commencé auparavant.
La fragmentation contemporaine a voulu mieux représenter.
Elle représente effectivement davantage de fragments.
Mais elle représente de moins en moins le tout.

C’est là un paradoxe auquel nous devrions prêter beaucoup plus d’attention : plus chaque partie de la société obtient une représentation supposée exacte de sa singularité, plus la représentation de la société comme totalité devient incertaine.

Le Parlement ne reçoit plus des compromis partiels. Il reçoit des fragments pleins. Des fragments convaincus d’eux-mêmes.
Des fragments qui disposent de leur langage, de leurs références, de leurs médias, de leurs indignations, de leurs experts, parfois de leur vérité.
Et l’on demande ensuite à l’institution politique de produire en quelques votes ce qui n’a plus été préparé nulle part.
Le chaos de la représentation développé sur ce chemin dialectique pavé de bonnes intentions finit ainsi par désintégrer le « représenté ».

Et le « représenté », c’est la nation. Il faudrait presque dire : la nation stricto sensu.
Il ne s’agit plus la nation sentimentale, de la nation fantasmée.
Mais de l’espace politique commun.
Celui à l’intérieur duquel la contradiction demeure une contradiction entre membres d’une même communauté et ne devient pas encore l’affrontement de communautés qui ne se reconnaissent plus.
C’est dans ce paysage que l’ascension de l’AfD en Allemagne ou du Rassemblement national en France doit être regardée.
Il est évidemment possible de produire à leur sujet toutes sortes d’explications.
Beaucoup sont exactes: immigration, insécurité, déclassement, sentiment d’abandon territorial, crise industrielle, défiance envers les institutions, question européenne, réseaux sociaux, peur culturelle, guerre, pouvoir d’achat, sans compter les allergènes, les progrès de la science, etc.

Tout cela compte.
Mais on peut accumuler une grande quantité de symptômes et être incapables d’établir le diagnostic principal.
Quand elle est puissante parce qu’on en a fait son Alpha et l’Omega, sans y déroger à la moindre difficulté ou au moindre courant d’air, alors la dignité nationale ne fait pas du recyclage, elle fait de la conversion.

Et si le problème n’était pas seulement ce que pensent celles et ceux qui votent pour ces formations, mais la capacité de l’architecture démocratique à entendre ce que leur progression dit d’elle ?

C’est ici que j’ai rencontré, ailleurs, dans des univers qui n’ont rien d’extrémistes, une autre mécanique dont je n’arrivais pas exactement à saisir le nom.
Celle de l’objection rationnelle.

Le monde académique, le monde administratif, le monde juridique, le monde des experts, fonctionnent, à beaucoup d’égards, remarquablement bien.
Chacun y connaît son domaine.Chacun possède ses références.
Chacun sait mesurer l’incertitude. Chacun sait expliquer pourquoi une proposition comporte un risque.
Et chacun a très souvent raison.

Le juriste explique pourquoi c’est difficile juridiquement.
L’économiste pourquoi cela coûte. Le sociologue pourquoi les effets collatéraux sont mal évalués. L’ingénieur pourquoi le dispositif est fragile.
L’administration pourquoi la procédure ne le permet pas.
L’universitaire pourquoi la démonstration n’est pas encore suffisamment étayée.
Et la chose fascinante est précisément celle-ci : toutes ces objections peuvent être parfaitement rationnelles, discutables mais rationnelles.
Prises séparément, elles peuvent être impeccables.
Mais leur addition produit une architecture délétère.
Car personne, dans cette distribution des intelligences, n’est réellement chargé de mesurer ce que coûte l’empêchement.
Personne n’est toujours chargé de demander ce qui arrive lorsque toutes les raisons de ne pas faire deviennent, ensemble, la raison pour laquelle rien ne se fait.

Nous avons perfectionné la rationalité de l’objection.
Nous avons peut-être désappris la rationalité du mouvement.
Il faudrait probablement nommer cela la clôture rationnelle du système.

Le système ne devient pas irrationnel.
Ce serait beaucoup trop simple et incriminant.
Il devient excessivement rationnel dans chacune de ses parties et peut, par la somme de ces rationalités locales, produire un résultat global qui ne l’est plus.
Chacun voit juste dans son périmètre.
Personne ne voit nécessairement le coût de la totalité immobile.

À ce moment-là, l’extrême n’apparaît plus
seulement comme une doctrine.
Il apparaît comme un outil.
Le dernier disponible.

Et c’est là que l’extrémisme dispose d’un avantage formidable.
Il n’a pas besoin d’être plus intelligent.Il lui suffit d’être plus total.
Il réunit ce que le système fragmente.
Il donne une cause unique à des réalités multiples.
Il propose une histoire simple là où les spécialistes produisent une infinité de précautions.
Il relie ce que la raison spécialisée a séparé.

Bien sûr, il relie souvent mal.
Bien sûr, il simplifie outrageusement.
Bien sûr, il fabrique des causalités, désigne des responsables imaginaires, transforme des phénomènes complexes en volontés cachées.
Mais enfin, il raconte quelque chose qui tient.

Et le système, lui, répond souvent par une multiplicité d’objections vraies à une totalité parfois fausse, sans voir que la puissance psychique de la totalité l’emporte fréquemment sur la précision intellectuelle du fragment.

Nous arrivons alors à une situation étrange.
D’un côté, l’extrémisme simplifie le tout.
De l’autre, le système rationnel pulvérise le tout.
Et entre les deux disparaît ce que la politique devrait précisément produire : la capacité de penser l’ensemble sans renoncer à la complexité.
C’est probablement là que se trouve la faille.
Et c’est précisément pour cela qu’il serait très imprudent de ne pas se demander qui peut avoir intérêt à l’élargir et à y introduire des phénomènes purulents.

Une société dans laquelle les questions communes ont été « privatisées » par des camps politiques antagonistes; dans laquelle la nation a été abandonnée au nationalisme; dans laquelle la souveraineté a été abandonnée au souverainisme; dans laquelle l’écologie, la sécurité, l’immigration, l’Europe ou la solidarité fonctionnent comme des marqueurs identitaires; dans laquelle les médias vivent pour partie de la conflictualité; dans laquelle les plateformes savent quelle émotion augmente le temps d’exposition; dans laquelle la représentation se fragmente jusqu’à rendre le compromis presque impossible; dans laquelle, enfin, chaque spécialiste possède d’excellentes raisons de s’opposer à ce qui déborde de son périmètre: cette société constitue presque, par construction, une surface d’attaque cognitive.

Il serait surprenant qu’elle ne soit pas attaquée.
Mais il serait plus dangereux encore de conclure de cette évidence probable que l’attaque constitue l’explication.
Car le véritable sujet demeure la vulnérabilité.
Et la première réponse à une vulnérabilité n’est pas de chercher celui qui l’exploite.
C’est de la réduire.

Ce qui suppose probablement de « déprivatiser » politiquement les questions communes.
L’écologie ne doit appartenir à personne.
La nation non plus.
La souveraineté non plus.
La sécurité non plus.
La solidarité non plus.
L’Europe non plus.
Ce sont des objets « indivisibles » de la conversation nationale, et même européenne, qui doivent pouvoir être appropriés, contestés, réinterprétés par tous sans qu’un camp puisse prétendre en être propriétaire.
Il faut aussi reconstruire les mécanismes d’agrégation que nous avons détruits, ou en inventer de nouveaux.

Car une démocratie ne se maintient pas seulement parce qu’elle représente mieux chaque différence.
Elle se maintient parce qu’elle sait encore fabriquer du commun à partir d’elles.
Et il faut enfin réapprendre à considérer le système lui-même comme une variable.
C’est peut-être là le point le plus difficile.
Un système qui ne sait plus se penser lui-même ne sait plus évoluer. Il ne voit et ne fait apparaître que ses limites.
Et un système qui ne sait plus évoluer finit par transformer toute volonté de transformation en volonté de rupture.

À ce moment-là, l’extrême n’apparaît plus, uniquement, comme une celui qui diffuse une doctrine à l’égale de toutes les autres.
Il apparaît comme un outil.
Le dernier disponible.

Celui que l’on utilise non nécessairement parce que l’on adhère à tout ce qu’il contient, mais parce que l’on ne croit plus que les instruments ordinaires permettent encore de déplacer quoi que ce soit.
Le danger serait donc immense à continuer de poser la question seulement ainsi : comment empêcher l’extrême d’arriver?

Elle doit être posée autrement.

Qu’est-ce qu’un système démocratique doit accepter de transformer en lui-même pour que l’extrême cesse d’apparaître comme le seul instrument capable de le transformer ?
C’est là que la démocratie retrouve peut-être sa définition la plus exigeante.

Elle n’est pas seulement le régime qui permet de choisir.
Elle devrait être le régime qui apprend.
Qui reçoit la contestation comme une information.
Qui ne confond pas la protection de ses institutions avec leur pétrification.
Qui sait distinguer ce qui doit être défendu de ce qui doit être changé à l’intérieur d’un ensemble de principes élevés et éprouvés.

Qui ne répond pas à toutes ses difficultés par davantage de clôture.
Car à force de dresser les objections comme des murs, la raison elle-même finit par dessiner une enceinte.
Les frustrations s’y accumulent.
La représentation s’y fragmente.
La nation s’y dissout.
Et l’extrémisme finit par apparaître, in fine, comme celui qui promet simplement d’ouvrir la porte.
Il serait peut-être temps que la démocratie l’ouvre elle-même.

Laisser un commentaire