Inglorious bastards

Les analyses de Claire Martel sont des eaux fortes.

L’ennui – et la situation électorale allemande vient de le faire sauter au visage de l’Europe avec une certaine cruauté! – est que ce tango auquel l’Allemagne se livre avec elle-même, ou plutôt avec l’ombre d’elle-même, davantage qu’avec son partenaire naturel et fondateur, la France, finit par la ramener vers les deux pôles de dépendance dont l’Europe devrait précisément permettre de s’affranchir.

Cela la conduit dans les bras de Poutine et ceux de Trump, au profit d’un bâtard politique, l’AfD qui est, comme le RN en France, ou le Reform UK au Royaume-Uni.

Vers Poutine, par l’attraction énergétique.
Vers Trump, par l’attraction technologique.

Et, à l’intérieur même de l’Allemagne, vers l’AfD, qui transforme ces dépendances extérieures et les frustrations qu’elles engendrent en promesse de souveraineté retrouvée.

C’est là que l’histoire devient presque dynastique.

L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni – les trois dernières grandes puissances impériales européennes qui ont largement façonné l’ère dont nous sortons – semblent continuer, sous une autre forme, ce qui appartenait jadis à l’ordre des mariages et des sagas dynastiques: alliances contrariées ou corrompues, successions mal réglées, lignées concurrentes et rejetons cachés revenant réclamer leur héritage.

Aujourd’hui, c’est la démocratie qui copule, créé et élève les rejetons au sein de ses pulsions.
AfD, RN, Reform UK: trois bâtards politiques de trois empires disparus, auxquels on promet le retour du père alors que celui-ci ne reviendra pas.

L’Histoire européenne ne se répète pas.
Mais elle a parfois de curieuses histoires de famille.

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