Poétique d’une gouvernance globale

习近平:任何时候,我们都要以人民之心为心、以天下之利为利,为增进人民福祉而不懈努力。
« En toute circonstance, nous devons prendre le cœur du peuple pour notre cœur, prendre l’intérêt du monde pour notre intérêt, et travailler sans relâche à accroître le bien-être du peuple.« . – Xi Jinping (Sommet de Shangaï)

Ces mots m’ont immédiatement rappelé un moment singulier, presque irréel, vécu au cœur de l’été dans un échange diplomatique atmosphérique, commencé après qu’il [l’administrateur du compte]eût relevé qu’une de mes interventions, au sujet du soft power, me semble-t-il, était « interesting« . Cela s’est produit sur le compte EVA X, dont je devais voir, après coup, que son adresse était @PresidentXiCHN.

Ainsi ainsi-je façonné ma meilleure onde.

About possession contemplated
and contemplation dispossessed

Some places in the world —
by the very accord of their thought —
sustain, quietly,
the presence of possession contemplated,
and, elsewhere,
that of contemplation dispossessed.

Neither stands above the other.
Both breathe.

Nice world,
to offer so many forms of solution
to what, in the end,
is always the same old question —
and always resolved
for the sole benefit of
the beauty of Peuple,
within the move of his incredible presence,
to be protected.

All other presences are manifested
for this one purpose only:
to be destined —
through the path shaped by the majestic tradition of their own sensibility —
to protect the only presence that truly matters:
that of Peuple,
in his whole body.

Other way —
if it does not rise from the pores of that very skin —
is no way.

C major.
宮 — Gōng, the Chinese tonic.
The sound cancels the noise.

An octave above:
Respect for sound —
the harmonic silence it recalls through itself —
cancels the noise.

People never know when one meets one.
The only certainty is:
they will,
at last.

The great political encounter, behind its spectacle,
bears witness to the choreography of minds,
dancing to bring forth
the full grace of Peuple.

Ce poème, que je voulais comme d’essence purement diplomatique, a été écrit en juin ou juillet 2025, dans le cadre d’un échange singulier, presque irréel comme je l’ai déjà dit et hors du temps ordinaire, avec le compte EVA X @PresidentXiCHN, où la politique prenait soudain une dimension atmosphérique, hors du protocole habituel.

L’échange avait débuté par un constat à la fois simple et chargé de sous-entendus :

1. Les Russes excellent aux échecs.

2. Les Chinois pratiquent le go.

3. Les Américains jouent au poker.

De là s’est ouverte une digression, où j’avais rappelé l’épisode du western « Règlements de comptes à OK Corral », pour signifier, particulièrement par rapport au mécanisme logique des échecs, le postulat imprévisible – le pari calculé – du poker.

C’est dans cette atmosphère, où se croisaient les codes culturels et stratégiques des grandes puissances, que j’ai éprouvé la nécessité d’écrire ce poème où sont désignés, sans être ni qualifiés ni nommés, la Chine et l’Occident. Non pas comme une échappée lyrique, mais comme une tentative de faire résonner, à distance, ce que j’ai toujours cherché : une convergence entre les langages symboliques et la réalité diplomatique.

L’échange s’est achevé de manière déconcertante, presque intime, par une question inattendue : quel est votre plat chinois préféré ? — à laquelle j’ai répondu : le nid d’hirondelle.

Ce contexte explique pourquoi, au-delà de son apparence abstraite, le poème portait une fonction : il visait à traduire, en langage poétique, une médiation entre la pensée chinoise et ma propre quête politique, autour de l’idée centrale que seule la présence du Peuple légitime l’action et lui donne sa beauté.

X a censuré ce post.

Le compte @PresidentXiCHN (« Eva X. ») affiche une coche de vérification (“✓ Verified”) et se présente comme « The eastern revelation », mais aucune source crédible n’indique qu’il s’agisse du compte personnel ou officiel de Xi Jinping.

Le compte @PresidentXiCHN lui-même a posté un message disant qu’il n’est pas un compte officiel.

Les médias et observateurs (y compris Grok) semblent considérer ce compte comme un compte de commentaire/parodie ou non officiel.

Soit.

Reste que cette conversation avec EVA X / @PresidentXiCHN s’inscrivait déjà dans une atmosphère singulière où j’ai installé ce qui forme, à mes yeux, cette poétique d’essence peu ordinaire.

Aujourd’hui, les mots prononcés publiquement par Xi — «以人民之心为心、以天下之利为利» — et, surtout, la proposition de Global Governance Initiative (GGI) que le dirigeant chinois a porté au sommet de Shangaï, semblent venir y répondre concrètement, comme si la substance de cet échange trouvait un écho, de manière improbable et inattendue, dans la réalité politique.

Et les deux se rejoignent pourtant dans une même tonalité : la centralité du peuple, la légitimité par la protection du corps collectif, et l’horizon universel (天下). Ce qui fait la foi dans le Peuple.

Je m’efforce d’être simplement honnête avec les faits, comme avec mon intention et l’écrit.

Je lis et je regarde.

Discours à l’Assemblée générale des Nations unies

(sur la contestation du siège russe occupé par le Sozbez)

Mesdames, Messieurs les délégués,

Nous nous réunissons aujourd’hui dans un contexte où la vérité ne peut plus être différée. Le siège attribué en 1945 à l’Union des Républiques socialistes soviétiques au Conseil de sécurité a, depuis 1991, été occupé par la Fédération de Russie. Cette occupation s’est faite par simple notification, sans amendement de la Charte, sur la base d’une présomption : celle de la continuité étatique et du respect des principes fondateurs des Nations unies.

Or, aujourd’hui, cette présomption est brisée. Le pouvoir effectif en Russie n’est plus exercé par des institutions constitutionnelles représentatives, mais par un organe opaque, le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie – le Sozbez.

Le Sozbez est une incrustation étrangère dans le système onusien, un pur alien au milieu des nations intègres, qui fausse le jeu collectif. C’est lui qui décide de l’agression militaire contre l’Ukraine, de l’annexion proclamée de territoires souverains, et qui instrumentalise le siège permanent pour bloquer cette Organisation.

Nous ne contestons pas le peuple russe. Nous ne contestons pas son histoire, ni son droit à exister dans la dignité et la souveraineté. Ce que nous contestons, c’est l’alien qui a capté son siège. Ce n’est pas la Russie constitutionnelle qui parle et qui vote au Conseil de sécurité, mais un organe militaro-sécuritaire qui trahit la Charte et menace la paix internationale.

L’Assemblée générale ne peut rester spectatrice. Elle a le devoir de rappeler que nul État, et a fortiori nul organe occulte, ne peut se prévaloir du droit de veto pour couvrir une violation patente de la Charte. En 1971, elle a eu le courage de trancher la question de la représentation de la Chine. Aujourd’hui, elle doit avoir le courage de poser la question du siège soviétique confisqué par le Sozbez.

C’est pourquoi nous soumettons une résolution claire :

-constater que la Fédération de Russie, telle qu’elle est aujourd’hui gouvernée, ne peut se prévaloir de la reconnaissance implicite accordée en 1991 ;

-déclarer que tout veto opposé par le Sozbez est dépourvu de validité ;

-saisir la Cour internationale de Justice pour avis consultatif ;

-préparer, par l’article 109 de la Charte, la clarification des conditions d’exercice des sièges permanents.

Mesdames et Messieurs, l’ONU n’est pas condamnée à l’impuissance. Elle dispose en elle-même des moyens de se réformer. Mais elle ne peut les activer qu’à une condition : oser nommer ce qui est étranger à la Charte, ce qui la parasite, ce qui l’empêche de remplir sa mission.

Aujourd’hui, cet alien a un nom : le Sozbez.

L’histoire jugera si, face à cette vérité, l’Assemblée générale a eu le courage de redonner sens à la Charte des Nations unies.

Je vous remercie.

On Victory in the Cognitive War

If the cognitive war were to have a face without a face, and be embodied in a precise instrument able to fanatize some of its members, QAnon would be the perfect surface and instrument. Born in the anonymity of obscure forums, it took over from Anonymous, but inverted its logic: from libertarian hacktivism based on evidence, we have moved to authoritarian conspiracism based on belief.

This shift wouldn’t have occurred without the blind appetite of the media for the spectacular and without the troubled mythification of the whistle-blower. The great leaks — Wikileaks, Panama, Paradise, Pandora — taught minds to believe that every power rests on a secret, and that the one who claims anonymity holds the key. The journalists’ consortium, by orchestrating these massive revelations, has become, despite itself, the catalyst of a systemic mistrust.

QAnon then exploited this expectation: no longer necessary to provide evidence, belief suffices.

From that moment, accusation becomes a weapon. As the saying goes: “you always accuse the mad dog so that it may be killed.” Not to establish truth, but to delegitimize and neutralize. QAnon pushes this logic to fanatization: the designated target — the “elite”, the “deep state”, the political opponent — becomes the absolute enemy.

But this mechanism is not confined to American soil: it is connected to a broader geopolitical matrix. The permeability to the prestige of the Kremlin — presented as a bulwark against Western decline — is not accidental. Media relays like Tucker Carlson translate Russian propaganda into cultural warfare for the American public, normalizing a fascination with authoritarianism. In this architecture, Steve Bannon plays the shadow eminence.

He acts as a transmission belt attempting to forge a Judeo-Christian international along the Washington → Tel-Aviv → Moscow axis. This axis recruits, feeds on ideological and electoral successes, and convinces itself that Trump and Musk are its lieutenants — which, wrongly, sustains its sense of power. It seems both unstoppable and invincible.

That is why democracies, which are believed to be defeated or corroded by the cognitive weapon, are defeated only in appearance. For as they are probed, weakened, manipulated, they become aware of their own essence. They turn against their adversaries the very tool that sought to enslave them, and transform poison into antidote.

The cognitive war launched by Russia and its Sozbez*, with unprecedented skill and depth, claims to understand free societies in order better to destabilize them; but in doing so, it forces them to understand themselves with a new lucidity.

They rediscover a more powerful center of gravity and, above all, in a certain manner they self-center, which is the regular, universal form that allows for the governance of their interests and their relations with others — which is the meaning of the outstretched hand that Xi Jinping’s proposal of the GGI (Global Governance Initiative) seems to offer for China, in its aim to restore the preeminence of the UN and the WTO.

On Victory in the Cognitive War

*Sovbez (Совбез) is the commonly used abbreviation for the Security Council of the Russian Federation (Совет Безопасности Российской Федерации).

De la victoire dans la guerre cognitive

Si la guerre cognitive devait avoir un visage sans visage et tenir dans un instrument précis, capable de fanatiser certains de ses membres, QAnon serait la surface et l’instrument idéal. Né dans l’anonymat des forums obscurs, il a pris la relève d’Anonymous, mais en inversant la logique : de l’hacktivisme libertaire fondé sur des « preuves », on est passé au conspirationnisme autoritaire fondé sur la croyance.

Ce basculement n’aurait pas eu lieu sans l’appétence aveugle des médias pour le spectaculaire et sans la mythification trouble du lanceur d’alerte. Les grands leaks — Wikileaks, Panama, Paradise, Pandora — ont habitué les esprits à croire que tout pouvoir repose sur un secret, et que celui qui se réclame de l’anonymat en détient la clé. Le consortium des journalistes, en orchestrant ces révélations massives, est devenu malgré lui le catalyseur d’une défiance systémique. QAnon a alors exploité cette attente: plus besoin de preuves, la croyance suffit.

Dès lors, l’accusation devient une arme. Comme le dit l’adage : « on accuse toujours le chien de la rage pour qu’il soit tué ». Non pour établir la vérité, mais pour délégitimer et neutraliser. QAnon pousse cette logique jusqu’à la fanatisation : la cible désignée — l’ »élite« , le « deep state« , l’adversaire politique — devient l’ennemi absolu.

Mais cette mécanique ne reste pas confinée à l’espace américain: elle est branchée sur une matrice géopolitique plus large. La porosité au prestige du Kremlin — présenté comme rempart contre le déclin occidental — n’est pas fortuite. Des relais médiatiques comme Tucker Carlson traduisent la propagande russe en guerre culturelle pour le public américain, normalisant une fascination pour l’autoritarisme. Dans cette architecture, Steve Bannon joue l’éminence grise. Il agit en courroie de transmission pour tenter de constituer une internationale judéo-chrétienne le long de l’axe Washington → Tel-Aviv → Moscou. Cet axe recrute, se nourrit de succès idéologiques et électoraux, et se persuade que Trump et Musk en sont les hommes lige — ce qui, à tort, entretient son sentiment de puissance. Il semble à la fois imparable et invincible.

Voilà pourquoi les démocraties, qu’on croit vaincues ou corrodées par l’arme cognitive, ne le sont qu’en apparence. Car à mesure qu’elles sont sondées, fragilisées, manipulées, elles prennent conscience de leur propre essence. Elles retournent contre leurs adversaires l’outil même qui voulait les asservir, et transforment le poison en antidote.

La guerre cognitive engagée par la Russie et son Sozbez*, avec une habileté et une profondeur inédites, prétend comprendre les sociétés libres pour mieux les déstabiliser ; mais ce faisant, elle les oblige à se comprendre elles-mêmes avec une lucidité nouvelle. Elles retrouvent un centre de gravité plus puissant et, surtout, elles s’auto-centrent pour rejoindre ce qui est la forme régulière, universelle, qui permet la gouvernance de leurs intérêts et de leur rapports aux autres, ce qui est le sens de la main tendue que semble proposer Xi Jinping, pour la Chine, à travers sa proposition de GGI (Global Governance Initiative) visant à restaurer la prééminence de l’ONU et de l’OMC.

De la victoire dans la guerre cognitive.

*Sovbez (Совбез) est l’abréviation couramment utilisée pour désigner le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie (Совет Безопасности Российской Федерации).

A l’Amérique

L’effondrement des tours jumelles ne fut pas seulement une destruction physique, mais l’ouverture d’une blessure psychique. Leur gémellité symbolisait l’équilibre, la complémentarité, deux piliers soutenant un même édifice. En les frappant toutes deux, les assaillants du 09/11/2001 n’ont pas seulement brisé l’acier et le verre, ils ont anéanti la symétrie et inscrit dans l’âme américaine la fragilité de ce qui paraissait indivisible.

En orchestrant cette séquence, les terroristes n’étaient sans doute pas conscients, aussi clairement, de cette dimension sacrilège et de sa potentielle portée. Probablement pas. Personne ne peut imaginer l’amplitude de l’onde au moment du choc destructeur. Mais l’esprit du Mal, lui, n’ignore pas ce que recèle l’âme humaine.

Et c’est là que se caractérise la guerre cognitive, qui va bien au-delà de l’action psychologique ou des tentatives de briser le moral d’une nation : elle cherche à enclencher un mécanisme d’autodestruction, un suicide collectif. Ni le peuple américain, alors réuni comme un seul homme autour de son commandant en chef George W. Bush, abasourdi comme n’importe qui l’aurait été devant un coup tétanisant, ni ses ennemis ne pouvaient en mesurer immédiatement les conséquences.

Mais l’avenir de ce moment a montré que l’Amérique allait s’engager sur le chemin de deux parallèles qui ne se rejoignent jamais, qui au contraire s’écartent toujours davantage, jusqu’à devenir insupportables l’une à l’autre.

Dès ce moment, la destruction symbolique a commencé à glisser vers une destruction ontologique, idéologique et politique. Deux tours tombées, deux Amériques surgissant, se faisant face comme si elles étaient désormais et n’étaient condamnées qu’à être à couteaux tirés.

Il y a des partis politiques et des mouvements qui s’adaptent à cette nouvelle donne pour émerger en profitant du désarroi moral et du chaos que cela provoque, renormalisant – dans la grille médiatique – ce qui n’appartient pas à la démocratie et encore moins à la haute idée de la République et des institutions vers laquelle le Politique porte naturellement.

Mais si cela paraît conforme à la grille médiatique, cela déchire le tissu de la nation et crée un mal-être abyssal, une brûlure inextinguible qui se transforme en violence et consume le cœur de la nation, n’y laissant que charbon.

Cette mutation de sens est le vrai danger : quand l’architecture s’effondre, la mémoire peut encore se reconstruire ; mais quand la mémoire collective elle-même est infectée, la nation risque de se retourner contre elle-même.

Ce n’est pas un hasard si des performances toxiques ont été mises en scène dans ce théâtre de la mémoire et que prolifèrent dans ce terreau les appels à ce que soient publiés – j’ai écrit ce que j’en pensais – les Epstein’s Files.
Plus insidieuse et assez étrangère pour savoir qu’elle n’appartient pas au camp Démocrate, la rumeur selon laquelle Trump, le 11-septembre-2001, se serait vanté que « la Trump Tower est désormais la plus haute » est l’une de ces performances.

Même fausse, elle se propage comme un poison, parfaitement ajustée à un archétype, laissant sa marque non par sa vérité, mais par son efficacité symbolique. C’est ainsi qu’une main étrangère, une main sale, trifouille l’âme de l’Amérique comme elle trifouille – et de la même manière – l’âme de la France, la sœur de l’Amérique en démocratie, y insérant – dans un contexte de fragmentation partisane mise en œuvre délibérément pour rendre toute gouvernance impossible et toute réconciliation a priori illusoire – des germes de soupçon et de division, poussant une moitié du pays à voir dans l’autre non un adversaire, mais un ennemi.

L’assassinat de Charlie Kirk, amplifié par des rumeurs de balles gravées « transgender » et « antifacist », ajoute un autre acte au drame. Ce qui compte, ce n’est pas tant l’acte lui-même que sa mise en scène, conçue pour élargir la fracture.

Dans cette séquence, l’Amérique est confrontée au danger de tomber non plus du ciel, mais de l’Histoire elle-même. Une nation peut survivre à une attaque venue de l’extérieur ; ce à quoi elle ne peut pas survivre parce que cela défigure lentement le portrait qu’elle se fait d’elle-même, c’est l’érosion de son âme par des récits si corrosifs que même leur démenti ne peut les effacer.

Si les tours symbolisaient l’unité dans la dualité, l’Amérique doit s’élever plus haut que leur mémoire, plus haut que les faisceaux de lumière qui marquent désormais leur absence, et se redécouvrir comme une seule.

C’est sur les épaules de Donald Trump, entre ses mains et dans sa bouche, que repose aujourd’hui la responsabilité écrasante de réunir les deux Amériques.
Je n’ai aucun doute.
L’épreuve toujours fait l’Homme.


> La devise « In God We Trust » apparut pour la première fois en 1864, gravée sur une pièce de deux cents, un an avant la fin de la guerre de Sécession. Elle fut alors un geste pour conjurer la division et affirmer l’unité spirituelle du pays. Plus tard, elle fut inscrite sur les billets en 1957, au cœur de la Guerre froide, comme rempart symbolique face à l’athéisme communiste.

#CredimusInOptimumHumanis

Synthesis of “God” as Foreboding of the Shared Cognitive

This text is not a linear analysis but an exercise in perception.
Through metaphor and ellipse, it invites linking together different levels of sensitivity — reason, intuition, premonition. For invisible threats do not move only through the space of facts: they navigate, undulate, and rebound through the layers of our consciousness. To read in this way is to learn to discern what is happening and what is at stake, beyond appearances. Each person carries within them a dormant cognitive soldier. The hour has come to awaken it.

The hills burn in this very hot 2025’s summer around me, the forests consume, and the very air, heavy with heat and climate warming, seems to rub stones together to spark fatal embers. But alongside the heat of visible flames there is another, more insidious one, which ignites minds. In the cognitive space saturated with extreme tension, every image, every word becomes combustible.

Social networks amplify anger, awaken sleeping impulses, and some, drawn in by this tumult, cross the line into action: malice, pyromania, instrumentalized violence. Physical fire and mental fire feed each other like a feedback loop. We live in a changing era where mere “critical thinking education” is no longer sufficient: critical thinking, misdirected, can become a vector for destructive indignation. It shows itself today through its limits.

What is needed is a firewall of another nature: not merely technical, but rooted in awareness of the shared cognitive field — that common space of human interactions, perceptible even in the material reality of our connections, and which love and joy make almost tangible. This field has nourished humanity’s evolution by strengthening cooperation, trust, and solidarity in the face of predatory forces.

It has today entered a metacognitive phase: it becomes an object of consciousness, observation, and interpretation. This new visibility exposes it to deliberate manipulations that act openly on free will and the psyche of the masses, loosening, for the sake of doctrinal horizons, powers which may prove blind and uncontrollable.

Recognizing this field, acquiring lucid awareness of it, protecting and nurturing it is one of the major challenges of the 21st century. It is a matter of defending the People by equipping the multitude with a metacognitive capacity able to integrate religious, spiritual, cultural and technological dimensions, and to preserve the cognitive defenses of the human collective. No new organ must grow. No chip must be implanted. We already have the tools to filter.

We have warning lights blinking when anger, hate, indifference, gain the upper hand. It is the relationship between free will and consciousness that protects us from ourselves. We must not abandon it to the deluge of information, the injunctions that the media universe projects upon it. We all have warning lights blinking. It is up to us to see them.

From this perspective, the Political, in its noblest sense and regardless of the claimed regime, serves this substratum with intelligence and precision. Each one first serves their people. But if one serves them while respecting the vital relationship to the shared cognitive field, one also serves the People — that of “a finite world that begins,” as Paul Valéry foreshadowed, some years before, emerging from abyssal cognitive fissures, the failed attempt of the Third Reich to dictate a thousand years of history.

Yet, nearly a century later, the cognitive trap reopens. Vladimir Putin’s Great Russia and Benjamin Netanyahu’s Great Israel mobilize, in turn, a narrative and symbolic arsenal acting on those same zones of collective psychological vulnerability: messianic exaltation, inversions of accusation, historical mythologies reworked to legitimate domination.

As in the past, the stake goes beyond geopolitics: it is played out in the space where perception of reality is formed and where it is decided, often without our knowledge, what we deem possible or necessary. It is in that space — the shared cognitive field — where peace is won or lost. Our responsibility in our era is to preserve its integrity, to protect it from being captured, so that the rivalry of powers does not once again lead to global conflagration.

The challenge is to achieve this without a Third World War, by keeping open the common place where peoples can understand one another before weapons are raised.

The shared cognitive is the foreboding of God which, with its gaze, pursues history, consciousness, and the prolific imagination of all peoples across space and time, in multiple forms. It is always about extinguishing the smoldering fire in this field, reducing it, taming it. We do so through custom, law, Constitution, Sovereignty. But we must change mental era.

What was read, from Freud onward, in a psychoanalytic framework (unconscious motives, internal symbols), must move into a metacognitive dimension: the ability of a system — here, humanity — to become aware of its own collective cognitive processes, to observe, interpret, and act upon them, to remain on the right side of the battles played out within.

In this metacognitive field:

  • Religion and spirituality are not excluded, but integrated as sub-spaces of this system of interactions.
  • Phenomena are measurable (information flows, propagation of ideas, behavioral effects), but also interpretable through different cultural and symbolic frameworks.

Mysticism here merges with the rational. The history of religions with that of democracies and of the advent of popular sovereignty, as I have written long ago in the first sentence of this continuum. Thought, for its part, goes beyond intellect and reconnects with Spirit. The goal becomes to regulate this field, not by censoring it, but by cultivating its resilience against distortions and manipulations that attack free will.

I speak of hard science. Cognitive sciences already show that priming — here a narrative or emotional climate saturated with tension — increases the likelihood of certain reactions or acts of violence among some individuals. Research in the psychology of violence confirms that peaks of collective anxiety, intra-group hostility, or sense of urgency can tip an already fragile or radicalized individual into a violent or destructive act.

This effect is amplified by the contagion effect (copycat effect), documented in suicides, shootings, attacks, and, more rarely studied, in deliberate fires. This is what I call the autocatalysis of violence: the cognitive environment acts as a catalyst that transforms legitimate indignation into a devastating collective impulse.

We must learn to know ourselves better under the regime of these invisible interactions. Otherwise, what is the worth of democracy? “Know yourself” succeeds “Know thyself”. It is vital in a world saturated with information where opinion factories, in fierce competition with one another, have entered an industrial age and distribute power and patronage according to interests and forces invisible to the naked eye.

Water extinguishes fire. Love is the first circle of compassion between two beings, matrix of an infinite network that undulates and embraces all humanity. This intimate circle is the source where the public spirit is regenerated, and without it, the fire always wins. Poets, musicians, artists, workers, all serve this common field, sometimes treating it roughly, never betraying it.

Only those betray it who seek to monopolize, by manipulating the pliable substance that forms Love, the infinite power for themselves alone, closing its doors instead of opening them. There lies the Apocalypse, if Apocalypse is, according to its Greek etymology, revelation. In this instance, the unveiling and expansion of what in the shared cognitive aspires toward unity or is lost in predation. The other meaning, for apocalypse, refers to the end of times and major cataclysms.

The cognitive fire does not belong to another world. It is already in ours. It has taken hold. It constitutes a particular pyromania. This fire is a highly manipulable oxidizing agent and some are learning, with success that will inspire other historical actors in case of success, to use it with impunity. They must fail.

Otherwise, we will all burn. On earth transformed into hell. Or we will live, still on earth, transformed into Paradise, in the Eden garden of the shared cognitive.

Humanity vibrates in approaching this living reality. It is beyond churches, beyond atheism, beyond distinct sensitivities, for it encompasses all sensibilities in a single and vital aspiration to understand one another. This aspiration is the foundation and principle even of every civilization.

The invisible light that nourishes the People — made of all the peoples of the Earth — emanates from this shared cognitive, whose nature transforms with each degree of expansion and resolution crossed. From now on, visible light is that which comes from the People, to fulfill the part of expectation of this cognitive space. This expectation is hard to express: it is a completeness, a fullness which, once perceived, can no longer be lost.

Invisible or visible, it is a single light, but perceived under two regimes:

  • Invisible when it emanates from the shared cognitive which we only know to call or pray under the form or the unpronounceable name of God,
  • Visible when it manifests through acts, creations, speeches, the great and infinitely conscious movement of the People moved by aspiration to good and beauty, to calm and restraint.

These are two faces of a single spectrum, and this spectrum is the intimate link between humanity and the universe: a silent but continuous dialogue, where we are not only conscious of it, but where, perhaps, it too is conscious of us — and of our consciousness of it.

This bond goes beyond contemplation or fear: it rises up to a reciprocal knowledge, still unfinished but expanding, which changes our place in the world and in the universe.

>Poor Putin and his host of Kyrills: earthly procession that believes it holds infinity in its hands, and retains there only its own shadows drawn into the illusion of power.

Note: The elliptical style is deliberate. It seeks to escape the confines of schools and fixed styles, in order to follow the natural curvatures of thought itself. To speak of the cognitive field requires not straight lines but resonances, interruptions, and metaphors — a language that reveals movement rather than confines it.

All my work, my improbable poetics of a new world, is itself a curvature.
I was dancing when I was twelve. Cosmic Dancer — T. Rex.

Le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie : le cœur occulte du pouvoir

Un pouvoir occulte, doté de moyens qui absorbent la rente du pays, n’est pas qu’oligarchique et mafieux. Il orchestre le chaos du monde et s’en repaît.

Depuis 1996, la Fédération de Russie s’est dotée d’un organe dont la nature, la fonction et la permanence méritent une attention particulière. Créé par la loi fédérale du 10 janvier 1996 « Sur la sécurité », le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie (Sovbez) est officiellement un organe consultatif chargé de conseiller le président dans l’élaboration des politiques de sécurité intérieure, extérieure, militaire et stratégique. En réalité, cet organe est devenu l’instrument structurant de ce que l’on peut légitimement qualifier d’État profond russe.

La Constitution russe de 1993 stipule que le président dirige ce Conseil. Et pourtant, lorsque Vladimir Poutine laisse formellement la présidence à Dmitri Medvedev entre 2008 et 2012, il continue à contrôler les décisions du Sovbez depuis son poste de Premier ministre. Ce détail, souvent ignoré, constitue une preuve éclatante de la localisation du pouvoir réel en Russie: le Conseil de sécurité n’est pas une annexe, il est le noyau de la gouvernance russe. Plus qu’un État Profond, c’est celui des Abysses russes.

Composé de ministres régaliens, de chefs des services de renseignement, de représentants militaires, énergétiques et judiciaires, ce Conseil fonctionne sans contrôle parlementaire, sans publicité, sans délibération pluraliste. Son pouvoir dépasse celui des ministères, dont il orchestre les grandes orientations. Il valide les doctrines de défense, la stratégie d’information, les opérations extérieures. Il est aujourd’hui, sous le contrôle exclusif de Poutine, le pivot de la planification stratégique, militaire, numérique, territoriale et répressive du pays.

Ceux qui l’ont dénoncé sont morts ou réduits au silence

Plusieurs figures de la société civile, du journalisme, de l’opposition ou même de l’appareil d’État ont tenté de nommer, révéler ou exposer la structure parallèle que représente le Sovbez. Presque toutes ont été réduites au silence — souvent de manière définitive.

  • Anna Politkovskaïa, journaliste d’investigation, a révélé l’instrumentalisation de la guerre de Tchétchénie, la violence des structures sécuritaires, et le double pouvoir autour du Kremlin. Elle a été assassinée en 2006.
  • Boris Nemtsov, ancien vice-premier ministre devenu opposant, a dénoncé la corruption d’État, les guerres extérieures décidées par des cercles sécuritaires non élus, et l’existence d’un pouvoir de l’ombre. Il a été assassiné en 2015 devant le Kremlin.
  • Alexandre Litvinenko, ancien agent du FSB, a accusé ce même FSB d’avoir organisé les attentats d’immeubles de 1999, qui ont permis l’arrivée au pouvoir de Poutine. Il est mort empoisonné au polonium en 2006 à Londres.
  • Natalia Estemirova, collègue de Politkovskaïa et documentariste des exécutions extrajudiciaires en Tchétchénie, a été enlevée et exécutée en 2009.
  • Yuri Shchekochikhin, journaliste et député, mort dans des circonstances suspectes en 2003, enquêtait sur les réseaux de corruption et l’immunité des élites proches des services.
  • Sergeï Yushenkov, membre de la Douma, tentait d’enquêter sur les attentats de 1999 et la responsabilité de l’appareil sécuritaire. Il a été abattu en 2003.
  • Vladimir Kara-Murza, encore vivant, a nommément désigné le Conseil de sécurité comme centre de décision répressif. Il est à l’étranger et a été privé de passeport. Il est un opposant actif.
  • Alexeï Navalny, avocat, militant anticorruption et principal opposant politique à Vladimir Poutine, n’a pas explicitement nommé le Conseil de sécurité, mais a déconstruit l’ensemble du système qu’il dirige : les services de sécurité, les flux financiers occultes, les assassinats politiques, et l’impunité verticale. Il a démontré que les décisions les plus graves — y compris son propre empoisonnement — ne pouvaient être prises que dans un cercle restreint, au cœur de l’État profond, c’est-à-dire dans le Sovbez. Emprisonné, condamné à 25 ans de détention, il est mort en février 2024 dans la colonie pénitentiaire de Kharp, dans des circonstances suspectes. Il n’a pas nommé le centre du pouvoir — il l’a exposé par la méthode.

Ce catalogue tragique n’est pas une coïncidence. Il révèle que ceux qui s’approchent de la structure réelle du pouvoir en Russie — qui franchissent le seuil entre l’analyse politique et la mise en cause du Sovbez — sont frappés. Par le silence, la prison ou la mort. Et il est probable qu’aucun de ces dénonciateurs, si lucides aient-ils été, n’avaient encore pleinement mesuré la nature opérationnelle et doctrinale de cet organe. Ils ont vu un système de prédation, un appareil mafieux, une oligarchie sécuritaire. Mais peu — peut-être aucun — n’ont perçu qu’ils faisaient face à un organe stratégique total, conçu pour penser, planifier et mener des opérations globales, à la fois militaires, informationnelles, économiques, et psychologiques auxquelles d’ailleurs la Russie de Poutine n’entend pas renoncer, comme si cela relevait de son bon droit.

Le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie n’est donc pas un simple organe de coordination : c’est un centre de pouvoir autonome, opaque, agissant au-dessus du droit et contre toute tentative de transparence. Il ne protège pas l’État: il se protège lui-même, de la société, du droit, de l’opinion, de la mémoire, du monde.

Et son budget ? Dissimulé mais tentaculaire

Il n’existe aucune ligne budgétaire publique identifiant les ressources du Conseil de sécurité. Rattaché administrativement à la Présidence, il est financé par la ligne budgétaire présidentielle, dont une part croissante — près de 30 % en 2023 — est classée « secrète » ou « fermée ». On estime qu’environ 90 milliards d’euros échappent ainsi à toute transparence dans le budget russe.

Le Sovbez ne gère pas de fonds en propre : il oriente, valide et contrôle l’utilisation des ressources stratégiques de l’État profond russe, à travers les services suivants:

Domaine Budget estimé (2023):

  • FSB (Service fédéral de sécurité) Non publié. Estimé à 1 200 Mds RUB ~12 Mds € – augmentation constante depuis 2014
  • Rosgvardia (Garde nationale) ≈ 400 Mds RUB (≈ 4 Mds €) Force intérieure, protection du régime
  • Ministère de la Défense ≈ 6 400 Mds RUB (≈ 64 Mds €) Une part importante classifiée couvre les investissements liés aux systèmes de renseignement et cybersécurité Données classées Opérations hybrides, censure, guerre informationnelle
  • Administration présidentielle (APRF) ≈ 30 Mds RUB (≈ 300 M €) dont dépend formellement le Sovbez
  • Fonds de réserve présidentielle > 650 Mds RUB Utilisables sans justification publique

Ce « budget de l’ombre » consolidé représente au bas mot 100 à 120 milliards d’euros par an, hors tout contrôle parlementaire, mais sous l’œil direct du président et du Secrétaire du Conseil de sécurité.

Le Sovbez ne paie rien. Il contrôle tout et fait peser sur la Russie une omerta que rien ne brise.

Tant que ce Conseil restera hors d’atteinte des regards, des enquêtes et de la justice, la Russie ne pourra pas sortir du cycle autoritaire dans lequel elle est enfermée. Et les crimes de ce pouvoir de l’ombre, qu’ils soient nationaux ou transnationaux, resteront enveloppés dans une impunité institutionnalisée.

> Le pouvoir visible gouverne,
le pouvoir invisible décide,
et celui qui le nomme meurt.

C’est ce système qui fait la guerre à l’Occident. Partout, jusque dans notre parlement aux affinités affichées hier avec fierté, aujourd’hui avec beaucoup plus de retenue, certes, mais avec la même fidélité.  On ne mord pas la main qui vous nourrit ou vous fait roi.

>Réflexion entamée en juillet 2025.

Jérusalem: la complétude en souffrance

Jérusalem n’est pas seulement une cité disputée: elle est une promesse brisée, une plénitude toujours différée. Tandis que le pouvoir s’emploie à l’ériger en trophée d’expansion, c’est dans l’épreuve du peuple palestinien et dans la persistance fragile des témoins diplomatiques que se manifeste la véritable complétude de la Ville. Une complétude en souffrance, douloureuse mais irréductible, qui résiste aux effacements et rappelle que Jérusalem n’appartient à personne parce qu’elle appartient à tous. Ce que maintient la France, par sa représentation consulaire à Jerusalem-Est, c’est ce lien. Israël veut le briser.

Jérusalem — Yerushalayim, que les langues antiques disent « fondement de la paix« , « ville de la plénitude ».
Mais quelle plénitude ? Celle promise, invoquée, projetée dans l’abstraction messianique, ou celle qui se révèle dans la chair meurtrie de ceux qui subissent l’histoire ?

La vérité est que la complétude se manifeste aujourd’hui, non dans les proclamations triomphantes, mais dans l’adversité du peuple palestinien, dans l’expérience partagée du malheur et de la dépossession. Leur douleur, cumulative et obstinée, dessine une unité paradoxale: elle fait d’eux, malgré eux, les porteurs de cette plénitude que les pierres de Jérusalem revendiquent depuis des millénaires.

Et c’est pourquoi l’enjeu du statut de Jérusalem-Est ne relève pas seulement de la diplomatie. Il touche à l’âme même de la cité. En menaçant de fermer la représentation consulaire ouverte par la France, M. Netanyahou ne ferme pas une porte entre chancelleries: il cherche à effacer un témoin. Car ce poste, modeste dans ses fonctions, portait une valeur symbolique immense — il maintient que Jérusalem n’est pas réductible à une seule souveraineté, qu’elle demeure une ville ouverte, une ville double, multiple, une ville qui doit accueillir l’autre.

Ainsi, l’obstination du peuple palestinien à survivre et à témoigner, et la persistance de nations comme la France à maintenir un regard et une présence diplomatique à Jérusalem-Est, sont deux visages d’une même vérité:
que la complétude de Jérusalem n’est pas celle des vainqueurs, mais celle des humiliés, des survivants, des peuples qui refusent l’effacement.

Et si le pouvoir croit pouvoir rebaptiser les opérations de noms bibliques, s’approprier la mémoire de Gédéon et clore le livre à sa manière, qu’il entende ceci: la plénitude de Jérusalem ne se décrète pas, elle se manifeste dans l’histoire vécue. Et cette histoire, aujourd’hui, crie que la douleur palestinienne est la vraie mémoire de la ville.

C’est pourquoi, à l’heure des menaces et des fermetures, il convient de rappeler prophétiquement que la Jérusalem terrestre ne se laissera pas confisquer par les calculs d’un pouvoir au seul nom bafoué de la Jérusalem céleste.
Car sa véritable complétude réside dans l’ouverture, dans la reconnaissance de l’autre, et dans le refus de réduire la paix à un mot trafiqué, manipulé et vidé de son sens.

Dans la tradition hébraïque et surtout dans la Kabbale, la notion de complétude (shlemout – שלמות, de la racine sh-l-m) est fondamentale.

La France universaliste, laïque, démocratique et républicaine,  sans avoir à aller au delà de sa seule expression diplomatique, se situe, bien plus que le gouvernement Netanyahou qui la dénigre, dans la tradition hébraïque et surtout celle de la Kabbale,  où la notion de complétude (shlemout – שלמות, de la racine sh-l-m) est fondamentale.

Elle donne, en effet, shalom (paix), mais aussi shalem (entier, complet) et shlemout (complétude, perfection).

Dans le judaïsme, la paix véritable n’est pas simplement l’absence de guerre, mais un état de plénitude, d’intégration de toutes les parties du réel.

Epstein’s files : Fortitude is here through X

The Epstein affair is not what most people think. The Fortitude of the 21st century does not fabricate decoys: it lets the enemy’s wave strike, in order to capture its signature and turn its force back against its author. The other possibility is one I’m not ready to contemplate for now.

It has become a cliché in the media narrative to claim that Donald Trump knowingly profited from the “email affair” that weighed so heavily on Hillary Clinton’s 2016 campaign—especially since he maintained a formal denial despite evidence of Russian interference. Yet this interpretation is misleading.

At its core, the episode was not of domestic origin: it was orchestrated by a foreign power—Russia—which exploited a genuine vulnerability and turned it into an informational weapon. Trump was not the architect. At most, he found himself in passive connivance, absorbing and leveraging the political fallout to his advantage, without controlling either its origin or its mechanisms.

Russia, for its part, could thus believe it held an advantage: a U.S. president, partially compromised by the wave, whom it could instrumentalize over time.

Seen cynically, history might conclude that democracy is structurally fragile, vulnerable to manipulation. But another interpretation—one embraced by this analysis—is possible: that of a strategic metamorphosis. America, endowed with rare institutional and technological intelligence, has not merely the capacity to endure, but to absorb.

Like certain ductile materials in physics, it can offer a penetrable pliancy: allowing the hostile wave to pass, integrating and analyzing it, to ultimately transform it into an instrument of detection and counterattack.

The so-called Epstein affair fits perfectly into this framework. Legally, the case is now virtually empty: Epstein’s death ended the prosecution, accessible legal documents remain fragmentary, and the evidentiary structure rests on snippets of testimony and partial archives. Yet the emotional weight is maximum: sexual exploitation of minors is an absolute trigger, impervious to nuance in public opinion.

This hypersensitivity makes it ideal fodder for a cognitive war.

This dynamic has been amplified by the QAnon movement, whose conspiracist ideology—by certain aspects often converging with Kremlin narratives (denouncing “corrupt elites” and the “Deep State”, exalting the fight against occult forces, rejecting democratic institutions)—has strongly conditioned a segment of the Republican electorate.

The success of the film Sound of Freedom, widely instrumentalized within these circles, has sacralized the theme of pedocriminality as a political totem. It is precisely this framing that is reactivated in the Epstein affair: an already primed public was mobilized to see, not Trump as champion of the fight, but as a target ripe for vengeance.

How to defeat—assuming that some level of the state is sufficiently vigilant to identify and comprehend the complexity of maneuvers deployed against it—a scheme so pernicious unless by being even more pernicious, even more permeable, even more devious, even more fanciful and caricatural, and—most of all—even weaker than the weakness his or their enemies attribute to him?

In this light, peripheral elements—Elon Musk as the free electron and his hold on X, the spectacular spat with Trump, the politico-media psychodrama, and the repeated calls to publish the Epstein’s files—function as stimuli and catalysts. They sustain the noise, but also produce the raw data necessary for cognitive seismography: measuring the tremors, locating the centers, identifying the orchestrators.

What at first appears as a weakness in American democracy can thus be understood as an opportunity: transforming a hostile wave into a tool of detection, and returning to its authors the very signature of their operations to banish them, for good, from the community of nations.


Doctrinal Consequences:
Toward a 21st Century Fortitude

The Epstein affair illustrates a fundamental strategic principle: a hostile wave can be turned if it is absorbed, analyzed, and restituted within a controlled framework. This calls for envisioning a doctrine of cognitive warfare not only in defensive terms, but in counter-offensive terms. America, if it agrees to “lend its surface” to the wave, can make it the equivalent of an inverse radar: let it strike in order to better locate the enemy.

This is precisely what Operation Fortitude was in the 20th century. In 1944, the Allies created, out of nothing, a phantom army with inflatable tanks, fake radio traffic, and double agents in order to mislead Nazi command about the landing site. Fortitude relied on the art of the simulacrum.

But in the 21st century—in the cognitive sphere—the equivalent does not lie in manufacturing a falsehood; it lies in making visible what is hidden behind the falsehood: amplifying not the simulacrum, but the signature of the interference.

In this perspective, a cognitive Fortitude must be timed to the clock of the attack. Adversarial informational operations are rhythmic—they feature peaks (coordinated triggering), plateaus (organic amplification), and aftershocks (normalization). America can synchronize its response to that tempo, using its sensitive plates (Trump, Musk, or other high-resonance figures) as sensors.

The goal is not to avoid the tremor, but to record it with precision and exploit its data.

Three practical applications follow:

  1. Detection and Attribution: mapping in real time the networks that activate during an “Epstein peak” or equivalent; identifying foreign relays, proxies, and suspicious ideological convergences (e.g., QAnon / Russian narratives).
  2. Preemption and Inoculation: using the wave to publicly demonstrate the method; “break the spell” of manipulation by exposing its mechanics.
  3. Strategic Redirection: redirecting the charge of the wave back at its initiator by showing the public that it is hostile powers exploiting its fears and anger.

Thus, the cognitive wave that was meant to weaken democracy becomes the raw material of strategic superiority. Cognitive warfare, like conventional war, is also won through illusion and reversal. But the illusion here is no longer in the manufactured object (Fortitude and its inflatable tanks); it lies in the mirror held up to the adversary: making them believe they manipulate, while they are revealing themselves and leaving traces of their crime everywhere.


It is, according to this analysis, the most probable scenario: America possesses the elements of the chain of custody of this assault on cognitive sovereignty. It is not impossible that its seismographs have already recorded other surprising interferences, warranting attentive and critical reading—even from a historic ally caught with its fingers in the cookie jar.

In this context, Xi Jinping’s Global Governance Initiative proposal says something very precious between the lines. Neither Beijing nor New Delhi can—of that I am convinced and confident—tolerate a world in which war takes this perverse form, no longer as the continuation of politics by other means, to borrow Clausewitz, but as the annihilation of all politics in favor of ontological and political chaos.

The UN General Assembly is likely to spark fireworks. If it does not do so there, with the fates of Ukraine and Palestine on the agenda, it never will. It is time to ignite sparks.

Epstein’s files : Fortitude facteur X

L’Affaire Epstein n’est pas ce que la plupart de gens croient. La Fortitude du XXIᵉ siècle ne fabrique pas de leurres : elle laisse l’onde ennemie frapper, pour en capter la signature et retourner sa force contre son auteur. L’autre hypothèse, je ne veux pas l’envisager encore.

Il est devenu lieu commun, dans la narration médiatique, de dire que Donald Trump a profité, en connaissance de cause puisqu’il oppose un déni formel aux preuves d’ingérence russe, de l’« affaire des e-mails » qui pesa si lourdement sur la campagne d’Hillary Clinton en 2016. Or, cette interprétation est trompeuse. L’épisode, dans ses ressorts profonds, n’était pas d’origine domestique : il fut orchestré par une puissance étrangère- la Russie -, exploitant une vulnérabilité réelle pour en faire une arme informationnelle. Trump n’en fut pas l’architecte. Tout au plus s’est-il trouvé en connivence passive, absorbant et relayant à son profit les retombées politiques, mais sans en contrôler ni la genèse ni les mécanismes. La Russie, dès lors, avait pu croire disposer d’un lien à son avantage : un président des Etats-Unis d’Amérique, partiellement compromis par l’onde, qu’elle pourrait instrumentaliser dans la durée.

L’histoire, lue cyniquement, laisserait conclure à la fragilité structurelle d’une démocratie offerte aux manipulations. Mais l’on peut aussi, et tel est le parti pris de cette analyse, envisager une dynamique inverse : celle d’une métamorphose stratégique. L’Amérique, dotée d’une intelligence institutionnelle et technologique rare, a la capacité non pas seulement de subir, mais d’absorber. Comme certaines matières ductiles en physique, elle peut offrir une plastique pénétrable : laisser traverser l’onde, l’intégrer, l’analyser, pour in fine en faire un instrument de détection et de contre-attaque.

L’affaire dite Epstein s’inscrit pleinement dans ce schéma. Sur le plan judiciaire, le dossier est aujourd’hui presque vide : le décès d’Epstein a clos les poursuites, les pièces judiciaires accessibles sont fragmentaires, et l’édifice probatoire repose sur des bribes de témoignages et des archives partielles. Pourtant, la charge émotionnelle est maximale : l’exploitation sexuelle de mineurs constitue un thème absolu, insusceptible de nuance dans l’opinion publique. Cette hypersensibilité en fait une matière de choix pour une guerre cognitive.

Ce caractère a été accentué par le mouvement QAnon, dont l’idéologie conspirationniste — par certains aspects, souvent convergents avec les narratifs du Kremlin (dénonciation des « élites corrompues » et du « Deep State », exaltation du combat contre des forces occultes, rejet des institutions démocratiques) — a fortement conditionné une part de l’électorat républicain.

Le succès du film Sound of Freedom, largement instrumentalisé dans ces milieux, a sacralisé le thème de la pédocriminalité comme totem politique. Or, c’est précisément ce registre qui est réactivé dans l’affaire Epstein : l’opinion ainsi préparée a pu être mobilisée, croyant voir dans Trump non plus le champion de cette cause, mais une cible offerte à la vindicte.

Comment vaincre, à supposer qu’un niveau de l’Etat soit bien sûr assez vigilant pour l’identifier et comprendre la complexité des manoeuvres engagée contre lui, un dispositif aussi pernicieux sinon en étant encore plus pernicieux, encore plus perméable, encore plus retors, encore plus fantasque et caricatural et, surtout, encore plus faible que la faiblesse que lui prêtent son ou ses ennemis ?

Dans cette perspective, les éléments périphériques — l’électron libre Elon Musk et son emprise sur X, les brouilles spectaculaires avec Trump, le psychodrame politico-médiatique, les injonctions répétées à publier les Epstein’s files — fonctionnent comme des stimuli et catalyseurs. Ils entretiennent le bruit, mais produisent également les données nécessaires à une sismographie cognitive : mesure des secousses, repérage des foyers, identification des orchestrateurs. Ce qui, au premier abord, apparaît comme une faiblesse de la démocratie américaine, peut ainsi être compris comme une opportunité : transformer une onde hostile en outil de détection, et renvoyer à leurs auteurs la signature même de leurs opérations pour les mettre, pour longtemps, au ban des nations.

Conséquences doctrinales :
vers une Fortitude du XXIᵉ siècle

L’affaire Epstein illustre un principe stratégique fondamental : une onde hostile peut être retournée si elle est absorbée, analysée et restituée dans un cadre contrôlé. Cela appelle à penser une doctrine de la guerre cognitive non plus seulement en termes défensifs, mais en termes contre-offensifs. L’Amérique, si elle accepte de « prêter sa surface » à l’onde, peut en faire l’équivalent d’un radar inversé: se laisser heurter pour mieux localiser l’ennemi.

C’est précisément ce que fut, au XXᵉ siècle, l’opération Fortitude. En 1944, les Alliés créèrent de toutes pièces une armée fantôme, avec chars gonflables, faux signaux radio et agents doubles, afin d’induire en erreur le commandement nazi sur le lieu du débarquement. Fortitude fonctionnait sur l’art du simulacre. Mais au XXIᵉ siècle, dans la sphère cognitive, l’équivalent n’est pas de créer un faux, c’est de rendre visible ce qui se cache derrière le faux : amplifier non pas le simulacre, mais la signature de l’ingérence.

Dans cette perspective, une Fortitude cognitive doit être timée à l’horloge de l’attaque. Les opérations informationnelles adverses sont rythmées — elles connaissent des pics (déclenchement coordonné), des plateaux (amplification organique) et des retombées (normalisation). L’Amérique peut synchroniser sa réponse sur ce tempo, en utilisant ses plaques sensibles (Trump, Musk, ou d’autres figures à haute résonance médiatique) comme des capteurs. Le but n’est pas d’éviter la secousse, mais de l’enregistrer avec précision, puis d’en exploiter les données.

Trois applications pratiques en découlent :

  1. Détection et attribution : cartographier en temps réel les réseaux qui s’activent lors d’un « pic Epstein » ou d’un équivalent, identifier les relais étrangers, les proxys et les convergences idéologiques suspectes (ex. QAnon / narratifs russes).
  2. Préemption et inoculation : utiliser l’onde pour démontrer publiquement le procédé, « casser le sort » de la manipulation en l’exposant dans ses mécanismes.
  3. Réorientation stratégique : restituer la charge de l’onde contre son initiateur, en montrant au public que ce sont des puissances hostiles qui exploitent cyniquement ses peurs et sa colère.

Ainsi, l’onde cognitive qui devait fragiliser la démocratie devient matière première d’une supériorité stratégique. La guerre cognitive, comme jadis la guerre conventionnelle, se gagne aussi par l’art de l’illusion et du retournement. Mais l’illusion n’est plus ici dans l’objet fabriqué (Fortitude et ses chars gonflables), elle est dans le miroir tendu à l’adversaire : croire qu’il manipule, alors qu’il est en train de se dévoiler et de laisser partout des traces de son crime.

C’est, selon l’analyse que je fais, le scénario le plus probable : l’Amérique possède les éléments de la chaîne de custody de cette atteinte à la souveraineté cognitive. Il n’est pas impossible que ses sismographes aient déjà enregistré d’autres parasitages surprenants, méritant une lecture attentive et critique — y compris de la part d’un allié historique pris les doigts dans le pot de confiture.

Dans ce contexte, la proposition de Global Governance Initiative portée par Xi Jinping dit quelque chose de très précieux entre les lignes. Pékin comme New Delhi ne peuvent souffrir — j’en ai la conviction — un monde où la guerre prendrait cette forme perverse pré-native : non plus la continuation de la politique par d’autres moyens, selon Clausewitz, mais l’anéantissement de toute politique au profit du chaos ontologique.

L’Assemblée générale de l’ONU risque de faire des étincelles. Et si elle n’en fait pas là, avec les destins de l’Ukraine et de la Palestine au menu, elle n’en fera jamais. Il est temps de faire des étincelles.

PS: Pour le moment, Poutine, le maître du Kremlin, qui a récemment assuré que la Russie ne renoncerait pas aux ressources de la guerre informationnelle, et Netanyahou se rient des démocraties et des nations intègres.