Is the ghost of Bin Laden resurfacing to coax Washington into giving Israel a free hand in Gaza — and to bury once and for all the Palestinian dream of statehood? Just as the two-state solution edges back onto the international agenda, America — like everyone else — must start asking some very hard questions.
1. The October 7 as a “coup of erasure”
Hamas’s attack on October 7, 2023, was intended, from the Israeli perspective, to seal the death warrant for the idea of a Palestinian state:
Palestine equated with terrorism.
The argument of “no credible partner”.
The expunging of the “two-state solution” from the international agenda.
2. The paradoxical return of the Palestinian question
Yet, the longer the war drags on and the human toll mounts, the more the two-state solution reemerges as a central topic in the international discourse (UN, EU, even Washington). Recognition of Palestine as a state—which had once seemed fringe—is today reclaiming political and symbolic ground. This mounting diplomatic pressure forces Israel to confront a question it believed long settled.
3. The instrumentalized dissonances inside cognitive war
It is in this context that, within a single week, two events emerge to reinforce Netanyahu’s security-based argument—closely aligned with the Zionist ambition of a “Greater Israel” (perhaps the Golan Plateau):
Dissonance 1: WMDs / Iran Reinserts an existential threat into the global security arena.
Dissonance 2: AQPA / Bin Laden Repositions Gaza within the spectrum of absolute terrorism in the eyes of Americans.
Dissonance 3: Shahed Ghoreishi / State Dept (Added on 08/21/2025). Turns Trump’s deliberate ambiguity into Rubio’s radical clarity — shifting the weight from Washington to Tel-Aviv. Subject of my latest note “Marco Rubio: du flou au gris”.
Though these narratives appear incoherent (Shiite vs. Sunni), they resonate to produce the same effect: positioning any recognition of a Palestinian state, or the return to the two-state paradigm, as an existential—and possibly suicidal—risk for Israel.
@SimNasr), journalist at France 24 and Senior Fellow at the Soufan Center. Not picked up by mainstream media, this information appears tailor-made for intelligence channels, where the source is read and monitored closely.
4. How this undermines remaining scruples
👉For Western decision-makers:
Compassion for Gaza collides with innate security reflexes.
“Recognizing Palestine now—isn’t it like handing the trophy to Bin Laden or the ayatollahs?”
👉For Israel, the objective benefit is clear:
These narratives serve to neutralize diplomatic pressure.
They legitimize a policy of de facto annihilation.
In summary: if these dissonances were indeed intentionally manufactured, calling into question their origin, they become useful resonances. They transform mounting pressure into a tangible threat, and turn recognition of a Palestinian state into a survival risk for Israel and its Western allies, drawn into an increasingly troubling configuration.
Indeed, if we consider that the international agenda—and the agendas of Iran, Palestine, and even Hamas, which on Aug. 18–19, 2025 declared it had accepted an Egypt-Qatar ceasefire proposal with a phased hostage release, while Israel has not yet agreed and operations in Gaza City continued—these movements place Israel under unprecedented pressure; the timing seems striking.
We must legitimately ask whether the first narrative is designed to overshadow Iran’s WMD ambitions—a peril everyone remembers only too well from Iraq—while the second, reviving the ghost (or doppelgänger) of Osama Bin Laden, is meant to secure blind American solidarity, assuming the U.S. public doesn’t grasp « the Complicated Orient. »
Le fantôme de Ben Laden réapparaît-il aujourd’hui pour convaincre Washington de laisser les mains libres à Israël dans l’éradication de Gaza et l’enterrement en première classe du rêve palestinien d’un État, aspiration légitime s’il en est? À l’heure où la solution à deux États revient dans le débat international, les États-Unis – comme tout un chacun – devraient commencer à se poser des questions très sérieuses.
1. Le 7-Octobre comme “coup d’effacement”
L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 devait sceller, dans la lecture israélienne, la mort définitive de l’idée d’un État palestinien :
La Palestine assimilée au terrorisme.
L’argument “pas de partenaire crédible”.
L’effacement de la formule “deux États” des agendas internationaux.
2. Le retour paradoxal de la question palestinienne
Or, plus la guerre se prolonge et plus le coût humain est visible, plus la solution à deux États revient au centre du discours international (ONU, UE, même Washington).
La reconnaissance de la Palestine comme État, jadis marginale, regagne du terrain politique et symbolique.
C’est une pression stratégique sur Israël, qui se retrouve contraint de répondre à une question qu’il croyait close.
3. Les dissonances instrumentées
C’est dans ce contexte que, à une semaine d’intervalle, deux événements viennent accrocher l’attention et regonfler l’argumentaire sécuritaire qui alimente la stratégie de Benjamin Netanyahou, masquant, de moins en moins, celle du Grand voire très grand (si on comprend le plateau du Golan) Israël.
Ces deux narratifs – à une semaine d’intervale – ne sont pas cohérents entre eux (chiite vs sunnite), mais ils entrent en résonance en produisant le même effet :
Il s’agit de présenter toute reconnaissance de la Palestine, tout retour au schéma des deux États, comme une mise en danger existentielle, presque suicidaire, pour Israël.
Post de Wassim Nasr (@SimNasr), journaliste à France 24 et Senior Fellow au Soufan Center. Restée en dehors du champ médiatique, cette information semble calibrée pour circuler dans le champ du renseignement, où la source est lue et suivie attentivement.
4. Comment cela emporte les derniers scrupules
👉Pour les décideurs occidentaux :
La compassion pour Gaza se heurte au réflexe sécuritaire.
“Reconnaître la Palestine maintenant, n’est-ce pas donner la main aux nostalgiques d’Oussama Ben Laden ou aux ayatollahs ?”
👉Pour Israël, il y un bénéfice net objectif :
Ces récits permettent de neutraliser les pressions diplomatiques.
Ils justifient le prolongement d’une politique d’anéantissement de facto.
En somme : les dissonances, si elles étaient intentionnellement fabriquées, ce qui poserait inévitablement la question des filières, deviennent des résonances utiles : elles transforment une pression en menace, et transforment la reconnaissance d’un État palestinien en un risque de survie pour Israël et ses alliés occidentaux, entrainés dans une configuration de plus en plus troublante dont ils ne maîtrisent, privés des tenants, que l’aboutissant.
En effet, si on considère que l’agenda international, l’agenda iranien, l’agenda palestinien, même l’agenda du Hamas acceptant un cessez-le-feu et la libération des otages, place l’agenda d’Israël sous une pression inattendue, les coïncidences sont frapantes.
On peut se demander, légitimement, si la première ne vise pas à doubler l’Iran sur ses intentions en termes d’ADM – sujet sensible s’il n’en est comme l’Irak l’a expérimenté cruellement (pour provoquer une cassure dans l’attermoiement international).
Et si la seconde, remettant en selle le fantôme (ou le sosie du fantôme) d’Oussama Ben Laden ne vient pas pour, peut-être un peu grossiètement, s’attacher la solidarité aveugle des Américains, qui ne sont pas censés comprendre quoi que ce puisse être à l’Orient Compliqué?
>Il a peut-être bon dos, l’Orient Compliqué.
PS: un troisième dissonance apparaît, ce 21vaoût, avec le licenciement du porte-parole ad-hoc du Département d’Etat Américain, Shahed Ghoreishi, sujet de ma note du jour: Marc Rubio: du flou au gris.
Marco Rubio, Secrétaire d’Etat américain, énonce une règle générale efficiente — “un deal suppose que chacun obtienne et cède quelque chose” — mais cette logique transactionnelle atteint ses limites lorsqu’un camp est sommé de céder non pas un bien relatif, mais un principe vital universel. Autrement dit, l’art du deal a un horizon indépassable : on ne peut troquer un bien essentiel contre un mal absolu.
Cela renvoie à deux niveaux :
Philosophique : il existe des biens inaliénables (vie, liberté, dignité, souveraineté) qui ne se négocient pas. Les céder, ce n’est pas faire un compromis, c’est entrer dans une compromission.
Politique / géopolitique : dans la guerre russe contre l’Ukraine, qui était le sujet traité par Marco Rubio, il ne peut pas y avoir de « deal » qui reviendrait à légitimer l’agression en échange d’une trêve, car ce serait céder un bien (le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes) contre un mal (l’acceptation d’une conquête armée).
Le “hardware” du deal — sa limite matérielle — est atteint quand la réciprocité exigerait une corruption du juste par l’injuste.
Ce texte n’est pas une analyse linéaire mais un exercice de perception. Par la métaphore et l’ellipse, il invite à relier entre eux différents niveaux de sensibilité — la raison, l’intuition, le pressentiment. Car les menaces invisibles ne se déplacent pas seulement dans l’espace des faits : elles naviguent, ondulent et rebondissent dans les strates de notre conscience. Lire ainsi, c’est apprendre à discerner ce qui se passe et se joue, au-delà des apparences. Chacun porte en lui un soldat cognitif endormi. L’heure est venue de le réveiller.
Les collines brûlent, les forêts se consument, et l’air lui-même, chargé de canicule et de réchauffement climatique, semble frotter les pierres entre elles pour faire faillir des étincelles funestes. Mais à la chaleur des flammes visibles s’ajoute celle, plus insidieuse, qui embrase les esprits. Dans l’espace cognitif saturé de tensions extrêmes, chaque image, chaque mot, devient combustible. Les réseaux amplifient les colères, réveillent les pulsions dormantes, et certains, happés par ce tumulte, passent à l’acte : malveillance, pyromanie, violence instrumentalisée. Le feu physique et le feu mental s’entretiennent comme un effet de larsen. Nous vivons un changement d’ère où la seule “éducation à l’esprit critique” ne suffit plus : l’esprit critique, mal orienté, peut devenir vecteur d’indignation destructrice. Il se signale, aujourd’hui, par ses limites.
Ce qu’il faut, c’est un pare-feu d’une autre nature : non pas seulement technique, mais enraciné dans la conscience du champ cognitif partagé — cet espace commun d’interactions humaines, perceptible jusque dans la réalité matérielle des liens, et que l’amour et la joie rendent presque tangible. Ce champ a nourri l’évolution de l’humanité en renforçant la coopération, la confiance et la solidarité face aux forces de prédation. Il est aujourd’hui entré dans une phase métacognitive : il devient objet de conscience, d’observation et d’interprétation. Cette visibilité nouvelle l’expose à des manipulations délibérées qui agissent au grand jour sur le libre-arbitre et le psychisme des masses en détendant, pour servir des horizons doctrinaux, des puissances qui peuvent s’avérer aveugles et incontrolables.
Reconnaître ce champ, en prendre une conscience lucide, le protéger et le nourrir est l’un des enjeux majeurs du XXIᵉ siècle. Il s’agit de prémunir le Peuple en armant la multitude d’une capacité métacognitive capable d’intégrer les dimensions religieuses, spirituelles, culturelles et technologiques, et de préserver les défenses cognitives de l’ensemble humain. Aucun nouvel organe ne doit pousser. Aucune puce ne doit être implantée. Nous avons déjà les outils pour filtrer. Nous avons les voyants qui clignotent quand la colère, la haine, l’indifférence, prennent le dessus. C’est le rapport entre le libre-arbitre et la conscience qui nous protège de nous-mêmes. Nous ne devons pas l’abandonner à la submersion d’informations, d’injonctions, que l’univers médiatique projette dessus. Nous avons tous les voyants qui clignotent. A nous de les voir.
Dans cette perspective, le Politique, au sens le plus noble et quel que soit le régime invoqué, sert cette substance avec intelligence et précision. Chacun sert d’abord son peuple. Mais s’il le sert en respectant la relation vitale au champ cognitif partagé, il sert aussi le Peuple — celui d’“un monde fini qui commence”, préfiguré par Paul Valéry, quelques années avant que ne s’ouvre, d’ailleurs, à partir de failles cognitives abyssales, la tentative avortée du IIIe Reich de dicter mille ans d’histoire. Or, près d’un siècle plus tard, le piège cognitif se rouvre. La Grande Russie de Vladimir Poutine et le Grand Israël de Benjamin Netanyahou mobilisent, à leur tour, un arsenal narratif et symbolique qui agit sur ces mêmes zones de vulnérabilité psychique collective : exaltation messianique, inversion accusatoire, mythologie historique recomposée pour légitimer une domination. Comme hier, l’enjeu dépasse la géopolitique : il se joue dans l’espace où se forme la perception du réel et où se décide, souvent à notre insu, ce que nous jugeons possible ou nécessaire. C’est dans cet espace — le champ cognitif partagé — que se gagne ou se perd la paix. La responsabilité de notre temps est d’en préserver l’intégrité, de le protéger contre sa capture, afin d’éviter que la rivalité des puissances ne se traduise, une fois encore, par un embrasement mondial. Le défi est d’y parvenir sans troisième guerre mondiale, en maintenant ouvert le lieu commun où les peuples peuvent se comprendre avant que les armes ne parlent.
Le cognitif partagé est le pressentiment de Dieu qui poursuit de son regard l’histoire, la conscience et l’imagination prolifique de tous les peuples à travers l’espace et le temps, sous des formes multiples. Il s’agit toujours d’éteindre l’incendie qui couve dans ce champ, de le réduire, de le dompter. Nous le faisons par la coutume, la loi, la Constitution, la Souveraineté. Mais nous devons changer d’ère mentale. Ce qui se lisait, à partir de Freud, dans une grille psychanalytique (motifs inconscients, symboles internes), doit passer dans une dimension métacognitive : la capacité d’un système — ici, l’humanité — à prendre conscience de ses propres processus cognitifs collectifs, à les observer, les interpréter et agir sur eux, pour demeurer du bon côté des batailles qui s’y jouent.
Dans ce champ métacognitif :
Le religieux et le spirituel ne sont pas exclus, mais intégrés comme sous-espaces de ce système d’interactions.
Les phénomènes sont mesurables (flux d’information, propagation d’idées, effets comportementaux), mais aussi interprétables selon des cadres culturels et symboliques différents.
Le mystique se confond ici avec le rationnel. L’histoire des religions avec celle des démocraties et de l’avènement de la souveraineté du peuple, comme j’ai pu l’écrire il y a fort longtemps en première phrase de ce continuum. La pensée, elle, dépasse l’intellect et renoue avec l’Esprit. L’enjeu devient de réguler ce champ, non pas en le censurant, mais en cultivant sa résilience contre les distorsions et manipulations qui s’attaquent au libre-arbitre.
Je parle de science dure. Les sciences cognitives montrent, déjà, qu’un amorçage (priming) — ici un climat émotionnel ou narratif saturé de tensions — rend plus probable un certain type de réaction ou de passage à l’acte chez certains individus. Des recherches en psychologie de la violence confirment que des pics d’anxiété collective, d’hostilité intergroupes ou de sentiment d’urgence peuvent faire basculer un individu déjà fragilisé ou radicalisé vers un acte violent ou destructeur. Cet effet est amplifié par l’effet de contagion (copycat effect), documenté dans les suicides, les fusillades, les attentats, et, plus rarement étudié, dans les incendies volontaires. C’est ce que j’appelle l’autocatalyse de la violence : l’environnement cognitif agit comme un catalyseur qui transforme une indignation légitime en pulsion collective dévastatrice.
Nous devons apprendre à nous connaître mieux sous le régime de ces interactions invisibles. Sinon que vaut la démocratie? Connaissons-nous nous-même succède à Connais-toi toi-même. C’est vital dans un monde saturé d’informations où les fabriques à opinion, dans une compétition acharnée les unes avec les autres, sont entrées dans l’ère industrielle et distribuent pouvoir et prébendes en fonction d’intérêts et de forces invisibles à l’oeil nu.
L’eau éteint le feu. L’amour est le premier cercle de compassion entre deux êtres, matrice d’un réseau infini qui ondule et embrasse l’humanité entière. Ce cercle intime est la source où se régénère l’esprit public, et sans lui, le feu gagne toujours. Poètes, musiciens, artistes, ouvriers, tous servent ce champ commun, parfois en le malmenant, jamais en le trahissant. Seuls le trahissent ceux qui cherchent à en monopoliser, en manipulant la substance si malléable que forme l’Amour, la puissance infinie pour eux seuls, fermant ses portes au lieu de les ouvrir. Là se joue l’Apocalypse, si l’Apocalypse est, selon son étymologie grecque, révélation. En l’occurrence, le dévoilement et l’élargissement de ce qui, dans le cognitif partagé, aspire à l’unité ou se perd dans la prédation. L’autre acception, pour apocalypse renvoie à la fin des temps et au cataclysmes majeurs.
L’incendie cognitif n’appartient pas à un autre monde. Il est déjà dans le nôtre. Il y a pris pied. Il constitue une pyromanie particulière. Ce feu est un comburant très manipulable et certains apprennent, avec une réussite qui inspirera d’autres acteurs historiques en cas de succès, à s’en servir impunément. Ils doivent échouer.
Sinon, nous brûlerons tous. Sur terre transformée en enfer. Ou nous vivrons, toujours sur terre, transformée en Paradis, dans le jardin d’Eden du cognitif partagé.
L’humanité vibre dans l’approche de ce vivant-là. C’est au-delà des églises, au-delà de l’athéisme, au-delà des sensibilités distinctes, car il englobe toutes les sensibilités dans une même et vitale aspiration à se comprendre mutuellement. Cette aspiration est le fondement et le principe même de toute civilisation. La lumière invisible qui nourrit le Peuple — fait de tous les peuples de la Terre — émane de ce cognitif partagé, dont la nature se transforme à chaque degré d’extension et de résolution franchi. Désormais, la lumière visible est celle qui vient du Peuple, pour combler la part d’attente de cet espace cognitif. Cette attente est difficile à dire : c’est une complétude, une plénitude qui, une fois perçue, ne peut plus être perdue.
Invisible ou visible, il s’agit d’une seule lumière, mais perçue sous deux régimes:
Invisible lorsqu’elle est émane du cognitif partagé que nous ne savons qu’appeler ou prier sous la forme ou le nom imprononçable de Dieu,
Visible lorsqu’elle se manifeste par les actes, les créations, les paroles, le mouvement grand et infiniment conscient du Peuple mue par l’aspiration au bien et au beau, au calme et à la retenue.
Ce sont deux faces d’un même spectre, et ce spectre est le lien intime entre l’humanité et l’univers : un dialogue silencieux mais continu, où nous ne sommes pas seulement conscients de lui, mais où, peut-être, lui aussi est conscient de nous — et de notre conscience de lui.
Ce lien dépasse la contemplation ou la peur : il s’élève jusqu’à une connaissance réciproque, encore inachevée mais en expansion, qui change notre place dans le monde et dans l’univers.
>Pauvre Poutine et sa kyrielle de Kyrill : procession terrestre qui croit tenir l’infini dans ses mains, et n’y retient que ses propres ombres aspirées par l’illusion du pouvoir.
Où le contenu rapporté d’un navire intercepté par les forces yéménites peut s’inscrire dans un procédé d’auscultation profond des alliances. Et c’est, peut-être, la Pierre de Rosette pour résoudre l’énigme posée par des hyéroglyphes.
L’interception en mer et son habillage ADM (armes de destruction massive) fonctionnent moins comme un fait isolé que comme un révélateur dans une phase d’auscultation des alliances ouverte par les divergences Washington–Tel-Aviv sur l’Iran.
Le United States Central Command (CENTCOM) limite à l’énumération d’armes conventionnelles : missiles, drones, radars, systèmes de communication, etc. Il n’évoque pas d’armes chimiques.
Chronologie courte et divergence clef
1. Frappe/pression américano-israélienne préventive sur l’ingénierie du nucléaire militaire iranien → réduction de capacité mais pas d’éradication du régime comme souhaitée par Tel-Aviv.
2. Divergence : Washington présente un bilan “triomphal” (structure anéantie, capacité contenue), tandis que Netanyahou soutient que la capacité subsiste (argument pour aller “jusqu’au bout”).
3. 22 juin 2025 – “Baiser de la mort” de Medvedev : alors que le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian est à Moscou, ou à très peu de distance de cette date, Medvedev déclare que plusieurs pays pourraient fournir à l’Iran leurs propres ogives nucléaires.
👉Effet : affichage public de soutien stratégique, mais aussi piège narratif qui, s’il était accepté, légitimerait une frappe préventive américaine ou israélienne.
👉Téhéran refuse, signe de prudence stratégique et de méfiance à l’égard des “cadeaux empoisonnés” de Moscou.
4. Phase d’auscultation : chacun teste l’autre par récits, signaux et calibrage de lignes rouges.
5. Fin juin 2025 : interception du convoi de 750 tonnes d’armement iranien, annoncée officiellement par CENTCOM le 16 juillet 2025.
Paradoxes croisés (miroir)
Pour Téhéran :Moscou devient un partenaire paradoxal, dont l’offre publique de prolifération sert paradoxalement les intentions israéliennes, et qu’il faut donc tenir à distance.
Pour Washington :Israël devient, lui aussi, un allié paradoxal, franchissant le seuil de confrontation en contestant le bilan “triomphal” de Trump et en lui opposant, publiquement, un bilan pro domo qui justifie la poursuite et l’intensification de l’opération militaire contre l’Iran.
Fonction de l’interception (révélateur)
C’est dans ce contexte que s’inscrit et doit être lue, probablement, la divergence sur l’inventaire des armes tel que rapporté.
La perspective que des armes de destruction massive puissent être acheminées vers les Houthis constitue un levier stratégique majeur.
Si elle était confirmée, cette donnée transformerait un conflit déjà régional en enjeu de sécurité internationale, donnant un fondement politique et juridique à des mesures de neutralisation bien plus radicales et relance le narratif de l’urgence à éliminer le régime iranien.
Le CENTCOM a choisi de ne pas divulguer l’information ou la non-information.
S’il ne reprend pas la mention des armes chimiques, c’est un choix délibéré dans sa communication. Cela peut signaler :
soit qu’il n’a pas de preuve consolidée selon ses standards,
soit qu’il veut éviter de franchir la ligne rouge ADM qui obligerait à des options militaires plus lourdes.
Hypothèse d’une observation « comportementale » par Washington :
Les États-Unis, informés à l’avance de la cargaison (y compris par canal iranien), laissent l’opération se dérouler par un acteur tiers.
Objectif : voir à quoi joue le protégé israélien et selon quelles règles.
Avec pour questions-clés :
Va-t-il exploiter immédiatement la possibilité d’introduire de l’ADM comme casus belli et précipiter les conclusions à tirer?
Va-t-il coordonner avec Washington avant de l’annoncer ?
Va-t-il franchir une ligne que les Américains, eux, évitent pour l’instant.
Indicateurs à suivre (diagnostic d’auscultation)
1. Israël : reprend-il officiellement la qualification ADM (chimique) comme pivot de légitimation ?
>Oui. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a immédiatement réagi à cette affaire en la connectant aux menaces existentielles : il a comparé les Houthis à une « tête du serpent iranien » à abattre, promettant que toute attaque serait lourdement sanctionnée.
2. États-Unis : restent-ils sur une prudence factuelle (conventionnel) ou valident-ils la ligne rouge ?
>Le récit dominant dans la presse américaine est prudent et factuel, évitant l’élément chimique. Mais l’incident est déjà en train de résonner politiquement, en alimentant des débats sur la stratégie régionale et les limites du rôle américain.
3. Téhéran : dénégation ferme, silence stratégique, ou contre-accusation (faux-drapeau/manipulation de preuve) ?
>Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqaei, a qualifié les accusations de transfert d’armes aux Houthis de “sans fondement” et relevant d’une campagne médiatique anti-Iran
4. Moscou : posture publique d’“apaisement” vs signal discret de couverture diplomatique à l’Iran.
>À ce jour, aucun grand média d’État russe (RIA Novosti, TASS, RT, etc.) n’a mentionné la saisie du convoi de 750 tonnes d’armes iraniennes destiné aux Houthis, même dans ses aspects les plus classiques (missiles, drones).
5. Preuves techniques : apparition (ou non) d’éléments chaîne de custody* sur l’agent chimique.
Risques symétriques
👉Washington : précédent fâcheux s’il avalise un ADM sans preuve publique → érosion de crédibilité.
👉Israël : s’il pousse seul la thèse ADM et que les alliés temporisent → décalage narratif coûteux à long terme.
👉Téhéran : si l’ADM est établi → casus belli offert à ceux qui prônent la neutralisation de l’IRGC.
Conclusion-pointe
L’hypothèse envisageable est celle d’une interception organisée « conjointement » pour agir comme révélateur d’une manipulation tierce.
Dans ce cadre, l’affaire de l’interception du navire chargé d’armes, supposément à destination des Houthis, pourrait ne pas relever uniquement d’une opération militaire classique. Une hypothèse crédible est celle d’une action concertée, ou à tout le moins tolérée, entre Washington et Téhéran, destinée à mettre en lumière l’existence d’un acteur tiers cherchant à provoquer une escalade irréversible en cristallisant un point de non-retour.
Le contexte stratégique y est propice puisque les tensions récentes entre États-Unis et Israël sur la conduite à tenir face à l’Iran ont ouvert un espace pour un besoin de clarification partagé sur ce point.
L’offre de vecteurs nucléaires formulée par Dmitri Medvedev à Téhéran, perçue comme un “baiser de la mort”, et le refus iranien, ont renforcé la méfiance commune à l’égard des manipulations extérieures.
Cette affaire qui offre une surface familière a préparé et ouvert, il me semble, un espace d’ambiguïté utile pour y voir prospérer ce que les uns veulent démintrer et ce que les autres ont besoin de preuves pour l’accepter. La chaîne de Custody des armes interceptées n’a pas été publiquement verrouillée pour permettre cette émergence.
Le CENTCOM ne valide pas explicitement la présence d’armes chimiques, se contentant d’un communiqué factuel.
Le démenti iranien est calibré : ferme mais sans surenchère, évitant la confrontation directe.
L’événement fonctionne comme un appât pour observer les réactions diplomatiques et médiatiques.
Il permet de mesurer qui amplifie le narratif (et dans quel sens), qui le minimise, et qui cherche à le détourner. L’objectif implicite serait d’identifier le ou les manipulateurs et de tester la solidité des alliances avant que ne survienne une crise ouverte.
Dans cette lecture, l’interception n’est pas seulement un fait de guerre : elle devient un révélateur, un moment d’Intelligence construit pour sonder les intentions réelles des acteurs régionaux et extra-régionaux. La présence d’armes chimiques, si elle est avérée, est un argument puissant pour justifier l’élimination du régime iranien. Mais si son introduction est manipulée, alors elle éclaire — pour qui veut le voir — un champ ténébreux où se révèlent des stratégies inavouées et les zones opaques des alliances.
*La chaîne de custody (chain of custody) est la procédure documentée qui garantit, à chaque étape, l’intégrité et la traçabilité d’un élément de preuve ou d’un objet saisi — depuis sa collecte jusqu’à sa présentation finale (tribunal, inspection, etc.).
Première matrice d’un désordre globalisé, le Soudan incarne un modèle stratégique où la dislocation des États devient une rente géopolitique. Mais cette terre, trop souvent reléguée hors du champ des regards, n’est pas moins sainte que d’autres : elle mérite d’être sauvée, nommée, relevée.
Je ne peux entamer cette réflexion sans faire référence à un souvenir très personnel, datant du début des années 90. Celui du retour d’un officier du 3e RPIMa, régiment basé à Carcassonne, dans l’Aude, de retour d’une mission au Soudan, voire au Darfour. Je ne me souviens pas de ses mots exacts, mais il était catastrophé par ce dont il avait été le témoin et, déjà, de l’indifférence que cela inspirait. Il ne parlait pas d’un combat. Il parlait d’un lieu d’effondrement, d’un territoire où les lois ne tenaient plus, d’un peuple broyé sans que personne n’intervienne vraiment. Il parlait déjà, sans le dire, mais à travers un pressentiment que les militaires entrevoient peut-être parfois mieux que quiconque, du Darfour comme laboratoire d’un nouveau type de conflit, sans drapeau, sans ligne rouge, sans fin.
C’est ce que confirme Anne Applebaum – Une guerre sans honneur, et sans réaction, dans l’article que publie The Atlantic, sous le titre The Most Nihilistic Conflict on Earth et qui m’a inspiré cette « suite » logique.
Elle y décrit :
Une guerre où les armées détruisent leurs propres villes,
Des milices (les RSF) issues du dispositif Janjawid, financées par l’or pillé, instrumentalisées par des puissances extérieures,
14 millions de déplacés,
Un pays qui sombre dans une logique d’anéantissement, et le monde qui regarde ailleurs.
Elle dépeint surtout le vide : le vide du droit, le vide des réactions, le vide des institutions internationales réduites à l’impuissance
Le Soudan, et en particulier le Darfour, constitue le ventre sourd à partir duquel a été secrètement filée la soie d’une immense toile d’araignée stratégique. Tissé lentement mais méthodiquement depuis les années 1990, ce réseau d’intérêts apparemment isolés a fini par capturer dans ses fils l’ensemble des protagonistes régionaux et internationaux.
La Russie, présente discrètement dès les années 1990, intensifie puis revendique à travers le groupe Wagner cette stratégie d’ensauvagement contrôlé, récupérant aujourd’hui cyniquement les mises d’un jeu qu’elle avait elle-même amorcé. Israël, longtemps spectateur silencieux et opportuniste, a oscillé entre indifférence et instrumentalisation de la crise, tandis que d’autres acteurs, tels que les Émirats arabes unis, ont transformé le chaos en marché lucratif. L’Europe et les États-Unis, paralysés ou distraits, subissent les conséquences d’une volonté noire incarnée notamment par la Russie et amplifiée par des acteurs idéologiques comme l’Iran.
La question est désormais de savoir si la communauté internationale trouvera la volonté et la lucidité nécessaires pour démanteler cette toile avant qu’elle ne devienne irrémédiable.
Le Soudan n’est pas un échec. C’est une démonstration. C’est le modèle du multiralisme tel qu’il veut se légitimer, à mille lieux du monde uni sous un même régime de droit que l’ONU devrait lever.
Sortir de la matrice idéologique Il est devenu impératif de sortir d’un schéma mental vicié, où l’antiaméricanisme pavlovien et l’atlantisme réflexe sont érigés en systèmes d’explication mutuellement exclusifs. Tous deux, devenus des grilles d’interprétation aussi faussées que stériles, empêchent de voir la réalité brute : une entreprise mondiale de déstabilisation est à l’œuvre, qui ne répond à aucun idéal, mais bien à une stratégie cynique de désagrégation de l’ordre international. Il faut réapprendre à nommer ce qui est, à juger un crime pour ce qu’il est, peu importe l’endroit où il est commis ou le drapeau qu’il sert. Il faut rétablir un critère de légitimité clair, car il n’y a pas d’égalité morale entre ceux qui défendent un ordre — fût-il perfectible — ouvert au dialogue et à la régulation, et ceux qui s’emploient à dissoudre les fondations mêmes de toute architecture collective.
C’est précisément ici qu’un rappel historique s’impose. L’OTAN fut fondée en 1949, dans un monde marqué par les cendres de la guerre et la peur du totalitarisme. Elle naît d’un besoin de protection, sur la base du libre consentement des États. Le Pacte de Varsovie, lui, ne viendra qu’en 1955, pour institutionnaliser l’emprise soviétique sur l’Europe de l’Est. Il est né en réaction, non pour garantir un équilibre, mais pour affermir une domination.
Confondre les deux logiques — défensive et oppressive — sous prétexte d’équivalence idéologique, c’est fausser la lecture du monde. Il est temps de sortir de cette équivalence trompeuse pour revenir à une lecture fondée sur les faits, la légitimité des intentions, et la responsabilité des actes. Ce critère d’appréciation est fondamental. Il ne doit pas être quitté des yeux, car c’est du point aveugle qu’il a ouvert que sont sortis les monstres logiques que nous devons aujourd’hui vaincre — et que le sort du Soudan, abandonné de tous, comme une terre “maudite” privée de l’aura médiatique qu’Israël projette sur la sienne, illustre à lui seul. Il faut désenchanter la grille idéologique pour faire apparaître l’exacte configuration du chaos : une stratégie fondée sur la confusion, la déresponsabilisation, et l’immunité morale de ceux qui orchestrent l’effondrement.
Israel Katz, architecte d’une géopolitique du déplacement
Dans cette dynamique, le rôle d’Israel Katz mérite une attention particulière. Tour à tour ministre des Affaires étrangères, puis ministre de la Défense, Katz a incarné la continuité idéologique et bureaucratique d’une politique visant à externaliser le “problème palestinien”. Déjà sous son mandat aux Affaires étrangères, il militait pour des solutions d’“émigration volontaire”, appelant les Gazaouis à quitter leur terre — parfois même en ciblant des destinations précises comme le Canada.
Le démenti du ministre des Affaires Etrangères à l’allégation d’Israël selon laquelle le Soudan pourrait accueillir des Gazaouïs dans son propre enfer.
À présent à la Défense, il supervise un projet de “ville humanitaire” à Rafah, conçu pour héberger entre 600 000 et plus d’un million de Gazaouis dans une zone de confinement sous contrôle militaire. Ce projet, en apparence humanitaire, fonctionne en réalité comme une zone tampon de déplacement forcé, administrée selon une logique de tri et de filtration. Le Conseil de sécurité israélien a d’ailleurs validé la création d’un service administratif spécial au sein du ministère de la Défense, piloté par Katz, chargé de faciliter les relocalisations.
Il s’agit moins d’une gestion humanitaire que d’une stratégie de transfert, dans laquelle le Soudan du Sud — instable, marginalisé, vulnérable — devient une destination acceptable pour déplacer un peuple encombrant. Ainsi, derrière la rhétorique sécuritaire et les discours de guerre, c’est bien une géopolitique du déplacement qui se déploie, orchestrée au cœur même des institutions israéliennes.
Signification stratégique par rapport à la désintégration du Soudan
Cette manœuvre symbolique ou idéologique — évoquée le 12 août comme acceptée par le Soudan et démentie formellement par le MAE soudanais ce 13 août — s’inscrit dans une tendance plus profonde : le Soudan est de plus en plus perçu comme une région instrumentalisable, prête à absorber les résidus des désordres régionaux. Une mondialisation du chaos qui repousse le problème hors des zones centrales de conflit. La pièce de l’évacuation de réfugiés gazaouis vers le Soudan du Sud approfondit cette strate symbolique : Israël légitime ainsi le déplacement des enjeux sur un terreau à sa mesure, contrôlable et moins exposé.
Le Soudan n’est pas un échec. C’est donc une démonstration. C’est le modèle du « multilatéralisme » tel qu’il veut se légitimer, à mille lieux d’un monde uni sous un même régime de droit, c’est-à-dire, si on dépasse la partition interprétative que l’antiaméricanisme primaire et l’atlantisme sont à même d’inspirer, où un crime porte le même nom quelque soit l’endroit où il est commis parce que c’est un crime.
Il faut travailler et combattre cette vision d’un multilatéralisme dont le Darfour, et le Soudan, écartelés vivants, nous montrent comment il déchiquète le corps international et impose sa vision d’un ordre mondial fondé sur les rapports de force, la puissance, et surtout, ouvert à la domination d’un acteur invisible capable d’orchestrer le chaos qui lui profite — convertissant, les plus à même d’y succomber, aux séductions que ce monde fait d’enfers plus ou moins proches ou lointains, acceptables à condition que…, semble offrir.
La Russie est maître d’œuvre du dérèglement. Elle agit sans masque, selon une stratégie désormais claire : délégitimer les États démocratiques, saper les institutions multilatérales, et installer des zones d’instabilité où elle devient incontournable. Une volonté noire est à l’œuvre. Elle paralyse la volonté internationale en tenant chacun devant son intérêt particulier ou devant la peur de voir les effets d’une déstabilisation plus grande le submerger.
C’est ainsi que la Russie procède : elle joue aux échecs sur le plan conceptuel — en anticipant les coups, en sacrifiant des pièces, en étouffant l’adversaire par les marges — mais elle joue aux dominos sur le plan opérationnel. Chaque effondrement local entraîne un autre. Chaque chaos est à la fois cause et effet. Elle avance par dislocation successive, laissant à d’autres le soin de réparer ce qu’elle a précipité.
Et pendant ce temps, un pacifisme béat et une lecture édulcorée des conflits ont conduit les démocraties à désarmer, sur le plan moral comme opérationnel, les coalitions qui tentaient de contenir l’expansion de ce chaos. C’est ainsi que fut sapée, au nom du droit humanitaire mal interprété, l’action de la coalition conduite par l’Arabie Saoudite, l’Égypte, et plusieurs nations occidentales — dont la France — face à l’avancée tentaculaire de milices qui ne combattent pas au nom d’une idéologie religieuse, mais sous la bannière fonctionnelle du chaos.
The nature of the game a été mal comprise. L’Occident n’a pas vu que l’adversaire n’avait pas besoin de gagner : il lui suffisait d’empêcher les autres de reconstruire. Là est le cœur du jeu — et l’erreur stratégique majeure qui se répète.
Analogie élargie : Soudan, Somalie, Yémen, Afrique centrale
Le Soudan partage avec la Somalie, le Yémen et désormais l’Afrique centrale une structure de chaos exploité : des États effondrés ou désintégrés, des populations captives, des théâtres de guerre fractionnée où les puissances extérieures se projettent sans jamais reconstruire.
En Somalie, l’État s’effondre en 1991, laissant place aux seigneurs de guerre, à al-Shabaab, et à une fragmentation géopolitique durable.
En Yémen, depuis 2014, l’affrontement entre Houthis, pouvoir central, milices tribales et puissances étrangères (Arabie Saoudite, Émirats, Iran) transforme le pays en champ de bataille transnational.
En Afrique centrale (Sahel, République centrafricaine, nord du Mozambique), des groupes dits « islamistes » sont instrumentalisés, activés, ou simplement laissés prospérer pour anéantir les États de droit, terroriser les populations, et instaurer des zones d’ombre, propices à l’exploitation illégale des ressources.
Dans tous ces contextes, le chaos devient un régime d’action, un mode d’organisation profitable aux milices, aux trafiquants, et aux puissances extérieures. Et dans tous ces cas, la Russie joue une partition indirecte mais identifiable, tandis que les puissances occidentales gèrent les conséquences plutôt que les causes.
Bilan humain et exodes : une comptabilité de l’inhumanité
Soudan/Darfour : Plus de 400 000 morts (estimations cumulées depuis 2003) et plus de 8 millions de déplacés internes et réfugiés.
Somalie : Près de 500 000 morts (famine incluse) et un exode de plus de 2 millions de réfugiés et déplacés.
Yémen : Plus de 375 000 morts directs et indirects selon l’ONU, avec 4,5 millions de déplacés et une famine chronique affectant des millions d’enfants.
RCA, Sahel, Mozambique : Des centaines de milliers de morts cumulés, plus de 10 millions de déplacés dans l’ensemble de la bande sahélienne, avec des États vidés de leur substance institutionnelle.
Quelque chose avance son emprise. Un modèle s’installe et se propage. Un cancer stratégique généralise ses métastases sur les territoires les plus vulnérables, laissant chaque acteur piégé dans l’illusion de son intérêt propre, pendant que l’architecture même du droit international se fissure en silence.
Le chaos comme mythe utile : archétype et manipulation des représentations
Le chaos soudanais, et plus largement sahélien, ne fonctionne pas seulement comme une réalité géopolitique, mais comme une représentation archétypale. Il mobilise des images ancestrales — cavaliers janjawids, désert en feu, violences tribales — qui activent les imaginaires collectifs occidentaux. Il devient le décor d’un « islam apocalyptique », présenté comme incurable et menaçant. Dans cette construction, Israël, État fort, technologiquement avancé, devient par contraste la figure de l’ordre. Ce récit sert son positionnement stratégique, en se posant comme rempart contre le chaos diffusé à sa périphérie. Le Soudan, dans cette logique, devient un théâtre symbolique : il ne mobilise pas que des armes, mais des affects, des récits, des peurs. Et ceux-ci, habilement entretenus, servent des puissances qui veulent non pas sauver l’ordre international, mais s’y ériger en seules alternatives crédibles.
Frise chronologique simplifiée : Le rôle de la Russie et de Wagner au Soudan
Années 1990 : La Russie post-soviétique livre des armes au régime d’el-Béchir et pose les bases d’une influence silencieuse.
2000–2010 : Soutien diplomatique actif au Soudan à l’ONU, opposition à la CPI, défense du principe de souveraineté « dure ».
2017 : Arrivée de Wagner via M-Invest et Meroe Gold ; infiltration dans les mines d’or et déploiement de formateurs.
2019 : Chute d’el-Béchir ; Wagner reste, se repositionne aux côtés des RSF (Rapid Support Forces émanation des Janjawids, ces milices montées, souvent à cheval ou à dos de chameau, qui ont semé la terreur au Darfour à partir de 2003. Le terme « Janjawid » signifie généralement « homme armé à cheval » en dialecte arabe local (et est parfois traduit comme « diables à cheval » par les victimes).) de Hemedti.
2020–2022 : Intensification de la coopération économique et militaire ; soutien logistique indirect aux RSF.
Avril 2023 : Guerre ouverte entre SAF et RSF ; Wagner soutient discrètement les RSF, monnayant chaos contre or.
Perspective stratégique : Le Soudan est devenu un modèle de rentabilisation du chaos. La Russie y a d’abord investi en diplomatie, en armes, en influence. Wagner est l’instrument récent, mais pas le créateur du désastre : il en est l’exploitant. Il structure, revendique et encaisse ce que la stratégie russe avait préparé. Dans ce contexte, toute résolution exige de sortir du déni, de nommer les acteurs, et de mobiliser une volonté internationale restauratrice. La Chine, au sein des BRICs, par sa posture de stabilité et de coopération non violente, pourrait être – devrait être? – un pivot essentiel d’un équilibre juste à reconstruire, dans une grand perspective de paix et de stabilité.
Face à cette mécanique d’écartèlement systématique de l’ordre international, seule la Chine, avec l’Inde, apparaît comme une puissance capable de ramener un horizon stratégique cohérent et vraiment équilibré. La question est désormais de savoir si la communauté internationale trouvera la volonté et la lucidité nécessaires pour démanteler cette toile avant qu’elle ne devienne irrémédiable. Les BRICs, plus généralement, ont été les instruments, à travers le paradigme des « désalignés », de la division du monde. Ils doivent se réaligner avec un principe fort, puissance, pour redevenir, contre la Russie, qui a su lever et instrumentaliser les ferments utiles à son « soft » power si paradoxal, le moteur d’un retour à l’unité de monde.
C’est ce à quoi, à mes yeux, Narendra Modi s’emploie discrètement.
En nommant les phénomènes, trop maladroitement sans doute, qui sont à l’oeuvre, mon intitiative ici n’a d’autre but que de parvenir à déjouer l’entreprise en cours et de contribuer à placer, surtout, bien au-delà de son intérêt particulier dont il n’est pas illégitime que chacun aspire à sa sauvegarde, devant sa responsabilité devant cette inextricable architecture de chaos qui n’est jamais qu’un chateau de carte et la projection d’une immense désordre mental.Qu’il faut ruiner pour que le chateau de cartes s’écroule et que renaisse une Paix fructueuse digne de ce nom.
Aviv Kohavi, ancien chef d’état-major de Tsahal jusqu’en janvier 2023, relit la documentation parce que quelque chose « pue » de manière insupportable au sommet de la chaîne de commandement qui a abouti à ouvrir le front au Hamas . Les familles des victimes et des otages craignent que la vérité soit écrasée. Elle fait son chemin. Elle éclatera si elle doit.
Ancien chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi a entamé au mois d’août un examen méthodique des événements du 7 octobre 2023 suscitant la protestation des familles de victimes d’otages et de victimes qui exigent l’accès à cette documentation, et craignent une dissimulation de la vérité. Ce n’est pourtant pas à un geste de communication ni à un réflexe de défense institutionnelle que s’adonne l’ancien chef d’état-major de Tsahal. C’est un acte de conscience que trop de questions, maintenant que l’effet de sidération est dissipé, remettent à l’ordre du jour de la démocratie et de l’armée qui veille sur elle, impérieusement, qu’il effectue.
Selon les informations disponibles, l’accès privilégié de l’ancien chef d’état-major Aviv Kohavi à des documents confidentiels portant sur l’attaque du 7 octobre 2023 – qui a fait 1200 morts et près de 250 personnes enlevées, dont des enfants, des femmes, des personnes âgées, des soldats – a été confirmé au début du mois d’août 2025. Ce transfert intervient en pleine montée des critiques quant à la transparence des institutions sécuritaires, et tandis que les familles endeuillées dénoncent un traitement inéquitable de l’information.
Plusieurs rapports affirment que certains bataillons israéliens initialement positionnés pour sécuriser des manifestations pacifistes, festivals ou lieux civils ont été détournés vers des colonies en Cisjordanie avant le 7 octobre. Ce retrait a fragilisé la frontière sud de Gaza, expliquant en partie la facilité de l’infiltration massive du Hamas.
Ce n’est donc pas un fait isolé, mais une série de choix ordonnancés :
Une réallocation vers la protection des colons expansionnistes plutôt que des festivaliers au pacifisme sans doute jugé béat, livré à ce qui prend la tournure d’un massacre des innocents.
Des troupes éloignées de zones civiles à risque ;
Un manque de réaction face aux alertes ;
Face à la tragédie, face aux failles béantes qui ont permis l’infiltration massive du Hamas, l’heure n’est pas à la diversion mais à la vérité. Et ce que Aviv Kohavi semble porter aujourd’hui, c’est très probablement cela : une exigence morale de haut vol.
Répondre, d’abord, à cette question centrale : 👉 Qui a donné l’ordre de réaffecter les troupes, exposant, sciemment ou pas, les civils d’un festival de pacifistes aux horreurs du 7 octobre ?
Et si ce choix a été fait par calcul politique, stratégique, ou idéologique, alors ce n’est plus une faute : c’est une manipulation historique d’une brutalité sans égale.
Il ne s’agit donc pas pour l’ancien chef d’état-major de Tsahal de sauver l’image d’Israël telle que le 7-Octobre-2023 l’a façonné dans l’onde cognitive créée, mais de préserver l’honneur de l’Armée dont il a eu la charge et celui de la nation qu’elle protège. De ne pas laisser l’effroi ou la sidération anesthésier les vraies questions. Il ne parle pas à la place des familles des otages, mais il cherche – avec la rigueur qui s’impose – à comprendre pourquoi tant de signaux ont été ignorés, tant d’alarmes étouffées, tant de décisions aberrantes prises.
Pourquoi, quelques jours avant l’attaque, deux unités de commandos ont-elles été déplacées de la zone sud vers Huwara, en Cisjordanie, pour protéger des colons ?
Pourquoi les festivaliers civils de Supernova n’ont-ils pas bénéficié de la vigilance minimale que requiert tout rassemblement en zone instable ?
Qui a validé ces décisions ? Dans quel cadre, avec quelle information en main ?
Kohavi relit les courriels, les notes, les télégrammes internes. Il ne cherche pas des excuses. Il cherche les causes. L’initiative de Aviv Kohavi anticipe, peut-être, une commission d’enquête. Il sait que le jour venu, il faudra des preuves, des documents, des dates, des noms.
Ce travail, il le fait pour l’armée. Mais aussi – surtout – pour les citoyens. Pour les familles des otages encore détenus. Pour que jamais un tel drame ne se répète. Pour que la sécurité d’Israël ne soit plus compromise par des logiques politiques court-termistes ou des prophéties d’éternité.
Car depuis la mort des signataires des Accords d’Oslo, une autre logique s’est imposée. Une stratégie de verrouillage. D’exception permanente. De mise sous cloche du débat démocratique.
Le 7-Octobre-2023 a tout fait voler en éclats. Il recompose le puzzle de la vérité.
Il faut le dire : ce n’est plus une politique, c’est un récit d’impunité. Une construction qui sacralise les décisions, détourne les critiques, et s’abrite derrière l’histoire au lieu de s’y confronter.
Aviv Kohavi ne se prête pas à la mascarade. Il interroge les faits et la structure du « moment » d’histoire, à la lumière de ce que s’autorise le gouvernement de son propre pays aujourd’hui sur Gaza et sur la question palestinienne. Avec courage. Avec méthode. Et, sans doute, avec une douleur intérieure immense. Kohavi a confirmé qu’il était prêt à être audité, y compris sur les décisions prises durant son leadership: « I am responsible for the decisions and actions made in the IDF during my time as chief of staff, and I constantly ask myself what we could have done differently » . The Times of Israelhaaretz
Il a décrit l’attaque comme un effondrement complet de la défense technologique et humaine, qualifiant la brèche de la « muraille » comme irréparable par l’imagination. The Times of Israel
Il a insisté sur l’idée que la crise devait être examinée « from all angles« , non seulement tactiquement mais structurellement et avec une perspective pluriannuelle. Les mots employés par un ancien CEM ont un sens. Il ne parle pas de n’importe où. Il parle depuis la colonne vertébrale de l’État. Elle ne peut être que droite.
Les mots de Kohavi engagent — personnellement, historiquement, et institutionnellement. Et c’est précisément parce que Netanyahou, lui, semble vouloir empêcher ce type d’examen, que la parole et l’engagement de Aviv Kohavi peuvent apparaître comme un tournant moral majeur.
Il appelle à des réformes structurelles. À un recentrage éthique de Tsahal. À une doctrine qui protège les civils, qui valorise l’alerte humaine, qui refuse d’être instrumentalisée.
Ce qu’il propose, c’est un chemin de retour vers l’intégrité : — un devoir de mémoire authentique, — un examen lucide des responsabilités, — une refondation des priorités.
Aviv Kohavi ne désigne pas d’ennemis à l’intérieur. Il ne cherche pas à humilier. Il agit, car il sait que la confiance d’un peuple ne se décrète pas. Elle se regagne, pas à pas, par la vérité. Il est dans cette quête.
Et c’est en cela qu’il faut, aujourd’hui, rassurer les familles des otages : ce général-là ne couvre pas. Il révèle. Non pour diviser, mais pour reconstruire.
Ce n’est pas de vengeance qu’il est question. C’est de justice. Ce n’est pas d’image. C’est de conscience.
Et c’est peut-être cela, l’acte le plus patriotique qu’Israël pouvait espérer.
📚 Sources principales :
Des rapports font état de déploiements de commandos déplacés vers la Cisjordanie au lieu de renforcer la sécurité à Gaza, en pleine période de tension accrue. electronicintifada.net
Kohavi admet sa responsabilité et appelle à un examen pluriannuel des défaillances du 7 octobre (Times of Israel, 15 janvier 2024) 👉youtube.com+11 👉The Times of Israel
🎯 Dans cette analyse publiée dans le Washington Institute, Noga Halevi montre comment la prise massive d’otages par le Hamas le 7 octobre 2023 ne fut pas un chaos tactique, mais une stratégie calculée et anticipée visant à créer une guerre cognitive. 👉washingtoninstitute.org. Manuels internes de prise d’otages et critères d’abduction selon la valeur émotionnelle 👉The Jewish Chronicle
Il exige que la période où il a commandé l’armée soit scrutée elle aussi
Les familles des victimes s’alarment que Kohavi ait un accès direct aux dossiers, alors qu’elles ont dû saisir la justice pour obtenir des informations (Jerusalem Post, 6 août 2025) 👉The Times of Israel
Au moment où l’UE s’apprête à adopter son outil de mise sous contrôle de liberté d’expression numérique, l’heure n’est plus à choisir entre liberté et sécurité. Elle est à concevoir les conditions d’un équilibre. Et à réinventer les outils pour qu’il tienne.Pas de suspicion a-priori. Contrôle a-posteriori. Si on est obligé d’écorner la liberté, pour garantir la sécurité, préservons la présomption.
L’Union européenne s’apprête à voter le projet Chat Control, qui permettrait de scanner automatiquement tous les messages privés — y compris chiffrés — sur nos téléphones. De fait, la démocratie vacille sur un fil tendu entre deux abîmes:
Celui de l’impuissance face aux crimes commis dans l’ombre des messageries sécurisées qui pose un authentique et durable problème d’opacité.
Celui de la surveillance de masse, propre aux régimes qui ont renoncé à la liberté pour mieux régner.
Si la peur est mauvaise conseillère, l’inaction l’est plus encore. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à l’exploitation des outils numériques à des fins criminelles, terroristes ou manipulatoires. Mais nous ne pouvons pas, non plus, accepter l’instauration insidieuse d’un cheval de Troie numérique qui ferait de chaque citoyen, a-priori, un suspect par défaut.
✳️ Une voie de compromis éthique existe
Il est possible d’imaginer une alternative respectueuse des droits fondamentaux. Une voie qui ne sacrifie ni le chiffrement, ni la nécessaire vigilance collective.
Cette voie, nous la proposons, aujourd’hui, dans ces termes et selon ce principe:
> Une vigilance sémantique à la lecture, sous gouvernance démocratique.
Comment cela fonctionnerait ?
1. Aucun message n’est bloqué ni scanné à l’envoi. La liberté d’expression reste pleine et entière. Le chiffrement de bout en bout est préservé.
2. Le scan intervient uniquement à la lecture, sur le terminal du destinataire, à travers une IA capable de reconnaître un nuage sémantique de domaines sensibles (abus sur mineurs, appels à la haine, apologie du terrorisme…).
3. Le système repose sur une gouvernance irréprochable:
Une instance délibérative indépendante composée de magistrats, ONG, chercheurs, citoyens tirés au sort. Des algorithmes transparents, régulièrement audités. Un droit au recours effectif pour tout citoyen injustement ciblé. Un journal de fonctionnement consultable par la société civile.
Ce à quoi il semble raisonnable de s’opposer
Que le chiffrement soit vidé de sa substance, au nom de la sécurité.
Que la peur des crimes serve de prétexte à une normalisation de l’espionnage numérique généralisé.
Que des IA non contrôlées déterminent en secret ce qu’un être humain peut dire, penser ou transmettre.
Ce qui constituerait un compromis viable
Que l’Union européenne suspende le vote du Chat Control, dans sa version actuelle, et ouvre une consultation publique citoyenne sur les formes possibles d’une vigilance éthique, explicable, contrôlable.
Nous appelons toutes les forces démocratiques — élus, chercheurs, juristes, ingénieurs, journalistes — à participer à ce débat essentiel. Car de lui dépend le visage numérique de nos libertés.
📌 Pourquoi un contrôle à la lecture plutôt qu’à l’envoi?
La surveillance systématique des messages à l’envoi, telle que proposée actuellement par l’UE (Chat Control), transforme chaque utilisateur en suspect a priori, violant ainsi les fondements mêmes du droit à la vie privée et à la présomption d’innocence.
En déplaçant le scan automatisé au moment de la lecture (c’est-à-dire sur le terminal destinataire, après déchiffrement local), on préserve :
🔓 La liberté d’expression intégrale à l’émission, sans filtrage préalable.
🕊️ La présomption d’innocence de l’émetteur, puisque seul le destinataire lisant un contenu potentiellement problématique est concerné par un contrôle automatisé.
Cette approche ne résout pas toutes les failles inhérentes au chiffrement et à l’analyse automatisée (attaques adversariales, détournement, biais). Mais elle instaure un principe éthique fondamental :
« Aucun utilisateur n’est suspect par défaut. La vigilance se limite aux cas d’accès avéré à un contenu problématique. »
🌐 Proposition : création d’une Agence mondiale pour la liberté cryptographique et la vigilance numérique éthique
Objectifs
1. Reconnaître le chiffrement comme pilier de la liberté d’expression, d’association et de presse.
2. Évaluer les dispositifs de surveillance numérique (comme ChatControl) au regard d’un référentiel éthique universel.
3. Superviser la conception des IA de modération ou de détection, notamment dans leur usage par les États, grandes plateformes ou alliances régionales.
4. Garantir un accès équitable à des outils de communication sécurisés pour les journalistes, ONG, défenseurs des droits humains.
5. Proposer des systèmes de vigilance sémantique sous gouvernance multilatérale, transparente et révocable.
Architecture proposée
Une charte éthique internationale du numérique sécurisé, adossée au Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Un comité scientifique et éthique permanent, constitué de membres nommés par l’ONU, le Conseil des droits de l’homme, le GAFI, et des représentants de la société civile.
Un laboratoire technique indépendant capable d’analyser et de certifier les systèmes CSS ou IA proposés par les États ou plateformes.
Des outils de recours pour les individus victimes d’abus algorithmiques.
Pourquoi maintenant ?
Parce que les démocraties sont prises entre:
des régimes autoritaires efficaces mais liberticides,
et des démocraties fragiles ou paniquées, prêtes à sacrifier le chiffrement au nom de la sécurité.
🗣️ « Les sociétés de l’information ne peuvent plus éviter le dilemme éthique et politique posé par la surveillance numérique. Ce défi n’est ni technique ni marginal : il est civilisationnel. La réponse que nous devons lui apporter doit être transparente, intelligente, démocratiquement contrôlée, et fondée sur le respect irréductible des présomptions fondamentales. Car la technologie ne peut jamais être une fin en soi : elle doit toujours rester un moyen au service d’une démocratie digne de ce nom.«
Lesson, injunction, memory, dogma. It is time to break with the reflex of using suffering as a weapon of justification. The Holocaust is not a moral tool. It is a vertiginous fact that places every being at the edge of the abyss of a lost soul. The Holocaust is a universal testimony.
While a recent op-ed by the chairman of the U.S. Holocaust Memorial Council, Stuart E. Eizenstat, calls, today, m for drawing strength from survivors in the face of rising antisemitism, a great risk emerges — that this sacred trauma, instead of illuminating history, becomes an ideological shield against all forms of questioning.
But the Holocaust does not tell us what to do. It tells us what happened. And at that threshold, the silence of the dead is worth more than all the interpretations we impose upon them.
At the heart of this moral confusion, only a shared spiritual tradition of inner struggle — in both Judaism and Islam — can offer a path back.
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At the very moment when Stuart E. Eizenstat, chairman of the U.S. Holocaust Memorial Council, publishes in the Jerusalem Post a call to stand firm in the face of global antisemitism — invoking the legacy of the survivors, “Never give in, never give up” — the message he carries, despite his intentions, exceeds its explicit scope.
For while the text refrains from directly endorsing Benjamin Netanyahu’s current policies, a significant part of public opinion reads it as a moral legitimization: that Israel’s current actions are the natural continuation of an unresolved historical trauma.
That is where the blind spot lies:
> The risk that the memory of trauma — instead of humanizing us — becomes the foundation of an unchallengeable doctrine, where every form of doubt is treated as betrayal.
This risk is not peripheral. It now overhangs the entire Israeli narrative since the disappearance of the Oslo signatories, and has devastated its spirit since October 7. It seeps into political decisions, military reflexes, dominant narratives. It turns the sacred memory of the Shoah into ideological armor, making a strategy untouchable — one that recognizes no compass but the absolute enemy.
This is no longer a policy. It is a narrative of perpetual exception. A memory turned into an injunction, closed to all otherness. And anyone who dares to question it is morally disqualified — as though committing, once again, the crime of denial.
—
Yet in both Judaism and Islam, there exists a deep, ancient tradition of a very different kind of struggle: the inner struggle.
The yetser hara, in Jewish thought, teaches that evil is not only external — it must be mastered within. The greater jihad, in Islam, names the same effort: the struggle of the soul against pride, vengeance, and despair.
We must bring the synagogue and the minaret back to the heart of the Holy Land — not as monuments of domination, but as witnesses of inner clarity.
This is the path — vital — that both peoples must recover: a path of lucidity, drawn not from the logic of war, but from the sacred resilience of their texts and traditions.
Leçon, injonction, mémoire, dogme. Il est temps de rompre avec le réflexe d’utiliser la souffrance comme une arme de justification. L’Holocauste n’est pas un outil moral. Il est un fait vertigineux qui place tout être au bord du précipice de l’âme perdue. L’holocauste est un témoignage universel.
Alors qu’une tribune, publiée ce 05/08/2025, du président du Mémorial de la Shoah aux États-Unis, Stuart E. Eizenstat, appelle à puiser dans la force des survivants face à l’antisémitisme, le risque émerge — immense — que ce traumatisme sacré, au lieu d’éclairer l’histoire, devienne un bouclier idéologique à toute remise en cause.
Or l’Holocauste ne dit pas ce qu’il faut faire. Il dit ce qui s’est passé. Et à cet endroit, le silence des morts vaut plus que toutes les interprétations qu’on plaque sur eux.
Au cœur de cette confusion morale, seule une double tradition spirituelle du combat intérieur — dans le judaïsme comme dans l’islam — peut offrir un horizon de retour.
—
Au moment même où Stuart E. Eizenstat, président du Conseil du Mémorial de la Shoah des États-Unis, publie dans le Jerusalem Post un appel à tenir bon face à la montée de l’antisémitisme mondial — invoquant l’héritage des survivants, « Ne jamais céder, ne jamais abandonner » —, le message qu’il porte dépasse, malgré lui, son intention explicite. Car si le texte se garde de toute approbation directe de la politique de Benjamin Netanyahou, une large partie de l’opinion y projette une légitimation morale implicite : celle d’un Israël dont les actes actuels seraient la continuation naturelle d’un traumatisme historique jamais véritablement dépassé.
C’est là que réside le point aveugle.
> Le risque que la mémoire d’un traumatisme — au lieu de nous humaniser — devienne le socle d’une doctrine infalsifiable, où toute remise en question est perçue comme une trahison.
Ce risque n’est pas périphérique. Il surplombe désormais la geste d’Israël depuis la disparition des signataires des Accords d’Oslo, et en ravage l’esprit depuis le 7 octobre. Il s’immisce dans les choix politiques, les réflexes militaires, les narrations dominantes. Il transforme le souvenir sacré de la Shoah en armure idéologique, rendant inattaquable une stratégie qui n’a plus pour boussole que l’ennemi absolu.
Ce n’est plus une politique : c’est un récit d’exception perpétuelle. Une mémoire devenue injonction, fermée à toute altérité. Et quiconque ose la questionner se trouve moralement disqualifié, comme s’il commettait, à nouveau, le crime de nier.
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Pourtant, dans le judaïsme comme dans l’islam, il existe une tradition ancienne, profonde, d’un combat d’un tout autre ordre : le combat intérieur.
Le yétser hara, dans la pensée juive, enseigne que le mal n’est pas seulement extérieur — il doit être dompté en soi. Le grand jihad, dans l’islam, nomme ce même effort : la lutte de l’âme contre l’orgueil, la vengeance, le désespoir.
Il nous faut ramener la synagogue et le minaret au cœur de la Terre sainte — non comme des symboles de domination, mais comme témoins d’une lucidité intérieure.
C’est ce chemin – vital – que les deux peuples doivent retrouver — un chemin de clarté, qui ne procède pas de la logique de guerre, mais de la résilience sacrée de leurs textes et traditions.