La victoire du PSG, ce 31 mai 2025, censée être un moment de liesse populaire, a de nouveau été marquée par des scènes de violence urbaine. Ce type d’événement, devenu presque rituel, ne donne plus lieu à la stupéfaction mais à une mécanique désormais bien huilée : celle de l’instrumentalisation politique.
Comme à chaque épisode, l’extrême-droite s’engouffre dans les images d’émeutes pour renforcer son récit préféré : celui d’une infiltration des banlieues par le Qatar, via le PSG et le soft power du sport, dans une logique d’islamisation rampante.
Le sous-entendu n’est plus voilé. Il se propage désormais à visage découvert, à l’air libre, comme une vérité qui n’aurait plus besoin ni de preuve, ni de contradiction. Il s’installe dans les esprits à force d’être répété, jusqu’à devenir un réflexe politique, un réflexe médiatique, un réflexe social.
Et ce récit, autrefois marginal, prospère aujourd’hui. Pourquoi ? Parce qu’il est :
– validé par certains universitaires ou figures médiatiques, – relayé avec constance par la droite et l’extrême-droite, – et entériné par l’absurde, presque dialectiquement, par une extrême-gauche qui, sous sa posture critique, partage parfois une connivence objective — consciente ou non — avec ce discours.
Le débat se referme. Toute tentative de proposer une autre hypothèse, d’explorer une forme de recul et de lucidité, est aussitôt disqualifiée comme « complotiste ».
Un précédent: Paris 2022, miroir du chaos
Ce n’est pas la première fois que le sport devient le révélateur, ou le prétexte, d’un trouble profond de l’opinion publique.
En 2022, la finale de la Ligue des Champions — initialement prévue à Saint-Pétersbourg — fut relocalisée à Paris en raison de l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine. Or cette soirée fut, elle aussi, marquée par des scènes de désordre, d’envahissements, d’agressions, de chaos.
La presse internationale titra alors sur le “déferlement des barbares”, pointant déjà les “quartiers”, “la banlieue”, “les failles de l’ordre public français.” L’effet politique fut immédiat : les extrêmes gagnèrent du terrain, sur une base d’indignation aussi émotionnelle que stratégiquement exploitée.
Il est frappant de constater la répétition quasi à l’identique du phénomène : un événement planétaire → des incidents prévisibles → une couverture médiatique saturée → une polarisation politique maximale.
La Russie veut la peau de la République française. Il faut garder cela à l’esprit.
Qui manipule cette répétition ? Qui sait l’exploiter ? Le hasard sait-il tirer tout seul de telles ficelles ?
Au cœur de cette mécanique, le système d’information, censé éclairer l’opinion, ne protège plus rien. Il diffuse le choc, mais refuse l’analyse. Il livre l’émotion brute, mais évacue les causes structurelles. Il ne questionne pas les récits dominants — il les relaie, les redouble, les recycle, zhreuse de l’illusion de pouvoir que les « événements » produisent.
Ce n’est plus un contre-pouvoir : c’est un amplificateur de fragmentation.
Nous subissons un bombardement cognitif, permanent, diffus, insidieux. Une guerre de l’attention, livrée au nom de l’actualité.
Et ceux qui s’en nourrissent n’ont pas besoin d’être subtils : ils attendent que l’effet de saturation produise mécaniquement ses fruits. À chaque nouvelle flambée, les mêmes partis gagnent des points. Toujours les mêmes : pro-russes, anti-européens, souverainistes autoritaires.
Le hasard peut-il, à lui seul, faire preuve d’autant de cohérence stratégique ?
Poutine peut-il avoir le même sourire que celui de La Joconde?
Trump, en homme lige qui a imposé l’idée d’un deep state au sein de la démocratie européenne pour embrasser celui qui œuvre dans dans les profondeurs du Kremlin, provoque, sans le vouloir un retour aux racines.
Il n’est pas le guide. Il est l’instrument passager, bientôt oublié, de cette force plus ancienne qu’il réveille sans le vouloir : le retour des peuples vers la matrice première de la Liberté.
Et ce mouvement — profond, archaïque, souterrain — ne dépend d’aucun homme providentiel. Il appartient à l’Histoire des peuples souverains et intègres.
Il n’y a pas de Liberté sans souveraineté. Il n’y a pas de souveraineté sans lucidité. Il n’y a pas de lucidité sans intelligence.
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, alerte : les Frères Musulmans seraient en train d’infiltrer la République.
À la faveur de la déclassification d’un rapport gouvernemental*, il parle d’entrisme islamique, et va jusqu’à désigner cette mouvance comme une menace existentielle, avec pour but ultime : « faire basculer la France sous la charia ».
Il accrédite ainsi l’idée que la République, l’État de droit et la nation française n’auraient plus de noyau suffisamment solide pour résister à une mouvance d’influenceurs et de prêcheurs tapis dans quelques mosquées.
C’est un cadeau curieux fait à des gens qui n’en demandent pas tant.
Hiérarchie des périls
Permettez qu’on interroge la hiérarchie des menaces. Pourquoi Bruno Retailleau — ancien proche de François Fillon — a-t-il tant de facilité à désigner l’organisation des Frères Musulmans comme étant l’ennemi existentiel, et tant de mal à user du même terme pour qualifier Vladimir Poutine ?
Poutine, lui, mène une guerre hybride — j’ai même utilisé le terme de guerre métamorphe, pour désigner une guerre qui prend la forme de nos envies et de nos fantasmes, et qui, ce faisant, devient non seulement méconnaissable, mais désirable.
Nous secrétons collectivement – il dispose à cet effet des relais intérieurs pour propager les phéronomes déclencheurs- l’envie de nous en remettre à lui.
Poutine brandit l’arme nucléaire comme menace constante. Il agresse l’Ukraine. Il ne s’arrêtera que s’il est arrêté.
Sa Russie agit, tue, corrompt, avance. Elle déploie ses agents, infiltre les esprits, altère nos perceptions, retourne notre langage.
Et il faut bien le reconnaître : elle gagne du terrain.
Si elle gagne dans nos têtes, nous n’aurons mécaniquement plus d’autre issue que de livrer la guerre qui s’abreuvera d’une mer de sang parce qu’elle sera mondiale (Honneur à l’Ukraine qui souffre sur le front) — ou de nous soumettre à sa loi.
C’est cela qui est en jeu et qui justifie de faire attention à la manière de désigner des ennemis, sans prendre le risque de les désigner à la légère.
La faute stratégique
C’est à cette aune qu’il faut juger la décision de qualifier de « menace existentielle » une mouvance qui, si elle existe, n’a ni chars, ni missiles, ni plan d’annexion. C’est une faute stratégique majeure. Elle sert des intérêts partisans, conforte une posture présidentielle, mais elle désarme la France en galvaudant la parole de l’État.
La parole de l’État n’est pas un outil de communication. Elle est un engagement solennel, une boussole pour la nation.
La traiter avec légèreté, c’est affaiblir la République. Cette légèreté renforce les ennemis de l’Europe, et ceux du monde libre.
La stratégie de Moscou y triomphe.
La Russie paierait très cher pour : → Ne plus apparaître comme une menace directe. → Se faire passer pour le dernier rempart contre la décadence occidentale — y compris contre l’islamisme.
Prenons garde à ne pas exaucer ou devancer sa volonté. Or, nous reprenons les mots qu’elle nous mâche, les peurs qu’elle instille dans ses laboratoires secrets, et nous adoptons, finalement, l’agenda politique de ses priorités. A mes yeux, c’est cela qui se passe.
Une nation ne peut pas avoir deux ennemis existentiels.
S’il y en a deux, l’un est une chimère — un monstre que l’on s’invente soi-même — ou un leurre — un monstre que quelqu’un a placé dans notre esprit. Et souvent, le leurre est une chimère nourrie par l’ennemi véritable.
Le système d’information — dont j’ai souvent dénoncé la faillite — donne à manger à ce leurre, jusqu’à lui offrir une place démesurée dans notre paysage mental.
La vraie question
Alors posons-la, clairement :
Entre le péril russe — tangible, militaire, stratégique, brutal — et le spectre d’un basculement vers la charia — hypothétique, fantasmé, peut-être même instrumentalisé — lequel est réel? Lequel est un leurre?
Il y a, bien sûr, un sujet autour des Frères Musulmans. Mais en faire l’ennemi suprême, au moment où l’Histoire frappe à nos frontières, c’est se tromper de combat.
La lucidité n’est pas une option.
La sécurité des Français, leur intégrité, leur souveraineté, ne sont pas des variables de sondage. Elles exigent du courage. Elles exigent de la lucidité.
Le ministre de l’Intérieur doit désigner le bon ennemi. Ne pas flatter celui qui rêve de l’être. Et ne pas dissimuler celui qui agit déjà, chaque jour, contre nous.
Subversion du réel
Il est temps de regarder en face les mécanismes de subversion du réel. De comprendre comment, souvent par facilité dialectique, et parfois par soumission à une puissance étrangère — l’intelligence ennemie au sens littéral —, la sphère politique devient l’instrument inversé de la vérité.
La menace est cognitive.
Et dans cette guerre-là, la souveraineté de l’analyse est un devoir. Elle appartient au peuple. Elle lui est due.
C’est elle qui signe sa liberté. C’est elle qui fonde sa dignité.
En rejetant, au motif que la mondialisation était malheureuse, un système imparfait mais régulé, le monde s’expose à un désordre encore plus grand, où les rapports de force dominent. Il est essentiel de repenser les mécanismes de coopération internationale pour éviter que la démondialisation ne nous plonge définitivement dans le chaos et l’injustice. La question est : avec ou sans la Chine, qui a été la grande bénéficiaire de la mondialisation malheureuse?
Depuis plus de vingt ans, l’Europe et, plus largement, l’Occident semblent engagés dans une série de rendez-vous manqués avec l’Histoire. Chaque peuple s’applique, avec un zèle déconcertant, à ne plus honorer les rendez-vous qu’il s’était fixé avec lui-même, trouvant mille prétextes à bannir un projet de civilisation fondé sur la coopération, la régulation, et la dignité humaine. Pour les Français, cibles du terrorisme islamique, cibles de la Russie, il s’est agi de faire mentir et de renier leur goût pour l’universalisme. De démentir, comment dans les années, leur adn.
Le 11 septembre 2001 marque la fin brutale d’une certaine innocence occidentale et inaugure une période où la peur, la méfiance et le repli sécuritaire prennent le pas sur la confiance et l’ouverture. « La fin de l’histoire » de Francis Fukuyama érigé sur les décombres du mur de Berlin rencontre les eaux froides du « Le choc des civilisations » de Samuel Huttington.
Tout ce qui, jusque-là, coulait de source cesse de couler de source.
Quelques années plus tard, en 2005, l’Europe rate un rendez-vous décisif avec elle-même : le référendum sur la Constitution européenne. La dynamique ambitieuse de construction d’une identité politique commune est stoppée net.
Une trouvaille sémantique, parfaitement traduisible en alphabet cyrillique, fait son apparition favorisant l’idée que le temps de l’Europe devait être celui l’approfondissement plutôt que celui l’élargissement.
Ironiquement, c’est le spectre caricatural du « plombier polonais » – symbole d’une peur irrationnelle que l’ouvrier français soit dépouillé par l’ouvrier polonais – qui contribue à détourner le regard des Européens de leur avenir commun. Se pouvait-il que le plombier polonais ait pu être un agent d’influence russe ?
Vient ensuite la crise financière de 2008, fruit d’une dérégulation excessive et d’une mondialisation qui subit le procès d’être devenue incontrôlable et prédatrice. Celle-ci nourrit une critique radicale du libre-échange, le présentant comme source d’inégalités croissantes, de destruction économique locale, d’érosion culturelle et d’être antinomique avec la lutte contre le changement climatique. Ainsi se forge le concept de « mondialisation malheureuse ».
Pourtant, en rejetant radicalement ce modèle certes imparfait mais régulé, l’Europe s’est privée elle-même des outils indispensables à son influence sur l’ordre mondial. L’échec du traité TAFTA, en 2016, en est la parfaite illustration.
Vladimir Poutine n’a jamais caché qu’il considérait ce traité comme « une manifestation de l’égoïsme économique de l’Occident ». Il l’a dit, à la tribune des Nations Unies.
Ironiquement, en refusant ce projet qui aurait pu donner naissance au plus grand espace économique intégré au monde, l’Europe a involontairement favorisé les intérêts de ceux qui préfèrent une Europe divisée, fragmentée, isolée – et donc vulnérable.
Les historiens, à froid, analyseront ce qui s’est passé réellement, au-delà des représentations politiques et du ressac médiatique que cela provoque. Cela mérite un rapport clinique car il s’agira, à un moment, d’édifier notre postérité, qui doit commencer aux générations qui héritent de ce sombre et lourd fardeau que nous avons, par faiblesse, par indiscipline, parce que notre ennemi est trop fort et trop rusé, laissé se constituer.
Aujourd’hui, la situation s’est encore aggravée. Les États-Unis sous Trump ont choisi une forme de démondialisation brutale et chaotique, dominée par le protectionnisme et le rapport de force. L’Europe, quant à elle, semble errer dans ses propres contradictions internes, affaiblie par ses choix passés.
Cette prise de conscience historique doit nous inviter aujourd’hui à lever le regard, à sortir de l’immédiateté étouffante du quotidien et à nous retrouver dans une véritable perspective historique.
Comprendre ce dont nous avons été victimes est la première étape indispensable pour élaborer une riposte réparatrice à l’heure où les nationalismes, les souverainismes et les isolationnismes se préparent à sabler le champagne. Il ne s’agit plus seulement de réagir, mais de reconstruire activement les fondations d’une coopération internationale éclairée, solidaire et juste.
Pour cesser de péricliter, il faut que les Européens embrassent maintenant leur destin européen et le rendent irrésistible.
Jamais la tentation de redéfinir la lutte contre l’antisémitisme en opposition à l’islam n’a été aussi forte. Et jamais, grâce aux outrances de LFI, le mot “islamophobie” n’a été aussi délégitimé — au point qu’aucun musulman ne peut aujourd’hui s’en revendiquer sans être suspecté.
Le soutien exprimé par Emmanuel Macron à la communauté juive après l’agression antisémite du rabbin Arié Engelberg à Orléans a suscité des critiques virulentes.
Mais derrière ces attaques se cache une mécanique plus inquiétante : celle de l’instrumentalisation de la lutte contre ce même antisémitisme à des fins politiques, au profit du Rassemblement National — avec, en arrière-plan, des ingérences étrangères avérées.
Une partie de ces critiques ne relèvent pas simplement de l’anti-macronisme primaire, mais s’inscrivent dans une dynamique bien plus sournoise, qui met en scène une recomposition des narratifs autour de la figure du Rassemblement National, désormais présenté par certains comme le véritable rempart des juifs.
Ce glissement stratégique est loin d’être anodin. Il met en lumière une instrumentalisation de la peur, du sentiment d’abandon, et de l’émotion légitime, dans le but de renforcer un camp politique qui, tout au long de son histoire, a pourtant porté les stigmates de l’antisémitisme, de la fascination pour les pogroms, du racisme, du rejet de l’autre, et de l’autoritarisme.
Ce que l’on voit poindre, c’est un narratif savamment construit, souvent relayé par des figures prétendument « dissidentes », qui martèle que Macron aurait failli à sa mission de garant de la sécurité des Français juifs, notamment en s’abstenant de participer à la marche contre l’antisémitisme après le 7 octobre 2023.
Derrière cette accusation se cache une logique plus insidieuse : celle qui vise à disqualifier toute autre forme de solidarité que celle incarnée par la droite extrême, tout en diffusant l’idée que le président serait « l’otage » de la communauté arabo-musulmane française.
Ce procès d’intention, jamais totalement assumé, procède pourtant d’un mécanisme de polarisation identitaire qui alimente la fracture nationale. Il est d’autant plus dangereux qu’il détourne le sens même du combat contre l’antisémitisme en l’inféodant à une stratégie électorale.
Or, pour comprendre cette mécanique, il faut aussi la resituer dans son arrière-plan géopolitique. Il est désormais avéré que, dans les jours qui ont suivi l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023, des opérations d’influence — voire de déstabilisation — ont été menées sur le sol français, avec l’appui d’agents liés à la Russie.
Des individus, notamment venus de Moldavie selon les premiers éléments d’enquête, ont été identifiés comme auteurs de tags antisémites, croix gammées incluses, sur des façades d’immeubles à Paris. L’objectif était limpide : attiser les tensions communautaires, exacerber les clivages, et affaiblir le front républicain.
L’antisémitisme, dans ce contexte, devient un instrument géopolitique. Un poison que certains inoculent méthodiquement pour fracturer nos sociétés de l’intérieur, l’instrumentalisation de la cause palestinienne par les extrêmes-gauches et les altermondialistes, anticapitalistes et autres mouvances écolo-radicales contribuant à ce qu’aucun chat ne puisse reconnaître ses petits.
Dans ce climat vicié, la figure d’Arno Klarsfeld joue un rôle particulièrement trouble. Fils de Serge Klarsfeld, dont le nom est à jamais associé à la mémoire du génocide et à la traque des criminels nazis, il engage aujourd’hui ce nom dans une entreprise de brouillage moral et politique.
En s’alignant sur les positions du Rassemblement National, en reprenant l’antienne selon laquelle l’Ukraine serait infestée de nazis, et en vantant le RN comme le « meilleur protecteur des juifs », il contribue à une inversion perverse des repères historiques.
Ce faisant, il confère une forme de légitimité mémorielle à un parti dont les racines idéologiques ont précisément nourri les pires dérives du siècle passé. Ce n’est pas seulement une faute politique — c’est une blessure infligée à la mémoire.
Il faut donc regarder ce basculement avec lucidité. Dans la communauté juive elle-même, certains — et ils sont heureusement minoritaires — participent activement à cette mystification, croyant servir leur cause alors qu’ils servent un projet qui les trahira.
La tentation d’instrumentaliser la menace antisémite pour asseoir une force politique jugée plus protectrice est réelle, et c’est là que réside l’un des pièges les plus dangereux de notre époque.
Il est à la fois tragique et vertigineux de voir se dessiner cette équation perverse : faire du RN, et de Bardella, les garants de la sécurité, alors que dans le même temps, ce parti ouvre symboliquement des brèches qui affaiblissent notre cohésion, alimentent la guerre informationnelle, et laissent la porte grande ouverte aux ingérences de régimes comme celui de Vladimir Poutine.
C’est dans ce contexte que les critiques contre Macron doivent être comprises. Non pas comme des critiques isolées ou sincères, conforme au débat public dans une société pluraliste, mais comme les maillons d’un activisme politique bien plus large, qui vise à disqualifier l’équilibre républicain pour installer, sous couvert de protection et de fermeté, une puissance autoritaire déguisée. Ceux qui s’y prêtent consciemment jouent un jeu dangereux. Ceux qui y adhèrent inconsciemment sont les premières victimes d’une grande mystification.
Pour une limitation temporaire du droit de vote de la Hongrie et la refondation constitutionnelle européenne Note argumentaire pour une mesure de sauvegarde et une relance politique
L’union est comme un cheval devant l’obstacle. Tout le monde sait qu’elle doit le franchir, car le risque de paralysie institutionnelle croît proportionnellement au risque existentiel.
La Hongrie bloque régulièrement, par la voix de son Premier ministre, des décisions stratégiques du Conseil européen. Or ces décisions concernent des enjeux existentiels pour l’Union : guerre en Ukraine, défense commune, unité diplomatique. Ce comportement n’est pas un désaccord politique ordinaire, mais un sabotage stratégique. Une mesure temporaire de suspension de vote devient alors un acte de sauvegarde, et non de punition.
Le principe d’unanimité au Conseil européen garantit l’égalité entre États, mais devient un levier de paralysie en période de crise. L’article 7 du TUE existe, mais reste inopérant en situation d’urgence. En revanche, les principes généraux du droit permettent de s’appuyer sur la doctrine de nécessité : salus populi suprema lex esto — le salut du peuple est la loi suprême.
Une limitation ciblée et encadrée peut être juridiquement justifiée par la nécessité de préserver l’ordre démocratique européen.
Cette mesure ne vise pas la Hongrie comme nation, ni son peuple, mais le comportement isolé d’un dirigeant dont les accointances stratégiques avec la Russie sont manifestes. Il s’agit de protéger les institutions communes contre une instrumentalisation destructrice. L’Union ne peut être l’otage de l’un de ses membres sans perdre sa légitimité et sa capacité d’agir.
Ce cas révèle une faille structurelle : le droit actuel ne prévoit pas de réponse rapide à un blocage stratégique interne en situation de guerre ou de crise majeure. Il devient clair que le principe d’unanimité, sans clause d’exception pour menace existentielle, rend l’Union vulnérable. Il est donc impératif d’ouvrir une voie légitime pour l’écarter temporairement quand l’intérêt supérieur l’exige.
L’échec de la Constitution européenne fut, en partie, le fruit d’un sabotage stratégique, obtenu par un noyautage d’un souverainisme qui épouse trop nettement les intérêts de la souveraineté russe pour être parfaitement au-dessus de tout soupçon. Les forces qui l’ont empêchée sont aujourd’hui celles qui bénéficient du blocage actuel. Ce moment n’est pas le moment d’une énième constituante pour la France ou n’importe quel autre pays. Ce moment est le moment de la Constitution européenne.
Nous avons le devoir et la responsabilité, de traverser la montagne d’épineux, les ronces, pour relancer un véritable processus constituant qui aura pour effet de clarifier la souveraineté européenne, d’affirmer l’ordre politique commun, et d’éviter qu’une crise future ne détruise le projet européen de l’intérieur.
Suspendre temporairement le droit de vote d’un État membre qui agit contre l’intérêt vital de l’Union n’est pas une dérive. C’est un acte de sauvegarde. Ce n’est pas l’Europe qui se venge d’un État. C’est l’Europe qui se protège. Et c’est l’Europe qui se révèle à elle-même comme une puissance politique digne de ce nom.
Le cheval doit franchir l’obstacle. Tous les chevaux en même temps.
Plus qu’un guerre hybride, ces deux états nous livrent une guerre métamorphe. Ils se livrent, depuis des décennies, à une stratégie de subversion globale que nous n’avons pas appris à voir venir
La guerre que nous connaissons aujourd’hui ne se limite pas aux conflits armés traditionnels ni même aux guerres hybrides qui mêlent opérations militaires, cyberattaques et propagande. Un nouvel état de guerre a émergé, que l’on peut qualifier de guerre métamorphe. Ce concept décrit un affrontement qui adopte les formes les plus séduisantes et légitimes aux yeux des sociétés ciblées afin de déstabiliser, diviser et paralyser ses adversaires sans qu’ils ne s’en rendent compte. La Russie de Vladimir Poutine et la République Islamique d’Iran ont perfectionné cette stratégie en orchestrant une subversion profonde des démocraties occidentales et de leurs alliés.
I. La Vengeance Stratégique : Pourquoi la Russie et l’Iran visent l’Arabie Saoudite
L’un des points de rupture de la fin du XXe siècle fut l’effondrement de l’URSS en 1991. Une cause majeure, rarement mise en avant, fut l’effondrement du prix du pétrole orchestré par l’Arabie Saoudite entre 1985 et 1986. En faisant passer sa production de 2 millions à 10 millions de barils par jour, Riyad fit chuter le prix du pétrole de 22 dollars à 10 dollars le baril, étranglant ainsi l’économie soviétique, qui dépendait fortement de ses exportations énergétiques.
Vladimir Poutine, qui considère la disparition de l’URSS comme « la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle », a dès lors eu une motivation profonde à affaiblir et à punir l’Arabie Saoudite, et avec elle l’alliance stratégique américano-saoudienne qui structure le monde depuis la Seconde Guerre mondiale.
L’Iran, ennemi historique de l’Arabie Saoudite, trouve naturellement dans cette stratégie une convergence d’intérêts avec Moscou. Ensemble, ces deux puissances ont développé une approche insidieuse pour affaiblir l’Arabie Saoudite et miner son alliance avec les États-Unis.
II. Le 11 Septembre 2001 amorce la rupture dans le cognitif
Les attentats du 11 septembre 2001 ont marqué un tournant stratégique global. Une narration immédiate a émergé, cherchant à incriminer directement l’Arabie Saoudite dans les attaques.
Zacarias Moussaoui, seul survivant du commando terroriste, a maintenu un récit selon lequel l’Arabie Saoudite serait l’instigatrice des attentats.
Cette accusation, bien qu’incohérente dans son exécution, a fracturé durablement la relation entre Riyad et Washington, laissant le doute planer sur le rôle des Saoudiens.
Dans le même temps, une autre ligne de désinformation se mettait en place, affirmant que les attentats du 11 septembre avaient été orchestrés par les États-Unis eux-mêmes, ce qui permit de détourner l’attention des vrais instigateurs.
Cette technique est une signature de la désinformation russe, dont l’un des principes est de toujours injecter des récits contradictoires afin de semer la confusion. L’ouvrage L’Effroyable Imposture de Thierry Meyssan, qui popularisa l’idée d’un complot interne américain, fut fortement relayé par la Russie et trouva refuge sous la protection du régime syrien.
Tout, jusqu’à cette chaussure volant vers le président George Bush en conférence de presse, et y compris, jusqu’au soliloque grandiloquent de Dominique de Villepin, participe de ce travail.
Les bénéficiaires réels des attentats du 11 septembre furent donc la Russie et l’Iran, qui parvinrent à :
Isoler l’Arabie Saoudite en l’exposant comme responsable implicite.
Plonger les États-Unis dans des guerres interminables qui affaiblirent leur prestige et leur économie.
Créer un climat de suspicion et de division entre alliés occidentaux. Ouvrir un boulevard à une phénomène d’autosuggestion qu’il suffit de maintenir comme des fers au feu, chez les islamistes les plus radicaux.
III. La Perversion Stratégique de l’Islam Chiite
Si l’on suit la logique de guerre métamorphe, un autre axe majeur se dessine : la Russie et l’Iran ont appliqué une méthode de perversion et d’instrumentalisation de l’Islam chiite, comparable à ce que la Russie tsariste avait fait avec Le Protocole des Sages de Sion, un faux antisémite destiné à discréditer les Juifs.
En soutenant l’Iran chiite et Bachar El-Assad, la Russie a laissé l’Arabie Saoudite et le sunnisme sous pression.
En favorisant des mouvements terroristes radicaux, elle a contribué à associer l’islam chiite à une posture de résistance, renforçant ainsi l’image de l’Iran comme seul rempart contre l’hégémonie occidentale.
En injectant une narration victimaire, elle a transformé des luttes géopolitiques en causes émotionnelles globales, séduisant les masses occidentales et encourageant une révolte idéologique contre leurs propres systèmes.
L’instrumentalisation de la cause palestinienne, qui fusionne si bien avec d’autres luttes (climat, racialisme, féminisme intersectionnel, anticapitalisme), participe de cette même stratégie. En créant un prisme idéologique unique, cette guerre métamorphe absorbe toutes les révoltes en une seule lutte globale, rendant toute opposition impossible sans paraître cynique ou inhumaine.
IV. La Guerre de la perception et la question du Libre-Arbitre
Le 28 octobre 2022, un événement a marqué un tournant symbolique dans la bataille des narratifs. Le même jour, Vladimir Poutine dénonçait l’Occident comme un régime étouffant la liberté d’expression, et Elon Musk rachetait Twitter en prétendant libérer « l’oiseau bleu ».
Cette simultanéité pose question : simple coïncidence ou convergence stratégique ?
Si MAGA et MEGA (Make America Great Again / Make Europe Great Again) font du free speech l’alpha et l’oméga de la démocratie, alors le véritable enjeu est celui du libre-arbitre. La souveraineté de chacun à penser correctement le monde, à discerner entre les illusions créées par cette guerre métamorphe et la réalité des faits, devient le dernier rempart contre cette offensive insidieuse.
L’actualité récente témoigne d’une ingénierie du chaos, où les tensions sociales sont méthodiquement exacerbées.
En France, la crise franco-algérienne n’a pas encore révélé tout son potentiel de déstabilisation.
Les réseaux sociaux ont amplifié des narratifs instrumentalisant les tensions ethniques et identitaires.
Des précédents existent : les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 à Cologne, exploitées au bénéfice de l’AfD, ou la narration autour des migrants « mangeurs de chiens » aux États-Unis, illustrent un savoir-faire précis dans l’orientation de l’opinion publique.
La guerre métamorphe constitue un défi existentiel pour l’humanité entière
Nous sommes confrontés à une guerre qui ne dit pas son nom, qui ne se combat pas avec des armes traditionnelles, mais qui déstabilise et infiltre. La Russie et l’Iran ont compris que le véritable champ de bataille est celui de la perception, et qu’il est possible de gagner sans jamais livrer une bataille frontale.
Or, si les dés géostratégiques tombent systématiquement du côté des intérêts russes, il serait conforme à l’instinct de conservation de se demander si les dés ne sont pas pipés…
Reconnaître la nature de cette guerre est la première étape pour élaborer une riposte adaptée et rétablir une stratégie souveraine face à cette menace protéiforme.
En donnant l’impression, ce matin, de donner des gages à une modification de l’algorithme qui influence le réseau à favoriser le biais négatif, @ElonMusk agit en stratège.
Ce semblant de revirement représente une manœuvre pour déplacer le centre d’attention, tromper la vigilance et faire retomber le seuil d’alerte qu’il a déclenché lui-même au cours des dernières semaines par des ingérences répétées.
Il ne faut pas en être dupe.
Par contre, il est temps de se poser la question cruciale qu’une démocratie réelle, protégée par un système d’information digne de ce nom, c’est-à-dire édificateur, ne devrait amener personne à se poser:
– Est-ce que ce que « je » pense est ce que « je » pense?
Ce qui sous-tend l’autre question:
–Est-ce que quelqu’un ne manipule pas, en amplifiant ce que « je » crois être « ma » sensibilité aux questions que lui-même « m’impose » à l’insu de mon plein gré, ma conviction.
En d’autres termes, cette phénoménologie du système d’information n’a-t-elle pas pris, structurellement, le pouvoir sur toute autre considération, jusqu’à imposer sa dialectique (le protocole, le biais, la lexicologie, le ressenti, l’invasion mentale, l’alternance stress social/offre de catharsis, le conditionnement à des stimuli de terreur, de séduction, etc).
Si nous prenons en compte la nature de ce que propage X, le réseau d’Elon Musk, et l’envahissement qu’il exerce, la question de savoir si son offre dans le système relève de la liberté d’expression et constitue, encore, une question privée ne peut déboucher que sur une seule réponse?
Non.
Et s’il ne s’agit pas d’une question privée, alors, par voie de conséquence, il s’agit d’une question de sécurité nationale, qui intéresse et regarde chaque nation, chaque espace politique de souveraineté, chaque élément constitutif de cette souveraineté collective : donc, chaque individu et chaque citoyen, l’un et l’autre.
C’est la première fois que la question de sécurité, à l’échelle planétaire, se pose dans de tels termes.
Un être de raison est lucide sur la nature de ce qui commande sa pensée et son action. A tout le moins, il en conserve l’instinct, le pressentiment.
Il identifie, plus ou moins distinctement, l’intérêt ou les intérêts qui le gouvernent.
La souveraineté collective vaut par la somme des souverainetés individuelles et donc, au coeur de la l’enjeu, la maîtrise de son propre libre-arbitre dans la cohérence et la cohésion d’un groupe.
Jusqu’à présent, cette question pouvait être pondérée par la culture, le groupe, l’appartenance à la nation, la fluctuation des passions, des modes, des interactions, mais le noyau insécable restait sous un entier contrôle, hors de portée des « sectes » puisque la nature de la secte – à l’inverse de la religion et des œuvres de l’esprit – est de reformater ce noyau, cela par des addictions, des mirages, des indignations, des subversions.
Ce qui fait la différence entre l’être social et l’aliéné, d’une certaine manière et, aussi, entre l’individu libre et le « possédé ».
Je crois devoir dire que, dans un premier temps, l’idéologie, au XXe siècle, a commencé à altérer le rapport que chacun a et entretient, s’il y est appelé et à hauteur de ce à quoi son vœu l’y porte, à son propre libre-arbitre.
Chacun le chérissait, sans avoir à s’en rendre compte, finalement, avant qu’on apprenne à accepter de le sacrifier. C’est le don, si paradoxal, de la partie de modernité qui nous dévore actuellement.
Le marxisme, de ce point de vue, constitue un moment historique. Plus précisément, si on considère cette dimension, même s’il avance au nom de cette utopie, il n’est pas une doctrine de la libération. C’est une doctrine de soumission du libre-arbitre à une idée. A cette racine, se sont greffés d’autres révolutions…
Elles s’inscrivent dans l’accomplissement de la même convergence auquel X, décomplexant finalement les réseaux sociaux à leur vocation, se veut être à la fois le réceptacle et le modeleur.
Ce qui se passe aujourd’hui, à travers la toute-puissance d’@ElonMusk, nous oblige à nous interroger, tant qu’il est encore temps, s’il est encore temps, tant que la possibilité de cette question dans le champ de conscience subsiste et trouve le moindre écho.
–Qu’est-ce qu’un être libre ?
La République française, émancipatrice dans son essence, porte ce souci et ce scrupule en elle. Normalement, ce qui la retient, la fait avancer. Gardons-nous, de lui conserver cette originalité, de la littérature au champagne.
La politique doit veiller sur le libre-arbitre du peuple car c’est uniquement par le libre-arbitre du peuple que le peuple existe et vérifie sa nature.
Sinon, il n’est que foule et je le vois se réduire, inexorablement, à la foule aveugle et consommatrice, ivre de droit, jusqu’à se soumettre, pour le supporter ou le combattre, c’est-à-dire occuper l’enclos de débat qu’@elonmusk, son algorithme ou dieu sait quoi a défini et dans lequel, lui et ses innombrables et fascinants « monstres », nous emprisonnent.
Au-delà de son identité, ce que représente Elon Musk est la créature « opportuniste » créée par le pouvoir ouvert par les technologies dites de l’Information. Ces routes, ces « réseaux » se sont immiscés partout et irriguent une représentation du monde, à partir de quoi chacun, de par sa sensibilité cognitive, détermine le sens de son existence et sa place dans le monde.
Chacun agit et est conduit à agir, de fait, conformément à l’intérêt de ce système d’Information.
Cet internet du #FreeSpeech dont @elonmusk proclame l’avènement et la toute-puissance tente de faire de chacun de nous, en l’enchaînant au règne de ce qu’il croît être « son » « opinion », l’esclave d’un maître invisible dont la puissance ne cesse de s’étendre.
X est ainsi la machine qui donne à chacun l’illusion qu’il a le droit de dire ce qu’il veut, y compris n’importe quoi, alors qu’il consacre avant tout le droit de dire ce qu’Elon Musk veut que l’on dise dans la forme, en relation avec sa soif de pouvoir, qu’il a lui-même définie. C’est la définition du web2.
L’internet de 3e génération, celui de la responsabilité, est susceptible d’apporter la seule réponse possible, celui qui fixe le devoir d’être qui on est, est l’arme pour restaurer l’intégrité du système et reforger la clé de cognition susceptible d’ouvrir la porte dont nous avons besoin pour avancer dans l’histoire humaine.
[Réflexion sur la Russie et le contexte géopolitique actuel]
Il n’est manifestement pas possible à la Russie d’être supérieure à sa nature. Même si elle fournissait des efforts, elle n’y parviendrait peut-être pas. Comme elle n’en fait pas et qu’elle s’abandonne, corps et âme, aux penchants qui la dominent, alors, la Russie est trahie par sa nature et elle sera vaincue par ses démons.
Même le IIIe Reich n’aurait pas osé. Il assumait sa nature maléfique. La Russie de Poutine, elle, ose tout. C’est à cela qu’il va falloir apprendre à la reconnaître, en prenant la peine de remonter le fil de nos certitudes, des certitudes sur les événements qui ont marqué l’entrée dans le XXIe siècle.
En dépit de la revendication par l’EI-K, filière afghane de l’État islamique, Vladimir Poutine a dit que les auteurs islamistes de l’attentat contre le Crocus City Hall le 22 mars étaient commandités par l’Occident collectif. Son ministre des Armées, Sergei Shoigou, a réitéré l’accusation, y associant formellement la France.
Loin d’être une banale déviation rhétorique, la tournure des événements, après l’attentat perpétré au Crocus Center le 22 mars 2024, dans la banlieue de Moscou, marque, au niveau purement dialectique, le plus inattendu des tournants.
Il faut en prendre la mesure et cesser d’éviter le sujet, au motif que c’est une manipulation de l’information de plus. Ce n’est pas une manipulation de l’information de plus.
La manière dont la Russie détourne l’événement dépasse, il me semble, le cadre de la guerre déclarée par la Russie à l’Ukraine. Il dit tout, dans une sorte de lapsus révélateur irrépressible, de ce qu’est l’âme russe, lavée par un siècle de communisme, dévoyée par un quart de siècle de poutinisme, de la nature du combat que la Russie, sur cette partie de l’échiquier a engagé contre nous. Il est le révélateur d’une culpabilité russe dont la seule question, aujourd’hui, est de savoir jusqu’où elle trempe et jusqu’où elle a trempé.
Notre ennemi fondamental, c’est cette âme russe.
Le système d’information occidental ne mesure pas la portée du mensonge d’Etat proféré par la Russie qui ne voit dans l’Etat Islamique K qu’un exécutant.
Les journalistes ne veulent voir que l’énormité du stratagème, ce qui équivaut à ne rien voir. C’est se priver de lucidité.
Il y a un impensé stratégique, le nôtre, sur ce que furent les attentats que nos démocraties ont subis, depuis le 11-Septembre-2001. Il resurgit, à la faveur des incroyables accusations russes, comme un angle mort inacceptable. Il faut l’ouvrir.
En nous disant que le terrorisme islamique est un exécutant de basses œuvres au Crocus City Hall, l’ancien sous-officier du KGB Poutine, refondateur du FSB, nous dit-il quelque chose que nous devons nous forcer à entendre sur l’histoire du terrorisme Islamique, ses racines, ses collusions objectives, ses manipulations, ses liaisons ?
Il nous dit que nous ne devons pas nous fier aux apparences.
C’est une parole de quelqu’un qui sait de quoi il parle.
Il est donc temps de se poser la question et de regarder le champ de bataille global, de regarder l’ensemble de la perspective historique, l’action psychologique de dérèglement du libre-arbitre qui y est menée. La pensée n’est pas une souris prisonnière d’un labyrinthe ou d’une mise en complexité. La pensée va où elle veut.
Les médias, le système d’information dont sont pourvues les démocraties, se révèle dans l’incapacité de prendre cette mesure potentielle des événements.
Ils n’ont pas appris à imaginer le mal. Sa banalité peut-être ? Son empire, son expertise, en aucun cas : « Toujours préférer la connerie, à l’hypothèse du complot »
Le narratif que les médias ont construit autour d’un consensus bloque le système d’analyse, de traitement, de projection des faits, à des normes et des standards.
Le système d’information fonctionne comme une machine aveugle qui ne voit que ce qu’elle a appris à voir.
Nul ne veut voir la disruption narrative que le maître du Kremlin a opéré au lendemain de l’attentat au Crocus Center et ce dont ce basculement est, compte tenu de ce que nous avons appris de la psychologie d’agression russe, le révélateur.
Nous savons, depuis tous les conflits qu’elle a animés, que l’inversion accusatoire est une spécialité russe.
Partout, de Grozny à Alep, en passant par l’Ukraine, elle s’exonère de ses turpitudes (emploi d’armes chimiques, menace nucléaire, crimes de Boutcha, menaces sur les russophones, etc.) en les prêtant, d’abord, aux autres.
Elle a appris à se justifier de l’injustifiable en prêtant l’injustifiable, d’abord, à celui à qui elle est opposé.
Cette fois, pourtant, la Russie a passé le stade de l’inversion accusatoire. Elle introduit la perversion accusatoire, c’est à dire qu’en accusant l’Occident collectif d’être derrière l’attentat du Crocus City Hall, au mépris des évidences et de la revendication même de l’organisation EI-K, elle prête à l’Occident global la possibilité d’être derrière tous les attentats. Elle prête surtout, et c’est ce qu’il faut prendre en compte, aujourd’hui, à l’Occident la perversion dont elle a, sinon l’expérience achevée, du moins l’imagination aguerrie.
Entre l’imagination aguerrie et l’expérience aboutie, il y a l’opportunité stratégique qui se présente sous une forme ou une autre, de manière directe ou indirecte. Voilà ce qu’il y a.
La Russie fait partie des nations qui n’hésiteront pas à se saisir de telles opportunités.
Cette affaire d’islamistes qui ne seraient que des exécutants, confirmée, jeudi, auprès du ministre de la Défense français par son homologue russe veut semer un niveau de confusion de plus et, peut-être, au fond, va-t-elle contribuer à en enlever un.
Rien n’est compréhensible, et l’attitude même du pouvoir russe balaye les suspicions légitimes d’un coup orchestré par le FSB ou quelque autre instrument au service de l’Etat profond russe.
On a beaucoup plus de questions que de réponses.
Mais ce qui est sûr, depuis le 22 mars 2024, c’est que l’Islamisme est redevenu, en Europe, l’ennemi existentiel.
Il ravit ce titre à la Russie. Ce qui est sûr, dans l’ambiance, dans les retentissements de l’information, c’est d’un seul coup comme une réactivation de tous les ressorts et rouages autour des atteintes à la laïcité, de l’insécurité, des risques d’attentats, etc.
La menace russe sur les démocraties et sur l’Europe redevient le cadet de nos soucis.
Cela avantage, notamment, tous les partis souverainistes, nationalistes, etc., qui votent Poutine aux futures élections européennes le 9 juin prochain.
La Russie n’a pas d’adversaires, elle n’a que des ennemis. Des ennemis intérieurs éradiqués par des poisons divers et variés qui rendraient jaloux les Borgias. Ils ont pour nom Alexeï Navalny, Boris Nemtsov, Anna Politkovskaïa, assassinés par l’Etat qui leur devait protection. Voilà un Etat qui ne se distingue plus du mensonge et de la terreur. Qui n’administre que cela. Qui confond la souveraineté à laquelle doit aspirer toute nation humaine avec l’administration des plus noirs desseins, au service de la soif de pouvoir et de la prédation.
C’est cet Etat qui a déclaré la guerre. Il ne l’a pas déclarée qu’à l’Ukraine.
Il ne l’a pas déclarée qu’à l’Occident global.
Il l’a déclarée à toute nation qui place l’idée de sa dignité au-dessus de tout car, à un moment, la Russie rencontrera pour la détruire, elle aussi, la dignité de toute nation.
Aujourd’hui, la Russie n’a pas d’amis, elle n’a que des nations qui prennent le risque, devant l’histoire, devant la grande histoire humaine, d’être ses complices.
J’ignore si la Chine voit la trame que la Russie, sur cette partie de l’échiquier, et l’Iran, sur l’autre, tentent de jeter sur les événements et les interactions internationales.
Je constate que nous-mêmes avons de la peine à distinguer les mouvements des ombres qui nous harcèlent et nous décontenancent.
Mais si nous ne devions pourtant n’avoir qu’un moment de conscience absolue ; si nous ne devions avoir qu’un moment à la place de dieu, pour distinguer comme il est supposé pouvoir le faire, le mouvement du noir dans le noir, nous devrions employer ce moment de grâce collective pour regarder cette Russie et cet Iran au fond de leur âme.
Et les défaire ici, avant que les armes n’emballent, à un niveau incontrôlable, la partie et ne prennent le dessus sur la force dialectique.
Nous pouvons battre cette Russie avec la pensée d’un grand peuple, d’une grande humanité. Tout écartèle ce peuple fait de tant de peuples, alors c’est qu’il doit se manifester.
Cette Russie-là ne doit pas se voir offrir l’avenir auquel elle aspire car elle ne conçoit son avenir qu’aux dépens des autres, qu’au prix de notre servitude et de notre aliénation.
Cette Russie, qui la fait peser sur d’autres, primitivement, ne doit pas pouvoir alléguer une menace existentielle qui lui ouvrirait un droit exorbitant et injustifié sur le plan nucléaire.
Cette Russie ne laissera personne vivre en paix.
Les Nations Unies sont prévenues.
Elles ont une responsabilité en droit, et elles assument, aussi, un devoir protection de l’humanité. Elles doivent s’en saisir.
Les élections européennes du 9 juin – comme les élections américaines de novembre prochain qui, elles, désigneront le prochain président des USA – vont décider si Poutine, au nom de la Russie, est celui qui va écrire l’histoire de l’Humanité.
Vladimir Poutine s’est suffisamment fait connaître pour que nous n’ayons pas de doute quant à la manière dont l’Histoire du monde va s’écrire si nous lui accordons la liberté d’écrire cette page entre deux siècles et deux millénaires.
Il écrira le sillon de notre destin, n’en doutez pas, comme il écrit toute chose. Avec l’encre du crime, du viol, de la brutalité. Avec le sang du malheur.
Lorsqu’on débarrasse le champ de toutes les controverses inutiles et des débats secondaires, des tracteurs des agriculteurs mécontents de la PAC, des ballets de complotisme et de protestation, c’est cela qui apparaît.
La mécanique du mécontentement qui a été mise en oeuvre au sein des peuples européens pour décomposer la volonté des peuples et obscurcir leur jugement doit reculer.
C’est de cela dont chacun, aujourd’hui, dans chaque pays de l’Union, doit être pleinement conscient au moment de savoir s’il est intéressé ou pas par ce scrutin. C’est un enjeu qui ne concerne pas notre confort, nos convictions, notre orgueil.
L’enjeu est au-dessus de tout cela.
Ce n’est pas un choc de civilisation entre le sud et le nord. Ce n’est pas davantage celui de l’islam contre la chrétienté, d’un prétendu surconscient écologique sur le subconscient capitaliste.
Cela, démarré le 11-Septembre-2001, c’est une impitoyable et habile cinématographie stratégique qui a été mise en mouvement pour que nous ne soyons pas capables de voir le mouvement réel, cynique, engagé contre la légitimité de l’Occident à placer ses valeurs humaines et humanistes comme celles qui doivent inspirer l’histoire du monde.
Nous sommes en plein doute ontologique.
Le doute doit cesser.
Les spectres qui ont fait irruption, dans notre histoire, en criant « Allah Akbar » ne sont que des épouvantails, mécanisés, captagonés, dont les cerveaux ont été lessivés.
Pendant qu’on les regarde, on ne regarde pas ailleurs. Leurs coups nous uppercutent à l’intérieur de l’esprit pour nous empêcher de réfléchir le monde au-delà des limites [le terrorisme islamique] qu’ils ont fixé.
C’est à cet enjeu que doit se mesurer la responsabilité individuelle et collective de chaque citoyen et de chaque parti politique. C’est à elle que doit s’établir et s’affirmer notre souveraineté.
Rien n’est plus important que de nous assurer que nos enfants, notre postérité, resteront libres, et que l’idée de liberté continuera d’éclairer le monde.
Rien n’est plus important que de leur assurer cela.
Rien n’est plus important que de pouvoir se dire, le 9 juin 2024 au soir, que, à travers la protection de notre libre-arbitre, nous avons su protéger, alors que tant de pulsions d’abandon nous poussaient à l’indifférence et à la désertion, les conditions de libre-arbitre de ceux qui nous suivent.
N’oubliez pas de considérer Poutine tel qu’il se voit depuis des années et tel que les réseaux pro-russes le représentent, c’est-à-dire en domination, absolue et imparable, du jeu international.
La représentation ci-dessus, postée en 2015 par les infiltrations russes dans les réseaux sociaux français et européens, a une portée subliminale. Elle dit que nous sommes dans la nasse et que, quoi que nous fassions, nous finirons dans la gueule du loup.
C’est cela ce que cette image dit.
Cette image date de 2015. Mais elle laisse échapper une évidence : si la partie est en cours, à ce moment-là, cela signifie que la partie n’a pas commencée là.
A-t-elle commencé à la conférence de Munich sur la Sécurité, en 2007, lorsque Poutine, pour reprendre la manière dont France Inter relatait l’événement, a dit ses quatre vérités à l’Occident.
Le problème du 11-Septembre-2001, c’est qu’il a été conçu pour interdire tout entendement de la situation d’ensemble.
Il a été élaboré, à cette fin, avec la construction initiale de cette légende selon laquelle le 11-Septembre-2001 inaugurait le schéma d’une « organisation non étatique » s’en prenant à Nous, en même temps qu’un index subliminal de plus en plus insistant désignait, tout de même, l’Arabie Saoudite à la vindicte des opinions publiques occidentales.
Il n’est pas inutile de signaler qu’elle était, jusque-là, l’indéfectible allié stratégique de l’Occident et l’une des clés du marché énergétique. Il fallait parvenir à installer l’idée qu’y siégeait l’origine du Mal. Discernez-vous la mécanique de raisonnement qui est, cran après cran, mise en oeuvre?
Si vous voulez que ce scénario qui nous est stratégiquement favorable soit retenu et délivre toute sa puissance, nous avons l’ingénierie pour vous procurer de quoi l’abreuver. Ceci est la clé de l’intelligence du soft power russe. Elle est infiniment redoutable.
Petite parenthèse : c’est l’Arabie Saoudite qui a contribué à l’écroulement des cours de brut qui a asphyxié, économiquement, l’ex-URSS et l’a fait s’effondrer, effondrement considéré par Poutine comme la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle.
Il est évident que Poutine n’est pas quelqu’un et qu’il n’est pas à la tête de la cryptogarchie russe pour ne pas être en mesure de réserver des chiens de sa chienne à ceux qu’il estime être des traîtres. J’ai beaucoup de mal à penser que si le guide suprême de la Révolution Islamique d’Iran lui a montré un schéma pour déstabiliser le royaume saoudien, il ne l’a pas exploité.
Il voit les failles des systèmes de défense dans les esprits. Et je l’ai vu les avoir vu.
Poutine n’est pas le fils spirituel de la Russie qui a inventé le mythe du Protocole des sages de Sion et la grande Illusion dialectique du Communisme pour rien.
Alors, on trouve toujours un idiot plus ou moins utile pour dire aux Européens qui veulent gober la couleuvre ou aux Américains qui veulent l’entendre de la bouche d’un clown que la commission européenne, c’est l’Etat profond et que Washington, c’est aussi l’Etat profond.
C’est ce que l’on nomme la projection accusatoire.
A partir de cette injonction, qui signe ce qu’est, profondément, la psychologie de l’Etat russe, les uns et les autres parviennent à convaincre des masses d’électeurs que l’Occident est toxique et que sa supériorité morale et technologique est une supercherie.
Il fallait inscrire dans le psychisme des populations, que le sentiment de prééminence de l’Occident, plus que de supériorité, est illégitime, qu’il est le produit d’un complot, d’un conditionnement, d’une doxa libérale, qu’il se réalise aux dépens des tiers-monde, et si la tache ne suffit pas, qu’il est le fruit non seulement de l’exploitation du capitalisme sur les Hommes mais de sa prédation sur le climat, et que là-bas, dans l’autre monde, tu verras et tu seras libéré.
Les moteurs logiques qui ont été mis en marche contre Nous, l’Humanité, ce sont ceux-là. Ce ne sont pas des moteurs d’équité et de justice. Je vous en prie, prenez un peu de recul sur les éléments de langage et de dialectique pour observer le mouvement et la nature de ce qui s’insinue dans l’esprit et le transforme.
En informatique, il y a au moins des pares-feux. Normal, il y a des ingénieurs qualifiés.
Dans l’âme humaine, il n’y a plus rien. Nous avons déclaré que nous sommes assez grands pour nous débrouiller avec le réel.
Alors, on entre dans l’âme des peuples comme dans du beurre ou comme dans un moulin, pour y semer les graines de doute, de discorde et de conflictualité. La société de l’information, vitale aux démocraties, y secrète aujourd’hui la perversité dialectique qui dessert et expose ces mêmes démocraties au ridicule. Le wokisme en est une forme experte.
Cette perversité dialectique qui s’est abattue sur Nous n’a semble-t-il plus de limite et c’est elle qui conditionne les débats pour que, au bout du processus, ils produisent la capitulation de l’intelligence commune devant la terreur.
Il faut se souvenir des choses et comment nous avons été prés de tomber dans le panneau. Nous avons exaucé, en partie le vœu de Poutine, l’Arabie Saoudite s’est décalée de la ligne occidentale.
Regardez, maintenant, parmi les plus virulents à avoir dénoncé cette alliance, à avoir demandé de faire tomber la monarchie des Saoud, « Daech qui a réussi », qui il y avait pour relayer les intérêts de l’Iran et de la Russie, avec un petit coup de peinture russe sur la carlingue du souverainisme.
L’Europe, le Brexit, le TAFTA, le nucléaire, l’OTAN, etc, sur tous nos sujets régaliens, sur tous les sujets, le débat démocratique finit par pencher du côté de l’intérêt objectif de Poutine. C’est problématique et c’est suspect.
Et il est vrai, si d’aventure nous reprenions un peu notre lucidité, qu’un attentat islamiste rappelle la vraie priorité. Faut-il du cochon dans les cantines scolaires ?
Mon malaise, c’est d’avoir le sentiment que quelque chose nous prend pour des cons. Je ne veux pas qu’on prenne mes compatriotes pour des cons. Je ne veux pas qu’on prenne les Européens pour des cons. Je veux qu’aucun humain ne soit pris pour un con.
Voilà, voilà, voilà. Voilà ce sur quoi délibère la démocratie pendant que les loups s’approchent et dévorent une partie des frontières terrestres extérieures et font ripaille de nos cerveaux.
Il y a là, à mes yeux, un mystère. Si elle était encore là l’une des deux Simone Weil ou Veil pourrait me renseigner sur la manière dont le mal conquiert les esprits. C’est le sujet.
Nous ne pourrons pas aller bien loin dans ce XXIe siècle sans protéger et nourrir le libre-arbitre qui nourrit la liberté de tous les peuples.
Elle ne se nourrit de rien d’autre et ne trouve son aise que de la qualité du libre-arbitre que l’on instruit. Je ne distingue pas les démocraties des autres régimes constitutionnels de ce point de vue.
Cela implique que le combat qui doit nous réunir et que certains veulent cristalliser autour d’une spécialisation de la théorie du clash des civilisation, via l’affrontement Occident vs Sud Global est une invention, nourrie aux hormones de croissance du ressentiment des uns et de la culpabilité des autres, pour que nous nous trompions toujours de cible.
Ce prisme est attrayant. Il est attrayant comme un mensonge.
Pour revenir au 11-Septembre-2001, le mythe consistant à dire que nous avons eu affaire à une organisation non étatique résistera-t-il à une analyse rigoureuse ? A celle dont nous ne sommes pas vraiment capables avec le système d’information tel qu’il est ?
De là où mon chemin m’a placé, la scène de crime parle toute seule. Les liens et les convergences objectives affleurent la surface des opacités et des apparences.
Il est advenu – on appellera ce phénomène comme on le veut – que dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015, sur fond des variations Goldberg de Johann Sébastian Bach par Glenn Gould, une partie du voile s’est levé.
Je n’ai pas tout vu ni tout compris d’un coup. Mais j’ai compris ce qu’il ne fallait pas regarder pour avoir une chance de commencer à voir.
Combien y a-t-il de manières d’influer sur le cours d’une rivière qui s’appellerait l’histoire avec un grand H?
Pendant que notre attention était focalisée sur l’assassinat du commandant Massoud et qu’Al-Qaida agitait des spectres que nous avions envie de voir pour confirmer notre vision des choses, pendant ce temps, la conférence de l’antiracisme de Durban I, en Afrique du Sud, ouvrait de vraies vannes pour nous submerger idéologiquement ; pour rentrer, dans toutes les têtes, la pomme de discorde que constitue le mythe de la Palestine et insinuer, jusque dans les plus prestigieuses universités, un antisémitisme au carré.
L’opération du 7/10/2023 du Hamas ne fait qu’appliquer, comme si sa forme antédiluvienne, ne suffisait plus, la formule de cet antisémitisme au carré : parce que l’un est juif et parce que l’autre est palestinien.
Que d’intelligences, vraisemblablement honorables, au départ, se sont éventrées sur ce double écueil.
Oui, c’est ce que je dis car c’est cela, à partir de mon non-académisme, que je discerne.
C’est le danger dont je suis seul à oser vous avertir.
La clé de l’Histoire, fournie avec le mode d’emploi, dans la rue arabe, comme on dit par facilité rhétorique, et dans les esprits occidentaux, devrait être celle-là.
Elle est tentante. Elle ouvre l’enfer.
Elle s’offre à l’intellect dont elle épouse la forme des serrures. Il faut créer une autre clé. Une clé de justice. Réparatrice. La Politique sert justement à ça.
Refaisons de la grande politique !
Emmanuel Macron a eu raison de dire, le 27 février dernier, que nous ne pouvons rien exclure, et que nous ne pouvons pas exclure, par conséquent, d’intervention terrestre pour défendre l’Ukraine.
Il est plus que temps de prendre la mesure de la menace russe et des calculs monstrueux qui l’animent.
Le président Macron ne mérite pas la petite bronca politico-médiatique qu’une partie de la classe politique lui a réservé. L’histoire jugera.
Nous ne faisons que commencer à comprendre la nature de ce à quoi nous avons affaire.
Nous n’avons pas fini de découvrir son visage.
De toute façon, le choix est simple. Ou bien nous découvrons son visage ou bien il couvre le nôtre du masque de l’infâmie.
Normalement, nous avons une Marseillaise pour comprendre ce qu’il faut faire.
Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans l’histoire, mais à cette échelle, avec les conséquences sur l’Ordre du Monde que cela fait peser, cela n’est jamais survenu.
Ne vous demandez pas comment le nazisme a subjugué le peuple allemand, il l’a fait comme la révolution nationaliste russo-poutinienne et la révolution islamique subjuguent et tentent de partitionner notre temps et notre espace.
Il y a eu un petit miracle auquel il faut rendre justice. Il s’appelle Zelenski. Je crois qu’on ne se rend pas compte comment, au soir du 24 février 2022, il a fait sonner une charge inattendue, surprenante et héroïque face à la tyrannie russe.
Les Ukrainiens ne peuvent pas perdre et nous devons gagner. Européens, nous n’avons pas le droit de nous laisser endormir !
PS: Je suis candidat à la candidature sur la liste Renaissance aux Elections Européennes du 9 juin. Si légitimité il y a à ce que je me vois confié l’honneur de représenter les Européens, c’est en vertu de cette parole de sécurité. Je l’ai extirpée à ce qui ressemble à un chaos pour la lever et en faire le matériau du bouclier de notre civilisation. Merci.